Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

QUAND ECHENAY FETE L’ELECTION DU MARQUIS - 1892

27 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

« Très belle fête populaire, dimanche dernier, au château d'Echenay, dans la Haute-Marne,
chez le marquis de Pimodan, duc de Rarécourt, qui vient d'être élu conseiller d'arrondissement, avec plus des deux tiers des voix, contre un concurrent opportuniste.

Plus de deux mille personnes se trouvaient réunies. On a beaucoup dansé sur les pelouses,
avec l'accompagnement de la fanfare du chef-lieu de canton.

imagesCA6J0LKH.jpgVers neuf heures, on a ouvert les salons du château éclairés comme pour un bal. Tout le monde y a ( ?). La marquise de Pimodan, veuve du héros de Castelfidardo, se tenait debout dans le grand salon, ayant auprès d'elle son fils, le baron d’Huart, ancien conseiller général du canton, et M. Bizot, conseiller général actuel, vieil ami de la famille de Pimodan, et conseiller d'arrondissement depuis vingt ans, devant lequel le marquis de Pimodan n'a pas voulu, avec beaucoup de bonne grâce, passer lors des dernières élections.

La réception a duré plus de deux heures!  Le marquis de Pimodan, serrant la main à tout le monde, a trouvé pour chacun d'eux un mot aimable et affectueux. »

 

Source : journal LE GAULOIS - 25 aout 1892

Lire la suite

LES PERCEPTEURS A ECHENAY

27 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et l'Administration

A la fin du XIXe siècle et au début du XXe , les Epincellois payent l’impôt comme tout le monde. Ils ont même leur percepteur (liste en fin d'article).

 

Comme l’explique Catherine Jumeau, dans son article « Vies de Percepteurs », « il fallait autrefois, compte tenu des techniques financières de l’époque, que le territoire soit enserré dans un fin maillage de 1-franc-1887.jpgcollecteurs d’impôts, proches des populations intéressées, mais qui deviennent rapidement des hommes de confiance du Gouvernement. À ce personnel nombreux, l’État-gendarme, à mesure qu’il élargissait son rôle et se transformait en un État-providence, confia des tâches de plus en plus nombreuses. Le percepteur devint alors le représentant privilégié du ministère des Finances à l’échelle du canton, le vecteur des différents  financiers directs qui unissent le citoyen à l’État en  matière de fiscalité, d’épargne, de prévoyance et de redistribution des richesses collectives.

Le percepteur est soumis tout d’abord à une obligation de résidence qui le conduit à vivre à proximité de son lieu de travail, au milieu de ses contribuables, voire à partager leurs activités et leurs loisirs. L’indifférenciation des lieux entraîne celle du temps. Sollicité à tout moment, chez lui comme dans ses déplacements extérieurs, l’homme ne fait qu’un avec la fonction. Une telle indifférenciation des lieux, des temps et des activités apparente le mode de vie des comptables du Trésor à celui des artisans, des commerçants ou des professions libérales davantage qu’à celui de la plupart des fonctionnaires. Elle a pour origine le caractère d’entreprise privée que la fonction revêtait avant la Première Guerre mondiale.

Les relations que les fonctionnaires du Trésor entretiennent avec le public sont en effet d’une nature indiscutablement fiscale. On entre à la perception pour y payer l’impôt et l’acte ; le lieu autant que les protagonistes de cette rencontre sont surchargés de symboles, véhiculant l’abîme de l’inconscient collectif, cristallisant dans une synthèse finale tous les problèmes de la fiscalité directe.
Ils décrivent parfois l’affrontement physique qui se produit parfois de part et d’autre du guichet et les petites ficelles du métier qui permettent de désamorcer la colère du contribuable. Ils mettent en évidence l’opposition entre deux discours irréductibles, celui de la révolte d’une part, celui de la rationalité juridique d’autre part, et la sympathie qui s’établit entre des hommes et des femmes que rapprochent une sociabilité locale et un mode de vie commun. Mais la révolte des contribuables apparaît à travers leurs récits comme un phénomène rare et sporadique, comme le fait d’une minorité d’entre eux, de certaines taxes, localités ou mouvements (). Ils expliquent à quel point les relations avec la majorité de leurs contribuables furent chaleureuses, affectueuses, aux antipodes des représentations collectives. Si les auteurs se réfèrent aux revendications concernant le "rôle social du percepteur", ils proposent une version bien adoucie des relations fiscales. Peu à peu, l’impôt sur le revenu est entré dans les mœurs et le travail de terrain du percepteur n’est certainement pas étranger à cette lente et progressive acceptation ».

 

Alors, on l’a compris, il leur faut de la rigueur et comme il ne faudrait pas que des liens d’amitiés trop importants se tissent entre le percepteur et ses administrés, on assiste à une valse régulière du fonctionnaire.

 

En voici quelques mouvements (certainement non exhaustifs) à Echenay:

 

En 1879, M. Delyon, d'Echenay passe à Orges (3e cl.) et M. Pasquier, ancien employé de préfecture, est nommé percepteur d'Echenay (4° cl.).

 

En 1880, M. Raffin, ancien sous-officier, est nommé percepteur d'Echenay (4« cl.),
en remplacement de M. Pasquier, qui reçoit une autre destination

 

En 1881, M. Champonnois, de Pressigny, passe à Echenay (4'cl.), en remplacement de M. Raffin, mis en disponibilité.

En 1884, Mr Champonnois, percepteur d'Echenay (Haute-Marne) est élevé sur place de la à laclasse

 

En 1886, M Champonnois, percepteur d'Echenay, classe, passe en la même qualité à la perception de Graffigny, en remplacement de M. Flammarion, appelé à la perception de Neuilly-l'Ëvèque.
M. Radel, percepteur de Savoisy (Côte-d'Or), classe, arrive en la même qualité à la perception d'Echenay, en remplacement de M. Champonnois, appelé à la perception de Graffigny.

 

En décembre 1886, Mr Radel, percepteur d’Echenay, est élevé de la classe à la

 

En 1892, Mr Ferlus, percepteur de Campagnac (Aveyron), arrive à Echenay, cl. comme remplacant de M. Radel, retraité.

 

En 1893, M. Ferlus, percepteur d'Echenay (Haute-Marne), cl., est nommé à Autignac (Hérault), et  M. Formelle, percepteur de Prez.-sous-la-Fauche, 3" cl., le remplace à Echenay.

 

En juillet 1906, M. Brunotté, percepteur d'Echenay (Haute-Marne), part à Che-
maudin (Doubs), cl.

 

Le 30 novembre 1906, M. Driout, percepteur de Biësles (Haute-Marne), appelé à Echenay et non installé, part  percepteur d'Ouanne (Yonne), 3"- cl., et remplace M. Loriri, retraité.

 

En janvier 1907, M. Mangin, percepteur de Bromont-Lamothe (Puy-de-Dome), arrive à
Echenay, cl. En 1909, il reçoit une récompense ( classe pour meilleure classe) en raison de son ancienneté.

 

Sources : Différents « Mémorial des Percepteurs et de Receveurs des communes »  - de 1879 à 1909 -

 

Comme on le voit, certains restent un an, d’autres parfois cinq. Juste le  temps d’apprécier Echenay et de faire le tour du village et de ses habitants ! Mais pas de devenir laxiste dans leur fonction. On le sait : « le temps, c’est de l’argent !!! » 

Lire la suite

UNE NOUVELLE ECOLE A ECHENAY - 1909

20 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ecole et Education

En 1909, Echenay souhaite faire construire sa nouvelle école, partagée avec les jeunes d’Aingoulaincourt. Le dossier est donc déposé auprès du Conseil Général qui examine la demande.

 

 

Constructions scolaires - Demandes de subventions sur les fonds de l'Etat.

M. RORET, rapporteur, au nom de la quatrième Commission, donne lecture du rapport suivant :

« Messieurs,

Neuf communes sont en instance pour obtenir de l'Etat des subventions devant les aider à construire ou à aménager des bâtiments scolaires.

Le Conseil général a la mission de les inscrire par ordre d'urgence.

Votre quatrième Commission vous propose de les placer comme suit :

1" Arnancourt.
Dampierre.
Fresnes-sur-Apance.
Echenay.
Chaumont.
Is-en-Bassigny.
7" Vaillant.
Pierrefaites.
Rachecourt-sur-Marne.

et demande au Conseil général de déléguer ses pouvoirs à la Commission départementale à l'effet d'examiner les demandes de même espèce qui seraient présentées dans l'intervalle de vos sessions. »

DÉLIBÉRATION

Les conclusions du rapport de la quatrième Commission, mises aux voix, sont adoptées.

 

Source : Procès verbaux des séances du Conseil Général – Septembre 1909

 

---------------------------------------------

 

Deux ans plus tard, le dossier est bouclé et l’adjudication peut se faire.

 

Haute-Marne.

SOUS-PRÉFECTURE DE WASSY

Le samedi 20 mai 1911, à 2 heures de l'après-midi, a eu lieu l'adjudication des travaux ci-après :

Echenay et Aingoulaincourt Construction d'une école mixte entre ces deux communes.

Montant : 15,330 Frs.

Adjugé à M. Léon Maranger, de Donjeux, au prix du devis.

 

Source : Revue L’immeuble et la Construction dans l’Est – Dimanche 28 mai 1911

 

256 001

 

 

Les travaux semblent s'achever en 1913 comme l'indiquent les Procès verbaux du Conseil général d'aout 1913.

 

 Beaucoup plus tard, l'école se fera ensuite dans des locaux préfabriqués, situés juste en face, jusque dans les années 90, avant qu’un groupe scolaire réunissant les écoliers de plusieurs communes soit construit à l’entrée du village. Echenay a donc su conserver son école au fil des siècles.

