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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

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L'ART AU SECOURS DU GÉNÉALOGISTE DE VILLAGE - ECHENAY 1850

8 Mai 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

Vue vers 1850 du moulin du château d'Echenay par F.A PERNOT

Vue vers 1850 du moulin du château d'Echenay par F.A PERNOT

Quand on étudie l’histoire d’un village, on est parfois déçu de ne pas retrouver de figurations anciennes. Echenay n’est pas Versailles ou Paris ! Si ses « Seigneurs » ont laissé de multiples portraits, il y a peu de choses sur le village. Certes, on trouve assez facilement des cartes postales du début du siècle dernier mais il est plus ardu de trouver des représentations plus anciennes.

Mais le miracle arrive parfois…

Le dessin dont je vais parler aujourd’hui est au musée de Chaumont (52), où une parente l’a découvert pour moi. Il est l’œuvre de François Alexandre PERNOT, peintre et dessinateur du XIXeme .

Connu, entre autres choses, pour ses dessins de monuments historiques, François Alexandre naquit à Vassy (52), comme on l’écrivait alors, le 10 février 1793. La petite ville est célèbre pour le massacre d’environ 500 protestants par François de Guise le 1er mars 1562. Pernot y décéda le 3 novembre 1865.

Versailles ou le musée Carnavalet à Paris possèdent des œuvres de Pernot, preuve de son talent. Fils des désordres de la révolution et de l’empire, peut-être a-t-il voulu laisser une trace de monuments qu’il devinait en danger.

En 1847, il participa à un congrès d’archéologie et croqua à cette occasion un certain nombre de bâtiments de la région. Ses dessins, estampes ou peintures ornent maintenant les murs de nombreux musées et offrent au visiteur des vues souvent inédites, soit que les monuments aient disparu, soit qu’ils furent ensuite modifiés.

Son chemin l’amena donc un jour à Echenay où il dessina le moulin du château. C’est un témoignage rare, dressé vers 1850.

Aujourd’hui, la Saulx n’irrigue plus les douves, n’alimentant plus la roue du moulin. Finies les vues romantiques où les belles élégantes se promenaient au bord du petit étang tandis que leurs époux taquinaient la friture à bord d’une nacelle. Il faut bien comprendre que le château se dressait majestueusement face à plusieurs étangs. L’eau faisait véritablement partie du paysage. Du XVIIIe au XXe siècle, les étangs laisseront la place aux prairies naturelles puis aux cultures. Il est bien difficile au touriste de passage d’imaginer cet environnement pas si lointain.

Afin d’en donner tout son lustre, j’ai souhaité le remettre en perspective afin de souligner l’harmonie de cette façade dirigée vers l’Ouest.

Reconstitution de la façade Ouest du château d'Echenay

Reconstitution de la façade Ouest du château d'Echenay

Je voudrais donc dire aux généalogistes que l’espoir est permis ! En ce qui me concerne, je continuerai de chercher une vue du château féodal, désarmé dans un premier temps par ordre de Louis XIV puis détruit avec forces mines et explosifs sous l’impulsion des Pimodan pour créer le château actuel.

Puisse la chance être avec moi !

Remerciements à Nicole B pour cette découverte

Le moulin est au bout à gauche de cette vue

Le moulin est au bout à gauche de cette vue

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"PASSEZ DONC AU SALON" - CHÂTEAU D'ECHENAY - 1922

12 Janvier 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

En 1922 sort chez Lepitre-Jobard, imprimeur à Langres, une notice intitulée « Principales Curiosités du château d’Echenay – Haute-Marne ». Le livret est très court, 14 feuillets. L’auteur est Gabriel de Pimodan, le propriétaire des lieux.  A lire le titre, on s’attend à des anecdotes concernant le château… Mais point !…

Curieusement, après une courte introduction où il décrit rapidement les extérieurs,  il nous entraine dans une visite guidée du château et détaille le mobilier, les peintures, les bibelots, etc… de toutes les pièces de la demeure.  Un inventaire à la Prévert !... La conclusion, sous forme d’appendice, décrit la guerre entre Echenay et Joinville en 1438. Voir  FORTEPICE OU LES ECORCHEURS A ECHENAY -1438 et suivants

Toujours est-il que ce témoignage nous permet  de découvrir l’intimité des Pimodan au château d’Echenay.

A défaut de visiter visuellement la totalité du logis, nous nous contenterons des extérieurs et du salon, seule pièce à ma connaissance à avoir fait l’objet d’une carte postale (Note : Le numéro renvoie au même N° sur la carte postale).

Mais, indiscrets que nous sommes, nous entrebâillerons aussi la porte de sa chambre.

 

Laissons-lui la parole :

 

                                                                         PIGEONNIER

 

Tour-Echenay.JPG

 

 

"L'entrée du château-fort se trouvait sous le pigeonnier actuel avec le pont-levis, où est la maison du garde

Sur cette ancienne poterne, plaque rappelant le passage de Jeanne d’Arc. »

Cette plaque est d’ailleurs un peu ambigüe puisque Jeanne évita soigneusement le château tenu par les Anglos-Bourguignons. Il est vrai que ce n’étaient pas les ascendants des Pimodan. Autant historien que poète, Gabriel écrira un livre « La première étape de Jeanne d’Arc ».

