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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

FORTEPICE OU LES ECORCHEURS A ECHENAY - SUITE 2

16 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Histoire

Les mois passent et malgré ses différentes démarches, Dinteville n’arrive pas à récupérer ses biens. Il se résigne à payer une rançon pour tenter de faire céder Fortepice. Il lui propose même des otages pour le convaincre de sa bonne foi, en attente du versement total de la rançon.

 

Je Pierre de Clermont, seigneur de Narcey, certiffie pour véritey que le vendredi avant

Quasimodo dernier passé Messire Jehan de Dinteville, seigneur des Chanelz, apporta en ma

Maison de Carey quinze cens escuz d'or veulz, pour faire le paiment de sa rançon à Fortespice, les quelz quinze cens escuz furent une nuit et ung jour en mon coffre, et ce temps

pendant le dit seigneur des Chanelz envoya au dit Fortespice quinze cens escuz, en luy rendant sa maison, et ou cas que de ce ne seroit contant luy offrait de luy bailler gentilz

hommes en hostaiges pour luy paier la somme incontinant qui luy randroit sa maison. Et

moy mesmes et deux autres gentilzhommes filz de chevaliers, a savoir Veclu et Jehan de

Stainville, fumes concluz d'aler tenir ostaiges pour le dit seigneur des Channelz se le dit

Fortespice lui eust voulu rendre sa maison et entretenir son traictier. En oultre je certiffie

que depuis la prinse des Chanelz j'ay plusieurs fois esté devers Monseigneur le conte de

Vaudemont lui prié qui vous istmectre aucun remède ou fait du dit seigneur des Chanez et

de sa maison; lequel me feist responce qu'il en feroit tant que luy et tous ses amis en seront

contans. Et se (sic)me dist oultre que quant viendrait à paier les quinze cens escuz que

Fortespice l'avoit rançonnez, qu'il l'en acquiteroit de la moityé ou de cinq cens escuz du

mains (sic).Et (sic)tesmoing de véritey je Pierre de Clermont dessus nommé ay signée

ceste présente de mon seing manuelle XXVIIIe jour de may mil 1111° XXXIX. Ainsi signé :

P. de Clemont.

Coppie collacionnée faicte comme devant par nous.

(Signé:) LEFEAUL.POISSON.

 

Le comte de Vaudémont semblant jouer double jeu (il ne cesse de dire qu’il s’occupe du sujet et que tout le monde sera content mais rien ne se passe !), Fortepice sent qu’il a gagné la partie, mais,  il se méfie d’un éventuel piège. Aussi demande-t-il « abolicion générale » au roi au cas ou il se ferait prendre.

 

Je Mervant, pourssuigant de très hault, très puissant prince Monseigneur le conte de

Richemont, seigneur de Partenay, connestable de France, certiffie à tous que le vendredi

devant Quasimodo dernier passé, par l'ordonnance et commendement de mon dit seigneur,

je pourtay à Fortespice une lectres seignées du seing manuel de mon dit seigneur, par

laquelle il luy requérait et commandoit de par le Roy et de par luy qui rendit à Messire

Jehan de Dinteville, seigneur des Chanelz, sa maison du dit Chasnelz, ainsy comme un

traictier qu'il avoient ensemble le pourtoit. En oultre je certiffie que je pourtay au dit Fortespice les cellé de Monseigneur le connestable promettant en parolle de prince de paier au dit Fortespice quinze cens escus d'or de soixante et quatre au marc incontinant qu'il aroît

rendue la dite place au dit seigneur des Chanelz; lequel scellé ledit Fortespice ne vous

retenir, mes me feist responce que la place ne rendrait il point sy n'avoit premiers abolicion

générale du Roy, passée par la Chambre des Comptes, et se le dit seigneur des Chanelz et

ses amis ne luy bailoient bonnes seurtez que ou cas où le dit Fortespice seroit prins, ne ses

gens, en ce royaulme, ne empeschez aucunement pour la prinse des Chanelz et pour les

aultres maulx qu'il ont fait depuis que le dit seigneur des Chanelz et ses amis fussent tenuz

les pourchassier à leur frais et despens et de leur rendre toutes pertes et despens, à cause

des diz arrest ou empeschement qui pourraient avoir. En oultre je certiffie qu'après ses

parolles ung des serviteurs du dit seigneur des Channez, qui estoit avec moy, dist au dit

Fortespiceque, se n'estoit contant du scellé de mon dit seigneur le connestable, que le dit

seigneur des Chanelz luy offrait de luy bailler gentilz hommes en hostaiges pour luy paier

quinze cens escuz incontinant qui luy aroit rendue sa maison. De laquelle chose le dit

Fortespice feust reffusant. En tesmoin de ce j'ay signée ceste présente certifficacion  de mon

seing manuel le premier jour d'avril l'an mil IIIIe XXXIX. Ainsi signé : Merevent.

Voie(sic)est.

Coppie collacionnée faicte comme devant par nous notaires.

(Signé :) LEFEAUL. POISSON.

 

Toutefois, pour se couvrir un peu plus, Fortepice ajoute qu’il souhaite obtenir du comte de Vaudémont la permission de rendre le château, ce qui le déchargera un peu plus encore au cas ou les choses tournent mal pour lui et sa troupe.

 

Je Jehan seigneur de Cheveryet de Waillemont, conseillier et chambellan de Monseigneur

le conte de Richemont, seigneur de Partenay, connestable de France, certiffie à tous

à qui il appartiendra que le jeudi XXVIIIe jour du mois de may darrenier passé, ou environ,

mon dit seigneur le connestable anvoya ung poursuyant aux Chasnelz devers Jaques de

Pailly, dit Fortespice, pour luy sommer et très instamment requéry qui rendit la place des

diz Chanelz en la main du Roy nostre sire et de mon dit seigneur le connestable. Lequel

poursuyant, à son retour, fit sa relacion à mon dit seigneur le connestable, donné comme

dessus, en la manière qui sensuit, c'est assavoir que le dit Fortespice ly avoit dit qui deist à

mon dit seigneur le connestable cy ly avoit baillié une place cy seroit contant de icelle

rendre à ses annemis , lui suppliant que ly voyssist gardé son honneur, car véritablement il

ne pouoit rendre la dite place des diz Chasnelz sans le congié et licence de très hault et

puissant seigneur Monseigneur le conte de Vaudemont. Et ainsi furent ces parolles rappourtées en ma présence, moy estant ou conseil de mon dit seigneur le connestable. Tesmoing mon seing manuelz cy mis le IXe jour du mois de Jung mil quatre cens trante neuf.

Ainsisigné : J. de Ghevery.

Coppie collacionnée faicte à l'original par nous notaires soubscriptz.

(Signé:) LEFEAUL.POISSON.

 

 

Cela fait plus d’un an que Fortepice occupe le château ! Et l’affaire n’est toujours pas réglée !...

Les Archives de la famille de Pimodan s’arrêtant là, je ne sais comment se termine l’affaire.

Certains auteurs prétendent que Dinteville poursuivra da sa haine Fortepice et qu’il finira pas le tuer en duel dans les fossés de la ville de Chably. La chose semble toutefois improbable.

 

 

Source : Titres de la maison de Rarecourt de la Vallée de Pimodan par Alphonse Roserot

                Paris – Librairie Plon - 1903

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