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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

Ce blog retrace la petite et la grande histoire d'Echenay Haute-Marne sous forme de petits articles, au fil de mes recherches et découvertes généalogiques.

LA TOMBE DE LA FAMILLE SEYDOUX

Publié le 17 Mai 2020 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Le cimetière d'Echenay

LA TOMBE DE LA FAMILLE SEYDOUX

                              Lucien Seydoux                1928 – 1988

Comme on l’a déjà vu, Echenay a accueilli quelques familles d’origine Suisse. Il est probable que la famille Seydoux en fasse partie.

Lucien Paul Gabriel Seydoux est né le 26 avril 1926 à Coublanc (52). Il décédera le 22 janvier 1988 à Vandoeuvre les Nancy.

On trouve effectivement la trace d’un foyer Seydoux à Coublanc en 1926, formé d’Alfred, sujet Suisse né à Blessens (canton de Fribourg - CH), cultivateur et époux de Berthe Vignetey qui habitent avec Paul Seydoux, frère de l’époux. En 1931, la famille a déserté le village.

Les parents de Lucien, Alfred et Berthe (+ 1 juillet 1977 à St Dizier), s’étaient mariés le 3 octobre 1925 à Coublanc. Lucien Paul Gabriel est donc vraisemblablement leur premier enfant.

Je n’ai pas pu dater précisément l’arrivée de la famille Seydoux à Echenay. Néanmoins, le Bottin d’Echenay de 1947 mentionne un « A. Seydoux », cultivateur au village.

Source :

AD52

LA TOMBE DE LA FAMILLE SEYDOUX
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LA TOMBE DE LA FAMILLE VINDAYER / MUSY

Publié le 14 Mai 2020 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Le cimetière d'Echenay

LA TOMBE DE LA FAMILLE VINDAYER / MUSY

                              Louis Vindayer                  1895 – 1952

                              Charles Vindayer              1926 – 1980

                              Marthe Musy                    1904 – 2001

 

La généalogie de Jean Pierre Soyer* trouvée sur Généanet nous apprend que Louis Vindayer est né le 15 mars 1895 à Cronay, village situé près d’Yverdon Les Bains, tout près du lac de Neuchâtel en Suisse.

Il épouse Marthe Louise Elisa Musy le 9 mai 1925. La mariée est la fille de Maxime Gustave Musy (tailleur de pierre) et de Marie Julie Tissot. Elle est née le 23 novembre 1904 à Sombacour dans le Doubs.

Le recensement de 1926 de Chalancey nous indique que Louis Vindayer y exerçait la profession de fromager pour le compte de Mr Germain Henri. Il semble qu’il soit spécialisé dans la production de Brie et de gruyère. L’étude « Les Suisses en Haute-Marne 1880-1939 de Stéphanie Leu » nous apprend effectivement que l’extrême paupérisation de la Suisse au milieu du XIXeme siècle amena nombre de Suisses à émigrer. Leur savoir-faire en matière fromagère amena un certain nombre d’entre eux à se fixer en Haute-Marne qui comptait alors deux grands bassins fromagers, le nord du département plutôt axé sur la production de Brie et le sud sur la fabrication de Gruyère. Venu sur Echenay à une date qui m’est inconnue, Il est possible que Louis Vindayer fût employé à la fromagerie de Pancey distante de 2 kms d’Echenay.

Louis décède le 17 juin 1952 à Echenay à l’âge de 57 ans et Marthe le 26 novembre 2001 à Joinville (52) à l’âge de 97 ans. Elle lui aura donc survécu 49 ans.

Charles ou Louis ?...

Charles ou Louis ?...

Charles (Charles Auguste Maxime) est probablement leur fils, né le 13 octobre 1926 à Chalancey et décédé le 2 mars 1980 à Chaumont.

La famille Vindayer habitait le centre du village, une petite maison faisant presque face au lavoir.

Sources :

AD52

* Jean Pierre Soyer, pseudo j1074 sur Généanet

 

LA TOMBE DE LA FAMILLE VINDAYER / MUSY
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LA TOMBE DE LA FAMILLE ROSSI

Publié le 12 Mai 2020 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Le cimetière d'Echenay

LA TOMBE DE LA FAMILLE ROSSI

Aucune indication sur cette sépulture ne permet d’en connaitre exactement ses occupants.

Toutefois, la tombe voisine (famille Belloni) laisse penser qu’il s’agit de Camille Henri Albert Rossi, né le 10 août 1892 à Bovée sur Barbours (55).  

