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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

Articles avec #la famille pimodan tag

CHEVALIERS DE L'ORDRE DE MALTE A ECHENAY - 1784

9 Juin 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

Le promeneur qui visite le cimetière d’Echenay ne peut manquer les tombes de la famille de Pimodan. Appuyées contre le mur extérieur du chœur  de l’église, elles attirent immanquablement le regard et l’une d’entre elle peut susciter la curiosité.

 

019.JPG

 

Un Pimodan, Chevalier de Malte ? … Voilà de quoi nourrir un nouvel article sur Echenay.

Et bien non, pas un Pimodan mais trois!

Mais situons d’abord le contexte :

L’ordre de Saint Jean de Jérusalem doit son origine aux croisades, qui avaient attiré en Orient une multitude d’Européens professant le christianisme avec ferveur et entièrement disposés à délivrer les chrétiens de l’Asie des persécutions que les musulmans leur faisaient éprouver.

Ce fut le pape Urbain III, Français de nation, qui prêcha la première croisade au concile de Clermont en Auvergne, vers la mi-novembre 1095.

De vocation hospitalière, il deviendra militaire, en plus de sa fonction première, pour défendre les pélerins malades et les protéger des Sarrasins. Expulsé de Terre Sainte, il rejoindra Chypre avant de conquérir Rhodes. Il devient une grande puissance maritime qui protége la Méditerranée des attaques venant du sud. Mais expulsé de Rhodes, il rejoint Malte par la volonté de Charles Quint, soucieux de leur accorder un refuge. D’où son nom.

Pour entrer dans l’ordre à titre de Chevalier, il fallait faire preuve de quatre quartiers de noblesse du coté paternel et de quatre quartiers du coté maternel. Cet aspect n’était donc, si je puis dire, qu’une simple formalité pour la famille de Pimodan comme pour la plupart des maisons les plus illustres et les plus anciennes de France dont la noblesse chevaleresque (c’est-à-dire de nom et d’armes) et l’origine se perdait dans la nuit des temps. Elles avaient été les premières à servir sous la bannière de l’ordre.

 

Voici les trois personnages en question :

 

Pierre Christophe de Rarécourt de La Vallée de Pimodan, celui du cimetière, fut reçu le 16 avril 1744.

Adélaide Charles Joseph de La Vallée de Pimodan, reçu le 5 novembre 1768

Louis Auguste de La Vallée Pimodan, fut reçu le 30 mai 1735 dans l’ordre. Attardons nous sur lui:

 

Chevalier Profès de l’ordre de Malte, il sera nommé plus tard Commandeur du Grand Prieuré de Champagne à la commanderie de Bonnevaux. Demeurant à Echenetz , il sera bien involontairement la cause d’un procès dans la dernière décennie de l’ancien régime de par sa qualité de Chevalier Profès.

En voici le résumé :

Le sieur Abbé Garnier, pourvu du Prieuré de Saint Etienne de Beaugency et très certainement malade comme la suite semble l’indiquer, le résigna le 7 mars 1782 au sieur Abbé de Bréchainville (la résignation est la renonciation à un droit, une charge, en faveur de quelqu’un).

 

Cette démarche donne lieu à une procédure complexe. Il prit deux témoins pour attester sa volonté : Louis Auguste de La Vallée Pimodan, Chevalier Profès de l'Ordre de Malte, demeurant à Echenay  et Messire Louis Maurice de Thomassin, chevalier, marquis de Bienville, demeurant au château de Bienville.

 

Sa demande fut admise par la cour de Rome le 17 mars. L’abbé de Bréchainville pris donc possession le 15 mai de cette charge, après avoir obtenu l’arrêt d’exequatur et le visa de M. l’Evêque d’Orléans.

 

Toutefois, l’Abbé Garnier mourut au mois d’avril suivant, mois affecté aux gradués. Dom Baudin, fort déçu de ne pas avoir été promu en son temps, en demanda le bénéfice en vertu de ses grades et en obtint, le 12 octobre  1782, les provisions de l’évêque de Soissons comme Abbé de la Sainte Trinité de Vendôme dont ce prieuré dépend. Il prend possession de la charge le 18 janvier 1783.

 

Naturellement, l’Abbé Mollerat de Bréchainville se défend. Le procès devient inévitable et chacun défendra son point de vue :

 

Pour Dom Baudin, une procuration « ad resignandum », signée, entr’autres témoins, par un Chevalier Profès de l’Ordre de Malte, est-elle bonne et valable ? « Non » dit-il, car la déclaration de 1737 défend, à peine de nullité, d’admettre les novices et profès pour témoins de ces sortes d’actes.

 

Pour M. Courtin, défenseur de l’Abbé de Bréchainville, un mot suffit pour écarter ce moyen. La loi veut que les témoins soient mâles, âgés de de vingt ans, régnicoles (habitant d’un pays qui possède la nationalité de ce pays) et capables d’effets civils. Elle n’exclut donc que les religieux des ordres qui sont incapables d’effets civils. Or les Chevaliers de Malte ne sont point frappés de cette incapacité.

 

Mais pour M. Camus, défenseur de Dom Baudin, la résignation de l’Abbé de Bréchainville est nulle, car signée par un Chevalier Profès dans l’Ordre de Malte, qui est un véritable Religieux, puisqu’il est constant que ces Chevaliers font les trois vœux solennels de pauvreté, chasteté et obéissance ; qu’ils ne peuvent succéder aux biens propres de leur famille, ni transmettre les biens par eux acquis à leurs parents, ni disposer par testament, si ce n’est d’objets modiques à titre de récompense ; encore faut-il qu’ils aient obtenu la permission du Grand-Maître.

 

Courtin rétorque que, en prononçant ses vœux, le religieux, par ce seul fait, renonce à tout ; son abnégation est universelle et sans restriction. Le Chevalier de Malte peut, en faisant profession, se réserver l’usufruit de son patrimoine et il administre cet usufruit comme bon lui semble. Un religieux est frappé de l’impuissance la plus absolue de tester. Le Chevalier peut disposer, par testament, du quint de son pécule. Ainsi il exerce, même en mourant, l’acte qui caractérise le plus la vie et la liberté civile. Mais puisqu’il peut recevoir cette permission, la vie civile n’est donc pas entièrement éteinte en lui ; car un religieux ordinaire ne pourrait la recevoir ni de ses supérieurs, ni même du pape car elle serait déclarée abusive !

 

Le procès se poursuivra, ardemment, de part et d'autre. Il tournera toujours autour de cette possibilité ou non pour un Chevalier Profès de signer un tel type d’acte en tant que témoin.

 

Finalement, la justice tranchera. Cette procuration est nulle. L’ordre de Malte n’avait pris aucune part à cette contestation et la force de la loi l’emporta, dans l’esprit des juges, sur la considération  du corps respectable dont la capacité civile avait été débattue.

 

Par arrêt du 26 mars 1784, la procuration « ad resignandum » fut déclarée nulle et Dom Baudin fut gardé et maintenu en la possession du bénéfice au grand dépit de l’Abbé de Bréchainville.

 

Source :  - L’ORDRE DE MALTE - PAR M. DE SAINT ALLAIS – PARIS – 1839

                - CAUSES CELEBRES CURIEUSES ET INTERESSANTES AVEC LES JUGEMENTS QUI LES ONT DECIDEES –

                   TOME 115 – PARIS - 1774

 

 

 

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MME DE GOUFFIER, ABBESSE DE BOUXIERES -1760

4 Janvier 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

A six kilomètres environ et au nord de Nancy s'élève sur la rive droite de la Meurthe, le village de Bouxières aux Dames, dont la double dénomination vient des plantations de buis (buxus) qui s'y trouvaient autrefois en grand nombre, et de la célèbre abbaye qui subsista dans ce lieu durant une période de huit siècles et demi.

Cette abbaye a été détruite, et Bouxières a perdu avec elle ce qui lui avait valu son illustration ; mais il a encore pour lui, outre l'intérêt des souvenirs, une physionomie pittoresque qui mérite d'arrêter les regards.

 Vers 935, Gauzlin, évêque de Toul, faisant une tournée pastorale dans son diocèse, découvrit, sur le versant d'une montagne au pied de laquelle était situé un village nommé Bouxières (Buxerioe), une ancienne église (basilica) dédiée à la Sainte Vierge, mais négligée par indifférence; et comme il apprit que les affligés y étaient guéris par l'intercession de la Mère de Dieu, et que les peuples venaient en foule y déposer leurs vœux, il résolut de la rendre au culte divin en y établissant une congrégation de religieuses qui, sous la règle de saint Benoit, s'y dévoueraient au culte de Marie.

 Le Seigneur voulut que ce projet se réalisât, car le saint évêque ayant trouvé de pieuses filles qui, semblables à des brebis errantes, cherchaient la nourriture éternelle et désiraient se retirer dans quelque lieu solitaire pour y servir Dieu, il leur abandonna, sur leurs prières, la chapelle dont il a été parlé et mit à leur tête, pour diriger leur conduite, sous le titre d'abbesse, l'une d'entre elles nommée Rothilde.

 Afin de leur fournir les moyens de s'adonner librement aux exercices spirituels , le prélat songea à les pourvoir des choses temporelles : en conséquence, il leur donna, des biens de son évêché, l'église de Bouxières, placée sous l'invocation de saint Martin , avec les dîmes, les vignes et tout ce qui en dépendait, ainsî que ce qui appartenait dans ce lieu à l'église de Toul, tant en serfs des deux sexes qu'en terres, en vignes, en prés et en cens de la terre. Il leur donna également un alleu situé sur la Meurthe, au village de Champigneules (in villa Campiniola), et Pixerécourt (Porchercia), dont une dame noble, appelée Hérisinde, avait fait présent à son église, plus, dans le Chaumontois, au lieu d'Anthetviller, ce que lui avait abandonné Gundelinde, femme de Teutmarus.

 

Dès lors, les abbesses de Bouxières se succédèrent au fil des siècles jusqu’à la Révolution. La 28éme abbesse fut Anne-Marie baronne d'Eltz-d'Ottange. Elue le 8 février 1716, elle obtint ses bulles le 13 mars et prit possession le 25 avril. Elle mourut à Bouxières, le 3 avril 1760, âgée de 95 ans.

Elle se choisit pour coadjutrice, en 1753, Béatrix de Choiseuil-Stainville, qui fut agréée la même année par le chapitre, exerça ces fonctions jusqu'en 1759, qu'elle changea d'état et fut remplacée par Mme de Gouffier.

