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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

PREMIÈRE PERMISSION

27 Mars 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

Au sommet du coteau reverdit le vieil orme

Planté par les aïeux où le chemin se tord,

Et le jeune troupier, maigre un peu, leste et fort,

Revient joyeusement montrer son uniforme.

 

Il n'est qu'un numéro dans notre armée énorme,

Mais vienne le matin décrété par le sort,

Au clairon résonnant de Maubeuge à Belfort,

On ne connaîtra pas de soldat qui s'endorme.

 

- Et voici, tout en bas vers le pont du ruisseau,

Dans les prés, que paraît, tournant un arbrisseau,

La silhouette aimée, élégante et rustique...

 

C'est Elle, la promise!... Il sent battre son cœur,

Et, vite, descendant au grand pas gymnastique,

Croit confusément voir l'aube du jour vainqueur.

 

Source : Les Sonnets de Pimodan - Paris – Librairie Léon Vannier, Editeur, 19 Quai Saint Michel - 1898

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TESTAMENT DE CHARLES-HERVE DE PIMODAN - 1734

15 Mars 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Solidarité et Générosité à Echenay

Débutant par une formule bien connue des généalogistes, Charles Hervé de la Vallée de Pimodan écrit son testament le 30 Mars 1734.

Par cet acte, somme toute anodin, il prouve son attachement à Echenay, comme l’avait fait son père avant lui, et n’oublie pas les Epincellois.

Il est à noter que l’acquisition d’Echenay par les Pimodan ne s’est faite qu’en 1680, soit peu de temps auparavant.

 

 

30 mars 1734, Echenay.

Testament de Charles-Hervé de La Vallée de Pimodan.

 

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit, ainsi soit-il.

Je soussigné, Charles-Hervé de La Vallée Pimodan, considérant que rien n'est plus certain que la nécessité de mourir et que rien n'est moins assuré que l'heure de la mort, et ne voulant pas en être prévenu sans avoir marqué ce que je désire être exécuté après mon décès, j'ai fait le présent testament, écrit de ma main et signé par moi.

 

Je recommande mon âme à Dieu, etc.

Je donne aux sœurs Collettes de la ville de Metz la somme de cent livres, et prie mes enfants de leur continuer tous les ans la petite charité que je leur faisois toujours.

Je donne aux pères Capucins de Joinville une somme de cinquante livres et pareille somme aux pères Récollets de Gondrecourt.

J'ordonne qu'il soit dit trois cens messes après mon décès, etc.

Je donne à la paroisse d'Echenay une somme de cent livres, qui sera placée par M. le curé, de concert avec mes enfants, à condition que l'on fera tous les ans un service dans la ditte paroisse pour le repos de mon âme et de ma famille.

J'ordonne à mes enfants d'exécuter très exactement les volontés de feu mon père au sujet des quatre mille livres qu'il a laissés par son testament aux pauvres de la terre d'Echenay, pour leur distribuer tous les ans la rente de cette somme, que je leur enjoins de placer, en cas que je ne l'aye pas fait avant mon décès.

Et comme feu mon père, par son même testament, a donné à la chapelle d'Echenay une somme de quinze cent livres, à la condition que le chapelain dirait une messe d'augmentation par semaine, pour le repos de son ame et de celles de sa famille ; désirant suivre son exemple et contribuer à la fondation de la dite chapelle et exécuter ses volontés, je déclare que la ferme des Écrues, située au ban et finage de Pencey, que j'ai achetée de feu M. de Balida, a été dans le dessein de la donner à la ditte chapelle, lui donnant par ce même testament, quoique la ditte ferme vaille beaucoup plus que les quinze cent livres que feu mon père lui a laissé, afin que le chapelain aye de quoi vivre, honnêtement (1).

 

J'ordonne à mes enfants de faire faire un épitaphe à feu mon père dans la chapelle de la famille à la paroisse Saint Amant, à Toul, dans lequel épitaphe ils pourront faire mention de moi.

