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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

Ce blog retrace la petite et la grande histoire d'Echenay Haute-Marne sous forme de petits articles, au fil de mes recherches et découvertes généalogiques.

LA RENCONTRE DE CYPRIEN ET ARTHUR - 1813 / 2019

Publié le 29 Mai 2019 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Ca s'est passé près d'Echenay

L’histoire que je vais raconter aujourd’hui n’a rien à faire dans ce blog consacré à l’histoire d’Echenay et de ses habitants, les Epincelois.

Oui mais voilà, c’est une belle histoire !...

Il y a quelques jours, j’ai été contacté par Bérangère qui sollicitait mon aide pour une recherche assez particulière :

« Ce petit message pour savoir si tu accepterais de m'aider sur la demande de recherche d'un petit garçon de 10 ans qui s'appelle Arthur. Cette demande est absolument adorable et assez incroyable. La famille de petit Arthur a retrouvé une lettre. L’homme se nomme Cyprien Richeton et serait leur ancêtre ? Ce petit garçon est fasciné et a demandé de l’aide à sa maîtresse (ma sœur). Voilà, je trouve ça adorable et génial. Arthur n’a que 10 ans ».

Au message était joint le document suivant :

LA RENCONTRE DE CYPRIEN ET ARTHUR - 1813 / 2019
LA RENCONTRE DE CYPRIEN ET ARTHUR - 1813 / 2019

« Vous me dites que si j’ai besoin d’argent [mot manquant puis mots illisibles] 

donné par [mots illisibles] mais je n’en ai pas

besoin, je ne dépense pas beaucoup. Nous faisons trois fois l’exercice par

jour. Le samedi il faut frotter nos boutons, nos fusils, nos gibernes, nous

serons très chargés. On [mot rayé] m’a donné un habit, une veste, deux

pantalons, un caleçon, trois paires de guêtres et une paire de souliers [mot rayé]

une paire de bas et deux colle et une capote, trois brosses, une boite pour

mettre de la graisse et un caque de peau et un caque de toile pour

nous coucher et on m’a pris mon caque et ma veste et nous sommes

très chargés. Ma chère mère et mes frères et sœurs vous vous faites

bien mes compliments.

Cyprien [mot manquant] Richeton

Voila comme je suis habillé

A Strasbourg le 24 mai 1813 »

—

La recherche débutait…

D’abord, il convenait de trouver dans quelle région le patronyme Richeton était le plus répandu. Une recherche sur Généanet et Filae indiquait comme piste la Haute Marne et les Vosges.

Ensuite, à gauche du dessin, Cyprien a noté son nom. Dans la partie manquante apparaissent seulement le bas de lettres d’un deuxième prénom où il me semble distinguer Joseph…

LA RENCONTRE DE CYPRIEN ET ARTHUR - 1813 / 2019

Enfin, le ton de la lettre, la description du paquetage qui est faite, laissent entrevoir vraisemblablement une nouvelle recrue fraichement arrivée à Strasbourg en mai 1813 et le dessin de la lettre (exceptionnel !) montre clairement un soldat de l’infanterie de ligne.

Mais quels régiments avaient leurs dépôts à Strasbourg à cette époque ?...

Je découvrais alors que 8 régiments d’infanterie étaient stationnés là-bas : les 3e, 18e, 39e, 40e, 57e, 63e, 83e, 105e, 152e de ligne.

Il ne restait plus qu’à parcourir leurs registres de recrutement vers la période concernée dans l’espoir de découvrir un nommé Cyprien Joseph Richeton !

Et c’est dans le registre du 57e régiment d'infanterie de ligne (25 février 1813-19 mai 1813) que je trouvais notre homme !...

Cyprien Richeton était le fils de Claude Richeton (lui même né à Aigremont (52) le 24/9/1751) et d’Agnès Didier. Il était né le 16 septembre 1788 à Sauville (88). Le registre nous en livre une description sommaire : 1.60 m, visage rond, front élevé, yeux gris et cheveux châtains, il exerçait à Sauville le métier de cordonnier…

Conscrit N°49 de la liste du canton de Bulgnéville, il est recruté sous le matricule 13587 et arrive au corps le 3 mai 1813. C’est donc lors de sa préparation militaire qu’il écrit cette lettre à ses parents.

