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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

CORNELIS-FRANCISCUS HEIJNIS 1918-1982

18 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

Il n’était pas dans mon intention d’évoquer des personnalités contemporaines et cela pour diverses raisons. De toute façon, ce n’est pas l’esprit du blog. Pourtant, quand j’ai trouvé ces renseignements, je me suis posé la question.

 Comme j’ai connu (un peu) la personne que je vais évoquer, je me suis dit que je pouvais faire une petite entorse. Et puis, comme j’ignorais son véritable nom ni son histoire, je me suis dit que je n’étais peut être pas le seul.

Tous les Epincellois ont connu Cornelis-Franciscus HEIJNIS, enfin ceux qui ont au moins la cinquantaine. Impossible de le louper. Mais de qui parle-t-on ?

Né le 7 mars 1918, à Alkmaar (Pays-Bas), Cornelis- Franciscus Heijnis est le frère aîné du futur P. Frans (1919-1995). Après une année au lycée d'Alkmaar (1930-1931), Cornelis-Franciscus poursuit ses études secondaires à l'école apostolique de Boxtel (1931-1936). Il choisit d'entrer au noviciat de l'Assomption, à Taintegnies (Belgique), où il prend l'habit le 27 septembre 1936. Il prononce ses premiers vœux le 28 septembre 1937, sous le nom de Frère Gaston. Le P. Domitien Meuwissen le décrit comme un « novice affable, sympathique à tous, d'un commerce très doux et agréable, qui a le désir sincère et surnaturel de se donner à Dieu pour travailler au salut des âmes ». Après deux années de philosophie à Saint-Gérard (1937-1939), le Frère Gaston arrive en septembre 1939 à Bergeijk où se trouve le noviciat nouvellement ouvert pour les Frères hollandais, en vue d'une troisième année de philosophie, mais le 9 novembre, il part en France, avec plusieurs de ses confrères, pour étudier la théologie à Lormoy (Essonne). Profès perpétuel le 28 septembre 1940, il est ordonné prêtre le 26 juillet 1942 à Lormoy par Mgr Pie Neveu.

Après son ordination, le Père Gaston, parfaitement francophone, passe presque toute sa vie en France, d'abord dans la paroisse de Saint-Christophe de javel à Paris (1943-1947), puis au collège Saint- Louis de Gonzague à Perpignan (Pyrénées- Orientales), au collège de l'Assomption à Nîmes (Gard) de 1948 à 1958. Après une année à l'alumnat du Christ-Roi à Chanac (Lozère), il part pour le diocèse de Châlons-en-Champagne, dans la Marne, à Montmirail pour y exercer un ministère pastoral (1959-1965).
 

Après quoi, il retourne aux Pays-Bas, d'abord comme vicaire dans une paroisse à Drunen, puis comme professeur de religion dans une école technique à Boxtel, et de même à Bréda où il a également le soin pastoral des nomades.

Comme son cœur est resté en France, il y retourne en 1970. Il est curé à Echenay, l'une des paroisses situées au nord du diocèse de Langres, en Haute-Marne, qu'ont pris en charge les Assomptionnistes de la Province des Pays-Bas. Le Père Gaston y demeure jusqu'à sa mort, survenue le 26 avril 1982 à Chaumont où il est hospitalisé depuis une dizaine de jours. Ses funérailles ont lieu dans l’église paroissiale d'Echenay. Il est inhumé à Echenay.

 

Pour information, La congrégation des Augustins de l'Assomption (A.A.) a été fondée en 1850 par le père Emmanuel d'Alzon qui voulait une famille religieuse à la fois moderne et enracinée dans la Tradition, c'est à dire sensible, à chaque époque, aux grandes causes de Dieu et de l'homme. C'est là sa vocation, découlant de sa devise : "Que ton règne vienne !"

 

 

Source : Site Net des Augustins de l’Assomption

 

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L’EPEE DU GENERAL DE PIMODAN - 1911

18 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #General de Pimodan

general pimodan« Le musée historique de Rome vient de s'enrichir d'un précieux souvenir l'épée que portait le général de Pimodan à la bataille de Castelfidardo.

Après la défaite des troupes pontificales, le général de Pimodan, qui avait reçu une grave
blessure, resta abandonné sur le champ de bataille. Des officiers italiens le recueillirent et
un chirurgien militaire s'empressa de lui extraire la balle qui l'avait frappé.

Le général de Pimodan examina avec attention le projectile et, pour témoigner sa reconnaissance à son opérateur, il le pria d'accepter et de garder son épée comme souvenir. Le glorieux blessé croyait alors guérir, mais transporté dans une maison voisine, il mourut quelques jours après.

Le chirurgien garda constamment sur lui tant qu'il resta sous les armes, l'épée du général, et c'est cette épée que sa veuve vient de donner au colonel Dovara, directeur du musée du château Saint-Ange, où elle constituera un des plus intéressants et des plus glorieux souvenirs. »

                                                                                                                        

 

Source : Journal Le Gaulois – 15 mars 1911

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LIGNE CHEMIN DE FER BRIENNE-SORCY - 1892

18 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Transports et Moyens de communicaion

Tirant les leçons de la défaite de la guerre de 1870, (ou l’armée Allemande déferle sur Paris et la France en quelques jours), la III eme république décide vers 1880 la mise en œuvre de lignes de chemin de fer à vocation stratégique pour se prémunir de nouvelles invasions, l’ennemi potentiel restant aux yeux de beaucoup (et à juste titre comme l’avenir le prouvera) l’Allemagne.

 

Pour compléter les lignes existantes vers l’Est, on décide donc, entre autre, d'une grande rocade ferroviaire Orléans - Troyes - Nancy, destinée à faciliter la mobilisation des troupes en cas d’attaque et à faciliter la reprise des territoires perdus pendant la guerre de 1870, dans le cadre du système « Séré de Rivières ».

