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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

Articles avec #histoire tag

ECHENAY A L'EPOQUE ROMAINE

9 Juin 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Histoire

Le 18 mars 1877 s’éteignait Théodore Pistollet de Saint Ferjeux, Président de la Société historique et archéologique de Langres qu’il administrait depuis plus de 20 ans.

Passionné par l’époque romaine, il est connu pour avoir publié en 1852 une brochure de 56 pages sur « l’ancienne lieue gauloise », ancienne unité de mesure, qui posa longtemps problème pour interpréter les cartes romaines.

La lieue gauloise était formée de 1500 pas romains, c’est-à-dire, à priori, 2200 mètres.

Toutefois, son application menait souvent à des erreurs. De Saint Ferjeux démontra qu’une lieue de 2415 mètres, soit environ 200 mètres de plus, s’appliquait avec une très grande précision à différentes voies du pays.

En ce qui nous concerne, il nous laisse une carte de notre région ou apparaissent les principales traces de l’époque romaine. On découvre la présence d’un tumulus situé entre Echenay et Saudron. L’élément est mince pour un « historien amateur » comme moi. Peut-être correspond-il aux traces d’occupation ancienne dans le bois de Chatez  détaillés par Denis Schmitter?

Et puis, on constate qu’Echenay était peu éloigné de l’importante route romaine menant de Langres (Andemantunnum) à Naix aux Forges (Nasic), passant par Cirfontaine en Ornois (le trait rouge).

 

 

carte-moderne-Pistollet.png

 

legende-pistollet.png

Pour ses recherches sur la lieue gauloise, Saint Ferjeux travaillait, entre autre, sur la table de Peutinger, aussi appelée table théodosienne. Cette carte est une copie du XIII siècle ou figurent les routes et les principales villes de l’empire romain.

Naturellement, Echenay n’y figure pas mais on y trouve Andesina (Grand) représenté par le temple au centre, Tullio (Toul) juste en dessous et Nasic (Naix aux Forges), à gauche au milieu, qui étaient des villes importantes pour les romains.

 

table-peutinger.png

 

Peut-être trouverai-je un jour d’autres informations à communiquer sur cette période de l’histoire ? Il me plait de croire qu’il y a encore des choses à découvrir.

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LA DIME ECCLESIASTIQUE A ECHENAY - 1711

9 Novembre 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Histoire

En cette époque ou la majorité des Français se plaint de l’impôt, il m’a semblé intéressant d’orienter mes recherches Epinceloises sur ce sujet. 

Un des prélèvements les plus exécrés du peuple durant  l’ancien régime était la dîme ecclésiastique. Conseillée d’abord comme une pratique de religion, elle devient obligatoire vers le IVe siècle. C’était une fraction variable (suivant les régions, les coutumes locales, ou les usages anciens) des produits de la terre et de l'élevage versée à l'Église.

Très décriée, comme on peut le voir dans les cahiers de doléances, la dîme sera abolie en 1789.

Qu’en était-il à Echenay et présentons le contexte :

En 1711, Echenay relève du Diocèse de Toul et du Doyenné de Dammarie. Ce village n’impressionne visiblement pas le Père Benoit, auteur de l’ouvrage de référence :

Dammarie n’a rien de considérable que le titre de Doyenné, qui lui a été donné, lorsqu’on fit le partage du Diocèse en Archidiaconés et en Doyenné, il est vrai qu’on y érigea au douzième siècle  un Prieuré de l’Ordre de St Benoit ; mais comme à présent il n’y a qu’un Prieur commandataire sans Religieux, ce Prieuré ne rend pas ce lieu plus illustre. La rivière de Saux partage ce Doyenné en deux et il contient dans son étendue dix neuf paroisses, neuf annexes, deux abayes, deux prieurés, sept chapelles  et quelques hermitages.

En ce qui concerne Echenay, le Chapitre de Joinville en est le décimateur, c’est-à-dire celui qui a le droit de lever la dîme ecclésiastique dans la paroisse.

La répartition se fait comme suit :

Ledit Chapitre pour un sixième & demi dans les grosses dîmes (1), le Commandeur de Ruel (2) pour un tiers, l'Abaye de Ste Hoilde Ordre de Citeaux (3) pour un sixième, le curé pour un neuvième avec la totalité des menues (4), le Sieur Thomassin d'Ambly pour un autre sixième inféodé (5). Le curé de Solaincourt, le Prieur de Rinel (6) & l'Abaye d'Ecurey(7) ont la moitié de la dîme en la contré de Germanchin (8).

Seigneur Messire Cristophe de La Vallée de Pimodan, Baron d’Echenets.

Présidial de Chaumont

 Source :   Pouillé Ecclésiastique et Civil du Diocèse de Toul – Par le Révérend Père Benoît de Toul –

            Chez Louis et Etienne ROLLIN, Imprimeurs et Marchands - 1711

Au-delà du prélèvement important, on comprend également l’aversion pour un impôt qui part vers des lieux assez éloignés, du moins pour l’époque. Il existe d’ailleurs un peu partout en France des traces de procès liés à la dîme. Il y a quelques années, j’ai trouvé trace aux AD de Haute-Marne d’une contestation des habitants de Lezèville dans la seconde moitié du XVIII siècle sur un « nouveau fruit » que l’autorité religieuse voulait « dîmer ». Les habitants s’en défendent, arguant du fait que cela n’a jamais été l’usage auparavant. Et pour cause !!! Il s’agit de la pomme de terre, apparue dans le secteur vers 1735 !

Quelques décennies plus tard, la révolution viendra balayer tout cela mais l’impôt aura encore de beaux jours devant lui.

 

Au fait, les Hauts-Marnais de Lezèville ont dû avoir gain de cause, il n’y a toujours pas d’impôt sur la patate !