 

Voici la maison du garde

 

1094388073

 

PELOUSE

 

Comparatif-vases-fonte.jpg

« Vase fondu au Val d’Osne. Modèle des vases qui sont devant la Légion d’Honneur, à Paris. »

 

On voit l’œil de l’amateur d’art, farouche défenseur de son terroir. Les fonderies du Val d’Osne sont  à quelques kilomètres d’Echenay.

 

SALON

 

Echenay-CP7.JPG

« (1) Portrait de mon père, Georges, Marquis de Pimodan, général au service du Saint-Siège, mort pour l’Eglise, à Castelfidardo, le 18 septembre 1860.

 

Autres portraits, les noms sont écrits dessus, sauf pour les dames au-dessus du piano (4) et au-dessus de la console. La première (2) est Barbe de Pimodan, mariée à son cousin de Pimodan (cousin germain), chef de la maison sous Louis XV. Elle modifiera beaucoup le château et fit bâtir ou arranger la grande aile actuelle et l’entrée.

La dame au-dessus de la console est ma grand-mère, née Montmorency, qui se trouve déjà dans la salle à manger  avec ses enfants.

 

Près de mon père, gravure anciennes des Guise.

 (3){ Paravent chinois rose.

       { Paravent japonais noir.

 

Au-dessus du piano, grande photographie de ma mère, d’après le tableau du fameux peintre Léon Cogniet, que j’ai à Paris.

 

Très beau fauteuil ancien restauré.

 

A droite de la cheminée (5), la dame en vert est la marquise de Pimodan née Pons, fille du marquis de Pons-Saint-Maurice, ambassadeur de Louis XVI en Suède.

 

A gauche de la cheminée, sur porcelaine, la marquise de Pimodan, née Frenilly, fille du baron de Frenilly, pair de France, conseiller d’Etat sous la restauration, auteur de Mémoires très connus.

 

Petits centaures en bronze et marbre d’un beau travail italien.

 

Sur la console, jolis candélabres Empire.

 

(6) Les bois du mobilier sont anciens et se trouvaient au château avant la grande Révolution pendant laquelle ils étaient à repeindre à Joinville, ce qui les sauva. »

 

On notera l’éclairage à la bougie (7) bien que le château dispose de l’électricité depuis quelque temps (abat-jour à l’extrême gauche, vers la cheminée). Très « ancien régime »… Voir  L'ELECTRICITE A ECHENAY 1892

 

Malheureusement, pas de vue panoramique pour voir les autres parties de la pièce !

 

Sont décrits également dans le livret le vestibule, la salle à manger, la salle de billard, et la chambre de la tourelle mais il serait trop long de tout détailler sans image à l’appui.

                                    

Si dans ce livre, Gabriel nous fait visiter les parties accessibles aux visiteurs, il reste muet sur les parties privées.  Mais c’est un poète…  Alors, indirectement, il nous laisse pénétrer dans sa chambre.

 

PORTRAITS DE FAMILLE

 

J'ai dans ma chambre, à la campagne,

Sur les marches de la Champagne,

Deux beaux portraits aux cadres d'or.

Claude porte une large fraise, *

Christophe un grand col Louis treize ; **

Parfois ils semblent vivre encor.

 

Sous leurs tempes le sang circule,

Quand la lueur du crépuscule

Met une auréole à leurs fronts,

Et dans la pièce déjà sombre

Ils paraissent sortir de l'ombre :

J'entends sonner leurs éperons.

 

Christophe frise sa moustache

D'un air vainqueur, Claude rattache

L'ordre du Roy sur son pourpoint :

Tous deux saisissent leurs épées

Nobles lames de sang trempées,

Mais je ne les regarde point.

 

Je crains toujours qu'on ne me dise :

— Tout cela, c'est de la bêtise !

Cesse d'écrire, mon garçon.

Il faut être fou, sur mon âme,

Pour mettre son cœur et sa flamme

A rimailler une chanson !

 

Je répondrais bien : — Chers ancêtres,

Autrefois vous parliez en maîtres,

Et vous amusiez autrement !

Les temps changent ! Le monde roule !

Mais sachant qu'il est une boule

J'en ai fort peu d'étonnement.

 

Vous courtisiez les renommées,

Comme brigadier des armées

Du Roy, lieutenant général

Evêque, ambassadeur... que sais-je!

Si vous le permettez, j'abrège,

Moi, je suis un simple rural !

 

Mais je me tais. Chacun me semble

Si hautain, quand je le contemple,

Que je n'ose trop m'approcher ;

Et quoiqu'en rimant je les raille,

Ils resteront à ma muraille...

J'ose encor moins les décrocher ! (1)

 

Gentilhomme de la Chambre et Chevalier de l'Ordre du Roi vers 1587 (voir tableau ci dessous)

 

Claude-de-Rarecourt.JPG 

 

**  Vraisemblablement CHARLES-CHRISTOPHE DE LA VALLÉE DE PIMODAN, chevalier, seigneur de La Vallée, Pimodan, Vraincourt, Les Espercheries, Anglebert, Gillaumé, Le Magny, Bois-le-Comte, Boucq, Jubainville, et autres lieux, seigneur et baron d'Échenay, Voué des villes de Toul et de Baccarat, lieutenant du Roi au gouvernement des ville et pays de Toul (5 avril 1673), fut pourvu par Sa Majesté, le 21 janvier 1692, de la charge de grand bailli d'épée des ville et comté de Toul, vacante par résignation du Comte de Feuquières 6. Le 1er juin 1662, le Duc de Bourbon, Prince de Condé et Comte de Clermont-en-Argonne, lui inféoda la terre et seigneurie de Pimodan comme fief haut-justicier de l'Argonne, dont il fit foi et hommage à Son Altesse le 10 septembre 1663.

