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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

MISE A FEU DE LA CHAUFFERIE D'ECHENAY - 2012

29 Juillet 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay-Epoque Moderne

Echenay a su garder son école primaire, gage de vie pour le village mais il faut bien la chauffer!


Je partage ce lien issu du  « Journal de la Haute-Marne », JHM pour les « locaux ».

 

 

Alors, Echenay a la pointe du progrès ?

 

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Pour en savoir encore plus, lire ce reportage de la Chambre d’agriculture de Haute Marne

 

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LES CURES D’ECHENAY – 1679 à 1792 -

22 Juillet 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

Paroisse-d-Echenay.JPG

 

La lecture des registres paroissiaux est le lot de tout généalogiste.  On recherche ses aïeux, on traque la naissance qui nous manque, le mariage de l’ancêtre, on s’intéresse aux témoins, aux parrains et marraines et on oublie la personne qui  a rédigé l’acte… Le curé !


Souvent, celui-ci  n’a laissé d’autres traces que sa signature au bas de la transcription. Il lui arrive bien de noter autres choses que des cérémonies mais ce ne sont alors que des informations intéressant la communauté : accidents climatiques, épidémie, passage de troupe ou de dirigeants civils ou religieux. Bref, des informations générales qu’il  lui a semblé nécessaire d’être reportées. Sur lui, rien ! Alors, sans pouvoir retracer leur vie, j’ai souhaité vous les présenter un peu mieux.

 

signature-du-cure-d-echenay-Royer-1680.JPG

Le premier à apparaitre, en 1679, est le curé Royer. En 1684, il nous dévoile son prénom, Nicolas, dans l’acte de mariage de Messire Jean Louis de Barberin de Reignac et de Mademoiselle Marie Marguerite de La Valée Pimodan. L’importance des protagonistes l’a sans doute amené à nous livrer ce renseignement. Une certaine forme de respect ou d’auto-reconnaissance, sans doute, pour s’être associé à cet événement important…

Comme il manque les registres de 1686 à 1689, son dernier écrit sera pour nous de Novembre 1685. «  je soubsigné Prestre curé d’Eschenetz  certifie n’avoir rien obmis et avoir fini ce que l’ordonnance prévoit d’escrire sue ce registre ce 28e novembre en foy de quoi cy mon seigne. N Royer prestre curé dud. Lieu ».  La satisfaction du travail accompli et le respect des règlements !

 

signature-du-cure-d-echenay-Vautier-1690.JPG

En 1690, Nicolas Royer est remplacé par un prêtre nommé Vautier. La signature est beaucoup plus sobre. En 1695, il signe encore mais les registres de 1696 à 1711 ont disparu. Ce sont donc 15 années sans information. Est-il toujours curé d’Echenay durant cette période? La question peut se poser car en Mai 1695, le prieur d’Echenay, Damery signe un acte de mariage.

 

signature-du-cure-d-echenay-Concelin-1714.JPG

En 1712 apparait un nouveau curé : François Concelin. Est-il là depuis longtemps ? Toujours est-il qu’il signera jusqu’en 1742, date de sa mort. Pour l’occasion, les curés du voisinage viennent pour lui rendre un dernier hommage. Seront présents les curés de Soulaincourt, Montreuil, Thonnance, Germay, Sailly et Effincourt. Après un long ministère de trente ans, peut-être plus, il faisait partie du paysage Epincelloi et de la région. Puis les actes sont signés quelque temps par un certain Guillaine, Administrateur d’Echenay.

 

signature-du-cure-d-echenay-Voillot-1744.JPG


En  1743, il est remplacé par François Voillot (voir l'article qui lui est déjà consacré; catégorie Personnalités d'Echenay).  L’homme change, le prénom reste. Il aura pour vicaire un nommé Petitjean qui le remplace lors de ses absences ou maladies. Fin 1769, Il signe son dernier acte. Mutation, décès, la question est posée !

