Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

L'APOTHICAIRERIE DE JOINVILLE - XVIeme SIÈCLE

27 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Autour d'Echenay - A visiter sans modération

«  Diantre mon bon compaing Epincellois, tu n’as plus mal au dos ?

Ah, mon compaing, ne me pigouille* point ! J’ai souffert comme diable en paradis ! Mais asteur, point de maux !  Ces bonnes mères de l’apothicairerie m’ont fait fort bon remède. Leur huile de petits chiens est miraculeuse !

Diantre, de l’huile de petits chiens ! Qu’est-ce donc ?

C’est miracle pour le dos ! Tu prends deux petits chiots et tu les coupes par morceaux. Tu les mets dans un pot vernissé avec une livre de vers de terre biens vivants et tu fais bouillir environ deux heures à l’âtre. Suivant, tu frottes le mal avec cette huile! Ces bonnes mères m’ont conté que ce bon Ambroise Paré avoit soigné notre bon Balafré (1) avec cet onguent. Il en est fort aise, comme mi. Vois donc, j’ai été soigné comme nostre Prince !

Ah Ah ! A la bonne heure, mon bon compain ! Tu pourras alors faire ton charroi avec moi comme du à nostre maistre ! »

 

Si ce discours est fictif, la recette de l’huile de petits chiens est, elle, bien réelle. C’est à l’apothicairerie de Joinville qu’elle se trouve. Elle était censée soigner les sciatiques et même la paralysie.

C’est en 1567, que la veuve de Claude de Lorraine, 1er duc de Guise, Antoinette de Bourbon et son fils Charles, cardinal de Lorraine fondent, sur l’emplacement de l’ancien Prieuré Saint Jacques, l’hôpital Sainte Croix.

La dévote fit bâtir cet hôpital sur le modèle des hôpitaux italiens de la Renaissance (style hospices de Beaune) afin d’y recevoir les sujets malades et pauvres de l’Abbaye de Saint Urbain mais aussi et surtout de la Principauté de Joinville qui s’étendait alors sur plus de 60 kilomètres.

Placé hors de la ville close, dans un faubourg pour éviter la contamination des populations, l'hospital accueillait riches et pauvres mais séparément. Les plus fortunés devaient alors payer leurs séjours et soins en monnaie ou encore en biens mobiliers ou immobiliers (terres, meubles, vaisselles de valeur, tableaux, bois...). Ceci explique en partie le riche fond que posséde toujours l’hôpital Sainte-Croix, le reste provenant de donations ou de legs.

Hélas, pauvres manants qu’ils étaient, je doute fort que mes ancêtres aient pu un jour profiter des soins des bonnes mères de Joinville. Réjouissons-nous qu’ils aient ainsi épargné deux pauvres chiots !

Pour visiter l’apothicairerie, cliquez sur link

* tourmenter

(1) François de Lorraine, fils d’Antoinette de Bourbon, 1er Prince de Joinville, dit : le " balafré

 

Sources: apothicaireriejoinville.blogspot.fr/ et Territorial TV

Lire la suite

GEOFFROY II - 3eme seigneur connu d'Echenay - XIeme

22 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Millénium - Les seigneurs d'Echenay- 1000 ans

 

Blason Joinville

Régnant sur Joinville et de ce fait sur Echenay au temps de Philippe 1er  (4eme roi Capétien), Geoffroy II fait preuve d’un atavisme certain. Les relations avec les moines de Montiers en Der dont il est l'avoué sont toujours aussi tendues et ce, depuis trois générations. On peut toutefois s’en réjouir car cela nous fournit maintenant à peu près les seuls éléments qui nous permettent de connaitre sa vie.


Voici trois analyses différentes pour approcher son histoire :


La sirerie de Joinville et le comté de Joigny (ce dernier élément est contesté par d’autres historiens), après la mort de Geoffroy Ier, passèrent à son troisième fils, deuxième seigneur du nom de Geoffroy.

 

Étant avoué de l'abbaye de Montierender, il avait établi en cette qualité des coutumes très onéreuses dans les terres du monastère. Dudon , qui en était alors abbé, se plaignit à Thibaut, comte de Champagne, qui fit citer Geoffroy en 1088 à sa cour de Meaux. Ce dernier comparut; mais sur ces entrefaites, Etienne, fils du comte de Champagne, ayant été fait prisonnier de guerre par le roi Philippe Ier. Thibaut, son père, courut solliciter sa délivrance, et ne put se rendre à Meaux au jour marqué. Le sire de Joinville revint donc sans avoir été jugé, et prit le parti de composer avec l'abbé Dudon. Par le traité qui intervint, Geoffroy promit de s'en tenir aux coutumes qui avaient été observées du temps d'Étienne son aïeul. (Mabillon.)

 

Il avait épousé Hodierne de Courtenay qui lui donna trois fils:

 

Valfride, mort avant lui sans postérité;

 

Renaud, qui continua les comtes de Joigny

 

Roger qui suit.

 

Il eut aussi deux filles:

 

Hadevide ou Haloïde, dame d'Apremont, qui laissa de nombreux descendans;

 

Laure, qui, s'étant fait religieuse, devint abbesse.

 

Geoffroy II fit des donations aux églises et à quelques maisons religieuses; il mourut en 1096.

 

Fériel, Jules. Notes historiques sur la ville et les seigneurs de Joinville

 

Voici ce qu’en dit Delaborde


Comme son père et comme son aïeul, Geoffroy II  fut avoué de Montiérender pour le pays de la Blaise ; comme eux aussi, au lieu d’employer le pouvoir qui lui avait été confié à défendre les intérêts de l’abbaye, il se regardait comme le maitre de son avouerie et y percevait des contributions autres que celles qu’il avait le droit de lever. L’abbé Dudon II en appela au comte de Champagne, Thibaut 1er , qui, en 1088, cita les deux parties à comparaitre devant lui à Meaux. Au jour dit, l’abbé et le sire de Joinville étaient là mais le comte absent. Geoffroy, jugeant sans doute que la sanction serait sévère, en profita pour faire un accord avec l’abbaye où il s’engageait de s’en tenir aux droits reconnus à son aïeul Etienne.


Si l’on mentionne encore qu’à une date inconnue, il fit de concert avec ses frères Renard et Roger une fondation à Boulancourt pour le repos de l’ame de leur neveu Witier de Nully, qu’il confirma et compléta vers 1090 les donations faites par son père au prieuré de Vaucouleurs et qu’il apparait comme témoins d’une donation faite à Molesme pour le salut du comte Thibaut de Champagne et celle de son fils Jean entre 1094 et 1100, on aura épuisé les renseignements biographiques que l’on posséde sur lui.