 

Ne mettant pas en relation des villes importantes entre elles, ne desservant par ailleurs aucune localité susceptible de générer un trafic commercial conséquent, la ligne avait vraiment une vocation purement stratégique, même si elle créait, en théorie, une liaison Troyes – Nancy via Brienne le Château, Montiers en Der, Sorcy et Toul. Bref, « l’exemple parfait de la ligne stratégique conçue après 1870[]. »

 

Pour la section qui nous intéresse (Montier en Der-Sorcy), il s'agit d'une ligne concédée à titre éventuel à la compagnie de l'Est par convention du 11 juin 1883 approuvée par la loi du 20 novembre 1883, et à titre définitif par la loi du 23 décembre 1885.

 

 

carte-fer-echenay.jpg

 

L'État mit donc tout en œuvre pour qu'elle soit d'une qualité excellente. Ainsi, les rampes ne dépassent pas 9‰, et le rayon des courbes descend rarement en dessous de 1 100 ou 1 200 m, autorisant ainsi des vitesses entre 160 et 180 km/h. Quand on sait que le rayon des courbes de la ligne Troyes - Brienne-le-Château s'établit aux alentours de 1 525 m et autorise ainsi une vitesse de 200 km/h, on conçoit que la ligne aurait constitué un itinéraire tout à fait appréciable entre Troyes et Nancy. Néanmoins, la compagnie de l'Est ne l'utilisa jamais comme telle, et les horaires les meilleurs mettaient plus de 8h pour relier Troyes à Nancy, et les trains pouvant marquer des arrêts de plus d'une heure en gare de Montier-en-Der, Wassy, Joinville ou Gondrecourt.

 

profil-train-soulaincourt.jpg

 

Les travaux commencent donc. La ligne doit passer à quelques kilomètres d’Echenay, avec comme gare la plus proche Soulaincourt (3 kms).

 

gare-soulaincourt.jpg

 

Elle nécessite de gros travaux, constructions de tunnels, viaducs et autres ouvrages d’art (qu’il est encore agréable de regarder de nos jours) ainsi qu’une main d’œuvre importante.

Et comme la main d’œuvre locale est insuffisante, on a recours, encore comme maintenant, à la main d’œuvre étrangère. En l’occurrence, une forte population d’Italiens, spécialisés pour beaucoup dans les travaux de terrassement. Si la présence de ces gens permet l’avance du chantier, elle n’est pas sans provoquer certaines tensions avec les « locaux » comme en témoigne cet article de presse qui titre :

 

Rixes Sanglantes

Les chantiers du chemin de fer de Brienne à Sorcy (Haute-Marne), occupent un grand nombre de terrassiers italiens, qui, par leurs brutalités, et leurs violences, sont la terreur du pays.

Or, à la suite de libations prolongées, entre ces étrangers, dans une auberge de Soulaincourt, une bataille terrible a eu lieu, suivant l'usage, et les couteaux sont entrés en scène.

Dans la mêlée d'où s'élevaient des jurements et des vociférations sauvages, l'un des combattants, le nommé Ciavetti, a reçu en plein cœur un terrible coup de couteau qui l'a couché raide mort sur le carreau.

A la vue du cadavre, les combattants ont pris la fuite, et la gendarmerie de Thonnance-les-Moulins, arrivés comme les carabiniers d'Offenbach, n'a pu que procéder a une enquête qui ne lui a pas appris le nom du meurtrier qu'on ignorera peut-être toujours.

Toujours dans le même département, bien d'autres rixes sanglantes ont été occasionnées par des ouvriers italiens.

C'est ainsi qu'un ouvrier de l'entreprise Bonnefond, le nommé Croissenot, employé aux travaux dé la ligne en construction de Langres à Andilly s'est pris de querelle avec des terrassiers italiens dans un cabaret de Champigny-les-Langres et a reçu, non un coup de couteau, mais, ce qui ne vaut guère mieux, un formidable coup de bouteille sur la tête.

Relevé couvert de sang le crâne fendu, ce malheureux fut conduit à l'hôpital de Langres, où les médecins procédèrent à la ligature de la blessure qui est d'une extrême gravité et met en danger les jours de Croissenot.

A peu près en même temps que ce dernier, on amenait également à l'hôpital de Langres un autre ouvrier, nommé Roussel, occupé aux travaux de la même ligne, qui avait eu un bras cassé dans une rixe avec des Italiens, dans une auberge de Bannes.

Ii serait temps de mettre un terme aux excès de ces forcenés qui traitent nos paisibles localités en pays conquis et finirons par provoquer de sanglantes représailles.

 

Avril 1889 – Journal non déterminé

 

  Néanmoins, la ligne est ouverte en 1892, ce qui permit sans doute aux Epincellois de partir découvrir plus facilement d’autres horizons ou « d’exporter » leurs productions.

La ligne justifia sa raison d'être durant la première Guerre mondiale : elle fut utilisée par de nombreux TCO (transports en cours d’opération), des trains de permissionnaires et des trains sanitaires pour le transport des blessés. Elle a ainsi permis de desservir le front de la Meuse et de lui fournir une grande partie de ses approvisionnements.

Mais la faiblesse de sa fréquentation entraina sa fermeture rapide, dès 1938, au trafic voyageur, malgré une réouverture temporaire justifiée par la pénurie de moyens de transports alternatifs durant la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, cette période fut également celle de la dépose d'une des deux voies de la ligne par l'Occupant (1942-1943).

Elle est aujourd'hui totalement déposée.

Sources : Diverses (dont Wikipédia)

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CAISSE DE PREVOYANCE AGRICOLE - ECHENAY 1900

18 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Agriculture

La deuxième moitié du XIX éme siècle a vu un développement important de l’agriculture :

nouvelles variétés de culture, machinisme mais aussi nouveaux procédés, recours à l’engrais, etc…

 Mais l’agriculture reste l’agriculture, avec ses risques climatiques, ses epizooties, ses maladies agricoles (comme le phylloxéra qui a décimé les vignes) et l’agriculteur cherche des solutions pour s’en protéger.