 

signature du cure d'echenayVoisin 1776

En juin 1770, le prêtre nommé Voisin signe son premier acte à Echenay. La signature est modeste, simple. D’ailleurs, au début de son ministère, il signe assez rarement, laissant les protagonistes de la cérémonie signer seuls. Par contre, son vicaire, Mourot, signe souvent à sa place. Que doit-on en déduire ? Néanmoins, il restera jusqu’en 1789.  La révolution passe aussi par Echenay et le père Voisin décède le 15 avril 1790 (mai ? doute sur le mois). Sa signature n’apparaissait plus depuis le début de l’année, remplacée par celle du vicaire Mourot. Là encore, malgré la période troublée, les prêtres des alentours se réunissent : Pensey, Mandre, Sailly, Effincourt, Soulaincourt et d’autres dont je n’ai pu déchiffrer la provenance, ils sont là, venus enterrer leur confrère. Sans doute sentent-ils la fin prochaine d’une époque !

 

signature-du-cure-d-echenay-Milliere-1790.JPG

Dès le début mai 1790, un nouveau prêtre est en place. Il s’agit du père Milliere. Sa signature est majestueuse, raffinée et travaillée, comme un sursaut face aux événements qui secouent l’église de France.

 

signature-du-cure-d-echenay-Janson-1791.JPG


Toutefois, il ne reste qu’un an à Echenay, remplacé dès 1791 par le curé Janson. Il apparait en septembre 1791 mais ne fait qu’un bref passage car dès le 1er novembre, il a quitté la paroisse. Pourtant, il faut enterrer Christophe Cordieu, manouvrier, et l’on fait appel à « Dominique Demange, curé de Saudron, faisant desserte de ladite paroisse d’Echenay à cause de la vacance de la cure ».

 

signature-du-cure-d-echenay-Longalaine-1792.JPG


Dès Janvier 1792, un nouveau prêtre arrive. Il s’agit du père Longalaine. Mais les jours sont comptés pour les curés de France. Le 27 octobre 1792, il baptise Marie Madeleine Bourgeois et se sera son dernier acte enregistré. Le registre paroissial d’Echenay  est clos le 1er décembre 1792, an I de la République Française,  par Nicolas Vaillant, maire de la commune d’Echenay.

 


C’est donc 10 prêtres (si l’on compte Damery et Demange) qui se seront succédés en 113 ans. Certains ont partagé longtemps la vie de nos ancêtres, tels Concelin ou Voillot, d’autres n’ont fait que passer. C’est la fin de l’ancien régime et des registres paroissiaux.


Si l’état civil qui les remplace et plus précis, plus clair, mieux écrit, pour les généalogistes que nous sommes, il n’a plus ce parfum d’antan, ces signatures simples ou majestueuses qui faisaient notre plaisir et laissaient entrevoir la proximité entre les villageois et leur curé. Le progrès a un prix mais doit-on s’en plaindre ?


 

Source : Registres Paroissiaux d’Echenay – Archives départementales 52

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D'ECHENAY AU CANADA - 1541 ET 1659 -

12 Juillet 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Divers

 

 

cadre_jacquescartier.jpg

                                                                                   Jacques CARTIER

 

D’Echenay au Canada, il y a un océan…que je vais franchir !

Tout débute en 1534. Jacques Cartier part vers l’ouest, espérant trouver une nouvelle route vers l’Asie.

Il découvrira le Canada.


Cartier avait rapporté l’impression que le Canada offrait à la colonisation des « commoditez ». Et il avait affirmé notre prise de possession en construisant un fort, sans y laisser de garnison il est vrai, et en plantant près de là, à Staconé (Québec), une grande croix aux armes fleurdelisées. A une époque où l’auri sacra fames (exécrable faim de l’or - Virgile) précipitait l’ancien monde vers le nouveau, quelles convoitises ne devait point allumer un fait allégué par le pilote malouin : des Hurons, touchant la chaine d’argent de son sifflet et la poignée dorée d’une dague, avaient laissé entendre par signes que des métaux semblables abondaient dans les montagnes du nord, chez de méchants guerriers armés de pied en cap.