Voici son acte de naissance qui confirme bien qu’il se nommait en réalité Cyprien Joseph

LA RENCONTRE DE CYPRIEN ET ARTHUR - 1813 / 2019
Cyprien au recrutement cantonal de Bulgnéville (merci à Aurélie Mangin)

Cyprien au recrutement cantonal de Bulgnéville (merci à Aurélie Mangin)

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Après la campagne de Russie de 1812 qui a tourné « à l’aigre » et a décimé son armée, Napoléon doit toujours faire face à la sixième coalition et au soulèvement des états allemands qu’il avait soumis et qui ont rejoints la Russie. Ce sera la campagne d’Allemagne de 1813.

Il lance alors une nouvelle vague de recrutement dont fera partie Cyprien.

Après une série de victoires (dont aucune n’est décisive) et de revers, l’armistice de Pleiswitz est signé le 4 juin 1813 mais la diplomatie anglaise a travaillé en coulisses en offrant des millions de livres sterling aux coalisés pour les soutenir et qu’ils poursuivent la guerre. Le 11 aout, l’Autriche, elle aussi encouragée par les Anglais, déclare la guerre à la France et les hostilités recommencent.

Mais Cyprien dans tout cela ?...

Depuis mai, notre vosgien a traversé l’Allemagne sous la bannière de l’Aigle Impérial. Le 30 aout, il est à Kulm sous les ordres du général Vandamme. Avec 32 000 hommes de son camp, il s’oppose aux 54 000 Autrichiens, Prussiens et Russes du Général Barclay de Tolly.

Après la victoire de Dresde les 26 et 27 août, Vandamme a poursuivi les troupes alliées en retraite. Il rencontre l'armée d’Ostermann-Tolstoï près de la ville de Kulm (actuellement Chlumec, à 8 km d'Ústí nad Labem, en République tchèque). Nos jeunes recrues sont valeureuses mais, fatiguées et inexpérimentées, elles s’inclinent et battent en retraite. Pour les Français, il y eut 5 000 soldats tués ou blessés et entre 7 et 13 000 capturés, y compris Vandamme et 80 canons. Les coalisés eurent 11 000 soldats tués ou blessés.

Cyprien Joseph Richeton y est fait prisonnier. Si Vandamme fut libéré à la signature de la paix en 1814, on perd la trace de Cyprien… Simple soldat, son sort fut certainement bien différent de celui du général d’empire ! Fut-il sommairement exécuté comme cela arrivait parfois, vendu à des paysans ou déporté vers l’Est, on ne le saura pas… Et l’état civil de Sauville ne nous livre aucun renseignement sur un retour possible.

Reste-t-il quelque part ailleurs, enfouies dans de vieilles archives, des traces de Cyprien Richeton ?...

Au moins, il y a une belle histoire à la fin un peu triste à raconter à un enfant de 10 ans qui y trouvera peut-être une motivation pour s’intéresser à l’histoire en général et à celle de ses ancêtres en particulier !

LA RENCONTRE DE CYPRIEN ET ARTHUR - 1813 / 2019

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En janvier 1797, l’armée républicaine française se trouvait en Italie sous les ordres de Bonaparte. A « la Favorite », non loin de Rivoli, la 57eme demi-brigade (qui deviendra le 57eme régiment de ligne) fait des prodiges. Le lendemain, Bonaparte passant en revue les vainqueurs, s’arrête devant elle, la salue en se découvrant, et leur dit : « La terrible 57eme demi-brigade que rien n’arrête ! ». A partir de ce moment, le 57eme sera surnommé « le Terrible ».

Puis, le 7 septembre 1812, à l’occasion de la campagne de Russie, le 57ème RIL s’illustra à la bataille de la Moskowa - Russie en prenant la redoute de Semenofskoïe. Le lendemain, Napoléon autorise le 57ème de ligne à faire usage de boutons portant en relief une petite reproduction de la croix de la Légion d’honneur. Voilà un exemplaire des boutons que Cyprien frottait le samedi, dans son campement de Strasbourg, avant de partir vers sa destinée…

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Mais tout est « terrible » dans cette histoire ! Cette lettre touchante d’un jeune soldat qui part vers son destin, le dessin qu’elle porte, l’histoire de Cyprien, la recherche et l’intérêt du jeune Arthur pour un vieux manuscrit et bien sûr le fait d’avoir pu identifier le soldat avec à priori si peu d’éléments et d’avoir réussi à retisser le lien de Cyprien avec la famille d’Arthur…

Sources :

Le document d’Arthur (Salut Arthur ! wink )

AD88 (et AD52 pour le père de Cyprien)

Mémoire des hommes

Résumé de l'historique du 57e régiment d'infanterie - Itier. Jean Baptiste Fulbert Arthur, Cyprien Jean Marie Émile Favatier – 1889

Généanet & Filae

Wikipédia

Et quelques autres sites…

LA RENCONTRE DE CYPRIEN ET ARTHUR - 1813 / 2019
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LA BONNE MINE DE PIERRE GARINOT, FACTEUR A ECHENAY - JUIN 1937

Publié le 19 Mai 2019 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Ceux d'Echenay...

