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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

LA FILLE AU CŒUR D'OR - ECHENAY - 1906

13 Septembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

Le samedi 10 mars 1906, à 6 h 34,  une gigantesque explosion secoue la terre aux environs de Lens. Une épaisse fumée noire s’élève dans le ciel. Les gens se réveillent hagards, tout le monde a entendu le bruit et ressenti les vibrations de la terre. C’est le début d’un drame national.

La catastrophe de Courrières est la plus importante catastrophe minière d'Europe. Elle a lieu entre Courrières et Lens et fait officiellement 1 099 morts. Elle tire son nom de la Compagnie des mines de Courrières qui exploite alors le gisement de charbon du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais dans le Pas-de-Calais. La Compagnie fournit alors 7 % de la production nationale de charbon.

Un coup de grisou suivi d'un coup de poussier dévaste 110 kilomètres de galeries dans les fosses n° 2 à Billy-Montigny, n° 3 à Méricourt et n°4 - 11 à Sallaumines. Le choc a été si fort que les cages ne peuvent plus circuler dans le puits de la fosse n° 3 et que des débris et des chevaux ont été projetés à une hauteur de dix mètres sur le carreau de la fosse.

Trois jours après l'explosion, les recherches pour retrouver les survivants sont abandonnées et une partie de la mine est condamnée, pour étouffer l'incendie et préserver le gisement. Autant dire que les éventuels survivants sont condamnés ! Cette gestion de la crise par la compagnie minière a été particulièrement mal vécue par les mineurs et par leurs familles. Le 30 mars, soit vingt jours après l'explosion, treize rescapés réussissent à retrouver le puits par leurs propres moyens après avoir erré dans le noir total sur des kilomètres, un quatorzième fut retrouvé quatre jours plus tard.

La catastrophe provoque une crise politique et un mouvement social qui débouchent sur l'instauration du repos hebdomadaire.

Wikipédia

 

Face à cette tragédie, un immense élan de solidarité nationale se met en place.

Pensez, 1100 morts !

Il faut aider tous ces gens dans la peine. Des souscriptions sont ouvertes un peu partout pour recueillir des fonds pour les familles de victimes. Le journal « Le Matin » n’est pas en reste.

Le 13 avril, sa 24eme liste de donateurs fait apparaitre Marguerite Brunotte d’Echenay.

Julien et son épouse Marthe Bichet sont arrivés à Echenay entre 1896 et 1901. Lui est originaire de Saint Laurent, tout à côté d’Epinal, elle, de Paris. Il est un enfant de la guerre, né en 1870, elle est de 9 ans sa cadette. Julien a été nommé percepteur à Echenay. Il remplace à ce poste Charles Formelle. Sa situation est assez confortable pour que le couple se fasse aider d’une bonne (Irma Aubriot en 1901, Christine Poirot d’Epizon en 1906).

Mais que viennent faire Julien et Marthe dans cette histoire ?

Eh bien, Marguerite Brunotte, qui a donné 3 francs à la souscription du Journal Le Matin, est leur fille. Elle est née à Echenay en 1901, elle a donc 5 ans ! Nous n’en saurons pas plus sur cette généreuse petite fille, la loi des cent ans nous interdisant l’accès à plus de renseignements. Ses descendants pourront continuer son histoire à ma place.

 

Journal « Le Matin » - Vendredi 13 avril 1906

AD 52

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QUAND ON SMACHAIT A ECHENAY - 1949

12 Septembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay-Epoque Moderne

Après la deuxième guerre mondiale, la jeunesse de France a besoin de bouger, libérée d’un étau qui l’a immobilisé 6 ans. Les alliés ont amené avec eux leurs modes de vie, leurs façons de penser, leurs cultures et leurs sports.


 « L’Union des Jeunes d’Echenay », présidée par Monsieur Pierre Bourgeois, domicilié à Gillaumé par Echenay, s’affilie le 2 novembre 1949 à la Fédération Française de Basket.


Dès lors, on smache, on dribble, on shoote à Echenay !


Las, le 1er décembre 1952, « L’Union des Jeunes d’Echenay » demande sa radiation de la FFB. Sans doute les jeunes d’Echenay sont-ils entrés dans la vie active et n’ont plus le temps de s’adonner à leur sport.


Quid des résultats sportifs obtenus ? Qui formaient l’équipe ? Un Epinceloi pourra peut-être me répondre ?


