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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

L'AFFAIRE DELAHAYE - ECHENAY - 1830

15 Janvier 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

La vie des petites communes n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Preuve en est, ce procès entre un propriétaire de terrain et la commune d’Echenay.

 

Mais ce simple désaccord entre particuliers allait m’emmener bien plus loin que je ne le croyais. En effet, cette affaire, au demeurant  « locale », nous entraine vers l’histoire du financement des guerres du premier Empire.

 

Car conquérir l’Europe coute cher !.. Napoléon en sait quelque chose, lui qui n’aura de cesse de trouver de l’argent pour continuer son œuvre de conquête !

 

Mais pour l’instant, retournons à Echenay et suivons ce procès…

 

(8436—5 mai 1830. —Delahaye contre la commune d'Echenay.)


La dame veuve Delahaye possède sur le territoire de la commune d'Echenay un pâtis appartenant autrefois à cette commune et aliéné, en exécution de la loi du 20 mars 1813, qui a cédé à la caisse d'amortissement tous les biens des communes.


Dès ce stade, une recherche s’imposait pour comprendre l’affaire. Dès le début des guerres impériales, un des soucis majeurs de Napoléon fut de trouver de l’argent pour financer ses campagnes. Si l’on dit souvent que la guerre nourrit la guerre (on vit « sur le dos » du pays conquis, on s’accapare ses biens pour continuer à financer troupes, matériels, etc…), l’ampleur de celle-ci fut telle en durée et en moyens mis en œuvre qu’il fallut trouver d’autres solutions. Rapidement, les déficits s’accumulèrent et les biens confisqués aux nations envahies ne suffirent plus à payer la note. Napoléon écrit à Gaudin, ministre des finances, en février 1809 : « Ce sera donc 50 millions qu'il sera nécessaire de se procurer pour ces deux exercices... (On voit que l’exercice de la corde raide durait depuis un moment !) Vous devez avoir encore assez de ressources en domaines nationaux pour le supplément à ajouter. Un jour ou l'autre ces crédits se réaliseront, moyennant la caisse d'amortissement. Il faudrait trouver dans nos domaines en Toscane et en Piémont une ressource d'une vingtaine de millions, et autant dans nos anciens domaines de France »


Cahin-caha, on trouve toujours suffisamment de sous… Mais en 1812, les affaires militaires de l’Empereur se gâtent ! La campagne de Russie a fait des dégâts ! A l’image de l’armée, les finances sont exsangues ! Il faut piocher dans les ressources internes. On a bien déjà augmenté les impôts mais les déficits augmentent dangereusement d’une année sur l’autre ! Alors, par la loi du 20 mars 1813 (celle qui nous intéresse présentement), on vend les biens de l’état, enfin ceux des communes, donc entre autres ceux d’Echenay !...

 

vente

Les communes furent dépossédées des biens ruraux, maisons et usines qui étaient leur propriété et qui n'étaient ni jouis en commun ni affectés à un service public. Ces immeubles furent cédés à la caisse d'amortissement qui dut faire procéder à leur aliénation par l'entremise de la régie de l'enregistrement. Elle fut d'ailleurs autorisée à créer immédiatement et à mettre à la disposition du Gouvernement des bons jusqu'à concurrence d'une somme de 232,500,000 fr. pour le service des exercices 1811, 1812 et 1813. On espérait ainsi équilibrer en partie les comptes de ces années.

 

Notre dame Delahaye d’Echenay profite de l’aubaine comme bien d’autres investisseurs  et spéculateurs avisés de l’époque car les biens sont vendus relativement peu chers.  Parfois même, le prix est baissé s’ils ne trouvent pas preneurs du premier coup. Elle achète donc ledit pâtis ! 

 

Reprenons maintenant le procès :

 

Ce pâtis renferme des routoirs, c'est-à-dire des fosses pleines d'eau où l'on fait rouir le chanvre. Un sieur Leseuve, charron à Echenay (mais n’est-ce pas plutôt Leseur, famille de charrons déjà évoquée sur ce blog ?...), ayant creusé un trou dans ce pâtis pour y déposer dans l'eau des moyeux de roue, la dame Delahaye l'attaqua devant le tribunal de Wassy.


