Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

Articles avec #poesies epincelloises tag

LE GARDE DU CHÂTEAU D'ECHENAY - 1898

24 Avril 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

LE GARDE DU CHÂTEAU D'ECHENAY - 1898

En 1898, Gabriel de Pimodan décide de faire ce que nous appellerions aujourd’hui la « promotion » de son recueil de poèmes intitulé « Lyres et Clairons, le coffret de perles noires ». L’ouvrage parait en 1899 à Paris chez Léon Vanier, éditeur 19 Quai Saint Michel.

A l’époque, pas d’émissions littéraires ! On imagine alors l’ouvrage adressé à divers destinataires qui auront le privilège de le lire en avant-première et, pourquoi pas, d’en faire une critique flatteuse.

Parmi les destinataires se trouve le « Spectateur Catholique », périodique tourné vers les choses religieuses et qui dispose de bureaux à Paris et à Bruxelles. Puisque la revue se qualifie elle-même de « Mensuel de Science, d’Art et de Jugement religieux », on espère sans doute (lui ou son éditeur) trouver là une résonnance favorable.

Ce dernier arrive ainsi sur le bureau de F. NONNIGER. Mais, comme l’indique son préambule, « Le Spectateur Catholique laisse à ses rédacteurs liberté de tout style, et, avec l’honneur de leur responsabilité, liberté de toute pensée, en les limites de l’orthodoxie définie ou traditionnelle. » Aie !...

Au livre est jointe la carte de visite de Gabriel de Pimodan ! Erreur fatale!!!...

F. NONNIGER, en place de critique littéraire, écrit alors :

Poésies de Pimodan : lyres et clairons, le coffret de perles noires. Illustrations de Henry Baudot. (Paris : Léon Vanier).

« J’ai lu jusqu’au bout, à défaut du livre, la carte de visite de l’auteur. Et déjà c’est assez long : « Le Marquis de Pimodan, Duc de Rarécourt, Conseiller Général de la Haute-Marne, Maire d ’Echénay. »

« Quand... les conseils généraux de département, les conseils municipaux de village, les élections, les moissons, les vendanges, les semailles, me laissent deux mois seul et libre dans cette chère masure de Saint Point.., ma vie de poète recommence pour quelques jours. Vous savez mieux que personne qu’elle n’a jamais été qu’un douzième tout au plus de ma vie réelle ... »

Vous croyez que je cite le châtelain d’Echénay, que non, c’est de Lamartine. Mais servie par une adaptation aussi traîtresse des termes, l’humilité du poète n’est pas sans être humiliante pour le versificateur.

Plutôt non : pourquoi faire du mal ? Disons - et c’est vrai - de ces Poésies de Pimodan, que parmi les poètes estimés, Mr Coppée en écrivit d’aussi mauvaises et le R.P. Delaporte point de meilleures.

Pour gouverne signalons que le volume contient une photographie du manoir d’Echénay, efficace à inculquer au docile critique le goût d’y avoir son numéro pendant la saison des chasses...

Fenêtre sur la rivière, si on peut choisir... »

Voilà, la critique est tombée, piquante à souhait ! Nonniger aurait-il une dent contre les nobles ou les politiciens ? La seule carte de visite aurait-elle suffit à déchainer cette diatribe ?... L’opinion donnée me semble faire preuve de bien peu de tolérance pour un rédacteur de magazine chrétien. Les poèmes du châtelain sont-ils si mauvais ?... Les a-t-il lu ?...

Parmi eux, un a retenu mon attention. Je ne suis pas expert en poésie mais il me plait bien !

Il s’intitule « Coupe de bois » et il est dédié « A mon garde… qui ne le lira pas »

Vous allez tomber, mes vieux hêtres,

Plus blessés que d'illustres reîtres,

Mais conservant un air vainqueur,

Comme au retour des longues guerres

Les vaillants soldats de naguères

N'ayant rien d'entier, sauf le cœur

Vous allez tomber, pauvres ormes,

Avec vos feuillages énormes

Où chantait un peuple d'oiseaux ;

Vous allez tomber, mes grands frênes,

Mes aulnelles immenses, reines

En robe verte au bord des eaux.