Jean de Joinville et les seigneurs de Joinville – H.F Delaborde – Imprimerie Nationale – Paris - 1894

 

GEOFROI II SEIGNEUR DE JOINVILLE ET COMTE DE JOIGNY

 

Geofroi II succéda à son père dans la seigneurie de Joinville et dans le comté de Joigny. Nous ne connaissons guère de sa biographie que ses démêlés avec l'abbaye de Montiérender et les dons qu'il fit au prieuré de St-Thiébaut de Vaucouleurs afin de compléter la fondation commencée par son père.

 

Certains documents cités par Lévêque de Laravalière permettraient de penser que Geofroi II aurait été investi de la charge de sénéchal de Champagne, en 1104 et en 1114. Mais il paraît être décédé dans les dernières années du XIe siècle et cet historien l'aura confondu avec son fils Roger (1).

 

(1) Vie du sire de Joinville, dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions, t. XX, p. 311. M. d'Arbois de Jubainville cite comme premier sénéchal de Champagne Geofroi III, fils de Roger (Hist. des comtes de Ch., t. IV. p. 487).

 

La perception des redevances que les seigneurs de Joinville se croyaient en droit d'exiger des hommes de l'abbaye de Montiérender, et l'exercice des droits de justice dans le Blaisois, donnaient lieu à des conflits incessants qui finirent par rendre nécessaire l'intervention du comte de Champagne.

 

En 1081, Thibaut I assistait au concile de Meaux qui venait de s'ouvrir sous la présidence de l'évêque de Die, légat du Saint-Siége. L'abbé Dudon s'adressa à ce prince pour obtenir la réparation des abus dont il croyait avoir à se plaindre de la part du sire de Joinville et du comte de Brienne. Une excommunication fut lancée contre ce dernier. Geofroi, cité devant le concile, ne put être entendu parce que, sur ces entrefaites, Etienne Henri, fils du comte de Champagne, s'était révolté contre le roi de France et venait d'être fait prisonnier. Pendant que son père faisait des démarches afin d'obtenir sa liberté, le sire de Joinville, afin de prévenir la sentence dont il était menacé, résolut de transiger avec les religieux qu'il avait lésés.

 

Les redevances dues à Geofroi furent réglées de la manière suivante : Les maisons religieuses de Ville-en-Blaisois et de Dommartin devront lui livrer annuellement chacune vingt béliers au mois de mai, et vingt jeunes porcs à la St-André, au château de Joinville. Les charrois devront être exécutés de telle sorte que les voituriers quittant leurs demeures le matin pourront y rentrer dans la même soirée. Quant aux corvées nécessaires pour les travaux du château, les officiers du monastère fourniront des ouvriers en nombre suffisant pour qu'ils ne soient pas occupés plus d'une semaine. Le sire de Joinville aura droit à trois gîtes par an dans les deux résidences ci-dessus marquées, sans cependant qu'il puisse y amener une suite trop nombreuse. Mais on ne devra rien exiger sous aucun prétexte des serviteurs, clercs ou lais du monastère, tels que bouviers, porchers, vachers, vignerons ou fourniers.

 

Si les tenanciers de l'abbaye commettent quelque contravention, ils seront cités à la requête du sire de Joinville devant le messier (villicus) (Officier en charge de la surveillance des terres cultivées. A la manière du garde-champêtre, le messier a pour rôle de protéger les produits du sol afin de les prémunir du vol), devant le prévôt ou l'abbé : ce n'est qu'au cas où ceux-ci refuseraient de faire justice que le seigneur de Joinville pourrait s'attribuer la juridiction en sa qualité d'avoué.

Cette transaction renferme une clause vraiment humiliante pour Geofroi : il se vit contraint de désigner dix otages qui s'obligèrent sous serment à faire respecter la convention et à réparer le préjudice en cas de contravention.

 

Ainsi que nous l'avons dit, Geofroi II tint envers l'abbaye de Molesme les engagements pris par son père ; il abandonna au prieuré de St-Thiébaut de Vaucouleurs la sixième partie de l'église de Cusey, le quart de celle de Chalaines et trois pièces de terre.

Il y ajouta le manse Blaini, le four banal du château, une partie du moulin de Chalaines, des droits de panage dans la forêt de Waivre et d'usage pour les bois de construction, une vigne, une partie du Breuil.

 

Une dernière concession en faveur de ce prieuré a pour objet cinq familles de serfs avec leurs tenures.

 

Cet acte, qui porte la date de 1096, renferme en outre plusieurs libéralités du comte Eude de Champagne, fils de Thibaut, et du prévôt du château, Sigebert.

En rapprochant ce document d'une autre notice, insérée sous la date de 1105, dans le Cartulaire de Molesme, on voit que la fondation même du prieuré fut l'œuvre de Geofroi I.

C'est sans doute à Geofroi II, que l'on doit attribuer la fondation du prieuré de Joigny en 1080.

 

FAMILLE DE GEOFROI II

 

Geofroi avait épousé Hodierne, fille de Josselin I, seigneur de Courtenai dont il eut trois fils et deux filles, savoir :

 

Valfride ou Geofroi, nommé le premier avec ses deux frères, dans un titre de l'abbaye de Boulancourt : il est en outre cité comme partie avec son père dans une charte en faveur du prieuré de Vaucouleurs (Ann. Bénédict, t. v. p. 479). Il mourut avant son père.

 

Renaud qui devint comte de Joigny et qui aurait épousé Vandelmode, fille de Humbert I, sire de Beaujeu, puis Amicie. Il fut l'un des fondateurs de l'abbaye cistercienne de Boulancourt à laquelle il fit, vers l'année 1095, une donation, du consentement de Hugue Bardoul, seigneur dominant, son parent.

 

Hadevide qui, selon la généalogie de la maison d'Apremont, par Mussei, aurait apporté en dot cette seigneurie à Gobert I. Cependant d'autres autorités citées par Dom Calmet font mention d'un seigneur d'Apremont, dès l'année 1052, époque antérieure au mariage de Hadévide, ce qui permet de douter que le château d'Apremont ait primitivement appartenu aux sires de Joinville.

 

Laure, qui devint abbesse (non citée par Ducange) (1).

 

Geofroi II mourut après l'année 1099, car il est cité à cette date dans une charte du Cartulaire de Molesme, avec Geofroi de Troyes, la comtesse Adélaïde et ses fils Hugues et Philippe.

 

(1) Peut-être doit-on compter parmi les descendants de Geofroi II Miles ou Milon de Joinville, cité comme témoin dans un acte de donation en faveur de Molesme par Haymon de Brie sous Robert, év. de Langres, qui vivait en 1106 (Ducange, p. 28).

 

Simonnet, Jules (1824-1875). Essai sur l'histoire et la généalogie des sires de Joinville. (1008-1386.)... 1875.

 

 

Roger, quatrième sire de Joinville et d’Echenay, (pour Simonnet : son fils, pour Delaborde son frère), lui succédera.