Lire la suite

OBSEQUES ET ELOGES DE GABRIEL DE PIMODAN -1924

20 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Gabriel de Pimodan

 Voici une évocation des obsèques de G.de Pimodan, tirée du journal Le GAULOIS, suivie de l'éloge rendue par l'Archeveque de Langres quelques mois plus tard dans le journal LA CROIX.

 

  

NÉCROLOGIE

  

 imagesCA32JZAP  Les obsèques du duc de Rarécourt-Pimodan, ancien officier, conseiller général de la Haute-
Marne, maire d'Echenay, ont été célébrées hier matin, à onze heures, en l'église Saint-Honoré
d'Eylau.

Les tentures de l'église étaient rehaussées d'écussons aux armes et avec la devise de la famille.

La levée du corps a été faite par Mgr Merio, directeur général de l'œuvre de la Sainte En-
fance, représentant S. Em. le cardinal Dubois. L'absoute a été donnée par Mgr Valeri, repré-
sentant S. Exc. Mgr Cerretti, nonce apostolique. Devant la famille avaient pris place: le comte
de La Tour en Voivre, représentant S. A. R. le Comte de Caserte, et le commandant Bertrand, représentant S. A. R. le Prince Sixte de Bourbon-Parme.

 

Le deuil était conduit par le marquis de Pomereu, sénateur de la Seine-Inférieure le vi
comte de Pomereu, ses beaux-frères; le comte de Pilmodan, le comte Louis de Pimodan, le
comte Antoine de Berg de Bréda, le comte de Pomereu, le comte Guy de Pomereu, S.*A. S.
le prince E.-G. de Groy, ses neveux; M. Pierre de Pimodan, son petit-neveu; le comte Fernand
de Pimodan, son cousin.

 

Du côté des dames:
la comtesse de Pimodan, la marquise de Pomereu, la vicomtesse de Pomereu, ses belles-sœurs
la comtesse Antoine de Berg de Bréda, Mlle de Pimodan, la comtesse Pierre de Pimodan, la
comtesse de Pomereu, S. A. S. la princesse E.-G. de Croy, Mlles Madeleine, Elisabeth,
Louise et Françoise de Pomereu, ses nièces.
La bannière des chevaliers pontificaux avait été placée dans le chœur. De belles couronnes
avaient été adressées par: la Société philanthropique de la Haute-Marne à son regretté président, le conseil général de la Haute-Marne, les Anciens du 891 d'infanterie à leur président d'honneur, la commune d'Echenay, reconnaissante, à son ancien maire.

Des délégations les escortaient et tout le conseil municipal d'Echenay était présent.
Dans l'assistance empressée duchesse de Lorge, duc de Feltre, prince de Faucigny-Lucinge, duc et duchesse d'Albufera, princesse d'Hénin,- baron Tristan Lambert, duc de Lorge,
prince et princesse B. de Faucigny-Lucinge, prince et princesse Jérôme Murat, marquis et
marquise d'Andigné, marquis de Wignacourt, marquis et marquise de Miun, marquis et mar-
quise de Luppé, marquis de Faria, Mme Le Ghait, M. et Mme Louis Dausset, baron et ba-
ronne de Mandat-Grancey, vicomte et vicomtesse de Somalie, marquis de Sinéty, baron, baronne et Mlle de Baye, M. Louis de Brissac, comte et comtesse de Quelen, marquis de Lubersac, comtesse de Juglart, général Trafford, comte et comtesse G. de Sabran-Pontevès, marquise de Lestrange, comte Albert de Bertier, M. Maranget, M. Louis Quesnel, comte et comtesse de Lévis-Mirepoix, marquis et marquise des Isnards, baron Carra de Vaux, comte Maurice d'Alsace, vicomte de Fiers, M. Henry Soulié, comte Bosçlli, général de La Villestreux, comte et comtesse de Saint-Léon, abbé Mugnier, MM. A. et
Ch. du Bos, baronne et Mlle de Sardent, M. de Borssat, docteur Hutinel, comte d'Hunoistein, néral et baronne Pellenc, colonel de Kergariou, vicomte de Noue, comte Raoul de Gontaut, Mme Darcy, comte et comtesse Ch. de Germiny, baronne Ch. Le Vavasseur, M. Richebé, M.
Kergall, etc.

Le cercueil a été déposé dans les caveaux de la basilique Sainte-Clotilde.

 

Source : Journal LE GAULOIS – Samedi 9 aout 1924

 

 

 

 

LA CROIX

JEUDI
20 NOVEMBRE 1024

Doctrine et actions catholiques

Le duc de Rarécourt de la Vallée, marquis de Pimodan  président de l'Association des Chevaliers Pontificaux

Le duc de Rarécourt est décédé, le 4 août 1924, à l'âge de 47 ans, après une longue et douloureuse maladie. Il supporta ses maux avec une résignation et une paix admirables et
ne témoigna jamais d'impatience que du très grand soin qu'on prenait de chercher les moyens
de le mettre plus à son aise. Ayant reçu les secours de notre sainte religion de la manière
la plus édifiante qui se puisse, il vit venir la mort sans trouble. Il s'endormit dans le Sei-
gneur avec un esprit de foi et une grandeur d'âme incomparable! Sa mort causa une pro-
fonde émotion dans le monde catholique. Le vendredi 8 août, ses admirateurs et amis, et
notamment tous les membres de l'Association des chevaliers pontificaux, présent à Paris, si
sont réunis autour de son cercueil, dans l'église de Saint-Honoré d’Eylau, pour payer un tribut
de regret, d'affection et d'admiration à sa mémoire: Le Saint-Père, le cardinal Gasparri, le
cardinal Dubois, le nonce apostolique et un grand nombre d'archevêques et d'évêques ont
tenu à prendre leur part au deuil de Mme la duchesse de Rarécourt, de sa famille et du
corps des chevaliers pontificaux.

Eloigné de Paris par la maladie, je n'ai pas eu la consolation d'assister à ses funérailles.
Pour me dédommager de cette privation, j'ai dessein de rendre hommage, dans le vaillant
journal la Croix, la vie si pleine de l'illustre défunt, qui a été jusqu'à la fin l'un de mes
plus fidèles et plus dévoués amis. Notre amitié a été scellée dans l'église du château d'Echenay
(Haute-Marne), le 10 septembre 1910, au jour à jamais mémorable où, entouré d'une foule
émue et recueillie, j'ai présidé, comme évêque de Langres, la cérémonie du cinquantenaire de
la mort de son père, le général de Pimodan. A compter de ce jour, à des rapports jusque-là
purement officiels, succédait le lien le plus aimable de la plus sincère amitié. Ce lien, il est
à peine besoin de le dire, La mort seule a pu le rompre.

Combien j'estimais le duc, combien je l'aimais, combien je l'admirais ! Rarement j'avais
rencontré gentilhomme plus parfait et plus distingué. Il fut de ceux qui apportent au monde
ce qui l'honore peut-être le plus après le sentiment religieux, J'ai nommé l'esprit chevaleresque. Rien d'étonnant à cela. Le regretté défunt appartenait a la noble maison des Rarécourt-la-Vallée-Pimodan, originaire de l'Argonne et remontant au moins au xii siècle.
C'est en pleine cinquième Croisade, et donc au commencement du xiii siècle, devant Saint-
Jean-d'Acre et aux côtés de son suzerain, Thibaut, comte de Champagne, que l'on remarque,
pour la première fois, le nom d'un certain Raussln ( ?), avoué de Rarécourt (cette charge civile
conférait ta noblesse ou était occupée par des familles nobles). Ce Raaussln se trouve être l'un
des grands ancêtres de Rarécourt-Pimodan.
Au xvi- Siècle, Claude de la Vallée, prévôt de Clermont et ses deux fils soutinrent avec
ardeur les droits de la France dans la région meusienne contre les prétentions impériales.
Christophe de la Vallée, évoque et comte de Toul, prince du Saint-Empire, et son neveu
Claude de la Vallée, bailli à. Toul et gentilhomme de la chambre d'Henri IV, contribué-
vent puissamment la réunion de cette ville à
la France.

Depuis ce temps-là, plusieurs Rarécourt de la Vallée Pimodan se distinguèrent dans les
armées françaises. Qu'il me suffise de citer Claude de la Vallée, qui, après s'être vaillam-
ment battu au siège de Landrecies, en 1655, est mort en héros, à l'âge de 17 ans, et le baron
Armand-Charles de Pimodan, qui fut aide de camp de l'infortuné duc d’Enghien. Je me plais
à évoquer le souvenir de tous ces défenseurs des droits de la France, qui furent aussi des
champions intrépides des libertés de l'Eglise et du Saint-Siège, de véritables croisés, s'entend,
parce qu'il me met à même de mieux saisir la magnifique figure d'un autre croisé de la même
ligne, mais du xix siècle celui-ci. Je veux parler de l’illustre général marquis de Pimodan,
tué a la bataille de Castelfidardo (le 18 septembre 1860), eu défendant le Souverain Pontife
et ses Etats. La bouche la plus auguste qu'il y ait au monde, lui a décerné un éloge tel
que je ne connais pas de personnage qui en ait  obtenu un pareil. Voici, du reste, l'épitaphe que le pape Pie IX a composée lui-même et fait placer sur sa tombe, dans l'église de Saint-Louis des Français, a Rome : Ici repose Georges de Pimodan qui, prodigue de sa grande âme, mourut pour le Saint-Siège pleuré de tout l'univers catholique. Pie IX, en son nom et au nom de l'Eglise romaine, lui a rendu solennellement les honneurs funèbres dus à son grand courage et à sa grande piété, Un mois après ce douloureux événement, Pic IX voulant honorer la mémoire du héros martyr, conférait le titre de duc aux deux fils du général et a tous leurs
descendants males.

