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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

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ECHENAY, CHEF-LIEU DE CANTON - 1790

6 Juillet 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et l'Administration

L’actualité du moment donne souvent des idées de recherches sur le passé.


2014… La France veut revoir son découpage régional. Certains crient au scandale, à la magouille politique, d’autres sont relativement satisfaits à quelques détails près.


Flash-back…


1789… La France gronde ! C’est le début d’une période de grands bouleversements qui toucheront tous les domaines et qui dureront plusieurs décennies. On veut tout réformer.


 

Et tout d’abord, les français veulent se réapproprier le territoire. Les provinces de l’ancien régime sont le symbole même de la mainmise de la monarchie, de la noblesse et de l’église. Les français n’en veulent plus.

 

Departements_et_provinces_de_France-ancien-regime.png

                                                     Les Provinces d'Ancien Régime

 

Dès le 30 juillet 1789, Duport dépose un projet de réorganisation administrative. Il faut dire que tout est d’une complexité extrême : les découpages administratifs, ecclésiastiques, judiciaires, fiscaux, judiciaires, militaires sont différents. Un vrai casse-tête !


Ce furent les députés de chaque province qui s’occupèrent, au nom du comité de constitution, de proposer les nouvelles divisions ; mais seuls les députés du tiers prirent vraiment à cœur les intérêts des populations et spécialement des villes qui les avaient élus.

Pour la Haute-Marne, le médecin Laloy et le procureur du roi Mougeotte de Vignes, députés du baillage de Chaumont, l’avocat Drevon et le lieutenant particulier Guyardin, députés de Langres, avec Huot de Goncourt, député de Bourmont, furent les véritables auteurs de sa formation.


Source : La formation du département de la Haute-Marne en 1790 par Henry Mettrier – Chaumont – Andriot Massonnier – 1911 –


Le 11 novembre 1789, l’assemblée constituante adopte un projet de redécoupage du territoire. On souhaite un découpage en départements dont les noms seront issus de la géographie ou de l’hydrographie. Le chef-lieu doit en être accessible à tous en une journée de cheval, bien que tout le monde n’ait pas de cheval et qu’il y eu des exceptions.


Par décrets du 22 décembre 1789, 15 janvier 1790 et 26 février 1790, le projet est adopté.

Il devient effectif le 4 mars de la même année. La Haute-Marne, telle que nous la connaissons,  est donc née ce jour-là (ou presque).

 

La lutte pour arriver à ce résultat a été rude :

Laloy surtout joua dans ces négociations un rôle prépondérant. Ses contemporains allèrent jusqu’à dire que c’est lui qui, dans une pensée de défiance contre Beugnot, député de Bar sur Aube, et pour assurer à Chaumont la possession du chef-lieu, n’hésita pas à exclure à l’ouest du nouveau département le district de Bar sur Aube et à l’amputer à l’est du petit baillage de Lamarche, tandis qu’il en reculait au nord les limites par l’adjonction de St Dizier et rendait ainsi la position de Chaumont plus centrale. La ville de Langres, placée à l’une des extrémités de cette longue bande de terre, n’avait dès lors plus d’espoir de se voir choisir comme chef-lieu de l’administration départementale.  


Source : idem précédant


 

Pour affiner encore le découpage et favoriser la proximité, on a créé dans chaque département deux autres niveaux de subdivision : le district (en vigueur de 1790 à 1795, transformé ensuite en  arrondissement en 1800) et, plus petit encore, le canton. 

 

carte-des-districts-de-haute-marne-en-1790.JPG

                                                 Carte des Districts de Haute-Marne en 1790

 

Le département de la Haute-Marne compte 6 districts : Bourbonne, Bourmont, Chaumont, Joinville, Langres et St Dizier. Et bien sûr, il faut un chef-lieu. On l’a vu, les luttes qui en découlent pour obtenir la préférence sont redoutables. Alors, pour satisfaire tout le monde, on décide que ce sera Chaumont ou Langres en alternance !..  Cette solution qui préserve les susceptibilités locales n’est évidemment ni viable ni pratique pour le citoyen et sera abandonnée dès la fin de 1790.


Intéressons-nous maintenant aux cantons. Le district de Joinville en compte neuf :


Joinville, Curel, Echenay, Poissons, Doulaincourt, Saint Urbain, Lescheres, Doulevant et Maizière.