Lire la suite

L'AUDITOIRE DE JOINVILLE - 1561

18 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Autour d'Echenay - A visiter sans modération

A force d’écumer la grande région d’Echenay sur la trace de mes ancêtres, de salles de lecture des archives en salles de mairies, vous imaginez bien que, parfois, l’idée de prendre l’air était la plus forte.  Et puis pour moi, la généalogie n’est pas qu’une succession de dates que l’on accumule comme autant de trophées. La connaissance la plus complète possible de leur cadre de vie est vite devenue primordiale. Nos aïeux travaillaient, côtoyaient d’autres personnes, voyageaient, etc…

 

Bref, ils vivaient ! Il y avait un « autour ».


En marchant sur leurs traces, j’ai découvert des lieux extraordinaires qu’eux aussi ont pu voir.

Il m’a semblé naturel de vous les faire partager et, si possible, de la manière la plus agréable.

___________________________


Joinville est la métropole du Vallage, à mi-chemin entre Chaumont et Saint Dizier. Située sur la Marne, elle fut le berceau des Joinville, célèbre lignée de seigneurs qui régnèrent sur Echenay (voir Millénium - 1000 ans d'histoire  ). 


L’auditoire de Joinville est en fait l’ancien tribunal de Joinville. Aujourd’hui transformé en musée, il fut bâti en 1561. L’auditoire a ceci de particulier qu’il regroupait tribunal et cellules,  pailleuse pour les pauvres, à la pistole pour les plus fortunés.


Témoignages de 500 ans d’exercice de la justice, les innombrables graffitis laissés par les prisonniers sont des tranches de vie touchantes.


Suivez le guide en cliquant sur link


Bonne visite


 

Source : Film Territorial -Tv

 

 

Lire la suite

METALLUGIC PARK ou l'épopée du fer Haut-Marnais

18 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Autour d'Echenay - A visiter sans modération

A force d’écumer la grande région d’Echenay sur la trace de mes ancêtres, de salles de lecture des archives en salles de mairies, vous imaginez bien que, parfois, l’idée de prendre l’air était la plus forte.  Et puis pour moi, la généalogie n’est pas qu’une succession de dates que l’on accumule comme autant de trophées. La connaissance la plus complète possible de leur cadre de vie est vite devenue primordiale. Nos aïeux travaillaient, côtoyaient d’autres personnes, voyageaient, etc… Bref, ils vivaient ! Il y avait un « autour ».


La Haute-Marne et plus particulièrement le Nord de celle-ci, a été, à une époque, le premier département français pour la production de fer. Les alentours d’Echenay (Poissons, Noncourt, Montreuil, etc…) étaient très riches en minerai de fer qui était transformé localement.

 

Ainsi, Echenay avait son fourneau ( voir HAUT FOURNEAU A ECHENAY - 1717 ).

En 1856, le Haute-Marne représente 20% de la production nationale de fonte. Temps béni !

Les fonderies étaient le fleuron de l’industrie Haut-Marnaise, les fontes s’exportant dans le monde entier, paradant pompeusement à chaque entrée du Métropolitain parisien …


Nombreux sont nos ancêtres Hauts-Marnais à avoir usé leur vie à ce rude labeur mais fiers d’avoir contribué à ces réalisations.


Aujourd’hui, le temps a passé. Un lieu raconte l’histoire de cette épopée du fer.

Visitez le en cliquant sur link


Bonne visite !


 

Source : Film Territorial -Tv

Lire la suite

LES CARRIÈRES DE SAVONNIÈRES - De l'antiquité au XXI siècle

18 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Autour d'Echenay - A visiter sans modération

A force d’écumer la grande région d’Echenay sur la trace de mes ancêtres, de salles de lecture des archives en salles de mairies, vous imaginez bien que, parfois, l’idée de prendre l’air était la plus forte.

 

Et puis pour moi, la généalogie n’est pas qu’une succession de dates que l’on accumule comme autant de trophées. La connaissance la plus complète possible de leur cadre de vie est vite devenue primordiale. Nos aïeux travaillaient, côtoyaient d’autres personnes, voyageaient, etc… Bref, ils vivaient ! Il y avait un "autour"!


En marchant sur leurs traces, j’ai découvert des lieux extraordinaires qu’eux aussi ont pu voir.

Il m’a semblé naturel de vous les faire partager et, si possible, de la manière la plus agréable.


Pour débuter cette nouvelle rubrique,  j’ai choisi de commencer par la pierre.

La Haute-Marne est un département très minéral. Même en plein champ, au milieu des cultures, la pierre affleure la surface. Le calcaire est partout. Il a fourni la matière pour construire les habitations. Pierre de taille pour les châteaux des plus riches, moellons plus grossiers pour les maisons des autres.

Aujourd’hui, cela donne une sensation curieuse, comme si rien n’avait changé depuis toujours : une sensation d’éternité et d’indestructibilité.


La pierre de Savonnière, petit village du Perthois,  était la star des matériaux de construction du temps jadis. Exploitée depuis l’antiquité jusqu’à nos jours, exportée au-delà des frontières, elle est omniprésente autour d’Echenay. Elle a façonnée églises, chateaux, demeures de maitres de forges, linteaux et cheminées, etc..., autant de lieux que nos ancêtres ont fréquenté.


Je vous invite maintenant à visiter ses carrières en cliquant sur link

Bonne visite !


 

Source : Film Territorial -Tv

 

 

 

Lire la suite

GEOFFROY I - 2eme seigneur connu d'Echenay- XIeme siècle

16 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Millénium - Les seigneurs d'Echenay- 1000 ans

Blason Joinville

 

La souveraineté de Geoffroy I dit le Vieux sur Joinville et Echenay ressemble beaucoup à celle de son père : Peu d’archives et des renseignements fragmentaires.


L’homme suit les traces de son géniteur : guerres, accaparements puis libéralités, en fonction de l’urgence du moment.


Mais pouvait-il en être autrement ? Comme beaucoup de seigneurs de son temps, il confond souvent biens temporels et biens religieux. Puisque c’est lui qui porte l’épée et protège les pauvres moines, alors, leurs biens sont aussi un peu les siens, non ? Se les accaparer, quoi de plus naturel pour un puissant seigneur du XIème siècle !


Il a la force, ils ont leur évêque et le pape ! Mais la peur du jugement dernier est si grande…


Marié avec Blanche de REYNEL vers 1045 (Parents de Blanche : Arnoul de REYNEL & N de FOUVENT ), Geoffroy, Gaufridus, fils d'Etienne de Joinville succéda à son père dans cette seigneurie, aussi bien que dans le comté de Joigny (toutefois voir fin d’article).