 

Et pour le surplus de mes biens je nomme et institue pour mes héritiers mes deux fils Charles-Joseph et Jean-Nicolas, aux quels je laisse mes biens suivant la disposition que j'en ferai ci après, savoir, à mon fils Charles-Joseph ma terre d'Echenay et Vaudeville, avec touttes leurs appartenances et dépendances, même touttes les acquisitions que j'ai faittes aux environs, consistantes en partie de la seigneurie de Pensey et de Soulaincourt, avec tous les meubles qui en sont tant au château d'Echenay qu'à Toul dans la maison où j'habite présentement; et comme feu mon père m'avoit substitué la moitié de la ditte terre d'Echenay et que cette moitié devoit lui appartenir après ma mort, je lui substitue encore l'autre moitié dont je peux disposer à l'aîné de ses enfans mâles, et, en cas qu'il vienne à mourir sans enfans, je la substitue à son frère Jean-Nicolas et à l'aîné de ses enfans. Je lui donne en outre ma charge de bailly de Toul, avec le gagnage que j'ai au faubourg de Saint-Epvre, et générallement tout ce que je puis avoir à Toul et aux environs.

 

Et à l'égard de mon fils Jean-Nicolas je lui donne ma terre de Buxières et Froncles. Je charge son frère Charles-Joseph d'acquitter tout ce qui en sera dû au jour de mon décès. Je charge en outre mon fils Charles-Joseph de donner à son frère Jean-Nicolas vingt cinq mille livres, pour le bien qui peut lui revenir de Madame sa mère.

 

Je donne encore à mon fils Jean-Nicolas [les livres] qui sont tant à Toul qu'à Echenay, lesquels, pour la plupart, viennent de mon grand oncle M. de La Vallée évêque de Toul.

Outre les quatre mille livres que feu mon père a laissés aux pauvres de la terre d'Echenay, je leur donne encore quatre autres mille livres que mes enfants placeront en biens fonds, pour le revenu en être distribué aux pauvres de la dite terre tous les ans.

Si cependant mes enfants trouvoient à propos et pour le mieux d'établir à Echenay deux soeurs de la Charité ou de S' Charles, pour soulager les pauvres malades, ils pourront convertir ces deux sommes et les destiner à cet établissement que je crois nécessaire et utile, etc.

Je prie Monsieur le comte de Ghoiseul-Beaupré de vouloir bien être exécuteur de ce mien testament, le nommant à cet effet et le priant d'en vouloir prendre la peine.

 

Fait à Echenay le trente mars mil sept cent trente quatre. Signé : La Vallée Pimodan.

 

 

(1)Toutes les fondations d'Echenay ont été perdues à la Révolution.

 

(Archives Pimodan. Copie sur papier, signée de ses petits-enfants, et du curé d'Echenay, le20juillet 1782.)

 

Source : Titres de la maison de Rarécourt de La Vallée de Pimodan par Alphonse Roserot -  Paris – Librairie Plon - 1903

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LE DÉPART

13 Mars 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

Avec un coup de vin qui doit chasser le doute,

Vers la gare s'en va lestement le conscrit,

Ayant peur d'avoir peur, mais, l'air un peu contrit,

Il s'arrête, timide au sommet de la route.

 

Le village est en bas, et le jeune homme écoute

Si quelque bruit lui vient. Non... il se croit proscrit

Vaguement; une crainte accable son esprit...

Quoi donc! Il faut pourtant marcher coûte que coûte.

 

Il le faut, la Patrie ordonne; et sur son front,

Si près des sols perdus où saigne notre affront,

Le paysan d'hier sent passer une flamme.

 

Rien ne l'arrêtera, haut-marnais ou meusien,

Ou fils des Vosges, car il porte dans son âme

Tout un siècle d'honneur obscur et plébéien.

 

Source : Les Sonnets de Pimodan

PARIS - LIBRAIRIE LÉON VANIER, ÉDITEUR

19, QUAI SAINT-MICHEL - 1898

 

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CONSEIL DE REVISION DANS L'EST

9 Mars 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

 

le conscrit

        Illustration: Le départ du conscrit 

 

Les temps  sont durs... L'hiver écoulé fut néfaste :

Froid, neige, brume, vent... Et les joyeusetés

D'un tel jour font défaut au plus enthousiaste,

Pensif, hélas! Déjà sous les réalités...