Les moyeux en  bois, mis à tremper dans les routoirs, devaient gonfler pour prendre la forme désirée.

 

Le maire de la commune pensant que les routoirs, n'avaient pas été compris dans la vente, s'adressa à l'autorité administrative pour faire interpréter l'acte de 'vente.  Le Conseil de préfecture de la Haute-Marne déclara, en effet, par deux arrêts sous les dates des 29 octobre 1827 et 21 mars 1828, que les routoirs n'avaient pas été compris dans l'adjudication faite à l'auteur de la dame Delahaye, le 25 octobre I8I3.


Il s'était déterminé, d'après une première affiche qui portait la clause suivante :


 «L'acquéreur, ainsi que le fermier en est tenu, sera obligé de souffrir que les habitans d'Echenay fassent rouir leurs chanvres dans les fosses qui existent dans ledit pâtis. »


Mais la dame Delahaye est une fine mouche et elle contre-attaque :

 

Cette clause ayant été retranchée de la seconde affiche par des raisons inconnues, la vente fut consommée en ces termes « le pâtis est vendu comme il s'étend et comporte avec ses servitudes actives et passives. »


La dame Delahaye, argumentant des termes formels de l'adjudication, a dit que les routoirs avaient été vendus en pleine propriété et jouissance. Toutefois, prévoyant que son adversaire pouvait lui objecter que la réserve de jouissance au profit des habitans se trouvait implicitement dans les termes usuels de servitudes actives et passives, elle a soutenu que le Code défendait l'établissement des servitudes personnelles. La commune a fait observer qu'il n'y avait pas ici de servitude personnelle; que le fonds était, en effet, asservi au profit des personnes des habitans; mais que cette espèce de servitude n'était pas défendue, que le Code en fournissait une preuve évidente dans son article 643.


Le Conseil d'Etat ne pouvait pas statuer sur cette question; aux tribunaux seuls appartient la décision des questions de propriété et de servitude. Aussi pensons-nous que la question entamée devant lui, et qui consiste à savoir si les habitans ont un droit d'usage sur les routoirs du pâtis de la dame Delahaye, demeure intacte et peut être débattue devant les tribunaux par application des titres anciens et moyens du droit civil.


La commune opposait dans l'espèce une fin de non-recevoir : elle prétendait que le délai du recours avait commencé à courir du jour où les arrêts avaient été notifiés à la dame Delahaye par le sieur Leseuve. Celle-ci a répondu, avec raison, que la commune ne pouvait se prévaloir d'une signification faite par un tiers, qu'il fallait une notification faite à sa requête.


Voici l'arrêt du Conseil :


CHARLES, etc. — Sur le rapport du comité du contentieux, 


Sur la fin de non-recevoir: — Considérant que la commune d'Echenay ne produit aucune signification régulière desdits arrêtés qui ait été faite à la requête de la dame veuve Delahaye ;


Au fond: — Considérant que la caisse d'amortissement a pris possession du pré, sans aucune réserve au profit de la commune, et que c'est également sans réserves que ledit pré a été affiché, exposé aux enchères et vendu;


—Art. 1er .— Les arrêtés du Conseil de préfecture du département de la Haute-Marne, des 29 octobre 1827 et 21 mars 1828, sont annulés.

Il est déclaré que la vente du 25 octobre 1813 comprend sans réserves le pré dont il s'agit.


—Art. 2.—La commune d'Echenay est condamnée aux dépens.

M. de Cormenin, maître des requêtes, rapporteur.—Mes Dubois et Blanc, avocats.


Il apparait que de nombreux procès eurent lieu un peu partout en France suite à cette vente, remontant parfois jusqu’au Conseil d’Etat. Les biens vendus étaient souvent, comme ici, chargés de servitudes ou autres contraintes que la précipitation de la vente ne permit pas de bien gérer.

 

De plus, le manque à gagner des communes devait être compensé par une inscription de rente 5% au revenu net qu’elles percevaient auparavant de ces domaines. Le marché paraissait équitable mais en réalité l’administration impériale, non seulement calculait cette rente au plus juste, mais ne tenait aucun compte des potentiels importants de développement de ces terres*.


