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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

REPOS LE DIMANCHE A ECHENAY - 1898

18 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

Actuellement, nous voyons régulièrement à la télé, dans la presse, des reportages « pour ou contre » le droit d’ouverture des magasins le dimanche. Chacun a son avis et mon but n’est pas de donner le mien.

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’idée n’est pas nouvelle et à déjà fait couler beaucoup d’encre.

 

D’ailleurs, en 1898, Monsieur le Marquis de Pimodan, Conseiller Général de Haute-Marne et Maire d’Echenay avait la sienne : Il était contre.

 

Il cotisait à la très sérieuse « Ligue Populaire pour le Repos du Dimanche en France », bureau de Bar Le Duc (sa cotisation est de 5 Francs de 1898, quand la plupart des cotisants en donne 1).

 

A l’époque, le travail le Dimanche est généralisé, en France et en Europe, et certains citoyens, dont Gabriel de Pimodan, le déplorent. Il est vrai que pour lui, élevé dans la tradition chrétienne, le dimanche est le Jour du Seigneur. Mais je suis certain qu’il y a aussi derrière cela une préoccupation sociale pour ses concitoyens.

 

La Ligue Populaire pour le Repos du Dimanche milite pour l’interdiction du travail  ce jour là.

 

Voici, pour l’exemple et la bonne compréhension de leur action, quelques extraits de leurs revendications :

 

LE NOUVEL ARRÊTÉ MINISTÉRIEL ET NOTRE PÉTITION

Nos lecteurs se souviennent peut-être qu'aussitôt que notre Comité central eut connaissance de l'intention du Ministère des travaux publics de modifier les heures de fermeture des gares de petite vitesse, notre cher président, M. le sénateur Bérenger, écrivit à M. le Ministre pour lui rappeler notre pétition du 24 mai 1897, demandant que les livraisons à domicile ne se fassent plus le dimanche qui sur l’autorisation expresse de l'expéditeur  dument insérée dans sa déclaration d'expédition.

Dans cette lettre, datée du 28 juillet 1898, il était dit :
Le nouvel arrêté que vous venez de prendre a l'effet d'avancer l’heure de la fermeture des gares de petite vitesse le dimanche matin, loin de rendre inutile la proposition de la Ligue,
semble, au contraire, en doubler l'importance et l'opportunité.
Car si la durée des manutentions est abrégée le dimanche matin, il importe d'autant plus que ces manutentions soient restreintes aux colis réellement urgents, aux colis attendus, et ne s'étendent pas à des destinataires non pressés ou indifférents, dont le personnel propre serait inutilement privé de son repos hebdomadaire.

Celte lettre n'a en rien changé le cours des choses. Les termes de l'arrêté n'ont pas été modifiés, et il est entré en vigueur le dimanche 2 octobre, sans avoir été complété par
une disposition additionnelle répondant aux délibérations de la grande majorité des Chambres de commerce, comme le demandait notre lettre.

Le nouveau régime, salué quand même avec une vive satisfaction par tous les amis de la cause du dimanche, n'a encore fonctionné que trois dimanches. Comme il fallait s'y attendre, il a déjà soulevé de très nombreuses plaintes.

La plus forte émotion parait s'être produite dans la grande gare aux bestiaux de la Villette, sur le chemin de ceinture de Paris. Dans celle gare spéciale, où les trains de bestiaux continuaient d'affluer comme par le passé, il s'est naturellement produit le même effet que dans un réservoir dont on aurait bouché les issues en négligeant d'arrêter ou de détourner les affluents. Aussi y demande-t-on le rétablissement immédiat du statu quo.

Les fabricants de sucre se sont émus à leur tour et par l'organe de leur syndicat ils ont demandé au Ministre — et obtenu, a ce qu'il parait (!) — un traitement de faveur.

Les Halles centrales de Paris formulent aussi de nombreux griefs.

Mais ce qu'il y a de plus intéressant, c'est une lettre adressée au Ministre par le président de la chambre syndicale des transports. Ce syndicat expose que jamais ses employés n'ont été aussi cruellement surmenés que sous le nouveau régime, et, comme remède, il ne demande rien moins que la fermeture complète des gares de petite vitesse le dimanche.

A la bonne heure ! Notre Ligue la demande depuis 1889.

Espérons que ce vœu sera enfin exaucé, puisque le Ministère des travaux publics lui-même s'est déclaré converti à cette proposition.

