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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

Ce blog retrace la petite et la grande histoire d'Echenay Haute-Marne sous forme de petits articles, au fil de mes recherches et découvertes généalogiques.

FRANCOIS ANDOIR, D'ECHENAY A L'ILE MADAME - 1759 / 1794

Publié le 29 Juillet 2021 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Ceux d'Echenay...

Toujours en quête de tranches de vie épinceloises, voici aujourd’hui l’histoire de François Andoir, jeune garçon élevé par son oncle maternel le curé d’Echenay duquel il suivra la vocation en cette deuxième moitié de XVIIIeme siècle prè-révolutionnaire.
Et si François ne vécut à Echenay que dans sa prime jeunesse, son parcours mérite d’être raconté ici. Nous ne nous éloignerons, du reste, que de quelques kilomètres …

FRANCOIS ANDOIR, D'ECHENAY A L'ILE MADAME - 1759 / 1794

François Andoir était fils de Claude Andoir, originaire de Froncles, et d’Anne Voillot, d’Orquevaux. Il naquit dans cette dernière paroisse le 17 novembre 1756. Baptisé le lendemain, il eut pour parrain François Dumont d’Orquevaux, et pour marraine sa grand-mère Christine Godechal, de Froncles.

Sa mère mourut le 4 décembre 1759, à Echenay (note : vraisemblablement des suites de l’accouchement de son fils Pierre), où François Voillot, son frère, était curé laissant, en dehors de celui qui va nous occuper, deux enfants encore en bas-âge : Anne, née le 26 juillet 1755, et Pierre, né à Echenay, le 26 novembre 1759. Ce dernier devint, dans la suite, greffier en chef du grenier à sel de Joinville, et il y mourut le 8 octobre 1804. On verra plus loin quel rôle il joua près de son frère François.

Celui-ci fut élevé et fit ses études de latin chez son oncle, le curé d’Echenay. On l’y trouve, le 22 janvier 1766, parrain de Marie Louviot. Il fut ordonné prêtre à Toul le 18 septembre 1779. Le registre des insinuations de Châlons-sur-Marne nous apprend, en outre, qu’il était bachelier en théologie de la Faculté de Paris, et qu’il fut nommé sur l’abbaye de Saint-Urbain.

Les dix premières années de sa vie sacerdotale furent assez mouvementées. Il fut d’abord vicaire de Gondreville (Meurthe-et-Moselle), où il renouvela la notification de ses grades sur l’abbaye de Saint-Urbain, le 10 mars 1785. De 1787 à 1789, il remplit l’office de vicaire d’Houdelaincourt (Meuse), dont il desservait l’annexe, Baudignécourt. Mais le 25 juin 1787, un événement se produisit, à Montiers-sur-Saulx, qui fixa ses destinées.

L’évêque de Toul étant venu donner la confirmation en ce pays, l’oncle de François Andoir, M. Voillot, qui était devenu curé de cette paroisse sur la fin de 1769, résigna son bénéfice en faveur de son neveu, et se retira d’abord à Cirfontaines-en-Ornois, puis à Montiers où il mourut, à l’âge de 91 ans, le 4 novembre 1803. Le premier acte signé par M. Andoir comme curé de Montiers est un baptême daté du 30 août 1789.

En 1791, l’abbé Andoir prêta le serment constitutionnel ; mais nous ne saurions dire en quels termes il le fit, les registres de Montiers étant perdus. Il prêta également, en 1792, le serment de liberté et d’égalité. Puis, comme à cette époque, c’est-à-dire après l’expulsion des prêtres fidèles, les assermentés n’étaient pas en nombre suffisant pour desservir toutes les paroisses, M. Andoir fut chargé d’administrer Paroy ; et, le 28 février 1792, le département de la Haute-Marne fixa à 350 livres son indemnité de traitement pour la desserte de cette commune.

Le dernier acte religieux signé par Andoir sur les registres de Montiers est un enterrement en date du 23 octobre 1792. Cinq jours après, les actes religieux furent clos et enlevés par le maire, et désormais l’officier public fut chargé de la rédaction. L’abbé Andoir continua néanmoins, jusqu’au 14 décembre 1793 de tenir une espèce de registre ; mais il a soin de faire observer qu’il est à son usage personnel, et sur papier libre. Cette remarque, dans sa pensée, avait une grande importance : elle avait pour but de le garantir, en cas de besoin, de l’accusation d’avoir violé la loi du 20 septembre 1792, qui défendait à toutes personnes de s’immiscer dans la tenue des registres et dans la réception des actes. A la vérité, le registre de M. Andoir contient plus d’une lacune : mais, pour y suppléer, on a heureusement celui de M. Demandre, curé de Montiers, à partir de 1812.