L’histoire ne dit pas si la commune d’Echenay eut à souffrir financièrement de ces ventes. Cette dépossession, qui fut vivement reprochée au Gouvernement impérial, ne fut pas entièrement consommée, et aux termes de l'article 15 de la loi du 28 avril 1816, les biens qui n'avaient pas encore été aliénés furent restitués aux communes qui en avaient été dépouillées.

 

Le sieur Leseuve dut certainement faire « rouir» ses moyeux plus loin et la dame Delahaye put par la suite protéger son bien des « habitans » envahissants.

 

Je n’ai pas retrouvé cette dame Delahaye. Après tout, peu importe, elle m’a fait découvrir une page d’histoire !

 

Et si, à Echenay, il arrive encore parfois qu’on appelle un jardin «une chènevière », il n’y a plus de routoirs !

 

Sources :

Histoire de la dette publique – tome 2 – A.Vührer – Chez Berger-Levrault et Cie – Paris - 1886

Recueil des arrêts du Conseil d'État - 1848-1954.

*Napoléon.org

 

Wikipédia et autres sources annexes

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"PASSEZ DONC AU SALON" - CHÂTEAU D'ECHENAY - 1922

12 Janvier 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Les monuments remarquables d'Echenay

En 1922 sort chez Lepitre-Jobard, imprimeur à Langres, une notice intitulée « Principales Curiosités du château d’Echenay – Haute-Marne ». Le livret est très court, 14 feuillets. L’auteur est Gabriel de Pimodan, le propriétaire des lieux.  A lire le titre, on s’attend à des anecdotes concernant le château… Mais point !…

Curieusement, après une courte introduction où il décrit rapidement les extérieurs,  il nous entraine dans une visite guidée du château et détaille le mobilier, les peintures, les bibelots, etc… de toutes les pièces de la demeure.  Un inventaire à la Prévert !... La conclusion, sous forme d’appendice, décrit la guerre entre Echenay et Joinville en 1438. Voir  FORTEPICE OU LES ECORCHEURS A ECHENAY -1438 et suivants

Toujours est-il que ce témoignage nous permet  de découvrir l’intimité des Pimodan au château d’Echenay.

A défaut de visiter visuellement la totalité du logis, nous nous contenterons des extérieurs et du salon, seule pièce à ma connaissance à avoir fait l’objet d’une carte postale (Note : Le numéro renvoie au même N° sur la carte postale).

Mais, indiscrets que nous sommes, nous entrebâillerons aussi la porte de sa chambre.

 

Laissons-lui la parole :

 

                                                                         PIGEONNIER

 

Tour-Echenay.JPG

 

 

"L'entrée du château-fort se trouvait sous le pigeonnier actuel avec le pont-levis, où est la maison du garde

Sur cette ancienne poterne, plaque rappelant le passage de Jeanne d’Arc. »

Cette plaque est d’ailleurs un peu ambigüe puisque Jeanne évita soigneusement le château tenu par les Anglos-Bourguignons. Il est vrai que ce n’étaient pas les ascendants des Pimodan. Autant historien que poète, Gabriel écrira un livre « La première étape de Jeanne d’Arc ».

 

Voici la maison du garde

 

1094388073

 

PELOUSE

 

Comparatif-vases-fonte.jpg

« Vase fondu au Val d’Osne. Modèle des vases qui sont devant la Légion d’Honneur, à Paris. »

 

On voit l’œil de l’amateur d’art, farouche défenseur de son terroir. Les fonderies du Val d’Osne sont  à quelques kilomètres d’Echenay.

 

SALON

 

Echenay-CP7.JPG

« (1) Portrait de mon père, Georges, Marquis de Pimodan, général au service du Saint-Siège, mort pour l’Eglise, à Castelfidardo, le 18 septembre 1860.

 

Autres portraits, les noms sont écrits dessus, sauf pour les dames au-dessus du piano (4) et au-dessus de la console. La première (2) est Barbe de Pimodan, mariée à son cousin de Pimodan (cousin germain), chef de la maison sous Louis XV. Elle modifiera beaucoup le château et fit bâtir ou arranger la grande aile actuelle et l’entrée.