Mais au retour de l’explorateur, en juillet 1536, des préoccuppations extrémenent graves empêchaient de songer à ses découvertes. L’empereur Charles Quint marchait en personne sur Marseille. Forcé de garder en main toutes ses forces, voire de mander à la rescousse la flotte turque, François 1er se contenta de témoigner à Jacques Cartier sa satisfaction en lui donnant l’Hermine, l’une des nefs royales revenues du Canada. A la suspension des hostilités, après la tréve de Nice, il fit mieux : deux lettres patentes accordérent au pilote malouin le reliquat de ses frais de voyage à la découvertes des terres occidentales, plus cinquante écus d’or pour la nourriture des dix « sauvaiges » Hurons qu’il entretenait depuis deux ans  à Saint malo.

La date de ces patentes, septembre 1538, coincide avec celle d’un programme de colonisation soigneusement établi à la demande du roi.


Après de nombreuses vicissitudes, d’hésitations et de réflexion de la part de François 1er, celui-ci décide donc la colonisation du Canada. L’ordre de départ est enfin donné. Le royaume de France est cerné par le saint Empire Romain de Charles Quint et si le Canada regorge des richesses annoncées, cela ne sera que bénéfique. Il ne faut plus se faire devancer par Charles Quint.


Naturellement, la rumeur du départ de Cartier ne laisse pas celui-ci indifférent. Il a déjà conquis une bonne partie de l’Amérique du Sud, de l’Amérique Centrale et ses possessions s’étendent à l’est jusqu’aux Philippines. C’est le premier empire ou le soleil ne se couche jamais. Il n’est pas question de laisser faire François 1er. Pour cela, il diligente un espion à St Malo afin de lui rendre compte des activités de Cartier.

Cet homme de l’ombre remplira son rôle de façon efficace puisqu’il livre un rapport détaillé en Avril 1541.

 

Ce dernier sera découvert au début du XXème siècle aux archives impériales de Vienne.

 

 Il y a dois Sainct Malloz sept cens soixante lieues et dois lesdites Terres Neufves jusques à Canada, où l’on entend conduire ladite armée, aultres six cens. Et fault neccessairement passer par les Terres Neufves. Ledit Canada s’affronte aux Indes de l’empereur et c’est certainement ung cap d’icelles. Car où veullent prendre port les navires du roy très chrétien tumbe une grande riviére d’eau doulce venant desdites Indes. Et de cela est bien asseuré Jaques Quartier, ainsi que Rolet Morin.


L’ordre qu’ilz entendent garder pour descouvrir la terre est que, quant ilz arriveront au port, que Jaques Quartier a desjà descouvert, ilz laisseront leurs navires là et feront XVIII ou XX petitz basteaulx à reme, moindre que brigantins, qui pourront pourter chascun d’eulx six ligières pieces d’artillerie de fer, qu’ilz ont fait faire expressement, afin de moins charger les vaisseaulx.

Les soldartz et mariniers pourteront  harcquebouzes, arbalestes et rondeles, pour ce que les saulvages, qui sont du pays, tirent avec arcz et nagent soubz l’eau bien deux lieues.


Quant ceulx de ladite armée seront arrivéz en terre ferme, ilz chercheront des mines d’or et d’argent. Et est Jaques Quartier certainement informez par les mesmes saulvages qu’il y en a grande quantité.

En ce qui touche la navigacion et le descouvrir terre, Roberval et tous les aultres obeyront audit Jaques Quartier. Et quant la terre sera conquise, ledit Roberval demeure general pour le roy et ordonnera des édifices, fortifications, provisions et aultres choses neccessaires.


Le nombre des vaisseaulx pour ceste navigation sont dix, tous aux fraiz et à la charge du roy. Lequel n’a voulu que particuliers quelconques armassent avec luy. Entre iceulx vaisseaulx est ung galion du port de septante tonneaux ; deux navires, l’une de six vingtz, l’aultre de cent dix tonneaulx, et sont ces trois pieces au roy. Il y a deux navires de Jaques Quartier, chacune de nonante tonneaulx, et une d’ung aultre marchant de Sainct Malloz de quatre vingtz tonneaulx. Ces six pieces sont audit sainct Malloz ; les trois près de la tour de Polidor, que sont desjà chargées de tout, hors mis d’artillerie. Les aultres trois sont joignant la ville et n’avoient encores commencé de charger le XXIX du mois passé. Pour le compliment des dix pieces susdites, fault encore quattre navires, que Roberval amaine de Rouhen et de Honnefleur, chargées de trois cens hommes de guerre, et debvoient arriver le VIII du present mois d’apvril. Lesdits navires sont de port chacune de nonante à cent tonneaulx. Et sont iceulx dix vaisseaulx faits tous neufz depuis deux ans en ça.