Noblesse oblige. Gabriel de Pimodan, que nous pleurons aujourd'hui, était le fils aine du
héros de Castelfidardo. Encore tout jeune à la mort de son père, il hérita de lui sa foi pro-
fonde, un attachement indéfectible au Saint-Siège, son dévouement sans bornes à toutes les
causes nobles et généreuses. Son éducation fut merveilleusement dirigée par sa mère, née de
Couronnel et fille de l'une des deux dernières princesses de Montmorency-Laval.

 

Après avoir goûté ce qu'il y a de plus pur dans la gloire avec ce qu'il y a de plus vif dans la douleur, elle acheva cette éducation en ajoutant tout le sérieux et tout le brillant que l'on exige aujourd'hui d'un homme bien né. Peut-être eût-il fait, lui aussi, un héroïque soldat du Pape; mais, quand il parvint à l'âge d'homme, le temps des luttes sanglantes autour de la Papauté était révolu. A œ moment-là, ayant porté avec quelque fierté le casoar des saint-Cyriens, il devint sous-lieutenant. Il ne devait quitter l'armée qu'en 1889, et cela pour se consacrer tout
entier à la littérature. à l'histoire et un peu à la politique. Il est à noter toutefois que la  cause du Souverain Pontife lui demeura toujours très chère. A telles enseignes que plus tard, beaucoup plus tard, nous le retrouverons à Paris président de l'Association des chevaliers
pontificaux. Les réunions de cette association avaient lieu chez lui. Il en était l'âme. Ce grand
seigneur a'y montrait d'une bonne grâce exquise et d'une simplicité pleine de charme.
Le duc de Rarécourt avait épousé Mlle de Pomereu une ame d'élite toute rayonnante
d'esprit et de beauté morale. En été, il habitait son château d'Echeany. Durant de nombreuses
années, il fut maire de son village et conseiller général du canton de Poissons. Il s'attachait
surtout à faire le bien. Mais le bien qu'il accomplissait, échappait souvent au regard d'autrui,
attendu que le regretté disparu était de ceux dont la main gauche ignore ce que donne la
main droite. Il passait l'hiver dans son hôtel de l'avenue du Bois-de-Boulogne. Je ne prétends
pas insinuer par là qu'il ne voyageait point. Je crois savoir, au contraire, que, dans sa jeu-
nesse, il entreprit de fréquents et lointains voyages. Telle est, en tout cas, l'impression que
nous donne la lecture de quelques-unes de ses poésies.

Quoi qu'il en soit, de complexion assez délicate, il tenait peu au monde. Il aimait son
intérieur parisien, comme aussi sa bienheureuse solitude d'Echenay. Il goutait fort la
nature, il en pénétrait toute l'harmonie et se passionnait pour elle. D'une intelligence remarquable, d'une loyauté à toute épreuve, très fin, très sensible, très bon surtout, il était fon
cièrement traditionaliste. Possédant un sens aigu des réalités, il se plaisait rependant à
les parer des couleurs de ses rêves. Car ce gentilhomme, ce chrétien, était un penseur et
un écrivain.

A la foi» poète et prosateur, Gabriel de Pimodan eût certainement occupé une place de
premier rang dans la république des lettres, s'il avait pu seulement se donner la peine de
le vouloir Mais peu épris de la gloire qui passe, inaccessible aux hochets de la vanité, ami
du rêve et de la pensée qui s'étudient et se cherchant, il était à proprement parler un modeste et un détaché tout ensemble. C'est pour cela que nul ne le vit jamais, de près ni de loin mêlé, en quoi que ce fût. à ce qui pouvait ressembler à une brigue littéraire. Son tempérament le portait de préférence vers le pur effort intellectuel. S'il s'essayait à quelque chose, c'était surtout à rendre, par des mots clairs et sonores des images colorées et vivantes, les rêves puissants ou gracieux, mélancoliques ou joyeux, qui ne laissaient pas de hanter son cœur et son imagination et le poussaient, lui, vers toujours plus de beauté et toujours plus d'idéal.

Il est bien regrettable que les œuvres du duc de Rarecourt n'aient point eu, de son vivant,
toute la notoriété qui leur était due. Il le faut confesser, elles furent surtout appréciées d'un
petit nombre. Mais, à dire vrai, ce petit nombre formait une élite.

Comme prosateur, il laisse d'excellente ouvrages d'histoire, entre autres la Réunion de Toul à la France, la Mère des Guises, La Première Etape de Jeanne d'Arc et l'Histoire d'une vieille maison, qui est la propre histoire (te si>n cher château d’Echenay. Nous avons également de lui le Roman d'une âme antique, qui vaut par  la documentation, le style et le cachet personnel qu'il a su lui imprimer.
A énumérer ces ouvrages, il ne faut pas perdre de vue cependant que c'est comme poète que Gabriel de Pimodan s'est fait connaître. Quelques-unes de ses oeuvres font une belle figure dans l'Anthologie des poètes contemporains. Il est poète d'instinct et de nature, tout son être est poète-, pour ainsi dire. Très jeune, il a publié Lyres et Clairons, le Coffret de pertes noires, les Soirs île défaites.
Puis ont paru successivement Poésie- Les Sonnets de Pimodan, la Chanson des couleurs,
Sous les hêtres de l'Est, et enfin un drame, un amour à Sparte, un petit chef-d'œuvre où passe
à travers toutes les pages le grand souffle qui l'anime. Toutes ces œuvres, est-il besoin de le
dire, lui ont mérité les suffrages de nombreux admirateurs.

11 serait aussi fort intéressant de suivre les étapes de cette longue carrière de poète.

 Lyres et Clairons, le premier de ses livres, marque un brillant début. Mais, à tout prendre, ce n'est encore qu'un début, où les éléments d'ordre extérieur (la vie militaire du poéte) priment
ceux d'ordre intérieur. Chacun des ouvrages qui suivront témoigneront d'un progrès sérieux,
sinon dans l'inspiration toujours personnelle et pure, au moins dans la forme de plus en plus
précise et élégante. Au reste, ses volumes de poésies peuvent être tenus pour des recueils de
souvenirs et d'impressions sincères. Il ne s'y trouve pas une pièce, à ce que je crois, qui ne
représente idéalement l'auteur au moment exacte où elle jaillissait de son esprit ou de son
cœur. De là, une prodigieuse variété de tons et de couleurs, une grande richesse de sensa-
tions, quelque chose qui ressemble, si j'ose dire, au sentiment mélodique d'un musicien, à
la vision colorée d'un peintre, à la méditation profonde d'un philosophe et d'un chrétien. De
là encore cette maturité qui s'accroit avec les années et cette maîtrise de soi-même qui vient
couronner le suprême effort.

 

Tout cela est très sensible dans le recueil intitulé Sons les hêtres de l'Est, l'avant-dernier ouvrage du duc. Aussi éprouve-t-on un plaisir inouï à le parcourir et à s'en imprégner.
Ce faisant, l'on en pénètre mieux le charme et l'on en goûte plus aisément la saveur charme
champêtre. saveur spirituelle, rom s'y trouve.
En vérité, je me sens incompétent pour juger le poète mais c'est le louer singulièrement que
d'avouer que je suis hors d'état de le faire comme il conviendrait.

Je regrette vivement de ne pouvoir, faute de place, donner ici quelques extraits de ces
poèmes. Toutefois, je ne résiste point au désir de citer le sonnet que ce parfait chrétien écri-
vit, il y a plusieurs années Pour des religieuses exilées de France. Ce sonnet, qui lui
fait le plus grand honneur, est. hélas toujours d'actualité

Salut, vieille demeure vont les hirondelles
Fuyant l'orage noir, salut, 0 murs bénis,
les oiseaux de France, étonnés et adules.
Pour des étés lointains ont accroché leurs nids.
Vous n'avez pas voulu la honte des tutelles.
Puisque l'honneur antique et la foi sont bannis,
Puisqu'on jette en exil les âmes immortelles
Coupables d'avoir cru toujours aux infinis
Restez, libres oiseaux, restez hors des frontières
Pour le culte sacré des vérités altières,
En traversant d'un vol la gloire du ciel bleu.
Et, cependant priez. Nos heures d'espérance
Attendent des matins plus heureux sur
la France
Et des gestes nouveaux pour la grandeur de Dieu

 


SÉBASTIEN HERSCHER,

Archevêque de Langres

 

 

Source : Journal LA CROIX – Jeudi 20 novembre 1924



Lire la suite

CLIMAT DANS LA REGION D'ECHENAY - FIN XVIIe ET DEBUT XVIII SIECLE

19 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Climat et Intempéries vers Echenay

Mes recherches généalogiques m'ont conduit à consulter les registres paroissiaux de Bonnet (55) qui  livrent d’intéressantes informations sur les événements climatiques de la fin du XVII et le début du XVIII siècle dans la région. Ainsi, chaque année, les registres paroissiaux se terminent par quelques notes du curé de Bonnet. Peu éloigné d'Echenay, sans doute les Epincellois ont ils du subir le même temps.

 

1693 : Cette année a été une année de chertemps, le froment valait quinze livres ……… de Gondrecourt.

 

1698 : Peu de froment cette année et peu de vin.

 

1706 : Les saisons de cette année ont esté très réglées et favorables aux biens de la terre. On a eu pleine année de vin partout et beaucoup de bled et d’orge et d’avoine grâce à Dieu. Au reste on est réduit à la dernière dizette par les guerres qui durent toujours partout.

Dieu nous donne la paix, Amen, et convertissent les pécheurs.