 Ainsi naitront les caisses de prévoyance agricole et Echenay ne sera pas à la traine du mouvement.

 

                                                 troupeau-vaches-foudroye-Nievre-10-juin-1907                                             Illustration: Vaches foudroyées, agriculteur ruiné

 

AVRIL 1901- Les Caisses de Prévoyance contre la Mortalité du Bétail en Haute-Marne.

Nous avons la satisfaction d'enregistrer l'évolution du mouvement mutualiste agricole qui a récemment pris naissance en Haute-Marne. Des Caisses de prévoyance contre la mortalité du bétail s'organisent dans la plupart des communes il existe des bonnes volontés et des initatives pour les rassembler.

Les Professeurs d'agriculture se font toujours un devoir de provoquer et de guider ces organisations mutuelles que la loi du 4 juillet 1900 a tant favorisées.

Placées maintenant sous l'égide de la loi de 1884 sur les Syndicats professionnels, les petites Caisses mutuelles, si utiles aux cultivateurs peu fortunés, sont à « l'abri des entraves fiscales», et leur nombre augmente rapidement.

 Cette importante question a fait des progrès en Haute-Marne pendant l'année agricole 1899- 1900. Les cultivateurs ont enfin compris les avantages qu'ils peuvent retirer de l'assurance mutuelle et le nombre de ceux qui se prêtent à l'organisation des caisses communales augmente chaque jour.


La situation des caisses mutuelles d'assurance contre la mortalité du bétail établies au 1" mai dernier, dans notre département, est résumée dans le tableau suivant :

 [ ]

En résumé, il existait 41 Sociétés communales se répartissant ainsi :

22 dans l'arrondissement de Chaumont ;
16 dans l'arrondissement de Langres ;
3 dans l'arrondissement de Wassy.

La progression suivie par l'établissement de ces Sociétés est la suivante :


                            Nbre de          Nbre               Nbre                Valeur du
                             Sociétés     d’assurés       d’animaux            bétail assuré

                                                                        assurés


Au 1" mai 1898.      2                  97                  470                         108.400

Au 1" mai 1899.      7                 168                 944                         256.345

Au 1" mai 1900.    41                  831             3.716                      1.001.420

Le total des subventions accordées par l'Etat pour les frais de premier établissement de ces caisses s'élevait à 14.650 fr.

Depuis le 1" mai, il s'est constitué neuf nouvelles caisses dans les communes suivantes : Bricon, Briaucourt, Langres, Vaux-sous-Aubigny, Saint-Broingt-les-Fosses, Rosoy, Damrémont, Humberville, Echenay, ce qui porte à 50 le nombre des caisses d'assurances existant en Haute-Marne.

 

Source : Rapports du Conseil Général de Haute Marne – Avril 1901

 

 

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LE PONCEAU D'ECHENAY EN 1900

18 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Transports et Moyens de communicaion

Quiconque traverse le centre d’Echenay passe sur un petit pont de deux mètres environ, à peine visible, situé à coté de l’ancien local des Pompiers, après le lavoir, en direction de Pansey. Le ruisseau qu’il enjambe alimente quelques mètres plus en amont le lavoir et la fontaine Saint Jean.

 

Jadis, ce « ponceau » était en bois et, vers les années 1900, il est en bien mauvais état et présente des risques pour la circulation. Il devient urgent de le remplacer mais, comme aujourd’hui, l’administration de l’époque a ses lenteurs, peut être dues aux modifications nécessaires apportées à une propriété dont il a fallu revoir l’alignement.

 

Voici l’histoire des travaux.

 

AOUT 1900

 

PROGRAMME EVENTUEL

Chemin d'intérêt commun n° 51. — Remplacement par un tablier métallique du tablier en bois du ponceau situé dans la traverse d'Echenay. — Le tablier en charpente du. ponceau établi sur le ruisseau d'Echenay atteint la limite de sa durée.
Un projet établi dans le but de le remplacer par un tablier métallique, d'exhausser quelque peu les maçonneries afin d'augmenter le débouché et d'améliorer cet ouvrage aux abords, évalue la dépense à 2.350 »

La partie de cette dépense à la charge du Département, par application du décret du 4 juillet 1895, sera de 58,65 %, soit de (2.350 X 0,5865) soit 1.378
La part de l'Etat, à raison de 41,35% , s'élève à (2.350X0,4135) soit 972

Total égal :. 2.350  

Cette somme serait prélevée, ainsi qu'il a été dit précédemment, sur les disponibilités éventuelles par suite des rabais d'adjudication ou d'autres réductions qui pourraient être
opérées sur les dépenses prévues au programme ferme. [ ]

AVRIL 1901

 

[ ] Enfin, nous ajouterons en prévision, ainsi qu'il a été expliqué précédemment, le projet de construction d'un tablier métallique en remplacement du tablier en bois du ponceau situé
dans la traverse d'Echenay, au passage du chemin d'intérêt commun n' 51. Les dépenses et les ressources afférentes à ce travail sont ainsi détaillées à l'état du programme éventuel de
1901 adopté par décision ministérielle du 30 octobre 1900.

DÉPENSES :
Montant du détail estimatif 2.270 77
Somme à valoir pour dépenses imprévues 79 23

Total :  2.350 »

RESSOURCES :
Quote-part de l'Etat (41.35 %)  972
Quote-part du Département sur centimes extraordinaires (58.65 %). 1.378

 

Etat préparatoire des travaux à comprendre au programme de 1902.

M. le Marquis DE PIMODAN, au nom de la deuxième Commission, lit le rapport suivant :

« Messieurs,

 

Cette reconstruction est d'autant plus nécessaire que le mauvais état du tablier actuel ne permet plus la sécurité quand il passe de lourdes charges, venant de la vallée de la Saulx et destinées à la gare de Soulaincourt.

