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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

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LES METIERS A ECHENAY - XIXe SIECLE

8 Décembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et le Progrès

cordonnier

Tous les généalogistes se sont un jour posés cette question : « Quel était le métier de mes ancêtres ? »

 

Bien sûr, les registres BMS (Baptêmes-Mariages-Sépultures) nous donnent des indications mais elles sont souvent imprécises. L'aïeul retrouvé dans les pages du registre sera donné pour vigneron telle année puis tisserand deux ans plus tard.

 

 A-t-il changé de profession ? Pas forcément.

 

La vie est rude pour nos ancêtres et, faute d’avoir un statut permettant une certaine stabilité, il faut bien vivre. Alors ils multiplient les activités pour mettre un peu de beurre dans les épinards (beurre que bien souvent, s’ils ont la chance d’avoir, ils préfèrent vendre plutôt que de consommer. L’argent est rare aussi !).

 

C’est pourquoi le vigneron est aussi tisserand le soir à la veillée, et pourquoi pas bucheron l’hiver, cordeur si il a une chènevière et sa femme, bien que sans profession ( ! ), est aussi couturière, brodeuse, couseuse, etc … durant son temps libre !

 

Il est donc très difficile de se faire une idée exacte de leurs véritables professions. Tout est bon pour gagner un peu plus et vivre mieux.

 

A partir du XIXe siècle, les choses commencent à se stabiliser mais restent encore bien aléatoires. La mise en place des recensements nous donne matière à plus de renseignements.

 

Alors, que faisaient nos ancêtres Epincelois ? C’est ce que j’ai tenté d’approcher ici pour la période du XIXe siècle.

 

Le  village a été sans nul doute centré sur l’agriculture tout au long des siècles. Les recensements nous permettent depuis 1836 d’aborder l’aspect des professions plus finement.

 

L’essentiel de l’activité d’Echenay tourne autour de l’agriculture. De 1836 à 1886, le nombre des cultivateurs varie peu, entre 15 et 20. Si beaucoup de foyers ont un jardin et quelques volailles, voire un cochon ou deux trois moutons pour les mieux lotis, il faut posséder des terres pour cultiver à grande échelle. Quelques familles, comme les Garolla tiennent le pavé. Fermiers du château ou indépendants, ils sont somme toute peu nombreux.

 

L’heure n’étant pas à la grande mécanisation, l’agriculture est consommatrice de main d’oeuvre : manouvriers et journaliers sont légions (20 à 25 personnes environ par recensement), vendant leurs bras pour les travaux des champs.

Arrivent ensuite les métiers directement liés à l’agriculture comme Charron (2 à 3 familles), Maréchal-ferrant (1 en 1836, jusqu’à 3 vers 1860, puis peut être déclin, 1 famille en 1886).

 

La traction n’étant qu’animale, il y a un bourrelier (parfois 2 dans la 2eme moitié du XIXe), grand spécialiste du cuir et de la bourre, qui confectionne et répare les harnachements.

 

Dans les bois œuvrent les scieurs de long (2 familles entre 1856 et 86), parfois un charbonnier (1851).

 

On trouve également des bergers (2 familles), l’un étant employé sur la ferme du château, l’autre certainement berger communal. En effet, le métier existe ! De nombreuses familles ont quelques  ovidés mais pas de terres où les faire paitre. Et puis, il faudrait les surveiller. Ils recrutent alors un berger qui réunit les bêtes et les emmène pâturer en troupeau. Plusieurs livres racontent la chose. Tôt le matin, le berger traverse le village et chaque propriétaire libère ses bêtes qui rejoignent librement les autres et forment le troupeau. Le soir, au retour, il retraverse le village et chaque animal rentre spontanément dans son étable pour y passer la nuit.

 

Mais il faut un peu d’ordre dans toute cette activité. Les gardes, qu’ils soient privés (1 famille au château) ou publics (1 garde champêtre) font régner la discipline.

 

Viennent ensuite les métiers du bâtiment et de services : Ce que nous appelons le bâtiment est gros pourvoyeur d’emplois.

 

Les maçons sont très présents (entre 5 et 10 dans la première moitié du XIXe puis un peu moins), le charpentier (1 à 2 foyers),  les menuisiers arrivent vers 1850 (2 familles) pour diminuer ensuite. Il suffit encore maintenant de traverser les villages pour voir le fruit de leur travail. Il faut dire que la pierre et le bois ne manquent pas !

 

En ce qui concerne les métiers de service, le château et les grosses fermes emploient bon nombre de gens.

En premier lieu, les domestiques : environ 15 personnes travaillent comme domestiques dans le village (chiffre à peu près constant au XIXe). C’est souvent le rôle des femmes mais les hommes n’y sont pas absents. Et il faut parfois même une cuisinière, surtout au château (1836- 41- 81- 86). Il est vrai que nos « seigneurs » partagent leur temps entre Paris et Echenay !  (Voir  LA VIE DE CHÂTEAU - ECHENAY - XIXème SIECLE)

 

Pour l’industrie, héritage de l’ancien régime (les nobles ne dérogeaient pas en exerçant les métiers de la mine, comme la marine d’ailleurs), on trouve le (les) maître(s) de forge(s), 2 familles, et le meunier, parfois aidé suivant les années d’un garçon meunier. On trouve même un fondeur en 1861. Ces professions disparaitront du paysage local vers 1870 avec la fermeture du fourneau, se reclassant certainement dans les grandes fonderies de la région (Joinville, etc…) où le travail métallurgique ne manque pas. Voir ( HAUT FOURNEAU A ECHENAY - 1717)

 

Echenay ayant eu sa tuilerie, on trouve donc une famille de tuiliers jusque vers 1870.

C’est tout pour « l’industrie » !

 

Dès 1846 apparait l’aubergiste (il devait bien exister avant, peut-être de façon ponctuelle) et en 1866, les premiers commerces sédentaires et ambulants naissent (mercier ambulant en 1866, épicier ambulant en 1876 puis épicière en 1886). Le progrès est en marche ! Précisons qu’Echenay a eu son teinturier tout au long du siècle (1836-1876) et son tailleur d’habit (1876). Ah les beaux costumes !...

 

Et comme on marche beaucoup à l’époque, on trouve un sabotier (1836-1866) et un cordonnier de 1856 à 1886). Le cuir semble avoir remplacé le bois !...

 

Puis, il y a tous ces emplois souvent occupés par des femmes comme la couturière, brodeuse, lingère, couseuse, etc… Sans doute des emplois complémentaires car, relativement nombreux, je doute que toutes ces femmes aient pu vivre de cette seule activité.

 

Et il y a les autres. Nous touchons là, je pense, à une forme de hiérarchisation sociale plus que de métiers. Les « propriétaires », bien que cela ne constitue pas un métier, apparaissent pourtant fréquemment (entre 5 et 10 par recensement). A l’analyse, ce sont des gens âgés de 50 à 70 ans, certainement aisés et qui doivent vivre essentiellement de leur capital. Plus âgés (après 75-80 ans), ils deviennent  «rentiers» pour l’agent du recensement qui marque peut-être ainsi une certaine forme de respect. 

 

Tous ces métiers représentent le socle de l’activité villageoise.