 

1707 : Le printemps a esté très réglé. Nous avons eu pleine année de froment et de vin mais depuis la Magdeleine auquel temps nous eusmes quattre jours de chaleur étouffante qui brullèrent la sixième partie du raisin et de laquelle plus de trente personnes du Barrois qui fauxillaient en Champagne furent mortes dans les champs étouffées par la chaleur. Nous avons eu des pluyes continuelles qui ont gatté les foins, germé les grains en moissons et rendu les vins peu bons, lesquelles pluyes ont duré tout le reste de l’année et ont causé de très grandes inondations particulièrement en décembre.

 

1708 : Cette année a été mauvaise. Les gelées de May ont duré si longtemps qu’il n’y est resté ny fruits de jardins ny guère( ?) de raisin et après la gellé les longues et froides pluyes de juin et juillet ont fait tomber le reste du raisin.

Le siége de Lille en Flandre à été fait et la ville prise et la citadelle par les ennemys. Le bled se vend cinq livres ……… Gondrecourt.

Cette année a été trop pluvieuse.

 

L’on à batti le fourneau de Bonney cette présente année.

 

1711 : Cette année a été abondante en vin et en bled, peu d’avoine et d’orge.

Le printemps sec, l’été et l’automne pluvieux.

 

1715 : Cette année a été fort bonne en grains et en vin. DIEU mercy.

Le roi est mort le 1 septembre. LOUIS XIIII.

 

 

 

Lire la suite

LES PARQUETS DU CHATEAU D’ECHENAY ETAIENT-ILS TROP CIRES ? - 1892

19 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

Il faut toujours se méfier d’un parquet trop ciré. Monsieur le Marquis de Pimodan en a fait l’amère expérience !

 

 

ECHOS DE PROVINCE

Le marquis de Pimodan, duc de Rarécourt, en ce moment dans son château d'Echenay, est tombé si malheureusement, sur un parquet récemment ciré, qu'il s'est fracture la jambe.

Depuis cinq jours il garde le lit, dans une immobilité absolue. Les chirurgiens
répondent d'une complète guérison nous sommes heureux de pouvoir l'annoncer aux nombreux amis du marquis de Pimodan.

 

 

Source : Journal LE GAULOIS – 22 Septembre 1892 – (Paris 15 centimes; Départements et Gares : 20 centimes)

Lire la suite

REPOS LE DIMANCHE A ECHENAY - 1898

18 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

Actuellement, nous voyons régulièrement à la télé, dans la presse, des reportages « pour ou contre » le droit d’ouverture des magasins le dimanche. Chacun a son avis et mon but n’est pas de donner le mien.

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’idée n’est pas nouvelle et à déjà fait couler beaucoup d’encre.

 

D’ailleurs, en 1898, Monsieur le Marquis de Pimodan, Conseiller Général de Haute-Marne et Maire d’Echenay avait la sienne : Il était contre.

 

Il cotisait à la très sérieuse « Ligue Populaire pour le Repos du Dimanche en France », bureau de Bar Le Duc (sa cotisation est de 5 Francs de 1898, quand la plupart des cotisants en donne 1).

 

A l’époque, le travail le Dimanche est généralisé, en France et en Europe, et certains citoyens, dont Gabriel de Pimodan, le déplorent. Il est vrai que pour lui, élevé dans la tradition chrétienne, le dimanche est le Jour du Seigneur. Mais je suis certain qu’il y a aussi derrière cela une préoccupation sociale pour ses concitoyens.

 

La Ligue Populaire pour le Repos du Dimanche milite pour l’interdiction du travail  ce jour là.

 

Voici, pour l’exemple et la bonne compréhension de leur action, quelques extraits de leurs revendications :

 

LE NOUVEL ARRÊTÉ MINISTÉRIEL ET NOTRE PÉTITION

Nos lecteurs se souviennent peut-être qu'aussitôt que notre Comité central eut connaissance de l'intention du Ministère des travaux publics de modifier les heures de fermeture des gares de petite vitesse, notre cher président, M. le sénateur Bérenger, écrivit à M. le Ministre pour lui rappeler notre pétition du 24 mai 1897, demandant que les livraisons à domicile ne se fassent plus le dimanche qui sur l’autorisation expresse de l'expéditeur  dument insérée dans sa déclaration d'expédition.

Dans cette lettre, datée du 28 juillet 1898, il était dit :
Le nouvel arrêté que vous venez de prendre a l'effet d'avancer l’heure de la fermeture des gares de petite vitesse le dimanche matin, loin de rendre inutile la proposition de la Ligue,
semble, au contraire, en doubler l'importance et l'opportunité.
Car si la durée des manutentions est abrégée le dimanche matin, il importe d'autant plus que ces manutentions soient restreintes aux colis réellement urgents, aux colis attendus, et ne s'étendent pas à des destinataires non pressés ou indifférents, dont le personnel propre serait inutilement privé de son repos hebdomadaire.

Celte lettre n'a en rien changé le cours des choses. Les termes de l'arrêté n'ont pas été modifiés, et il est entré en vigueur le dimanche 2 octobre, sans avoir été complété par
une disposition additionnelle répondant aux délibérations de la grande majorité des Chambres de commerce, comme le demandait notre lettre.

Le nouveau régime, salué quand même avec une vive satisfaction par tous les amis de la cause du dimanche, n'a encore fonctionné que trois dimanches. Comme il fallait s'y attendre, il a déjà soulevé de très nombreuses plaintes.

La plus forte émotion parait s'être produite dans la grande gare aux bestiaux de la Villette, sur le chemin de ceinture de Paris. Dans celle gare spéciale, où les trains de bestiaux continuaient d'affluer comme par le passé, il s'est naturellement produit le même effet que dans un réservoir dont on aurait bouché les issues en négligeant d'arrêter ou de détourner les affluents. Aussi y demande-t-on le rétablissement immédiat du statu quo.

Les fabricants de sucre se sont émus à leur tour et par l'organe de leur syndicat ils ont demandé au Ministre — et obtenu, a ce qu'il parait (!) — un traitement de faveur.

Les Halles centrales de Paris formulent aussi de nombreux griefs.

Mais ce qu'il y a de plus intéressant, c'est une lettre adressée au Ministre par le président de la chambre syndicale des transports. Ce syndicat expose que jamais ses employés n'ont été aussi cruellement surmenés que sous le nouveau régime, et, comme remède, il ne demande rien moins que la fermeture complète des gares de petite vitesse le dimanche.

A la bonne heure ! Notre Ligue la demande depuis 1889.

Espérons que ce vœu sera enfin exaucé, puisque le Ministère des travaux publics lui-même s'est déclaré converti à cette proposition.

 

Mais la Ligue Française s’appuie aussi sur ce qui se passe à l’étranger et s’en sert pour convaincre le maximum de gens.

 

Turin

 

En septembre eut lieu à Turin le 3e Congrès national (italien) des employés et commis du commerce et des administrations publiques et privées, avec le concours do plusieurs sous-secrétaires d'État et sénateurs. « La concession du repos du dimanche à tous les employés et commis » faisait partie de l'ordre du jour.
Le vœu adopté ressemble beaucoup à celui qu'on vient de voir voter à Saint-Quentin, savoir : autant que possible, repos du dimanche, et, dans les services publics n'admettant pas d'inter
ruption, roulement hebdomadaire. »

Lille

Parmi les congrès multiples que tiendront les catholiques du Nord et du Pas-de-Calais, du 10 au 20 novembre prochain, sous le patronage des évêques de la province de Cambrai, se trouve
un Congrès de la démocratie chrétienne qui aura pour président M. Thellier de Poncheville et pour vice-président M. l'abbé Lemire, député d’Hazebrouk.

Pour préparer ce dernier congrès, il a été envoyé aux adhérents un questionnaire où nous sommes heureux de trouver les questions suivantes :

Repos dominical

1° A-t-on fait des conférences, écrit des articles de journaux pour le repos dominical ?
2» Les confréries et sociétés l'ont-elles demandé à leurs membres?
3° L'a-t-on fait inscrire dans les travaux des compagnies? des particuliers?
4° A-t-on dans les ateliers inauguré l'arrêt des machines le samedi à midi?
5° A-t-on établi la Ligue populaire pour le repos du dimanche?

NOUVELLES DIVERSES DE L'ÉTRANGER

Hambourg. — Le directeur de la brasserie d'Eilbeck encourut une amende de 75 francs pour avoir fait travailler le lundi de Pâques 1898. En appel, il fit valoir qu'en raison de la chaleur exceptionnelle qui régnait à cette époque, le public avait été pris d'une soif si colossale (sic) que pour pouvoir satisfaire aux besoins de la consommation, force fut de faire travailler. Mais la cour d'appel se refusa à admettre un pareil cas do force majeure.
(Ilambitrgische Correspondent, C sept.)

Francfort. — Une maison de confection occupait, un dimanche, quelques ouvriers à faire des retouches aux vêtements qu'elle vendait ce jour-là aux heures do vente autorisées. La police, aux yeux d'Argus, vit dans le travail des ouvriers une violation de la loi et décréta une amende. Cette amende vient d'être confirmée successivement dans les trois instances supérieures.
(Frankfurter Zeitung, 2 sept.)

Vienne. — Nous avons annoncé que, depuis le I mai 1898, le nombre des trains de petite vitesse circulant le dimanche était réduit en Autriche. La chambre de commerce d'Olmûtz, jugeant les intérêts du commerce autrichien lésés, notamment par l'allongement réglementaire des délais de livraison et par le maintien de l'état antérieur en Hongrie, adressa au ministère des chemins de fer une délibération demandant la renonciation au repos du dimanche, à peine introduit sur les chemins de fer autrichiens.