1)  La grosse dîme porte souvent sur les gros grains tels froment et seigle.

2)  Ruel (ou Ruetz) était une commanderie de Templiers située entre Joinville et St Dizier, proche de Couvertpuis.

3)  Abbaye de femmes Ste Hoilde du Val d’Ornain (55), anciennement Bussy la Côte.

4) Les menues dîmes portent souvent sur les légumes, lin, chanvre, les fruits, les petits grains, les pois, etc… mais aussi la laine et parfois bestiaux, volailles, suivant les régions.

5)  Dîme sécularisée perçue par un laïc, souvent un seigneur, en échange de sa protection (en l’occurrence, le seigneur de Donjeux où ce patronyme apparait ??...Si un lecteur sait !)

6)  Reynel

7)  Près de Montiers sur Saulx (55), abbaye cistercienne masculine

8) Lieu-dit sur le territoire d’Echenay

BUSSY LA COTE

 

 

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GUERRE DES 3 HENRI - ECHENAY 1587

23 Juin 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Histoire

Le pays d’Echenay fut de tout temps une terre de passage mais aussi, par conséquent, une terre de guerre. Aux confins du royaume, c’était une voie de passage obligée entre l’est et l’ouest, le sud et le nord. De la conquête de la Gaule par Rome à la dernière guerre, presque tous les conflits sont passés par la Haute-Marne.

Au moment des guerres de religion, la région d’Echenay est en première ligne. Coincée entre le Saint Empire Romain Germanique, que l’on peut considérer comme la terre natale du protestantisme et le royaume catholique de France, c’était aussi la terre des Guises de Joinville. Ultra catholiques, et avec quelques arrières pensées politiques, ils jouèrent un rôle primordial dans la Sainte Ligue.

Henri de Lorraine, 3educ de Guise, dit « le Balafré » (31 décembre 1549, Joinville - 23 décembre 1588, château de Blois) est un prince français issu d'une branche cadette de la Maison de Lorraine.

À la tête d'un puissant clan aristocratique, il devint populaire pendant les guerres de religion en se posant comme le défenseur de la foi catholique. Après avoir participé au massacre de la Saint-Barthélemy (1572), il s'illustra à plusieurs reprises sur le champ de bataille en combattant les protestants. D'abord prince de Joinville, puis duc de Guise (1563), il tint en tant que grand Maître et pair de France, une place d'importance à la cour.

Chef de la Sainte Union (1584), il ambitionna de gouverner la France. Son but avoué était de réduire l'influence politique du parti protestant en France, en vertu du principe de catholicité de la couronne, mais on ne peut exclure une ambition personnelle appuyée sur une logique de clan et une rivalité entre diverses factions proches du pouvoir et de la famille royale.

Source : Wikipédia

Cette période trouble de l’histoire de France fut entrecoupée de guerre, de trêves, d’accords puis désaccords entre  Catholiques et Protestants.

En 1587, Echenay vit arriver l’armée huguenote de renfort, forte de 30000 hommes et qui campa entre Echenay, Harméville et Germay.  En voici la relation :

A la suite de la signature du traité de Nemours conclu, au commencement du mois de juillet 1585, par Henri III et le duc de Guise, traité dans lequel le Roi déclarait avoir pour agréable ce que la Ligue avait fait dans l'intérêt de la religion, parut un édit interdisant, sous peine de la confiscation, l'exercice du culte prétendu réformé, et donnant quinze jours aux ministres protestants et à leurs adhérents pour vider le royaume.

Ce fut le signal d'une nouvelle prise d'armes de la part des huguenots, et l'origine de la huitième guerre civile, dite guerre des trois Henri (du nom des trois personnages qui y jouèrent les rôles les plus en vue: Henri III, roi de France, Henri, roi de Navarre et Henri, duc de Guise, le Balafré).

Le principal rassemblement des dissidents se trouvait en Guyenne. Leurs troupes étaient sous les ordres du roi de Navarre, le futur Henri IV. Celui-ci, jugeant ses forces insuffisantes, chercha à s'assurer le concours des huguenots d'Allemagne. Il négocia à cet effet, et conclut avec Jean-Casimir DE BAVIÈRE, par l'entremise de plénipotentiaires, une convention, aux termes de laquelle Jean-Casimir s'engageait à lui fournir une bonne armée, composée de reîtres, de gens de pied allemands, suisses et autres, et d'arquebusiers français.

Cette armée fut concentrée près de Strasbourg, le 15 août 1587. Elle fut grossie presque immédiatement par un corps d'un peu plus de deux mille hommes, qu'amena le duc de Bouillon, lequel, comme lieutenant-général du roi de Navarre, prit le commandement suprême, nominalement du moins, le commandement effectif étant exercé par le burgrave Fabien de Dohna, représentant de Jean-Casimir. Son effectif total pouvait être évalué à trente ou trente-cinq mille hommes.

reitre-allemand.jpg

                                                          

                                                            Reître Allemand

 

 

 

A la fin du mois d'août 1587, elle s'ébranla et passa d'Alsace en Lorraine, évitant, autant que possible, les engagements de quelque importance, et se bornant à dévaster le pays. Elle arriva ainsi à Pont-Saint-Vincent où elle franchit la Moselle; après quoi, ses chefs tinrent conseil pour savoir quelle direction il convenait de prendre. Les uns voulaient se diriger sur Sedan, pour porter, de là, la guerre en Picardie ; les autres opinaient pour gagner la Loire, en traversant la Champagne et la Bourgogne, et pour rallier ensuite le roi de Navarre. Ce fut ce dernier parti qui l'emporta, malgré l'avis contraire du duc de Bouillon.