 

Toutefois il faut rajouter ce que nous classons aujourd’hui comme fonctionnaires, tel l’instituteur, toujours présent dans les recensements dès 1836.  Il exerce au départ souvent chez lui, parfois en activité annexe à sa profession, se bornant surtout à apprendre à lire et à écrire (l’analyse de l’état civil prouve qu’une forte majorité de la population Epinceloise sait lire et écrire dès l’ancien régime). Cela n’est pas sans parfois poser problème car certains (ce sont des exceptions) laissent les enfants pour aller à l’auberge ou se font remplacer par un élève plus âgé qui maitrise déjà un peu (c’est arrivé à Echenay : « Il se fait remplacer par un de ses enfants » - 1848 – Source : Edition Horlieu – Les révoltes logiques N° 3 ) !...

 

Le percepteur, hélas, pointe son nez en 1851, le facteur vers 1880 accompagné de son receveur des Postes (même année). (voir  LES PERCEPTEURS A ECHENAY et  LE FACTEUR RURAL A ECHENAY - XIX SIECLE)

 

Pour le salut de l’âme et de l’esprit, on ne saurait oublier le curé, toujours présent, (voir les bonnes sœurs qui arrivent vers 1855 et qui se chargent aussi de l’éducation (2 sœurs, pour l’école des filles et  l’aide aux indigents ! On voit que les enfants ne sont pas oubliés) ou encore le desservant (1846). (voir LES SOEURS DE LA PROVIDENCE A ECHENAY - XIXe SIECLE)

 

La fin de siècle verra arriver de nouvelles professions au village. Le médecin et la sage-femme débarquent  en 1886, ainsi que le chef de district (voirie ?) et le géomètre, le mouleur en 1881 (industrie de fonte dans la région), … Il y aura même un « entrepreneur » (1881) dont j’ignore l’activité réelle. Parlait-on à l’époque de désertification des campagnes ?...

 

Voilà pour cette brève photographie des métiers d’Echenay. Je n’ai pas prétention à avoir détaillé précisément  toutes les professions. Je n’ai rien dit du farinier (chez un agriculteur), du bouvier, du mégissier, etc… qui n’apparaissent que sporadiquement. Toutefois, l’essentiel est là.

 

Ce village d’Echenay qui semble aujourd’hui endormi a vécu.

Bien vécu même !!!

 

 

Sources : Recensements – AD52

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DE LA RONDEUR DE LA TERRE – 1760

9 Juin 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et le Progrès

Dans le recueil « Les Sonnets de Pimodan » paru chez Léon VANIER, Éditeur,  19, Quai Saint-Michel à PARIS en 1898, Gabriel de Pimodan consacre son premier chapitre à l’astronomie sous le titre « Les mondes infinis ». Pas moins de 22 poèmes !...

 

Certes, les étoiles, les nébuleuses et les soleils flamboyants des galaxies lointaines ont toujours nourri les poètes et notre Epincelloi n’échappe pas à cette source d’inspiration.

 

Mais il me plait d’imaginer qu’il y a peut-être d’autres raisons : des souvenirs de discussions familiales par exemple, dans une famille ou la mémoire des aïeux joue un grand rôle ?

 

En effet, certains ancêtres du poète, proches de  « l’Académie Royale » se sont intéressés à l’astronomie en tant que science et il est possible que cela ait renforcé son inspiration.

 

Je vais tenter d’expliquer clairement cette supposition :

 

 « L'Académie des sciences doit son origine à la fois aux cercles de savants qui dès le début du xviie siècle se réunissent autour d'un mécène ou d'une personnalité érudite, et aux sociétés scientifiques permanentes qui se constituent à la même époque, telles l'Accademia dei Lincei à Rome (1603), la Royal Society à Londres (1645)…

 

En 1666, Colbert crée une Académie qui se consacre au développement des sciences et conseille le pouvoir en ce domaine. Il choisit des savants, mathématiciens (astronomes, mathématiciens et physiciens) et des physiciens (anatomistes, botanistes, zoologistes et chimistes) qui tiennent leur première séance le 22 décembre 1666 dans la bibliothèque du Roi, à Paris. Pendant ses trente premières années, l'Académie fonctionne sans statuts. »

L'Académie royale des sciences siège au Louvre ».

 

Intervient alors dans ce récit « Jean-Paul Grandjean de Fouchy, né le 10 mars 1707 à Paris et mort le 15 avril 1788 dans la même ville, [qui] est un astronome et auditeur à la Chambre des comptes. Le 31 août 1743, il est élu secrétaire perpétuel de l’Académie royale des sciences. Il remplit cette fonction pendant une trentaine d’années. Il prononce 64 « éloges », dont celle de Louis Godin.

 

Source : Wikipédia

 

En effet, on retrouve l’éloge dans le tome 1er de  l’« Histoire de l’Académie Royale »  pour l’année 1760 et Grandjean de Fouchy, proche de Godin, nous narre la vie de ce dernier.

 

Qui est ce M. Godin qui nous amènera aux Pimodan ?

 

Wikipédia nous le présente :

 

Louis Godin, né à Paris le 28 février 1704 et mort le 11 septembre 1760 à Cadix, est un astronome français. Il est membre de l'Académie des sciences au titre d'adjoint géomètre le 24 août 1725, adjoint astronome le 11 août 1727, associé astronome le 4 juillet 1730, pensionnaire astronome le 24 août 1733. Louis Godin est devenu membre de la Royal Society le 27 mars 1735. Démissionnaire par suite de son établissement à Lima (Pérou), il est remplacé le 25 décembre 1745 par Cassini de Thury, puis réintégré à l'Académie sous le titre de pensionnaire vétéran le 15 juin 1756.

Il est envoyé par Louis XV au Pérou en 1736 avec Charles Marie de La Condamine, Pierre Bouguer et Joseph de Jussieu pour conduire une mission scientifique afin de déterminer si, comme l'avait supposé Newton, la terre est renflée à l’équateur et aplatie aux pôles.

Il séjourne plusieurs années en Amérique du Sud, notamment à Lima où il est témoin du tremblement de terre de 1746. Il participe peu aux mesures et dilapide son argent. En 1744, ruiné, il se fait professeur et journaliste à l’université de Lima pour payer son retour. En Europe, tombé en disgrâce, il devient directeur de l'École de marine de Cadix. Il fait également un voyage au Portugal et assiste au tremblement de terre de Lisbonne en 1755.

 

Voici quelques extraits de cet éloge:

 

Louis Godin, Colonel d'Infanterie au service de Sa Majoré Catholique, Directeur de l'Académie des Gardes-Marine d'Espagne, des Académies Royales des Sciences de France, d'Angleterre, de Prusse & de Suède, naquit à Paris le 28 Février 1704, de François Godin, Avocat en Parlement & d'Élisabeth Charron.

Il fit ses études au Collège de Beauvais, & les fit avec le succès le plus brillant; une imagination vive & fleurie, jointe à une extrême justesse d'esprit & à une heureuse mémoire rendoient presqu'inutile à son égard cette multitude de règles qui fatiguent souvent plus l'esprit des Commençans qu'elles ne l’éclairent. [  ]

 

Le cours des humanités de M. Godin étant fini, la philosophie lui ouvrit une nouvelle carrière, en lui présentant une idée de toutes les sciences humaines […]

Bientôt l’astronomie eut attiré ses regards et fixé le choix du jeune philosophe et malgré les remontrances de son père, il sacrifia toutes ses autres occupations à cette étude favorite à laquelle il se livra entièrement & sans réserve [ ].