Sa fiche militaire nous apprend qu’il est le fils de Pierre (Piétro) Rossi et de feue Catherine (Catharina) Tédaldi, immigrés italiens ayant jetés l’ancre en Meuse. Il exerce alors la profession d’épicier & négociant en confection.

Une généalogie* trouvée sur Geneanet place la naissance de ses parents en Emilie Romagne.

Quoi qu’il en soit, notre meusien italien arrive sous les drapeaux le 9 octobre 1913. D’abord simple soldat de 2eme classe, il passe caporal le 8 octobre 1914. Le 1er novembre 1915, il part rejoindre le peloton des élèves sous-officiers.

De retour au front, il est gravement blessé au pied droit le 30 juin 1916 par un éclat d’obus au combat du Bois du Chênois (55). Il est évacué le lendemain et sera amputé de 2 orteils et demi. Fini le front ! Le 22 août 1916, il sera cité à l’ordre de la division pour « s’être installé dans un petit poste comme guetteur volontaire pendant un violent bombardement, donnant à ses hommes l’exemple du courage ».

Sa convalescence puis son détachement aux services auxiliaires l’emmèneront vers Montluçon (03), Revigny (lequel ?), St Ouen de Mimbré (72), Mamers (72), Evreux (27) avant sa libération en 1919 où Il se retire à Bovée. Une pension de 243 francs accordée en septembre 1921 sera le prix accordé pour ses orteils !

Mais enfin, la vie civile peut reprendre ses droits et peut-être les tournées du commerce puisque sa fiche matricule nous avait indiqué qu’il possédait le « permis de conduire les automobiles », fait assez peu courant en 1912 !

Sans doute par une forme d’endogamie nationale et/ou de profession, il se marie le 2 juin 1923 à Echenay avec Suzanne Germaine Georgette Belloni, fille de commerçants épiciers épincelois d’origine italienne déjà croisés sur ce blog (Simon Belloni et Léa Mogin).

Née le 12 mars 1900 à Echenay, Suzanne décédera le 16 mars 1980 à St Dizier et son mari le 8 janvier 1970 à Echenay.

A noter sur la présence d'une plaque déposée par les Sapeurs-pompiers d’Echenay sur la sépulture.

 

Sources :

AD52 & 88

*Généalogie de Patrick SECCHI (secchi) - Geneanet

LA TOMBE DE LA FAMILLE ROSSI
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LA TOMBE DE LA FAMILLE GUILLAUME MASSONNET

Publié le 11 Mai 2020 par Petite et Grande Histoire d'Echenay

LA TOMBE DE LA FAMILLE GUILLAUME MASSONNET

 

Sous cette pierre toute simple se cache l’histoire d’une famille qui représenta ce qu’on pourrait certainement appeler « la famille idéale » pour les dirigeants de la 3eme république.

Joseph Jean Baptiste Guillaume nait à Echenay le 9 juin 1856 de Dominique Nicolas Guillaume et de Marguerite Louviot. L’enfant grandit à Echenay et en 1876, il est reconnu « bon pour le service ». Le 22 novembre 1877, il rejoint le 8eme Dragons où il passera brigadier le 28 septembre 1878. Il sera libéré le 7 octobre 1881 et revient à Echenay.

Le 22 novembre 1882, il épouse au village Marie Appoline Massonnet, fille de Nicolas Massonnet et de Louise Dupongand. La mariée est née au village le 22 juillet 1860.

Le couple sera pour le moins fécond puisque naissent 15 enfants (14 retrouvés ci-dessous) :

  • Amélie Marguerite Marie le 9 novembre 1883
  • Dominique Bernard Eugène le 21 mai 1885 (+31 mars 1962 à Cirfontaines)
  • Marguerite Hortense Louise Jeanne le 3 janvier 1887 (X le 22 mai 1909 avec Léon Foissy, + 24 janvier 1979 à Echenay)
  • Bernard Eugène Auguste le 2 octobre 1888 (X le 15 novembre 1913 à Echenay avec Zélie Albertine Foissy, + le 25 septembre 1914 à Fresnoye les Roye – Mort pour la France)
  • Paul Emile Nicolas le 11 décembre 1889
  • Fernand Eugène Joseph le 31 mai 1891
  • Amélie Eugénie Marie le 9 juillet 1892 (X le 2 août 1919 à Echenay à Paul Foissy, + à Joinville le 10 décembre 1983)
  • Juliette Marguerite Eugénie le 26 octobre 1893 (X le 27 décembre 1916 avec Charles Paul Lucien Wittmer à Echenay, + le 16 mars 1967 à Echenay)
  • Bernard Joseph Emile le 26 janvier 1895
  • Lucien Emile Paul le 31 mai 1896 (X le 15 octobre 1921 à Echenay avec Lucie Bertschi, + à Echenay le 3 juillet 1966)
  • Berthe Appoline Marguerite le 1 octobre 1897 (X le 24 janvier 1920 avec Félix Rougery)
  • Hélène Marguerite Pauline le 11 mars 1899 (+ à Nogent le 30 décembre 1980)
  • Madeleine Marie Paul le 16 aout 1900
  • Geneviève Emilienne Marie le 26 septembre 1903 à Echenay (X avec Camille Joseph Allemeersh à Echenay le 10 décembre 1925).