 C’est donc à la 29éme abbesse, née le 13 avril 1733, que nous allons nous intéresser puisqu’elle allait entrer peu de temps après dans la famille de Pimodan, en épousant Charles Jean de Rarécourt de la Vallée, marquis de Pimodan, mousquetaire du Roi et grand Bailly du Toulois.

 

Le 28 du mois dernier, fut élue Abbesse de l’insigne Eglise Collégiale & séculière de Notre Dame de Bouxieres  près de Maney en Lorraine, Madame Charlotte Sidonie Rose, Comtesse de Gouffier-Thois, Dame & Chanoinesse dudit Chapitre ; fille de feu Messire François-Louis, Marquis de Gouffier-Thois, Baron des Baronnies de Catheux  & Doué, & de Madame Armande-Louise de Gouffier-Caravas, Comtesse de Passavant, Baronne de la Chassée, &  Desaubier en Poitou.

Cette Election a été faite d’une voix unanime par la voie du scrutin, ainsi que l’avoit été, en 1716, celle de feue Madame Anne-Marie, Comtesse d’Eltz d’Ottange, & de même les précédentes, conformément aux droits & Priviléges du Chapitre de Bouxières, depuis près de neuf siècles sans trouble & sans interruption.

Il est à remarquer que la défunte Dame Abbesse avoit été apprébendée à l’âge de 3 ans, & qu’elle a vêcu  95 ans 6 mois ; elle étoit depuis longtems la plus ancienne Chanoinesse du Monde, & elle en a toujours été la plus respectée & aimée par les rares qualités  de son âme & de son esprit.

Source :    MERCURE DE FRANCE  - DEDIE AU ROI – JUILLET 1760 – SECOND VOLUME

( CHAUBERT, Rue de Hurepoix

( JORRY, vis-à-vis la Comédie Francaise

CHEZ      ( PRAULT , quai de Conti

( DUCHESNE, rue Saint Jacques

( CAILLEAU, Quai de Augustins

( CELLOT, grande Salle du Palais

 

Charlotte-Sidonie-Rose,  comtesse de Gouffier-Thois, fut nommée abbesse le 28 mai 1760. Elle prit possession le 12 mars 1761 et fut apprébendée  le 25 octobre 1761, par Mme de Choiseul-Stainville, dame de Remiremont, ensuite des lettres de cachet du roi.

Il est possible de se faire une idée précise de la cérémonie d’intronisation puisque nous disposons des détails de l’entrée de Mme la comtesse d’Eltz qui remplaça Sidonie Rose de Gouffier  à son départ, deux ans plus tard.

Quand le siège abbatial devenait vacant et qu'il s'agissait de procéder à une élection, toutes les dames capitulantes absentes en étaient informées par un avis qui leur était adressé et qu'on affichait, à trois reprises, à la porte de leur maison et à celles de l'église et du chapitre.

L'élection faite, à la pluralité des voix, la nouvelle dignitaire était mise en possession du spirituel, puis du temporel de son abbaye, par deux actes séparés, que l'on consignait dans les registres capitulaires.

 

Voici des extraits de ceux qui furent rédigés pour la prise de possession de Mme d'Eltz, en 1762.

«...Ladite dame s'étant rendue en la salle ordinaire du chapitre, en habits de chœur, ornements et ajustements appartenant à ladite dignité d'abbesse, y a été reçue par la doyenne, et conduite à l'église par ladite dame et par les cavaliers servant de témoins, à l'assistance du notaire chargé de dresser l'acte où le chanoine de semaine de ladite église a présenté l'eau bénite à ladite dame abbesse, laquelle étant parvenue au bas du sanctuaire, s'est mise à genoux sur le carreau préparé à cet effet, y a fait sa prière, puis ladite dame doyenne étant entrée au chœur et y ayant pris sa place, ladite dame abbesse, assistée desdits notaire et témoins et du chanoine de semaine, après avoir fait la révérence aux dames, conduite par l'un desdits cavaliers au pied du maître autel, elle s'y est mise à genoux sur le carreau y préparé et a touché, en signe de possession, le pupitre et le livre des saints Evangiles à elle présenté par le chanoine ; et de suite ladite abbesse revenue au chœur, la doyenne l'a reçue à l'entrée d'icelui et l'a conduite dans le siège abbatial où elle a pris sa place, et après y avoir reçu la crosse des mains de la doyenne et ensuite les honneurs du chœur de la part de toutes les dames présentes, il lui a été présenté de nouveau, par le chanoine, le livre des Evangiles, sur lequel, ayant la main droite étendue, elle a dit :

« Je jure et promets, par les saintes Evangiles de  Dieu, de faire garder et observer les statuts, usages et coutumes de cette église, de n'y faire ni souffrir qu'il y soit fait aucun changement que pour la plus grande gloire de Dieu et le plus grand bien de ladite église, et par le consentement unanime du chapitre, et de défendre de tout mon pouvoir ses droits, privilèges et prérogatives, tant au spirituel qu'au temporel; et ceci je le jure par mon serment, par les saintes Evangiles susdites et au péril de mon âme. »

Ce qui étant fait, le chœur a entonné le Te Deum, chanté au son des cloches et de l'orgue;

Ensuite ladite dame, conduite par l'un desdits cavaliers, accompagnée et suivie des dames doyenne et chanoinesses, dudit chanoine et du prévôt-receveur du chapitre, des notaire

et témoins, s'est rendue en la salle ordinaire dudit chapitre, où elle a pris séance dans le fauteuil et à la place destinée à sa dignité, où étant, les clés des Archives et du trésor de ladite église lui ont été présentées par ladite dame doyenne, et toutes les autres formalités et solennités voulues, requises et observées pour ladite prise de possession.»

 

Voici maintenant l'acte dressé à l'occasion de la prise de possession du temporel :

 

« L’an 1762, le 25 novembre, avant midi, en vertu d'un arrêt émané de Nos seigneurs de la Cour Souveraine de Lorraine et Barrois, par lequel il est permis à la dame impétrante

de prendre possession du temporel dépendant de la dignité d'abbesse de l'insigne église de Bouxières, et à la requête de Mme…….., comtesse d'Eltz, qui fait élection de domicile en l'étude de Me Charles, procureur à la Cour, me suis transporté à Bouxières, ou étant parvenu au-devant de la porte et principale entrée de l'hôtel abbatial, j'ai, à la réquisition de ladite dame, donné lecture à haute et intelligible voix de l'arrêt de l'exécution duquel il s'agit, et déclaré que j'allais mettre en possession du temporel de ladite abbaye ladite dame comtesse d'Eltz; et pour premier signe de sa prise de possession, je lui ai mis en main les clés de la porte d'entrée de ladite abbaye pour l'ouvrir, la fermer et la rouvrir; ce qu'elle a fait en présence des témoins ci-après nommés.

 » De là je l'ai conduite dans la principale chambre à cheminée de ladite abbaye, où étant, ladite dame a fait feu, flamme et fumée sous la cheminée, pour la seconde marque de prise de possession.

 » Enfin, je l'ai conduite sur une des pièces de terre et sur un jardin dépendant de ladite abbaye, en présence des mêmes témoins, où étant, lui ai mis une motte de terre et une branche d'un des arbres dudit jardin dans la main, pour troisième et quatrième marques de prise de possession... »

De même que l'abbaye de Remiremont, celle de Bouxières avait été, comme on l'a vu, placée par son fondateur sous la règle de saint Benoît. Ses religieuses, éloignées du monde, passaient leur vie dans les austérités du cloître, entièrement occupées à conquérir les palmes immortelles : c'est ainsi que vécurent Rothilde et ses pieuses compagnes. Mais, suivant un historien, cet état de choses ne subsista pas longtemps…

 Ce fut, dit-on, René d'Anjou qui, en 1452, obtint de convertir l'abbaye de Bouxières en maison d'éducation et d'état pour les filles de ses preux, obérés par les guerres de Lorraine et de Sicile.

 » Selon l'usage gardé de tout temps, on ne doit recevoir des filles qui ne soient bien reconnues d'ancienne maison et ne fassent apparoir de leurs lignes, lesquelles seront affirmées par paroles de gentilshommes de l'ancienne chevalerie.

» Les quatre lignes paternelles et les quatre maternelles seront de noblesse ancienne et militaire, et les huit noms qu'elles portent prouvés jusqu'à deux cents ans sans dérogeance

ni mésalliance.

» Les preuves pour la légitimité et la filiation se tirent des contrats de mariage, extraits de baptême, partages et autres actes de famille. Les preuves pour la noblesse s'établissent

par des aveux et dénombrements, des reprises de fief, des partages nobles, des patentes d'emplois militaires, des arrêts des Chambres des Comptes et autres Cours souveraines, rendus contradictoirement avec les procureurs généraux.

» Les attestations et certificats des hauts chapitres d'Allemagne sont reçus pour preuve , en justifiant , par contrats de mariage et extraits de baptême, que la demoiselle présentée est issue des maisons mentionnées dans lesdits certificats, ou en prouvant qu'elle a dans lesdits chapitres soit un frère germain , soit un oncle paternel et un oncle maternel.

» Tous les autres certificats, de quelle que part qu'ils viennent et de quelle que manière qu'ils soient conçus, étant seuls, sont insuffisants pour l'établissement de la filiation et de la noblesse.

 Charlotte Sidonie Rose ne restera pas longtemps à Bouxières. Elle se maria le 11 mai 1762 avec Charles-Jean de La Vallée, Marquis de Pimodan et fut remplacée par Françoise, baronne d'Eltz, élue le 2 août 1762 et morte à Nancy le 7 mai 1773 

Chose curieuse, le 20 mars 1799, on a retrouvé le corps de cette dernière; la chair, dont des morceaux ont été conservés, n'était pas corrompue.

 

Source :   MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ D'ARCHÉOLOGIE LORRAINE. - SECONDE SÉRIE. — 1er  VOLUME - NANCY ,

IMPRIMERIE  DE A. LEPAGE, GRANDE RUE, 14 - 1859.

 

 L'abbaye a persisté jusqu'en 1787 où les chanoinesses qui s'ennuyaient à Bouxières-aux-Dames voulurent bénéficier des avantages de la vie citadine et s'installèrent à Nancy près de Bonsecours. L'abbaye a servi de carrière de pierres et a été détruite après la Révolution.