C’est lui qui achètera la seigneurie d’Echenay en 1680.

 

Pourquoi a-t-il autorisé cette photographie d’intérieur ?...

Gabriel de Pimodan était incontestablement un homme atypique. Royaliste de cœur (et de sang) mais élu de la République, fervent catholique (il a été reçu par Pie IX) mais serviteur de la laïcité, militaire de formation (Saint-Cyr) mais poète membre de la Société des Poètes Français, urbain et mondain (ses ancêtres possédaient l’hôtel de Pimodan à Paris que l’on nomme encore de leur nom deux siècle plus tard) mais préférant son château d’Echenay et « ses » villageois (il le dit, «moi, je suis un simple rural »), il livre là un curieux témoignage.  

On ne saura jamais la volonté exacte de Gabriel de Pimodan lorsqu’il a rédigé ce livret. Il était sur la fin de sa vie (il décédera en 1924), sans descendance, et peut-être a-t-il voulu laisser une trace intime d’un passé qu’il savait révolu.

A cheval entre deux mondes et deux époques, il avait écrit, un brin désabusé, quelques années avant:

 

Quand rien ne sera plus des sociétés pourries

Où nous agonisons ; quand on aura brûlé,

Depuis les parlements jusqu’aux gendarmeries,

Tout l’édifice ancien chaque jour ébranlé ;

 

Quand des « Princes » iront parmi les railleries,

Tendant la main, couchant sous un pont écroulé ;

Quand on verra « Crésus », employé des voiries,

Parmi les balayeurs être immatriculé ;

 

Quand, du lointain Oural aux flots de l’Atlantique,

Il ne restera rien, rien de l’Europe antique,

Rien des trônes, et des pouvoirs, et des autels,

 

Les hommes n’auront pas rapproché de leurs lèvres

La coupe du bonheur, où se calment les fièvres,

Et souffriront toujours de leurs maux immortels. (2)

  

           ------------------------------------------------------------------------------

PS : Il n’y a aucune photographie ou illustration dans le livret.

 

 

Sources :

Principales Curiosités du château d’Echenay – Haute-Marne - Lepitre-Jobard, imprimeur à Langres - 1922

Cartes postales et photos anciennes

Extraits Poésies

Le Coffret de Perles noires – Poésies de PIMODAN - Librairie Vannier – Paris 1899

 

Les Sonnets de Pimodan – Après le « grand soir » - Léon Vannier – Paris - 1898

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LA FONTAINE D'ECHENAY - 2014 -

13 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

Ayant déjà eu l’occasion d’évoquer le lavoir, en son temps haut lieu de société, je n’y reviendrai donc pas.  Mais juste à côté se trouve la fontaine qui alimentait jadis ce dernier mais aussi les foyers Epincellois ne possédant pas de puits. (voir:  LE LAVOIR)


Si le lavoir a été restauré il y a quelques années, son approvisionnement en eau claire et fraiche restait aléatoire. Une équipe d’Epincellois s’est donc attelée cet été 2014 à lui rendre sa claire fontaine.

Mieux qu’un long discours, ces quelques photos illustreront l’affaire !

 

La-fontaine-d-Echenay.png

 

Grand merci à eux ! A la claire fontaine, allez-vous promener !...


 

A noter que la statue de Saint Jean qui la domine est classée. Voir:  LA STATUE DE SAINT-JEAN - XVe SIECLE

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LES VITRAUX DE L'EGLISE D'ECHENAY - XIXeme siècle

13 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

Qui entre dans l’église d’Echenay un jour ensoleillé est frappé par la magnificence des vitraux. Ils resplendissent de couleurs, sont d’une netteté impressionnante et frappent l’imagination.

Mais si les apprécier est une chose, les décoder en est une autre ! J’ai donc fait appel à une spécialiste qui a bien voulu les faire parler pour moi.

Madame  Laurence de Finance est conservateur général, directeur du Musée des Monuments français à la Cité de l'architecture et du patrimoine, 1, place du Trocadéro et du 11 novembre à Paris. Je la remercie chaleureusement d’avoir bien voulu consacrer un peu de son temps à l’étude de ces vitraux. Laissons-lui la parole.

Au plan formel, il s’agit de 7 verrières qui sont d’une grande homogénéité : baies à 2 lancettes (sauf Ste Geneviève) orné chacune de 2 personnages en pieds, debout sous une arcature feuillagée, placés devant un fond rouge ou bleu  damassé au pochoir, à l’exception de la figure de sainte Geneviève placé devant un fond plus simple (restauré ?). Une inscription placée dans l’auréole des personnages permet de les identifier, sauf ceux de la baie d’axe (au-dessus de l’autel), qui ne sont pas nommés. Aucune signature, aucun chronogramme ne permet d’attribuer les verrières à un atelier ni de les dater précisément.