 

L'armée pénétra donc en Champagne, parvint aux environs d'Echenay (aujourd'hui arrondissement de Vassy, Haute-Marne), où elle campa, le mardi 15 septembre. Le lendemain, 16 , au moment où elle quittait son campement pour s'acheminer vers Vaux-sur-Saint- Urbain, le seigneur de Clervant, colonel-général des Suisses, reçut une lettre de François de Chastillon, fils de l'amiral de Coligny, par laquelle il l'informait de son arrivée au château de Grézilles, avec quelques troupes de renfort, et il demandait qu'on vînt le recueillir.

 

La marche de Chastillon avait été des plus hardies. Parti du Languedoc, avec quelques milliers d'hommes, dans l'intention de rejoindre l'armée allemande, il avait franchi le Rhône, traversé le Dauphiné et la Savoie, la première de ces provinces, avec l'aide de Lesdiguières, et avait gagné Genève. De là, il s'était acheminé à travers les terres de l'évêque de Bâle, le comté de Montbéliard et la Franche-Comté, vers la Lorraine, où il comptait rencontrer le duc de Bouillon.

 

Près de Luxeuil, il eut un engagement heureux au pont dit: de Chabottes. Le jour même du combat, il fit quatre lieues et entra en Lorraine, où, après avoir cheminé, l'espace de deux jours, à la recherche de l'armée qu'il allait rejoindre, il s'empara par surprise du château de Grézilles (ou Grésil), où il se mit en sûreté. En même temps, il cantonna ses soldats dans le village voisin, de Valleroy-le-Sec, qu'il mit en état de défense. Il avait, du reste, prévenu Clervant  de son arrivée comme on l'a vu ci-dessus.

 

Le duc de Guise devait redouter l'entrée en ligne de François de Chastillon, car ce jeune capitaine avait la réputation d'un homme de guerre de haute valeur. Aussi le duc de Lorraine, avisé de sa présence à Valleroy, donna-t-il au marquis de Varambon l'ordre de faire une tentative pour l'enlever. Varambon partit de Toul (ou plutôt, peut-être, de Vitrey), le 18 septembre 1587, avec quatorze cents arquebusiers et huit cents chevaux. Arrivé devant Valleroy, il attaqua les retranchements ennemis avec une telle impétuosité que les huguenots furent refoulés jusque dans les fossés du château de Grésil, où ils tinrent bon; dans cette affaire, assaillants et assaillis s'étaient tellement mêlés ensemble qu'on ne put, de part et d'autre, combattre qu'à l'arme blanche.

 

Si le marquis de Varambon eût eu à sa disposition quelques pièces de canon, nul doute que Chastillon eût été complètement détruit  ou obligé de se rendre. Pendant que cette expédition était tentée par les Lorrains, un conseil avait été tenu à Vaux, par les chefs de l'armée d'invasion. Les avis, comme de coutume, s'étaient partagés ; les uns proposaient de ramener l'armée en arrière pour donner la main à  Chastillon : les autres conseillaient de détacher seulement quelque troupe, pour lui prêter main-forte et le ramener. Cette dernière opinion prévalut. On expédia le seigneur de Dommartin et Frédéric de Verren avec leurs régiments; on leur adjoignit les cornettes de chevau-légers du baron de Lanque et du sieur de Beaujeu, ainsi que deux cents arquebusiers à cheval. Le détachement fut placé sous les ordres du comte Jean de La Marck, frère du duc de Bouillon, qui, jusque-là, avait commandé l'avant garde. Pendant qu'on allait au secours de Chastillon, celui-ci se maintenait dans le château de Grésil. Trois jours après son investissement, Varambon ayant été averti par des coups de canon tirés de la place forte de La mothe, qu'un secours important allait arriver à l'ennemi, prévenu, en outre, par un message de M. de Melay que près de trois mille huguenots étaient passés à proximité de la forteresse, se dirigeant vers Valleroy, il abandonna l'entreprise et battit en retraite.

 

Le détachement du comte de La Marck survint dans les entrefaites. Chastillon, délivré, se joignit à lui, et tous deux ensemble se mirent en marche pour rallier le gros de l'armée, qu'ils rejoignirent à Préz-sous-Lafauche.

 

De fait, après que François de Chastillon et le comte de La Marck eurent opéré leur jonction avec le gros de l'armée, celle-ci quitta Pré-sous-Lafauche et se dirigea sur Châtillon-sur-Seine, par Châteauvillain, où elle s'arrêta pendant quelques jours pour se refaire. Elle passa la Seine à une lieue et demie au-dessus de Châtillon. La Chastre, qui s'était rendu dans cette ville sur l'ordre du duc de Guise, l'occupait avec trois cents chevaux qu'il avait amenés et trois mille arquebusiers qui lui avaient été envoyés par Mayenne. Pensant que les Allemands chercheraient un passage à Etrochey, en aval, comme ils l'avaient fait dans une invasion précédente, il avait disposé ses forces de manière à leur disputer le pont de ce village. Mais ses prévisions furent trompées.

 

Le 4 octobre, l'ennemi, après avoir débouché par les Jumeaux, opéra une conversion à gauche, défila sur le plateau de Marigny et alla traverser le fleuve entre Buncey et Chamesson. La Chastre n'eut pas le temps de faire passer son monde de sa gauche à sa droite. Il n'y eut, par suite, que deux escarmouches, peu meurtrières, l'une sur la rive droite de la Seine, avant le passage, l'autre sur la rive gauche, après qu'il eut été effectué. Le burgrave de Dohna prit ses quartiers, le soir, à Ampilly-le-Sec, Cérilly et Laignes; l'artillerie, gardée par le régiment de Berne, occupa le premier de ces villages, l'infanterie fut cantonnée dans le second, et la cavalerie dans le troisième, c'est-à-dire, cette fois, à proximité de Griselles.