 

Dès que M. Godin fut entré à l’académie, on espéra de trouver une ressource dans ses talens, & on osa malgré sa jeunesse, le charger  [ ] de rassembler les ouvrages & les observations des différens académiciens & de les faire imprimer en un seul corps [ ].

Ce travail, qui occupa M. Godin pendant plusieurs années suffisoit sans doute pour occuper un homme tout entier ; il n’avoit cependant pas abandonné le ciel ni l’astronomie, & les Mémoires qu’il donna pendant toute la durée de cette édition en fournissent la preuve la plus compléte. [ ]

 

Nous voici insensiblement arrivés à l'endroit le plus intéressant de la vie de M. Godin : nous ne répéterons point ici ce que nous avons dit dans les Éloges de M. Cassini, Bouguer & de Maupertuis de la dispute qui s'éleva sur la détermination de la figure de la Terre. Cette question intéressait trop les Astronomes de l'Académie pour que M. Godin y pût être indifférent: il avoit donné dès l'année 1733 un moyen de décrire & de mesurer sur le terrain une parallèle à l'Equateur, & il y avoit  joint des réflexions sur la proportion de ces cercles dans les différentes figures qu'on pouvoit supposer au globe terrestre.

Il résultait de ces réflexions, que la nature de la courbe que suit chaque méridien étant inconnue, il étoit très difficile de la déterminer par la mesure de quelques degrés, à moins qu’on ne choisit ceux qui pourroient donner les plus grandes différences ; & que l’un de ces termes devant être certainement le degré le plus voisin de l’équateur, il étoit d’autant plus utile d’en entreprendre la mesure, que les circonstances locales permettroient peut être de déterminer immédiatement celui de l’équateur.

 

Nous demeurions alors ensemble, tous deux unis des liens de l’amitié, tous deux Académiciens, tous deux occupés des mêmes objets, il étoit assez naturel que nous nous fissions part réciproquement de nos idées : un de nos amis*, logé dans le même endroit, se plaisoit à prendre part à nos entretiens [  ].

 

L’astérisque, présente dans le texte, renvoie aux informations suivantes :

 

M. le Chevalier de Pimodan, frère de M. le Comte d’Echenay, grand Bailly & Lieutenant général pour le Roi, des villes & pays de Toul, oncle de M. le Marquis de Pimodan, aujourd’hui Cornette de la seconde Compagnie des Mousquetaires du Roi, & de M. de Pimodan, Chevalier de Malte, Officier au Régiment des Gardes-Françoises.

 

Source : Histoire de l’Académie Royale des sciences - 1760 –  Edité à Paris chez Panckoucke, Hôtel de Thou, rue  des Poitevins en 1777

 

Finalement, le souvenirs des ces discussions d'érudits au Louvre a-t-il traversé les années au fil de récits familiaux, transmis de père en fils?

Peut-être mais je ne le pense pas réellement. Gabriel de Pimodan trouvait seul son inspiration.

 

Cette évoquation ne m'a servi que de prétexte pour montrer qu'Echenay, petit village Champenois, pouvait s'enorgueillir de ses personnalités savantes qui, décidemment, étaient souvent bien proches des domaines novateurs de leur temps!

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DES TAUREAUX SUISSES - ECHENAY 1840

8 Juin 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et le Progrès

DE L'AMÉLIORATION DE L'AGRICULTURE EN CE QUI CONCERNE LES BÊTES A CORNES.

Par M. le comte D'ESCLAIBES


Le touriste qui arpente aujourd’hui la campagne environnante d’Echenay découvre plus de champs cultivés que de parc à bêtes.  Il est vrai que le remembrement est passé par là, la crise de la vache folle aussi, et que les terres de la commune semblent plus propices à la culture qu’à l’élevage. Il reste bien quelques bêtes à corne de ci de là et il y a même eu à Echenay, il y a de ça quelques années, un élevage de bisons qui faisait le plaisir des promeneurs dominicaux.


Mais les agriculteurs de maintenant ont, pour la plupart, choisi la culture.


Dès le début du XIXe, nombreux ont été les propriétaires-éleveurs à faire des efforts importants pour améliorer l’élevage, progressant dans tous les domaines : alimentation, soins et sélection de la race.


En 1840, le comte d’Esclaibes (qui a déjà fait l’objet d’un article sur ce blog) livre son point de vue sur ce dernier point et cet avis nous intéressera au premier chef puisque la démonstration s’appuie sur une tentative du Marquis de Pimodan.


Le département de la Haute-Marne est l'un des plus retardés sous le rapport des perfectionnements agronomiques; il en est peu qui aient plus besoin que lui de recevoir l'impulsion agricole que l'on remarque si généralement en France depuis un certain nombre d'années. ( )

Une des principales dépenses qui ont été faites depuis quelque temps pour l'agriculture du département est relative à l'amélioration de la race bovine, pour laquelle on achète chaque année des taureaux suisses.


Celte dépense, à mon avis, ne produira pas les bons résultats qu'on en attend : car il est bien reconnu par les auteurs praticiens qui ont traité ce sujet  soit en France, soit en Angleterre, qu'il ne peut rien résulter d'avantageux de ce mode d'amélioration, et que les races du pays, bien choisies pour le but qu'on se propose, s'amélioreront plus sûrement et avec moins de dépenses par une abondante et bonne nourriture que par l'introduction de types étrangers dont les mâles producteurs seraient plus grands que les femelles, comme cela a lieu pour les taureaux suisses et les vaches de notre département.


S'il faut des exemples à l'appui de notre opinion, on peut en citer plusieurs pris dans le département et ailleurs; Il y a environ cinquante ans, M. de Pimodan fit venir à Echenay des taureaux et des vaches suisses de la plus grande beauté, qui firent l'admiration de tous les cultivateurs qui les virent. Ces magnifiques animaux furent traités avec luxe sous le rapport des soins et de la nourriture, et les taureaux furent donnés gratis aux vaches des habitans d'Echenay et des villages des environs, dans le but d'améliorer l'espèce du pays. Ces taureaux produisirent des veaux énormes ; mais on ne fut pas longtemps à reconnaître que les nouveaux élèves étaient beaucoup plus délicats et d'un entretien plus coûteux que ceux de la race pure du pays : ils ne pouvaient comme eux se nourrir sur les maigres pâturages des jachères, et il leur fallait un surcroît de nourriture qu'on n'avait pas toujours le moyen de leur donner.


Les vaches mêmes de M. de Pimodan, malgré la dépense journalière que l'on faisait pour elles, finirent par avoir si peu de lait, qu'on reconnut bientôt qu'elles ne présentaient aucun avantage. D'ailleurs il en périt plusieurs; on en engraissa pour la boucherie; enfin elles disparurent toutes en peu d'années, et ne laissèrent, non plus que les taureaux, aucune trace d'amélioration durable dans le bétail du pays.


Une erreur généralement répandue en France parmi les cultivateurs et parmi les personnes qui s'occupent de l'amélioration des bêtes à cornes, c'est de n'accorder de beauté à ces animaux qu'en proportion de leur grosseur.