 

Mais la Ligue Française s’appuie aussi sur ce qui se passe à l’étranger et s’en sert pour convaincre le maximum de gens.

 

Turin

 

En septembre eut lieu à Turin le 3e Congrès national (italien) des employés et commis du commerce et des administrations publiques et privées, avec le concours do plusieurs sous-secrétaires d'État et sénateurs. « La concession du repos du dimanche à tous les employés et commis » faisait partie de l'ordre du jour.
Le vœu adopté ressemble beaucoup à celui qu'on vient de voir voter à Saint-Quentin, savoir : autant que possible, repos du dimanche, et, dans les services publics n'admettant pas d'inter
ruption, roulement hebdomadaire. »

Lille

Parmi les congrès multiples que tiendront les catholiques du Nord et du Pas-de-Calais, du 10 au 20 novembre prochain, sous le patronage des évêques de la province de Cambrai, se trouve
un Congrès de la démocratie chrétienne qui aura pour président M. Thellier de Poncheville et pour vice-président M. l'abbé Lemire, député d’Hazebrouk.

Pour préparer ce dernier congrès, il a été envoyé aux adhérents un questionnaire où nous sommes heureux de trouver les questions suivantes :

Repos dominical

1° A-t-on fait des conférences, écrit des articles de journaux pour le repos dominical ?
2» Les confréries et sociétés l'ont-elles demandé à leurs membres?
3° L'a-t-on fait inscrire dans les travaux des compagnies? des particuliers?
4° A-t-on dans les ateliers inauguré l'arrêt des machines le samedi à midi?
5° A-t-on établi la Ligue populaire pour le repos du dimanche?

NOUVELLES DIVERSES DE L'ÉTRANGER

Hambourg. — Le directeur de la brasserie d'Eilbeck encourut une amende de 75 francs pour avoir fait travailler le lundi de Pâques 1898. En appel, il fit valoir qu'en raison de la chaleur exceptionnelle qui régnait à cette époque, le public avait été pris d'une soif si colossale (sic) que pour pouvoir satisfaire aux besoins de la consommation, force fut de faire travailler. Mais la cour d'appel se refusa à admettre un pareil cas do force majeure.
(Ilambitrgische Correspondent, C sept.)

Francfort. — Une maison de confection occupait, un dimanche, quelques ouvriers à faire des retouches aux vêtements qu'elle vendait ce jour-là aux heures do vente autorisées. La police, aux yeux d'Argus, vit dans le travail des ouvriers une violation de la loi et décréta une amende. Cette amende vient d'être confirmée successivement dans les trois instances supérieures.
(Frankfurter Zeitung, 2 sept.)

Vienne. — Nous avons annoncé que, depuis le I mai 1898, le nombre des trains de petite vitesse circulant le dimanche était réduit en Autriche. La chambre de commerce d'Olmûtz, jugeant les intérêts du commerce autrichien lésés, notamment par l'allongement réglementaire des délais de livraison et par le maintien de l'état antérieur en Hongrie, adressa au ministère des chemins de fer une délibération demandant la renonciation au repos du dimanche, à peine introduit sur les chemins de fer autrichiens.

Les journaux de Vienne et de Berlin du commencement de septembre nous apportent de très longues analyses de la très longue et soigneusement motivée réponse ministérielle. — En ce qui concerne les délais de livraison, y est-il dit, ils ont été abrégés par diverses combinaisons, de façon à maintenir à peu près l'ancien état des choses; mais, dût-il même résulter pour le commerce quelque gêne, encore faudrait-il l'accepter en raison de la haute valeur humanitaire et sociale du repos du dimanche. Cette valeur est de jour en jour plus appréciée, si bien que le gouvernement hongrois est, lui aussi, sur le point de suivre l'exemple si salutaire donné par l'Allemagne et l'Autriche.

Notons, en passant, puisque l'occasion s'en présente, que les ministères autrichiens, fidèles en cela aux traditions d'urbanité et de condescendance de la dynastie des Habsbourg, répondent
toujours aux demandes ou observations qui leur sont adressées, soit par des corporations, soit par les plus humbles citoyens.

Genève. — D'un long appel publié par la Tribune (2 sept.) nous détachons le passage suivant :

« La commission des ouvriers coiffeurs réunis de Genève vient vous prier d'être son interprète auprès de vos nombreux lecteurs qui ont bien voulu nous seconder en s'abstenant de se faire servir le dimanche après midi. Aujourd'hui encore, la commission fait un appel chaleureux à la population genevoise en la priant de mettre à l'index les cinq ou six récalcitrants qui s'entêtent à laisser leurs magasins ouverts le dimanche après midi, dans l'espoir d'attraper quelques clients du voisin qui aurait fermé.