 

On connaît l'issue de cette campagne. L'armée protestante, après avoir franchi l'Yonne, chercha à gagner La Charité pour y passer la Loire, dans l'espoir de rejoindre ensuite le roi de Navarre; mais les gués et les ponts étaient gardés par les catholiques. Décimée par la maladie, épuisée par les fatigues et le mauvais temps, fort maltraitée aux combats de Vimory et d'Auneau, elle fut tout heureuse d'entrer en composition avec le roi de France. En vertu d'une capitulation qui leur assurait une forte indemnité, les Suisses consentirent à regagner leur pays. Les reîtres, de leur côté, battirent en retraite, probablement à la suite d'un accord intervenu entre eux et Henri III, au grand désespoir du Balafré, qui comptait les exterminer. Suisses et Allemands quittèrent donc la France, laissant en Lorraine, en Champagne et en Bourgogne, provinces qu'ils avaient dévastées, un souvenir exécré.

 

Source : Une erreur géographique. Note sur la campagne de 1587. La véritable situation du château de Grésil , par Fernand Daguin

 

 NDR :   La localisation du château de Gresilles est source de controverses, d’où le titre de l’ouvrage de référence que je cite.

 

 Pour approfondir cette page d’histoire, voir également :

 

 ÉPHÉMÉRIDE DE L'EXPÉDITION DES ALLEMANDS EN FRANCE

 

 (AOÛT-DECEMBRE1587) PAR MICHEL DE LA HUGUERYE

 

A PARIS LIBRAIRIE RENOUARD H. LAUERENS, SUCCESSEUR  LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE L'HISTOIRE DE FRANCE  RUE DE TOURNON, N° 6

 

 

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FORTEPICE OU LES ECORCHEURS A ECHENAY - SUITE 2

16 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Histoire

Les mois passent et malgré ses différentes démarches, Dinteville n’arrive pas à récupérer ses biens. Il se résigne à payer une rançon pour tenter de faire céder Fortepice. Il lui propose même des otages pour le convaincre de sa bonne foi, en attente du versement total de la rançon.

 

Je Pierre de Clermont, seigneur de Narcey, certiffie pour véritey que le vendredi avant

Quasimodo dernier passé Messire Jehan de Dinteville, seigneur des Chanelz, apporta en ma

Maison de Carey quinze cens escuz d'or veulz, pour faire le paiment de sa rançon à Fortespice, les quelz quinze cens escuz furent une nuit et ung jour en mon coffre, et ce temps

pendant le dit seigneur des Chanelz envoya au dit Fortespice quinze cens escuz, en luy rendant sa maison, et ou cas que de ce ne seroit contant luy offrait de luy bailler gentilz

hommes en hostaiges pour luy paier la somme incontinant qui luy randroit sa maison. Et

moy mesmes et deux autres gentilzhommes filz de chevaliers, a savoir Veclu et Jehan de

Stainville, fumes concluz d'aler tenir ostaiges pour le dit seigneur des Channelz se le dit

Fortespice lui eust voulu rendre sa maison et entretenir son traictier. En oultre je certiffie

que depuis la prinse des Chanelz j'ay plusieurs fois esté devers Monseigneur le conte de

Vaudemont lui prié qui vous istmectre aucun remède ou fait du dit seigneur des Chanez et

de sa maison; lequel me feist responce qu'il en feroit tant que luy et tous ses amis en seront

contans. Et se (sic)me dist oultre que quant viendrait à paier les quinze cens escuz que

Fortespice l'avoit rançonnez, qu'il l'en acquiteroit de la moityé ou de cinq cens escuz du

mains (sic).Et (sic)tesmoing de véritey je Pierre de Clermont dessus nommé ay signée

ceste présente de mon seing manuelle XXVIIIe jour de may mil 1111° XXXIX. Ainsi signé :

P. de Clemont.

Coppie collacionnée faicte comme devant par nous.

(Signé:) LEFEAUL.POISSON.

 

Le comte de Vaudémont semblant jouer double jeu (il ne cesse de dire qu’il s’occupe du sujet et que tout le monde sera content mais rien ne se passe !), Fortepice sent qu’il a gagné la partie, mais,  il se méfie d’un éventuel piège. Aussi demande-t-il « abolicion générale » au roi au cas ou il se ferait prendre.

 

Je Mervant, pourssuigant de très hault, très puissant prince Monseigneur le conte de

Richemont, seigneur de Partenay, connestable de France, certiffie à tous que le vendredi

devant Quasimodo dernier passé, par l'ordonnance et commendement de mon dit seigneur,

je pourtay à Fortespice une lectres seignées du seing manuel de mon dit seigneur, par

laquelle il luy requérait et commandoit de par le Roy et de par luy qui rendit à Messire

Jehan de Dinteville, seigneur des Chanelz, sa maison du dit Chasnelz, ainsy comme un

traictier qu'il avoient ensemble le pourtoit. En oultre je certiffie que je pourtay au dit Fortespice les cellé de Monseigneur le connestable promettant en parolle de prince de paier au dit Fortespice quinze cens escus d'or de soixante et quatre au marc incontinant qu'il aroît

rendue la dite place au dit seigneur des Chanelz; lequel scellé ledit Fortespice ne vous

retenir, mes me feist responce que la place ne rendrait il point sy n'avoit premiers abolicion

générale du Roy, passée par la Chambre des Comptes, et se le dit seigneur des Chanelz et

ses amis ne luy bailoient bonnes seurtez que ou cas où le dit Fortespice seroit prins, ne ses

gens, en ce royaulme, ne empeschez aucunement pour la prinse des Chanelz et pour les

aultres maulx qu'il ont fait depuis que le dit seigneur des Chanelz et ses amis fussent tenuz

les pourchassier à leur frais et despens et de leur rendre toutes pertes et despens, à cause

des diz arrest ou empeschement qui pourraient avoir. En oultre je certiffie qu'après ses

parolles ung des serviteurs du dit seigneur des Channez, qui estoit avec moy, dist au dit

Fortespiceque, se n'estoit contant du scellé de mon dit seigneur le connestable, que le dit

seigneur des Chanelz luy offrait de luy bailler gentilz hommes en hostaiges pour luy paier

quinze cens escuz incontinant qui luy aroit rendue sa maison. De laquelle chose le dit

Fortespice feust reffusant. En tesmoin de ce j'ay signée ceste présente certifficacion  de mon

seing manuel le premier jour d'avril l'an mil IIIIe XXXIX. Ainsi signé : Merevent.