 

Mais voici les conscrits dans la salle assez vaste,

Dix par dix, étalant leurs maigres nudités

De pauvres villageois qu'un dur labeur dévaste

Pour arracher nos champs à leurs stérilités.

 

Partir? Rester? Plus d'un craint qu'on ne le réforme.

Partir, c'est voir la ville et porter l'uniforme,

Hasarder les succès si rêvés à vingt ans...

 

Rester, c'est secourir encore le vieux père

Dont la main s'alourdit sur la glèbe improspère…

Et les plus résolus s'avancent, hésitants.

 

Source : Les Sonnets de Pimodan

PARIS - LIBRAIRIE LÉON VANIER, ÉDITEUR

19, QUAI SAINT-MICHEL - 1898

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Mr LANDEVILLE D'ECHENAY- ENGAGE CONDITIONNEL EN 1886

3 Mars 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

 

Avant de découvrir l’article concernant un habitant d’Echenay, j’ai pensé utile de faire un court résumé sur l’évolution du service militaire Français.

 

 

1798 à 1818 

 

La loi Jourdan-Delbrel du 19 fructidor de l’an VI (5 septembre 1798) institue la conscription. Le service militaire est obligatoire pour tous. Il n’existe plus d’armée de métier formée de nobles et de mercenaires. Chaque Français est déclaré soldat de 20 à 25 ans soit par engagement volontaire soit par la conscription.
Un tableau de recensement est dressé par commune et par canton. Ces tableaux sont dressés par classe et mentionnent les noms, prénoms, année et jour de naissance, la taille, la profession, la commune du domicile. Les conscrits sont recensés dans la commune de leur domicile ou de celle de leurs parents.
Le principe du remplacement est reconnu (loi du 8 mars 1800), chaque conscrit pouvait payer un remplaçant afin d’échapper aux obligations militaires.

Le tirage au sort sera institué par la loi du 28 décembre 1803. Le service obligatoire est de 5 ans.

 

1818 à 1872

 

La loi du 10 mars 1818 dite « loi Gouvion-Saint-Cyr » modifie sensiblement le système de la conscription.

La désignation du contingent se fait à la fois en fonction de la population des départements (suivant les recensements) et par tirage au sort avec possibilité de remplacement.
La durée du service militaire est de 6 ans.
Le tirage au sort a lieu au chef-lieu de canton en séance publique devant le sous-préfet et les maires. Les jeunes gens sont appelés dans l’ordre du tableau de recensement pour prendre un numéro dans une urne. Suivant le numéro, certains seront dispensés de toute obligation militaire, les autres se présenteront devant le conseil de révision qui jugera de l’aptitude physique et des causes de dispense ou d’exemption.

 

 

 

1872-1997

 

En 1872, la loi Cissey modifie le recrutement de l’armée. Elle instaure un service militaire universel d’une durée fixée par tirage au sort (cinq ans ou un an).
Le remplacement militaire est supprimé.  La loi établit le principe du service militaire obligatoire et universel, mais en tempérant de nombreuses dispense (soutiens de famille, membres de l'enseignement, clergé). Le service est de 5 ans dans l'active, 4 ans dans la réserve puis 11 ans dans la territoriale, mais le système de tirage au sort permet au bon numéro de ne faire qu'un an et même 6 mois, suivis par des périodes de réserve de 28 jours par an. Les jeunes bacheliers peuvent devancer l'appel et ne faire qu'un an de service comme engagés volontaires s'ils versent une somme de 1500 francs pour frais d'équipement *.

1889: Le service devient réellement universel et la durée du service actif passe de 5 à 3 ans. (Cependant, les hommes sont libérés au bout de 40 mois)

En 1905, le service militaire devient national, personnel, obligatoire et d’une durée égale pour tous. Le tirage au sort disparaît (loi du 21 mars 1905).