Il porta, suivant Alberic, la guerre dans le Boulonnais, et fit dans cette expédition des prodiges de valeur; néanmoins le sort ne lui fut pas favorable ; son fils Holdin resta sur le champ de bataille, et lui-même tomba prisonnier. Ayant recouvré sa liberté quelque temps après, il revint à Joinville et vécut encore vingt-six ans.

 

Il fit à l'abbaye de Vaucouleurs des donations nombreuses, et abandonna un fonds de terre qu'il possédait dans ce lieu pour y faire construire une abbaye.

 

Ce ne sont pas les seules libéralités que l'on connaisse de lui: il établit plusieurs fondations dans l'abbaye de Molème, avec le consentement de son fils et de son épouse Blanche de Mosellane.

 

Geoffroy Ier possédait entre autres églises, celle de Notre-Dame de Wassy ; menacé d'excommunication par le pape Léon IX, s'il ne la rendait à une maison religieuse, il alla trouver l'évêque de Châlons, Roger III, qui était alors à Thonnance, et remit l'église à l'abbaye de Montierender.

 

Ce seigneur eut quatre enfans:

 

Guy, comte de Joigny, qui fit en 1096 un voyage à la Terre-Sainte et mourut sans postérité;

 

Renaud, qui succéda à son frère, et ne laissa point d'enfant de sa femme Vindemode;

 

Geoffroy II qui suit ;

 

Et Holdin, mort à Bologne.

Ce dernier avait eu lui-même deux fils, Gauthier et Vithier, avec une fille Hesceline, dame de Neuilly, mariée à un seigneur d'Aigremont, frère de Tesselin, père lui-même du fameux saint Bernard.

 

Geoffroy Ier mourut en 1080.

 

Fériel, Jules. Notes historiques sur la ville et les seigneurs de Joinville

 

Voici une autre biographie :

 

GEOFROI  I DE NEUFCHATEAU, SEIGNEUR DE JOINVILLE ET COMTE DE JOIGNY

 

Geofroi devint sire de Joinville et comte de Joigny après la mort de son père. Nous ne connaissons de sa biographie que les faits rapportés par Albéric de Trois-Fontaines et ses relations avec les abbayes de Molesmes et de Montiérender. La bataille de Bologne, où périt son fils Hildoin et où lui-même fut fait prisonnier, en 1055, n'a laissé d'autres traces que les deux lignes du chroniqueur que nous avons transcrites ci-dessus. Albéric rappelle en même temps la bataille de Mortemer, en Normandie, où l'armée commandée par Eudes, frère du roi de France, fut complètement défaite par celle du duc Guillaume le Bâtard. Thibaut I, comte de Champagne, y combattit dans les rangs de l'armée royale, avec ses vassaux, au nombre desquels se trouvait vraisemblablement le sire de Joinville (1). Peut-être le combat de Bologne ou de Boulogne ne fut-il qu'un incident de cette campagne. Au temps de l'abbé Brunon (1049-1082), Geofroi céda à l'abbaye de Montierender l'église de Wassy que ses prédécesseurs tenaient de l'évêque de Châlons (2).

 

(1) D'Arbois de Jubainville, t. 1. p. 386.

(2) M. l'abbé Bouillevaux interprète ce texte d'une manière, ce semble, bien défavorable, lorsqu'il suppose que Geofroi s'était indûment emparé de cette église (p. 238). La charte rappelle seulement que les canons défendaient aux laïques de posséder des édifices consacrés au culte.

 

Mû par le désir d'expier ses péchés et de mériter le salut éternel, dit le donateur, il prit la résolution de se dessaisir de cette église, afin que désormais, elle ne fût possédée par aucun laïque. Il se rendit à Thonnance, où se trouvait alors l'évêque Roger; l'acte de cession fut passé en présence de l'abbé de Saint-Urbain, avec le consentement de Blanche, épouse de Geofroi, et de leurs fils Geofroi et Renard. Il y est stipulé que l'abbé du Der devra établir des religieux à Wassy, et que dans le cas où quelque évêque de Châlons prétendrait revenir sur cette transaction, l'église ferait retour à la famille du donateur.

 

Brunon se montra reconnaissant de cette libéralité et fit à Geofroi l'abandon des églises qui avaient été usurpées par son père, ou plutôt, il confirma les droits d'avouerie qui appartenaient au sire de Joinville sur ces domaines dépendant de l'abbaye. Geofroi commença par réintégrer le monastère dans l'église de Dommartin qui lui fut aussitôt rendue : puis la charte rappelle celles que son père avait possédées, savoir : Lassicourt, St-Christophe, Trémilly. Dommartin, Ragecourt, le lieu appelé Villa de Gurgione (La villa de Gurgione et Dommartin (le saint-Père) ne sont pas mentionnés dans les chartes relatives aux possessions d'Etienne de Vaux ; en revanche elles citent Vaux-s-Blaise et Ville-sur-Terre qu'on ne retrouve pas dans celle-ci).

 

Il est dit que Trémilly, Ragecourt, Fays et Gurgy sont cédés à Geofroi pour être conservés par lui et ses descendants jusqu'au deuxième degré.

A défaut de postérité directe, ces domaines devront revenir à son frère ; après ce dernier, à son plus proche parent, de telle sorte que ces domaines devront faire retour à l'abbaye après la deuxième dévolution.

 

Ce titre offre cette particularité à laquelle nous avons déjà fait allusion, que le seigneur de

Joinville y est appelé G. de Neufchâteau.

 

On lit dans le Gallia Christiana (XII, col. 404) que, en 1080, Geofroi, c. de Joigny, donna à l'abbaye de la Charité-sur-Loire les églises de Notre-Dame et de St-Jean de Joigny, ainsi que les chapelles de St-Martin et de St-Thibaut.

 

Geofroi fut un des premiers bienfaiteurs de l'abbaye de Molesme (près de Châtillon-sur-Seine). Saint Robert venait d'envoyer à Vaucouleurs des religieux qui y fondèrent le prieuré de St-Thibaut. Le sire de Joinville leur fit don du champ où fut bâti le sanctuaire, avec le pré attenant.

Il y ajouta un champ à Bure, la chapelle du château, les prieurés de Thusey et de Chalaines. Il prit en outre l'engagement de racheter, pour les donner aux religieux, les possessions qui avaient appartenu à ses ancêtres dans les domaines dépendant de ces églises (1).

 

La chronique d'Albéric fixe la date de la mort de Geofroi I à l'année 1081, (le 25 janvier d'après Ducange).

 

(1) Mabillon. Ann. Bénédict. T. III, p. 478. Ces donations sont rapportées dans une notice insérée au Cartulaire de Molesme.