Voie(sic)est.

Coppie collacionnée faicte comme devant par nous notaires.

(Signé :) LEFEAUL. POISSON.

 

Toutefois, pour se couvrir un peu plus, Fortepice ajoute qu’il souhaite obtenir du comte de Vaudémont la permission de rendre le château, ce qui le déchargera un peu plus encore au cas ou les choses tournent mal pour lui et sa troupe.

 

Je Jehan seigneur de Cheveryet de Waillemont, conseillier et chambellan de Monseigneur

le conte de Richemont, seigneur de Partenay, connestable de France, certiffie à tous

à qui il appartiendra que le jeudi XXVIIIe jour du mois de may darrenier passé, ou environ,

mon dit seigneur le connestable anvoya ung poursuyant aux Chasnelz devers Jaques de

Pailly, dit Fortespice, pour luy sommer et très instamment requéry qui rendit la place des

diz Chanelz en la main du Roy nostre sire et de mon dit seigneur le connestable. Lequel

poursuyant, à son retour, fit sa relacion à mon dit seigneur le connestable, donné comme

dessus, en la manière qui sensuit, c'est assavoir que le dit Fortespice ly avoit dit qui deist à

mon dit seigneur le connestable cy ly avoit baillié une place cy seroit contant de icelle

rendre à ses annemis , lui suppliant que ly voyssist gardé son honneur, car véritablement il

ne pouoit rendre la dite place des diz Chasnelz sans le congié et licence de très hault et

puissant seigneur Monseigneur le conte de Vaudemont. Et ainsi furent ces parolles rappourtées en ma présence, moy estant ou conseil de mon dit seigneur le connestable. Tesmoing mon seing manuelz cy mis le IXe jour du mois de Jung mil quatre cens trante neuf.

Ainsisigné : J. de Ghevery.

Coppie collacionnée faicte à l'original par nous notaires soubscriptz.

(Signé:) LEFEAUL.POISSON.

 

 

Cela fait plus d’un an que Fortepice occupe le château ! Et l’affaire n’est toujours pas réglée !...

Les Archives de la famille de Pimodan s’arrêtant là, je ne sais comment se termine l’affaire.

Certains auteurs prétendent que Dinteville poursuivra da sa haine Fortepice et qu’il finira pas le tuer en duel dans les fossés de la ville de Chably. La chose semble toutefois improbable.

 

 

Source : Titres de la maison de Rarecourt de la Vallée de Pimodan par Alphonse Roserot

                Paris – Librairie Plon - 1903

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FORTEPICE OU LES ECORCHEURS A ECHENAY -SUITE 1

15 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Histoire

Nous avons vu comment le château d’Echenay fut pris par Fortepice. Dinteville commence alors une longue procédure auprès du Comte de Vaudemont, faisant même appel au Roi duquel il obtient un commandement pour se faire restituer sa maison et ses biens.

Nous sommes maintenant en Juillet 1438 et Fortepice occupe le château depuis 2 mois déjà :

 

Je Aymé de Coiffy, prevost de Chaumont en Bassigny, certiffie à tous que le quinziesme jour

du mois dejuillet l'an mil quatre cens trante huit Je, en la compaignie de honnorable homme et saige maistre Henry de Nully, lieutenant de Monsieur le bailly de Chaumont, fus en la ville de Joinville sur Marne, au quel lieu estoit Monseigneur le Conte de Vaudemont; et à sa personne ce traist le dit maistre Henry et moy aussi, et lequel maistre Henry tenoit ung mandement du Roy nostre sire contenant la prinse et amblée de la maison des Chasnelz, appartenant à noble seigneur Messire Jehan de Dinteville, laquelle avoit naguères esté prinse et emblée par Jaques de Pailly, dit Fortespice, avec le corps d'icelluy seigner et tous ses biens et les biens de ses hommes. Et lequel mandement icelluy lieutenant leust demot ay mot devant mondit seigneur le conte.

Et après ce que, il ly ont requis obéissance pour exécuter le dit mandement. Icelluy lieutenant, souffisant informez du contenu ou dit mandement, fit exprès commandement de par le Roy nostre dit seigneur, et à painne de cinq cens mars d'or à appliquer à icelluy seigneur, au dit Monseigneur le conte, pour ce que il le treuva couppable de la prinse de la dite maison des diz Chasnelz et du corps et biens d'icelluy seigneur des Chasnelz et des biens de ses diz hommes, qui rendit et fit rendre au dit seigneur des Chasnelz sa dicte maison et son corps mectre à plainne délivrance, avec tous ses diz biens et les biens de ses diz hommes. Après lequel commandement le dit conte de Vaudemont respondit et fit responce par sa bouche au dit lieutenant que  il vouloit aller auprès devant Joinville parler au dit seigneur des Chasnelz pour voir sy l'on pourrait trouvé aucun bon appoinctement en ce fait, et dit à icelluy lieutenant et à moi prévost que aleissiens avec luy eschamps.Et ainsi le fismes.

