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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

CATHERINE KNITTEL, LA BONNE DU CURE - ECHENAY 1896

23 Mai 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

Aujourd’hui, j’ai fait la connaissance d’une jeune femme de 43 ans, Catherine Knittel. On avait bien déjà dû se croiser aux Archives Départementales de Haute-Marne en étudiant les recensements d’Echenay mais je n’avais jamais fait attention à elle. Elle est discrète, Catherine.

Il faut que je vous dise que c’est la bonne du curé, Léon Japiot. Pour être tout à fait précis, c’est à la bibliothèque-médiathèque de Nancy que nous avons fait connaissance. Oh, je vois bien ce que vous imaginez mais il n’en est rien ! Ce n’est qu’une relation virtuelle.

Et pour être tout à fait franc, c’est son avis de décès que j’ai trouvé dans un journal numérisé sur le site « Kiosque Lorrain ». On y trouve plusieurs titres de journaux anciens numérisés où la recherche est très aisée.

J’aime bien cette généalogie vagabonde. Je cherche sans savoir quoi, du moment que cela concerne Echenay ou ses habitants. Et parfois, je rencontre des Epincelois anonymes comme Catherine.

Acte de naissance de Catherine KNITTEL à Oberseebach - AD 67

Acte de naissance de Catherine KNITTEL à Oberseebach - AD 67

Elle était née le 5 septembre 1853 à Oberseebach (67), petit village près de Wissembourg, à la pointe Est de la France. Son père François y était laboureur et sa mère exerçait le métier de sage-femme.

Je ne sais rien de sa vie sinon qu’elle a remplacé Marie Jaquet, précédente bonne de ce bon curé Japiot entre 1891 et 1896 et qu’elle était célibataire.

Où travaillât t-elle avant ? Est-elle tombée malade lors d’un séjour à Nancy ? Toujours est-t-il que Catherine Knittel est décédée le 1er novembre 1896 à l’hôpital de Nancy à l’âge de 43 ans.

Acte de décès de Catherine KNITTEL à Echenay - AD52

Acte de décès de Catherine KNITTEL à Echenay - AD52

Le mercredi 4 novembre 1896, l’Est Républicain reprend les informations de l’état civil de Nancy et publie la nouvelle de son décès. Mais qui s’intéresse à une bonne de curé, Alsacienne égarée en Haute-Marne et qui décède en Meurthe et Moselle ?

Avis de décès -L'Est Républicain du mercredi 4 novembre 1896

Avis de décès -L'Est Républicain du mercredi 4 novembre 1896

Ce n’est que le 9 décembre que René Isidore Louviot, adjoint au maire d’Echenay, procédera à la transcription de son acte de décès envoyé par les services d’état civil de Nancy. Et comme un curé ne peut rester seul, Louise Rouillaux remplacera Catherine à la cure.

J’aime ces rencontres fortuites. C’est autant de petites pièces de l’immense puzzle de l’histoire d’Echenay dont j’aimerais tout connaitre. Mais il faut rester lucide, cela ne se peut !

Disons que « j’voudrais ben, mais j’peux point ! »

Mais tout cela servira peut-être un généalogiste amateur recherchant une bonne de curé Alsacienne.

Sources :

AD52 – Recensements et Etat civil

AD67- Etat civil

Kiosque Lorrain.fr - L’Est Républicain du 4 novembre 1896

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PILULES PINK POUR PERSONNES PÂLES - 1914

15 Mai 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ca s'est passé près d'Echenay

PILULES PINK POUR PERSONNES PÂLES - 1914

« Les femmes sont d’éternelles malades qui souffrent stoïquement en silence ».

« Les pilules PINK donnent aux femmes ce qui leur manque : du sang, des forces ».

Tout doux, Mesdames... Ces allégations ne sont pas de moi ! Ce sont des slogans publicitaires vantant les mérites de petites pilules vers le début du XXe siècle : les « pilules Pink pour personnes pâles » !