Les journaux de Vienne et de Berlin du commencement de septembre nous apportent de très longues analyses de la très longue et soigneusement motivée réponse ministérielle. — En ce qui concerne les délais de livraison, y est-il dit, ils ont été abrégés par diverses combinaisons, de façon à maintenir à peu près l'ancien état des choses; mais, dût-il même résulter pour le commerce quelque gêne, encore faudrait-il l'accepter en raison de la haute valeur humanitaire et sociale du repos du dimanche. Cette valeur est de jour en jour plus appréciée, si bien que le gouvernement hongrois est, lui aussi, sur le point de suivre l'exemple si salutaire donné par l'Allemagne et l'Autriche.

Notons, en passant, puisque l'occasion s'en présente, que les ministères autrichiens, fidèles en cela aux traditions d'urbanité et de condescendance de la dynastie des Habsbourg, répondent
toujours aux demandes ou observations qui leur sont adressées, soit par des corporations, soit par les plus humbles citoyens.

Genève. — D'un long appel publié par la Tribune (2 sept.) nous détachons le passage suivant :

« La commission des ouvriers coiffeurs réunis de Genève vient vous prier d'être son interprète auprès de vos nombreux lecteurs qui ont bien voulu nous seconder en s'abstenant de se faire servir le dimanche après midi. Aujourd'hui encore, la commission fait un appel chaleureux à la population genevoise en la priant de mettre à l'index les cinq ou six récalcitrants qui s'entêtent à laisser leurs magasins ouverts le dimanche après midi, dans l'espoir d'attraper quelques clients du voisin qui aurait fermé.

« La commission a usé de tous les moyens pacifiques envers les récalcitrants pour les décider à suivre ce bel exemple que leur donne l'immense majorité de leurs collègues; cependant elle, ne veut commencer son boycottage qu'après une enquête sérieuse.... »

Les garçons laitiers réclament aussi leur après-midi de dimanche, et les garçons boulangers demandent à être dispensés, le dimanche, de porter le pain à domicile.

Le Journal de Genève (10 sept.) appuie ces revendications et termine son article par ces mots :

« Courage donc, travailleurs ! En refusant de vous engager pour le dimanche après midi, vous aurez de votre côté tous les hommes et toutes les femmes de cœur. C'est avec raison que le général suisse Ochsenbein a dit : « Le travail du dimanche est un lent suicide! » Et c'est un patron horloger genevois qui a prononcé cette affirmation : « Pour l'ouvrier, le repos du dimanche, c'est le droit de vivre! »

Rome — D'après L'Italie, journal français de Rome, les curés de la « Ville éternelle » continuent leur active campagne en faveur du repos du dimanche. Ils viennent d'adresser une circulaire aux hôtels, pour que ceux-ci veuillent bien remettre au lundi tous les travaux non urgents, tels que blanchissage de leur linge. Et ils ont écrit au ministre des travaux publics pour que sur les chemins de fer le dimanche ne reste pas un jour ordinaire, que les gares de petite vitesse, par exemple, soient fermées ce jour-là.

— La lega popolare per il riposo festivo, dont nous avons annoncé la fondation il y a deux ans, vient de nous adresser une communication où nous voyons avec plaisir que notre sœur cadette continue à exister et à agir. Comme nous, elle a à repousser l'accusation de cléricalisme. Si, dit-elle, le parti clérical s'occupe du repos du dimanche, c'est que c'est une question qui intéresse tout le monde. Pour se confirmer dans l'espoir que dans peu d'années le repos du dimanche sera un fait accompli à Rome, il suffit d'observer le nombre croissant des magasins fermant le dimanche. La bourgeoisie romaine y aide en s'abstenant de plus en plus d'acheter le dimanche. La Lega popolare de Rome ne compte guère que 600 sociétaires; mais, issue elle-même de la puissante société de secours mutuels, elle peut compter sur des sociétés alliées à Bologne, Milan, Mantoue, Naples, Sienne, Venise, etc, et elle espère que grâce a tous ces concours il sera possible, un jour, d'obtenir une espèce de plébiscite auquel le parlement ne pourrait refuser une nouvelle loi dominicale.

New-York. — Hamilton (Qui peut bien être ce gentleman ?) vient d'être suspendu par la League of American Wheelmen (Ligue de cyclistes) pour avoir pris part à une course le di-
manche. La fédération américaine est sur le point de prendre la même mesure envers plus de 200 autres coureurs.
(Journal des Sports, «le Paris, 20 sept.)

Washington. — Quelques fonctionnaires de la Maison Blanche (l'Elysée des États-Unis) avaient organisé pour le président Mac-Kinley une partie de plaisir en bateau sur le Potomac, afin de lui procurer 24 heures de repos et de tranquillité, loin des soucis gouvernementaux. Le départ devait avoir lieu un samedi après midi, et le retour le dimanche soir. Mais quand le président vit ce programme : « Ah ! mais non, dit-il, je ne vais pas donner l'exemple d'un voyage de plaisir fait le dimanche. » Aussi s'embarqua-t-il bien à. l'heure fixée, mais il rentra chez lui le samedi Soir avant minuit. C'est que Washington, le chef-lieu des Etats-Unis, est en pleine terre de la « Nouvelle-Angleterre. »

 

Source : Bulletin N°11 du 1 novembre 1898 de la Ligue Populaire pour le repos du Dimanche en France

 

Voici, je pense, un nouvel éclairage sur l’action de G. de Pimodan.

 

Noble de par ses origines historiques, militaire par formation, poète par gout, homme politique par conviction, il me semble avoir 100 ans d’avance sur l’actualité sociale et économique. En « homme du terroir », je le devine proche des préoccupations des gens qui l’entourent. Sans doute est-ce pour cela qu’il fut réélu pendant plusieurs décennies en Haute-Marne et à Echenay.

Actuellement, nous voyons régulièrement à la télé, dans la presse, des reportages « pour ou contre » le droit d’ouverture des magasins le dimanche. Chacun a son avis et mon but n’est pas de donner le mien.

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’idée n’est pas nouvelle et à déjà fait couler beaucoup d’encre.

 

D’ailleurs, en 1898, Monsieur le Marquis de Pimodan, Conseiller Général de Haute-Marne et Maire d’Echenay avait la sienne : Il était contre.

 

Il cotisait à la très sérieuse « Ligue Populaire pour le Repos du Dimanche en France », bureau de Bar Le Duc (sa cotisation est de 5 Francs de 1898, quand la plupart des cotisants en donne 1).

 

A l’époque, le travail le Dimanche est généralisé, en France et en Europe, et certains citoyens, dont Gabriel de Pimodan, le déplorent. Il est vrai que pour lui, élevé dans la tradition chrétienne, le dimanche est le Jour du Seigneur. Mais je suis certain qu’il y a aussi derrière cela une préoccupation sociale pour ses concitoyens.

 

La Ligue Populaire pour le Repos du Dimanche milite pour l’interdiction du travail  ce jour là.

 

Voici, pour l’exemple et la bonne compréhension de leur action, quelques extraits de leurs revendications :

 

LE NOUVEL ARRÊTÉ MINISTÉRIEL ET NOTRE PÉTITION

Nos lecteurs se souviennent peut-être qu'aussitôt que notre Comité central eut connaissance de l'intention du Ministère des travaux publics de modifier les heures de fermeture des gares de petite vitesse, notre cher président, M. le sénateur Bérenger, écrivit à M. le Ministre pour lui rappeler notre pétition du 24 mai 1897, demandant que les livraisons à domicile ne se fassent plus le dimanche qui sur l’autorisation expresse de l'expéditeur  dument insérée dans sa déclaration d'expédition.

Dans cette lettre, datée du 28 juillet 1898, il était dit :
Le nouvel arrêté que vous venez de prendre a l'effet d'avancer l’heure de la fermeture des gares de petite vitesse le dimanche matin, loin de rendre inutile la proposition de la Ligue,
semble, au contraire, en doubler l'importance et l'opportunité.
Car si la durée des manutentions est abrégée le dimanche matin, il importe d'autant plus que ces manutentions soient restreintes aux colis réellement urgents, aux colis attendus, et ne s'étendent pas à des destinataires non pressés ou indifférents, dont le personnel propre serait inutilement privé de son repos hebdomadaire.

Celte lettre n'a en rien changé le cours des choses. Les termes de l'arrêté n'ont pas été modifiés, et il est entré en vigueur le dimanche 2 octobre, sans avoir été complété par
une disposition additionnelle répondant aux délibérations de la grande majorité des Chambres de commerce, comme le demandait notre lettre.

Le nouveau régime, salué quand même avec une vive satisfaction par tous les amis de la cause du dimanche, n'a encore fonctionné que trois dimanches. Comme il fallait s'y attendre, il a déjà soulevé de très nombreuses plaintes.

La plus forte émotion parait s'être produite dans la grande gare aux bestiaux de la Villette, sur le chemin de ceinture de Paris. Dans celle gare spéciale, où les trains de bestiaux continuaient d'affluer comme par le passé, il s'est naturellement produit le même effet que dans un réservoir dont on aurait bouché les issues en négligeant d'arrêter ou de détourner les affluents. Aussi y demande-t-on le rétablissement immédiat du statu quo.

Les fabricants de sucre se sont émus à leur tour et par l'organe de leur syndicat ils ont demandé au Ministre — et obtenu, a ce qu'il parait (!) — un traitement de faveur.

Les Halles centrales de Paris formulent aussi de nombreux griefs.

Mais ce qu'il y a de plus intéressant, c'est une lettre adressée au Ministre par le président de la chambre syndicale des transports. Ce syndicat expose que jamais ses employés n'ont été aussi cruellement surmenés que sous le nouveau régime, et, comme remède, il ne demande rien moins que la fermeture complète des gares de petite vitesse le dimanche.