Et se trouveirent ensemble mondit seigneur le conte, le dit seigneur des Chasnelzes

Présences de noble seigneur Messire Erard du Chastellet, le seigneur de Dongieulx, le seigneur de Clémont, Phelebert de Sarnay, le dit lieutenant, moy et autres. Et tant oist après

la dite assemblée le dit seigneur des Chasnelz ce traist par devers mondit seigneur le conte,

auquel il dit et exposa les choses qui sen suivent:

Et premiers. «Monseigneur, vous savez assez comment Fortespice, vostre servent et

soudoyer, et ses compaignons, ses gens et servans et les vostres, partans de vostre compaignie

et de vostre ville de Vezelisses cy m'ont prins mon corps et desrobée par amblée ma

maison des Chasnelz, tous mes biens et les biens de mes hommes et ceulx de mes amis du

pays. Et tout evoye de vous, ne du dit Fortespice ne de ses gens je ne me doubté en riens,

pour ce que bonne pais entre le Roy nostre sire et Monseigneur le duc de Bourgoingne, par

laquelle chascun devoit estre en bonne seurtey; aussi que suis vostre payant cy prouchain

comme en tiers de grey vostre compère, qui a levé vostre enfent aux sains fons de baptesme,

et que tout le temps de mavye je vous a (sic)aimez, honoré et servy en la court du Roy

nostre sire, celle de Monseigneur le duc de Bourgoingne, et estoye en vostre compaignie à

plusieurs journées que avez heues contre les pais de Baroiz et Lorenne, et fais tous les

plaisirs et servises que onques puis faire; et que tout le temps de ma vye ma dite maison

des Chasnelz vous a estey doucement et amyablement, jour et nuyt et à toute puissance

ouverte, pour d'icelle et des biens estans en icelle faire tout à vostre bon plaisir et le plaisir

de maDame vostre femme, et jour et nuyt il (sic) estes entrés fort et flesne, comme

naguères vous en vostre personneil (sic)est esheuzà l'heure de meynuit et ma dite Dame

aussi, dont avoye grant joye et me sembloit que me monstreriens une grant amour. Et

environ dix ou douze jours avant la prinse de madite plaise (sic),ma dite Dame passa par

ma ville des Chasnelz, acompaigniée du dit Fortespice qui la conduisoit; et ce dit jour se

loigale dit Fortespice en madite ville, luy et toutes ses gens, où ils me firent très grant

dommaige et le beu de mon vin, manger de mon pain et dit à mes gens que il estoit en

mon commandement, et que j'estoye le chevalier du monde pour qui il feroit plus et à qui

il estoit plus tenuz. Et nonobstant les choses dessus dites, ledit Fortespice par vostre ayde,

confort et puissance m'a prinse et desrobée ma maisonet fait les choses dessus dites ».

 

Prya au dit Monseigneur le conte que sa dite maison lui fit rendre, ses biens et les [biens] de ses hommes, et faire mectre à délivre son corps comme tenu il estoit.

A quoy mondit seigneur le conte confessa le parente cy dessus dit, le compairraige, et que

Fortespice estoit son servant et soudoyer, partis de sa ville de Vezelisses, et qu'il luy avoit

Baillié les eschielles et une nacelle, dont il avoit prinse la dite maison des Chasnelz.

Et aussi confessa que Ferry, son filz et son chappellain advoient (sic) baillée certain grant

nombre des poudres au dit Fortespice, avec trois voitures de sel, et le tout envoyé aux

Chasnelz, ensemble vins et autres vivres; et auxi que une partye des biens d'icelluy seigneur

estoient en sa ville de Joinville et en sa conté de Vaudemont, et estoient plus seurs que

aillieurs; et que ung paige avoit vendue une des robes du dit seigneur dix frans, et estoit

de velours fourrée de martres.

 

Et lors le dit seigneur des Chasnelz dit au dit conte :

« Monseigneur, vous véez bien que tout ce fait m'est advenu par vous et par vos gens,»

et ly prya que il voulus ten ce mectre tel remède que s'ens peust louer en tous hostes de

seigneurs.

A quoy le dit conte ly respondit qu'il en feroit son devoir, et demanda au dit seigneur

Des Chasnelz ce il seroit bien comptant ce il ly faisoit rendre sa maison et son artillerie.

 

Et le dit seigneur luy respondit que nenny, et que riens n'avoit meffait par quoy il

dust perdre ses meubles.

Et respondit le dit Monseigneur le conte que il en feroit tout son devoir et que souffiroit

à raison. Et dit encorre que par plusieurs fois il avoit demander au dit Fortespice ce il avoit

point de cause contre le dit seigneur, lequel ly  avoit respondu que non.

 

Et après ce fait le dit maistre Henry fit derechiefz les commandemens au dit Monseigneur

le conte qu'il meist le corps d'icellui seigneur et feist mectre à plainne délivrance,

et ly fust rendue sa dite maison et ses biens, sus les painnes de cinq cens mars d'or.

A quoi le dit Monseigneur le conte respondit que ce garderait de meffaire et que il yroit

le landemain devers le dit Fortespice et qui menroit Messire Erard et Messire de Dongieulx

et moy prévost.

Et ce dit landemain je fus en la compaignie du dit Monseigneur le conte et des diz seigneurs devant la maison desdiz Chanelz, ou trouvesmes le dit Fortespice qui longuement

perla(sic)en conseil au dit Monseigneur le conte, et depuis tous ensemble; et fit responce

le dit Monseigneur le conte aux diz seigneurs que le dit seigneur des Chanelz ne raueroit

point sa maison ce Fortespice ne la tenoit jusques à Pasques et qui n'eust trois mille escuz

d'or. * Et pour ce que moy prevost vis bien que c'estoit tout néant, je requis de par le Roy,

nostre dit sire, à mondit seigneur le conte qui feust avec moi affaire (sic) les commandemens dessus diz, et telz que fais estoient à ly, au dit Fortespice. Lequel me respondit

que je romperoye mon sauconduit, et n'y voult point estre, mais par son moyen le dit Fortespice s'ens allas, et par ce moyen ne pous faire mon exploiz; et pour ce que le dit seigneur des Chanez vit bien que tout venoit de Monseigneur le conte, délaissa la chose en tel estat.