 

Charlotte Sidonie Rose est inhumée dans l’église d’Echenay.

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FER A DORER - XIXe SIECLE

7 Juillet 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

J’ai découvert récemment un catalogue de vente aux enchères organisée en Juin 2010 par l’étude LAFFON-CASTANDET.

Les objets proposés étaient suffisamment curieux pour attirer mon attention.

Des fers, encore des fers, toujours des fers…

« Mais de quoi nous parle-t-il ? »... direz-vous. Et bien de fers à dorer !

Outils de relieur, ils provenaient de l’atelier SIMIER, « relieur des rois de France ». Le fer à dorer est un outil de dorure sur cuir qui est utilisé par le gainier-doreur et par le relieur-doreur.

C’est en quelque sorte un sceau, destiné aux couvertures de livres exceptionnels que les écrivains renommés  n’hésitaient pas à utiliser pour les éditions rares de leurs œuvres, reliures cuir et impressions dorées.

La surprise fut qu’un lot était constitué de 2 fers à dorer aux armes des Pimodan.

fer-pimodan.JPG

 

 

On y retrouve les armes de la famille, annelet et moucheture d’hermine et deux P entrecroisés.

Plusieurs générations de  Pimodan furent écrivains. Il n’est donc pas étonnant qu’ils utilisent cet outil pour des éditions luxueuses. Si leurs livres semblent maintenant tombés dans l’oubli, ils ont connu un grand succès au début du siècle dernier.

Reste à trouver maintenant un livre « frappé » de cette empreinte ! Un lecteur pourra peut-être  me communiquer une photo ?

Source : Site Etude LAFFON-CASTANDET sur le net

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D'ECHENAY A CHANTILLY - 1885

26 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

jockey-club

 

 

Même un blog comme celui-ci se doit de coller à l’actualité. Alors, je vous propose de faire un petit voyage d’Echenay à Chantilly !

 

Le Prix du Jockey Club 2013 se disputera le dimanche 2 juin sur cet hippodrome. Disputé pour la première fois en 1836, le Prix du Jockey Club est une course de galop de niveau Groupe I réservée aux poulains (hongres exclus) et aux pouliches et de 3 ans. C’est l’un des événements majeurs des courses hippiques. Son allocation totale est de 1.500.000 euros. En France, c’est la course la mieux dotée après le Prix de l’Arc de Triomphe.

Napoléon a daté de Moscou, et du même jour, le décret organique du Théâtre-Français et un décret qui autorise une abbaye de bénédictines dans une petite ville de Normandie : Verneuil.

Cette activité prodigieuse et ce regard universel embrassaient tout en même temps.

Ainsi, c'est du camp de Boulogne, où l'empereur équipait une flotte et préparait son infanterie à l'invasion de l'Angleterre, qu'est daté ce décret (1805): 

ARTICLE 1'". — Il sera successivement établi des courses de chevaux dans les départements de l'empire les plus remarquables par la bonté des chevaux qu'on élève; et des prix seront accordés aux chevaux les plus vites.

 

L'ordre de Napoléon fut exécuté dès l’année suivante. Le grand prix, décerné par l'État, était alors de quatre mille francs. En 1819, Louis XVIII développa l'institution, en organisant, au Champ de Mars, des courses régulières : le premier prix royal était encore de quatre mille francs; mais, en 1821, il fut porté à six mille francs. 

Les choses, jusque-là, se passaient en famille, entre Français. Mais dans les derniers temps de la Restauration, un opulent Anglais, lord Henri Seymour, vint disputer les prix aux éleveurs français. Il gagna deux prix, en 1827; mais il fut battu, en 1828, par l’écurie du duc de Guiche, et en 1830, par les chevaux de l'élégant comte d'Orsay.

Cette intervention nouvelle de la concurrence étrangère surexcita grandement le goût des choses hippiques parmi les gentilshommes jeunes et riches de cette époque : des paris particuliers se multiplièrent, les fidèles du sport se rapprochèrent et conçurent, naturellement, l'idée de se grouper en société spéciale. 

Le Jockey-Club est donc une très vieille institution, un cénacle ou se réunit « le grand monde » ! C’est un Cercle.

 

S'il existe un fait indiscutable en un temps où tout se discute, c'est la place immense que les Cercles occupent dans la société moderne.

Être d'un Cercle, c'est, pour le Parisien, un complément obligé de son état civil; c'est, pour le provincial domicilié à Paris, un brevet de naturalisation parisienne. Selon que le Cercle est plus ou moins haut placé dans l'opinion, il sert à fixer le rang de ses membres dans la hiérarchie mondaine, mieux que le Sénat, la Chambre des députés, le Conseil d'État ou les préfectures de première classe.  

Si l'on me dit, en me montrant un monsieur en habit noir, grave et gourmé :

« Saluez ! C’est un sénateur influent de la Gauche ou du Centre gauche! », mon chapeau séditieux reste rivé sur ma tête.

Si l’on me montre un passant de fière mine et de libre allure, en veston, un stick à la main, et si l'on ajoute : « Il est du Jockey ! »,  je me sens saisi d'une émotion respectueuse.

 

C'est que, sous notre troisième République, il est plus facile à un intrigant d'obtenir le suffrage universel de dix mille imbéciles qu'à un homme médiocrement situé dans le monde de conjurer les boules noires (ndlr : voir plus loin) d'une vingtaine de gentlemen spirituels et élégants. 

Regardez, vers six heures, l'angle arrondi que forme la rue Scribe à sa rencontre avec le boulevard. Au premier étage, un long balcon de fonte ouvragée contourne l'immeuble superbe dont le rez-de-chaussée est occupé par le Grand Café. Sur la rampe, capitonnée de cuir, sont accoudés, le chapeau sur la tête, une vingtaine de curieux qui devisent, la cigarette aux lèvres, distraits par la foule variée qui grouille au-dessous d'eux, et par le va-et-vient des voitures de toute sorte qui encombrent, en cet endroit, la chaussée du boulevard. Quand le jour baisse, ils rentrent, par de larges portes fenêtres, dans les salons qui flamboient, vrais salons princiers, de dimensions et surtout d'élévation inusitées. Si nous les suivons, nous ne trouvons pas précisément un Cercle, dans le sens restreint d'une intimité quotidienne: la société est plus nombreuse ici qu'à l’Union et, par conséquent, moins étroitement liée; elle compte près de mille membres. Nous sommes donc plutôt dans une sorte de casino où l'admission, sans doute, est pesée, sévèrement discutée, mais où les rapports de chacun sont limités à ses propres amis, où l'on se coudoie sans souci du voisin, et où s'établissent des groupes distincts plutôt qu'une familiarité générale. C'est le Jockey-Club. ( ) 

On pourrait longuement s'étendre sur le délire joyeux, endiablé, qui marqua les premières années du Jockey. A Paris, au Club même, on vit un jour M. de Châteauvillard et M. Ch.Laffitte gravir l’escalier, à cheval, pénétrer dans la salle de billard, et jouer leur partie, à cheval, en présence de leurs amis qui applaudissaient cette excentricité nouvelle.

A l'époque des courses, tout le cercle se transportait, en chaises de poste, à Chantilly.Le Lion d’or et les autres auberges débordaient : les chambres particulières étaient retenues et louées fort cher. On se livrait à mille escapades durant cette semaine folle qu'occupaient deux courses et une chasse. Les habitants devaient renoncer au sommeil, car l'invasion dorée menait grand bruit tout le jour et même toute la nuit. 

Mais il serait trop réducteur de penser qu’il ne s’agissait que de riches oisifs avides de plaisir. D’ailleurs, ces frasques cessent vite. En 1885, l’auteur indique que «  notre génération n'a connu que par ouï-dire les prouesses de ce début tapageur, les excentricités folles qui ont enjolivé la naissante légende du Jockey-Club.» 

 

L’intérêt du Jockey Club, pour l’amateur d’histoire, réside plutôt dans la liste de ses membres. Il est presque impossible d’en dresser une liste exhaustive: elle ressemblerait à un armorial général de France. A l’époque où l’auteur écrit ce livre, il cite :

A la tête, M. de la Rochefoucauld, duc de Bisaccia, cinquième président du Cercle, depuis sa fondation. Il succède à lord Henri Seymour, à M. de Normandie, au prince de la Moscowa et au marquis de Biron. Le vice-président du Cercle est le marquis de Juigné qui, à la mort du marquis de Biron, a hautement décliné la présidence. Au sous-comité, M. de Maintenant, M le comte d’Eprémesnil et M. Jules Delamarre. Ils sont à la tête des multiples services que nécessite cette maison aux mille maîtres.  

 Le Jockey-Club se recrute à l'élection. Le nombre de ses membres n'est pas limité. Lors des scrutins, une boule noire annule six boules blanches.

Si vous briguez l'honneur d’y entrer, assurez-vous de bons parrains, sympathiques et répandus,ce sera chose utile assurément au succès de votre candidature. Mais l'important n'est pas d'avoir des amis, de bons amis, beaucoup d'amis: il faut surtout n'avoir point d'ennemis.

Aussi, croyez-moi, frappez à la porte, au début de la vie, avant l'âge de la notoriété, avant que vos actes et vos habitudes ne vous aient, bon gré mal gré, classé dans un parti, catégorisé dans une coterie, avant d'avoir donné prise aux attachements et aux hostilités.

D'ailleurs, à cet âge, votre jeunesse vous rendra l'échec moins sensible, s'il se produit, et moins pénibles les tentatives renouvelées. Et puis, si la forteresse se fait inexpugnable, dites-vous bien que le caprice du scrutin n'a jamais amoindri ses victimes ; que vous en trouvez, dans le fossé, de bien illustres; et que certaines exclusions ont été plus regrettables au point de vue du cercle qu'au point de vue des exclus.

Les opérations électorales ont lieu dans la longue galerie qui suit l'antichambre et conduit au billard. Elle est pleine ces jours-là, et tous attendent le résultat avec anxiété. 

C’est ainsi que fut élu le marquis de Pimodan que l’auteur place dans « l'escadron brillant de la jeunesse dorée ». Je cite :

Le marquis de Pimodan : son illustre père, le général, quitta le service de l'Autriche pour la défense du Saint-Siège, et fut tué, à Castelfidardo, en 1860; en l'apprenant, l'héroïque marquise se pencha sur les deux berceaux qui l'entouraient : « N'est-ce pas, dit-elle fièrement à ses fils, que, vous aussi, vous serez des soldats? » Le marquis et le comte de Pimodan, tous les deux créés par le Saint-Siège, ducs de Castelfidardo, ont rempli le devoir de leur grand nom. 