Le roy paye à chacun navire qu’il emprunte six vingtz francs par mois et leur avance l’on quatre mois, et s’oblige à eulx Jaques Cartier de les paier au mesme pris s’ilz demeurent plus longuement en ce voyage.


Ledit Jaques Quartier maine avec luy quatre cens mariniers et vingtz maistres pillotz, les meilleurs qu’il a sceu choisir en Bretaigne, et les peult prandre comm’ il luy plait. Car le roy commande à tous ceulx qu’il eslira d’y aller à peine d’estre banny de ce royaulme et de prandre tous leurs biens.

Il maine aussi vingt ouvriers à faire basteaulx et les paye, selon qu’ilz sont ; au moindre, il donne cinq francs par mois, à aultres huit, dix, douze, quinze et jusques à vingt. Il avance à deux cens de ses mariniers à chacun quatre mois, aux aultres ung an entier et leur donne à tous ung habillement de livrée blanc et noir, et toutes manières de victuailles neccessaires pour aller, séjourner et retourner aux fraiz dudit seigneur roy. Roberval a charge des trois cens hommes de guerre, de soixante massons et charpentiers, dix hommes d’église, trois médecins et dix barbiers.


L’on ne scait s’il y va gentilzhommes aultres que Savonières et deux de Bretaigne paouvres qui ont fait quelque meurtre, dont ilz feront en ce voyage la penitance. Ledit Savonières est celluy qui tint camp à Paris contre le frere d’Eschanay, son cousin germain, et a esté condempné d’aller en ce voyage, pour ce qu’il oultragea en la sale de monseigneur d’Orléans, comme l’on dit, ung maistre d’hostel de monseigneur le Daulphin et ung aultre dudit Orleans, freres, surnommez de Pierrevive. Il maine avec luy vingt ou XXV compagnons, qu’il dit estre gentilzhommes. Mais, à ce qu’on m’en rappourte, ilz le semblent assés mal, hors mis deux ou trois. Il dit qu’il y aura cent et soixante gentilzhommes en la compagnie. Mais les aultres advis ne respondent au sien, mesmes de Monsieur de Corvel et dudit Rolet Morin, qui scavent et entendent tout le discours de ceste emprinse et disent que tout le monde ensemble, tant de soldatz que mariniers, ouvriers et aultres, sera de huit à neuf cens personnes.


Le galion et trois des navires vons moins chargez que les aultres, sinon d’artillerie et des meilleurs gens de guerre, pour soubstenir le faiz s’ilz rencontrent à qui parler en chemin. Les aultres vont aultant chargées qu’elles peuvent endurer, et pourtent vivre pour trois ans, pain, vin, lardz, chair sallée, huille et beurre.


Ilz pourtent quinze cens lardz, huit cens beufz et vaches salléz et seichez en l’air, cent tonneaulx de froment, dont une partie sera pour semer, deux cens pippes de farine, vingt pippes de moustarde , vingt d’huille et autant de beurre. Tout le reste se pourte en biscuyt, deux cens tonneaulx de vin et cens de citre. Ilz maynent aussi vingt vaches vives, quatre thoureaulx, cent chievres et dix pourceaulx, pour les faire multiplier au pays où ilz vont, et avec ce vingt chevaulx et jumentz pour charrie les choses neccessaires à édifier et fortifier. Ilz pourtent semblablement des charrettes faictes et tout leur équipage et aussi des utilz à labeurer la terre et vingt hommes laboureurs ; davantage, ilz conduisent beaucoup de bonne artillerie, que ledit Roberval amaine dedans les susdites quatre navires, avec aussi quatre cens hacqueboutes, deux cens rondeles, deux cens arbalestes et plus de mille que picques que hallebardes.