Source : Journal Basket ball, Organe officiel  de la fédération française de basket – journaux du 15 décembre 1949 et janvier 1953

 

La Fédération française de basketball (FFBB) est une association loi de 1901, fondée en 1932.

Le basket-ball est officiellement devenu un sport en France en 1920, il est alors sous l'égide de la Fédération française d'athlétisme. Ce sport prend rapidement de l'ampleur puisqu'en 1929 ladite fédération doit changer de nom pour devenir la « Fédération française d'athlétisme et de basket-ball ». Mais l'apparition de la FIBA (1932) ainsi que le développement constant de la place du basket-ball en France pousse à la séparation d'avec l'athlétisme. C'est ainsi que le 25 juin 1932 une nouvelle entité, la Fédération française de basket-ball, est créé au sein de la FFA. Une certaine autonomie lui est alors confiée. Un an plus tard, jour pour jour, la FFBB prend son indépendance par rapport à la FFA. L'occasion également de rejoindre, le 15 novembre, la Fédération internationale de basket-ball amateur.


 

Wikipédia

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UN CURIEUX MARIAGE - ECHENAY - 1781

4 Septembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

Mariage-Messay-Capisuchi-Bollogne.png

 

A quelques jours de Noël de l’an 1781, le 17 décembre à Echenay, est célébré le mariage entre       Ignace Paul Simon de Messey (fils de Gabriel et de Louise Pétronille de Ligniville) et Charlotte Monique  de Capisuchi-Bollogne (fille de Charles Camille et de Françoise de Choiseul-Beaupré).

Je passe sur la liste de leurs titres et celle de leurs parents qui sont longues comme un jour sans pain !


Vous l’avez compris, tous deux descendants en droite ligne de « hauts et puissants seigneurs ».


Un mariage ?... Quoi de plus commun ?...


Pourtant, à bien y regarder, celui-ci semble en fait assez curieux et ce pour plusieurs raisons !


Première constatation :

Les futurs époux ne se marient pas dans leur paroisse d’origine. Le fait est étrange pour des nobles de « haute volée » !


Deuxième constatation :

Le mariage n’a même pas lieu à l’église d’Echenay mais dans la chapelle dédiée à Sainte Catherine au château dudit village. La chapelle est minuscule. On y accède par une grande porte donnant sur la  salle des gardes  formant un hémicycle. Pour écouter la cérémonie (ou plus habituellement la messe), on ouvre cette porte et on écoute celle-ci depuis la salle des gardes (à noter que cette chapelle n’existe plus). Vraiment, l’endroit ne correspond pas à ce qu’on imagine pour un mariage d’aussi noble lignée!


Troisième constatation :

Les mariages durant la période de l’Avent sont proscrits, comme durant le Carême, les Quatre Temps et Vigiles, Pâques, la Pentecôte, l’Ascension, l’Assomption, la Toussaint et Noël.  En conséquence, on relève dans l’acte de mariage la présentation d’une dispense pour que le mariage puisse être célébré durant cette période. Vous avez dit Bizarre ?


Quatrième constatation :

Les époux présentent également une dispense pour 2 bans qui n’ont pas été publiés.

Tout semble donc avoir été fait pour réaliser un mariage rapide, discret, et dans la plus stricte intimité comme on a coutume de dire. Comme c’est bizarre !


Mais pourquoi cette grande discrétion ? Que cache-t-elle ? Quel inavouable secret masque-t-elle ?...


La réponse viendra du Duc de Rarécourt de La Vallée de Pimodan dans sa notice parue en 1922, intitulée « Principales Curiosités du Château d’Echenay ».


« Là eut lieu (il parle de la chapelle), avant la Révolution, le mariage du comte de Messey avec Mlle de Capisuchi-Bollogne, riche héritière, propriétaire du château de Beaupré (Meuse), qui ne voulut pas se marier à Beaupré parce qu’elle était bossue. »


N’ayant pu trouver de portrait de Charlotte Monique, je ne sais. De toute façon, à une époque où la photographie n’existe pas, les artistes peintres sont connus pour être plutôt indulgents avec leurs illustres modèles de la noblesse qui sont leurs principaux  clients et souvent leur mécènes. Et l’on sait aussi que les mariages d’amour sont rares à l’époque !...

 

Alors, vérité ou petite pique de l'auteur? Etait-elle vraiment à ce point "contrefaite" pour vouloir se cacher aux yeux de tous? Quoi qu'il en soit, elle aura de ce mariage au moins deux enfants. 