 

En 1997, le service national est suspendu.

 

Sources :  La généalogie entre amis.com

                Histoire du Service Militaire - AC- Rennes.fr         

           

* Voici donc l’explication de l’article qui suit.

 

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RECRUTEMENT- Engagés conditionnels.

 

Deux demandes tendant à obtenir le dégrèvement de tout ou partie de la prestation de 1,500 fr. exigée des engagés conditionnels d'un an, en 1886, ont été communiquées à la Commission par M le Préfet, le 8 novembre 1886.

 

Ces demandes concernaient les intéressés dont les noms suivent :

 

1° Didier, Désiré, de Bourmont ;

 

2° Landéville, Claude Pierre Nicolas Camille, d'Echenay.

 

La Commission, après examen des dossiers, a émis l'avis qu'il y avait lieu d'accorder, savoir :

 

- Exemption de moitié de la prestation au sieur Landéville;

 

- Exemption d'un quart au sieur Didier.

 

Le nombre des jeunes gens admis au volontariat étant de 17, le département avait droit, en effet, à la remise des trois quarts du versement exigé.

M. le Préfet a statué conformément à l'avis de la Commission.

 

Fait et délibéré en séance, à Chaumont, le 1er avril 1887.

 

BARBOT, Président ; CAPITAIN; P. CLAUDEL; FLAMARION;

LINET; H. DEMONTROL, Secrétaire

 

Source : Rapports et Procès verbaux des séances du Conseil général de Haute Mare – Avril 1887

 

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G. DE PIMODAN: "OUVRIER, POETE, SOLDAT, etc..." -1927

2 Mars 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Gabriel de Pimodan

Poète, Gabriel de Pimodan ne peut échapper à la critique littéraire.      Extraits…

 

 

« Gabriel de PIMODAN, Poèmes choisis, préface d'Auguste Dorchain, in-8, 271 p., avec deux portraits et une gravure, Messein, 1927, 15 fr.

 

 Cette anthologie est faite de poèmes cueillis dans l'œuvre d'un homme qui fut à la fois le chef d'une illustre maison féodale, et, pendant plus de vingt-cinq ans, conseiller général et maire d'Echenay (Haute-Marne). II  avait été soldat ; il démissionna en 1881, et se donna tout entier à sa tâche sociale et à ses travaux littéraires;

 

Avec Alfred de Vigny, il peut dire :

 

« J'ai mis sur le cimier doré du gentilhomme

Une plume de fer qui n'est pas sans beauté. »

 

Ces poèmes, en effet, sont d'un excellent ouvrier en vers, respectueux de ses lecteurs et de son art. Evidemment, on peut lui faire le reproche que l'on fait à l'école parnassienne que l'artisan et l'artiste étouffent un peu en lui le poète. Mais c'est un reproche qu'on ne peut plus guère faire à nos poètes d'aujourd'hui et qui ressemble fort à un éloge.

 

Toutefois, un peu de virtuosité se fait jour dans le choix des thèmes (la chanson des couleurs, par exemple), et dans la facture des vers : les sonnets sont « herediesques*»  à plaisir (* de José Maria Heredia, poète réputé pour l’impeccable facture de ses sonnets).

 

D'autre part, il faut dire que cette âme vraiment noble a de hautes inspirations patriotiques et chrétiennes, que la poésie du passé enchante ce descendant des barons féodaux, et que l'esprit du XVIII siècle, ou même celui du XIX (voyez « Mes deux hôtels » !), étincelle en plus d'une page.

 

Comme il arrive  souvent pour des volumes de vers, si honnêtes qu'ils soient, on ne peut les conseiller à tous. J'avouerai même que les poèmes sur la mort sont d'une inspiration un peu païenne (oh! un paganisme purement artistique!). Mais en dehors des adolescents insuffisamment avertis, les amateurs de poésie liront avec plaisir ce beau et solide volume. »

 

Sources : Revue des Lectures, 1927/01/15, 1927/08/15.

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