A la bonne heure ! Notre Ligue la demande depuis 1889.

Espérons que ce vœu sera enfin exaucé, puisque le Ministère des travaux publics lui-même s'est déclaré converti à cette proposition.

 

Mais la Ligue Française s’appuie aussi sur ce qui se passe à l’étranger et s’en sert pour convaincre le maximum de gens.

 

Turin

 

En septembre eut lieu à Turin le 3e Congrès national (italien) des employés et commis du commerce et des administrations publiques et privées, avec le concours do plusieurs sous-secrétaires d'État et sénateurs. « La concession du repos du dimanche à tous les employés et commis » faisait partie de l'ordre du jour.
Le vœu adopté ressemble beaucoup à celui qu'on vient de voir voter à Saint-Quentin, savoir : autant que possible, repos du dimanche, et, dans les services publics n'admettant pas d'inter
ruption, roulement hebdomadaire. »

Lille

Parmi les congrès multiples que tiendront les catholiques du Nord et du Pas-de-Calais, du 10 au 20 novembre prochain, sous le patronage des évêques de la province de Cambrai, se trouve
un Congrès de la démocratie chrétienne qui aura pour président M. Thellier de Poncheville et pour vice-président M. l'abbé Lemire, député d’Hazebrouk.

Pour préparer ce dernier congrès, il a été envoyé aux adhérents un questionnaire où nous sommes heureux de trouver les questions suivantes :

Repos dominical

1° A-t-on fait des conférences, écrit des articles de journaux pour le repos dominical ?
2» Les confréries et sociétés l'ont-elles demandé à leurs membres?
3° L'a-t-on fait inscrire dans les travaux des compagnies? des particuliers?
4° A-t-on dans les ateliers inauguré l'arrêt des machines le samedi à midi?
5° A-t-on établi la Ligue populaire pour le repos du dimanche?

NOUVELLES DIVERSES DE L'ÉTRANGER

Hambourg. — Le directeur de la brasserie d'Eilbeck encourut une amende de 75 francs pour avoir fait travailler le lundi de Pâques 1898. En appel, il fit valoir qu'en raison de la chaleur exceptionnelle qui régnait à cette époque, le public avait été pris d'une soif si colossale (sic) que pour pouvoir satisfaire aux besoins de la consommation, force fut de faire travailler. Mais la cour d'appel se refusa à admettre un pareil cas do force majeure.
(Ilambitrgische Correspondent, C sept.)

Francfort. — Une maison de confection occupait, un dimanche, quelques ouvriers à faire des retouches aux vêtements qu'elle vendait ce jour-là aux heures do vente autorisées. La police, aux yeux d'Argus, vit dans le travail des ouvriers une violation de la loi et décréta une amende. Cette amende vient d'être confirmée successivement dans les trois instances supérieures.
(Frankfurter Zeitung, 2 sept.)

Vienne. — Nous avons annoncé que, depuis le I mai 1898, le nombre des trains de petite vitesse circulant le dimanche était réduit en Autriche. La chambre de commerce d'Olmûtz, jugeant les intérêts du commerce autrichien lésés, notamment par l'allongement réglementaire des délais de livraison et par le maintien de l'état antérieur en Hongrie, adressa au ministère des chemins de fer une délibération demandant la renonciation au repos du dimanche, à peine introduit sur les chemins de fer autrichiens.

Les journaux de Vienne et de Berlin du commencement de septembre nous apportent de très longues analyses de la très longue et soigneusement motivée réponse ministérielle. — En ce qui concerne les délais de livraison, y est-il dit, ils ont été abrégés par diverses combinaisons, de façon à maintenir à peu près l'ancien état des choses; mais, dût-il même résulter pour le commerce quelque gêne, encore faudrait-il l'accepter en raison de la haute valeur humanitaire et sociale du repos du dimanche. Cette valeur est de jour en jour plus appréciée, si bien que le gouvernement hongrois est, lui aussi, sur le point de suivre l'exemple si salutaire donné par l'Allemagne et l'Autriche.

Notons, en passant, puisque l'occasion s'en présente, que les ministères autrichiens, fidèles en cela aux traditions d'urbanité et de condescendance de la dynastie des Habsbourg, répondent
toujours aux demandes ou observations qui leur sont adressées, soit par des corporations, soit par les plus humbles citoyens.

Genève. — D'un long appel publié par la Tribune (2 sept.) nous détachons le passage suivant :

« La commission des ouvriers coiffeurs réunis de Genève vient vous prier d'être son interprète auprès de vos nombreux lecteurs qui ont bien voulu nous seconder en s'abstenant de se faire servir le dimanche après midi. Aujourd'hui encore, la commission fait un appel chaleureux à la population genevoise en la priant de mettre à l'index les cinq ou six récalcitrants qui s'entêtent à laisser leurs magasins ouverts le dimanche après midi, dans l'espoir d'attraper quelques clients du voisin qui aurait fermé.

« La commission a usé de tous les moyens pacifiques envers les récalcitrants pour les décider à suivre ce bel exemple que leur donne l'immense majorité de leurs collègues; cependant elle, ne veut commencer son boycottage qu'après une enquête sérieuse.... »

Les garçons laitiers réclament aussi leur après-midi de dimanche, et les garçons boulangers demandent à être dispensés, le dimanche, de porter le pain à domicile.

Le Journal de Genève (10 sept.) appuie ces revendications et termine son article par ces mots :

« Courage donc, travailleurs ! En refusant de vous engager pour le dimanche après midi, vous aurez de votre côté tous les hommes et toutes les femmes de cœur. C'est avec raison que le général suisse Ochsenbein a dit : « Le travail du dimanche est un lent suicide! » Et c'est un patron horloger genevois qui a prononcé cette affirmation : « Pour l'ouvrier, le repos du dimanche, c'est le droit de vivre! »

Rome — D'après L'Italie, journal français de Rome, les curés de la « Ville éternelle » continuent leur active campagne en faveur du repos du dimanche. Ils viennent d'adresser une circulaire aux hôtels, pour que ceux-ci veuillent bien remettre au lundi tous les travaux non urgents, tels que blanchissage de leur linge. Et ils ont écrit au ministre des travaux publics pour que sur les chemins de fer le dimanche ne reste pas un jour ordinaire, que les gares de petite vitesse, par exemple, soient fermées ce jour-là.

— La lega popolare per il riposo festivo, dont nous avons annoncé la fondation il y a deux ans, vient de nous adresser une communication où nous voyons avec plaisir que notre sœur cadette continue à exister et à agir. Comme nous, elle a à repousser l'accusation de cléricalisme. Si, dit-elle, le parti clérical s'occupe du repos du dimanche, c'est que c'est une question qui intéresse tout le monde. Pour se confirmer dans l'espoir que dans peu d'années le repos du dimanche sera un fait accompli à Rome, il suffit d'observer le nombre croissant des magasins fermant le dimanche. La bourgeoisie romaine y aide en s'abstenant de plus en plus d'acheter le dimanche. La Lega popolare de Rome ne compte guère que 600 sociétaires; mais, issue elle-même de la puissante société de secours mutuels, elle peut compter sur des sociétés alliées à Bologne, Milan, Mantoue, Naples, Sienne, Venise, etc, et elle espère que grâce a tous ces concours il sera possible, un jour, d'obtenir une espèce de plébiscite auquel le parlement ne pourrait refuser une nouvelle loi dominicale.

New-York. — Hamilton (Qui peut bien être ce gentleman ?) vient d'être suspendu par la League of American Wheelmen (Ligue de cyclistes) pour avoir pris part à une course le di-
manche. La fédération américaine est sur le point de prendre la même mesure envers plus de 200 autres coureurs.
(Journal des Sports, «le Paris, 20 sept.)

Washington. — Quelques fonctionnaires de la Maison Blanche (l'Elysée des États-Unis) avaient organisé pour le président Mac-Kinley une partie de plaisir en bateau sur le Potomac, afin de lui procurer 24 heures de repos et de tranquillité, loin des soucis gouvernementaux. Le départ devait avoir lieu un samedi après midi, et le retour le dimanche soir. Mais quand le président vit ce programme : « Ah ! mais non, dit-il, je ne vais pas donner l'exemple d'un voyage de plaisir fait le dimanche. » Aussi s'embarqua-t-il bien à. l'heure fixée, mais il rentra chez lui le samedi Soir avant minuit. C'est que Washington, le chef-lieu des Etats-Unis, est en pleine terre de la « Nouvelle-Angleterre. »

 

Source : Bulletin N°11 du 1 novembre 1898 de la Ligue Populaire pour le repos du Dimanche en France

 

Voici, je pense, un nouvel éclairage sur l’action de G. de Pimodan.

 

Noble de par ses origines historiques, militaire par formation, poète par gout, homme politique par conviction, il me semble avoir 100 ans d’avance sur l’actualité sociale et économique. En « homme du terroir », je le devine proche des préoccupations des gens qui l’entourent. Sans doute est-ce pour cela qu’il fut réélu pendant plusieurs décennies en Haute-Marne et à Echenay.

 

Lire la suite

LES SOEURS DE LA PROVIDENCE A ECHENAY - XIXe SIECLE

16 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Solidarité et Générosité à Echenay

Au XIXe siècle, après la Révolution, les années de guerre de l’Empire, et suite au début de l’ère industrielle, le pays prend véritablement conscience de la difficulté des temps pour certains et différents moyens de solidarité se mettent en œuvre.

Les religieux (entre autres), ont reconquis la place qu’ils avaient perdu par la Révolution Française. Ils ont repris leurs missions d’éducation et de soutien aux déshérités.