 

B0-La-Vierge-Redemptrice.jpg

 

Au plan iconographique :à la baie d’Axe  (= baie 0), à gauche,  la Vierge nouvelle Eve ou Vierge rédemptrice, la Vierge est à la fois debout sur un croissant de lune (la Femme de l’Apocalypse) et domine le serpent de la Tentation condamné à ramper ; à droite ; le Christ bénissant  tenant le Livre. ; dans le quadrilobe du tympan : la Trinitié  ( Dieu le Père, le Christ et la colombe du Saint Esprit) dans un ciel lumineux).

 

baie-0-le-Christ-Benissant.png

 

On peut s’étonner que saint Martin, le saint tutélaire de la paroisse, ne soit pas présent dans cette baie mais dans une fenêtre latérale.

 

baie-1-st-marc-et-st-luc.png

 

Cette baie est encadrée par les baies 1 et 2 dans lesquelles figurent  les évangélistes placés chacun devant un fond bleu, reconnaissables à l’attribut  en rapport avec la Vison des quatre Vivants de l’Apocalypse ; baie 1 : saint Marc accompagné d’un lion, saint Luc accompagné d’un taureau; au tympan, scène illisible sur la photo ; baie 2 : saint Jean accompagné de l’aigle, saint Mathieu  accompagné d’un ange, au tympan : Adam et Eve chassés du paradis par l’ange de feu. Trois des évangélistes sont représentés écrivant les Evangiles, seul saint Jean tient le calice d’où s’échappe un petit basilic (=le démon). Ces 2 fenêtres forment  une paire. Le décor des feuillages y est moins riche qu’à la baie d’axe.

 


baie-2-St-jean-et-St-Mathieu.png

 

Dans une autre baie: les saints Pierre et Paul (inscription latine pour chacun) tenant un livre, vêtus de la toge romaine, reconnaissables à leurs attributs respectifs : la clef pour Pierre et l’épée pour Paul. Au centre du quadrilobe, un cœur  enflammé (à  vérifier ).

Dans une autre baie : les saints Martin et Nicolas. La présence de saint Martin s’explique par la consécration de l’église sous ce vocable. Saint Nicolas est très fréquent dans les églises de Lorraine et celles des départements limitrophes. Au tympan : la Nativité. Cette verrière est un peu différente des autres : le motif du pochoir du fond, le soubassement et les feuillages des têtes de lancettes diffèrent de ceux des autres baies. Les auréoles ne surmontent pas les têtes des saints mais sont posées derrière la nuque, faute de place ?

 

St Pierre, Paul, Nicolas, Martin

 

Autre baie : Sacré Cœur, avec cœur enflammé dans le quadrilobe du tympan. La lancette gauche de cette baie est vide aujourd’hui mais comportait un autre personnage debout…peut-être  saint Joseph auquel je crois un autel est dédié dans la paroisse ou saint Georges ( ?) représenté en peinture murale sur les voûtes du chœur.

 

Enfin dans une autre baie : sainte Geneviève. C’est l’inscription qui la désigne, car en fait c’est une sainte bergère, gardant ses moutons, la houlette à la main. L’encadrement feuillagé y tient beaucoup de place.

 

Au point de vue technique :réalisation très soignée.

- Emploi de verre doublé (plaqué) bleu notamment pour les auréoles ce qui permet d’y graver les inscriptions.

- Emploi d’émail sur verre pour les mitres des saints Martin et Nicolas et les gants de st Martin, pour les livres tenus par Martin, Geneviève, etc.

- attention portée à la lisibilité des personnages : les vergettes à hauteur du visage font le tour sous la tête des figures pour ne pas en gêner la lecture. C’est très visible sur la baie endommagée.

- les auréoles comportent un double filet de perles qui encadrent l’inscription.

 

Attribution et date

 Ces verrières appartiennent à la seconde moitié du XIXe siècle, vers les années 1870/1880.

Il faudrait en comparer le style ou des détails techniques avec des verrières contemporaines des églises environnantes.

Certains détails comme les filets doubles des auréoles se retrouvent dans la production de Maréchal (grand atelier de Metz) mais la peinture des visages n’évoque pas les compositions connues de cet atelier. On peut également penser à l’atelier Champigneulle de Bar-le-Duc.

Bien que situées en Haute Marne, ces verrières me semblent devoir être rattachées davantage à la production lorraine qu’à celles des ateliers rémois de l’époque.

 

Il y aurait encore beaucoup à voir et à dire sur ces œuvres d’art dont parfois le décor intrigue… Comme moi, mes ancêtres ont dû regarder avec curiosité ces verrières  qui les accompagnaient dans les grands événements de leur vie.

 

Details-curieux.png

 

Mais j’arrête là ma visite et vous encourage à venir visiter par vous-même cette petite église, non sans remercier à nouveau Madame de Finance pour cette aide précieuse.  

 

Sources :

- Madame  Laurence de Finance, conservateur général, directeur du Musée des Monuments français à la Cité de l'architecture et du patrimoine – Paris – 2014

 

- Photos perso.

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LA SACRISTIE DE L'EGLISE D'ECHENAY - XIXeme SIECLE

2 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

 

J’ai eu, par le passé, l’occasion de vous présenter l’église d’Echenay dédiée à Saint Martin. Il y a beaucoup à dire sur ce monument. La sacristie à elle seule constitue déjà un lieu extraordinaire.

Pour y pénétrer, il faut marcher sur la pierre tombale de la famille de Pimodan, derniers seigneurs du lieu, que quelques révolutionnaires ont cru bon de piqueter pour effacer définitivement les affres de l’ancien régime.