Encores pourtent ilz davantage cinquante tonneaulx plains de fer et tous les utensilz et instrumens neccessaires à dix serruriers et mareschaulx qu’ilz mainent.

En chacun navire y a deux molins à bras pour s’en servir si mestier est.


Ilz ont deliberé de renvoier sept des susdites navires quant ilz seront arrivez à Canada, afin de donner au roy plus ample advertissement de la terre et à ce que lesdits navires retournent, s’il est besoing, chargez de victuailles et de gens. Pour ceste cause, à une partie des vaisseaulx et mariniers ne se fera avance que de quatre mois et aux aultres, que demeurront, d’ung an.


Le partement de l’armée est resolu à huit jours après Pasques et font compte d’arriver à canada en quatre semaines, si le temps leur est bon, ou à plus tard en sept sepmaines. Jaques Quartier a voulu arrester les navires marchans qui vont aux Terres Neufves et les charger de quelques choses neccessaires à ladite armée. Mais ilz s’en sont excusez, par ce qu’ilz sont desjà tant plains qu’il est possible de tonneaulx à mettre les tonnines de sel à saller le poisson qu’ilz vont charger et d’aultres cas pour leur usaige. En fin ilz ont esté licenciez et desjà sont allez esdites Terres Neufves ceste année plus de vingt et quatre navires.


Source : PREMIERE TENTATIVE DE COLONISATION DU CANADA – Ch. De la Roncière – Bibliothèque de l’école des                                chartes  - Année 1912 – volume 73

 

Voilà un espion pour le moins bien renseigné. Il devait être très proche du centre de décision pour obtenir tous ces détails. Il semble tout connaitre des bateaux, de leurs frets et des hommes.

 

A propos de ces derniers, j’avais déjà eu l’occasion de parler du sieur de Savonnières en raison du diffèrent avec Gaucher de Dinteville que relate l’espion de Charles Quint (voir l’article « D’Echenay au Louvre – 1539 »).


Le personnage avait décidemment avoir le sang chaud, puisqu’on le retrouve, cette fois, prêt à s’embarquer pour le Canada contraint et forcé. Enfin, encore avait-il la vie sauve !

Comment a-t-il fini ?... En mer, a-t-il vu le Canada ?  Je ne sais pas.

Sans doute n’a-t-il jamais revu son cher cousin le sieur d’Echenay qu’il accusait ouvertement de sodomie.

 

 

Francois de Laval                                                                               François de Montmorency-Laval


 

Quelques années plus tard, la colonie est installée. On peut alors vraiment commencer à s’occuper des âmes des colons et de celles des « sauvages » locaux, Hurons et autres Iroquois.


 Le 13 avril 1659, jour de Pâques, le premier évêque de la Nouvelle France part de La Rochelle pour le Québec. Il débarque le 16 mai à Percée, à l’embouchure du Saint Laurent, et arrive à Québec le 16 juin suivant.


Si j’évoque maintenant François de Montmorency-Laval, premier évêque du Québec, c’est que Gabriel de Pimodan descend de cette famille par sa grand-mère maternelle, princesse de Montmorency-Laval.

Un canadien, Auguste Honoré Gosselin (1843- 1918) s’intéressera beaucoup à François de Montmorency-Laval. Au point d’en écrire un livre (La Vie de Mgr de Laval - 1890) et de faire pour cela le voyage vers la France. Marchant sur les traces de l’ecclésiastique, sur les lieux même où il vécut, il rencontra aussi les descendants de cette famille, dont Gabriel de Pimodan.


« La branche cadette de Montmorency, celle de Laval, ne s'est éteinte, pour le nom, qu'en 1851, par le décès d'Eugène-Alexandre de Montmorency-Laval, qui s'était marié deux fois, mais n'avait pas eu d'enfants.

Il avait pris le titre de duc de Laval en 1837, à la mort de son frère aîné Adrien de Montmorency, prince-duc de Laval, qui, sous la Restauration, fut ambassadeur de France en

Espagne, à Rome, à Vienne et à Londres.