Et vous surtout, chênes sublimes,

Qui rêvez, orgueilleuses cimes,

Seuls forts en ce siècle alangui !

Nobles chênes, où les prêtresses,

Les Gauloises aux blondes tresses,

Auraient jadis coupé le gui.

La forêt, pleine de mystère,

Conservait l'âme de la terre,

Le dieu Pan, sous ses frondaisons,

Le chèvre-pied, force féconde,

Dont le rut emplissait le monde

Et fécondait les horizons.

O Maître adoré du poète,

Du pâle rêveur, dont la tête

S'incline sous le poids des vers ;

Dieu des rimes, des harmonies,

Qui fus chanté par les génies

Et n'es plus rien dans l'univers !

Près de toi, les Hamadryades,

Les Faunes moqueurs, les Naïades,

Dansaient à l'ombre du grand bois,

Et, faisant craquer ton suaire,

Tu retrouvais le sanctuaire

Où l'on t'adorait autrefois.

De nouveau, tu vas disparaître.

Hélas ! et moi, ton dernier prêtre,

Je livre le temple aux mortels ;

Moi qui, dans le fond de mon âme,

Seul, peut-être, gardais ta flamme

Et seul honorais tes autels !

Tu vas mourir sous la cognée,

Avec la futaie indignée

Et les nymphes de la forêt.

Et je pleure, en lisant ce livre,

D'avoir, honteux, vendu pour vivre,

Le divin Pan, qui m'inspirait !

A cette époque, le garde en question s’appelle Nicolas WITTMER et il a 50 ans. Il décédera quelques années plus tard, en 1905. Pourquoi PIMDAN affirme-t-il que Nicolas WITTMER n’a pas lu ce poème ? Le fils « d’émigrés » Alsaciens savait au moins signer et son emploi chez le marquis lui donnait sans doute accès à ce livre. Mais ne faisons pas un second procès au Marquis !

Il ne me semble pas surprenant que Gabriel de Pimodan ait écrit un poème dédié à un de ses employés. J’y vois une preuve d’attachement à ses administrés. Il avait déjà précédemment écrit un poème sur le facteur d’Echenay, Henri Rouge.

Le terroir, la campagne autour du village, les gens du pays l’inspiraient. D’ailleurs, quelle chance pour moi, qui m’autoproclame historien d’Echenay, puisqu’il me donne matière à écrire !

Et j’ajouterai le fait que si le garde en question fut le frère de mon arrière-grand-père, cela ne change rien à mon jugement !!! lol

Sources :

AD52

Digithèque de l’Université Libre de Bruxelles

Le Spectateur catholique, tome IV, Bruxelles ; Paris, Juillet 1898 – Décembre 1898 (n°19-24).

Lire la suite

UNE PENSEE DE G. DE PIMODAN

21 Avril 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

 

 Quand le poète se rebiffe !!!...

 

 Source: Anthologie des poètes français contemporains

 

ecriture pimodan

Lire la suite

A DES GENS EFFRAYES APRÈS DES ÉLECTIONS - POESIE

29 Avril 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

Ayant trouvé le propos de circonstance, ces quelques vers du Marquis de Pimodan…

 

 

Pourquoi vous troublez-vous, mes frères.

En voyant les partis contraires ?

Pourquoi ces craintes, ces courroux ?

Croyez-vous arrêter le monde ?

Sa course est folle et vagabonde !

Je le sais, mais qu'y pouvez-vous ?

 

Etes-vous la force et le nombre ?

Possédez-vous, massés dans l'ombre,

Des bataillons prêts à marcher ?

La défaite vous semble dure ;

Sachez l'accepter sans murmure.

Si vous ne pouvez l'empêcher.

 

Laissez faire ! Que vous importe,

Puisqu'on vous a mis à la porte ?

Arrivera ce qui pourra !

Quittez vite ces airs moroses ;

Vos aïeux effeuillaient des roses

Malgré l'écho du Ça ira!

 

Je ne crois pas que l'on vous tue,

Et que votre tête abattue

Roule au panier comme jadis.

Le ferait-on, c'est un passage

Qu'il faudrait accepter en sage

Avec un gai De profundis!

 

Pourtant, vendez cher votre vie !

