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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

Ce blog retrace la petite et la grande histoire d'Echenay Haute-Marne sous forme de petits articles, au fil de mes recherches et découvertes généalogiques.

MARIE MATHILDE REGNAULT, VEUVE BERGDOLL - ECHENAY 1895 / 1900

Publié le 16 Février 2020 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Ceux d'Echenay...

Rue Maujean - Wassy 52

Rue Maujean - Wassy 52

Marie Mathilde Regnault n’a fait que passer à Echenay.

Née le 28 novembre 1857 à Chevillon (52) de Charles Pierre Joseph Regnault, gendarme en ce même village, et de Marthe Eulalie Dorey, ce sont vraisemblablement les nécessités de la vie qui l’ont amené à travailler et à découvrir Echenay.

Le lundi 14 avril 1884, elle avait épousé à Wassy (52) Michel Barthélémy Bergdoll, professeur d’allemand au collège de Wassy et jeune veuf de Justine Julienne Zoé Multier.

Michel Barthélémy, lui, était né le 11 novembre 1852 à Forbach (57), fils de Jean Baptiste Bergdoll et de « dame » Catherine Lang.

De cette union entre « Monsieur le professeur » et « Mademoiselle la fille du commissaire » (eh oui, le gendarme Charles Pierre Joseph Regnault avait fait son chemin !) naquirent rapidement Antoinette Madeleine (°10 février 1885) et Charles Georges (°26 juillet 1886). Comme il convenait à l’époque, Marie Mathilde ne travaille pas et s’occupe de ses deux enfants.

La vie s’écoule, sans doute tranquille. En 1892, la maitrise de la langue allemande permet à Michel Barthélémy d’être nommé « Interprète de réserve » par décret de Sadi Carnot, le Président de la République de l’époque. (JORF du 17 février)

Mais le 27 juin 1893 au matin, après 9 ans de mariage seulement, Michel Barthélémy décède à son domicile du 7 rue Mauljean à Wassy. Maladie, mort subite, je ne sais pas… Toujours est-il que Marie Mathilde se retrouve jeune veuve avec deux jeunes enfants et sans emploi.

Elle se met donc en quête d’un travail et elle rentrera aux Postes et Télégraphes.

Embauchée à la poste de Wassy comme employée, elle y reste quelques temps puis sera mutée en début d’année 1895 au bureau de poste d’Echenay en qualité de receveuse et en conservant son salaire de 1000 francs (Bulletin mensuel des postes et télégraphes France. Ministère des postes – Annexe au bulletin mensuel des Postes et Télégraphes – Février 1895). C’est là que je la retrouve dans le recensement de 1896 en compagnie de son fils Georges mais sans Madeleine. Elle remplaçait à Echenay Mr Gallois qui lui partit à Vitry La Ville (51) (L’Indépendant Rémois – 8 février 1895). En novembre 1899, Marie Mathilde voit son traitement passer à 1200 francs (Bulletin mensuel des postes et télégraphes France. Ministère des postes – Annexe au bulletin mensuel des Postes et Télégraphes – Novembre 1899).

La poste de Lusigny - Il est très probable que la femme de cette carte postale oblitérée en 1918 soit Marie Mathilde Regnault, veuve Bergdoll.

La poste de Lusigny - Il est très probable que la femme de cette carte postale oblitérée en 1918 soit Marie Mathilde Regnault, veuve Bergdoll.

Fin 1899 (ou au tout début de 1900), Marie Mathilde quitte déjà notre petit village d’Echenay. Elle est mutée à Lusigny (10), toujours comme receveuse du bureau de Postes (L'Écho de l'arrondissement de Bar-sur-Aube - 1 février 1900). L’usage des P&T veut en effet que les fonctionnaires ne restent pas trop longtemps dans un même lieu afin de ne pas nouer trop de liens avec la population locale. Il en était de même par exemple avec les percepteurs dont toute une liste a défilé à Echenay…

Le recensement de 1901 la fait donc effectivement apparaitre à Lusigny mais cette fois en compagnie de sa fille et sans Georges. Il semble en effet que ce dernier soit interne au Lycée de Troyes où, bon élève, il truste les prix :

  • Prix du mérite, prix de langue française, prix de thème latin et accessit en récitation en 1901 ;
  • Prix de langue française, version latine, thème latin et version grecque, thème grecque et histoiregéographie en 1902 ;
  • Prix version latine et thème latin en 1903 ;
  • Prix histoire moderne et géographie, et d’allemand (!) en 1904 (voir la Tribune de l’Aube et Le Petit Troyen).

Quelques années passent encore et en 1907, au moment de son passage devant le conseil de révision, il est élève à l’école d’électricité et de mécanique industrielles où il obtiendra son diplôme d’ingénieur électricien (Le Petit Troyen 19 juillet 1907).

Comme tous les jeunes gens de sa génération, 1914 l’appellera sous les drapeaux et il fera la guerre au sein du service de télégraphie. Démobilisé, il se retirera à Paris dans un premier temps, puis au Pecq (78) en 1927.

Mais revenons à Marie Mathilde…

L’Annuaire administratif et statistique du département de l'Aube.de ce début de XXeme siècle nous permet de suivre un peu son parcours professionnel jusqu’à la 1ere guerre.

Celui de 1910 par exemple nous indique qu’elle est receveuse du bureau de Poste aux lettres et qu’elle est également préposée au bureau télégraphique où elle travaille avec un certain Gustave Bêgue, son porteur de télégrammes.

En février 1924, Marie Mathilde prend sa retraite après 30 ans et 5 jours de services (JO 7 février 1924).