Je passerai sur l’histoire de cette firme qui connut une vraie success story (voir sur le net). Voici déjà longtemps que j’avais repéré cette annonce dans le journal « Ouest-Eclair » du 2 mai 1914 où un Haut-Marnais proche d’Echenay témoignait. Déjà, le titre est une promesse !

Heureux Maris : Heureux sont les maris qui, lorsque leur femme est malade, ont le bon esprit de lui faire prendre les Pilules Pink : La santé ne tarde pas alors à revenir.

Mr. A. Thuron, à Laneuville-aux-Bois, par Echenay Haute-Marne, écrit : Je suis heureux de pouvoir vous annoncer que ma femme a été très bien guérie par vos Pilules Pink. Son état était pour ainsi dire désespéré et pour moi je ne croyais pas à sa guérison. Profondément anémiée, elle souffrait cruellement, ne mangeait plus. Elle était si faible qu'elle ne prouvait plus s'occuper de son ménage. Maintenant elle est forte et peut de nouveau se livrer à ses occupations.

Les Pilules Pink sont en vente dans toute, les pharmacies et au dépôt Pharmacie Gablin, 23 rue Ballu, Paris; 3 fr. 50 la boite: 17 fr. 50 les six boites, franco.

Ouest-Eclair 2 mai 1914

Ouest-Eclair 2 mai 1914

L’annonce, présentée en publi-rédactionnel, est incluse au milieu de véritables articles, preuve d’une maitrise certaine en matière de publicité. Elle donne au texte un air si « vrai » ! D’autres annonces mettent l’accent sur d’autres vertus : « Contre la fatigue », « Mauvaises digestions », « Impuissance », « Idées noires », etc… bref une panacée assise par un flot de témoignages avec adresses, parfois même illustrés d’une photo du malade !!!

Alors, j’ai voulu en savoir plus ! Ce Mr Thuron, dont l’épouse avait si miraculeusement guérie grâce aux pilules PINK, existait-il vraiment ?

Une visite virtuelle aux Archives Départementales de Haute-Marne allait me fournir les renseignements recherchés.

Au recensement de 1906 apparait bien une famille Thuron à Laneuville aux bois, dont le chef de famille se nomme Alexandre. Et c’est la seule à porter ce nom. Bien ! Le témoignage semble donc fondé, en partie au moins ! Alexandre est né le 3 juillet 1864 dans ce même village et a donc 50 ans en 1914, moment où il écrit. Il est bucheron, comme son père qui, veuf, vit avec eux.

Son épouse, la pauvre malade, se nomme Marie Husson. Elle est née le 21 février 1866 à Gillaumé, village voisin de Laneuville. Ils se sont mariés à Mandres en Barrois (proche également) le 19 octobre 1889 où naquit leur premier enfant, Claire. Suivront Eugène et Jeanne qui naitront respectivement en 1891 et 1897 à Laneuville où la famille s’est donc installée.

Bref, les protagonistes semblent donc être bien réels ! Il resterait à savoir si Marie Husson fut bien malade mais ça, c’est une autre histoire !

Ces recherches m’ont amené à découvrir que d’autres généalogistes avant moi avaient cherché des confirmations de ces témoignages. Leurs résultats correspondent au mien. Les personnes, situées dans d’autres villes, existaient bien, les photographes également, à quelques petites erreurs près (n° de rue par exemple).

La stratégie publicitaire des pilules PINK, basée sur ces testimoniaux, s’avérait certainement très efficace ce qui explique sans doute son succès au fil des années.

Marie Husson, guérie, reprit certainement le chemin des bois pour aider son mari, lui évitant ainsi d’avoir à utiliser les fameuses Pilules PINK pour personnes pâles !!!

Dame, un bucheron ne prend jamais de pilules roses !...