 

Une telle « assiduité conjugale » vaudra au couple la médaille d’or de la famille française qui lui est attribuée par décret paru au Journal Officiel du 11 décembre 1920.

Il est vrai que Marie Appoline Massonnet a bien mérité de la patrie ! wink

 

Sources :

AD 52 & 88

Gallica

Mémoire des Hommes

LA TOMBE DE LA FAMILLE GUILLAUME MASSONNET
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LA DOUBLE TOMBE DES FAMILLES BELLONI-LABBE ET BELLONI-MOGIN

Publié le 10 Mai 2020 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Le cimetière d'Echenay

LA DOUBLE TOMBE DES FAMILLES BELLONI-LABBE ET BELLONI-MOGIN

La tombe des familles Belloni-Labbé et Belloni-Mogin est une belle double sépulture dans le style fin XIXe, ceinte d’une petite grille qui a plutôt bien résisté au temps. La tombe de gauche accueille

                              François Belloni               1834 - 1885

                              Octavie Labbé                   1839 - 1917

C’est le 2 mai 1885 que s’éteint François Belloni, marchand mercier né le 19 février 1834 dans le Duché de Parme (Italie), fils de Simon Belloni (+ 1859) et de Jeanne Delanégre (nom incertain) *.

Si j’ignore comment, quand et pourquoi Francesco est venu en France, je sais qu’il se marie le 27 septembre 1861 à Thonnance les Joinville avec Octavie Labbé, née à Saulxure les Vannes (Meurthe) le 10 décembre 1839. Elle est la fille de Jean Labbé et de Jeanne Françoise Pergel.

Les recensements d’Echenay indiquent que Francesco exerça également la profession de marchand épicier et que le couple a eu au moins 9 enfants.

Octavie décède en 1917.

 

Tombe Famille Beloni – Mogin (à droite)

                              Simon Beloni     1865-1929

                              Léa Mogin          1872-1960

 

Simon est un fils du couple précédent, né le 28 novembre 1865 à Echenay et donc frère d’Emile Joseph déjà croisé dans ces pages.

En 1885, lors du conseil de révision, il est domicilié à Nettancourt (55) et exerce la profession de maréchal-ferrant. Il habite brièvement Magneux (52) en 89, revient à Echenay, puis repart quelques mois à Couvertpuis (55) avant de revenir à Echenay.

Reconnu « fils ainé de veuve », il est dispensé de service militaire. L’administration militaire ajoute qu’il a fait la déclaration prescrite par l’article 9 du code civil qui dit :

« Tout individu né en France d’un étranger, pourra, dans l’année qui suivra l’époque de sa majorité, réclamer la qualité de Français ; pourvu que, dans le cas où il résiderait en France, il déclare que son intention est d’y fixer son domicile, et que, dans le cas où il résiderait en pays étranger, il fasse sa soumission de fixer en France son domicile et qu’il s’y établisse dans l’année à compter de sa soumission. »

Suivant la loi qui veut qu’un naturalisé soit appelé l’année suivant sa naturalisation, on trouve sa fiche militaire en 1886 bien qu'il soit de la classe 85. Si Simon n’exerce pas son service militaire, il accomplira néanmoins plusieurs périodes d’instruction militaire.

  • Du 1er au 29 février 1888 au 109 RI
  • Du 14 mars au 12 avril 1892 au 109 RI
  • Puis du 11 au 31 octobre 1897, toujours au même régiment.

Il épouse le 14 septembre 1895 à Guindrecourt aux Ormes (52) Marie Eugénie Léa Mogin, née le 10 août 1872 au même village qui lui survivra 31 ans.