A la fin de septembre 1793, M. Andoir donna sa démission de curé, ou plutôt renonça à ses fonctions, pour marquer sa désapprobation des dévalisements d’église effectués par les révolutionnaires. Il déposa une partie de ses meubles chez son oncle, l’abbé Voillot, qui alors habitait Montiers ; il envoya l’autre chez son frère, à Joinville. Après avoir séjourné quelque temps dans celle dernière ville, il revint à Montiers, et y exerça en secret ses fonctions pastorales. C’est alors que parut le fameux arrêté de François Mallarmé, député de la Meurthe à la Convention, et alors représentant du peuple dans les départements de la Meuse et de la Moselle, pour l’organisation du gouvernement révolutionnaire. Par cet arrêté, daté de Thionville le 14 germinal an II (3 avril 1794), le proconsul condamnait l’exercice du culte, ordonnait le dépouillement des églises, et frappait les ministres de la religion de la peine suivante : « Tous les ministres d’un culte, quel qu’il soit, qui n’auraient pas prêté serment, ou qui l’auraient rétracté, seront déportés et envoyés par convois dans les ports de mer les plus voisins. »

Cette proclamation eut pour résultat, l’envoi en 1794 de 121 prêtres de la Meuse sur les pontons de Rochefort. D’abord internés dans les prisons de Bar-sur-Ornain, ces malheureux furent jetés ensuite sur de mauvais chariots chargés de paille, et, en douze convois successifs, qui s’échelonnèrent du 8 avril au 20 août 1794, expédiés sur Rochefort, où ils devaient être embarqués par la Guyane. C’était un trajet de 190 lieues de poste, qu’ils devaient parcourir en seize longues étapes, à savoir : Saint-Dizier, Vitry, Chalons, Epernay, Château-Thierry, Meaux, Paris, Etampes, Orléans, Blois, Tours, Châtellerault, Poitiers, Saint-Maixent, Niort, et enfin Rochefort.

L’abbé Andoir fut donc accusé d’avoir repris ses fonctions après les avoir abdiquées, et d’avoir ainsi contrevenu à l’arrêté de Mallarmé : saisi pour ce motif et incarcéré à Bar (mai 1794), il fut condamné à la déportation le 14 prairial an II (2 juin 1794), et inscrit sur la liste du huitième convoi des prêtres meusiens, qui devait partir le même jour ou le lendemain.

Pendant ce temps, que faisait le district de Joinville ? Dès le 8 prairial an II (27 mai 1794) considérant que François Andoir avait résidé quelques jours dans cette ville chez son frère Pierre Andoir, il arrêta que les scellés seraient mis sur les effets appartenant au curé de Montiers, qu’on en dresserait l’inventaire, et que l’on constaterait s’il n’y avait pas de papiers suspects. Le même jour, les scellés furent aussi apposés sur ceux de ses meubles qui étaient déposés à Montiers, chez son oncle l’abbé Voillot. L’estimation en fut faite, le 8 avril 1794 en vue d’une vente publique : elle monta à 533 livres 11 sous. La bibliothèque comprenait 220 volumes.

Le 15 prairial an II (3 juin 1794) au matin, le commissaire-administrateur et deux officiers municipaux se rendirent à la prison des Carmes, et firent comparaître devant eux les détenus qui allaient partir, avec sommation de présenter leurs effets et papiers. On constata que M. Andoir, comme beaucoup d’autres du reste, n’avait que le simple nécessaire de route. Dès qu’il apprit sa condamnation, son frère, Pierre Andoir, se hâta d’écrire, le 4 juin, aux administrateurs du département de la Meuse, une lettre dans laquelle il les priait, au nom de toute la famille, de vouloir bien surseoir au départ de François Andoir, jusqu’à ce que le Comité de salut public ait pu être informé de sa conduite. Huit jours après, le 12 juin 1794, les administrateurs répondirent : « Nous t’informons que ton frère, François Andoir, ci-devant curé de Montiers-sur-Saulx, est parti de Bar pour Rochefort dès le 15 du courant (3 juin), et que, quand bien même, au moment de la réception de ta lettre, son départ n’eût pas été effectué, nous n’aurions pu déférer à l’invitation que tu nous as faite de différer ».

Illustration empruntée au site pretres-deportes.rabanu.eu (voir en bas de page)

Illustration empruntée au site pretres-deportes.rabanu.eu (voir en bas de page)

Pendant que son frère réclamait ainsi inutilement un sursis à sa déportation, l’abbé Andoir était conduit d'étape en étape à Rochefort. Il y arriva sur la fin de juin, et fut embarqué sur les Deux-Associés. Après ce que nous avons dit, on devine toutes les souffrances qu’il dut y endurer. Nous savons, de plus, que l’administration lui confia le soin d’ensevelir les corps de ses confrères à l’ile d’Aix. Mais, quoique jeune encore, il ne put résister à tant de privations et de labeurs : il finit par tomber malade, et mourut dans la nuit du 20 au 21 août 1794 (le 4 fructidor an II), à l’âge de 37 ans. On l’enterra dans l’île Madame.