 

Ainsi à Echenay, s’installent les Sœurs de la Providence :

 

SOINS DES MALADES A DOMICILE

 

Maison des Sœurs de la Providence (de Langres), à Langres. —

Fondée en 1802 —Autorisée en 1827—Soigne et garde gratuitement les malades indigents.

 

Religieuses du même ordre, remplissant le même office à :

 

Aprey, Auberive, Autreville, Audeloncourl, Baissey,Bannes,

Beltaincourl, Bienville,  Rrachay, Brennes, Brousseva, Bologne,

Bourg-Sainle-Marie,  Bussières, Ceffonds, Cohons, Créancey, Coublanc,

Chezeaux, Chassigny, Çirfontaine, Chaumont, Cusey, Coi/fy le-

Haut, Chamouilley, Courcelles- Val d'Esnous, Corgimon, Chauflour, Chalindrey,  Donnemarie, Doulaincourt, Echenay, Eclaron, (etc…)

.

Maisons des Sœurs de Saint-Charles, à Saint-Dizier, Joinville, Vassy et Bourbonne.

 

Source : La France Charitable et Prévoyante – Paris – Librairie Plon – 1896

 

La congrégation a été fondée en 1802 par le Père Edme Leclerc (1751-1816), prêtre du diocèse de Langres et par Jeanne Roger, une langroise qui resta laïque.

A la fin de la Révolution française,  prenant conscience de la misère matérielle et spirituelle du temps, le Père Leclerc forme le projet de fonder une Congrégation de Sœurs destinée à l’évangélisation des plus pauvres et à l’éducation des enfants du peuple dans les campagnes.

Durant un siècle, des communautés de 2 ou 3 sœurs s’implantent dans de nombreux villages de Haute Marne et des départements environnants. Les sœurs vivent simplement, souvent très pauvrement, au milieu des gens, faisant la classe et répondant aux besoins du moment...

 

 

Début du 20ème siècle, séparation de l’Eglise et de l’état : ce sera par exemple, 80 petites écoles qui fermeront le même jour et des Sœurs partiront en Suisse dans le canton de Fribourg. De nombreuses sœurs se sécularisent pour pouvoir continuer leur mission d’éducation dans les écoles. La congrégation s’oriente de plus en plus vers les soins aux malades, aux personnes âgées et vers des services divers en paroisse.

 

Source : http://www.catholique-hautemarne.cef.fr/

 

 

On notera avec dépit, que deux siècles plus tard, les choses n’ont pas vraiment évolué et que la nécessité d’aider est toujours aussi actuelle.

Lire la suite

FORTEPICE OU LES ECORCHEURS A ECHENAY - SUITE 2

16 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Histoire

Les mois passent et malgré ses différentes démarches, Dinteville n’arrive pas à récupérer ses biens. Il se résigne à payer une rançon pour tenter de faire céder Fortepice. Il lui propose même des otages pour le convaincre de sa bonne foi, en attente du versement total de la rançon.

 

Je Pierre de Clermont, seigneur de Narcey, certiffie pour véritey que le vendredi avant

Quasimodo dernier passé Messire Jehan de Dinteville, seigneur des Chanelz, apporta en ma

Maison de Carey quinze cens escuz d'or veulz, pour faire le paiment de sa rançon à Fortespice, les quelz quinze cens escuz furent une nuit et ung jour en mon coffre, et ce temps

pendant le dit seigneur des Chanelz envoya au dit Fortespice quinze cens escuz, en luy rendant sa maison, et ou cas que de ce ne seroit contant luy offrait de luy bailler gentilz

hommes en hostaiges pour luy paier la somme incontinant qui luy randroit sa maison. Et

moy mesmes et deux autres gentilzhommes filz de chevaliers, a savoir Veclu et Jehan de

Stainville, fumes concluz d'aler tenir ostaiges pour le dit seigneur des Channelz se le dit

Fortespice lui eust voulu rendre sa maison et entretenir son traictier. En oultre je certiffie

que depuis la prinse des Chanelz j'ay plusieurs fois esté devers Monseigneur le conte de

Vaudemont lui prié qui vous istmectre aucun remède ou fait du dit seigneur des Chanez et

de sa maison; lequel me feist responce qu'il en feroit tant que luy et tous ses amis en seront

contans. Et se (sic)me dist oultre que quant viendrait à paier les quinze cens escuz que

Fortespice l'avoit rançonnez, qu'il l'en acquiteroit de la moityé ou de cinq cens escuz du

mains (sic).Et (sic)tesmoing de véritey je Pierre de Clermont dessus nommé ay signée

ceste présente de mon seing manuelle XXVIIIe jour de may mil 1111° XXXIX. Ainsi signé :

P. de Clemont.

Coppie collacionnée faicte comme devant par nous.

(Signé:) LEFEAUL.POISSON.

 

Le comte de Vaudémont semblant jouer double jeu (il ne cesse de dire qu’il s’occupe du sujet et que tout le monde sera content mais rien ne se passe !), Fortepice sent qu’il a gagné la partie, mais,  il se méfie d’un éventuel piège. Aussi demande-t-il « abolicion générale » au roi au cas ou il se ferait prendre.

 

Je Mervant, pourssuigant de très hault, très puissant prince Monseigneur le conte de

Richemont, seigneur de Partenay, connestable de France, certiffie à tous que le vendredi

devant Quasimodo dernier passé, par l'ordonnance et commendement de mon dit seigneur,

je pourtay à Fortespice une lectres seignées du seing manuel de mon dit seigneur, par

laquelle il luy requérait et commandoit de par le Roy et de par luy qui rendit à Messire

Jehan de Dinteville, seigneur des Chanelz, sa maison du dit Chasnelz, ainsy comme un

traictier qu'il avoient ensemble le pourtoit. En oultre je certiffie que je pourtay au dit Fortespice les cellé de Monseigneur le connestable promettant en parolle de prince de paier au dit Fortespice quinze cens escus d'or de soixante et quatre au marc incontinant qu'il aroît

rendue la dite place au dit seigneur des Chanelz; lequel scellé ledit Fortespice ne vous

retenir, mes me feist responce que la place ne rendrait il point sy n'avoit premiers abolicion

générale du Roy, passée par la Chambre des Comptes, et se le dit seigneur des Chanelz et

ses amis ne luy bailoient bonnes seurtez que ou cas où le dit Fortespice seroit prins, ne ses

gens, en ce royaulme, ne empeschez aucunement pour la prinse des Chanelz et pour les

aultres maulx qu'il ont fait depuis que le dit seigneur des Chanelz et ses amis fussent tenuz

les pourchassier à leur frais et despens et de leur rendre toutes pertes et despens, à cause

des diz arrest ou empeschement qui pourraient avoir. En oultre je certiffie qu'après ses

parolles ung des serviteurs du dit seigneur des Channez, qui estoit avec moy, dist au dit

Fortespiceque, se n'estoit contant du scellé de mon dit seigneur le connestable, que le dit

seigneur des Chanelz luy offrait de luy bailler gentilz hommes en hostaiges pour luy paier

quinze cens escuz incontinant qui luy aroit rendue sa maison. De laquelle chose le dit

Fortespice feust reffusant. En tesmoin de ce j'ay signée ceste présente certifficacion  de mon

seing manuel le premier jour d'avril l'an mil IIIIe XXXIX. Ainsi signé : Merevent.

Voie(sic)est.

Coppie collacionnée faicte comme devant par nous notaires.

(Signé :) LEFEAUL. POISSON.

 

Toutefois, pour se couvrir un peu plus, Fortepice ajoute qu’il souhaite obtenir du comte de Vaudémont la permission de rendre le château, ce qui le déchargera un peu plus encore au cas ou les choses tournent mal pour lui et sa troupe.

 

Je Jehan seigneur de Cheveryet de Waillemont, conseillier et chambellan de Monseigneur

le conte de Richemont, seigneur de Partenay, connestable de France, certiffie à tous

à qui il appartiendra que le jeudi XXVIIIe jour du mois de may darrenier passé, ou environ,

mon dit seigneur le connestable anvoya ung poursuyant aux Chasnelz devers Jaques de

Pailly, dit Fortespice, pour luy sommer et très instamment requéry qui rendit la place des

diz Chanelz en la main du Roy nostre sire et de mon dit seigneur le connestable. Lequel

poursuyant, à son retour, fit sa relacion à mon dit seigneur le connestable, donné comme

dessus, en la manière qui sensuit, c'est assavoir que le dit Fortespice ly avoit dit qui deist à

mon dit seigneur le connestable cy ly avoit baillié une place cy seroit contant de icelle

rendre à ses annemis , lui suppliant que ly voyssist gardé son honneur, car véritablement il

ne pouoit rendre la dite place des diz Chasnelz sans le congié et licence de très hault et

puissant seigneur Monseigneur le conte de Vaudemont. Et ainsi furent ces parolles rappourtées en ma présence, moy estant ou conseil de mon dit seigneur le connestable. Tesmoing mon seing manuelz cy mis le IXe jour du mois de Jung mil quatre cens trante neuf.

Ainsisigné : J. de Ghevery.

Coppie collacionnée faicte à l'original par nous notaires soubscriptz.

(Signé:) LEFEAUL.POISSON.

 

 

Cela fait plus d’un an que Fortepice occupe le château ! Et l’affaire n’est toujours pas réglée !...

Les Archives de la famille de Pimodan s’arrêtant là, je ne sais comment se termine l’affaire.

Certains auteurs prétendent que Dinteville poursuivra da sa haine Fortepice et qu’il finira pas le tuer en duel dans les fossés de la ville de Chably. La chose semble toutefois improbable.