Ainsi se termine le voyage à Chantilly. Je doute qu’un des chevaux élevés dans les prairies d’Echenay ai jamais participé à une telle course. Du moins, un Epinceloi y était !

Source : AU CERCLE par LÉON DE LA BRIÈRE avec une préface de   A. DE PONTMARTIN –PARIS - CALMANN LEVY - 1885

 

 

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CHARLES-JEAN DE PIMODAN - 1768

28 Avril 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

 

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                                      LE MARQUIS DE PIMODAN (PAR CARMONTELLE)

« M. le marquis de Pimodan a commandé les mousquetaires noirs » (LÉDANS, 441).

 Charles-Jean de La Vallée de Rarécourt, marquis de Pimodan, né le 31 août 1730, mestre-de-camp de cavalerie en 1761, officier à la seconde compagnie des mousquetaires de la Garde, parvint au grade de brigadier le 1ermars 1780. Il épousa, le 2 mai 1762, Charlotte-Sidonie-Rose Gouffier, fille du marquis de Thois...

Tête nue de profil à gauche, tout habillé de rouge, la main gauche enfoncée dans la poche de sa culotte et la droite engagée dans son gilet, jeune encore et déjà chevalier de Saint-Louis, il semble ici d'assez méchante humeur, et se promène, d'un air résolu, sur une terrasse d'où la vue s'étend sur la campagne. Il était brave, cela va sans dire. La bravoure, d'ailleurs, est héréditaire chez les Pimodan ; le combat de Castelfidardo l'a douloureusement prouvé... Ce dessin a dû être exécuté en 1768.

Source : Gruyer, François-Anatole (1825-1909). Les portraits de Carmontelle : Chantilly / par F.-A. Gruyer,.... 1902.

 Louis Carrogis, dit Louis de Carmontelle ou Carmontelle, né à Paris le 15 aout 1717 et mort à Paris le 26 décembre 1806, est un peintre, dessinateur, graveur, auteur dramatique et architecte-paysagiste français. Grand ordonnateur des fêtes du duc d’Orléans, célèbre pour ses portraits comme pour ses petites comédies improvisées appelées Proverbes, il est connu également pour avoir inventé les transparents, précurseurs de la lanterne magique et pour avoir agencé le parc Monceau de Paris.

On connaît de lui plus de 600 portraits. Le baron Grimm, qui posa lui-même pour Carmontelle en 1769, écrit à leur propos :

 « M. de Carmontelle se fait depuis plusieurs années un recueil de portraits dessinés au crayon et lavés en couleurs de détrempe. Il a le talent de saisir singulièrement l’air, le maintien, l’esprit de la figure plus que la ressemblance des traits. Il m’arrive tous les jours de reconnaître dans le monde des gens que je n’ai jamais vus que dans ses recueils. Ces portraits de figures, toutes en pied, se font en deux heures de temps avec une facilité surprenante. Il est ainsi parvenu à avoir le portrait de toutes les femmes de Paris, de leur aveu. Ses recueils, qu’il augmente tous les jours, donnent aussi une idée de la variété des conditions ; des hommes et des femmes de tout état, de tout âge s’y trouvent pêle-mêle, depuis M. le Dauphin jusqu’au frotteur de Saint-Cloud. »

Source : Wikipédia

 

 

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MARIAGE DE CAMILLE DE PIMODAN ET CLAIRE DE FRENILLY - 1820

1 Avril 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

 

« François-Auguste Fauveau de Frénilly, naquit à Paris le 14 novembre 1768. Il appartenait à la classe de la haute finance qui, selon son expression, était au dix-huitième siècle comme une dignité de l’État et allait de pair avec la haute magistrature et la bonne noblesse de Paris. Son père était receveur général de l’apanage du comte d’Artois, du Poitou et de l’Angoumois. Sa mère, Mlle Chastelain, issue d’une famille parlementaire fort riche, avait pour oncle M. de Saint Waast, administrateur général des domaines de la couronne.

 

En mai 1800, il s’unit à une jeune veuve, Mme de Chemilly qui lui apporte en dot le grand domaine de Bourneville dans l’Oise. Il l’exploitera de 1800 à 1830.

 

D’emblée, il détesta la Révolution, non pas seulement parce qu’elle lui ôtait ses places et son patrimoine, mais parce qu’il était aristocrate d’instinct. L’aristocratie, écrit-il, était chez lui « un élément indélébile, fondu et infiltré dans la moelle de ses os »; et, du premier coup d’œil, il discerna ce qu’il y avait, comme il s’exprime encore, de rouge et de noir derrière la gaze de cette Révolution qui s’annonçait si belle. Ses cheveux se hérissent lorsqu’il aperçoit, dans le salon de sa mère, un buste de Lafayette, et, si Mme de Frénilly lui dit que la Révolution est un enfant qui commet des sottises, mais qui deviendra homme, « ma mère, répond-il, il deviendra monstre.

 

Il croyait à la durée de l’Empire, la naissance du roi de Rome lui semblait consolider la dynastie nouvelle, et, lorsque, au 20 mars 1814, il comptait anxieusement les coups de canon, le vingt-deuxième l’assommait presque : Napoléon avait un fils, et ce coup de canon tuait la race des Bourbons.


Mais Napoléon n’était-il pas le fléau de l’Europe? Ne faisait-il pas de la France - disait Frénilly ce qu’était l’Italie sous Néron et Domitien, une nation esclave au logis et maîtresse au dehors? Selon Frenilly, les vrais patriotes ne devaient aspirer qu’à la chute de Napoléon. L’invasion des coalisés était certes une calamité; mais elle venait anéantir une calamité plus grande encore : leur triomphe délivrait le pays, et qui aimait la France devait souhaiter qu’elle fût, coûte que coûte, arrachée au joug de ce Corse, de ce « parvenu étranger, et rendue à ses légitimes souverains.


Il accueillit donc le retour des Bourbons avec enthousiasme. Aux Cent-Jours, il refusa de rester en Franco et résolut de gagner Gand par l’Angleterre. Après les Cent-Jours, il se jeta dans la politique. »  

 

Source : Extrait de la préface du livre SOUVENIRS DU BARON DE FRENILLY

 

 

Puis en 1819, et c’est ce qui nous intéresse ici, il pense à marier sa fille Claire.

 

La rédaction des ses mémoires, beaucoup plus tard, nous laisse un témoignage précis de ce mariage, écrit d’une plume aiguisée et acerbe, ou il n’hésite pas à régler quelques comptes. Frénilly n’aimait pas Louis XVI, pas plus que Louis XVIII. D’ailleurs, ce dernier le sait et l’appelle parfois « Monsieur de Frénésie » pour le railler.

 

Le récit est irremplaçable pour comprendre  les usages et états d’esprit de la noblesse face au choix d’une union. Et puis, l’heureux élu est Epincellois !

 

 

« On commença cet hiver à s’occuper davantage de Claire qui touchait à ses dix-huit ans et bornait encore ses joies du monde à dessiner et à jouer du piano. Plusieurs partis nous furent offerts. Après. M. de Pradel que ma femme avait éludé au grand regret de la duchesse de Rohan vint un des quatre frères de Villeneuve-Bargemon (l’ainé, je crois), tous d’antique et illustre race provençale, tous beaux, bons et estimés (tous les quatre ont été préfets). Mais il y avait là trop peu de fortune; je n’étais pas assez riche pour que mes enfants pussent s’en passer en mariage.
Le troisième fut M. de Sinety, dont j’avais connu le père dans ma jeunesse, comme homme de condition. Il était fils unique, mieux partagé de fortune, mais sec, efflanqué, d’une santé douteuse et affublé d’un père devenu fort étrange. Nous étions peut-être trop difficiles.

J’oubliais, entre quelques autres, le fils de notre bonne et aimable voisine de Maucreux, le vicomte de Chézelles, frère de la comtesse de Lubersac. Cette union, proposée plus d’un an auparavant, était ardemment désirée par sa mère et sa sœur, et au premier coup d’œil elle nous avait beaucoup souri. La fortune était grande, le jeune homme excellent sujet et bien tourné, mais les jeunes gens ne semblèrent pas se convenir.