Ce travail devait être compris dans les disponibilités du ce programme de 1901, adopté par décision ministérielle du 31 octobre 1900.

Si les disponibilités susdites ne permettaient la construction en 1901, nous vous demandons de la décider fermement pour 1902, en priant le Service vicinal de faire, au besoin, les réparations nécessaires pour empêcher les accidents.

La dépense totale, détaillée au programme éventuel de 1901 et déjà approuvée par l'Assemblée départementale, est  de 2.350 francs. »

 

AOUT 1901

 

Projets de travaux subventionnés par l'Etat. — Programme de 1902.

M. DE PIMODAN, rapporteur, au nom de la deuxième Commission, lit le rapport suivant :

1° PROGRAMME FERME

Chemin d'intérêt commun n" 51: Projet de construction d'un tablier métallique dans la traverse d'Echenay.

Ce projet s'applique à des travaux urgents, le tablier en charpente étant complètement usé, de telle sorte qu'on peut même redouter des accidents graves.

Le devis est de 2.770 francs fournis par l'Etat et le Département. Nous vous proposons l'approbation.

 

AOUT 1904

 

Exécution des travaux. — La construction du pontceau, dans la traverse d'Echenay (chemin d'intérêt commun n" 51), dont les têtes ont été dirigées suivant le plan d'alignement
homologué, a apporté une certaine modification à l'accès d'une propriété. Il en est résulté une dépréciation de l'immeuble évaluée 400 francs. Cette indemnité allouée au propriétaire
a donné lieu à un dépassement de crédit de 158 francs de la subvention de l'Etat, rattaché au programme lors du règlement de l'entreprise.

 

Source : Rapports du Conseil Général de Haute Marne des années citée

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LOUIS AUGUSTE MARCEL D'ESCLAIBES - ECHENAY 1783

18 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

Louis Auguste Marcel D’ESCLAIBES est né le 4 septembre 1783 à Echenay, fils de Théodore Ferdinand d’ESCLAIBES, comte d’Hust et de Marie Thérèse Félix de la Vallée de Pimodan .

 A noter qu’il entre en 1870, soit 25 ans après sa mort, au « Grand Dictionnaire universel du XIX eme siècle » de Pierre Larousse, œuvre majeure d’abord publié en fascicules entre 1864 et 1866, puis regroupé en 17 volumes de 1866 à 1876. P. LAROUSSE mit onze ans (jusqu’à sa mort) pour écrire ce dictionnaire de 22 700 pages.

« Louis-Auguste-MarcelD'ESCLAIBES, comte d'Hust, général et agronome français, à Echenay, dans la Haute-Marne, en 1783, mort à Langres en 1845. Il servit dans la grande armée (1807-1808) et en Espagne, accepta du service sous la Restauration, refusa de reconnaître l'empire aux Cent-Jours, fut nommé colonel en 1826, se distingua dans l'expédition d'Alger et y fut nommé général, grade que le gouvernement de Juillet refusa de lui confirmer.

Il se retira alors à Chalancay, dans la Haute-Marne, et s'y livra exclusivement à l'agriculture. En 1844, le duc de Bordeaux, qui désirait étudier l'agriculture, appela auprès de lui d'Esclaibes, avec qui il visita les principaux établissements agricoles de l'Allemagne. Il a publie un grand nombre d'articles épars dans les revues, particulièrement dans le Bulletin agricole de la Haute-Marne, dont il était le principal dacteur. »

 Source : Grand dictionnaire universel du XIX siècle par Pierre Larousse – Tome 7éme – Paris 1870.

 

Il fut également Chevalier puis Officier de la Légion d'Honneur comme le montre ce document.

 

esclaibes.jpg

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LA MERE FILLETTE

18 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

A chercher dans l’histoire d’Echenay, j’ai découvert qu’au-delà de la famille de Pimodan, certains Epincellois avaient été connus ou reconnus au-delà du village par leur métier, leur carrière militaire ou d’autres choses encore. J’essaierai donc de les évoquer au hasard de mes recherches.

 

Toutefois, c’est par une anonyme que je débute cette catégorie. Elle ne manque pas de d’humour, bien transcrit par le Comte de Pimodan.

 

 

Tableau de LE NAIN 

petite-vieille.jpg« Il y avait dans mon enfance à Échenay une petite vieille proprette, menue, courbée, dont le nom s'est perdu pour moi dans le surnom de mère Fillette que les campagnards lui donnaient. Elle ignorait son âge exact, mais savait qu'elle était née au château bien avant la Révolution. Son père tenait à bail un moulin accoté sur l'ancienne poterne, et dont l'eau des fossés faisait tourner la roue.

 

J'aimais à causer avec la mère Fillette, car elle seule connaissait encore une foule d'histoires sur mes grands-parents. Elle contait entre autres que  la marquise de Pimodan, née Gouffier, bru de Charles-Joseph, faisait atteler chaque dimanche les chevaux de la reine d'Espagne pour franchir les cent mètres séparant l'église de la grille du château.