La dame au-dessus de la console est ma grand-mère, née Montmorency, qui se trouve déjà dans la salle à manger  avec ses enfants.

 

Près de mon père, gravure anciennes des Guise.

 (3){ Paravent chinois rose.

       { Paravent japonais noir.

 

Au-dessus du piano, grande photographie de ma mère, d’après le tableau du fameux peintre Léon Cogniet, que j’ai à Paris.

 

Très beau fauteuil ancien restauré.

 

A droite de la cheminée (5), la dame en vert est la marquise de Pimodan née Pons, fille du marquis de Pons-Saint-Maurice, ambassadeur de Louis XVI en Suède.

 

A gauche de la cheminée, sur porcelaine, la marquise de Pimodan, née Frenilly, fille du baron de Frenilly, pair de France, conseiller d’Etat sous la restauration, auteur de Mémoires très connus.

 

Petits centaures en bronze et marbre d’un beau travail italien.

 

Sur la console, jolis candélabres Empire.

 

(6) Les bois du mobilier sont anciens et se trouvaient au château avant la grande Révolution pendant laquelle ils étaient à repeindre à Joinville, ce qui les sauva. »

 

On notera l’éclairage à la bougie (7) bien que le château dispose de l’électricité depuis quelque temps (abat-jour à l’extrême gauche, vers la cheminée). Très « ancien régime »… Voir  L'ELECTRICITE A ECHENAY 1892

 

Malheureusement, pas de vue panoramique pour voir les autres parties de la pièce !

 

Sont décrits également dans le livret le vestibule, la salle à manger, la salle de billard, et la chambre de la tourelle mais il serait trop long de tout détailler sans image à l’appui.

                                    

Si dans ce livre, Gabriel nous fait visiter les parties accessibles aux visiteurs, il reste muet sur les parties privées.  Mais c’est un poète…  Alors, indirectement, il nous laisse pénétrer dans sa chambre.

 

PORTRAITS DE FAMILLE

 

J'ai dans ma chambre, à la campagne,

Sur les marches de la Champagne,

Deux beaux portraits aux cadres d'or.

Claude porte une large fraise, *

Christophe un grand col Louis treize ; **

Parfois ils semblent vivre encor.

 

Sous leurs tempes le sang circule,

Quand la lueur du crépuscule

Met une auréole à leurs fronts,

Et dans la pièce déjà sombre

Ils paraissent sortir de l'ombre :

J'entends sonner leurs éperons.

 

Christophe frise sa moustache

D'un air vainqueur, Claude rattache

L'ordre du Roy sur son pourpoint :

Tous deux saisissent leurs épées

Nobles lames de sang trempées,

Mais je ne les regarde point.

 

Je crains toujours qu'on ne me dise :

— Tout cela, c'est de la bêtise !

Cesse d'écrire, mon garçon.

Il faut être fou, sur mon âme,

Pour mettre son cœur et sa flamme

A rimailler une chanson !

 

Je répondrais bien : — Chers ancêtres,

Autrefois vous parliez en maîtres,

Et vous amusiez autrement !

Les temps changent ! Le monde roule !

Mais sachant qu'il est une boule

J'en ai fort peu d'étonnement.

 

Vous courtisiez les renommées,

Comme brigadier des armées

Du Roy, lieutenant général

Evêque, ambassadeur... que sais-je!

Si vous le permettez, j'abrège,

Moi, je suis un simple rural !

 

Mais je me tais. Chacun me semble

Si hautain, quand je le contemple,

Que je n'ose trop m'approcher ;

Et quoiqu'en rimant je les raille,

Ils resteront à ma muraille...