Enfin, la bonne d’Esquelbeeq vint nous offrir un mari qu’elle avait en vain voulu prendre pour sa nièce de Brion. (Les Brion étaient fort bons, mais la fille était une arête inquiétante, et le père, le plus lourd et le plus fatigant des hommes d’honneur.) Ce mari avait rencontré ma fille dans le monde et elle lui plaisait fort; c’était le jeune Camille de Pimodan, capitaine de cavalerie, d’une charmante figure, d’une tournure élégante, bon sujet et le meilleur fils du comte de Pimodan, maréchal de camp, jadis gentilhomme d’honneur de Monsieur, et de Mlle de Pons, dame de Madame. Cette famille, excellente par elle-même, tenait des deux côtés à ce qu’il y avait de mieux en France, Brissac, Choiseul, etc., et leur fils unique, rassemblant un jour les débris de leur émigration, devait avoir une fortune fort honnête. Tout paraissait convenir. Le comte de Pimodan vint rondement chez moi avec l’état de sa fortune, j’y répondis rondement par l’état de la mienne, et, en une demie heure, le mariage fut conclu, à la condition de laisser aux jeunes gens le temps de mieux se connaitre. La comtesse de Pimodan, petite vieille pleine d’esprit, d’un peu de malice et de quelque originalité, était fille du marquis de Pons, de son vivant cordon bleu, ambassadeur en Suède, digne représentant de cette vieille famille de Pons qu’on appelait les rois de la Guyenne . Elle idolâtrait son fils; elle était, pour lui, restée à Paris tandis que sa famille émigrait; elle avait vécu et jeûné pour lui jusqu’à faire de sa main son linge et ses habits, et ce fils, devenu homme, payait ce dévouement maternel d’une adoration qui avait préservé sa santé, sa conduite et sa fortune. Son père, brave et digne militaire d’ une des premières maisons de l’Est, fort bon et assez aimable homme, mais un peu égoïste, un peu faible, assez mobile et fort jaloux de sa liberté, avait secoué de bonne heure le joug de sa petite femme et vivait de loin en bonne intelligence avec elle. Il n’avait qu’un frère, bien autrement original que lui, et que je retrouverai par la suite. Quant à la comtesse, elle avait deux frères et une sœur:
Frédéric de Pons, très beau et bon homme qui vivait garçon dans ce qu’on appelait jadis une liaison respectable avec la comtesse Grabowska, née Béthisy, et l’amie intime de Mme d’Esquelbecq, un peu ruinée, fort galante, et dont il avait épousé à ses frais le mari et les enfants; Helye de Pons, original, rempli d’honneur, de dévotion et de vertu, plein de goût pour les arts, raisonneur systématique et tortu autant qu’un homme d’esprit peut l’être, mari par amour d’une demoiselle de Fontenu autrefois charmante, encore agréable, mère d’une petite fille unique, rousse comme Judas et sur le tout bonne personne, courtoise, mignarde et complimenteuse. J’ai gardé pour la dernière la sœur de la petite comtesse, filme du Bois de La Mothe, qui était le saint Christophe de cette naine. Elle avait épousé à treize ans le comte du Bois de La Mothe qui en avait quinze. Le mariage devait se consommer à dix sept et vingt. En attendant, le marquis de Pons emmena sa fille dans son ambassade de Suède, où l’air de Stockholm lui fut si profitable qu’elle en revint géante; tout Paris l’a vue, car elle se voyait de loin et on en montra de moins grandes à la foire. Son mari, qui avait beaucoup moins profité, fut étrangement surpris de se trouver une femme dont il atteignait à peine les épaules. II ne put pousser la politesse plus loin que de lui faire un fils; après quoi ils vécurent comme chien et chat, chose que je n’entends toutefois que de lui, car c’était le plus méchant petit homme de la Bretagne, et la pauvre femme, avec ses cinq pieds dix pouces, et ses moustaches, qui était fort belles, avait la douceur et la patience des anges. C’est de lui qu’on a dit qu’il montait sur une chaise pour la battre. Fort riche, avare et jamais émigré, il mangeait la fortune de sa femme en Bretagne et la laissait à Paris, où elle était généralement respectée pour son malheur, sa résignation et sa haute Piété: Elle avança notre mariage en s’adressant pour nous bien connaitre a Mme de Damas, qui, dans l’exaltation de son amitié, nous plaçait fort près du troisième ciel.
Enfin, les jeunes gens se convinrent de plus en plus. Claire, fort caressée par une aimable famille, entrevit un avenir riant et heureux. Son mariage fut arrêté pour les premiers jours de juillet, et, après que l’hiver se fut passé en galanteries et en préparatifs de trousseau et de corbeille, nous retournâmes dans le courant de mai à la campagne après avoir signé le contrat.
Au mois de juin, les visites abondèrent, car le bonheur a un aimant. Nous eûmes, outre Camille et son père, filmes de Damas et de Chastellux, les comtesses Charles de Damas et César de Chastellux, Tourolle, son gendre et sa fille qu’il venait de ramener de Nice mieux portante.
Le 26 juin, je quittai tout ce beau monde pour aller avec Camille faire signer notre contrat à la famille royale. Cette cérémonie eut lieu le 4 juillet. Le roi ne dit pas un mot à son ancien gentilhomme, pas un mot à moi dont il connaissait les ouvrages et les principes féroces (4). Toute son allocution royale, adressée circulairement à la cantonade, se renferma dans sa rubrique accoutumée qu’il nous jeta les yeux en l’air et de sa voix argentine et accentuée :

«  A quand la noce? » ; du duc et de la duchesse d’Angoulême, pas un mot non plus; de lui, par manque de savoir-dire, et d’elle, par manque de savoir-vivre dont elle a toujours été fort dépourvue. De Monsieur, grâces, bontés et jusqu’à des louanges. Le reste était le duc de Berry qui fut fort bien, la duchesse qui fut fort gauche; enfin, les ducs d’Orléans et de Bourbon.
Quitte de cette corvée qu’il fallait bien faire en personne, je retournai a Bourneville prendre ma femme et mes enfants; car il avait fallu céder aux instances de Mme du Bois de la Mothe dont la santé fort altérée ne permettait pas un voyage.
Le mariage se fit le 6 juillet à l’Assomption.

 

Je craignais que la famille du marié ne demandât tout au moins quelque évêque pour célébrant, mais elle se contenta avec joie de mon bon abbé Séguret, dont je tenais la bénédiction bien meilleure que celle de tous les dignitaires de l’église.
Les témoins de ma fille furent le comte Chartes de Damas et le marquis de Biencourt, mon ancien ami. Ceux de Camille furent son cousin Timoléon, duc de Brissac, bon petit homme pédant et bossu, et le baron de Glandevès (4), grand viveur et gouverneur du château des Tuileries. Comme nous voulions dîner à Boumeville, tout fut en poste : messe à 9 heures, déjeuner de noce chez moi à 9 heures et demie, départ à 11 , et arrivée à Bourneville à 6 heures avec les Pimodan.
Nous y trouvâmes tout en gala et en joie, la municipalité aux frontières, mon peuple dans l’avenue, les pétards, les banquets, des guirlandes, etc. Malgré la révolution, les paysans sont encore si contents d’avoir un seigneur qu’il faut croire que la féodalité avait son beau côte; et puis notre règne était paternel et la moitie de la génération était née sous notre empire.
Le lendemain, Emmanuel de Brissac, autre cousin de mon gendre, vint passer la journée avec nous. Il y eut illumination du château et du parc, musique, bal, foire, tonneaux défoncés, tout le pays et un temps admirable. Cela fut charmant [ ]. »

 

Source : SOUVENIRS DU BARON DE FRENILLY, Pair de France, 1768-1828

                Par Arthur CHUQUET – Librairie PLON, Paris 1909

 

 

 

Puis ci-dessous, le contrat de mariage, « corvée » dont s’est acquitté le Baron devant la famille royale :

 

Mariage de Camille Louis Charles de La ValléeRarécourt, marquis de Pimodan

et d'Alexandrine-Claire-Simplicie de Frénilly.

 

Signé par le Roi Louis XVIII et les Enfants de France.

 

Pardevant Me Jean Louis Beaudesson et son collègue, notaires royaux à Paris, soussignés,

 

Furent présents

M. Camille Louis Charles de La Vallée Rarécourt, marquis de Pimodan, chevalier

de l'ordre royal de la Légion d'Honneur, capitaine du corps royal d'Etat-major, aide-de-camp de M. le duc de Guiche, demeurant à Paris rue Neuve Saint-Augustin n° 39, Majeur, fils de M. Charles Louis Honoré de La Vallée Rarécourt, comte de Pimodan, ancien aide-de-camp du Roi, maréchal de ses camps et armées, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint Louis, et de Madame Pauline Emilie de Pons, comtesse de Pimodan, son épouse, dame du palais de la Reine, ci-après intervenants,

 

Stipulant et contractant pour lui et en son nom, du consentement des sieur et dame ses père et mère, d'une part.

 

M. le comte et Madame la comtesse de Pimodan, père et mère sus-nommés, demeurant ordinairement en leurs terre et château d'Echénay, arrondissement de Vassy, département de la Haute-Marne, et logés à Paris rue Neuve Saint-Augustin n° 39, stipulant en leur nom personnel, Madame la comtesse de Pimodan sous l'autorisation de son mari, tant à cause du consentement qu'ils donnent au sieur de Pimodan, leur fils, à l'effet des présentes, qu'en raison de la dot qu'ils lui constitueront ci-après.

M. le comte et Madame la comtesse de Pimodan, père et mère, aussi d'une part.

 

M. Auguste-François Fauveau de Frénilly, propriétaire, et Madame Alexandrine Louise Pierrette Mullon de Saint Preux, son épouse, qu'il autorise, demeurant ordinairement en leur terre et château de Bourneville, arrondissement de Senlis, département de l'Oise, logés à Paris rue du Marché d'Aguesseau n° 1er,

Stipulant et contractant en leur nom personnel, à cause de l'autorisation qu'ils donnent à Mademoiselle de Frénilly, leur fille ci-après nommée, à l'effet des présentes, et de la constitution dotale qu'ils lui feront ci-après.

M. et Madame de Frénilly, d'autre part.

 

Et Mademoiselle Alexandrine Claire Simplicie de Frénilly, demeurant avec les sieur et dame ses père et mère, Fille mineure de M. et Madame de Frénilly, stipulant et contractant pour elle et en son nom, de l'agrément et avec l'autorisation de mes sieur et dame de Frénilly,

ses père et mère.

Mademoiselle de Frénilly aussi d'autre part.

 

Lesquels, en présence et de l'agrément de très haut, très puissant et très excellent prince Sa Majesté Louis-Stanislas-Xavier, Roi de France et de Navarre, de Son Altesse Royale Monsieur, comte d'Artois, frère du Roi, de Son Altesse Royale Madame, duchesse d'Angoulême, de Monseigneur Louis-Antoine duc d'Angoulême, de Son Altesse Royale Monseigneur Charles-Ferdinand duc de Berry, et de Son Altesse Royale Madame Marie-Caroline duchesse de Berry, de Son Altesse Sérénissime Monsieur Louis Philippe d'Orléans, duc d'Orléans, de Son Altesse Madame Marie-Amélie duchesse d'Orléans, de Son Altesse Mademoiselle Eugène-Adélaïde-Louise d'Orléans, Et de Son Altesse Madame Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon, duchesse douairière d'Orléans,

 

Et en présence de leurs parents et amis ci-après nommés, savoir,

 

Du côté du futur :

Madame Marie-Félicité de Pons, épouse de M. Emmanuel-Paul-Vincent marquis Dubois de La Motte, tante;

M. Adélaïde-Rosalie-Élie-Frédéric, marquis de Pons, oncle;

M. Augustin-Marie-Paul-Pétronille-Timoléon de Cossé, duc de Brissac, pair de

France, cousin issu de germain;

M. Désiré-Emmanuel-Délie-Louis-Michel-Timoléon de Cossé, comte de Brissac,

gentilhomme d'honneur de Monseigneur le duc de Berri, cousin issu de germain,

et Madame Anne-Charlotte-Marie-Henriette de Montmorency, comtesse de Brissac, son épouse ;

Madame Anne-Françoise de Gluzel, comtesse de Cossé, cousine issue de germain;

M. le marquis de Cossé;

M. Armand-Auguste de Malestroit de Bruc, cousin issu de germain, et Madame

de Brissac, marquise de Malestroit de Bruc, son épouse;

M. Alexandre-Marie-Charles, comte de Nantouillet, lieutenant général des armées du Roi, premier écuyer de Monseigneur le duc de Berri, grand croix de l'ordre royal de Saint Louis, cousin issu de germain, et Madame Jeanne-Madeleine-Louise-Georgette Galet de Mondragon, comtesse de Nantouillet, son épouse ;

M. . . . , vicomte de Pons, et Madame .... de Fontenu,

vicomtesse de Pons, son épouse;

M. le comte de Marcieux;

 

Et du côté de la future :

 

M. Pierre-René Mullon de Saint Preux, ayeul maternel;

M. Christian René-Olivier Fauveau de Frénilly, frère;

M. Pierre-Michel Fortier, propriétaire;

M. le chevalier Alissan de Ghazet, cousin germain;

Et M. Denis-François-Domitien de Thésigny, cousin germain,

 

Ont arrêté ainsi qu'il suit les clauses et conditions civiles du mariage projeté et convenu entre M. le marquis de Pimodan fils et Mademoiselle de Frénilly, dont la célébration aura incessamment lieu, etc.