« C'est pas qu'elle fût fière, corrigeait la vieille, par crainte de médire, mais c'était son allure. »

 

Sans approfondir cette belle histoire, qui flattait ma vanité enfantine et charmait mon imagination comme un conte de fées, j'accusais à part moi la mère Fillette de radoter. Plus tard, j'ai fait à sa mémoire quelque amende honorable. Il est fort possible, en effet, que l'écuyer de la reine d'Espagne ait reçu, en cadeau ou en legs, quelques-uns de ses chevaux. Seulement, Louise-Elisabeth étant morte en 1741 et la mère Fillette n'ayant guère pu naître avant 1775, il faut croire que les augustes chevaux atteignirent des âges imprévus, ou bien que l'admiration populaire tenace continua de les voir en leurs arrière-successeurs. » [ ]

 

L'intarissable mère Fillette contait qu'au début de la Révolution, de mauvais gars courant les campagnes vinrent réclamer à mon trisaïeul « les droits de l'homme ». Ne sachant guère ce que cela pouvait être, ils prononçaient droits sans faire sonner l'r, tant et si bien que le marquis impatienté finit par allonger une maîtresse gifle au chef de la bande en lui disant :

« Tiens ! les doigts de l'homme, les voici! »

   

 

Source : « Simples Souvenirs 1859-1907 » par le Comte de Pimodan – Plon 1908

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VISITE DU CHATEAU D'ECHENAY VERS 1890

11 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

Nous avons entrevu dans un autre article les transformations que le château d’Echenay a subi au fil du temps, contées par son propriétaire.

 Voici maintenant une visite des lieux vers les années 1890. On voit bien que l’auteur a utilisé, en partie, le même ouvrage que moi, mais il y ajoute une description intéressante de l’intérieur du château.

 Voila qui complète utilement la « photographie » des lieux.

   
 1320187612-Echenaydouves  

« Le château d'Echenay (Haute-Marne). — Dans un canton  perdu, que la Haute-Marne enfonce comme un coin entre la Meuse et les Vosges, au milieu de prairies et de bouquets de bois, se trouve le château d'Echenay qui fut au moyen-âge la dernière forteresse champenoise sur ce coin de notre ancienne frontière.

Bientôt, vers l'Est, commençait le Barrois, terre à demi-Lorraine, ou les ducs régnant à Nancy s'efforçaient de secouer la suzeraineté française.

Mais nous ne voulons pas faire ici de l'histoire rétrospective, et nous allons tout de suite nous diriger vers le château par une avenue de vieux tilleuls. A droite, une jolie église gothique fait monter sa flèche au-dessus des arbres. Cette église, qui se trouvait évidemment enfermée jadis dans l'enceinte féodale, garde, sous le chœur, plusieurs tombes des seigneurs anciens.

 

Une longue inscription est consacrée à la maison, aujourd'hui ducale, des vicomtes-voués des terres libres de Rarécourt, comtes de La Vallée-Pimodan, marquis de Pimodan, comtes et barons, sires d'Echenay, barons de Buxières, de Frondes, de Provenchères, de Montreuil, de Bois-le-Gomte, voués de Baccarat, comtes de Passavant, etc.

 

Au bas de l'inscription, quelques mots rappellent Charles-Jean, brigadier des armées du Roy, lieutenant-général et grand bailli d'épée des ville et pays de Toul, enterré près de sa femme, Rose de Gouffier, qui fut, avant son mariage, abbesse du chapitre séculier de Bouxières en Lorraine (on sait que les chanoinesses nobles pouvaient se marier en renonçant à leur part des revenus du chapitre). Celui de Bouxières était l'un des plus difficiles pour les quartiers.

 

Pendant la Révolution, le marquis et la marquise de Pimodan, tous deux forts âgés, étaient restés à Paris dans leur bel hôtel de l'Ile Saint-Louis, où plus tard Baudelaire devait écrire Les Paradis artificiels. [ ]

Le 9 thermidor délivra le marquis de Pimodan et sa femme, qui revinrent à Echenay. Leurs enfants servaient a l'armée de Condé. L'un d'eux fut aide de camp de l'infortuné duc d'Enghien.

 

Pour se conformer à l'égalité, on avait fait raser les tours d'Echenay. Les étangs étaient vides des fameuses carpes vendues naguère aux halles de Paris, et dont la renommée égalait presque, sous Louis XV, celle des carpes du Rhin. On les faisait voyager en leur mettant dans la bouche un morceau de pain imbibé d'eau-de-vie, suivant une méthode dont plusieurs journaux ont parlé dernièrement comme d'une nouvelle et merveilleuse « conquête de la science. »

 

Aux stalles des écuries, on ne retrouvait plus les successeurs des quatre chevaux isabelles donnés par la reine d'Espagne, fille du Régent, à un Pimodan qui fut capitaine de ses gardes. Pendant toute la seconde moitié du xvni siècle, on avait entretenu un attelage de quatre chevaux isabelles, réservés aux grandes occasions et toujours connus dans le pays sous le nom de « chevaux de la Reine. »

 

Tristement, las vieux seigneurs revinrent au château, où nous allons entrer par un pont de maçonnerie jeté sur les douves anciennes, et se terminant par de hauts pilastres Louis XV surmontés de vases où des fruits et des fleurs de pierre verdissent depuis le règne du Bien-Aimé ; à droite et à gauche se trouvent de grands pavillons qui forment les communs. Un peu plus loin, une tour carrée, dernier reste du moyen-âge, domine encore l'ancienne poterne, avec ses deux portes, celle des cavaliers, celle des piétons, et leurs épais vantaux semés de clous énormes. Sur la tour nous lisons :

 

DIEU SAUVE LA FRANCE

 JEANNE D'ARC

 ALLANT TROUVER LE ROY

 PASSE A ECHENAY — 1423

 

[ ] Quittant l'ancienne poterne, nous marchons encore sous une voûte de grands arbres, puis nous trouvons une pelouse en pente. A droite, est le château proprement dit; à gauche, la vue s'étend fort loin : des prés, des bois, des champs, de minces collines à l'horizon. Un panache de fumée derrière les arbres, là-bas, c'est la nouvelle ligne stratégique de Brienne à Sorcy, où les ouvriers français et les ouvriers italiens ont entamé récemment des luttes sanglantes.