Dès la porte ouverte, on découvre les jolis décors en plâtre qui l’ornent.

 

P1050699

 

Sur notre gauche, deux meubles monumentaux occupent le mur Est. Le premier est composé d’un chasublier avec deux placards hauts et trois tiroirs. En bois peint avec un décor naïf sculpté dans la masse, il affiche un ange, le Christ, l’enfant Jésus et la Vierge. Haut de 2 mètres 95, il impressionne par sa taille. Il renfermait jadis les vêtements sacerdotaux comme le laissent voir les étiquettes, remplies d’une écriture déliée, qui précisent sa destination.

 

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Le deuxième meuble est tout aussi imposant. De bois peint avec décor en plâtre rapporté, il est composé de 2 placards bas et trois hauts. Avec ses quatre colonnes tournées, ses médaillons dans la partie supérieure, ses moulures, il est plus riche en décoration que le précédent et laisse apparaitre plusieurs icones dont le Christ, Jeanne d’Arc, le général de Pimodan.

 

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Les deux meubles sont du XIXe siècle, vraisemblablement postérieurs à 1860 puisqu’y apparaissent George de Pimodan et Pie IX, le dernier conférant au premier le titre de Duc Pontifical pour sa défense du Saint-Siège. On peut imaginer qu’ils sont le don de la famille Pimodan après la mort de l’illustre général.

 

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Le mur Ouest offre différents placards de bois scellés à la maçonnerie. Le dernier a un peu l’aspect d’un confessionnal avec ses petites grilles métalliques.   

Le mur Sud présente en son centre une fenêtre donnant sur l’ancien étang depuis longtemps asséché et est décoré de moulages de plâtre formant une frise dans la partie basse et différents motifs (corbeille florales) en partie haute.

 

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Comme on vient de le voir, l’ensemble a une fière allure. Il a bénéficié d’un riche traitement bien que sa destination ne fut que de recevoir temporairement un prêtre dans l’exercice de ses fonctions. C’était un lieu de vie où prêtre, paroissiens et  enfants de chœur se côtoyaient dans un beau décor. On peut maintenant seulement regretter qu’il n’abrite plus d’officiant, l’église n’accueillant plus que de rares messes. Un écrivain disait quelque chose comme ça : « L’homme, dans sa quête de connaissances et de liberté, a presque atteint son but ; Et Dieu a quitté la terre… ». On pourrait résumer ainsi.


Remercions les quelques personnes qui entretiennent l’église à la mémoire des paroissiens passés, aux contemporains et à ceux à venir.


 

Sources : Photos personnelles  et  Base Paméla 

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VISITE GUIDEE DE L'EGLISE D'ECHENAY - 2013

30 Août 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

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Comme je l’avais annoncé il y a quelques temps, l’église d’Echenay est en phase de rénovation, celle-ci semblant d’ailleurs arriver à son terme. Ces travaux m’ont permis de visiter l’église de « fond en combles », selon la formule bien connue.
 
Si vous le désirez, suivez-moi dans cette visite:
 
Si l’église n’a rien d’extraordinaire, elle est cependant classée « à signaler » dans les fiches du site du Conseil Général concernant le patrimoine Haut-Marnais. Il est vrai qu’elle dégage une certaine majesté, simple mais néanmoins remarquable, surtout depuis sa restauration.
Les extérieurs ont été refaits avec soin, les pierres de taille nettoyées, les joints des moellons refaits impeccablement. La toiture d’ardoises donne fière allure à l’ensemble. Seul bémol: les tombes anciennes du cimetière accolé n’ont pas eu droit au nettoyeur haute-pression. C’est dommage, surtout si on les compare à celles d’Aingoulaincourt, village voisin, qui ont bénéficiés de  cet avantage. Alors, l’ensemble aurait été parfait. 
 
L’église est un édifice à plan en croix latine. L’extérieur est en moellon excepté le clocher, les deux-tiers de la hauteur du chœur et les contreforts sont en pierre de taille et l’intérieur enduit. La nef est à trois vaisseaux voûtés d'ogives et le transept voûté d'ogives dont les bras sont couverts de toits à un pan. Le chœur à cinq pans est voûté d'une voûte de type complexe.
Le chœur et le transept semblent dater de la seconde moitié du 12e siècle (l'arc ouvrant sur le bras sud du transept est identique à l'arc triomphal de l'église de Gillaumé dont les chapiteaux sont de cette époque) mais le bras nord du transept a été revoûté au 19e et l'arc ouvrant sur ce bras a été refait à cette même époque.
 
Il est maintenant temps de pénétrer à l’intérieur. Après avoir poussé les doubles portes, trempé ses doigts dans le vieux bénitier de pierre, fait le signe de croix et déposé une pièce dans le vieux tronc métallique, nous pouvons avancer plus avant.
 
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Laissons les bas-côtés pour plus tard.
Nous traversons la nef et ses bancs de famille en bois du 18 éme. De nombreuses plaques indiquant les noms sont encore visibles sur les porte- missel, soit sous forme rectangulaire émaillée ou ovale, en cuivre ou laiton gravé.
 
Nous arrivons au transept. Sur notre gauche, la chaire, richement travaillée, est l’œuvre de A.S JEANSON, sculpteur à Gondrecourt. Au niveau de la première volée de  marches, son garde-corps de pierre est cassé et les morceaux déposés à côté. Souhaitons qu’il soit réparé. De style néo-gothique, elle est en pierre calcaire taillée, polychrome, avec décor en relief.
 