 

Fait et passé à Paris, savoir,

A l'égard de Sa Majesté Louis Dix-Huit, au château des Tuileries;

A l'égard de Son Altesse Royale le comte d'Artois, de leurs Altesses Royales Monseigneur le Duc et Madame la Duchesse d'Angoulême, aussi au château des Tuileries;

A l'égard de leurs Altesses Royales Monseigneur le Duc et Madame la Duchesse de Berry, au palais de l'Élysée-Bourbon ;

A l'égard des parties, en la demeure de M. et Madame de Frénilly, et pour les parents et amis en leurs hôtels et demeures respectifs,

l'an mil huit cent dix neuf, le trente un mai,

Et, lecture à eux faite, les comparants ont signé avec les notaires.

 

(Signé :)

LOUIS.

CHARLES PHILIPPE.

MARIE THÉRÈSE.

Louis ANTOINE.

CHARLE FSERDINAND.

MARIE CAROLINE.

LOUIS PHILIPPE D'ORLÉANS.

MARIE AMÉLIE.

EUGÈNE ADÉLAÏDE LOUISE D'ORLÉANS.

LOUISE MARIE ADÉLAÏDE DE BOURBON.

Mis DE PIMODAN .A. C. S. DEFRÉNILLY.

A. L. P. MULLODNE St PREUX. FAUVEAU DE FRÉNILLY.

etc. etc. et en fin :

TRURERT. BEAUDESSON.

(Extrait des minutes de Me Mouchent, Notaire à Paris, 57 rue du Faubourg-Montmartre.)

 

Source : Titres de la maison de Rarécourt de La Vallée de Pimodan, vérifiés en 1766, par M. de Beaujon, généalogiste des Ordres du roi, avec continuation jusqu'à nos jours par Alphonse Roserot,.... 1903.

 

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NOCE D'OR EN 1779 A ECHENAY

20 Janvier 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

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QUAND ECHENAY FETE L’ELECTION DU MARQUIS - 1892

27 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

« Très belle fête populaire, dimanche dernier, au château d'Echenay, dans la Haute-Marne,
chez le marquis de Pimodan, duc de Rarécourt, qui vient d'être élu conseiller d'arrondissement, avec plus des deux tiers des voix, contre un concurrent opportuniste.

Plus de deux mille personnes se trouvaient réunies. On a beaucoup dansé sur les pelouses,
avec l'accompagnement de la fanfare du chef-lieu de canton.

imagesCA6J0LKH.jpgVers neuf heures, on a ouvert les salons du château éclairés comme pour un bal. Tout le monde y a ( ?). La marquise de Pimodan, veuve du héros de Castelfidardo, se tenait debout dans le grand salon, ayant auprès d'elle son fils, le baron d’Huart, ancien conseiller général du canton, et M. Bizot, conseiller général actuel, vieil ami de la famille de Pimodan, et conseiller d'arrondissement depuis vingt ans, devant lequel le marquis de Pimodan n'a pas voulu, avec beaucoup de bonne grâce, passer lors des dernières élections.

La réception a duré plus de deux heures!  Le marquis de Pimodan, serrant la main à tout le monde, a trouvé pour chacun d'eux un mot aimable et affectueux. »

 

Source : journal LE GAULOIS - 25 aout 1892

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REPOS LE DIMANCHE A ECHENAY - 1898

18 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

Actuellement, nous voyons régulièrement à la télé, dans la presse, des reportages « pour ou contre » le droit d’ouverture des magasins le dimanche. Chacun a son avis et mon but n’est pas de donner le mien.

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’idée n’est pas nouvelle et à déjà fait couler beaucoup d’encre.

 

D’ailleurs, en 1898, Monsieur le Marquis de Pimodan, Conseiller Général de Haute-Marne et Maire d’Echenay avait la sienne : Il était contre.

 

Il cotisait à la très sérieuse « Ligue Populaire pour le Repos du Dimanche en France », bureau de Bar Le Duc (sa cotisation est de 5 Francs de 1898, quand la plupart des cotisants en donne 1).

 

A l’époque, le travail le Dimanche est généralisé, en France et en Europe, et certains citoyens, dont Gabriel de Pimodan, le déplorent. Il est vrai que pour lui, élevé dans la tradition chrétienne, le dimanche est le Jour du Seigneur. Mais je suis certain qu’il y a aussi derrière cela une préoccupation sociale pour ses concitoyens.

 

La Ligue Populaire pour le Repos du Dimanche milite pour l’interdiction du travail  ce jour là.

 

Voici, pour l’exemple et la bonne compréhension de leur action, quelques extraits de leurs revendications :

 

LE NOUVEL ARRÊTÉ MINISTÉRIEL ET NOTRE PÉTITION

Nos lecteurs se souviennent peut-être qu'aussitôt que notre Comité central eut connaissance de l'intention du Ministère des travaux publics de modifier les heures de fermeture des gares de petite vitesse, notre cher président, M. le sénateur Bérenger, écrivit à M. le Ministre pour lui rappeler notre pétition du 24 mai 1897, demandant que les livraisons à domicile ne se fassent plus le dimanche qui sur l’autorisation expresse de l'expéditeur  dument insérée dans sa déclaration d'expédition.

Dans cette lettre, datée du 28 juillet 1898, il était dit :
Le nouvel arrêté que vous venez de prendre a l'effet d'avancer l’heure de la fermeture des gares de petite vitesse le dimanche matin, loin de rendre inutile la proposition de la Ligue,
semble, au contraire, en doubler l'importance et l'opportunité.
Car si la durée des manutentions est abrégée le dimanche matin, il importe d'autant plus que ces manutentions soient restreintes aux colis réellement urgents, aux colis attendus, et ne s'étendent pas à des destinataires non pressés ou indifférents, dont le personnel propre serait inutilement privé de son repos hebdomadaire.

Celte lettre n'a en rien changé le cours des choses. Les termes de l'arrêté n'ont pas été modifiés, et il est entré en vigueur le dimanche 2 octobre, sans avoir été complété par
une disposition additionnelle répondant aux délibérations de la grande majorité des Chambres de commerce, comme le demandait notre lettre.

Le nouveau régime, salué quand même avec une vive satisfaction par tous les amis de la cause du dimanche, n'a encore fonctionné que trois dimanches. Comme il fallait s'y attendre, il a déjà soulevé de très nombreuses plaintes.

La plus forte émotion parait s'être produite dans la grande gare aux bestiaux de la Villette, sur le chemin de ceinture de Paris. Dans celle gare spéciale, où les trains de bestiaux continuaient d'affluer comme par le passé, il s'est naturellement produit le même effet que dans un réservoir dont on aurait bouché les issues en négligeant d'arrêter ou de détourner les affluents. Aussi y demande-t-on le rétablissement immédiat du statu quo.

Les fabricants de sucre se sont émus à leur tour et par l'organe de leur syndicat ils ont demandé au Ministre — et obtenu, a ce qu'il parait (!) — un traitement de faveur.

Les Halles centrales de Paris formulent aussi de nombreux griefs.

Mais ce qu'il y a de plus intéressant, c'est une lettre adressée au Ministre par le président de la chambre syndicale des transports. Ce syndicat expose que jamais ses employés n'ont été aussi cruellement surmenés que sous le nouveau régime, et, comme remède, il ne demande rien moins que la fermeture complète des gares de petite vitesse le dimanche.

A la bonne heure ! Notre Ligue la demande depuis 1889.

Espérons que ce vœu sera enfin exaucé, puisque le Ministère des travaux publics lui-même s'est déclaré converti à cette proposition.

 

Mais la Ligue Française s’appuie aussi sur ce qui se passe à l’étranger et s’en sert pour convaincre le maximum de gens.

 

Turin

 

En septembre eut lieu à Turin le 3e Congrès national (italien) des employés et commis du commerce et des administrations publiques et privées, avec le concours do plusieurs sous-secrétaires d'État et sénateurs. « La concession du repos du dimanche à tous les employés et commis » faisait partie de l'ordre du jour.
Le vœu adopté ressemble beaucoup à celui qu'on vient de voir voter à Saint-Quentin, savoir : autant que possible, repos du dimanche, et, dans les services publics n'admettant pas d'inter
ruption, roulement hebdomadaire. »

Lille

Parmi les congrès multiples que tiendront les catholiques du Nord et du Pas-de-Calais, du 10 au 20 novembre prochain, sous le patronage des évêques de la province de Cambrai, se trouve
un Congrès de la démocratie chrétienne qui aura pour président M. Thellier de Poncheville et pour vice-président M. l'abbé Lemire, député d’Hazebrouk.

Pour préparer ce dernier congrès, il a été envoyé aux adhérents un questionnaire où nous sommes heureux de trouver les questions suivantes :

Repos dominical

1° A-t-on fait des conférences, écrit des articles de journaux pour le repos dominical ?
2» Les confréries et sociétés l'ont-elles demandé à leurs membres?
3° L'a-t-on fait inscrire dans les travaux des compagnies? des particuliers?
4° A-t-on dans les ateliers inauguré l'arrêt des machines le samedi à midi?
5° A-t-on établi la Ligue populaire pour le repos du dimanche?