 

Simonnet, Jules (1824-1875). Essai sur l'histoire et la généalogie des sires de Joinville. (1008-1386.)... par J. Simonnet,.... 1875

 

Avec Geoffroy I se pose encore la question de la possession ou non du Comté de Joigny. Henri-François Delaborde réfute fermement cette hypothèse en y apportant ce qu’il considère comme des preuves tangibles. (persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1890_num_51_1_447617)

 

 

Mais après tout, quelle différence pour les Epincellois* ! (*habitants d’Echenay; voir :  QUAND ECHENAY N’ETAIT PAS ENCORE ECHENAY)

Lire la suite

LA FONTAINE D'ECHENAY - 2014 -

13 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

Ayant déjà eu l’occasion d’évoquer le lavoir, en son temps haut lieu de société, je n’y reviendrai donc pas.  Mais juste à côté se trouve la fontaine qui alimentait jadis ce dernier mais aussi les foyers Epincellois ne possédant pas de puits. (voir:  LE LAVOIR)


Si le lavoir a été restauré il y a quelques années, son approvisionnement en eau claire et fraiche restait aléatoire. Une équipe d’Epincellois s’est donc attelée cet été 2014 à lui rendre sa claire fontaine.

Mieux qu’un long discours, ces quelques photos illustreront l’affaire !

 

La-fontaine-d-Echenay.png

 

Grand merci à eux ! A la claire fontaine, allez-vous promener !...


 

A noter que la statue de Saint Jean qui la domine est classée. Voir:  LA STATUE DE SAINT-JEAN - XVe SIECLE

Lire la suite

LES VITRAUX DE L'EGLISE D'ECHENAY - XIXeme siècle

13 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

Qui entre dans l’église d’Echenay un jour ensoleillé est frappé par la magnificence des vitraux. Ils resplendissent de couleurs, sont d’une netteté impressionnante et frappent l’imagination.

Mais si les apprécier est une chose, les décoder en est une autre ! J’ai donc fait appel à une spécialiste qui a bien voulu les faire parler pour moi.

Madame  Laurence de Finance est conservateur général, directeur du Musée des Monuments français à la Cité de l'architecture et du patrimoine, 1, place du Trocadéro et du 11 novembre à Paris. Je la remercie chaleureusement d’avoir bien voulu consacrer un peu de son temps à l’étude de ces vitraux. Laissons-lui la parole.

Au plan formel, il s’agit de 7 verrières qui sont d’une grande homogénéité : baies à 2 lancettes (sauf Ste Geneviève) orné chacune de 2 personnages en pieds, debout sous une arcature feuillagée, placés devant un fond rouge ou bleu  damassé au pochoir, à l’exception de la figure de sainte Geneviève placé devant un fond plus simple (restauré ?). Une inscription placée dans l’auréole des personnages permet de les identifier, sauf ceux de la baie d’axe (au-dessus de l’autel), qui ne sont pas nommés. Aucune signature, aucun chronogramme ne permet d’attribuer les verrières à un atelier ni de les dater précisément.

 

B0-La-Vierge-Redemptrice.jpg

 

Au plan iconographique :à la baie d’Axe  (= baie 0), à gauche,  la Vierge nouvelle Eve ou Vierge rédemptrice, la Vierge est à la fois debout sur un croissant de lune (la Femme de l’Apocalypse) et domine le serpent de la Tentation condamné à ramper ; à droite ; le Christ bénissant  tenant le Livre. ; dans le quadrilobe du tympan : la Trinitié  ( Dieu le Père, le Christ et la colombe du Saint Esprit) dans un ciel lumineux).

 

baie-0-le-Christ-Benissant.png

 

On peut s’étonner que saint Martin, le saint tutélaire de la paroisse, ne soit pas présent dans cette baie mais dans une fenêtre latérale.

 

baie-1-st-marc-et-st-luc.png

 

Cette baie est encadrée par les baies 1 et 2 dans lesquelles figurent  les évangélistes placés chacun devant un fond bleu, reconnaissables à l’attribut  en rapport avec la Vison des quatre Vivants de l’Apocalypse ; baie 1 : saint Marc accompagné d’un lion, saint Luc accompagné d’un taureau; au tympan, scène illisible sur la photo ; baie 2 : saint Jean accompagné de l’aigle, saint Mathieu  accompagné d’un ange, au tympan : Adam et Eve chassés du paradis par l’ange de feu. Trois des évangélistes sont représentés écrivant les Evangiles, seul saint Jean tient le calice d’où s’échappe un petit basilic (=le démon). Ces 2 fenêtres forment  une paire. Le décor des feuillages y est moins riche qu’à la baie d’axe.

 


baie-2-St-jean-et-St-Mathieu.png

 

Dans une autre baie: les saints Pierre et Paul (inscription latine pour chacun) tenant un livre, vêtus de la toge romaine, reconnaissables à leurs attributs respectifs : la clef pour Pierre et l’épée pour Paul. Au centre du quadrilobe, un cœur  enflammé (à  vérifier ).

Dans une autre baie : les saints Martin et Nicolas. La présence de saint Martin s’explique par la consécration de l’église sous ce vocable. Saint Nicolas est très fréquent dans les églises de Lorraine et celles des départements limitrophes. Au tympan : la Nativité. Cette verrière est un peu différente des autres : le motif du pochoir du fond, le soubassement et les feuillages des têtes de lancettes diffèrent de ceux des autres baies. Les auréoles ne surmontent pas les têtes des saints mais sont posées derrière la nuque, faute de place ?

 

St Pierre, Paul, Nicolas, Martin

 

Autre baie : Sacré Cœur, avec cœur enflammé dans le quadrilobe du tympan. La lancette gauche de cette baie est vide aujourd’hui mais comportait un autre personnage debout…peut-être  saint Joseph auquel je crois un autel est dédié dans la paroisse ou saint Georges ( ?) représenté en peinture murale sur les voûtes du chœur.

 

Enfin dans une autre baie : sainte Geneviève. C’est l’inscription qui la désigne, car en fait c’est une sainte bergère, gardant ses moutons, la houlette à la main. L’encadrement feuillagé y tient beaucoup de place.

 

Au point de vue technique :réalisation très soignée.

- Emploi de verre doublé (plaqué) bleu notamment pour les auréoles ce qui permet d’y graver les inscriptions.

- Emploi d’émail sur verre pour les mitres des saints Martin et Nicolas et les gants de st Martin, pour les livres tenus par Martin, Geneviève, etc.

- attention portée à la lisibilité des personnages : les vergettes à hauteur du visage font le tour sous la tête des figures pour ne pas en gêner la lecture. C’est très visible sur la baie endommagée.

- les auréoles comportent un double filet de perles qui encadrent l’inscription.

 

Attribution et date

 Ces verrières appartiennent à la seconde moitié du XIXe siècle, vers les années 1870/1880.

Il faudrait en comparer le style ou des détails techniques avec des verrières contemporaines des églises environnantes.