 

* Camuzat a mis cette note, en manchette «Fortespice teint la maison des chenez l'espace de10 ans et tira 1500 escus de rançon de J de Dinteville et depuis lesdit Jean et Fortespice s'entretuèrent dans les fosses de Chabliz».Cette dernière indication paraît erronée.

 

Et ce je certiffie comme dessus, soubz mon seing manuel cy mis, le XVIe jour du mois

de juillet dessus dit. Ainsi signé : A. de Goiffy(l).

 

Source : Titres de la maison de Rarecourt de la Vallée de Pimodan par Alphonse Roserot

                Paris – Librairie Plon - 1903

 

Comme on le voit, Dinteville essaye dans un premier temps de prendre le Comte de Vaudémont par les sentiments, lui rappelant leurs liens. Il passe ensuite à la menace en faisant lire par le Prévôt le commandement du Roi le sommant de rendre le château et les biens.

De son coté, le Comte de Vaudémont fait bonne figure, disant qu’il va intervenir auprès de Fortepice pour solutionner la question. Nous verrons dans l’article suivant que les choses vont trainer.   

 

 

 

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FORTEPICE OU LES ECORCHEURS A ECHENAY -1438

14 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Histoire

charles 7

Après la levée forcée du siège d'Orléans,  puis de Beaugency, suivi de la victoire française de Patay où de nombreux chefs de guerre anglais sont capturés, Charles est couronné roi sous le nom de Charles VII, le 17 juillet 1429, à Reims, en présence de Jeanne d'Arc et de Gilles de Rais. À partir de ce moment tout tourne en sa faveur. Il reprend la majorité des territoires du nord contrôlés par les Anglais et réussit par le traité d'Arras en 1435 à faire la paix avec le puissant duc de Bourgogne, Philippe le Bon, jusqu'alors allié de l'Angleterre. Charles VII reprend Paris aux Anglais (Paris qui s'était rendu de lui-même au roi en 1436) et finalement toute la France à l'exception du port de Calais (1448-1453). Ses victoires successives mettent fin à la guerre de Cent Ans. (Source: Wikipédia)

 

La fin du conflit laisse la plupart des gens de guerre dans l’inaction. Certains rentreront chez eux, mais d’autres décideront de se transformer en mercenaires, ou, entre guillemets, « de se mettre à leur compte », travaillant, avec leurs hommes, tantôt pour eux, tantôt pour d’autres. Ils ont l’habitude de la guerre, des armes, des conditions de vie difficiles et tout est possible dans un pays ou les plus forts ont raison. D’ailleurs, ils ont tous déjà pratiqué pillages, vols, kidnappings, rançonnages et autres forfaits durant la guerre et cela en toute impunité.

 

Alors se forment les Grandes Compagnies. Qu’on appelle aussi les Ecorcheurs.

Leurs chefs sont, pour la plupart, d’anciens capitaines de guerre. Certains sont même d’anciens compagnons de Jeanne D’Arc.

 

Parmi eux, Jacques de Pailly, bailli de Melun, surnommé Fort-Épice, [est] un des pillards les plus redoutés de cette époque. On le voit en 1429 s'emparer de vive force de Châteauvillain; en 1437, il ne craint pas d'occuper la place de Mailly-le-Chastel qui appartenait au duc de Bourgogne, et de lui imposer une rançon avant de la restituer. L'année suivante, en 1438, il va en Lorraine continuer ses courses aventureuses sous les ordres du comte de Vaudémont.

 

Source : Chronique d’Arthur de Richemont, Connétable de France, duc de Bretagne (1393-1458)   Par Guillaume Gruel à Paris – Librairie Renouard - M DCCC XC

 

Le comte de Vaudémont recommença ses hostilités au mois d’avril 1438 par le château de Haroué, qu’il fit attaquer par un fameux capitaine de ce tems-là, nommé Forte-épice.

Le seigneur de Haroué, Guillaume de Mont-martin, tenait le parti de Vautrin de Thuillieres, qui était en guerre avec le comte de Vaudémont.

Thuilliéres avait pris le parti d’Erard du Chatelet, premier moteur de la guerre. Fortepice pris le château, et y trouva une très grande provision de bouche. Il prit ensuite la forteresse des Chenneis* qui appartenait au sire de Tantonville (1), et était défendue par ce seigneur.

 

* En marge du texte : « peut-etre Chaoilley »  (NDLR : mais il s’agit bien d’Echenay)

 

(1) « sire de Tantonville » : (NDLR :il s’agit du Sire de Dinteville)

 

Source : Histoire de Lorraine par le RP Dom Calmet, Abbé de Senones - Tome V –

M DCC XLV

 

Voici la déposition d’un protagoniste de la prise d’Echenay

 

Le vint sixziesme jour de mars mil quatre cens XXXVIII Messire Jehan BonVallet,

prestre, notaire de Monseigneur le duc de Bourgoingne, agé d'environ XXVII ans, jure et

dispose (sic) par son serement, en la présence de nous Jehan Lescripvain, Guiennot Gentot,

notaires publiques de Monseigneur le duc, les parolles cy après passifiez et déclairiés.

 

Et premier, luy qui parle et dist qu'il est bien racors et souvenant que environ le

XXVI0 jour de may damier passées toitou chastelet forteresse des Chanelz, couchié en ung

lit, quant Fortespice, acompaignié d'environ quatre vins hommes de guerre, prist le dit

chastelet forteresse desdiz  Chasnelz par amblée et par eschielles environ le point du jour.