Adrien de Montmorency-Laval eut un fils et deux filles. Mais son fils, Henri, qui aurait continué le nom de Laval, mourut, jeune encore à Naples, en 181 9. De ses filles, l'aînée,

Charlotte, épousa en 1817 Gustave de Lévis, duc de Mirepoix, et mourut en 1872. Elle était la grand'mère du marquis actuel Gaston de Lévis. L'autre, Marguerite- Pauline-Emmanuelle, épousa le marquis de Couronnel, dont elle eut deux fils et une fille, laquelle épousa en 1855, George de Rarécourt de la Vallée, marquis de Pimodan, le héros de Castelfidardo, père de Gabriel, duc et marquis de Pimodan. » [  ]

« La branche cadette des Montmorency-Laval est donc représentée aujourd'hui par la Maison de Lévis-Mirepoix, celle de Couronnel, et celle de Rarécourt-la Vallée-Pimodan.

 

La famille même de Mgr de Laval, éteinte au siècle dernier, n'était qu'une subdivision de cette branche. Le comte de Couronnel, le marquis de Lévis, le marquis de Pimodan sont, à n'en pouvoir douter, parents du premier évêque de Québec. Je leur devais une visite.

Je commençai par le marquis de Pimodan, avec lequel j'avais déjà eu l'honneur de correspondre. Je visitai ensuite le marquis de Lévis.

 

Tous deux me firent le plus bienveillant accueil. La Vie de Mgr de Laval, richement reliée, est dans leur bibliothèque. Ils l'ont lue avec intérêt et professent la plus grande vénération pour leur parent, le premier évêque du Canada. »

 

SOURCE : AU PAYS DE Mgr de LAVAL - LETTRES DE VOYAGE  -  par  L'ABBÉ AUGUSTE GOSSELIN

                   de la Société Royale  du    Canada - QUÉBEC –  Typ. Laflamme & Proulx – 1910

 

En 1685, François de Laval démissionne de son poste d’évêque de Québec. Il rentre mais très vite, il demande au roi l'autorisation de retourner dans son diocèse souhaitant y mourir au milieu de ses ouailles. Son œuvre au Québec sera immense.


Il meurt à Québec vingt ans plus tard, le 6 mai 1708. Sa dépouille est inhumée dans la cathédrale. Il est déclaré bienheureux par le pape Jean-Paul II le 22 juin 1980 et canonisé par le pape François le 3 avril 2014.


Voici donc deux destins français au Canada ayant quelques liens avec Echenay. Même si ceux-ci sont assez éloignés d’Echenay à proprement parler, il m’a paru intéressant de les rapporter.


Depuis, d’autres sont partis également vers ce pays, comme mon amie Marion FRANCOIS, Epincelloise pure souche. Un salut également à mon correspondant canadien JCDG qui, bien que ne connaissant pas Echenay, s’y intéresse particulièrement.

 

Autres sources :

Site CULTURE ET COMMUNICATION QUEBEC – Répertoire du Patrimoine Culturel du Québec

Wikipédia

 

Site ourroots.ca – La vie de Mgr de Laval

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ECHENAY, CHEF-LIEU DE CANTON - 1790

6 Juillet 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et l'Administration

L’actualité du moment donne souvent des idées de recherches sur le passé.


2014… La France veut revoir son découpage régional. Certains crient au scandale, à la magouille politique, d’autres sont relativement satisfaits à quelques détails près.


Flash-back…


1789… La France gronde ! C’est le début d’une période de grands bouleversements qui toucheront tous les domaines et qui dureront plusieurs décennies. On veut tout réformer.


 

Et tout d’abord, les français veulent se réapproprier le territoire. Les provinces de l’ancien régime sont le symbole même de la mainmise de la monarchie, de la noblesse et de l’église. Les français n’en veulent plus.

 

Departements_et_provinces_de_France-ancien-regime.png

                                                     Les Provinces d'Ancien Régime

 

Dès le 30 juillet 1789, Duport dépose un projet de réorganisation administrative. Il faut dire que tout est d’une complexité extrême : les découpages administratifs, ecclésiastiques, judiciaires, fiscaux, judiciaires, militaires sont différents. Un vrai casse-tête !