Et maintenant, il y a lieu de se demander : dans quelles dispositions M. Andoir quitta-t-il la vie ? Avant de mourir, il rétracta les deux serments qu’il avait prêtés, c’est-à-dire non-seulement le serment constitutionnel, mais encore le serment de liberté et d’égalité, que la plupart cependant, regardaient comme licite.

A propos de rétractations ainsi formulées in extremis, l’abbé Guillou rapporte et fait sienne la remarque suivante, exprimée dès 1800 par un confesseur de la foi. « Quand j’observe, disait-il, que tel et tel a rétracté son coupable serment avant la mort, je n’entends pas dire pour cela qu’il ait attendu aux derniers moments de sa vie pour faire sa rétractation : mais seulement que, certain qu’il l’a faite, je n’ai pu m’assurer si c’était avant la déportation ou sur les vaisseaux, soit en santé, soit en maladie, soit à l’article de la mort. En tout cas, la charité doit nous faire présumer que le plus grand nombre de ces rétractations tardives ont été sincères, et que la bonté de Dieu y aura eu égard ».

C’est par ces consolantes paroles que nous voulons terminer la biographie de M. Andoir.

Sources :

Les Prêtres de la Haute-Marne déportés sous la Convention et le Directoire, notes et documents par l'abbé A. Bresson – Langres - 1913

AD52 & 55

Et pour en savoir plus sur les sinistres pontons de Rochefort, cliquez sur le lien ci-dessous. 😉

Enfin, pour approfondir et lever un peu le voile sur les curés d'Echenay d'ancien régime, cliquez ci dessous

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MEFIEZ VOUS DES CHEVAUX DE TRAIT - ECHENAY 1903 & 1929

Publié le 27 Juillet 2021 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Faits Divers à Echenay

Journal Le Petit Troyen - 14 septembre 1903

Journal Le Petit Troyen - 14 septembre 1903

Je prends toujours un certain plaisir à « habiller » les personnages plus ou moins anonymes découverts au gré d’anciens articles de presse.

Ce Monsieur Bouton Fils, Marie Eugène Herman de son prénom, naquit le 13 janvier 1883 à Aingoulaincourt (52).

Fils de Vital Bouton (° Ribeaucourt (55)) et de Julie Hortense Massonnet (° Echenay), c’est donc par sa mère qu’il était le neveu de Bernard Guilllaume qui avait épousé une autre des filles Massonnet et à qui il va donner un coup de main à Echenay.

En 1901, Herman s’engage à la mairie de Poissons (52) pour 4 ans au 39eme régiment d’artillerie basé à Toul où, de 2eme canonnier conducteur, il est promu ensuite 1er canonnier conducteur puis brigadier, ce qui lui vaut certainement le qualificatif de « sous-officier » que lui attribue « le Petit Troyen » dans cet article.

Il est donc clair que malgré l’habitude des chevaux de traction acquise au 39eme RA, un moment d’inattention aura suffi pour qu’il se fasse happer le pied assez violemment. Fort heureusement, il sera bien soigné par le Docteur Plique de Poissons et le Docteur Pertat de Joinville.

Quelques années plus tard, devenu cultivateur, il se mariera avec Marie Blanche Laurent au village voisin de Sailly (52) le 8 juin 1912 où il s’était installé.

La déclaration de guerre d’Aout 1914 le verra rappelé au même régiment et sans doute peut-on y voir la preuve qu’il n’avait gardé aucune séquelle de cet accident. Parti au front jeune marié, la guerre l’épargnera et il y gagnera même un galon puisqu’il sera promu maréchal des logis le 15 avril 1916.

Si l’on en croit un arbre de Généanet, il décédera le 18 décembre 1990 à Sailly à l’âge de 107 ans.

Journal Le Bien du peuple de Bourgogne - 21 juillet 1929

Journal Le Bien du peuple de Bourgogne - 21 juillet 1929

26 ans plus tard, c’est encore un cheval utilisé aux travaux agricoles qui sera à l’origine du drame qui frappera la famille Guillaume. Parti chercher une voiture de foin, c’est cette fois-ci le tonton Guillaume qui sera victime d’un accident bien plus lourd de conséquences…

J’ai déjà eu l’occasion par le passé de m’intéresser à cette famille d’Echenay puisque l’union Guillaume – Massonnet sera à l’origine de nombreux descendants comme l’indique l’article de presse.
Pour en savoir plus, cliquez sur les liens joints ci-dessous.

A l’heure de la mécanisation à outrance et des multiples systèmes de sécurité équipant nos appareils, ces deux faits divers nous rappellent combien l’usage des chevaux pouvait être dangereux au quotidien…

 

Sources :

Retronews

AD 52 et 88

Geneanet Rose Marie Begel

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