LA BONNE MINE DE PIERRE GARINOT, FACTEUR A ECHENAY - JUIN 1937

Pierre Charles Garinot, fils de Nicolas Alexandre Garinot et de Marie Louise Thiéblemont, naquit à Pansey(52) le 31 mai 1902.

Le 9 novembre 1929, il épouse Suzanne Martin, née à Effincourt le 14 septembre 1909.

Pierre devenu facteur, le couple réside à Echenay en 1936 où sont nés leurs deux enfants, Andrée (née en 1931) et Jean (né à1933).

A cette époque, les tournées de distribution sont bien longues et Pierre a parfois besoin d’un remontant…

Quoi de mieux alors qu’un verre de Quintonine ?...

La Quintonine, en vente dans toutes les bonnes pharmacies !

La Quintonine, en vente dans toutes les bonnes pharmacies !

Voici ce qu’on peut lire dans la presse de l’époque.

« Quand on fournit un travail assidu pendant toute l’année, on connait fatalement un jour ou l’autre une de ces périodes de dépression physique où l’on se trouve abattu, sans force et sans courage devant la tâche quotidienne.

C’est alors qu’une cure de Quintonine s’impose. Pour ceux qui travaillent et usent leurs forces dans le labeur quotidien, la Quintonine constitue en effet le moyen le plus sûr – et le moins couteux – de retrouver rapidement tous ces moyens comme de prévenir les défaillances.

Les trois raisons du succès de la QUINTONINE

Rien qu’en France, il se consomme à l’heure actuelle 12 à 15 millions de verres de Quintonine par mois. Ce succès de la Quintonine – succès on peut le dire sans précédent – s’explique tout naturellement :

  1. Par sa valeur thérapeutique. la Quintonine, grâce à sa formule très complète, agit de façon rapide, profonde et durable. Elle triomphe de toutes les dépressions, chez les jeunes comme chez les vieux, chez les femmes comme chez les hommes.
  2. Par son prix modique. Une vente annuelle par millions de flacons a permis de fixer et de maintenir à 4 F 95 seulement le prix de la Quintonine : c’est le moins couteux de tous fortifiants.
  3. Par son gout délicieux. La Quintonine est aussi agréable à déguster qu’un réel apéritif. Aussi, beaucoup de personnes en font-elles usage régulièrement.

 

Huit plantes dans le même fortifiant !

 

La Quintonine contient les principes actifs, non pas d’une seule plante, mais de huit plantes différentes : Quinquina, Kola, Ouassia de Guyane, Gentiane d’Auvergne, Ecorces d’oranges amères, etc…

Toutes ces plantes sont connues de longue date pour leurs vertus toniques, stomachiques, apéritives et stimulantes. Et le glicéro-phosphate de Chaux qui leur est associé vient encore renforcer la valeur reconstituante de la Quintonine.

On conçoit qu’une formule aussi complète puisse agir merveilleusement contre une foule de malaises : lassitude générale, manque d’appétit, nervosité, insomnies, idées noires, découragements, vertiges, éblouissements, migraines persistantes, etc…

 

Si vous vous sentez fatigué, déprimé, si vous travaillez sans gout, versez dans in litre de vin le contenu d’un flacon de quintonine. Le vin fortifiant que vous obtenez ainsi instantanément est délicieux, et c’est un régal d’en prendre un verre à madère avant chaque repas.

Dès le premier jour – mieux : dès le premier verre – votre appètit est stimulé. Puis, bien vite, toute sensation de lassitude disparaît. Vos muscles sont fortifiés. Votre sang régénéré s’enrichit de millions de globules rouges. Vos nerfs calmés, tonifiés, vous font retrouver enfin un sommeil paisible et réparateur. C’est un retour progressif – et définitif – à cette parfaite santé qui rend le travail facile et la vie joyeuse. »

Pierre Garinot en est tellement content qu’il témoigne le 2 juin 1937 dans le journal « La petite Gironde »…

LA BONNE MINE DE PIERRE GARINOT, FACTEUR A ECHENAY - JUIN 1937

En somme, avec Quintonine, le facteur Garinot avait bonne mine !

Il décédera à Chevillon (52) le 18 mars 1964 à l’âge de 62 ans, la Quintonine, malgré ses bienfaits, n’étant malheureusement pas un élixir de longue vie !

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