Ce furent les députés de chaque province qui s’occupèrent, au nom du comité de constitution, de proposer les nouvelles divisions ; mais seuls les députés du tiers prirent vraiment à cœur les intérêts des populations et spécialement des villes qui les avaient élus.

Pour la Haute-Marne, le médecin Laloy et le procureur du roi Mougeotte de Vignes, députés du baillage de Chaumont, l’avocat Drevon et le lieutenant particulier Guyardin, députés de Langres, avec Huot de Goncourt, député de Bourmont, furent les véritables auteurs de sa formation.


Source : La formation du département de la Haute-Marne en 1790 par Henry Mettrier – Chaumont – Andriot Massonnier – 1911 –


Le 11 novembre 1789, l’assemblée constituante adopte un projet de redécoupage du territoire. On souhaite un découpage en départements dont les noms seront issus de la géographie ou de l’hydrographie. Le chef-lieu doit en être accessible à tous en une journée de cheval, bien que tout le monde n’ait pas de cheval et qu’il y eu des exceptions.


Par décrets du 22 décembre 1789, 15 janvier 1790 et 26 février 1790, le projet est adopté.

Il devient effectif le 4 mars de la même année. La Haute-Marne, telle que nous la connaissons,  est donc née ce jour-là (ou presque).

 

La lutte pour arriver à ce résultat a été rude :

Laloy surtout joua dans ces négociations un rôle prépondérant. Ses contemporains allèrent jusqu’à dire que c’est lui qui, dans une pensée de défiance contre Beugnot, député de Bar sur Aube, et pour assurer à Chaumont la possession du chef-lieu, n’hésita pas à exclure à l’ouest du nouveau département le district de Bar sur Aube et à l’amputer à l’est du petit baillage de Lamarche, tandis qu’il en reculait au nord les limites par l’adjonction de St Dizier et rendait ainsi la position de Chaumont plus centrale. La ville de Langres, placée à l’une des extrémités de cette longue bande de terre, n’avait dès lors plus d’espoir de se voir choisir comme chef-lieu de l’administration départementale.  


Source : idem précédant


 

Pour affiner encore le découpage et favoriser la proximité, on a créé dans chaque département deux autres niveaux de subdivision : le district (en vigueur de 1790 à 1795, transformé ensuite en  arrondissement en 1800) et, plus petit encore, le canton. 

 

carte-des-districts-de-haute-marne-en-1790.JPG

                                                 Carte des Districts de Haute-Marne en 1790

 

Le département de la Haute-Marne compte 6 districts : Bourbonne, Bourmont, Chaumont, Joinville, Langres et St Dizier. Et bien sûr, il faut un chef-lieu. On l’a vu, les luttes qui en découlent pour obtenir la préférence sont redoutables. Alors, pour satisfaire tout le monde, on décide que ce sera Chaumont ou Langres en alternance !..  Cette solution qui préserve les susceptibilités locales n’est évidemment ni viable ni pratique pour le citoyen et sera abandonnée dès la fin de 1790.


Intéressons-nous maintenant aux cantons. Le district de Joinville en compte neuf :


Joinville, Curel, Echenay, Poissons, Doulaincourt, Saint Urbain, Lescheres, Doulevant et Maizière.

 

District de Joinville 1790

                                              Le District de Joinville en 1790 et ses cantons


 

Echenay, chef-lieu de canton ?!...


Afin d’en comprendre la raison, il faut regarder la carte du district.

Joinville se trouve au centre du district, Curel dans la partie nord, Maizières au Nord-Ouest, Doulaincourt au Sud, St Urbain à mi-chemin entre Joinville et Doulaincourt,  Doulevant à l’Ouest et Lescheres au Sud-Ouest. Echenay couvre l’Est du district. Le maillage semble presque parfait.


Et puis, il faut se rappeler que les voies de communication ne sont pas les mêmes qu’aujourd’hui. Deux routes principales quadrillent le district dans le sens Nord Sud et Est Ouest et se croisent à Joinville.  Curel, St Urbain et Doulaincourt sont sur la première, Doulevant et Echenay sur la deuxième. Poissons se situe sur un troisième axe suivant la vallée du Rongeant au Sud Est.  Ces routes sont très fréquentées et, par ce fait, mieux entretenues.