NOUVELLES DIVERSES DE L'ÉTRANGER

Hambourg. — Le directeur de la brasserie d'Eilbeck encourut une amende de 75 francs pour avoir fait travailler le lundi de Pâques 1898. En appel, il fit valoir qu'en raison de la chaleur exceptionnelle qui régnait à cette époque, le public avait été pris d'une soif si colossale (sic) que pour pouvoir satisfaire aux besoins de la consommation, force fut de faire travailler. Mais la cour d'appel se refusa à admettre un pareil cas do force majeure.
(Ilambitrgische Correspondent, C sept.)

Francfort. — Une maison de confection occupait, un dimanche, quelques ouvriers à faire des retouches aux vêtements qu'elle vendait ce jour-là aux heures do vente autorisées. La police, aux yeux d'Argus, vit dans le travail des ouvriers une violation de la loi et décréta une amende. Cette amende vient d'être confirmée successivement dans les trois instances supérieures.
(Frankfurter Zeitung, 2 sept.)

Vienne. — Nous avons annoncé que, depuis le I mai 1898, le nombre des trains de petite vitesse circulant le dimanche était réduit en Autriche. La chambre de commerce d'Olmûtz, jugeant les intérêts du commerce autrichien lésés, notamment par l'allongement réglementaire des délais de livraison et par le maintien de l'état antérieur en Hongrie, adressa au ministère des chemins de fer une délibération demandant la renonciation au repos du dimanche, à peine introduit sur les chemins de fer autrichiens.

Les journaux de Vienne et de Berlin du commencement de septembre nous apportent de très longues analyses de la très longue et soigneusement motivée réponse ministérielle. — En ce qui concerne les délais de livraison, y est-il dit, ils ont été abrégés par diverses combinaisons, de façon à maintenir à peu près l'ancien état des choses; mais, dût-il même résulter pour le commerce quelque gêne, encore faudrait-il l'accepter en raison de la haute valeur humanitaire et sociale du repos du dimanche. Cette valeur est de jour en jour plus appréciée, si bien que le gouvernement hongrois est, lui aussi, sur le point de suivre l'exemple si salutaire donné par l'Allemagne et l'Autriche.

Notons, en passant, puisque l'occasion s'en présente, que les ministères autrichiens, fidèles en cela aux traditions d'urbanité et de condescendance de la dynastie des Habsbourg, répondent
toujours aux demandes ou observations qui leur sont adressées, soit par des corporations, soit par les plus humbles citoyens.

Genève. — D'un long appel publié par la Tribune (2 sept.) nous détachons le passage suivant :

« La commission des ouvriers coiffeurs réunis de Genève vient vous prier d'être son interprète auprès de vos nombreux lecteurs qui ont bien voulu nous seconder en s'abstenant de se faire servir le dimanche après midi. Aujourd'hui encore, la commission fait un appel chaleureux à la population genevoise en la priant de mettre à l'index les cinq ou six récalcitrants qui s'entêtent à laisser leurs magasins ouverts le dimanche après midi, dans l'espoir d'attraper quelques clients du voisin qui aurait fermé.

« La commission a usé de tous les moyens pacifiques envers les récalcitrants pour les décider à suivre ce bel exemple que leur donne l'immense majorité de leurs collègues; cependant elle, ne veut commencer son boycottage qu'après une enquête sérieuse.... »

Les garçons laitiers réclament aussi leur après-midi de dimanche, et les garçons boulangers demandent à être dispensés, le dimanche, de porter le pain à domicile.

Le Journal de Genève (10 sept.) appuie ces revendications et termine son article par ces mots :

« Courage donc, travailleurs ! En refusant de vous engager pour le dimanche après midi, vous aurez de votre côté tous les hommes et toutes les femmes de cœur. C'est avec raison que le général suisse Ochsenbein a dit : « Le travail du dimanche est un lent suicide! » Et c'est un patron horloger genevois qui a prononcé cette affirmation : « Pour l'ouvrier, le repos du dimanche, c'est le droit de vivre! »

Rome — D'après L'Italie, journal français de Rome, les curés de la « Ville éternelle » continuent leur active campagne en faveur du repos du dimanche. Ils viennent d'adresser une circulaire aux hôtels, pour que ceux-ci veuillent bien remettre au lundi tous les travaux non urgents, tels que blanchissage de leur linge. Et ils ont écrit au ministre des travaux publics pour que sur les chemins de fer le dimanche ne reste pas un jour ordinaire, que les gares de petite vitesse, par exemple, soient fermées ce jour-là.

— La lega popolare per il riposo festivo, dont nous avons annoncé la fondation il y a deux ans, vient de nous adresser une communication où nous voyons avec plaisir que notre sœur cadette continue à exister et à agir. Comme nous, elle a à repousser l'accusation de cléricalisme. Si, dit-elle, le parti clérical s'occupe du repos du dimanche, c'est que c'est une question qui intéresse tout le monde. Pour se confirmer dans l'espoir que dans peu d'années le repos du dimanche sera un fait accompli à Rome, il suffit d'observer le nombre croissant des magasins fermant le dimanche. La bourgeoisie romaine y aide en s'abstenant de plus en plus d'acheter le dimanche. La Lega popolare de Rome ne compte guère que 600 sociétaires; mais, issue elle-même de la puissante société de secours mutuels, elle peut compter sur des sociétés alliées à Bologne, Milan, Mantoue, Naples, Sienne, Venise, etc, et elle espère que grâce a tous ces concours il sera possible, un jour, d'obtenir une espèce de plébiscite auquel le parlement ne pourrait refuser une nouvelle loi dominicale.

New-York. — Hamilton (Qui peut bien être ce gentleman ?) vient d'être suspendu par la League of American Wheelmen (Ligue de cyclistes) pour avoir pris part à une course le di-
manche. La fédération américaine est sur le point de prendre la même mesure envers plus de 200 autres coureurs.
(Journal des Sports, «le Paris, 20 sept.)

Washington. — Quelques fonctionnaires de la Maison Blanche (l'Elysée des États-Unis) avaient organisé pour le président Mac-Kinley une partie de plaisir en bateau sur le Potomac, afin de lui procurer 24 heures de repos et de tranquillité, loin des soucis gouvernementaux. Le départ devait avoir lieu un samedi après midi, et le retour le dimanche soir. Mais quand le président vit ce programme : « Ah ! mais non, dit-il, je ne vais pas donner l'exemple d'un voyage de plaisir fait le dimanche. » Aussi s'embarqua-t-il bien à. l'heure fixée, mais il rentra chez lui le samedi Soir avant minuit. C'est que Washington, le chef-lieu des Etats-Unis, est en pleine terre de la « Nouvelle-Angleterre. »

 

Source : Bulletin N°11 du 1 novembre 1898 de la Ligue Populaire pour le repos du Dimanche en France

 

Voici, je pense, un nouvel éclairage sur l’action de G. de Pimodan.

 

Noble de par ses origines historiques, militaire par formation, poète par gout, homme politique par conviction, il me semble avoir 100 ans d’avance sur l’actualité sociale et économique. En « homme du terroir », je le devine proche des préoccupations des gens qui l’entourent. Sans doute est-ce pour cela qu’il fut réélu pendant plusieurs décennies en Haute-Marne et à Echenay.

Actuellement, nous voyons régulièrement à la télé, dans la presse, des reportages « pour ou contre » le droit d’ouverture des magasins le dimanche. Chacun a son avis et mon but n’est pas de donner le mien.

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’idée n’est pas nouvelle et à déjà fait couler beaucoup d’encre.

 

D’ailleurs, en 1898, Monsieur le Marquis de Pimodan, Conseiller Général de Haute-Marne et Maire d’Echenay avait la sienne : Il était contre.

 

Il cotisait à la très sérieuse « Ligue Populaire pour le Repos du Dimanche en France », bureau de Bar Le Duc (sa cotisation est de 5 Francs de 1898, quand la plupart des cotisants en donne 1).

 

A l’époque, le travail le Dimanche est généralisé, en France et en Europe, et certains citoyens, dont Gabriel de Pimodan, le déplorent. Il est vrai que pour lui, élevé dans la tradition chrétienne, le dimanche est le Jour du Seigneur. Mais je suis certain qu’il y a aussi derrière cela une préoccupation sociale pour ses concitoyens.

 

La Ligue Populaire pour le Repos du Dimanche milite pour l’interdiction du travail  ce jour là.

 

Voici, pour l’exemple et la bonne compréhension de leur action, quelques extraits de leurs revendications :

 

LE NOUVEL ARRÊTÉ MINISTÉRIEL ET NOTRE PÉTITION

Nos lecteurs se souviennent peut-être qu'aussitôt que notre Comité central eut connaissance de l'intention du Ministère des travaux publics de modifier les heures de fermeture des gares de petite vitesse, notre cher président, M. le sénateur Bérenger, écrivit à M. le Ministre pour lui rappeler notre pétition du 24 mai 1897, demandant que les livraisons à domicile ne se fassent plus le dimanche qui sur l’autorisation expresse de l'expéditeur  dument insérée dans sa déclaration d'expédition.

Dans cette lettre, datée du 28 juillet 1898, il était dit :
Le nouvel arrêté que vous venez de prendre a l'effet d'avancer l’heure de la fermeture des gares de petite vitesse le dimanche matin, loin de rendre inutile la proposition de la Ligue,
semble, au contraire, en doubler l'importance et l'opportunité.
Car si la durée des manutentions est abrégée le dimanche matin, il importe d'autant plus que ces manutentions soient restreintes aux colis réellement urgents, aux colis attendus, et ne s'étendent pas à des destinataires non pressés ou indifférents, dont le personnel propre serait inutilement privé de son repos hebdomadaire.

Celte lettre n'a en rien changé le cours des choses. Les termes de l'arrêté n'ont pas été modifiés, et il est entré en vigueur le dimanche 2 octobre, sans avoir été complété par
une disposition additionnelle répondant aux délibérations de la grande majorité des Chambres de commerce, comme le demandait notre lettre.

Le nouveau régime, salué quand même avec une vive satisfaction par tous les amis de la cause du dimanche, n'a encore fonctionné que trois dimanches. Comme il fallait s'y attendre, il a déjà soulevé de très nombreuses plaintes.

La plus forte émotion parait s'être produite dans la grande gare aux bestiaux de la Villette, sur le chemin de ceinture de Paris. Dans celle gare spéciale, où les trains de bestiaux continuaient d'affluer comme par le passé, il s'est naturellement produit le même effet que dans un réservoir dont on aurait bouché les issues en négligeant d'arrêter ou de détourner les affluents. Aussi y demande-t-on le rétablissement immédiat du statu quo.