J'ose encor moins les décrocher ! (1)

 

Gentilhomme de la Chambre et Chevalier de l'Ordre du Roi vers 1587 (voir tableau ci dessous)

 

Claude-de-Rarecourt.JPG 

 

**  Vraisemblablement CHARLES-CHRISTOPHE DE LA VALLÉE DE PIMODAN, chevalier, seigneur de La Vallée, Pimodan, Vraincourt, Les Espercheries, Anglebert, Gillaumé, Le Magny, Bois-le-Comte, Boucq, Jubainville, et autres lieux, seigneur et baron d'Échenay, Voué des villes de Toul et de Baccarat, lieutenant du Roi au gouvernement des ville et pays de Toul (5 avril 1673), fut pourvu par Sa Majesté, le 21 janvier 1692, de la charge de grand bailli d'épée des ville et comté de Toul, vacante par résignation du Comte de Feuquières 6. Le 1er juin 1662, le Duc de Bourbon, Prince de Condé et Comte de Clermont-en-Argonne, lui inféoda la terre et seigneurie de Pimodan comme fief haut-justicier de l'Argonne, dont il fit foi et hommage à Son Altesse le 10 septembre 1663.

C’est lui qui achètera la seigneurie d’Echenay en 1680.

 

Pourquoi a-t-il autorisé cette photographie d’intérieur ?...

Gabriel de Pimodan était incontestablement un homme atypique. Royaliste de cœur (et de sang) mais élu de la République, fervent catholique (il a été reçu par Pie IX) mais serviteur de la laïcité, militaire de formation (Saint-Cyr) mais poète membre de la Société des Poètes Français, urbain et mondain (ses ancêtres possédaient l’hôtel de Pimodan à Paris que l’on nomme encore de leur nom deux siècle plus tard) mais préférant son château d’Echenay et « ses » villageois (il le dit, «moi, je suis un simple rural »), il livre là un curieux témoignage.  

On ne saura jamais la volonté exacte de Gabriel de Pimodan lorsqu’il a rédigé ce livret. Il était sur la fin de sa vie (il décédera en 1924), sans descendance, et peut-être a-t-il voulu laisser une trace intime d’un passé qu’il savait révolu.

A cheval entre deux mondes et deux époques, il avait écrit, un brin désabusé, quelques années avant:

 

Quand rien ne sera plus des sociétés pourries

Où nous agonisons ; quand on aura brûlé,

Depuis les parlements jusqu’aux gendarmeries,

Tout l’édifice ancien chaque jour ébranlé ;

 

Quand des « Princes » iront parmi les railleries,

Tendant la main, couchant sous un pont écroulé ;

Quand on verra « Crésus », employé des voiries,

Parmi les balayeurs être immatriculé ;

 

Quand, du lointain Oural aux flots de l’Atlantique,

Il ne restera rien, rien de l’Europe antique,

Rien des trônes, et des pouvoirs, et des autels,

 

Les hommes n’auront pas rapproché de leurs lèvres

La coupe du bonheur, où se calment les fièvres,

Et souffriront toujours de leurs maux immortels. (2)

  

           ------------------------------------------------------------------------------

PS : Il n’y a aucune photographie ou illustration dans le livret.

 

 

Sources :

Principales Curiosités du château d’Echenay – Haute-Marne - Lepitre-Jobard, imprimeur à Langres - 1922

Cartes postales et photos anciennes

Extraits Poésies

Le Coffret de Perles noires – Poésies de PIMODAN - Librairie Vannier – Paris 1899

 

Les Sonnets de Pimodan – Après le « grand soir » - Léon Vannier – Paris - 1898

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LE GRENADIER DE L'EMPEREUR - ECHENAY-1808

4 Janvier 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

Assaut-de-Saragosse.JPG                                                            Assaut de Saragosse - parJanuary Schudolski (Wikipédia)

 

Depuis le début d’Août 1808, tout n’est que poussière, fusillades, cris et invectives dans une odeur de poudre à canon.

Les remparts de Saragosse (Espagne) tremblent sous les assauts répétés du 14eme de ligne. La canonnade ne cesse jamais. Mais ces diables de paysans espagnols, enfermés dans la ville, ne faiblissent pas !

 

Uniforme grenadier manufacturesdelagrandearmee                                                                           

 Uniforme du 14eme de ligne

 

Du côté  Français, un grand sergent  d’un mètre quatre-vingt-neuf aux yeux bleus rend coup pour coup. Son uniforme bleu à col et manchettes rouges avec son plastron blanc est trempé de sueur.

Soudain, le plastron blanc se teinte de rouge et l’homme s’écroule. Au plus fort des combats, François Pitois, grenadier de l’Empereur, vient d’être touché.