 Sur la façade du château d'Echenay se détachent cinq écussons:

Joinville, Dinteville, Choiseul, La Ferté-Senneterre et Rarécourt-Pimodan. Telles sont les familles qui, depuis plus de cinq cents ans, ont habité la demeure créée, au milieu du xiv° siècle, lorsque Jean de Dinteville, bailli de Chalon-sur-Saône et de Dijon, épousa Laure, fille de Simon de Joinville-Sailly, sire d'Echenay, cousin du célèbre historien de saint Louis. Depuis, les seigneurs d'Echenay portèrent les titres de barons et de comtes.

 La seigneurie haut-justicière est venue par achat, en 1680, dans la famille des propriétaires actuels.

 Si, franchissant un large perron, nous entrons dans le vestibule du château, nous pouvons y remarquer quatre armures données par le pape Pie IX, de vieilles armes provenant du château, un petit canon retrouvé dans les douves, des bois de cerfs, trophées de chasse. L'un d'eux provient d'une chasse impériale. Une petite inscription nous apprend qu'il fut donné par S. M. l'empereur d'Autriche au marquis de Pimodan, dont, après 1830, la famille avait suivi en Autriche la branche ainée des Bourbons. [ ]

 Sur le mur du vestibule d'Echenay, nous apercevons une belle plaque de cheminée, datée de 1736, et portant les armes des Rarécourt-La-Vallée-Pimodan avec la couronne ducale qu'ils prenaient, croyons-nous, comme ayant possédé jadis des droits souverains « de vouerie » ou « d'avouerie » laïque sur les terres libres ecclésiastiques de Rarécourt (Meuse), données par les évoques de Verdun [ ].

 Au milieu du vestibule, un grand escalier droit mène aux appartements du premier. Les pièces du rez-de-chaussée contiennent une intéressante collection de portraits de famille, dont on copie actuellement plusieurs pour le nouveau musée de Toul, où une salle portera le nom de Rarécourt-La-Vallée-Pimodan.

 L'autre façade du château donne sur le parc et a conservé un grand caractère. De ce côté, le bâtiment a un étage de plus ; les fenêtres de l'étage inférieur se trouvent au premier. Une double rangée de voûtes s'encadre entre deux tourelles carrées, de manière à former au premier une galerie couverte et au second une terrasse. C'est un peu la disposition du château de Blois du côté de la ville. A droite, nous retrouvons des terrasses, des bâtiments plus anciens qui rejoignent les épaisses frondaisons du parc, s'ouvrant par une allée de tilleuls séculaires. C'est là sans doute que le propriétaire actuel, ancien officier d'infanterie au service de France, poète et historien, membre de la Société des gens de lettres, a rimé, un soir, le sonnet suivant que nous détachons du volume intitulé : Le Coffret de Perles noires.

 

Baignant sa base dans l'écume,

Offrant sa muraille aux oiseaux,

Le vieux château dort sous la brume,

Bercé par la chanson des eaux.

 

La pâle Hécate au loin s'allume,

Les peupliers, sombres fuseaux,

S'enlacent au brouillard qui fume,

Et le vent courbe les roseaux.

 

Demeure triste et solitaire,

Ton rôle est fini sur la terre. . .

Mais que pouvais-tu contre trois ?

 

Mourir ! Et, dans ta longue histoire,

On voit tour à tour la victoire

Des guerriers, du peuple et des rois.

 

[ ]

 

(Extrait de l'Avenir de la Haute-Marne.) »

   
   

Source : Revue de Champagne et de Brie – 2éme tome – quinzième année - 1890

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TRANSFORMATIONS DU CHATEAU D'ECHENAY- XVIII & XIX SIECLES

11 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

N5774140_JPEG_17_17EM.jpeg-copie-1.jpgComme toutes les vieilles demeures, le château d’Echenay a subi de multiples transformations au cours des siècles, certaines déterminées par l’histoire, d’autres par gout du propriétaire, d’autres enfin par nécessité de confort accru.

 

Il nous est difficile d’imaginer l’aspect du château sous l’ancien régime et, à fortiori, avant. D’où l’intérêt de ce texte qui mêle description du bâtiment mais aussi  évocation du paysage qui l’entoure. L’auteur nous livre parfois aussi son jugement tranché sur ces transformations.

 

Alors, laissons Claude Emmanuel de Pimodan nous conter quelques transformations majeures des XVIII et XIX siècles.

  « Après la mort de mon père, nous habitâmes l'hiver à Paris chez ma grand'mère de Couronnel 
  et passâmes les étés à Échenay.  

 

Échenay, — ou les Chenets, — ainsi nommé à cause des chênes qui poussaient jadis alentour, apparaît dans l'histoire du moyen âge comme une sirerie des Joinville-Sailly. La terre, échue par mariage aux Dinteville, subit diverses vicissitudes et fut acquise enfin sous Louis XIV par Charles- Christophe de Rarécourt de la Vallée-Pimodan, grand bailli d'épée et voué de Toul.

 

C'était alors, malgré le démantèlement prescrit par Richelieu et l'arasement des tours, un vaste château féodal, bâti sur la haute Saulx, entre de grands étangs aujourd'hui desséchés. Les environs paraissent tristes, le climat est rude, la végétation indigente, le sol pierreux et ingrat. Un vent d'est sec et froid, que nulle senteur n'anime, balaye sans répit les côtes environnantes et tord sur les collines les arbres esseulés. C'est la plaine, sans le charme de ses paysages riches par les cultures ou gaiement bocageux. C'est la montagne, sans la grandeur de ses aspects agrestes et de ses lointains horizons.

 

Jadis la carpe d'Échenay faisait prime à Paris sur le marché aux poissons, et le pays devait être admirable pour la chasse et la pèche. Mais je suppose que ces seules considérations ne fixèrent pas le choix de Charles-Christophe; Échenay le séduisit plutôt par son bel air, sa grande allure, et il dut quitter sans regret pour cette noble demeure Pimodan qui, malgré ses droits haut-justiciers, son pont-levis et ses tours, n'offrait, je présume, qu'un assez médiocre logis. Sauf quelques forteresses souveraines, on ne voyait guère de véritables châteaux dans l'Argonne, pays très sauvage et terre promise des guerres et des invasions, mais plutôt de puissantes maisons fortes, moitié agricoles, moitié féodales, où les paysans pouvaient trouver abri chez le seigneur avec leurs récoltes et leurs troupeaux.