Certains détails comme les filets doubles des auréoles se retrouvent dans la production de Maréchal (grand atelier de Metz) mais la peinture des visages n’évoque pas les compositions connues de cet atelier. On peut également penser à l’atelier Champigneulle de Bar-le-Duc.

Bien que situées en Haute Marne, ces verrières me semblent devoir être rattachées davantage à la production lorraine qu’à celles des ateliers rémois de l’époque.

 

Il y aurait encore beaucoup à voir et à dire sur ces œuvres d’art dont parfois le décor intrigue… Comme moi, mes ancêtres ont dû regarder avec curiosité ces verrières  qui les accompagnaient dans les grands événements de leur vie.

 

Details-curieux.png

 

Mais j’arrête là ma visite et vous encourage à venir visiter par vous-même cette petite église, non sans remercier à nouveau Madame de Finance pour cette aide précieuse.  

 

Sources :

- Madame  Laurence de Finance, conservateur général, directeur du Musée des Monuments français à la Cité de l'architecture et du patrimoine – Paris – 2014

 

- Photos perso.

Lire la suite

MILLÉNIUM - ETIENNE DE VAUX - XIème SIECLE

6 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Millénium - Les seigneurs d'Echenay- 1000 ans

L’histoire commence vers l’an 1000. A cette époque, Robert II le Pieux, deuxième roi Capétien car fils d’Hugues Capet,  règne sur le royaume de France. Oh, roi, il l’est, mais pas comme ces rois que nous connaissons mieux car plus proches de nous.

 

Si le domaine de France s’étend assez largement, le domaine royal de Robert le Pieux ne couvre qu’une petite partie de l’Ile de France. Les autres régions sont confiées à des seigneurs vassaux, comtes ou ducs, qui sont souvent plus riches et puissants qu’il ne l’est. Et bien sûr, sous des airs de fidélité au roi, ils œuvrent surtout à leur propre puissance. Ils feront tout pour la conserver et l’étendre durant des siècles, s’opposant plus ou moins directement aux tentatives des monarques successifs d’assoir leurs prérogatives sur le territoire.

 

Et puis il y a l’Eglise, dont la puissance et la richesse fonde le pouvoir. Le pape est-il mieux fondé à diriger les hommes que le roi ? Cette question viendra brouiller le jeu déjà compliqué entre le roi et ses vassaux pendant longtemps. En somme, trois pouvoirs s’affrontent !

 

 En ce qui nous concerne, Joinville, dont dépend Echenay, appartient au comte de Champagne.

 

 Etienne de Vaux (° v 1000 ?, + v 1060) fut le premier seigneur connu de Joinville et donc d’Echenay qui était sur son territoire.

 

Petite ville de Champagne, assise aux bords de la Marne, elle fut autrefois appelé Jovis-Villa, soit ville de Jupiter. Malheureusement, nous ne remonterons pas aussi loin ! Et de plus, cette origine est contestée par certains. Joinville pourrait venir de la contraction entre Joigny (la ville, voir plus loin) et ville (Joingnivilla ou Jonivilla sur certains actes anciens).

 

On le sait, il est difficile de remonter avant la seconde moitié du XII siècle pour étudier les plus grandes familles féodales. Alors, pour des lignées de moindre importance, la tâche est ardue. Vous ne vous étonnerez donc pas des incertitudes qui apparaissent dans l’analyse des sources anciennes, chaque auteur élaborant des hypothèses différentes  en cas de doute d’interprétation.

 

Toutefois, les seigneurs de Joinville ont eu la chance d’attirer assez tôt l’attention des historiens grâce à Jean de Joinville, (° v 1224, + 24/12/1317), sénéchal de Champagne, chroniqueur de Louis IX – Saint-Louis, dont les mémoires sont restées célèbres. Vous savez, celui qui, partant aux croisades sur son fier destrier, quittant son château, sa femme et ses enfants en bas âge, ne voulut pas se retourner pour jeter un dernier regard sur Joinville de peur de pleurer ! Je vous encourage d’ailleurs à lire ses mémoires (faciles à trouver sur le net) qui sont un témoignage unique de ce temps des croisades, surtout par un participant. Mais revenons à ses aïeux.  

 

Etienne de Vaux semble être né à Vaux sur Saint-Urbain, village proche de Joinville. Mais d’autres estiment possible sa naissance du côté de Neufchâteau, étant nommé Stephanus de Vallibus (Vaux), ou encore Stephanus de Novo Castello (Neufchâteau) ce qui fait dire à J.Simonet : On peut supposer que les seigneurs de Vaux-sur-Saint-Urbain venaient d'une branche cadette de la maison de Neufchâteau, ou même qu'ils ont pendant quelque temps possédé cette ville ainsi que la seigneurie de Joinville. Mais ayant construit le château de Joinville, n’est-il pas naturel de parler de  Novo Castello (Laborde)? Bref, son origine exacte reste sujette à hypothèse.

 

Ce qui est sûr, c’est que c’est lui qui donnera à la famille de Joinville le commencement de sa grandeur.

 

Comme on va le voir, les sources tangibles ne nous rapportent que les faits de violence qu’il a commis. Elles sont peu nombreuses, parfois écrites postérieurement à sa vie et souvent sujettes à interprétations.

 

Apprécié pour ses qualités guerrières, il devient proche de la maison de Brienne, connue surtout pour ses brigandages dans la région. Par le mariage que lui procura Engelbert, comte de Brienne, avec la comtesse de Joigny, Marie Adélaïde de Brienne, il entre dans le paysage seigneurial des familles nobles respectées. Ce mariage pourrait avoir eu lieu, au plus tard en 1008 selon certains.

 

D’aucuns affirment que les trois premiers seigneurs de Joinville furent aussi comtes de Joigny. Cela est contesté par d’autres, comme Henri-François Delaborde en 1890.

 

« Engelbert, comte de Brienne, ayant une sœur qui n’était pas encore engagée dans les liens d’aucun mariage, et souhaitant la donner à un homme vaillant et puissant, fit un accord avec Etienne de Joinville, à qui il l’unit par un lien conjugal». Tels sont les termes de l’acte par lequel  Dudon, abbé de Montiérender, rappelle sous quelles conditions il a concédé l’avouerie du Blaisois ou pays de la Blaise au premier seigneur de Joinville. L’acte n’est pas daté. On sait seulement qu’il est antérieur au 15 mai 1027.

 

Dudon rédige ce document pour se plaindre d’Etienne. Ce dernier est retors et, copiant Brienne, n’hésite pas à s’accaparer des ressources sur les gens qu’il est censé protéger !

 

Trois chartes concernant le premier seigneur de Joinville nous ont été conservées dans le Cartulaire de Montiérender.