 

Naissance-Francois-Pitois.JPG

 

Né le 14 aout 1780 à Echenay de Claude Germain Pitois et Marie Anne Rémi, ses parents s’étaient mariés au village l’année précédant sa naissance, le 18 mai 1779.

Bercé dans un premier temps par la Révolution, le jeune maçon d’Echenay a suivi l’ascension du « Petit Caporal » devenu Empereur et a rejoint l’armée le 7 ventôse de l’an XI (25 février 1803) en tant que grenadier. Il a intégré le 1er Bataillon du 14eme Régiment de ligne sous le matricule 73. 

Depuis cette date, François a participé à toutes les campagnes de Napoléon, grimpant lentement les échelons : Caporal le 27 septembre 1806 puis sergent le 14 mai 1808. S’il n’a pas eu la progression fulgurante de certains soldats de l’Empire, au moins a-t-il vu du pays !...

 

Pitois francois Carnet militaire

 

Mais ce 4 août 1808, dans la fureur de Saragosse, il est à terre, dans son sang, et blessé.

Evacué au terme d’un long voyage de 45 lieues (180 kms) dans  «Dieu sait quelles conditions», il rejoint l’hôpital Royal temporaire de Pampelune.

Le mois d’Août se passe sans qu’aucune amélioration de santé ne survienne.

Après avoir sillonné l’Europe, à bout de force, François Pitois s’éteint à l’hôpital Royal temporaire de Pampelune le 16 septembre 1808, à près de 300 lieues d’Echenay. Il venait d’avoir 28 ans.

Le 5 juillet 1809, presque un an après l’affrontement où François a perdu la vie, le ministère de la guerre adresse son avis de décès au maire d’Echenay. Celui-ci l’enregistre le 16 juillet.

 

Soldat-echenay-pampelune.JPG

 

Fallait-il mourir sous le soleil espagnol ?... L’histoire dira que non !...

Le siège de Saragosse, durant la campagne d’Espagne, dure de juin 1808 à août 1808, et se conclut par la levée du siège par les Français.

François Louis Dedon-Duclos est désigné en 1808, pour prendre le commandement en chef de l'artillerie du siège de Saragosse et de l'armée d'Aragon.

Il avait réuni un équipage de soixante bouches à feu et fait construire sur le haut Ebre un pont de bateaux destiné à faire communiquer entre eux les différents quartiers de l'armée. Le siège avait commencé vers la fin de juin. Après une première attaque qui fut repoussée, il y eut une sorte d'interruption causée par l'insuffisance des troupes.

Le 11 juillet les Français passèrent l'Èbre, grâce aux travaux exécutés par le général Dedon. La ville put être entièrement investie à la fin de juillet. Dedon établit sept batteries contre le couvent de Santa Engracia menaçant le front entre ce couvent et la porte del Carmen et en flanc le couvent des Capucins.

Le 1er août, le bombardement et un feu effroyable commencèrent. Ce feu dura jusqu'au 11. Des brèches étant ouvertes partout et l'assaut général commença. Après deux attaques repoussées, les assiégeants pénétrèrent dans Saragosse. Partagés en trois colonnes, ils éprouvèrent des pertes considérables et furent contraints de revenir à leur point de départ.

Le 7 août les Espagnols reçurent un renfort de 3 000 hommes et des munitions. Pendant huit jours le combat se prolongea de rue en rue. Les Français n'occupaient plus qu'un huitième de la ville. Les femmes espagnoles participaient, tout comme les hommes, au combat. On cite entre autres une femme du peuple nommée Augustina, la comtesse Zurita, jeune femme, belle et délicate, que l'on vit partout au milieu du feu le plus terrible, des bombes, des obus et de la mousqueterie.

Le 14 août le général Verdier, commandant les opérations de siège, fit rétrograder les troupes, les évènements qui suivirent la bataille de Baylen l'appelant sur un autre point.

Mais quatre mois plus tard, les maréchaux Moncey et Mortier entamaient le second Siège de Saragosse. (Wikipédia)

 

Sources :

 

AD52 / Mémoire des Hommes /Site Manufacture de la Grande Armée

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