Ainsi, lorsqu'une vache est très-grosse, on est à peu près certain d'entendre dire qu'elle est très-belle. Cette erreur est grave, parce qu'elle peut conduire ceux qui la partagent, et qui veulent spéculer sur l'éducation de ces animaux, à de fâcheux résultats.

Il faut d'abord admettre qu'en agriculture il n'y a de beaux animaux que ceux qui donnent le profit net le plus considérable, quelles que soient leur destination et leur forme.

Ainsi, de deux vaches destinées à la boucherie, si l'une pèse 600 livres de viande, tandis que l'autre n'en pèse que 350, en conclura-t-on qu'il a été plus profitable d'élever la première? On aurait grand tort, avant de connaître ce que l'une et l'autre ont coûté pour être amenées au poids qu'elles ont actuellement. En effet, si la plus grosse a dépensé le double de la petite, celle-ci aurait sur l'autre un avantage de 50 livres de viande, et aurait dû lui être préférée.


Je ne veux pas en conclure que les grosses vaches sont moins profitables que les petites; mais je veux faire sentir qu'en général les cultivateurs sont trop disposés à accorder, sans examen, aux gros animaux l'avantage sur les petits.


C'est par suite de cette disposition des esprits qu'on recherche les plus gros taureaux, afin d'augmenter la taille des veaux, croyant par-là améliorer la race, tandis qu'il est reconnu par les éleveurs les plus célèbres que chez les animaux, le mâle doit toujours être plus petit que la femelle pour produire des élèves de bonne nature, bien constitués, et donnant le profit le plus considérable. Un veau ou un poulain provenant d'un mâle beaucoup plus gros que sa mère, sera, en général, haut sur jambes; il aura le corps étroit, la poitrine serrée, une grosse tête, de gros os, les muscles faibles : ce sera, en un mot, une mauvaise bête, que les connaisseurs ne choisiront jamais.( )


En cette époque de grands progrès agricoles, une telle position ne pouvait qu’appeler des réponses à ces assertions. Un certain Mr Donniol relancera le débat :


M. le comte d’Esclaibes, en terminant ses réflexions critiques sur le croisement des vaches françaises avec des taureaux suisses, a prévu qu’il trouverait des contradicteurs ; ils seront, je pense,  encore plus nombreux qu’il ne le soupçonne. [  ]


Pour lui, l’élément principal de l’échec est la nourriture en jachères. La solution qu’il préconise est les prairies artificielles.


C’est donc à combattre ce mauvais système d’agriculture qu’il faut employer d’abord tous ses efforts et toute son influence. C’est à donner l’exemple de la formation des prairies artificielles que l’homme, qui veut faire progresser son pays, doit d’abord s’attacher. [  ]

S’il faut s’en rapporter au classement géologique du sol de la Haute-Marne, celui-ci est calcaire. Il a donc beaucoup d’analogie avec ceux de l’Aube et de la Côte d’Or. En ce cas, on ne saurait trop conseiller aux propriétaires de Haute-Marne la culture du sainfoin, dont on tire de si grands avantages dans d’autres parties de la Champagne, dans la Bourgogne et dans beaucoup d’autres lieux. Au surplus, comme il n’est pas de propagation de l’espece suisse ; on disait, comme M. le comte d’Esclaibes, qu’elle consommait trop et ne pouvait pas vivre dans les pâturages. Cette prétendue non-réussite n’a pas empêché plusieurs propriétaires du Puy de Dôme de s’en procurer, et ils n’ont eu qu’a se féliciter des bons résultats qu’ils ont obtenus. Je citerai, entre autres, M. Guerrier de Romagnac, à Besance, et M. Soalhat, à Saint Genest Champanelle, près Clermont-Ferrand.


Ce dernier, voulant d’abord s’assurer s’il était vrai que cette belle race, si avantageuse pour la boucherie, était d’une nutrition si couteuse qu’on le disait, a intercalé dans son étable autant de vaches, espèce moyenne d’Auvergne qu’il y en avait de la Suisse. Elles ont été soumises au même régime ; elles ont mangé ensemble. Une expérience de plusieurs années lui a prouvé que les suisses se portaient aussi bien que les autres, et ne fournissaient pas une moindre quantité de lait. [   ]


L’arrondissement de Brioude (Haute-Loire), où est situé mon domaine, est une contrée où le sol est très divisé ; il y a ainsi un assez grand nombre de petites fermes et de petits propriétaires, dont la plupart ont deux, trois, quatre vaches de moyenne force employées à la culture de la terre. Après avoir adopté la formation des prairies artificielles, les habitans de cette localité ont essayé de mes taureaux suisses. Ils n’ont pas été long-tems à reconnaitre qu’il y avait profit à ces croisemens : ils vendaient auparavant leurs veaux 24 à 26 fr ; ils les vendent aujourd’hui 36 à 40, sans être forcés d’augmenter l’alimentation des mères.  [   ]


Je ne saurais terminer cet article sans adresser aussi à M. Yvart, directeur de l’école d’Alfort, les félicitations les plus empressées pour avoir amené en France la belle race anglaise, bien supérieure encore par son volume charnu à l’espèce suisse. [   ]

 

Tout ceci ne peut laisser M. d’Esclaibes indifférent : il répond.


Que M. Doniol ait l’obligeance de relire mon article, il verra que je parle des maigres pâturages d’il y a cinquante ans, et si, à cette époque, M. de Pimodan, que j’ai cité, n’avait pas à Echenay de prairies artificielles, il y avait des prairies naturelles en abondance et de la meilleure qualité. [   ]

Depuis cette époque, les essais infructueux dans le même genre ont-ils été tentés sans prairies artificielles, sans légumes, en un mot sans une nourriture choisie et abondante donnée à l’espèce suisse ?

Non, assurément, car il ne se trouve pas parmi les riches cultivateurs de la Haute-Marne des hommes si peu au courant de la science agricole, et ce ne sont pas de pauvres laboureurs qui font venir à leurs frais des animaux suisses.


Ce n’est que depuis six ans seulement que M. Donniol entretient l’espèce suisse : cela laisse la possibilité de croire qu’il reviendra plus tard à partager mon opinion actuelle ; car pendant plus long-tems j’ai cru mes animaux suisses profitables.

Malgré ma profonde convictions sur les désavantages de l’espèce suisse dans notre pays, j’ai voulu consulter un homme dont l’opinion, en fait d’économie rurale, est une autorité en Europe, j’ai écrit à M. de Dombasle. [   ]


Ce personnalité rejoint les arguments de M. d’Esclaibes, à savoir:  Pas d’avantage en matière de production laitière, grosse exigence de la race suisse en qualité et quantité de fourrage. Lui aussi a abandonné la race suisse et s’attache maintenant à faire progresser la race indigène. Si elle est bien nourrie, elle progresse de façon « à peine croyable » et devient supérieure « à tout ce qu’on peut espérer des vaches suisses ».

 

Alors, qui des deux protagonistes a raison ?


L’effervescence intellectuelle en matière de progrès agricoles de ces hommes marque le début d’une évolution qui ne s’est jamais arrêtée depuis. Les avancées ont été phénoménales, avec parfois des erreurs ou des catastrophes comme par exemple les farines alimentaires pour animaux ou les plantes OGM.


Deux siècles plus tard, les mêmes questions sont toujours d’actualité : Faire les meilleurs choix pour l’avenir !