  

Née au mauvais moment pour les aristocrates, elle connaitra les tourments de la révolution. En 1826, sous le règne de Charles X, en tant qu’ascendante d’émigrés, elle réclamera pour la restitution de ses biens (ou plutôt ce qu’il en reste). Elle récupérera 111 377,66 francs versés sous forme d’une rente de 3341 francs au bénéfice de ses enfants Eugène Alexandre Auguste et Victoire Clémentine Charlotte Angélique. Cette dernière épousera Charles François Emmanuel Edwige de Pillot de Coligny-Chatillon le 16 mars 1812 à Paris.

 

Comme quoi, même après 140 articles sur Echenay, on trouve encore des anecdotes amusantes à raconter!

 

Sources :

- AD 52

-Généanet

- Etats détaillés des liquidations faites par la commission d’indemnités à l’époque du 31 décembre 1826 - Comptes rendus par les ministres, Volume 40 – Paris – Imprimerie Royale - 1827

- Principales Curiosités du Château d’Echenay – Pimodan - 1922 – Imprimerie Lepitre/Jobard Langres

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LA FORMIDABLE ASCENSION DU FILS DU CORDONNIER D'ECHENAY- 1820

2 Septembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

echenay aout 2014 012

Au matin du 14 mars 1820, Grégoire Etienne Hurlier, 28 ans, modeste cordonnier d’Echenay, marié à Marthe Gaillet, se présente à la mairie d’Echenay. Il vient déclarer la naissance de son fils qu’il prénomme Nicolas Justin. Le bébé est né la veille, vers 10 heures du soir. Il est accompagné de son frère Nicolas, âgé de 38 ans et de François Gaillet, 30 ans, maréchal ferrant, son beau-frère. Tous sont domiciliés à Echenay.  

Grégoire et Marthe se sont mariés le 24 février 1813 à Echenay.


Nicolas Justin grandit à Echenay avec son frère François, de deux ans son ainé, et on les retrouve sur le recensement de 1836. Il a donc 16 ans. Toutefois, au recensement de 1841, il n’y a plus de trace de la famille Hurlier à Echenay.


Mais je ne perds pas sa piste pour autant. En 1841, je le retrouve à Joinville. Le bébé de 1820 est devenu un grand gaillard d’un mètre quatre-vingt, aux cheveux châtains et yeux bleus, le nez et la bouche moyenne, avec un visage ovale au menton rond, le teint coloré et gaucher de surcroit.

L’armée, à qui nous devons cette description, le juge « de faible complexion » mais le trouve quand même bon pour le service!  Pour l’anecdote, l’armée le prénomme Nicolas-Justinien !! Pressentent-ils son ascension ?


Source : AD 52


En cette année 1841, il est devenu commis de bureau et est domicilié à Joinville. Je ne sais pas chez quel employeur mais le jeune Nicolas Justin semble acquérir de l’expérience et trouver sa voie dans la banque.


En 1848 se crée le Comptoir National d’Escompte, ancêtre de la BNP. C’est à celui de Neufchâteau, au capital social de 900 000 francs, qu’œuvre N. Hurlier en 1849 en tant que dirigeant. Il a 29 ans !


Source : Journal « Petites affiches de Rambervillers » – 4 février 1849


Dès lors, il ne quitte plus le sérail !


En 1862, à 42 ans, il a migré à Paris où l’annuaire de commerce Didot-Bottin le cite comme Chef de la correspondance du Comptoir d’Escompte parisien.


Arrive ensuite la guerre de 1870 !


En 1873, le conseil d’administration du Comptoir d’Escompte de Paris l’appele aux fonctions de sous directeur de l’établissement. Il a 53 ans.


Source : Le Tintamarre - hebdomadaire satirique et financier – 19 janvier 1873


L’année suivante (1874) marque en quelque sorte l’apothéose de sa carrière et la reconnaissance du travail fourni.


Il est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur par décret du 7 mars 1874, rendu sur le rapport du Ministre des finances, et à la demande du Directeur de l’Etablissement, Pierre François Gustave Girot.


Ce dernier écrit :


 « Monsieur le Ministre, Au moment où nous venons de recevoir de Mr le Directeur du Mouvement Général des fonds des félicitations pour le concours que le comptoir d’Escompte a été heureux de prêter au Trésor dans les opérations relatives au paiement de l’indemnité de guerre, le Conseil d’Administration croit devoir appeler, Monsieur le Ministre, votre bienveillante attention sur Mr Hurlier, Sous-directeur, celui des ses collaborateurs qui a eu, dans ces affaires, la plus lourde tâche.

