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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

LES PERCEPTEURS A ECHENAY

27 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et l'Administration

A la fin du XIXe siècle et au début du XXe , les Epincellois payent l’impôt comme tout le monde. Ils ont même leur percepteur (liste en fin d'article).

 

Comme l’explique Catherine Jumeau, dans son article « Vies de Percepteurs », « il fallait autrefois, compte tenu des techniques financières de l’époque, que le territoire soit enserré dans un fin maillage de 1-franc-1887.jpgcollecteurs d’impôts, proches des populations intéressées, mais qui deviennent rapidement des hommes de confiance du Gouvernement. À ce personnel nombreux, l’État-gendarme, à mesure qu’il élargissait son rôle et se transformait en un État-providence, confia des tâches de plus en plus nombreuses. Le percepteur devint alors le représentant privilégié du ministère des Finances à l’échelle du canton, le vecteur des différents  financiers directs qui unissent le citoyen à l’État en  matière de fiscalité, d’épargne, de prévoyance et de redistribution des richesses collectives.

Le percepteur est soumis tout d’abord à une obligation de résidence qui le conduit à vivre à proximité de son lieu de travail, au milieu de ses contribuables, voire à partager leurs activités et leurs loisirs. L’indifférenciation des lieux entraîne celle du temps. Sollicité à tout moment, chez lui comme dans ses déplacements extérieurs, l’homme ne fait qu’un avec la fonction. Une telle indifférenciation des lieux, des temps et des activités apparente le mode de vie des comptables du Trésor à celui des artisans, des commerçants ou des professions libérales davantage qu’à celui de la plupart des fonctionnaires. Elle a pour origine le caractère d’entreprise privée que la fonction revêtait avant la Première Guerre mondiale.

Les relations que les fonctionnaires du Trésor entretiennent avec le public sont en effet d’une nature indiscutablement fiscale. On entre à la perception pour y payer l’impôt et l’acte ; le lieu autant que les protagonistes de cette rencontre sont surchargés de symboles, véhiculant l’abîme de l’inconscient collectif, cristallisant dans une synthèse finale tous les problèmes de la fiscalité directe.
Ils décrivent parfois l’affrontement physique qui se produit parfois de part et d’autre du guichet et les petites ficelles du métier qui permettent de désamorcer la colère du contribuable. Ils mettent en évidence l’opposition entre deux discours irréductibles, celui de la révolte d’une part, celui de la rationalité juridique d’autre part, et la sympathie qui s’établit entre des hommes et des femmes que rapprochent une sociabilité locale et un mode de vie commun. Mais la révolte des contribuables apparaît à travers leurs récits comme un phénomène rare et sporadique, comme le fait d’une minorité d’entre eux, de certaines taxes, localités ou mouvements (). Ils expliquent à quel point les relations avec la majorité de leurs contribuables furent chaleureuses, affectueuses, aux antipodes des représentations collectives. Si les auteurs se réfèrent aux revendications concernant le "rôle social du percepteur", ils proposent une version bien adoucie des relations fiscales. Peu à peu, l’impôt sur le revenu est entré dans les mœurs et le travail de terrain du percepteur n’est certainement pas étranger à cette lente et progressive acceptation ».

 

Alors, on l’a compris, il leur faut de la rigueur et comme il ne faudrait pas que des liens d’amitiés trop importants se tissent entre le percepteur et ses administrés, on assiste à une valse régulière du fonctionnaire.

 

En voici quelques mouvements (certainement non exhaustifs) à Echenay:

 

En 1879, M. Delyon, d'Echenay passe à Orges (3e cl.) et M. Pasquier, ancien employé de préfecture, est nommé percepteur d'Echenay (4° cl.).

 

En 1880, M. Raffin, ancien sous-officier, est nommé percepteur d'Echenay (4« cl.),
en remplacement de M. Pasquier, qui reçoit une autre destination

 

En 1881, M. Champonnois, de Pressigny, passe à Echenay (4'cl.), en remplacement de M. Raffin, mis en disponibilité.

En 1884, Mr Champonnois, percepteur d'Echenay (Haute-Marne) est élevé sur place de la à laclasse

 

En 1886, M Champonnois, percepteur d'Echenay, classe, passe en la même qualité à la perception de Graffigny, en remplacement de M. Flammarion, appelé à la perception de Neuilly-l'Ëvèque.
M. Radel, percepteur de Savoisy (Côte-d'Or), classe, arrive en la même qualité à la perception d'Echenay, en remplacement de M. Champonnois, appelé à la perception de Graffigny.

 

En décembre 1886, Mr Radel, percepteur d’Echenay, est élevé de la classe à la

 

En 1892, Mr Ferlus, percepteur de Campagnac (Aveyron), arrive à Echenay, cl. comme remplacant de M. Radel, retraité.

 

En 1893, M. Ferlus, percepteur d'Echenay (Haute-Marne), cl., est nommé à Autignac (Hérault), et  M. Formelle, percepteur de Prez.-sous-la-Fauche, 3" cl., le remplace à Echenay.

 

En juillet 1906, M. Brunotté, percepteur d'Echenay (Haute-Marne), part à Che-
maudin (Doubs), cl.

 

Le 30 novembre 1906, M. Driout, percepteur de Biësles (Haute-Marne), appelé à Echenay et non installé, part  percepteur d'Ouanne (Yonne), 3"- cl., et remplace M. Loriri, retraité.

 

En janvier 1907, M. Mangin, percepteur de Bromont-Lamothe (Puy-de-Dome), arrive à
Echenay, cl. En 1909, il reçoit une récompense ( classe pour meilleure classe) en raison de son ancienneté.

 

Sources : Différents « Mémorial des Percepteurs et de Receveurs des communes »  - de 1879 à 1909 -

 

Comme on le voit, certains restent un an, d’autres parfois cinq. Juste le  temps d’apprécier Echenay et de faire le tour du village et de ses habitants ! Mais pas de devenir laxiste dans leur fonction. On le sait : « le temps, c’est de l’argent !!! » 

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