Néanmoins, les Epincellois, en la personne de Pimodan, avaient bien compris les enjeux à venir.


 

Source : Le Moniteur de la propriété et de l’agriculture – 31 janvier 1840

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TOURISME A ECHENAY -1904 -

10 Février 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et le Progrès

touring club

 

En Aout 1904, Gabriel de Pimodan demande son affiliation au Touring Club de France.

 

Source :  REVUE MENSUELLE DU TOURING CLUB DE FRANCE  – 15 SEPTEMBRE 1904

 

C’est une association récente, créée le 26 janvier 1890 dont le but est « le développement du tourisme sous toutes ses formes, à la fois par les facilités qu’elle donne à ses adhérents et par la conservation de tout ce qui constitue l’intérêt pittoresque ou artistique des voyages ». Elle trouve son origine dans un modèle anglais d’association, au moment où le vélocipède connaît un succès prodigieux outre-manche et sur le continent.

 

Doit-on en déduire que Gabriel de Pimodan s’intéresse à la bicyclette ? Je ne le pense pas vraiment.

 

Sans doute est-il plus motivé par ses prochains voyages. A cette époque, le tourisme n’est accessible qu’aux gens aisés. Les congés payés n’existent pas encore, le parc automobile est quasi inexistant (néanmoins,  il est tout à fait possible qu’il en possède une, mais plutôt à Paris), le réseau routier, déplorable (en 1913, 1000 kms de route seulement sont goudronnées en France). Si le voyage en train reste une relative aventure, il reste le plus confortable et le plus sûr !

 

Le Touring Club de France sera un acteur incontournable du développement routier et touristique durant tout le XXème siècle. On lui doit les premiers guides touristiques, les premières pistes cyclables, mais surtout les premiers panneaux de signalisation routière dès 1914. En s’affiliant au Touring Club de France, Gabriel de Pimodan participe un peu à cette évolution.

 

C’est en ce sens que je classe cet article dans la rubrique « Echenay et le progrès ».

 

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LE FACTEUR RURAL A ECHENAY - XIX SIECLE

1 Septembre 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et le Progrès

facteur rural

 

 

 

La poste est un service public auquel on ne prête plus guère attention. Internet, téléphone, etc. remplacent bien souvent la traditionnelle missive et il faut une interruption de la distribution du courrier pour que l’on se rende compte de son importance.

 

Pourtant, la Poste a été longtemps le lien unique et essentiel entre les hommes éloignés. Son efficacité s’est accrue aux cours des siècles pour en arriver à ce que nous connaissons aujourd’hui. 

 

En 1754, en un temps où tout le monde ne sait pas écrire, Edme-Gilles Guyot, (1706-1786) estime nécessaire d’écrire un Dictionnaire des Postes et de préciser quelques règles de base.

 

La personne qui veut écrire à un correspondant Epincelois doit prendre certaines précautions pour s’assurer que son message arrive à bon port.

 

Il doit indiquer :

 

Le nom exact de son correspondant,

 

(et donner des précisions en cas d’homonymie)

 

Echenay

 

Province de Champagne

 

Chaumont en Bassigny.

 

Mais, laissons-lui la parole. On découvrira, outre certaines précisions connues de tous aujourd’hui, que certains services étaient déjà offerts, comme la poste restante, l’envoi d’objets de valeur ou les transferts d’argent.

 

Les Postes dont on attribue le plus communément l'Invention aux Perses, d'où elles ont passé chez les Romains, n'ont point été portées par ces peuples au degré de perfection où elles sont aujourd'hui en France: l'Epoque de leur établissement est de la fin du quatorzième siècle, sous le Règne de Louis XI. Avant ce temps l'Université qui avoit ses Messagers, se chargoit elle-même des Lettres, c'étoit alors un service très-lent, on ne pouvoit écrire que très-rarement, & l'on attendoit long-tems les réponses, les voyages étoient bien moins frequents, le transport des Marchandises plus difficile & plus coûteux.

 

Le Commerce doit à l'établissement des Postes, l'état brillant où il se trouve aujourd'hui ; un  négociant peut actuellement de son Cabinet être en corespondance avec toute l'Europe. Les Sujets de l'Etat y ont trouvé le moyen d'entretenir plus parfaitement entr'eux l'union & l'amitié, & l'Etat un revenu peu considérable à la vérité, à cause des frais immenses que le service tel qu'il est établi occasionne ; mais qui bien loin d'être à charge à ses Sujets, rend le Royaume plus florissant.

 

Ce fut sous la fin du règne de Louis XIV que les Postes furent établies sur le même plan où elles sont aujourd'hui. Depuis ce tems on a perfectionné de jour en jour cet établissement par différens réglemens qui ont toujours eu pour but, la célérité, l'ordre & la sureté; cette circulation continuelle n'est jamais interrompue, même dans les plus mauvais tems, & subsistera autant que l'Etat.

 

C'est dans la vue de mettre (s'il est possible) le Public en état de profiter plus avantageusement de cet établissement que l'on a composé le Dictionnaire qu'on lui présente aujourd'hui, au moyen duquel chacun pourra en mettant à ses Lettres des adresses correctes, le guider avec sureté à leurs véritables destinations.

 

Il est très-essentiel que la suscription d'une Lettre soit exacte & correcte, pour qu'elle puisse passer directement à son adresse; plusieurs personnes sont dans l'usage de rejetter sur les Commis des Postes, le défaut de remises des Lettres à leur destination, quoique ce défaut vienne presque toujours du vice de l'adresse qui est fausse, la quantité immense des Lettres en rebuts, mal adressées, en est une preuve convaincante.

 

Pour remédier à cet inconvénient, il fut réglé en 1749 que, toutes les Lettres qui ne pourroient parvenir à leur destination, seroient renvoyées au bout de trois mois dans les Villes d'où elles étoient parties, afin que ceux qui les auroient écrites, n'en recevant pas de nouvelles, fussent à portée de réclamer celles qu'ils avoient intérêt de retirer, ou de leur donner de meilleures adresses. Cet arrangement a remédié à la vérité à la perte de de beaucoup Lettres ; mais il restoit à indiquer au Public le moyen de les bien adresser; c'est dans cette vue que l'on a composé ce Dictionnaire, au moyen duquel il n'est pas d'endroit dans le Royaume où l'on ne puisse adresser ces Lettres avec exactitude. ( )

 

L'on doit avoir aussi beaucoup d'attention à désigner, ( sur-tout lorsqu'on écrit dans une ville un peu considérable ) la demeure & la qualité des personnes, pour éviter que les Lettres ne soient remises à des personnes du même nom, qui souvent les ouvrent par méprises, ignorant qu'elles ne font pas pour elles.

 

Ceux qui voyagent se font souvent adresser leurs Lettres à la Poste restante, ou dans les endroits où ils doivent loger & séjourner, s'ils désirent que celles qui peuvent leur être écrites leur parviennent après qu'ils font partis desdits endroits, ils doivent laisser aux Directeurs des Postes dans les Villes où ils ont séjournés, l'adresse des villes où ils vont, avec cette précaution les Lettres les suivront dans leur route; mais l'exactitude de la Poste à cet égard ne dépend que de la leur.