La première est relative au mariage d'Etienne de Vaux et constate que le comte de Brienne, en donnant à son vassal la main de l'héritière de Joigny, lui a cédé l'avouerie de la contrée du Blaisois; que Etienne demanda à l'abbé Dudon de nouveaux avantages, promettant, de son côté, une protection efficace au monastère. Il fut convenu en conséquence que le nouvel avoué aurait droit annuellement à une redevance de quarante béliers et de quarante truies, et à six repas; qu'il pourra exiger des charrois pour amener à son château des bois et des fascines nécessaires pour les travaux de construction. Il se concertera avec les officiers du monastère pour requérir les ouvriers : les hommes de corvée ne pourront être retenus plus d'une journée hors de leur domicile. S'il exige rien au-delà (des choses en plus), le seigneur de Joinville sera déchu de tout droit sur ce territoire.

Peu de temps après, l'abbé Dudon eut à se plaindre des abus de toute sorte commis par Etienne de Vaux : il avait envahi les domaines du monastère à Ragecourt-sur-Blaise, à Vaux, à Fays, à Trémilly, à Saint-Christophe, à Lassicourt et à Ville-sur-Terre (Saura Terra). Le prélat s'adressa au roi Robert qui célébrait alors à Reims le couronnement de son fils Henri I (donc en 1027, le sacre ayant eu lieu le 14 mai). Après avoir consulté son conseil, qui fut d'avis que Etienne de Vaux avait mérité la peine de l'excommunication, le souverain ajourna la sentence au lendemain, ne voulant pas qu'un jour aussi solennel fût marqué par une malédiction. La sentence fut en effet prononcée. Etienne, désirant faire lever cette excommunication, entra en composition avec l'abbé Dudon; la charte suivante constate une partie des réparations auxquelles avait droit le monastère. (Source : Simonnet)

 

Mais Dudon n’est pas le seul à se plaindre !

 

Hermann, évêque de Toul, enjoint Etienne de s'abstenir des vexations dont il s'était rendu coupable envers les moines établis à Augéville. En l'année 1005, l'évêque Bertold avait fait don de l'église St-Hubert d'Augéville au prieuré de St-Blin (Bertiniaca curtis), dont les religieux desservaient cet oratoire. L'abbé de Saint-Urbain interdit à ses tenanciers, résidant à Augéville, de payer la dîme aux desservants. De son côté, Etienne avait molesté les ouvriers qui travaillaient dans la grange et poursuivi les moines jusque dans le sanctuaire. L'évêque Herman enjoignit à son archidiacre et au doyen de faire respecter le droit qu'il avait conféré au prieur de Saint-Blin de desservir cette église, et adressa deux mandements à l'abbé de Saint-Urbain et à Etienne, auteur de ces voies de fait. [ ] (Source : Simonnet)

 

Les démêlés qui rendirent nécessaire l'intervention de l'évêque Herman en faveur des religieux d'Augéville ne sont pas les seuls qui se soient élevés entre les premiers seigneurs de Joinville et l'autorité épiscopale.

 

On lit dans la notice concernant l'évêque Udon (1052-1069), que, à une époque remontant à quarante ans, l'évêque de Toul avait eu à se plaindre des violences des seigneurs de Vaucouleurs qui n'étaient autres que les seigneurs de Joinville.

Le prélat invoqua le secours de Gérard d'Alsace (Source : Simonnet)

 

Et puis il y a les guerres auxquelles il doit participer.

 

 En 1036, Eudes, comte de Champagne, prétendant évincé du royaume de Bourgogne, envahit la Lorraine, afin de tirer vengeance de l'empereur Conrad, son adversaire plus heureux. Il s'empara du château de Bar et vint, le 31 octobre, mettre le siège devant Toul, qui fut énergiquement défendu par l'évêque Brunon. Forcé de se retirer en Champagne, Eudes y fut poursuivi par Conrad qui le força à signer un traité humiliant.

L'année suivante, il pénétra en Lorraine une deuxième fois, mais il perdit du temps devant le château de Bar; le duc Gothelon réunit une armée et rencontra son adversaire dans la vallée de l'Orne. L'armée champenoise, beaucoup plus nombreuse, eut d'abord l'avantage; mais les Lorrains ayant reçu, pendant le combat, les contingents de l'évêque de Metz et ceux du comte Gérard, venant de Basse-Lorraine, la lutte se termina par la défaite de Eudes et des siens qui laissèrent deux mille hommes sur le champ de bataille.

Il n'est guère douteux que, dans ces deux campagnes, Etienne de Vaux ait compté parmi les envahisseurs de la Lorraine, et qu'il ait partagé les revers des partisans d'Amalric, en 1017, et le désastre du comte de Champagne, son suzerain, en 1037.[ ] (Source : Simonnet)

 

 

Mais Etienne ne fait pas que guerroyer et brigander. C’est lui qui fait construire le premier château de Joinville (cité par Albéric - 1055) avec l’aide d’Englebert et étend sa seigneurie. Jusqu’à cette époque, il n’existait qu’un donjon de bois datant de fort longtemps.

 

 Si l’on ne parvient pas à démêler les origines du fondateur de la maison de Joinville, on n’est pas beaucoup plus heureux lorsqu’on recherche quelle pu être l’étendue de ses domaines. On sait positivement qu’il posséda le château de Joinville, l’avouerie de saint Urbain, une partie de celle de Montierender et les villages usurpés sur cette dernière abbaye, mais rien ne prouve que son autorité ne se soit pas exercée sur d’autres territoires. On a même quelque raison de soupçonner qu’il a été le maître du château de Vaucouleurs, et que, fidèle à ses habitudes de violence envers l’église, il profita de sa situation pour inquiéter les évêques de Toul. (Source : Delaborde)

 

On peut lire :

 

Les sires de Joinville sont nommés dans nos annales, dès les premières années du XIe siècle. Ils ne cédaient guère en puissance aux Choiseul, aux seigneurs d'Arc et de Châteauvillain, à ceux de Vignory ou de Dampierre qui dominaient dans nos contrées. (Source : Simonet)

 

Les armes que cette famille porte sont assez semblables à celles de la Maison de Broyes au même comté, à la réserve du chef de celle de Joinville, peuvent persuader que ces deux maisons ont une même source, et une même origine, et qu’Estienne premier seigneur de Joinville fut frère puiné d’Isambart seigneur de Broyes [ ].Car l’une et l’autre portoient pour armes d’azur à trois broyes d’or (que quelques Herauds estiment estre certains instruments de bois, dont on se sert pour rompre et broier la chamure et le lin), celles de Joinville ayant pour différence, un chef d’argent à un demy lion de gueules, qui est une briseure assez commune, et une marque de puiné ; et même il est probable que le lion des armes de Joinville est le blazon des anciens Comtes de Joigny [ ]. (Source : cump)

 

Toutefois, même cette hypothèse est mise en doute car l’usage des blasons n’est pas antérieur à la fin du XII siècle.