Les fabricants de sucre se sont émus à leur tour et par l'organe de leur syndicat ils ont demandé au Ministre — et obtenu, a ce qu'il parait (!) — un traitement de faveur.

Les Halles centrales de Paris formulent aussi de nombreux griefs.

Mais ce qu'il y a de plus intéressant, c'est une lettre adressée au Ministre par le président de la chambre syndicale des transports. Ce syndicat expose que jamais ses employés n'ont été aussi cruellement surmenés que sous le nouveau régime, et, comme remède, il ne demande rien moins que la fermeture complète des gares de petite vitesse le dimanche.

A la bonne heure ! Notre Ligue la demande depuis 1889.

Espérons que ce vœu sera enfin exaucé, puisque le Ministère des travaux publics lui-même s'est déclaré converti à cette proposition.

 

Mais la Ligue Française s’appuie aussi sur ce qui se passe à l’étranger et s’en sert pour convaincre le maximum de gens.

 

Turin

 

En septembre eut lieu à Turin le 3e Congrès national (italien) des employés et commis du commerce et des administrations publiques et privées, avec le concours do plusieurs sous-secrétaires d'État et sénateurs. « La concession du repos du dimanche à tous les employés et commis » faisait partie de l'ordre du jour.
Le vœu adopté ressemble beaucoup à celui qu'on vient de voir voter à Saint-Quentin, savoir : autant que possible, repos du dimanche, et, dans les services publics n'admettant pas d'inter
ruption, roulement hebdomadaire. »

Lille

Parmi les congrès multiples que tiendront les catholiques du Nord et du Pas-de-Calais, du 10 au 20 novembre prochain, sous le patronage des évêques de la province de Cambrai, se trouve
un Congrès de la démocratie chrétienne qui aura pour président M. Thellier de Poncheville et pour vice-président M. l'abbé Lemire, député d’Hazebrouk.

Pour préparer ce dernier congrès, il a été envoyé aux adhérents un questionnaire où nous sommes heureux de trouver les questions suivantes :

Repos dominical

1° A-t-on fait des conférences, écrit des articles de journaux pour le repos dominical ?
2» Les confréries et sociétés l'ont-elles demandé à leurs membres?
3° L'a-t-on fait inscrire dans les travaux des compagnies? des particuliers?
4° A-t-on dans les ateliers inauguré l'arrêt des machines le samedi à midi?
5° A-t-on établi la Ligue populaire pour le repos du dimanche?

NOUVELLES DIVERSES DE L'ÉTRANGER

Hambourg. — Le directeur de la brasserie d'Eilbeck encourut une amende de 75 francs pour avoir fait travailler le lundi de Pâques 1898. En appel, il fit valoir qu'en raison de la chaleur exceptionnelle qui régnait à cette époque, le public avait été pris d'une soif si colossale (sic) que pour pouvoir satisfaire aux besoins de la consommation, force fut de faire travailler. Mais la cour d'appel se refusa à admettre un pareil cas do force majeure.
(Ilambitrgische Correspondent, C sept.)

Francfort. — Une maison de confection occupait, un dimanche, quelques ouvriers à faire des retouches aux vêtements qu'elle vendait ce jour-là aux heures do vente autorisées. La police, aux yeux d'Argus, vit dans le travail des ouvriers une violation de la loi et décréta une amende. Cette amende vient d'être confirmée successivement dans les trois instances supérieures.
(Frankfurter Zeitung, 2 sept.)

Vienne. — Nous avons annoncé que, depuis le I mai 1898, le nombre des trains de petite vitesse circulant le dimanche était réduit en Autriche. La chambre de commerce d'Olmûtz, jugeant les intérêts du commerce autrichien lésés, notamment par l'allongement réglementaire des délais de livraison et par le maintien de l'état antérieur en Hongrie, adressa au ministère des chemins de fer une délibération demandant la renonciation au repos du dimanche, à peine introduit sur les chemins de fer autrichiens.

Les journaux de Vienne et de Berlin du commencement de septembre nous apportent de très longues analyses de la très longue et soigneusement motivée réponse ministérielle. — En ce qui concerne les délais de livraison, y est-il dit, ils ont été abrégés par diverses combinaisons, de façon à maintenir à peu près l'ancien état des choses; mais, dût-il même résulter pour le commerce quelque gêne, encore faudrait-il l'accepter en raison de la haute valeur humanitaire et sociale du repos du dimanche. Cette valeur est de jour en jour plus appréciée, si bien que le gouvernement hongrois est, lui aussi, sur le point de suivre l'exemple si salutaire donné par l'Allemagne et l'Autriche.

Notons, en passant, puisque l'occasion s'en présente, que les ministères autrichiens, fidèles en cela aux traditions d'urbanité et de condescendance de la dynastie des Habsbourg, répondent
toujours aux demandes ou observations qui leur sont adressées, soit par des corporations, soit par les plus humbles citoyens.

Genève. — D'un long appel publié par la Tribune (2 sept.) nous détachons le passage suivant :

« La commission des ouvriers coiffeurs réunis de Genève vient vous prier d'être son interprète auprès de vos nombreux lecteurs qui ont bien voulu nous seconder en s'abstenant de se faire servir le dimanche après midi. Aujourd'hui encore, la commission fait un appel chaleureux à la population genevoise en la priant de mettre à l'index les cinq ou six récalcitrants qui s'entêtent à laisser leurs magasins ouverts le dimanche après midi, dans l'espoir d'attraper quelques clients du voisin qui aurait fermé.

« La commission a usé de tous les moyens pacifiques envers les récalcitrants pour les décider à suivre ce bel exemple que leur donne l'immense majorité de leurs collègues; cependant elle, ne veut commencer son boycottage qu'après une enquête sérieuse.... »

Les garçons laitiers réclament aussi leur après-midi de dimanche, et les garçons boulangers demandent à être dispensés, le dimanche, de porter le pain à domicile.

Le Journal de Genève (10 sept.) appuie ces revendications et termine son article par ces mots :

« Courage donc, travailleurs ! En refusant de vous engager pour le dimanche après midi, vous aurez de votre côté tous les hommes et toutes les femmes de cœur. C'est avec raison que le général suisse Ochsenbein a dit : « Le travail du dimanche est un lent suicide! » Et c'est un patron horloger genevois qui a prononcé cette affirmation : « Pour l'ouvrier, le repos du dimanche, c'est le droit de vivre! »

Rome — D'après L'Italie, journal français de Rome, les curés de la « Ville éternelle » continuent leur active campagne en faveur du repos du dimanche. Ils viennent d'adresser une circulaire aux hôtels, pour que ceux-ci veuillent bien remettre au lundi tous les travaux non urgents, tels que blanchissage de leur linge. Et ils ont écrit au ministre des travaux publics pour que sur les chemins de fer le dimanche ne reste pas un jour ordinaire, que les gares de petite vitesse, par exemple, soient fermées ce jour-là.

— La lega popolare per il riposo festivo, dont nous avons annoncé la fondation il y a deux ans, vient de nous adresser une communication où nous voyons avec plaisir que notre sœur cadette continue à exister et à agir. Comme nous, elle a à repousser l'accusation de cléricalisme. Si, dit-elle, le parti clérical s'occupe du repos du dimanche, c'est que c'est une question qui intéresse tout le monde. Pour se confirmer dans l'espoir que dans peu d'années le repos du dimanche sera un fait accompli à Rome, il suffit d'observer le nombre croissant des magasins fermant le dimanche. La bourgeoisie romaine y aide en s'abstenant de plus en plus d'acheter le dimanche. La Lega popolare de Rome ne compte guère que 600 sociétaires; mais, issue elle-même de la puissante société de secours mutuels, elle peut compter sur des sociétés alliées à Bologne, Milan, Mantoue, Naples, Sienne, Venise, etc, et elle espère que grâce a tous ces concours il sera possible, un jour, d'obtenir une espèce de plébiscite auquel le parlement ne pourrait refuser une nouvelle loi dominicale.

New-York. — Hamilton (Qui peut bien être ce gentleman ?) vient d'être suspendu par la League of American Wheelmen (Ligue de cyclistes) pour avoir pris part à une course le di-
manche. La fédération américaine est sur le point de prendre la même mesure envers plus de 200 autres coureurs.
(Journal des Sports, «le Paris, 20 sept.)

Washington. — Quelques fonctionnaires de la Maison Blanche (l'Elysée des États-Unis) avaient organisé pour le président Mac-Kinley une partie de plaisir en bateau sur le Potomac, afin de lui procurer 24 heures de repos et de tranquillité, loin des soucis gouvernementaux. Le départ devait avoir lieu un samedi après midi, et le retour le dimanche soir. Mais quand le président vit ce programme : « Ah ! mais non, dit-il, je ne vais pas donner l'exemple d'un voyage de plaisir fait le dimanche. » Aussi s'embarqua-t-il bien à. l'heure fixée, mais il rentra chez lui le samedi Soir avant minuit. C'est que Washington, le chef-lieu des Etats-Unis, est en pleine terre de la « Nouvelle-Angleterre. »

 

Source : Bulletin N°11 du 1 novembre 1898 de la Ligue Populaire pour le repos du Dimanche en France

 

Voici, je pense, un nouvel éclairage sur l’action de G. de Pimodan.

 

Noble de par ses origines historiques, militaire par formation, poète par gout, homme politique par conviction, il me semble avoir 100 ans d’avance sur l’actualité sociale et économique. En « homme du terroir », je le devine proche des préoccupations des gens qui l’entourent. Sans doute est-ce pour cela qu’il fut réélu pendant plusieurs décennies en Haute-Marne et à Echenay.

 

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RECEPTION AU CHATEAU D’ECHENAY – 1896

11 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

« Très sympathique réception du 8e régiment de hussards chez le marquis de Pimodan,

duc de Rarécourt, au château d'Echénay, dans la Haute-Marne.

Le colonel Garié et tous les officiers présents, qui, revenant des manœuvres, allaient à

Verdun, ont bien voulu accepter à déjeuner et à dîner. Les troupes n'ont pas été oubliées.

Pavoisement de drapeaux français et russes auxquels se joignait le drapeau japonais qui

faisait sa première apparition dans la Haute-Marne. On sait que le frère du châtelain est

attaché militaire de France à Tokyo. »

 

 

Source : LE FIGARO – 18 septembre 1896

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