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Le bras Nord du transept abrite l’autel de St Joseph , patron de la sainte Enfance et du Sacré Cœur de Jésus.  Le devant d'autel est orné de cinq saints en relief. Retraversons le transept : L'ensemble sud est dédié à la Vierge Immaculée. L'autel a été offert par N. Garnier en 1860. L'autel est en calcaire peint et le retable et le gradin d'autel en bois peint. A noter que ces deux autels avec leur retable, comme la chaire, ont été réalisés par A. S. Jeanson, sculpteur à Gondrecourt-le-Château (Meuse). Ils datent de la fin du 19 éme.
 
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Nous voici maintenant face au chœur. Personnellement, je le trouve magnifique. 
L'autel et ses gradins ont été réalisés dans la première moitié du 19e siècle et le tabernacle dans la seconde moitié du 19e siècle. La porte du tabernacle est en métal et ornée d'une scène représentant Dieu le Père soutenant le Christ mort, ces deux personnages étant surmontés du Saint-Esprit descendant des cieux sous la forme d'une colombe.
Les parties latérales attenantes à l'autel présentent deux médaillons contenant le Christ et la Vierge en buste.
Les voutes sont ornées de peintures monumentales représentant St Georges et St Martin.
 
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Sur la gauche se trouve les fonds baptismaux, Dans le style du 17e siècle mais de la 2e moitié 19e.
 
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La mémoire des  illustres paroissiens figure un peu partout dans l’église sous forme de plaques. On y trouve une plaque commémorative retraçant les titres de noblesse de la famille de Pimodan (qui possédait le château d'Echenay situé à proximité de l'église) et énumérant les différents membres de cette famille inhumés dans l'église. Cette plaque date de la 2e moitié du 19e siècle. Une autre concerne Claire de Frénilly.
Je pense n’être jamais entré dans la sacristie avant cette visite. La surprise n’en n’a été que meilleure. Après avoir passé la porte, deux moulages vous accueillent de chaque côté. Sur le mur de gauche, deux meubles de sacristie monumentaux en bois peint avec décor dans la masse apparaissent.
 
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Le premier se compose d’un chasublier en bas, de trois tiroirs puis de deux placards en haut. Sur les portes sont dessinés un ange, le Christ, l’Enfant Jésus et la Vierge. Il porte encore les étiquettes indiquant le contenu de chaque emplacement.
Le deuxième est un meuble composé de deux placards en bas et de trois en haut.
Le décor est rapporté en plâtre. On peut juger de la ferveur des paroissiens pour Georges de Pimodan puisque son portrait a été gravé sur une porte, à côté du pape  Pie IX pour qui il a combattu.
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Empruntant les bas-côtés, on découvre les vitraux qui illuminent l’église. Impossible de vous les montrer tous, comme les statues qui les parent, Vierge à l’enfant, St Nicolas, Jeanne d’Arc, etc….
 
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A noter également, vers la sortie, les deux confessionnaux, richement sculptés de chaque côté.  
Il est maintenant temps de partir, non sans avoir jeté un œil aux combles et au clocher. C’est par un escalier en colimasson situé dans la tourelle à gauche du porche d’entrée que nous accédons au premier niveau. Nous nous trouvons au-dessus du porche d’entrée. La rosace de façade se trouve sur notre droite quand nous arrivons sur le palier. Ne donnant pas sur l’intérieur de l’église, il n’a pas été jugé utile de la doter de vitraux. Des planches en bois les remplacent. Sur notre gauche, une ouverture donne sur les combles de la nef ou il est possible de découvrir le dessus des voutes.
 
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Il faut ensuite emprunter un escalier en chêne pour accéder au clocher proprement dit. Là, deux cloches nous attendent près de leurs abat-sons. Plus de corde, bien sûr, mais un système électrique pour sonner. La charpente du clocher est remarquable.
 
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Nous redescendons prudemment et nous allons nous quitter. Il y aurait encore beaucoup de choses à voir et à dire. Une autre fois peut être ?
Gabriel de Pimodan nous regarde, content de cette restauration.
 
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Source :  Site Net du conseil Général de la Haute-Marne – Conservation du Patrimoine
           
               Photos personnelles
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EGLISE D'ECHENAY - XXI SIECLE

9 Juin 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

« Enfin !!...»doit se dire Gabriel de Pimodan.

Ca y est, les travaux de rénovation de l’église d’Echenay ont débuté.

Quelques photos pour se faire une idée avant un reportage complet.

 

 

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CROIX ET CALVAIRES D'ECHENAY - SUITE

9 Juin 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

Errare humanum est …

Je m’aperçois avoir oublié deux croix et il convient donc de réparer l’erreur.

 

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Prenant la rue des Ponts en direction du Sud, se trouve au carrefour de Soulaincourt ou d’Aingoulaicourt une belle croix de pierre. Un banc de bois, un peu de guingois, permet au promeneur de se reposer quelques instants avant de reprendre sa marche.

S’il continue tout droit, il croisera sur sa route une autre croix. Mais peut-être se trouve-t-elle déjà sur la commune d’Aingoulaincourt ?

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Décidemment, et peut être l’aurez-vous remarqué, le thuya a la préférence sur le buis à Echenay !!!