 

Dès lors, difficile d’en savoir plus ! 

A son décès, son fils Geoffroy I lui succédera dans la maison de Joinville

 

Sources :

Delaborde Henri-François. Recherches critiques sur les premiers seigneurs de Joinville.. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1890, tome 51. pp. 618-629.

Collection universelle des mémoires particuliers relatifs à l’histoire de France – tome 1-  à Londres et à Paris, rue d’Anjou – 1785

Simonnet, Jules (1824-1875). Essai sur l'histoire et la généalogie des sires de Joinville. (1008-1386.)... par J. Simonnet,.... 1875

 

 

Lire la suite

MILLÉNIUM OU L'HISTOIRE DES SEIGNEURS D'ECHENAY

6 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Millénium - Les seigneurs d'Echenay- 1000 ans

Blason-Joinville.JPGL’idée me trottait dans la tête depuis un bon moment. En 1000 ans (enfin presque), de l’an 1000 à 1924, trente et un seigneurs se sont succédés à Echenay. Bien sûr, tous n’ont pas habité le village et encore moins le château que nous connaissons. D’ailleurs, il n’existait pas encore ! Mais enfin, ils en étaient seigneurs !

 

Et si je les évoquais tous ? Un voyage dans le temps qui nous fera traverser le moyen-âge, la renaissance, l’ancien régime pour arriver aux portes du XXème siècle…  

 

Des Capétiens à la IIIème République, tous les seigneurs que j’évoquerai ont possédé Echenay.

 

Mais avant de commencer, une rapide présentation s’impose pour « poser le décor ». Reprenons la liste de ces derniers, établie par Gabriel de Pimodan en 1882.

 

I - Etienne de Vaux (ou de Broyes, suivant les sources), premier Sire de Joinville, décédé en 1060

 

II - Geoffroy I, dit le Vieux, décédé en 1080

 

III - Geoffroy II, décédé en 1096

 

IV - Roger, décédé en 1128

 

V - Geoffroy III, le Gros, sénéchal de Champagne, décédé en 1184

 

VI - Geoffroy IV, sénéchal de Champagne, décédé en 1197

 

Ces six premiers seigneurs d’Echenay habitaient Joinville. Les quatre suivants habiteront Sailly.

 

VII - Gui, fils puiné de Geoffroy IV, sire de Sailly et d’Echenay en 1224

 

VIII - Robert, vivait en 1256

 

IX - Simon de Joinville-Sailly, fils puiné de Robert

 

X- Laure, dame d’Echenay, fille de Simon, épouse en 1326, Jean I de Dinteville et fait passer Echenay dans la maison de Dinteville.

 

A compter de cette date, on peut considérer que les seigneurs habitent de droit Echenay, bien que de fait leurs activités les tiennent le plus souvent éloignés du village.

 

XI - Jean I de Dinteville-Echenay, enquesteur et réformateur royal en Champagne, bailly de Chalon sur Saône, de Dijon et des terres d’outre-Saône, 1326.

 

XII - Erard, bailly de Troyes, vivait en 1387

 

XIII - Gérard, bailly de Troyes, seigneur de Dammartin, vivait en 1393

 

XIV - Jean II, bailly de Troyes, vivait en 1438

 

XV - Claude, bailly de Troyes, surintendant des finances de Charles le Téméraire, mort en 1477

 

XVI - Gaucher, bailly de Troyes, gouverneur du Dauphiné français, mort en 1539

 

XVII - Jean, bailly de Troyes, gouverneur de Charles de France, duc d’Orléans, ambassadeur en Angleterre, mort en 1555

 

XVIII- Guillaume, frère du précédent, bailly de Troyes, capitaine de Langres, gouverneur du Bassigny, mort en 1559

 

XIX - Claude, dame d’Echenay, épouse François de Cessac, baron de Cazillac, et Antoinette, mariée à Chrétien de Choiseul, baron de Beaupré

 

XX - François de Cessac, baron de Cazillac et Chrétien de Choiseul, baron de Beaupré, coseigneurs d’Echenay

 

XXI- Charles de Cazillac, chevalier des ordres du Roy, conseiller à son conseil d’Etat et privé, réunit tout Echenay par diverses transactions, 1648

 

XXII - François de Cazillac, vend Echenay à Charles Jean de La Ferté-Sennetaire, 1656

 

Là s’interrompent, pour une génération, les liens du sang…

Courte pause puisqu’ils reprendront 24 ans plus tard avec les Rarécourt de la Vallée de Pimodan pour nous amener au terme de notre voyage, vers 1924.

 

XXIII - Charles Jean de La Ferté-Sennetaire, conte de Brinon, lieutenant général des armées du Roy, vend Echenay à Charles Christophe de la Vallée Pimodan, 1680

 

XXIV - Charles Christophe de Rarécourt de la Vallée de Pimodan, lieutenant pour le Roy et grand bailly d’épée de la ville et pays de  Toul

 

XXV- Charles Hervé, grand bailly d’épée de la ville et pays de  Toul

 

XXVI - Charles Joseph, lieutenant général et grand bailly d’épée de la ville et pays de  Toul

 

XXVII - Charles Jean, brigadier des armées du Roy, grand bailly d’épée de la ville et pays de  Toul

 

XXVIII - Charles Louis, aide de camp du Roy Louis XVIII, lieutenant général des armées du Roy

 

XXIX - Camille, gentilhomme de la Chambre du Roy Charles X

 

XXX - Georges, chambellan de S.M. l’empereur d’Autriche, comte autrichien, général au service du Saint Siège, mort à Castelfidardo (Italie) en 1860

 

XXXI - Gabriel, marquis de Pimodan, duc romain et comte autrichien

 

Source : Histoire d’une vieille maison – le château d’Echenay- par le Marquis de Pimodan – Langres et Paris - 1882

 

Les sources, rares et laconiques, sont souvent confuses voire contradictoires au début de cette expédition dans l’histoire. On écrit peu au moyen âge. Seuls les faits ayant marqué l’époque sont relatés. Et peu sont parvenus jusqu’à nous, disparus ou détruits au cours des siècles. D’où parfois un certain flou ! Vous voudrez bien m’en excuser. Mais plus on avance, plus les renseignements abondent. Conformément à mon habitude, j’indiquerai les sources des renseignements fournis.

 

Vous trouverez dans la catégorie Millenium de ce blog l’histoire de ces seigneurs.

Débutons par Etienne de Vaux, premier seigneur connu de Joinville et donc d’Echenay.

La suite arrivera prochainement au fil de mes recherches.

De quoi, je l’espère, vous faire passer un bon moment et mieux connaitre l’histoire d’Echenay.

 

Bonne lecture !

Lire la suite
1 2 > >>