 

District de Joinville 1790

                                              Le District de Joinville en 1790 et ses cantons


 

Echenay, chef-lieu de canton ?!...


Afin d’en comprendre la raison, il faut regarder la carte du district.

Joinville se trouve au centre du district, Curel dans la partie nord, Maizières au Nord-Ouest, Doulaincourt au Sud, St Urbain à mi-chemin entre Joinville et Doulaincourt,  Doulevant à l’Ouest et Lescheres au Sud-Ouest. Echenay couvre l’Est du district. Le maillage semble presque parfait.


Et puis, il faut se rappeler que les voies de communication ne sont pas les mêmes qu’aujourd’hui. Deux routes principales quadrillent le district dans le sens Nord Sud et Est Ouest et se croisent à Joinville.  Curel, St Urbain et Doulaincourt sont sur la première, Doulevant et Echenay sur la deuxième. Poissons se situe sur un troisième axe suivant la vallée du Rongeant au Sud Est.  Ces routes sont très fréquentées et, par ce fait, mieux entretenues.


Tout est donc fait pour faciliter les déplacements administratifs du citoyen.


Mais ce choix qui favorise un peu notre commune ne durera pas. Dès 1800, un nouveau découpage  est mis en œuvre. Les districts se transforment en arrondissements et sont redécoupés. Echenay perd sa position et se trouve rattaché à l’arrondissement de Wassy (1801), canton de Sailly. Par la suite, il y aura encore des changements mais c’est une autre histoire.


Retour vers le futur…


2014… On s’achemine donc vers un nouveau tracé de nos régions. Echenay fera-t-il partie d’une grande région Champagne-Picardie ? Les Picards ne le veulent pas et je doute que cela soit le souhait des Hauts-Marnais.

Au 1er janvier 2014, le regroupement de 3 communautés de communes Marne Rognon, Canton de Poissons (dont Echenay fait partie) et Doulevant le Château en "Communauté de communes du bassin de Joinville en Champagne" avait déjà fait grincer des dents.


Je note avec un sourire que cette nouvelle communauté de communes ressemble bigrement, d’un point de vue géographique, au district de Joinville de 1790, même si le niveau d'actions n'est pas le même !


Encore une fois, l’histoire bégaye !!!

 

Sources : Voir  également

La République Française en 84 départements - Paris - chez l’éditeur rue des Marais - 1793

splaf.free.fr

Historiques et statistiques sur les principales communes de l’arrondissement de Langres – 2éme partie – Notes et suppléments -  Langres – Sommier, Libraire  Editeur – 1836

Wikipédia

cassini.ehess.fr/

 

 

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LES PERCEPTEURS A ECHENAY

27 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et l'Administration

A la fin du XIXe siècle et au début du XXe , les Epincellois payent l’impôt comme tout le monde. Ils ont même leur percepteur (liste en fin d'article).

 

Comme l’explique Catherine Jumeau, dans son article « Vies de Percepteurs », « il fallait autrefois, compte tenu des techniques financières de l’époque, que le territoire soit enserré dans un fin maillage de 1-franc-1887.jpgcollecteurs d’impôts, proches des populations intéressées, mais qui deviennent rapidement des hommes de confiance du Gouvernement. À ce personnel nombreux, l’État-gendarme, à mesure qu’il élargissait son rôle et se transformait en un État-providence, confia des tâches de plus en plus nombreuses. Le percepteur devint alors le représentant privilégié du ministère des Finances à l’échelle du canton, le vecteur des différents  financiers directs qui unissent le citoyen à l’État en  matière de fiscalité, d’épargne, de prévoyance et de redistribution des richesses collectives.

Le percepteur est soumis tout d’abord à une obligation de résidence qui le conduit à vivre à proximité de son lieu de travail, au milieu de ses contribuables, voire à partager leurs activités et leurs loisirs. L’indifférenciation des lieux entraîne celle du temps. Sollicité à tout moment, chez lui comme dans ses déplacements extérieurs, l’homme ne fait qu’un avec la fonction. Une telle indifférenciation des lieux, des temps et des activités apparente le mode de vie des comptables du Trésor à celui des artisans, des commerçants ou des professions libérales davantage qu’à celui de la plupart des fonctionnaires. Elle a pour origine le caractère d’entreprise privée que la fonction revêtait avant la Première Guerre mondiale.