« La commission a usé de tous les moyens pacifiques envers les récalcitrants pour les décider à suivre ce bel exemple que leur donne l'immense majorité de leurs collègues; cependant elle, ne veut commencer son boycottage qu'après une enquête sérieuse.... »

Les garçons laitiers réclament aussi leur après-midi de dimanche, et les garçons boulangers demandent à être dispensés, le dimanche, de porter le pain à domicile.

Le Journal de Genève (10 sept.) appuie ces revendications et termine son article par ces mots :

« Courage donc, travailleurs ! En refusant de vous engager pour le dimanche après midi, vous aurez de votre côté tous les hommes et toutes les femmes de cœur. C'est avec raison que le général suisse Ochsenbein a dit : « Le travail du dimanche est un lent suicide! » Et c'est un patron horloger genevois qui a prononcé cette affirmation : « Pour l'ouvrier, le repos du dimanche, c'est le droit de vivre! »

Rome — D'après L'Italie, journal français de Rome, les curés de la « Ville éternelle » continuent leur active campagne en faveur du repos du dimanche. Ils viennent d'adresser une circulaire aux hôtels, pour que ceux-ci veuillent bien remettre au lundi tous les travaux non urgents, tels que blanchissage de leur linge. Et ils ont écrit au ministre des travaux publics pour que sur les chemins de fer le dimanche ne reste pas un jour ordinaire, que les gares de petite vitesse, par exemple, soient fermées ce jour-là.

— La lega popolare per il riposo festivo, dont nous avons annoncé la fondation il y a deux ans, vient de nous adresser une communication où nous voyons avec plaisir que notre sœur cadette continue à exister et à agir. Comme nous, elle a à repousser l'accusation de cléricalisme. Si, dit-elle, le parti clérical s'occupe du repos du dimanche, c'est que c'est une question qui intéresse tout le monde. Pour se confirmer dans l'espoir que dans peu d'années le repos du dimanche sera un fait accompli à Rome, il suffit d'observer le nombre croissant des magasins fermant le dimanche. La bourgeoisie romaine y aide en s'abstenant de plus en plus d'acheter le dimanche. La Lega popolare de Rome ne compte guère que 600 sociétaires; mais, issue elle-même de la puissante société de secours mutuels, elle peut compter sur des sociétés alliées à Bologne, Milan, Mantoue, Naples, Sienne, Venise, etc, et elle espère que grâce a tous ces concours il sera possible, un jour, d'obtenir une espèce de plébiscite auquel le parlement ne pourrait refuser une nouvelle loi dominicale.

New-York. — Hamilton (Qui peut bien être ce gentleman ?) vient d'être suspendu par la League of American Wheelmen (Ligue de cyclistes) pour avoir pris part à une course le di-
manche. La fédération américaine est sur le point de prendre la même mesure envers plus de 200 autres coureurs.
(Journal des Sports, «le Paris, 20 sept.)

Washington. — Quelques fonctionnaires de la Maison Blanche (l'Elysée des États-Unis) avaient organisé pour le président Mac-Kinley une partie de plaisir en bateau sur le Potomac, afin de lui procurer 24 heures de repos et de tranquillité, loin des soucis gouvernementaux. Le départ devait avoir lieu un samedi après midi, et le retour le dimanche soir. Mais quand le président vit ce programme : « Ah ! mais non, dit-il, je ne vais pas donner l'exemple d'un voyage de plaisir fait le dimanche. » Aussi s'embarqua-t-il bien à. l'heure fixée, mais il rentra chez lui le samedi Soir avant minuit. C'est que Washington, le chef-lieu des Etats-Unis, est en pleine terre de la « Nouvelle-Angleterre. »

 

Source : Bulletin N°11 du 1 novembre 1898 de la Ligue Populaire pour le repos du Dimanche en France

 

Voici, je pense, un nouvel éclairage sur l’action de G. de Pimodan.

 

Noble de par ses origines historiques, militaire par formation, poète par gout, homme politique par conviction, il me semble avoir 100 ans d’avance sur l’actualité sociale et économique. En « homme du terroir », je le devine proche des préoccupations des gens qui l’entourent. Sans doute est-ce pour cela qu’il fut réélu pendant plusieurs décennies en Haute-Marne et à Echenay.