Sources :

AD 52 & 88

*Généalogie de Michel Laserre et Lydie Fabulet sur Généanet

 

LA DOUBLE TOMBE DES FAMILLES BELLONI-LABBE ET BELLONI-MOGIN
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LA TOMBE DE LA FAMILLE ARNOULD - LEGER - CARET

Publié le 9 Mai 2020 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Le cimetière d'Echenay

LA TOMBE DE LA FAMILLE ARNOULD - LEGER - CARET

En l’absence d’autres inscriptions, il est bien difficile d’affirmer quelles sont les personnes enterrées ici. On trouve toutefois mention sur les recensements d’Echenay d’un couple formé d’Emile Arnould, jardinier au château des Pimodan et son épouse Berthe Lucienne Léger.

Jacques Emile Arnould était né le 23 octobre 1856 à Fays (52). Marie Berthe Lucienne naquit, elle, le 25 juillet 1862 à Flornoy (52).

Le conseil de révision déclare notre jardinier bon pour le service. Il intègre le 21eme bataillon de chasseurs à pied le 14 décembre 1877 puis est mis en congé le 5 octobre 1881. Passé dans la réserve le 1er juillet 1882, il accomplit une période d’exercice au même régiment du 25 août au 21 septembre 1883. Il sera réformé le 7 avril 1885 par la commission de réforme de Chaumont pour fracture de la rotule en 2 morceaux.

Le couple Arnould / Léger s’installe à Echenay où Emile sera employé par le Marquis de Pimodan au château.

Le recensement de 1901 les voit vivre au lieu-dit le Fourneau à Echenay en compagnie de leurs 5 enfants, Albert, Fernand, Hermance, Jeanne et Henri (°1897 Echenay, + 1972 Poissons).

Gageons qu’il s’agisse des bonnes personnes !

Sources :

AD52 et AD88

LA TOMBE DE LA FAMILLE ARNOULD - LEGER - CARET
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TOMBE DE LA FAMILLE GUILLAUME - BERTSCHI

Publié le 8 Mai 2020 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Le cimetière d'Echenay

TOMBE DE LA FAMILLE GUILLAUME - BERTSCHI

                              Lucien                  1896-1966

Lucien Emile Paul Guillaume est le fils de Joseph Jean Baptiste et de Marie Massonnet. Il naquit le 31 mai 1896 à Echenay.

 

Arrive le conseil de révision... Il mesure 1,63 m, a les cheveux blonds et les yeux gris dans un visage ovale. Noté comme exerçant le métier de cultivateur, il est ajourné pour faiblesse en 1915 mais passe au service armé le 1 septembre 1916. Soldat au 9e bataillon du 172e RI, il est évacué et entre à l’hôpital temporaire de Nevers (58) le 7 février 1917, vraisemblablement pour une bacillose pulmonaire contractée en service commandé, accompagnée d’une grande fatigue générale et d’amaigrissement. Le 11 juillet, il est de retour au front…

En 1918, Il participe aux combats de l’Aisne et aux combats offensifs entre Aisne et Oise. Il est démobilisé le 7 septembre 1919 et rejoint Echenay.

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TOMBE DE LA FAMILLE GUILLAUME - BERTSCHI

                              Lucie                    1905-1978

Lucie Bertschi s’est mariée à Lucien Guillaume le 20 octobre 1921 à Echenay où elle était née le 18 février 1905 de Rudolf Bertschi, domestique âgé de 36 ans et de Maria Madeleine Scharz, 33 ans, domestique également. Le recensement de 1906 nous apprend qu’il s’agit d’une petite Suissesse mise en nourrice chez Henri Oudin et Marie Bourotte.

D’après une généalogie trouvée sur Généanet (Ernst TEISMANN (eteismann)), Rudolf Bertschi était originaire de Aarau (Suisse) et né le 7 mars 1868. Il décède le 16 novembre 1925 à Nancy. Il avait épousé Maria Magdalena Schwarz à Aarau le 27 novembre 1894. Il est donc probable que les parents de Lucie, vraisemblablement domestiques agricoles et en partance pour travailler en un autre lieu, aient laissé celle-ci en nourrice à Echenay où elle passera en fin de compte sa vie.

Je me souviens de Lucie, assise à sa fenêtre, m’interpellant d’un tonitruant « Hey Jo !...» quand je passais devant chez elle. Elle décédera le 27 septembre 1978 à Chaumont (52).
 