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CROIX ET CALVAIRES D'ECHENAY

2 Septembre 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

Calvaire : nom de la montagne au sommet de laquelle Jésus Christ subit le supplice de la croix. Par extension, éminence naturelle ou artificielle sur laquelle on a planté une croix pour figurer le vrai calvaire.

 

Durant le moyen-âge, pour satisfaire la dévotion du peuple fidèle, on conçut la pensée de figurer dans le voisinage des églises paroissiales des représentations de la crucifixion du Christ.  

 

Source : Dictionnaire Larousse – début XX siècle

 

Ainsi, le paysan allant aux champs, le colporteur venant vendre ses articles au village, le voyageur de passage, pouvaient se signer et garder à l’esprit la foi chrétienne.

Disposées souvent aux entrées de villages, aux carrefours importants, elles devaient aussi certainement protéger le village des dangers le menaçant.

 

 

C’est une petite promenade autour d’Echenay qui va nous faire découvrir les croix et calvaires autour du village d’Echenay :

 

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Venant de Pancey,  voici une vieille croix. Jadis hors du bourg, elle est maintenant « incluse » dans celui ci, presque dans le jardin d’une maison, plusieurs pavillons récents ayant été construits à l’entrée du village.

 

 

 

 

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En direction de Gillaumé mais encore dans le village, au croisement de la rue menant au château, un autre calvaire en pierre, surmonté d’une croix en métal semble indiquer la direction de la vieille demeure. Les thuyas et les deux arbres en arrière plan lui donnent une certaine solennité.

 

 

 

 

 

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Encore plus loin sur la route de Gillaumé, au carrefour de la route d’Harméville, un calvaire plus récent est consacré à la Vierge. Quelques plaques et ex-voto habillent sa façade. Jusqu’à un proche passé, une messe était célébrée en plein air au 15 aout tout à coté de celui-ci.

 

 

 

 

 

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Enfin, sur l’ancien chemin de Saudron, à mi-coteau, une simple croix de bois, presque perdue dans un gros thuyas, monte la garde en direction du Nord. Peut-être remplace t-elle un  monument plus ancien aujourd’hui disparu ?

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Il faut noter que l’ensemble de ces monuments est maintenant entretenu bénévolement par quelques familles du village qui ne manquent pas de désherber et fleurir ces vieilles pierres à  la belle saison.

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VISITE DU CHATEAU D'ECHENAY VERS 1890

11 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

Nous avons entrevu dans un autre article les transformations que le château d’Echenay a subi au fil du temps, contées par son propriétaire.

 Voici maintenant une visite des lieux vers les années 1890. On voit bien que l’auteur a utilisé, en partie, le même ouvrage que moi, mais il y ajoute une description intéressante de l’intérieur du château.

 Voila qui complète utilement la « photographie » des lieux.

   
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« Le château d'Echenay (Haute-Marne). — Dans un canton  perdu, que la Haute-Marne enfonce comme un coin entre la Meuse et les Vosges, au milieu de prairies et de bouquets de bois, se trouve le château d'Echenay qui fut au moyen-âge la dernière forteresse champenoise sur ce coin de notre ancienne frontière.

Bientôt, vers l'Est, commençait le Barrois, terre à demi-Lorraine, ou les ducs régnant à Nancy s'efforçaient de secouer la suzeraineté française.

Mais nous ne voulons pas faire ici de l'histoire rétrospective, et nous allons tout de suite nous diriger vers le château par une avenue de vieux tilleuls. A droite, une jolie église gothique fait monter sa flèche au-dessus des arbres. Cette église, qui se trouvait évidemment enfermée jadis dans l'enceinte féodale, garde, sous le chœur, plusieurs tombes des seigneurs anciens.

 

Une longue inscription est consacrée à la maison, aujourd'hui ducale, des vicomtes-voués des terres libres de Rarécourt, comtes de La Vallée-Pimodan, marquis de Pimodan, comtes et barons, sires d'Echenay, barons de Buxières, de Frondes, de Provenchères, de Montreuil, de Bois-le-Gomte, voués de Baccarat, comtes de Passavant, etc.

 

Au bas de l'inscription, quelques mots rappellent Charles-Jean, brigadier des armées du Roy, lieutenant-général et grand bailli d'épée des ville et pays de Toul, enterré près de sa femme, Rose de Gouffier, qui fut, avant son mariage, abbesse du chapitre séculier de Bouxières en Lorraine (on sait que les chanoinesses nobles pouvaient se marier en renonçant à leur part des revenus du chapitre). Celui de Bouxières était l'un des plus difficiles pour les quartiers.

 

Pendant la Révolution, le marquis et la marquise de Pimodan, tous deux forts âgés, étaient restés à Paris dans leur bel hôtel de l'Ile Saint-Louis, où plus tard Baudelaire devait écrire Les Paradis artificiels. [ ]

Le 9 thermidor délivra le marquis de Pimodan et sa femme, qui revinrent à Echenay. Leurs enfants servaient a l'armée de Condé. L'un d'eux fut aide de camp de l'infortuné duc d'Enghien.