Actuellement, nous voyons régulièrement à la télé, dans la presse, des reportages « pour ou contre » le droit d’ouverture des magasins le dimanche. Chacun a son avis et mon but n’est pas de donner le mien.

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, l’idée n’est pas nouvelle et à déjà fait couler beaucoup d’encre.

 

D’ailleurs, en 1898, Monsieur le Marquis de Pimodan, Conseiller Général de Haute-Marne et Maire d’Echenay avait la sienne : Il était contre.

 

Il cotisait à la très sérieuse « Ligue Populaire pour le Repos du Dimanche en France », bureau de Bar Le Duc (sa cotisation est de 5 Francs de 1898, quand la plupart des cotisants en donne 1).

 

A l’époque, le travail le Dimanche est généralisé, en France et en Europe, et certains citoyens, dont Gabriel de Pimodan, le déplorent. Il est vrai que pour lui, élevé dans la tradition chrétienne, le dimanche est le Jour du Seigneur. Mais je suis certain qu’il y a aussi derrière cela une préoccupation sociale pour ses concitoyens.

 

La Ligue Populaire pour le Repos du Dimanche milite pour l’interdiction du travail  ce jour là.

 

Voici, pour l’exemple et la bonne compréhension de leur action, quelques extraits de leurs revendications :

 

LE NOUVEL ARRÊTÉ MINISTÉRIEL ET NOTRE PÉTITION

Nos lecteurs se souviennent peut-être qu'aussitôt que notre Comité central eut connaissance de l'intention du Ministère des travaux publics de modifier les heures de fermeture des gares de petite vitesse, notre cher président, M. le sénateur Bérenger, écrivit à M. le Ministre pour lui rappeler notre pétition du 24 mai 1897, demandant que les livraisons à domicile ne se fassent plus le dimanche qui sur l’autorisation expresse de l'expéditeur  dument insérée dans sa déclaration d'expédition.

Dans cette lettre, datée du 28 juillet 1898, il était dit :
Le nouvel arrêté que vous venez de prendre a l'effet d'avancer l’heure de la fermeture des gares de petite vitesse le dimanche matin, loin de rendre inutile la proposition de la Ligue,
semble, au contraire, en doubler l'importance et l'opportunité.
Car si la durée des manutentions est abrégée le dimanche matin, il importe d'autant plus que ces manutentions soient restreintes aux colis réellement urgents, aux colis attendus, et ne s'étendent pas à des destinataires non pressés ou indifférents, dont le personnel propre serait inutilement privé de son repos hebdomadaire.

Celte lettre n'a en rien changé le cours des choses. Les termes de l'arrêté n'ont pas été modifiés, et il est entré en vigueur le dimanche 2 octobre, sans avoir été complété par
une disposition additionnelle répondant aux délibérations de la grande majorité des Chambres de commerce, comme le demandait notre lettre.

Le nouveau régime, salué quand même avec une vive satisfaction par tous les amis de la cause du dimanche, n'a encore fonctionné que trois dimanches. Comme il fallait s'y attendre, il a déjà soulevé de très nombreuses plaintes.

La plus forte émotion parait s'être produite dans la grande gare aux bestiaux de la Villette, sur le chemin de ceinture de Paris. Dans celle gare spéciale, où les trains de bestiaux continuaient d'affluer comme par le passé, il s'est naturellement produit le même effet que dans un réservoir dont on aurait bouché les issues en négligeant d'arrêter ou de détourner les affluents. Aussi y demande-t-on le rétablissement immédiat du statu quo.

Les fabricants de sucre se sont émus à leur tour et par l'organe de leur syndicat ils ont demandé au Ministre — et obtenu, a ce qu'il parait (!) — un traitement de faveur.

Les Halles centrales de Paris formulent aussi de nombreux griefs.

Mais ce qu'il y a de plus intéressant, c'est une lettre adressée au Ministre par le président de la chambre syndicale des transports. Ce syndicat expose que jamais ses employés n'ont été aussi cruellement surmenés que sous le nouveau régime, et, comme remède, il ne demande rien moins que la fermeture complète des gares de petite vitesse le dimanche.

A la bonne heure ! Notre Ligue la demande depuis 1889.

Espérons que ce vœu sera enfin exaucé, puisque le Ministère des travaux publics lui-même s'est déclaré converti à cette proposition.

 

Mais la Ligue Française s’appuie aussi sur ce qui se passe à l’étranger et s’en sert pour convaincre le maximum de gens.