Les relations que les fonctionnaires du Trésor entretiennent avec le public sont en effet d’une nature indiscutablement fiscale. On entre à la perception pour y payer l’impôt et l’acte ; le lieu autant que les protagonistes de cette rencontre sont surchargés de symboles, véhiculant l’abîme de l’inconscient collectif, cristallisant dans une synthèse finale tous les problèmes de la fiscalité directe.
Ils décrivent parfois l’affrontement physique qui se produit parfois de part et d’autre du guichet et les petites ficelles du métier qui permettent de désamorcer la colère du contribuable. Ils mettent en évidence l’opposition entre deux discours irréductibles, celui de la révolte d’une part, celui de la rationalité juridique d’autre part, et la sympathie qui s’établit entre des hommes et des femmes que rapprochent une sociabilité locale et un mode de vie commun. Mais la révolte des contribuables apparaît à travers leurs récits comme un phénomène rare et sporadique, comme le fait d’une minorité d’entre eux, de certaines taxes, localités ou mouvements (). Ils expliquent à quel point les relations avec la majorité de leurs contribuables furent chaleureuses, affectueuses, aux antipodes des représentations collectives. Si les auteurs se réfèrent aux revendications concernant le "rôle social du percepteur", ils proposent une version bien adoucie des relations fiscales. Peu à peu, l’impôt sur le revenu est entré dans les mœurs et le travail de terrain du percepteur n’est certainement pas étranger à cette lente et progressive acceptation ».

 

Alors, on l’a compris, il leur faut de la rigueur et comme il ne faudrait pas que des liens d’amitiés trop importants se tissent entre le percepteur et ses administrés, on assiste à une valse régulière du fonctionnaire.

 

En voici quelques mouvements (certainement non exhaustifs) à Echenay:

 

En 1879, M. Delyon, d'Echenay passe à Orges (3e cl.) et M. Pasquier, ancien employé de préfecture, est nommé percepteur d'Echenay (4° cl.).

 

En 1880, M. Raffin, ancien sous-officier, est nommé percepteur d'Echenay (4« cl.),
en remplacement de M. Pasquier, qui reçoit une autre destination

 

En 1881, M. Champonnois, de Pressigny, passe à Echenay (4'cl.), en remplacement de M. Raffin, mis en disponibilité.

En 1884, Mr Champonnois, percepteur d'Echenay (Haute-Marne) est élevé sur place de la à laclasse

 

En 1886, M Champonnois, percepteur d'Echenay, classe, passe en la même qualité à la perception de Graffigny, en remplacement de M. Flammarion, appelé à la perception de Neuilly-l'Ëvèque.
M. Radel, percepteur de Savoisy (Côte-d'Or), classe, arrive en la même qualité à la perception d'Echenay, en remplacement de M. Champonnois, appelé à la perception de Graffigny.

 

En décembre 1886, Mr Radel, percepteur d’Echenay, est élevé de la classe à la

 

En 1892, Mr Ferlus, percepteur de Campagnac (Aveyron), arrive à Echenay, cl. comme remplacant de M. Radel, retraité.

 

En 1893, M. Ferlus, percepteur d'Echenay (Haute-Marne), cl., est nommé à Autignac (Hérault), et  M. Formelle, percepteur de Prez.-sous-la-Fauche, 3" cl., le remplace à Echenay.

 

En juillet 1906, M. Brunotté, percepteur d'Echenay (Haute-Marne), part à Che-
maudin (Doubs), cl.

 

Le 30 novembre 1906, M. Driout, percepteur de Biësles (Haute-Marne), appelé à Echenay et non installé, part  percepteur d'Ouanne (Yonne), 3"- cl., et remplace M. Loriri, retraité.

 

En janvier 1907, M. Mangin, percepteur de Bromont-Lamothe (Puy-de-Dome), arrive à
Echenay, cl. En 1909, il reçoit une récompense ( classe pour meilleure classe) en raison de son ancienneté.

 

Sources : Différents « Mémorial des Percepteurs et de Receveurs des communes »  - de 1879 à 1909 -

 

Comme on le voit, certains restent un an, d’autres parfois cinq. Juste le  temps d’apprécier Echenay et de faire le tour du village et de ses habitants ! Mais pas de devenir laxiste dans leur fonction. On le sait : « le temps, c’est de l’argent !!! » 

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