Je n’ai pas retrouvé la trace de Madeleine…

Alors me direz-vous, pourquoi s’intéresser à une personne qui n’a fait que passer à Echenay et qui n’y avait aucun lien ?...

Simplement parce que Marie Mathilde fut, en tant que receveuse, la « patronne » de mon arrière-grand-père qui était l’un des facteurs ruraux d’Echenay et que j’ai toujours envie d’en savoir un peu plus sur son environnement et les gens qu’il a fréquenté.

Quels étaient leurs rapports professionnels, s’appréciaient-ils, Marie Mathilde et Georges ont-ils gardé un souvenir d’Echenay ?... Autant de choses que je ne saurai pas mais est-ce une raison suffisante pour ne pas chercher ? wink

Sources :

AD52

AD10

Gallica

Retronews

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Emile Daujard - Echenay -1888 / 1960

Publié le 7 Février 2020 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Ceux d'Echenay...

Emile Daujard - Echenay -1888 / 1960

La recherche qui va suivre a débuté à la lecture de ces petites annonces trouvées dans des journaux locaux. Qui était donc cet Emile Daujard cherchant à se placer ?

Emile Auguste Edouard naquit le 30 novembre 1888 à Thonnance Les Moulins (52), fils de Joseph Daujard, vigneron, et de Julie Quantin son épouse.

Si je ne sais rien de sa jeunesse, je le retrouve pour ses 20 ans dans les listes cantonales des conscrits.

C’est maintenant un grand blond (1.70m) aux yeux gris bleu, au front découvert et au visage coloré, garçon meunier de son état. Tout juste sait-on que de sa jeunesse villageoise, il a appris à soigner les chevaux et à conduire les voitures qui vont avec.

Déclaré bon pour le service, il est dirigé vers le 160eme RI où il arrive le 7 octobre 1909. Il obtiendra son certificat de bonne conduite. A noter que sa fiche matricule le prénomme Emile Auguste « Raymond » ( ?).

Comme tous les jeunes de sa génération, il est mobilisé le 2 aout 1914 et rejoint le 160eme où il avait fait son service. On peut imaginer que le départ fut peut-être un peu larmoyant puisqu’il avait épousé à Echenay le 23 avril 1914, soit 3 mois plus tôt, Marie Eugénie Trouillot…

La belle, qui se fera ensuite appeler Noémie ou Eugénie suivant les recensements, était née le 10 avril 1889 à Bavilliers, petite commune du Territoire de Belfort (90), fille de Jules Trouillot, garde barrière, et de Stéphanie Guinchard.

Où diable ces deux-là se sont-ils rencontrés ? Et surtout, sait-t-il seulement en montant dans le train qui l’emmène à la guerre qu’Eugénie est enceinte et donnera le jour en 1915 à une petite Rolande ?

En novembre 1914, le 160eme RI est engagé près d’Ypres en Belgique où Emile participe au combat de Saint Eloi, localité proche.

Au plus fort des combats des 9/10 et 11 novembre, Emile disparaît. La liste des morts, blessés et disparus de ces journées, portée au journal de marche du 160eme et pourtant longue de plusieurs doubles pages, ne fait pas apparaître son nom. Alors, mort, blessé ou disparu ?...

Emile Daujard - Echenay -1888 / 1960

C’est dans les fiches de la Croix Rouge qu’on le retrouve ! Fait prisonnier, il se retrouve au camp de Gardelegen, ville située entre Hanovre et Berlin. Il y passera les 5 années suivantes ! Le prix à payer pour connaitre sa fille (dont il ignore peut-être encore l’existence) et revenir vivant de cette boucherie.

Libéré puis rapatrié en janvier 1919, il rejoint Echenay. Peut-on imaginer les retrouvailles ?...

Des années 1921 à 1926, le couple et leur fille apparait dans les recensements d’Echenay. Dans ces deux recensements, Emile est cité comme garde particulier du Marquis de Pimodan et en 1926, son épouse est devenue la cuisinière du château des Pimodan.

On peut sans doute imaginer que le métier leur plait puisqu’ils en feront leur profession comme le montre les petites annonces.

En 1931, le couple ne semble plus habiter Echenay. Il faut savoir que Gabriel de Pimodan, le chatelain qui les employait, étant mort en 1924, le château a pris un demi-sommeil et le personnel sans doute licencié ou employé dans la résidence parisienne des Pimodan.

Le recensement de 1936 les voit réapparaitre à Echenay. Emile et son épouse sont respectivement maître d’hôtel et cuisinière d’un certain Plissan ou Plessan à Les Thilliers en Vexin (27).

On apprend par l’annonce de L’Est Républicain de 1938 qu’Emile devient veuf entre ce recensement de 1936 et la petite annonce qu’il fait publier en 1938.

Où ira-t-il travailler ?...

L’histoire pourrait s’arrêter là mais grâce aux mentions marginales de l’état civil, on apprend qu’il se remarie le 22 avril 1950 à Céline Marguerite Houdinet à Clermont en Argonne (55).

Et c’est dans cette localité qu’il décédera le 27 aout 1960.

Qu’est devenue la petite Rolande Daujard ? A-t-elle suivi les traces professionnelles de ses parents puisque le recensement de 1936 nous indique qu’elle est femme de chambre à Laffrey (en Isère ?) ?

Après tout, c’est une autre histoire que d’autres que moi raconteront peut-être un jour !...

Sources :

Retronew

Limédia Kiosque

AD 52

AD 88

AD 90

Mémoire des Hommes

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