 

Turin

 

En septembre eut lieu à Turin le 3e Congrès national (italien) des employés et commis du commerce et des administrations publiques et privées, avec le concours do plusieurs sous-secrétaires d'État et sénateurs. « La concession du repos du dimanche à tous les employés et commis » faisait partie de l'ordre du jour.
Le vœu adopté ressemble beaucoup à celui qu'on vient de voir voter à Saint-Quentin, savoir : autant que possible, repos du dimanche, et, dans les services publics n'admettant pas d'inter
ruption, roulement hebdomadaire. »

Lille

Parmi les congrès multiples que tiendront les catholiques du Nord et du Pas-de-Calais, du 10 au 20 novembre prochain, sous le patronage des évêques de la province de Cambrai, se trouve
un Congrès de la démocratie chrétienne qui aura pour président M. Thellier de Poncheville et pour vice-président M. l'abbé Lemire, député d’Hazebrouk.

Pour préparer ce dernier congrès, il a été envoyé aux adhérents un questionnaire où nous sommes heureux de trouver les questions suivantes :

Repos dominical

1° A-t-on fait des conférences, écrit des articles de journaux pour le repos dominical ?
2» Les confréries et sociétés l'ont-elles demandé à leurs membres?
3° L'a-t-on fait inscrire dans les travaux des compagnies? des particuliers?
4° A-t-on dans les ateliers inauguré l'arrêt des machines le samedi à midi?
5° A-t-on établi la Ligue populaire pour le repos du dimanche?

NOUVELLES DIVERSES DE L'ÉTRANGER

Hambourg. — Le directeur de la brasserie d'Eilbeck encourut une amende de 75 francs pour avoir fait travailler le lundi de Pâques 1898. En appel, il fit valoir qu'en raison de la chaleur exceptionnelle qui régnait à cette époque, le public avait été pris d'une soif si colossale (sic) que pour pouvoir satisfaire aux besoins de la consommation, force fut de faire travailler. Mais la cour d'appel se refusa à admettre un pareil cas do force majeure.
(Ilambitrgische Correspondent, C sept.)

Francfort. — Une maison de confection occupait, un dimanche, quelques ouvriers à faire des retouches aux vêtements qu'elle vendait ce jour-là aux heures do vente autorisées. La police, aux yeux d'Argus, vit dans le travail des ouvriers une violation de la loi et décréta une amende. Cette amende vient d'être confirmée successivement dans les trois instances supérieures.
(Frankfurter Zeitung, 2 sept.)

Vienne. — Nous avons annoncé que, depuis le I mai 1898, le nombre des trains de petite vitesse circulant le dimanche était réduit en Autriche. La chambre de commerce d'Olmûtz, jugeant les intérêts du commerce autrichien lésés, notamment par l'allongement réglementaire des délais de livraison et par le maintien de l'état antérieur en Hongrie, adressa au ministère des chemins de fer une délibération demandant la renonciation au repos du dimanche, à peine introduit sur les chemins de fer autrichiens.

Les journaux de Vienne et de Berlin du commencement de septembre nous apportent de très longues analyses de la très longue et soigneusement motivée réponse ministérielle. — En ce qui concerne les délais de livraison, y est-il dit, ils ont été abrégés par diverses combinaisons, de façon à maintenir à peu près l'ancien état des choses; mais, dût-il même résulter pour le commerce quelque gêne, encore faudrait-il l'accepter en raison de la haute valeur humanitaire et sociale du repos du dimanche. Cette valeur est de jour en jour plus appréciée, si bien que le gouvernement hongrois est, lui aussi, sur le point de suivre l'exemple si salutaire donné par l'Allemagne et l'Autriche.

Notons, en passant, puisque l'occasion s'en présente, que les ministères autrichiens, fidèles en cela aux traditions d'urbanité et de condescendance de la dynastie des Habsbourg, répondent
toujours aux demandes ou observations qui leur sont adressées, soit par des corporations, soit par les plus humbles citoyens.

Genève. — D'un long appel publié par la Tribune (2 sept.) nous détachons le passage suivant :

« La commission des ouvriers coiffeurs réunis de Genève vient vous prier d'être son interprète auprès de vos nombreux lecteurs qui ont bien voulu nous seconder en s'abstenant de se faire servir le dimanche après midi. Aujourd'hui encore, la commission fait un appel chaleureux à la population genevoise en la priant de mettre à l'index les cinq ou six récalcitrants qui s'entêtent à laisser leurs magasins ouverts le dimanche après midi, dans l'espoir d'attraper quelques clients du voisin qui aurait fermé.