Tout est donc fait pour faciliter les déplacements administratifs du citoyen.


Mais ce choix qui favorise un peu notre commune ne durera pas. Dès 1800, un nouveau découpage  est mis en œuvre. Les districts se transforment en arrondissements et sont redécoupés. Echenay perd sa position et se trouve rattaché à l’arrondissement de Wassy (1801), canton de Sailly. Par la suite, il y aura encore des changements mais c’est une autre histoire.


Retour vers le futur…


2014… On s’achemine donc vers un nouveau tracé de nos régions. Echenay fera-t-il partie d’une grande région Champagne-Picardie ? Les Picards ne le veulent pas et je doute que cela soit le souhait des Hauts-Marnais.

Au 1er janvier 2014, le regroupement de 3 communautés de communes Marne Rognon, Canton de Poissons (dont Echenay fait partie) et Doulevant le Château en "Communauté de communes du bassin de Joinville en Champagne" avait déjà fait grincer des dents.


Je note avec un sourire que cette nouvelle communauté de communes ressemble bigrement, d’un point de vue géographique, au district de Joinville de 1790, même si le niveau d'actions n'est pas le même !


Encore une fois, l’histoire bégaye !!!

 

Sources : Voir  également

La République Française en 84 départements - Paris - chez l’éditeur rue des Marais - 1793

splaf.free.fr

Historiques et statistiques sur les principales communes de l’arrondissement de Langres – 2éme partie – Notes et suppléments -  Langres – Sommier, Libraire  Editeur – 1836

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DANS LE CIEL DE HAUTE-MARNE - 1870

2 Juillet 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Guerre 1870

Aujourd’hui, je m’éloigne un peu d’Echenay et je prends de l’altitude car j’ai trouvé ce sujet intéressant.


En 1870, la France est envahie par l’armée Prussienne qui encercle Paris. La tenaille est forte. Pourtant, il faut bien communiquer vers l’extérieur. Les correspondances sont bien souvent interceptées par les Prussiens qui pensent affermir ainsi leur pression sur les Parisiens et les démoraliser.


Mais le français est débrouillard !  

 

Pourquoi ne pas se servir de ballons à air chauds, ces fameux aérostats qui datent d’un siècle à peine ?

La technique est devenue plus sure. Elle permet d’emmener un ou plusieurs hommes avec un peu de fret. Et si on y adjoint des pigeons voyageurs, on pourra communiquer encore plus facilement. Plusieurs colombophiles offrent ainsi des pigeons pour l’expérience.


Bien que risquée pour les « pilotes », l’idée est approuvée et on décide de la mettre en œuvre.

 

Table-des-ballons-1870.JPG


Le 21 septembre 1870, la première tentative est réalisée avec un ballon prénommé « L’Union ». Ce sera un échec, l’enveloppe  se déchire. Mais on poursuit l’expérience. En tout, ce sera 69 ballons qui s’envoleront de Paris.


C’est le 21eme vol qui nous intéresse. Le 29 octobre 1870, le ballon « Colonel-Charras » quitte la gare du Nord. C’est un aérostat de 2000 m3 construit par la compagnie des aérostiers et piloté par Ferdinand Gilles. Il emporte avec lui 6 pigeons voyageurs et 460 kilos de courrier.

 

Ferdinand Gilles                                                                                              Ferdinand  Gilles

 Il s’élève dans les airs et échappe aux tirs prussiens. L'ingénieur Krupp avait pourtant construit pour eux plusieurs canons mobiles autour d'un axe, destinés à atteindre les aérostats au haut des airs ; mais ces gun-balloon, promenés triomphalement dans les rues de Versailles, n'ont jamais arrêté les aérostats.


Au bout de 5 heures de vol, à 17 heures, il se pose à Montigny le Roi en Haute-Marne. Mission réussie ! Peut-être que quelque Epincelloi en voyage vers la région de Chaumont l’aura-t-il vu passer ?


 

Alors, si vous retrouvez dans un grenier haut-marnais un courrier avec cette oblitération (ou ressemblant), vous avez trouvé un trésor !

Cachet-aerostat.JPG

 

 

 

Source : coppoweb.com

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