 

Le vieil Échenay fut presque entièrement détruit sous Louis XV et remplacé par un bâtiment sans élégance, beaucoup trop long pour sa hauteur. Les constructions neuves s'adossèrent à trois vieilles tours coupées au niveau des toits et développèrent leur ordonnance sur un large terre-plein balustré.

Un pont de pierre, une grille mise en bonne place, deux loges liminaires à façades incurvées entre d'étroits pavillons remplacèrent la vieille poterne qui se présentait tout de guingois. Les étangs devinrent des prairies, assez belles en été malgré l'abondance des colchiques et des joncs, mais rendues marécageuses en hiver par les eaux qui s'y débordent à plaisir, comme pour reprendre leur domaine ancien. Des tilleuls favorables aux récoltes des abeilles bordèrent les avenues conductrices et couronnèrent la grande digue séparative des étangs d'aval et d'amont.

 

La petite église entombant les seigneurs et son modeste cimetière adhéraient presque au château, car jadis on ne craignait pas le voisinage des trépassés. A la campagne, la vie chrétienne et la mort sans affres s'en allaient, compagnonnes, par les chemins verts et les sentiers fleuris.

 

Somme toute, malgré la disgrâce du bâtiment principal, Échenay devait faire bonne figure de château. Par malheur, mon bisaïeul, revenu d'émigration, s'avisa de trouver la demeure dévastée trop grande pour sa fortune amoindrie. Il voulut détruire un bon tiers des bâtiments modernes et les tours de l'ancien château. Mais ces vieux chicots gardaient la vie dure. Ne pouvant les démolir pierre par pierre, on tenta de les extirper à la mine. Sous l'effet de la poudre, les tours oscillèrent puis s'abattirent sans se rompre, comme des capucins de cartes prodigieux. Leur chute fut même si violente que le bloc bétonneux, base des constructions parmi les terres vaseuses, s'en trouva désagrégé. On dut piloter le sol au pied des murailles restantes et bâtir de gros contreforts, si bien que la tentative économique de mon bisaïeul s'acheva par une coûteuse déconvenue. Il rasa pour se libérer les futaies de chênes marraines du château, qui brisaient le vent sur les hauteurs et rendaient moins fantasque le régime des eaux.

 

Mon grand-père, fort épris d'élégances nouvelles, enleva les vieux balustres afin d'abaisser la vue sur une pelouse à l'anglaise, détruisit le grand escalier dont le vaste diazome, accru d'un petit sanctuaire, servait de chapelle, accommoda l'intérieur selon le rite disgracieux et champêtre alors très en vogue, et, sans rendre le château confortable, lui supprima tout caractère.

 

Mon père n'habita guère Échenay. Les circonstances lui permirent cependant de joindre à la propriété quelques bois venant du comte de Chambord et de sa sœur la duchesse de Parme. De même que beaucoup d'autres sis en Champagne, ces bois ressortissaient à l'apanage du comte d'Artois, plus tard Charles X. L'État en déniait la possession aux héritiers du prince qui n'obtinrent gain de cause qu'après un très long procès. Afin d'éviter le risque de contestations nouvelles avec un tel adversaire, le comte de Chambord et sa sœur mirent leurs bois en vente dès le jugement rendu, et quelques royalistes du pays tinrent à honneur de les acheter.

Toute cette affaire fit grand bruit en son temps dans le monde légitimiste encore nombreux et organisé.

Je dois ajouter que Napoléon III, loin d'invoquer le fait du prince au détriment des Bourbons, se maintint en l'espèce neutre et même courtois. »

 

 

Source : « Simples Souvenirs 1859-1907 » par le Comte de Pimodan

                               Librairie Plon 1908

 

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HAUT FOURNEAU A ECHENAY - 1717

5 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et le Progrès

lenain_forge.jpgSi Echenay semble maintenant endormi, sans commerce ni industrie, il n’en a pas toujours été de même. Bien sur, j’ai connu l’épicerie et le café du village qui ont tenu le coup jusqu’au milieu des années 1970, mais il n’y a pas là grand-chose à dire (encore que !!!).

 

Non, plus sérieusement, Echenay avait son industrie !

En l’occurrence, son fourneau et sa forge.

 

- En décembre 1717, Messire Charles Christophe de la Vallée Pimodan indique dans son testament : « C'est à sçavoir que le chasteau et le village du dit Échènetz et tout son territoire,

forge, fourneau, moulins, estangs et tous autres droitz qui appartiennent au dit chasteau et seigneurie appartiendront à mon dit fils aisné… »

 

 

- Sur cette période du XVIII éme, l’actuel Réseau International de la Fonte d’Art (site net à visiter !) donne les précisions suivantes :

 

« Échenay a connu une activité métallurgique pendant un siècle et demi. Son usine à fer (haut-fourneau et affinerie), mentionnée en 1745, fut la propriété du comte de Pimodan au XVIIIe siècle. En 1834, un haut-fourneau au charbon de bois et deux bocards sont en activité. En 1875, sous la direction de Nicolas Fontaine, l’installation est modernisée avec une machine à vapeur, une soufflerie et un monte-charge. Elle semble ne pas avoir résisté, comme nombre de ses consœurs, aux années 1880.