« La commission a usé de tous les moyens pacifiques envers les récalcitrants pour les décider à suivre ce bel exemple que leur donne l'immense majorité de leurs collègues; cependant elle, ne veut commencer son boycottage qu'après une enquête sérieuse.... »

Les garçons laitiers réclament aussi leur après-midi de dimanche, et les garçons boulangers demandent à être dispensés, le dimanche, de porter le pain à domicile.

Le Journal de Genève (10 sept.) appuie ces revendications et termine son article par ces mots :

« Courage donc, travailleurs ! En refusant de vous engager pour le dimanche après midi, vous aurez de votre côté tous les hommes et toutes les femmes de cœur. C'est avec raison que le général suisse Ochsenbein a dit : « Le travail du dimanche est un lent suicide! » Et c'est un patron horloger genevois qui a prononcé cette affirmation : « Pour l'ouvrier, le repos du dimanche, c'est le droit de vivre! »

Rome — D'après L'Italie, journal français de Rome, les curés de la « Ville éternelle » continuent leur active campagne en faveur du repos du dimanche. Ils viennent d'adresser une circulaire aux hôtels, pour que ceux-ci veuillent bien remettre au lundi tous les travaux non urgents, tels que blanchissage de leur linge. Et ils ont écrit au ministre des travaux publics pour que sur les chemins de fer le dimanche ne reste pas un jour ordinaire, que les gares de petite vitesse, par exemple, soient fermées ce jour-là.

— La lega popolare per il riposo festivo, dont nous avons annoncé la fondation il y a deux ans, vient de nous adresser une communication où nous voyons avec plaisir que notre sœur cadette continue à exister et à agir. Comme nous, elle a à repousser l'accusation de cléricalisme. Si, dit-elle, le parti clérical s'occupe du repos du dimanche, c'est que c'est une question qui intéresse tout le monde. Pour se confirmer dans l'espoir que dans peu d'années le repos du dimanche sera un fait accompli à Rome, il suffit d'observer le nombre croissant des magasins fermant le dimanche. La bourgeoisie romaine y aide en s'abstenant de plus en plus d'acheter le dimanche. La Lega popolare de Rome ne compte guère que 600 sociétaires; mais, issue elle-même de la puissante société de secours mutuels, elle peut compter sur des sociétés alliées à Bologne, Milan, Mantoue, Naples, Sienne, Venise, etc, et elle espère que grâce a tous ces concours il sera possible, un jour, d'obtenir une espèce de plébiscite auquel le parlement ne pourrait refuser une nouvelle loi dominicale.

New-York. — Hamilton (Qui peut bien être ce gentleman ?) vient d'être suspendu par la League of American Wheelmen (Ligue de cyclistes) pour avoir pris part à une course le di-
manche. La fédération américaine est sur le point de prendre la même mesure envers plus de 200 autres coureurs.
(Journal des Sports, «le Paris, 20 sept.)

Washington. — Quelques fonctionnaires de la Maison Blanche (l'Elysée des États-Unis) avaient organisé pour le président Mac-Kinley une partie de plaisir en bateau sur le Potomac, afin de lui procurer 24 heures de repos et de tranquillité, loin des soucis gouvernementaux. Le départ devait avoir lieu un samedi après midi, et le retour le dimanche soir. Mais quand le président vit ce programme : « Ah ! mais non, dit-il, je ne vais pas donner l'exemple d'un voyage de plaisir fait le dimanche. » Aussi s'embarqua-t-il bien à. l'heure fixée, mais il rentra chez lui le samedi Soir avant minuit. C'est que Washington, le chef-lieu des Etats-Unis, est en pleine terre de la « Nouvelle-Angleterre. »

 

Source : Bulletin N°11 du 1 novembre 1898 de la Ligue Populaire pour le repos du Dimanche en France

 

Voici, je pense, un nouvel éclairage sur l’action de G. de Pimodan.

 

Noble de par ses origines historiques, militaire par formation, poète par gout, homme politique par conviction, il me semble avoir 100 ans d’avance sur l’actualité sociale et économique. En « homme du terroir », je le devine proche des préoccupations des gens qui l’entourent. Sans doute est-ce pour cela qu’il fut réélu pendant plusieurs décennies en Haute-Marne et à Echenay.

 

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