 

Quoique l'on ait indiqué le plus exactement qu'il a été possible de le faire, les villes où les Lettres doivent être adressées pour tous les endroits où il n'y a pas de Bureau de Poste, on n'a pas prétendu pour cela assujettir les particuliers à les y adresser, lorsqu'ils auront une connoissance particulière de ceux où il est convenable de les adresser, d'autant plus qu'une lettre peut être adressée pour le même endroit dans differens Bureaux eu égard à sa position, & aux endroits d'où partent des Lettres au lieu qu'on s'est contenté d'indiquer ici celui qui a paru le plus usité & le plus convenable.

 

L'on n'a point fait mention des Hameaux, Censes & autres petits endroits du Royaume ; ceux qui voudront y écrire le pouront faire facilement, en cherchant la Paroisse la plus voisine, qui leur servira de guide. ( )

 

Ceux qui écrivent aux Curés des Paroisses, pour avoir des Extraits de Morts ou de Baptême; aux Directeurs des Hôpitaux & Majors des Régimens pour avoir nouvelles des Soldats ou autres, aux personnes publiques, doivent affranchir leurs lettres, attendu qu'elles sont presque toujours refusées faute d'être affranchies.

 

L'on reçoit dans toutes les Villes de France, l'argent des particuliers pour être remis dans toutes les autres Villes de France seulement  & non pour l'Etranger ; moyennant un sol par livre, conformément à la Déclaration du Roi du 8 Octobre 1703.

 

Par la même déclaration, il est défendu de mettre de l'argent dans les lettres : Les lettres ou paquets qui contiennent des effets précieux, doivent être remis à la main des Directeurs des Postes qui en chargent alors leur avis, conformément à la même déclaration

 

Source :   DICTIONNAIRE DES POSTES  - à PARIS – Chez la Veuve DELATOUR, Imprimeur de la Cour des Aydes , & de la Ferme Générale des Postes, rue de la Harpe, aux trois Rois – 1754  - Avec Approbation et Privilege du Roy -  Dédié à Monseigneur LE COMTE D'ARGENSON, Grand-Maistre et Surintendant General des Postes et Relais de  FRANCE -   Par M. GUYOT, Employé dans les Postes à Paris.

 

 

 

Le facteur rural semble apparaitre à Echenay après la guerre de 1870. La première mention est faite au recensement de 1876 (le précédent recensement date de 1866).


Le premier à avoir endossé l’habit de facteur rural est Germain LANNES (recensement de 1876 puis 1881).


Il est remplacé par Henri ROUGE (recensement de 1886) qui inspirera un poème à Gabriel de Pimodan, "Sourire d'une Minute".


Puis par Eusebe  AUBERTIN (recensement de 1891).


Suivra ensuite Camille WITTMER qui gardera le poste plus longtemps puisqu’il est cité aux recensements de 1896 – 1901 – 1906. Là s’arrêtent les recensements disponibles.

 

La vie de facteur rural est loin d’être une sinécure. Travaillant 7 jours sur 7, par tous les temps, le travail est harassant et loin d’être bien payé.

 

C’est le régime vacillant de Charles X qui met en place le service rural. La loi des 3 et 10 juin 1829 prévoit de lancer sur les chemins une armée d’agents afin d’opérer la collecte et la distribution du courrier dans toute la France auprès de tous les Français. Cette fonction n’est pas entièrement nouvelle. Cette réforme s’appuie sur l’organisation des messagers-piétons qui existait depuis le Directoire ( ).

 

C’est à partir des effectifs des messagers-piétons que sont pensés ceux des facteurs ruraux, du moins au début. Prévus à 4 700 unités dans le projet de loi de 1828, estimés à 5 000 dès la mise en place du service rural, les facteurs ruraux atteignent 7 900 hommes dès 1836. La croissance des effectifs est extrêmement rapide par la suite, donnant à l’ensemble l’allure d’une petite armée, dont les effectifs avoisinent, par exemple, ceux de la gendarmerie.

 

De 9 000 hommes en 1849, on atteint 23 229 unités (facteurs ruraux et locaux confondus) à la veille de la Première Guerre mondiale. ( )

 

Il n’est pas exagéré de dire que le facteur rural passe son temps à marcher. La loi de 1829 avait déterminé que la tournée s’effectuerait un jour sur deux, ce qui n’empêchait pas les facteurs de travailler tous les jours en changeant de circuit. La tournée devient quotidienne en 1832 mais le caractère effectif de cette décision n’est avéré partout en France qu’en 1864. Quoi qu’il en soit, le facteur sillonne les chemins du lundi au dimanche inclus, puisqu’il faut attendre l’après-Première Guerre mondiale pour que les premières interruptions du service postal le dimanche soient tentées.
Si le facteur doit manquer à l’appel matinal, c’est sur son propre salaire que l’administration affecte un remplaçant à sa tâche. En 1895, cette même administration lui accorde, de façon parcimonieuse, douze jours de repos par an aux frais du Trésor.

 

Longtemps marcheur à pied, il n’obtient qu’en 1881 une indemnité de chaussures fixée à 50 F qui apparaît bien maigre au regard du kilométrage à parcourir à pied. En 1865, 2 684 tournées dépassaient les 28 km; en 1887, il y en avait 9 789.

 

Tous les responsables reconnaissent volontiers que la barre des 32 km, pourtant fréquemment dépassée, constituait un « véritable surmenage pour le facteur », seuil qu’il ne fallait plus déborder.

 

La métaphore animale est souvent utilisée par la presse professionnelle des intéressés pour dénoncer cette situation. Elle tente ainsi de provoquer l’empathie sur ce que le facteur endure :

 

« Aller de commune en commune, d’écarts en écarts; profiter d’une maigre pitance, subir une lourde fatigue [...]. Mieux vaut le coin du feu quand il gèle, la grange quand il pleut et le seuil de la porte quand le soleil est bon. Courir, toujours courir; s’arrêter, le nez en l’air, pour voir si le maître prend tel sentier; être mal reçu par le chien du riche; recevoir des bourrades de la part des villageois; être crotté jusqu’aux oreilles et rentrer au logis fort tard pour se lever le lendemain avant le soleil; tel était le sort que même le chien n’envierait pas ! Les distances que le facteur accomplissait durant vingt-cinq années, soit un trajet quotidien de 30 à 40 km, le cheval ne le supporterait pas non plus ! Sa vie moyenne n’étant pas aussi longue, en six ans l’animal serait fourbu. Le cheval a besoin de repos et d’une nourriture substantielle, alors que le facteur ne se repose jamais. » ( )

 

Jusqu’à ce que le salaire fixe ne supplante progressivement le salaire kilométrique à partir des années 1890 dans la base du traitement du facteur rural celui-ci n’a pas d’autre choix que celui de beaucoup marcher pour gagner sa vie au mieux. C’est donc à la longueur de sa tournée qu’il doit le montant de son salaire, qui dans son ensemble n’apparaît pas très élevé, si on s’en tient à la stricte comparaison des gains quotidiens des facteurs ruraux avec ceux d’autres professions. Sur le plan national, Stephen Liégeard, député de la Moselle, fait remarquer à la tribune en 1868 que le facteur rural est moins bien payé avec ses 1,52 F quotidiens qu’un terrassier ou un employé d’usine qualifié : le premier émarge en effet à 2 F par jour, et le second à 5 F. À la suite de son plaidoyer en faveur d’une revalorisation de leurs émoluments, le Corps Législatif vote l’amendement accordant une augmentation de 120 F par an du salaire des facteurs. ( )

 

Source :   Sébastien Richez « Le facteur rural des postes en France avant 1914 : un nouveau médiateur au travail », Le Mouvement Social                              1/2007 (no 218), p. 29-44.