Attaché au Comptoir d’Escompte depuis sa fondation, Mr Hurlier a toujours dirigé nos services les plus importants : Toutes les opérations qui ont été la conséquence des souscriptions recueillies par le Comptoir lors de l’émission des Emprunts Nationaux, ont été placées sous son contrôle et, maintes fois, les bureaux du Ministére avec lesquels il était en relations suivies, nous ont adressé des félicitations pour les travaux qu’il avait inspirés. »


Nicolas Justin Hurlier marque légèrement sa fierté, me semble-t-il, dans la lettre qu’il envoie au Secrétaire Général pour la constitution de son dossier. Il écrit :


« Ayant déjà été autorisé à accepter plusieurs décorations étrangères et à en porter les insignes, je crois inutile de produire de nouveau mon acte de naissance ».


Il faut dire qu’il a déjà été décoré à plusieurs reprises :


Chevalier de l’ordre de Guadalupe - 26 mars 1867

Décoration de 3eme classe de l’ordre de Nicham-Iftickar

Chevalier de l’ordre de François Joseph – 27 mai 1868

Décoration de 4e classe de l’Ordre de Medjidié – 4 juillet 1868

Décoration de 2e classe de l’Ordre de Nicham-Iftickar – 11 mars 1870


Source : Base Léonore


L'ordre de Notre-Dame de Guadalupe est un ordre de chevalerie impériale mexicaine.

 

Le Nichan Iftikhar ou Nichan al Iftikhar (نيشان الافتخار    ), du turc İftihar Nişanı (Ordre de la Fierté), est un ancien ordre honorifique tunisien souhaité entre 1835 et 1837 par Moustapha Bey et réellement formalisé par Ahmed Ier  Bey, alors bey de Tunis. Ce premier ordre, par sa date de création, est attribué pour récompenser des services civils et militaires aussi bien aux ressortissants tunisiens qu'étrangers. Mais il existe aussi un ordre du même nom en Turquie.

 

L'ordre de François-Joseph (en allemand : Kaiserlich-Österreichische Franz-Joseph-Orden ; en hongrois : Ferenc József-rend) est un ordre de la monarchie austro-hongroise institué le 2 décembre 1849 par l'empereur François-Joseph le jour anniversaire de son accession au trône, pour honorer des personnalités militaires et civiles. Il a été supprimé par la république autrichienne en 1918.

L'ordre du Médjidié est un ancien ordre honorifique de l'Empire ottoman fondé en 1852 par le sultan Abdülmecit Ier  (1839-1861). Il était attribué pour récompenser les services civils et militaires. Il fut supprimé lors de l'avènement de la République turque en 1922.

Source : Wikipédia


Auréolé de cette nouvelle gloire,  il apparait en 1876 dans l’Almanach national – Annuaire officiel de la République Française. Il a 56 ans.


Mais sa santé devient précaire. En 1880, les journaux financiers relaient l’information suivante :


« Nous apprenons que Mr Hurlier, sous-directeur du Comptoir d’Escompte de Paris, obligé par les soins que réclament sa santé de quitter le service actif, a été nommé sous-directeur honoraire. »


Source : Le Temps - 12 mars 1880


Le journal  « Le Capitaliste, Journal de la banque Parisienne », du  17 mars 1880 reprend exactement le même article. Il est remplacé par Mr Denfert-Rochereau, précédemment Secrétaire Général du Comptoir.


En 1881, âgé de 61 ans, il quitte définitivement ses fonctions :

 

« Mr Hurlier, sous-directeur, s’est vu obligé de se démettre de ses fonctions pour raison de santé. Nos sympathies l’ont suivi dans sa retraite, où le titre de sous-directeur honoraire lui a été accordé, en récompense de ses services »


Source : Le tintamarre, hebdomadaire satirique et financier – 6 mars 1881


Il décédera en 1882 et sera inhumé au cimetière d’Echenay, preuve qu’il n’a jamais oublié ses origines Epincelloises. Ses parents ont-ils vu son ascension ? Je n’ai pas pris la peine de chercher !


 

Voici comment une simple visite de cimetière amène à découvrir comment un fils de cordonnier d’Echenay devient un « cador » de la finance française. Son monument funéraire, majestueux, est actuellement déclaré abandonné. Il serait dommage qu’il disparaisse !...

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