 

Pour se conformer à l'égalité, on avait fait raser les tours d'Echenay. Les étangs étaient vides des fameuses carpes vendues naguère aux halles de Paris, et dont la renommée égalait presque, sous Louis XV, celle des carpes du Rhin. On les faisait voyager en leur mettant dans la bouche un morceau de pain imbibé d'eau-de-vie, suivant une méthode dont plusieurs journaux ont parlé dernièrement comme d'une nouvelle et merveilleuse « conquête de la science. »

 

Aux stalles des écuries, on ne retrouvait plus les successeurs des quatre chevaux isabelles donnés par la reine d'Espagne, fille du Régent, à un Pimodan qui fut capitaine de ses gardes. Pendant toute la seconde moitié du xvni siècle, on avait entretenu un attelage de quatre chevaux isabelles, réservés aux grandes occasions et toujours connus dans le pays sous le nom de « chevaux de la Reine. »

 

Tristement, las vieux seigneurs revinrent au château, où nous allons entrer par un pont de maçonnerie jeté sur les douves anciennes, et se terminant par de hauts pilastres Louis XV surmontés de vases où des fruits et des fleurs de pierre verdissent depuis le règne du Bien-Aimé ; à droite et à gauche se trouvent de grands pavillons qui forment les communs. Un peu plus loin, une tour carrée, dernier reste du moyen-âge, domine encore l'ancienne poterne, avec ses deux portes, celle des cavaliers, celle des piétons, et leurs épais vantaux semés de clous énormes. Sur la tour nous lisons :

 

DIEU SAUVE LA FRANCE

 JEANNE D'ARC

 ALLANT TROUVER LE ROY

 PASSE A ECHENAY — 1423

 

[ ] Quittant l'ancienne poterne, nous marchons encore sous une voûte de grands arbres, puis nous trouvons une pelouse en pente. A droite, est le château proprement dit; à gauche, la vue s'étend fort loin : des prés, des bois, des champs, de minces collines à l'horizon. Un panache de fumée derrière les arbres, là-bas, c'est la nouvelle ligne stratégique de Brienne à Sorcy, où les ouvriers français et les ouvriers italiens ont entamé récemment des luttes sanglantes.

 Sur la façade du château d'Echenay se détachent cinq écussons:

Joinville, Dinteville, Choiseul, La Ferté-Senneterre et Rarécourt-Pimodan. Telles sont les familles qui, depuis plus de cinq cents ans, ont habité la demeure créée, au milieu du xiv° siècle, lorsque Jean de Dinteville, bailli de Chalon-sur-Saône et de Dijon, épousa Laure, fille de Simon de Joinville-Sailly, sire d'Echenay, cousin du célèbre historien de saint Louis. Depuis, les seigneurs d'Echenay portèrent les titres de barons et de comtes.

 La seigneurie haut-justicière est venue par achat, en 1680, dans la famille des propriétaires actuels.

 Si, franchissant un large perron, nous entrons dans le vestibule du château, nous pouvons y remarquer quatre armures données par le pape Pie IX, de vieilles armes provenant du château, un petit canon retrouvé dans les douves, des bois de cerfs, trophées de chasse. L'un d'eux provient d'une chasse impériale. Une petite inscription nous apprend qu'il fut donné par S. M. l'empereur d'Autriche au marquis de Pimodan, dont, après 1830, la famille avait suivi en Autriche la branche ainée des Bourbons. [ ]

 Sur le mur du vestibule d'Echenay, nous apercevons une belle plaque de cheminée, datée de 1736, et portant les armes des Rarécourt-La-Vallée-Pimodan avec la couronne ducale qu'ils prenaient, croyons-nous, comme ayant possédé jadis des droits souverains « de vouerie » ou « d'avouerie » laïque sur les terres libres ecclésiastiques de Rarécourt (Meuse), données par les évoques de Verdun [ ].

 Au milieu du vestibule, un grand escalier droit mène aux appartements du premier. Les pièces du rez-de-chaussée contiennent une intéressante collection de portraits de famille, dont on copie actuellement plusieurs pour le nouveau musée de Toul, où une salle portera le nom de Rarécourt-La-Vallée-Pimodan.

 L'autre façade du château donne sur le parc et a conservé un grand caractère. De ce côté, le bâtiment a un étage de plus ; les fenêtres de l'étage inférieur se trouvent au premier. Une double rangée de voûtes s'encadre entre deux tourelles carrées, de manière à former au premier une galerie couverte et au second une terrasse. C'est un peu la disposition du château de Blois du côté de la ville. A droite, nous retrouvons des terrasses, des bâtiments plus anciens qui rejoignent les épaisses frondaisons du parc, s'ouvrant par une allée de tilleuls séculaires. C'est là sans doute que le propriétaire actuel, ancien officier d'infanterie au service de France, poète et historien, membre de la Société des gens de lettres, a rimé, un soir, le sonnet suivant que nous détachons du volume intitulé : Le Coffret de Perles noires.

 

Baignant sa base dans l'écume,

Offrant sa muraille aux oiseaux,

Le vieux château dort sous la brume,

Bercé par la chanson des eaux.

 

La pâle Hécate au loin s'allume,

Les peupliers, sombres fuseaux,

S'enlacent au brouillard qui fume,

Et le vent courbe les roseaux.

 

Demeure triste et solitaire,

Ton rôle est fini sur la terre. . .

Mais que pouvais-tu contre trois ?

 

Mourir ! Et, dans ta longue histoire,

On voit tour à tour la victoire

Des guerriers, du peuple et des rois.

 

[ ]

 

(Extrait de l'Avenir de la Haute-Marne.) »

   
   

Source : Revue de Champagne et de Brie – 2éme tome – quinzième année - 1890

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