 

 

Source : Titres de la maison de Rarecourt de la Vallée de Pimodan par Alphonse Roserot

                Paris – Librairie Plon - 1903

Lire la suite

FORTEPICE OU LES ECORCHEURS A ECHENAY -SUITE 1

15 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Histoire

Nous avons vu comment le château d’Echenay fut pris par Fortepice. Dinteville commence alors une longue procédure auprès du Comte de Vaudemont, faisant même appel au Roi duquel il obtient un commandement pour se faire restituer sa maison et ses biens.

Nous sommes maintenant en Juillet 1438 et Fortepice occupe le château depuis 2 mois déjà :

 

Je Aymé de Coiffy, prevost de Chaumont en Bassigny, certiffie à tous que le quinziesme jour

du mois dejuillet l'an mil quatre cens trante huit Je, en la compaignie de honnorable homme et saige maistre Henry de Nully, lieutenant de Monsieur le bailly de Chaumont, fus en la ville de Joinville sur Marne, au quel lieu estoit Monseigneur le Conte de Vaudemont; et à sa personne ce traist le dit maistre Henry et moy aussi, et lequel maistre Henry tenoit ung mandement du Roy nostre sire contenant la prinse et amblée de la maison des Chasnelz, appartenant à noble seigneur Messire Jehan de Dinteville, laquelle avoit naguères esté prinse et emblée par Jaques de Pailly, dit Fortespice, avec le corps d'icelluy seigner et tous ses biens et les biens de ses hommes. Et lequel mandement icelluy lieutenant leust demot ay mot devant mondit seigneur le conte.

Et après ce que, il ly ont requis obéissance pour exécuter le dit mandement. Icelluy lieutenant, souffisant informez du contenu ou dit mandement, fit exprès commandement de par le Roy nostre dit seigneur, et à painne de cinq cens mars d'or à appliquer à icelluy seigneur, au dit Monseigneur le conte, pour ce que il le treuva couppable de la prinse de la dite maison des diz Chasnelz et du corps et biens d'icelluy seigneur des Chasnelz et des biens de ses diz hommes, qui rendit et fit rendre au dit seigneur des Chasnelz sa dicte maison et son corps mectre à plainne délivrance, avec tous ses diz biens et les biens de ses diz hommes. Après lequel commandement le dit conte de Vaudemont respondit et fit responce par sa bouche au dit lieutenant que  il vouloit aller auprès devant Joinville parler au dit seigneur des Chasnelz pour voir sy l'on pourrait trouvé aucun bon appoinctement en ce fait, et dit à icelluy lieutenant et à moi prévost que aleissiens avec luy eschamps.Et ainsi le fismes.

Et se trouveirent ensemble mondit seigneur le conte, le dit seigneur des Chasnelzes

Présences de noble seigneur Messire Erard du Chastellet, le seigneur de Dongieulx, le seigneur de Clémont, Phelebert de Sarnay, le dit lieutenant, moy et autres. Et tant oist après

la dite assemblée le dit seigneur des Chasnelz ce traist par devers mondit seigneur le conte,

auquel il dit et exposa les choses qui sen suivent:

Et premiers. «Monseigneur, vous savez assez comment Fortespice, vostre servent et

soudoyer, et ses compaignons, ses gens et servans et les vostres, partans de vostre compaignie

et de vostre ville de Vezelisses cy m'ont prins mon corps et desrobée par amblée ma

maison des Chasnelz, tous mes biens et les biens de mes hommes et ceulx de mes amis du

pays. Et tout evoye de vous, ne du dit Fortespice ne de ses gens je ne me doubté en riens,

pour ce que bonne pais entre le Roy nostre sire et Monseigneur le duc de Bourgoingne, par

laquelle chascun devoit estre en bonne seurtey; aussi que suis vostre payant cy prouchain

comme en tiers de grey vostre compère, qui a levé vostre enfent aux sains fons de baptesme,

et que tout le temps de mavye je vous a (sic)aimez, honoré et servy en la court du Roy

nostre sire, celle de Monseigneur le duc de Bourgoingne, et estoye en vostre compaignie à

plusieurs journées que avez heues contre les pais de Baroiz et Lorenne, et fais tous les

plaisirs et servises que onques puis faire; et que tout le temps de ma vye ma dite maison

des Chasnelz vous a estey doucement et amyablement, jour et nuyt et à toute puissance

ouverte, pour d'icelle et des biens estans en icelle faire tout à vostre bon plaisir et le plaisir

de maDame vostre femme, et jour et nuyt il (sic) estes entrés fort et flesne, comme

naguères vous en vostre personneil (sic)est esheuzà l'heure de meynuit et ma dite Dame

aussi, dont avoye grant joye et me sembloit que me monstreriens une grant amour. Et

environ dix ou douze jours avant la prinse de madite plaise (sic),ma dite Dame passa par

ma ville des Chasnelz, acompaigniée du dit Fortespice qui la conduisoit; et ce dit jour se

loigale dit Fortespice en madite ville, luy et toutes ses gens, où ils me firent très grant

dommaige et le beu de mon vin, manger de mon pain et dit à mes gens que il estoit en

mon commandement, et que j'estoye le chevalier du monde pour qui il feroit plus et à qui

il estoit plus tenuz. Et nonobstant les choses dessus dites, ledit Fortespice par vostre ayde,

confort et puissance m'a prinse et desrobée ma maisonet fait les choses dessus dites ».

 

Prya au dit Monseigneur le conte que sa dite maison lui fit rendre, ses biens et les [biens] de ses hommes, et faire mectre à délivre son corps comme tenu il estoit.

A quoy mondit seigneur le conte confessa le parente cy dessus dit, le compairraige, et que

Fortespice estoit son servant et soudoyer, partis de sa ville de Vezelisses, et qu'il luy avoit

Baillié les eschielles et une nacelle, dont il avoit prinse la dite maison des Chasnelz.

Et aussi confessa que Ferry, son filz et son chappellain advoient (sic) baillée certain grant

nombre des poudres au dit Fortespice, avec trois voitures de sel, et le tout envoyé aux

Chasnelz, ensemble vins et autres vivres; et auxi que une partye des biens d'icelluy seigneur

estoient en sa ville de Joinville et en sa conté de Vaudemont, et estoient plus seurs que

aillieurs; et que ung paige avoit vendue une des robes du dit seigneur dix frans, et estoit

de velours fourrée de martres.

 

Et lors le dit seigneur des Chasnelz dit au dit conte :

« Monseigneur, vous véez bien que tout ce fait m'est advenu par vous et par vos gens,»

et ly prya que il voulus ten ce mectre tel remède que s'ens peust louer en tous hostes de

seigneurs.

A quoy le dit conte ly respondit qu'il en feroit son devoir, et demanda au dit seigneur

Des Chasnelz ce il seroit bien comptant ce il ly faisoit rendre sa maison et son artillerie.

 

Et le dit seigneur luy respondit que nenny, et que riens n'avoit meffait par quoy il

dust perdre ses meubles.

Et respondit le dit Monseigneur le conte que il en feroit tout son devoir et que souffiroit

à raison. Et dit encorre que par plusieurs fois il avoit demander au dit Fortespice ce il avoit

point de cause contre le dit seigneur, lequel ly  avoit respondu que non.

 

Et après ce fait le dit maistre Henry fit derechiefz les commandemens au dit Monseigneur

le conte qu'il meist le corps d'icellui seigneur et feist mectre à plainne délivrance,

et ly fust rendue sa dite maison et ses biens, sus les painnes de cinq cens mars d'or.

A quoi le dit Monseigneur le conte respondit que ce garderait de meffaire et que il yroit

le landemain devers le dit Fortespice et qui menroit Messire Erard et Messire de Dongieulx

et moy prévost.

Et ce dit landemain je fus en la compaignie du dit Monseigneur le conte et des diz seigneurs devant la maison desdiz Chanelz, ou trouvesmes le dit Fortespice qui longuement

perla(sic)en conseil au dit Monseigneur le conte, et depuis tous ensemble; et fit responce

le dit Monseigneur le conte aux diz seigneurs que le dit seigneur des Chanelz ne raueroit

point sa maison ce Fortespice ne la tenoit jusques à Pasques et qui n'eust trois mille escuz

d'or. * Et pour ce que moy prevost vis bien que c'estoit tout néant, je requis de par le Roy,

nostre dit sire, à mondit seigneur le conte qui feust avec moi affaire (sic) les commandemens dessus diz, et telz que fais estoient à ly, au dit Fortespice. Lequel me respondit

que je romperoye mon sauconduit, et n'y voult point estre, mais par son moyen le dit Fortespice s'ens allas, et par ce moyen ne pous faire mon exploiz; et pour ce que le dit seigneur des Chanez vit bien que tout venoit de Monseigneur le conte, délaissa la chose en tel estat.

 

* Camuzat a mis cette note, en manchette «Fortespice teint la maison des chenez l'espace de10 ans et tira 1500 escus de rançon de J de Dinteville et depuis lesdit Jean et Fortespice s'entretuèrent dans les fosses de Chabliz».Cette dernière indication paraît erronée.

 

Et ce je certiffie comme dessus, soubz mon seing manuel cy mis, le XVIe jour du mois

de juillet dessus dit. Ainsi signé : A. de Goiffy(l).

 

Source : Titres de la maison de Rarecourt de la Vallée de Pimodan par Alphonse Roserot

                Paris – Librairie Plon - 1903

 

Comme on le voit, Dinteville essaye dans un premier temps de prendre le Comte de Vaudémont par les sentiments, lui rappelant leurs liens. Il passe ensuite à la menace en faisant lire par le Prévôt le commandement du Roi le sommant de rendre le château et les biens.

De son coté, le Comte de Vaudémont fait bonne figure, disant qu’il va intervenir auprès de Fortepice pour solutionner la question. Nous verrons dans l’article suivant que les choses vont trainer.   

 

 

 

Lire la suite
1 2 3 4 > >>