Sources :

AD 52 et 88

TOMBE DE LA FAMILLE GUILLAUME - BERTSCHI
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MON PÈRE FÛT-T- IL LA "FASHION VICTIM" DE SA MÈRE ? -PARIS 1914 / 1925

Publié le 4 Mai 2020 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Mes ancêtres

Mon père fût-t-il la « fashion victim » de sa mère ?... En regardant ces photographies, on pourrait le penser si je ne savais la modeste condition de mes grands-parents.

MON PÈRE FÛT-T- IL LA "FASHION VICTIM" DE SA MÈRE ? -PARIS 1914 / 1925

Cette première photo montre mon père vers l’âge 18 mois. Il porte une sorte de robe-blouse qui fut longtemps le vêtement de la petite enfance, sans distinction de sexe. Sans doute pour égayer l’ensemble, ma grand-mère a ajouté un genre de petit calot porté sur le côté qui lui donne un petit air militaire. Il faut dire que la photo a certainement été prise fin 1914. On note, posé à ses pieds, un ours en peluche, jouet alors très novateur, puisque on s’accorde à en dater la création en 1902 en Allemagne ("Friend Petzy") ou aux Etats-Unis (« Teddy Bear »).

Mon père à droite et son frère aîné  entourant leur jeune sœur

Mon père à droite et son frère aîné entourant leur jeune sœur

La deuxième photo peut être datée facilement puisque aux 2 aînés de la famille s’est ajoutée Simone, née le 1 janvier 1916. Elle a donc été prise au Printemps/Eté de 1916, comme le laisse penser la tenue estivale des garçons. Les garçons sont revêtus du même petit costume à fines rayures et coiffés d’un petit chapeau à ruban. L’effort vestimentaire des protagonistes me fait penser qu’il pourrait s’agir du baptême de Simone.

MON PÈRE FÛT-T- IL LA "FASHION VICTIM" DE SA MÈRE ? -PARIS 1914 / 1925

Mais si ces premiers vêtements n’ont pas traversé le XXéme siècle pour parvenir jusqu’à nous, il en est un qui a réalisé cet exploit. Il s’agit d’une petite tenue de marin dont la taille laisse imaginer que mon père l’a portée vers 10/12 ans environ (soit 1923 / 1925).

L’histoire de cette mode est plus facile à retrouver puisqu’elle débute au milieu du XIXeme quand la reine Victoria fait représenter par le peintre François Xavier Winterhalter le futur Edouard VII habillé en petit marin. Le tableau fait le tour de l’Europe et toutes les familles royales adoptent cette mode enfantine, bientôt suivie par tout le monde.

Le costume de marin de mon père a été réalisé en toile de lin assez épaisse et rugueuse. Si la tradition orale de la famille veut qu’il ait été réalisé par ma grand-mère, certaines coutures laissent penser qu’il n’en a pas été ainsi ou alors disposait-t-elle d’une machine à coudre, ce qui n'est pas impossible puisqu'il lui faudra habiller 5 enfants. Le haut, assez court, reprend les attributs du col marin et l’échancrure du col est agrémentée d’un petit rabat intérieur boutonné formant une sorte de sous-plastron.

Une des particularités du pantalon est d’être doté de boutons en zinc portant la mention « équipements militaires ». Une recherche m’a permis de découvrir que ce bouton a traversé une bonne partie du XXéme siècle, équipant indifféremment tenues militaires, besaces, étuis à cartouches, tentes, etc… D’abord en zinc puis en aluminium, il fait aujourd’hui la joie des amateurs de « militaria » et de détection métallique qui se l’échangent volontiers sur le Net.

Ma grand-mère fut donc soucieuse d’habiller ses enfants à la mode du temps. Venue d’Echenay (52) à Paris après son mariage (1909), elle cédait donc à la mode enfantine de l’époque. Plutôt qu'un réel intérêt pour la mode, on doit certainement voir là la marque d’une rupture avec ses origines paysannes et le signe d’une rapide intégration au monde urbain dont elle suit désormais les usages. Il ne lui aura fallu en somme que peu de temps pour devenir une citadine.

Ainsi, celle que tout le monde dit n’avoir jamais vu habillée autrement qu’en couleurs foncées, sans aucune fantaisie d'accessoires ou de couleurs, n’était après tout certainement pas insensible aux dernières tendances, au moins pour ses enfants !

L'intégration parisienne était faite !

Pour ceux que la mode enfantine intéresse, je renvoie vers le blog « les petites mains, histoire de la mode enfantine ».

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