 

Ayons donc une petite pensée pour ces marcheurs infatigables, ces hommes qui reliaient les hommes !

 

 

 

 

 

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LE BOTTIN D'ECHENAY - 1947

2 Septembre 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et le Progrès

Qui n’a pas dit : « Passe-moi le Bottin ! » en désirant l’annuaire téléphonique ?

 

En réalité, « Sébastien Bottin (1764 - 1853) est l’éditeur français d'un annuaire du commerce et de l'industrie en 1797.

  •  
    • La société Didot-Bottin perpétua son activité après sa mort en 1853.
    • Son nom reste associé à diverses marques d'annuaire spécialisé :
      • le Bottin Mondain créé par Didot-Bottin en 1903 ;
      • le Bottin Gourmand créé en 1981.
    • Le bottin signifie, par antonomase (NDLR : nom propre passé comme nom commun), dans de nombreuses régions francophones un annuaire téléphonique édité sur un support papier.

Source : Wikipédia

 

 

Le BOTTIN « véritable » de la Haute-Marne de 1947 donne quelques informations intéressantes sur le village.

Toutefois, s’agissant d’un annuaire de commerce et de l’industrie, il ne recense pas tous les détenteurs du téléphone du village mais seulement ceux qui font la vie économique du pays. 

 

ECHENAY

 

- 304 mètres d’altitude sur la rivière La Saulx, à 36 kms au Sud-est de Saint-Dizier

- Dispose d’une poste, télégraphe et téléphone

- 111 habitants (agglomération 105 habitants)

- Gare à Soulaincourt (à 3 kilomètres)

- Eglise Saint-Martin

- Electricité 110/190 volts

 

 

Maire : Rémy François

Instituteur : Lépinausse

Curé : Denot

Agriculteurs : Bontus E - Boussel A - Capitain G – François R – Louviot P – Maire André –

Seydoux A

Cafetier : Belloni S

Epicier : Bretonéche

Maréchal : Nivelet Jean

 

Château : Comte G de Pimodan

 

Téléphone : Renard ……………7      (NDLR : il s’agit certainement du médecin de Poissons)

 

Source : BOTTIN DEPARTEMENTAL 1947 – 150 éme année de parution – déposé en Mai 1947 à la bibliothèque Nationale

 

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HAUT FOURNEAU A ECHENAY - 1717

5 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et le Progrès

lenain_forge.jpgSi Echenay semble maintenant endormi, sans commerce ni industrie, il n’en a pas toujours été de même. Bien sur, j’ai connu l’épicerie et le café du village qui ont tenu le coup jusqu’au milieu des années 1970, mais il n’y a pas là grand-chose à dire (encore que !!!).

 

Non, plus sérieusement, Echenay avait son industrie !

En l’occurrence, son fourneau et sa forge.

 

- En décembre 1717, Messire Charles Christophe de la Vallée Pimodan indique dans son testament : « C'est à sçavoir que le chasteau et le village du dit Échènetz et tout son territoire,

forge, fourneau, moulins, estangs et tous autres droitz qui appartiennent au dit chasteau et seigneurie appartiendront à mon dit fils aisné… »

 

 

- Sur cette période du XVIII éme, l’actuel Réseau International de la Fonte d’Art (site net à visiter !) donne les précisions suivantes :

 

« Échenay a connu une activité métallurgique pendant un siècle et demi. Son usine à fer (haut-fourneau et affinerie), mentionnée en 1745, fut la propriété du comte de Pimodan au XVIIIe siècle. En 1834, un haut-fourneau au charbon de bois et deux bocards sont en activité. En 1875, sous la direction de Nicolas Fontaine, l’installation est modernisée avec une machine à vapeur, une soufflerie et un monte-charge. Elle semble ne pas avoir résisté, comme nombre de ses consœurs, aux années 1880.

 

En 1745, l’affinerie d’Echenay est transférée à Paroy, au lieu-dit Sous la Héronière. Propriété des Pimodan avant la Révolution, cette usine produisait annuellement 200 tonnes de fer à partir de la fonte du haut-fourneau d’Echenay. L’usine sera équipée d’un haut-fourneau en 1855, puis d’un cubilot en 1859. Dirigée par Dormoy-Denayer, elle s’éteindra autour de 1880. On peut encore y voir les logements ouvriers. »

 

- Le dimanche 22 aout 1802, Jean Charles de la Vallee Pimodan écrit une lettre au sous préfet de l’arrondissement de Wassy au sujet de ses usines, faisant mention de la perte d'une grande partie de ses papiers causée par la Révolution.

 

« Echènay, le 4 fructidor an 10.

Charles-Jean Lavallée-Pimodan, propriétaire, au citoyen Sous-Préfet de l’arrondissement de Vassy.

 

 Citoyen Sous-Préfet,

Ayant eu connaissance de votre circulaire relative aux Usines, j'ai l'honneur de vous transmettre quelques renseignemens sur celles que je possède, tant à Paroy qu'à Échènay.

Depuis plusieurs siècles il y a eu forge et fourneau à Échènay. En 1745 mon père, ayant acheté la terre de Paroy, y fit transporter la forge seulement, décidé par les grosses réparations qu'il étoit obligé d'y faire par l'incommodité du bruit (elle étoit alors située sur les fossés du château) et surtout par la proximité de ses bois.

L'ancienneté de ces deux usines est de notoriété publique, mais, presque tous mes papiers ayant été perdus dans les troubles de la révolution, je ne puis vous donner une note plus précise. On pourroit cependant, au besoin, recourir aux Archives de la ci-devant principauté de Joinville, de laquelle la terre d'Echénay relevoit. »

 

LAVALLÉ PIMODAN.

Source : (Archive des la Haute-Marne., S72, liasse.)

 

En somme, une délocalisation « écologique » !

 

- En 1827, le livre FORCES  PRODUCTIVES ET COMMERCIALES  DE LA FRANCE; Par le Baron C. DUPIN, Paris chez BACHELIER, LIBRAIRE, SUCCESSEUR DE M"°. V». COURCIER, 55 QUAI DES AUGUSTINS,  indique :

 

« Le D'. de la Haute-Marne est riche en produits ferrugineux. Les fers qui proviennent de la mine en roche ont beaucoup de nerf, et leur dureté les rend précieux pour les bandes de voiture , ainsi que pour les essieux. Les trois quarts des fers et des tôles du D'. de la Haute-Marne, sont embarqués à Saint-Dizier pour Paris ; le reste l'est à Gray pour le midi de la France.