 

En 1745, l’affinerie d’Echenay est transférée à Paroy, au lieu-dit Sous la Héronière. Propriété des Pimodan avant la Révolution, cette usine produisait annuellement 200 tonnes de fer à partir de la fonte du haut-fourneau d’Echenay. L’usine sera équipée d’un haut-fourneau en 1855, puis d’un cubilot en 1859. Dirigée par Dormoy-Denayer, elle s’éteindra autour de 1880. On peut encore y voir les logements ouvriers. »

 

- Le dimanche 22 aout 1802, Jean Charles de la Vallee Pimodan écrit une lettre au sous préfet de l’arrondissement de Wassy au sujet de ses usines, faisant mention de la perte d'une grande partie de ses papiers causée par la Révolution.

 

« Echènay, le 4 fructidor an 10.

Charles-Jean Lavallée-Pimodan, propriétaire, au citoyen Sous-Préfet de l’arrondissement de Vassy.

 

 Citoyen Sous-Préfet,

Ayant eu connaissance de votre circulaire relative aux Usines, j'ai l'honneur de vous transmettre quelques renseignemens sur celles que je possède, tant à Paroy qu'à Échènay.

Depuis plusieurs siècles il y a eu forge et fourneau à Échènay. En 1745 mon père, ayant acheté la terre de Paroy, y fit transporter la forge seulement, décidé par les grosses réparations qu'il étoit obligé d'y faire par l'incommodité du bruit (elle étoit alors située sur les fossés du château) et surtout par la proximité de ses bois.

L'ancienneté de ces deux usines est de notoriété publique, mais, presque tous mes papiers ayant été perdus dans les troubles de la révolution, je ne puis vous donner une note plus précise. On pourroit cependant, au besoin, recourir aux Archives de la ci-devant principauté de Joinville, de laquelle la terre d'Echénay relevoit. »

 

LAVALLÉ PIMODAN.

Source : (Archive des la Haute-Marne., S72, liasse.)

 

En somme, une délocalisation « écologique » !

 

- En 1827, le livre FORCES  PRODUCTIVES ET COMMERCIALES  DE LA FRANCE; Par le Baron C. DUPIN, Paris chez BACHELIER, LIBRAIRE, SUCCESSEUR DE M"°. V». COURCIER, 55 QUAI DES AUGUSTINS,  indique :

 

« Le D'. de la Haute-Marne est riche en produits ferrugineux. Les fers qui proviennent de la mine en roche ont beaucoup de nerf, et leur dureté les rend précieux pour les bandes de voiture , ainsi que pour les essieux. Les trois quarts des fers et des tôles du D'. de la Haute-Marne, sont embarqués à Saint-Dizier pour Paris ; le reste l'est à Gray pour le midi de la France.

L'Ar'. de Vassy est très-riche en usines pour le travail, pour l'affinage et l'étirage du fer. On trouve des hauts-fourneaux , des affineries, des fenderies, des forges de toute espèce, dans les lieux dont nous donnons la nomenclature :

( ) à Thonnance-les-Moulins , un haut-fourneau , 2 affineries et martinets ; à Vieux-Noncourt, un haut-fourneau ; à Noncourt, un haut-fourneau, 2 affineries, une tôlerie; à Poissons , un haut-fourneau affineries, fenderies ; à Tonnance-les-Joinville, un haut-fourneau ; à Echenay, un haut-fourneau; à Pensey , une tôlerie ; à Parroy, 2 affineries ;( ) »

 

- Puis, en Octobre 1831, La Revue Encyclopédique (ou Analyse raisonnée des productions les plus remarquables dans la politique, les sciences, l’industrie et les Beaux Art), recueil mensuel écrit par Mr Hyppolite Carnot – Paris au bureau de la revue encyclopédique, 26 rue des Saints Pères signale encore la présence du haut fourneau d’Echenay.

 

- Un peu plus tard, une information semble confirmer que le haut fourneau a changé de mains :

 

« Ordonnance du 19 juin 1837, portant que M. Charles-Adrien De Cholet est autorisé à conserver et fourneau tenir en activité le haut-fourneau , les deux bocards et les deux patouillets qu'il possède dans la commune d'echenay , sur la rivière de Saulx (Haute-Marne) ; qu'il est également autorisé à tenir en activité les huit lavoirs à bras dont il est propriétaire sur le cours d'eau de la fontaine de Daurupt , dans la même commune. » 

Source : Annales des mines 3eme serie tome XI Paris 1837

 

- Mais, le dernier quart du XIXe siècle sonne le glas du fourneau d’Echenay

« L'année 1877 a été bien mauvaise pour la fabrication de la fonte, et le nombre des hauts-fourneaux en chômage a sensiblement augmenté. La conviction des industriels paraît être que ceux de ces appareils que l'on éteint maintenant ne se rallumeront jamais ; aussi tend-on à les détruire. Tel est le sort des hauts-fourneaux de Rachêcourt et de Saucourt, et celui d'Echenay ne tardera pas sans doute à les suivre.

Une faible partie de ces usines produit de la fonte au bois pour affinage, mais elles ont de plus en plus de peines à écouler leurs produits à un prix rémunérateur ; d'autres font de la fonte mixte destinée aux forges dont elles pendent. Enfin la fabrication des fontes à refondre paraît seule donner quelques bénéfices aux industriels.

Les fonderies ont généralement une marche plus prospère que les hauts-fourneaux à fonte brute, bien que les cours soient peu élevés pour les moulages ; mais il n'y a jamais eu de bien grandes souffrances pour cet article.

Les forges continuent à se trouver dans la même situation que l'an dernier ; elles vivent de petites commandes, et entretiennent leur travail au jour le jour, en évitant, autant que possible, de s'encombrer de leurs propres produits.
Mais leurs prix sont si faibles qu'elles semblent devoir toutes travailler à perte. »

Source : Rapports et procès verbaux du conseil général de Haute Marne - 1878 1879

 

Ainsi, Echenay a eu aussi son Metallurgic Park, aux heures glorieuses de la fonte en Haute Marne. Il n’en reste aucune trace visible mais les personnes intéressées peuvent aller visiter Ecuray ou Dommartin pour s’instruire sur le sujet. 

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