Défendez-vous; je vous convie

A ne pas suivre vos aïeux.

Mais, comme eux, avec un sourire,

Prés de la mort, sachez écrire

Un madrigal pour deux beaux yeux.

 

Source : Le Coffret de Perles noires – Poésies de PIMODAN - Librairie Vannier – Paris 1899 

Lire la suite

PORTRAITS DE FAMILLE – Echenay - XIX SIECLE

29 Avril 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

J'ai dans ma chambre, à la campagne,

Sur les marches de la Champagne,

Deux beaux portraits aux cadres d'or.

Claude porte une large fraise,

Christophe un grand col Louis treize ;

Parfois ils semblent vivre encor.

 

Sous leurs tempes le sang circule,

Quand la lueur du crépuscule

Met une auréole à leurs fronts,

Et dans la pièce déjà sombre

Ils paraissent sortir de l'ombre :

J'entends sonner leurs éperons.

 

Christophe frise sa moustache

D'un air vainqueur, Claude rattache

L'ordre du Roy sur son pourpoint :

Tous deux saisissent leurs épées

Nobles lames de sang trempées,

Mais je ne les regarde point.

 

Je crains toujours qu'on ne me dise :

— Tout cela, c'est de la bêtise !

Cesse d'écrire, mon garçon.

Il faut être fou, sur mon âme,

Pour mettre son cœur et sa flamme

A rimailler une chanson !

 

Je répondrais bien : — Chers ancêtres,

Autrefois vous parliez en maîtres,

Et vous amusiez autrement !

Les temps changent ! Le monde roule !

Mais sachant qu'il est une boule

J'en ai fort peu d'étonnement.

 

Vous courtisiez les renommées,

Comme brigadier des armées

Du Roy, lieutenant général

Evêque, ambassadeur... que sais-je!

Si vous le permettez, j'abrège,

Moi, je suis un simple rural !

 

Mais je me tais. Chacun me semble

Si hautain, quand je le contemple,

Que je n'ose trop m'approcher ;

Et quoiqu'en rimant je les raille,

Ils resteront à ma muraille...

J'ose encor moins les décrocher !

 

Source : Le Coffret de Perles noires – Poésies de PIMODAN - Librairie Vannier – Paris 1899

Lire la suite

PREMIÈRE PERMISSION

27 Mars 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

Au sommet du coteau reverdit le vieil orme

Planté par les aïeux où le chemin se tord,

Et le jeune troupier, maigre un peu, leste et fort,

Revient joyeusement montrer son uniforme.

 

Il n'est qu'un numéro dans notre armée énorme,

Mais vienne le matin décrété par le sort,

Au clairon résonnant de Maubeuge à Belfort,

On ne connaîtra pas de soldat qui s'endorme.

 

- Et voici, tout en bas vers le pont du ruisseau,

Dans les prés, que paraît, tournant un arbrisseau,

La silhouette aimée, élégante et rustique...

 

C'est Elle, la promise!... Il sent battre son cœur,

Et, vite, descendant au grand pas gymnastique,

Croit confusément voir l'aube du jour vainqueur.

 

Source : Les Sonnets de Pimodan - Paris – Librairie Léon Vannier, Editeur, 19 Quai Saint Michel - 1898

Lire la suite

LE DÉPART

13 Mars 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

Avec un coup de vin qui doit chasser le doute,

Vers la gare s'en va lestement le conscrit,

Ayant peur d'avoir peur, mais, l'air un peu contrit,

Il s'arrête, timide au sommet de la route.

 

Le village est en bas, et le jeune homme écoute

Si quelque bruit lui vient. Non... il se croit proscrit

Vaguement; une crainte accable son esprit...

Quoi donc! Il faut pourtant marcher coûte que coûte.

 

Il le faut, la Patrie ordonne; et sur son front,

Si près des sols perdus où saigne notre affront,

Le paysan d'hier sent passer une flamme.

 

Rien ne l'arrêtera, haut-marnais ou meusien,

Ou fils des Vosges, car il porte dans son âme

Tout un siècle d'honneur obscur et plébéien.