 

Et incontinant que le dit Fortespice et ces gens furent au dit hostel et forteresse desdiz Chasnelz, ils rompirent tous les couffres, arches et buffectz, et prinrent, pilèrent et desrobèrent tous les biens estans en iceulx, et si firent creanter prison au dit seigneur des Chasnelz et à ces gens. 

 

Et après le dit creant, le dit seigneur demanda au dit Fortespice pour quel cause ne quelle quarelle il prenoit ly, sa maison et ses biens.

 

Lequel Fortespice respondit au dit seigneur des Chanelz qu'il estoit Bourguinon. Et le dit seigneur des Chanelz luy dit qu'il estoit bonne paix entre le Roy et Monseigneur de Bourgoingue.

 

Aquoy le dit Fortespice fist responce qu'il n'en savoit riens et qu'il n'en vouloit riens savoir, et que devant qu'il fut le jour de Noël qu'il prandroit sur duc de Bourgoingne six meilleures places que n'estoit celle des dits Chanelz.

 

Ainsi signé : J. Lescripvaing et G. Gentot.

 

Coppie collacionnée faicte à l'original par nous notaires royaulx.

(Signé:) LEFEAUL.POISSON.

 

Source : Titres de la maison de Rarecourt de la Vallée de Pimodan par Alphonse Roserot - Paris – Librairie Plon - 1903

 

Le château d’Echenay tombait donc aux mains des écorcheurs et, comme nous le verrons dans un autre article, il sera difficile au Sire de Dinteville de reprendre possession de ses biens.

 

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ECHENAY ET LA GUERRE DE CENT ANS

6 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Histoire

A la mort du roi de France Charles VI, le 21 octobre 1422, la France est exsangue. La guerre de Cent Ans a fait des ravages et le royaume n’est plus qu’une ruine.

Les campagnes sont sans culture, la maladie, la faim déciment les derniers habitants.

 

A cette époque, l’armée régulière n’existe pas et l’on recrute de gré ou de force dans le ban et l’arrière ban pour combattre l’ennemi. Mais, comme il n’y a plus d’économie nationale, il n’y a plus de rentrées fiscales et il est parfois assez difficile de payer ces soldats. Alors, quand le roi ne peut plus payer, il les laisse « vivre sur le pays » !  Ils se payent sur les villes prises à l’ennemi, volent, pillent pour subsister. Toutefois, tant que la guerre dure, ils ont une activité (se battre) et l’espoir d’être payé.

 

Mais quand la guerre cesse, loin de chez eux, ils sont livrés à eux même. Ils ne savent plus faire que la guerre ! Alors, comme il faut bien vivre, ils se regroupent et forment des compagnies qui vont ravager les régions où ils passent. « Travaillant » essentiellement pour eux même, ils sont toutefois prêts à se vendre au seigneur qui aura besoin d’eux (pour éventuellement le trahir à la première occasion !) ; ce sont des mercenaires comme il en existe encore actuellement.

 

Ces bandes se multipliant, ils deviennent l’un des maux  qui pèsent le plus cruellement sur les populations.

 

On les appelle les Ecorcheurs !                    Pourquoi Ecorcheurs ?

 

Parce que là ou ils passent, ils « écorchent » le pays, ne laissant aucune ressource aux habitants, ni nourriture, ni biens, ni vêtements, les laissant assez souvent nus comme des vers. De plus, ils ont l’agréable manie de bruler les maisons à leur départ ! Les méthodes sont toujours les mêmes qu’actuellement : tabassages, meurtres, viols, kidnapping, demandes de rançons, etc…

 

S’enhardissant sous l’effet du nombre (une bande peut compter plusieurs milliers de personnes), ils n’hésitent bientôt plus à s’attaquer à des villes entières, à des châteaux, pour en obtenir de bien meilleures rançons que les pauvres hères qu’ils dépouillent de leur peu de biens. De plus, ils s’organisent, chaque bande ayant son « Capitaine », souvent leur ancien chef à la guerre. Ainsi, chose étonnante pour nous, certains sont d’anciens compagnons de Jeanne d’Arc, tel La Hire (de son vrai nom Etienne de Vigolles). Très mobiles, on les retrouve dans toute la France.

Il deviendra donc nécessaire à Charles VII, nouveau roi de France, de les combattre.

 

Alors, qu’ont-ils à voir avec Echenay ?

C’est bien simple : Par une nuit noire de 1438, ils « enlèvent » le château d’Echenay par la force, surprenant le châtelain et son entourage.

Leur capitaine s’appelle FORTEPICE et c’est de lui que je parlerai dans le prochain article de la catégorie Histoire.

 

A suivre...

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QUAND ECHENAY N’ETAIT PAS ENCORE ECHENAY

6 Novembre 2011 , Rédigé par echenay Publié dans #Histoire

CHRONOLOGIE DES DIFFERENTS NOMS D’ECHENAY

 

 

Echenay n’a pas toujours été Echenay. Ou du moins, l’orthographe en a varié suivant les siècles.

 

Il semble que le village d’Echenay se soit constitué par la réunion de 3 hameaux :

 

-         La Cannée

-         Baillancourt

-         Pincelay (d’où le nom actuel des habitants d’Echenay : les Epincellois)

 

Mais, c’est une autre histoire !

 

Durant les âges, le village ainsi créé s’est orthographié différemment, jusqu'à trouvé son nom actuel.

 

On trouve :

 

-         Les Chanels en 1305

-         Les Chaasnelz en 1330

-         Les Chaasnels en 1334

-         Les Chasnels en 1401

-         Eschanetz , Eschasnetz, Les Chasnetz, Les Chanetz en 1539

-         Eschenetz en 1568

-         Les Chesnetz en 1603

-         Les Chenets en 1657

-         Eschenetz en 1742

-         Echenay en 1758

 

 

Source : Dictionnaire Topographique du Département de la Haute Marne par Alphonse ROSEROT  -1903-

 

 

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