L'Ar'. de Vassy est très-riche en usines pour le travail, pour l'affinage et l'étirage du fer. On trouve des hauts-fourneaux , des affineries, des fenderies, des forges de toute espèce, dans les lieux dont nous donnons la nomenclature :

( ) à Thonnance-les-Moulins , un haut-fourneau , 2 affineries et martinets ; à Vieux-Noncourt, un haut-fourneau ; à Noncourt, un haut-fourneau, 2 affineries, une tôlerie; à Poissons , un haut-fourneau affineries, fenderies ; à Tonnance-les-Joinville, un haut-fourneau ; à Echenay, un haut-fourneau; à Pensey , une tôlerie ; à Parroy, 2 affineries ;( ) »

 

- Puis, en Octobre 1831, La Revue Encyclopédique (ou Analyse raisonnée des productions les plus remarquables dans la politique, les sciences, l’industrie et les Beaux Art), recueil mensuel écrit par Mr Hyppolite Carnot – Paris au bureau de la revue encyclopédique, 26 rue des Saints Pères signale encore la présence du haut fourneau d’Echenay.

 

- Un peu plus tard, une information semble confirmer que le haut fourneau a changé de mains :

 

« Ordonnance du 19 juin 1837, portant que M. Charles-Adrien De Cholet est autorisé à conserver et fourneau tenir en activité le haut-fourneau , les deux bocards et les deux patouillets qu'il possède dans la commune d'echenay , sur la rivière de Saulx (Haute-Marne) ; qu'il est également autorisé à tenir en activité les huit lavoirs à bras dont il est propriétaire sur le cours d'eau de la fontaine de Daurupt , dans la même commune. » 

Source : Annales des mines 3eme serie tome XI Paris 1837

 

- Mais, le dernier quart du XIXe siècle sonne le glas du fourneau d’Echenay

« L'année 1877 a été bien mauvaise pour la fabrication de la fonte, et le nombre des hauts-fourneaux en chômage a sensiblement augmenté. La conviction des industriels paraît être que ceux de ces appareils que l'on éteint maintenant ne se rallumeront jamais ; aussi tend-on à les détruire. Tel est le sort des hauts-fourneaux de Rachêcourt et de Saucourt, et celui d'Echenay ne tardera pas sans doute à les suivre.

Une faible partie de ces usines produit de la fonte au bois pour affinage, mais elles ont de plus en plus de peines à écouler leurs produits à un prix rémunérateur ; d'autres font de la fonte mixte destinée aux forges dont elles pendent. Enfin la fabrication des fontes à refondre paraît seule donner quelques bénéfices aux industriels.

Les fonderies ont généralement une marche plus prospère que les hauts-fourneaux à fonte brute, bien que les cours soient peu élevés pour les moulages ; mais il n'y a jamais eu de bien grandes souffrances pour cet article.

Les forges continuent à se trouver dans la même situation que l'an dernier ; elles vivent de petites commandes, et entretiennent leur travail au jour le jour, en évitant, autant que possible, de s'encombrer de leurs propres produits.
Mais leurs prix sont si faibles qu'elles semblent devoir toutes travailler à perte. »

Source : Rapports et procès verbaux du conseil général de Haute Marne - 1878 1879

 

Ainsi, Echenay a eu aussi son Metallurgic Park, aux heures glorieuses de la fonte en Haute Marne. Il n’en reste aucune trace visible mais les personnes intéressées peuvent aller visiter Ecuray ou Dommartin pour s’instruire sur le sujet. 

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TELEGRAPHES - 1882

10 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et le Progrès

1882 - Echenay découvre le télégraphe qui permet de communiquer plus facilement.

 

 

Les gares de Andilly et Merrey ont été ouvertes a la télégraphie privée. La gare d'Eclaron a cessé de participer à ce service et le bureau de poste de cette commune a été ouvert au service télégraphique, le 10 mai 1882.

Les travaux de construction d'une ligne télégraphique destinée à relier Dancevoir à Chaumont, sont en cours d'exécution, et le service télégraphique fonctionnera à Dancevoir à partir du 10 juillet prochain.

 

Les études sont terminées pour la création de bureaux télégraphiques à Biesles, Echenay, Curel et Fresnes-sur-Apance et elles se poursuivent pour donner satisfaction aux communes

de Graffigny-Chemin et Bussières-les-Belmont qui ont également demandé à être pourvues de bureaux télégraphiques.

 

Des appareils imprimeurs, à transmission rapide (système Hughes), ont été installés au bureau de Chaumont pour l'échange des télégrammes avec Paris.

Les communes du département qui reçoivent quotidiennement les dépêches météorologiques et agricoles, sont au nombre de 16, savoir :

 

Abonnement annuel.

Bourbonne-les-Bains, Brousseval, Chateauvillain, Chaumont, Doulaincourt, Fayl-Billot, Joinville, Langres, Saint-Dizier, Roches-Bettaincourt et Vassy.

 

Abonnement semi-annuel, du 1er mai au 31 octobre.

La Ferté-sur-Amance_, Hortes, Juzennecourt, Longeau et Montiérender.

 

 

Source: Seances du conseil general  1e session ordinaire 1882-1883

 

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Puis:

 

Des bureaux télégraphiques municipaux ont été ouverts dans le courant de l'année 1882, à Biesles, Dancevoir, Echenay et Fresnes-sur-Apance.

Le transfert du télégraphe à la poste a été effectué à Manois et à Vignory.

En vue de compléter le réseau départemental, l'administration a fait procéder aux études préliminaires pour déterminer les conditions d'établissement du télégraphe dans les communes qui sont pourvues d'un bureau de poste et qui n'ont pas à leur disposition une gare de chemin de fer ouverte à la télégraphie privée.

 

Ce travail est communiqué à M. le Préfet pour être soumis à l'examen du Conseil général.

Le service quotidien des avertissements météorologiques agricoles donnés par le télégraphe continue à fonctionner avec régularité.

Les communes qui reçoivent la dépêche météorologique agricole sont :

 

Abonnement annuel. — Bourbonne, Brousseval, Châteauvillain, Chaumont, Doulaincourt, Fayl-Billot, Joinville, Langres, Roches-sur-Rognon, Saint-Dizier, Wassy.

Abonnement semi-annuel. — Laferté-sur-Amance, Hortes, Juzennecourt, Longeau, Montiérender.

 

Sources : Conseil Général - Rapport du Préfet et Procès Verbaux du Conseil Général –

                        Session ordinaire d’Aout 1883

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L'ELECTRICITE A ECHENAY 1892

6 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et le Progrès

 

Source: La Revue Mondaine Illustrée N°16 - 10 Septembre 1892

 

Chez le Marquis de Pimodan, en son château de la Haute-Marne, à Echenay, il y a eu grande réception. Les merveilleux salons, décorés de verdure et de fleurs faisaient, sous les flots blancs, si doux, de la lumière électrique un effet admirable.

Les honneurs étaient faits par la Marquise, veuve du Duc de Castelfidardo.

Toute la noblesse de la région était présente.

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Au delà de l'aspect mondain de l'information, on peut donc en déduire que le Château d'Echenay disposait de l'électricité en 1892. Quel progrès pour éclairer une bâtisse comme celle là!

 

Et quel effet cela devait produire sur les gens du village, condamnés eux, à la bougie hors de prix, aux lampes à huile qui éclairaient  peu, et au feu de cheminée pour illuminer leur logis !

 

L'arrivée de l'électricité a bouleversé l’activité sociale humaine. Les journées se sont allongées.  Avant, on vivait avec le soleil et avec la nature. L’Angélus, au clocher de l’église,  rythmait la vie quotidienne. Il n’en sera plus de même après.

 

Les habitants d’Echenay attendront encore longtemps avant que ne soit reliée leur maison au réseau électrique.

  

 

 

 

 

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