 

Source : Les Sonnets de Pimodan

PARIS - LIBRAIRIE LÉON VANIER, ÉDITEUR

19, QUAI SAINT-MICHEL - 1898

 

Lire la suite

CONSEIL DE REVISION DANS L'EST

9 Mars 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

 

le conscrit

        Illustration: Le départ du conscrit 

 

Les temps  sont durs... L'hiver écoulé fut néfaste :

Froid, neige, brume, vent... Et les joyeusetés

D'un tel jour font défaut au plus enthousiaste,

Pensif, hélas! Déjà sous les réalités...

 

Mais voici les conscrits dans la salle assez vaste,

Dix par dix, étalant leurs maigres nudités

De pauvres villageois qu'un dur labeur dévaste

Pour arracher nos champs à leurs stérilités.

 

Partir? Rester? Plus d'un craint qu'on ne le réforme.

Partir, c'est voir la ville et porter l'uniforme,

Hasarder les succès si rêvés à vingt ans...

 

Rester, c'est secourir encore le vieux père

Dont la main s'alourdit sur la glèbe improspère…

Et les plus résolus s'avancent, hésitants.

 

Source : Les Sonnets de Pimodan

PARIS - LIBRAIRIE LÉON VANIER, ÉDITEUR

19, QUAI SAINT-MICHEL - 1898

Lire la suite

GARDE-FORESTIER - Sous titré "Un Dimanche de Novembre"

26 Février 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

 

Le forestier si svelte, avec ses hautes guêtres,

Sa tunique vert sombre et son képi léger,

Demi-chasseur, demi-fantassin fait songer

Aux élégants soldats que voyaient nos ancêtres.

 

Il est jeune, il échappe au poids lointain des maîtres,

Et dans les bois profonds il aime à se plonger,

Il est heureux... Pourtant un rêve mensonger

Le poursuit au milieu du cirque des grands hêtres.

 

Pourquoi les yeux levés vers le ciel bleu pâli,

Sent-il déjà son front se creuser d'un repli,

En suivant du regard le nuage qui passe?

 

Aujourd'hui, saint Martin, c'est la fête du bourg...

On dansera sans lui, car son âme est trop lasse

Le pauvre forestier souffre du mal d'amour...

 

LES SONNETS DE PIMODAN – Edition de 1898

 

 

PS : L’église d’Echenay est dédiée à Saint- Martin

 

Lire la suite

LA SAINTE PAUVRETÉ - G. de PIMODAN

26 Février 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

 

En suivant les conseils sacrés où se précise
Le sublime idéal que, divin, tu conçus,
Si ce n’était pas trop d’orgueil, « ô » doux Jésus,
Je voudrais devenir un saint François d’Assise.


Par les plaines, 1es monts où l’air léger vous grise,
Les bruyantes cités, iraient, jamais déçus,
Mes rêves d’or, et, dans le grand ciel, aperçus,
Des séraphins tendraient leurs ailes à la brise...

 
Et, pauvre, ayant donné jusqu’à mon dernier sou,

Je passerais, traité par les hommes de fou,
Me faisant refuser du pain le long des routes,

 
En la bonne misère où, repoussant le fiel
De l’envie, et le poids de l’argent, et les doutes...
Je gravirai, joyeux, le dur chemin du ciel.


G. DE PIMODAN.

 

Lire la suite

APRES LE "GRAND SOIR" - G. de PIMODAN

26 Février 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

 

Quand rien ne sera plus des sociétés pourries
Où nous agonisons ; quand on aura brûlé,
Depuis les parlements jusqu’aux gendarmeries,
Tout l’édifice ancien chaque jour ébranlé ;

Quand des « Princes » iront parmi les railleries,
Tendant la main, couchant sous un pont écroulé ;
Quand on verra « Crésus », employé des voiries,
Parmi les balayeurs être immatriculé ;

Quand, du lointain Oural aux flots de l’Atlantique,
Il ne restera rien, rien de l’Europe antique,
Rien des trônes, et des pouvoirs, et des autels,

Les hommes n’auront pas rapproché de leurs lèvres
La coupe du bonheur, où se calment les fièvres,
Et souffriront toujours de leurs maux immortels.

 

 

 Gabriel de PIMODAN, Les Sonnets de Pimodan.

Lire la suite
1 2 > >>