Malheureusement, il est possible qu’elle ait eu besoin quelques années plus tard de ces petits cachets pour tenter d’effacer le souvenir de son fils Eugène décédé le 27 octobre 1918, quelques jours avant l’armistice, d’une mauvaise grippe contractée au service de la patrie.

La note de Jules Renard le 7 septembre 1907 dans son journal au sujet d’une pauvre femme épuisée s’appliquerait bien à Marie Husson : « Tout de même, à la quatrième page d’un journal, elle a lu une annonce qui lui rendra peut-être des forces. Elle va prendre des pilules Pink. C’est son dernier espoir. Comment le lui ôter ? »

Sources :

AD 52

Mémoires des Hommes

Gallica BNF

Shp-asso.org

Persée.fr – article pharm

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L'ART AU SECOURS DU GÉNÉALOGISTE DE VILLAGE - ECHENAY 1850

8 Mai 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

Vue vers 1850 du moulin du château d'Echenay par F.A PERNOT

Vue vers 1850 du moulin du château d'Echenay par F.A PERNOT

Quand on étudie l’histoire d’un village, on est parfois déçu de ne pas retrouver de figurations anciennes. Echenay n’est pas Versailles ou Paris ! Si ses « Seigneurs » ont laissé de multiples portraits, il y a peu de choses sur le village. Certes, on trouve assez facilement des cartes postales du début du siècle dernier mais il est plus ardu de trouver des représentations plus anciennes.

Mais le miracle arrive parfois…

Le dessin dont je vais parler aujourd’hui est au musée de Chaumont (52), où une parente l’a découvert pour moi. Il est l’œuvre de François Alexandre PERNOT, peintre et dessinateur du XIXeme .

Connu, entre autres choses, pour ses dessins de monuments historiques, François Alexandre naquit à Vassy (52), comme on l’écrivait alors, le 10 février 1793. La petite ville est célèbre pour le massacre d’environ 500 protestants par François de Guise le 1er mars 1562. Pernot y décéda le 3 novembre 1865.

Versailles ou le musée Carnavalet à Paris possèdent des œuvres de Pernot, preuve de son talent. Fils des désordres de la révolution et de l’empire, peut-être a-t-il voulu laisser une trace de monuments qu’il devinait en danger.

En 1847, il participa à un congrès d’archéologie et croqua à cette occasion un certain nombre de bâtiments de la région. Ses dessins, estampes ou peintures ornent maintenant les murs de nombreux musées et offrent au visiteur des vues souvent inédites, soit que les monuments aient disparu, soit qu’ils furent ensuite modifiés.

Son chemin l’amena donc un jour à Echenay où il dessina le moulin du château. C’est un témoignage rare, dressé vers 1850.

Aujourd’hui, la Saulx n’irrigue plus les douves, n’alimentant plus la roue du moulin. Finies les vues romantiques où les belles élégantes se promenaient au bord du petit étang tandis que leurs époux taquinaient la friture à bord d’une nacelle. Il faut bien comprendre que le château se dressait majestueusement face à plusieurs étangs. L’eau faisait véritablement partie du paysage. Du XVIIIe au XXe siècle, les étangs laisseront la place aux prairies naturelles puis aux cultures. Il est bien difficile au touriste de passage d’imaginer cet environnement pas si lointain.

Afin d’en donner tout son lustre, j’ai souhaité le remettre en perspective afin de souligner l’harmonie de cette façade dirigée vers l’Ouest.

Reconstitution de la façade Ouest du château d'Echenay

Reconstitution de la façade Ouest du château d'Echenay

Je voudrais donc dire aux généalogistes que l’espoir est permis ! En ce qui me concerne, je continuerai de chercher une vue du château féodal, désarmé dans un premier temps par ordre de Louis XIV puis détruit avec forces mines et explosifs sous l’impulsion des Pimodan pour créer le château actuel.

Puisse la chance être avec moi !

Remerciements à Nicole B pour cette découverte

Le moulin est au bout à gauche de cette vue

Le moulin est au bout à gauche de cette vue

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