Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

Ce blog retrace la petite et la grande histoire d'Echenay Haute-Marne sous forme de petits articles, au fil de mes recherches et découvertes généalogiques.

SUS AU CURE JEANSON - ECHENAY MAI 1791

Publié le 16 Décembre 2018 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Echenay sous la Révolution

SUS AU CURE JEANSON - ECHENAY MAI 1791

Ce lundi 2 mai 1791, il y a un attroupement inhabituel à l’entrée du village d’Echenay, sur le petit chemin venant de Joinville et de Pancey.

Un détachement local de la Garde Nationale est venu attendre Joseph Jeanson, le nouveau curé élu suite à la Constitution Civile du Clergé en remplacement de Charles Antoine Millière, curé en titre de la paroisse mais qui a refusé de prêter le serment civique et a donc été destitué.

Le petit détachement patiente un peu à l’écart du village, au lieu-dit la « Décharge de l’étang du fourneau d’Echenay » (aujourd’hui face à l’école inter-communale), accompagné des officiers municipaux.

Vers 3 heures de relevée (soit 15 heures), le Sieur Jeanson se présente et, « à son aspect », le petit groupe le complimente. Puis tous se remettent en route vers le village distant de quelques centaines de mètres…

Au niveau des premières maisons du village, la foule villageoise l’attend et se met à hurler :

« Voici un scélérat qui arrive, un homme sans pouvoir, il faut lui arracher la figure et le tuer à coup de fléaux et de fourches à foin ! ». On le traite également « d’intrus » ce qui dans le vocabulaire révolutionnaire signifiait prêtre jureur et de « perfides insinuations dont on devine bien la source (?) » sont lancées contre lui…

Comment en était-on arrivé là ?...

A la fin de l’année 1789, l’Assemblée Constituante avait commencée à travailler sur un projet ayant pour but de réformer le Clergé, de lui donner une certaine autonomie par rapport au Pape et surtout de le soumettre au gouvernement. En Décembre 1790, il est proposé de soumettre les ecclésiastiques à prêter serment à la Constitution Civile du Clergé et le décret est voté.

Le serment était le suivant : « Je jure de veiller avec soin sur les fidèles de la paroisse qui m'est confiée, d'être fidèle à la Nation, à la Loi, au Roi et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution décrétée par l'Assemblée nationale et acceptée par le Roi. »

Mais on ne change pas un millénaire et demi de traditions religieuses par décret et le projet rencontre pas mal de réticences sur le terrain, aussi bien du côté des religieux concernés que de la population très attachée la plupart du temps à son curé. Réformer la société, certes, mais toucher au « pasteur » local, non !...

Bref, c’est dans cette ambiance tendue que Jeanson traverse le village en direction de sa cure sous les huées et les menaces des villageois mais sous l’escorte armée de la Garde Nationale.

Arrivé non sans mal à la « maison curiale », il demande à y être introduit et à en prendre possession. Devant cette prise de fonction symbolique, la petite foule villageoise prend rage et agresse les Gardes Nationaux.

François Boucher le Major, François Cordier qui portait le drapeau et Etienne et Jean Cordier, membres de la municipalité sont copieusement bastonnés et grièvement blessés. Le drapeau est arraché puis déchiré. Voyant la tournure prise par les événements, les autres gardes préfèrent baisser leurs armes. Après tout, ce sont des gars du pays !...

Jeanson, « témoin de tout ce désastre », demande alors au maire et au procureur de la commune de venir le reconnaitre comme curé constitutionnellement élu et de le faire « reconnaître comme tel ». Devant le silence du maire, Nicolas Vaillant, procureur de la commune, qui avait délaissé sa fonction « pour se mêler aux révoltés » déclare « à haute et intelligible voix qu’il ne reconnait pas et ne pourra pas reconnaître le nouveau curé et que Millière (l’ancien curé, d’ailleurs présent dans la foule, NDR) est le véritable et seul prêtre d’Echenay ».

En dernier recours et en désespoir de cause, Jeanson exhiba alors son procès-verbal d’élection et de nomination que Nicolas Vaillant lut et enfin « l’émeute s’apaisa sans cependant que l’attroupement se soit retiré car ce n’est qu’à 9 heures du soir qu’il a été entièrement dissipé ».

On imagine assez bien la première nuit du curé Janson dans sa cure d’Echenay !...

Pas un mot dans le procès-verbal de la position et du rôle du châtelain d’Echenay, Charles-Jean de Rarécourt de La Vallée de Pimodan, dans cet épisode frondeur. Pourtant, lui aussi savait faire preuve de caractère !...

Un jour pas si lointain où son château d’Echenay avait été envahi par une horde de villageois venus réclamer avec leur accent local « les d’oits de l’homme », il avait rétorqué au porte-parole :

« Vous voulez les d’oits de l’homme ??...  Les voilà ! » en lui administrant une superbe claque…. (Anecdote citée dans l’ouvrage « Simples souvenirs » par le Comte de Pimodan – chez Plon 1908). Mais laissons là l’anecdote.

—

SUS AU CURE JEANSON - ECHENAY MAI 1791

Mais qui étaient les principaux protagonistes de cette histoire ?

Charles Antoine Millière, « gradué » (donc ayant suivi de hautes études théologiques à l’université) était né le 19 aout 1762 à Joinville (52), fils de Jean Charles Millière et de Marguerite Paillette. Ex chapelain de Vignory (52), il est qualifié de « maîtres es-arts » par l’abbé Roussel.

Suivant ce dernier (voir sources), il fut réfractaire en 1791, puis fait prisonnier et enfin déporté. Une autre source (voir en fin d’article) le cite comme « jureur avec restriction » ce qui pourrait expliquer le fait qu’Il revint dans la région du Vallage après la révolution. On le retrouve en effet curé de Joinville (52) de 1818 à 1832, année où il décède le 1 septembre en son domicile Joinvillois (parfois également nommé « curé doyen de Joinville »).

Joseph Jeanson, « notre » prêtre jureur, semble être né à Rogéville (54) diocèse de Toul, en 1747.  Il ne fut curé d’Echenay que quelques mois en 1791. Ex Vicaire de Villiers aux Chênes et de Doulevant (52) où il fut nommé après son ordination, il ne fut sans doute jamais vraiment reconnu par la population épinceloise. D’après le registre paroissial, il n’administra que 6 sacrements durant cette période (le 1er le 11 mai, le dernier le 22 août). Dès le 1er novembre, il a quitté la paroisse. Pourtant, il faut enterrer Christophe Cordieu, manouvrier, et l’on fait appel à « Dominique Demange, curé de Saudron, faisant desserte de ladite paroisse d’Echenay à cause de la vacance de la cure ».

Jeanson fut muté à Vignory (52). Son successeur au village fut un nommé Longalaine qui exerça à Echenay de décembre 91 à 1793. Ce dernier avait prêté serment le 4 décembre 1791 à Echenay (cf registre paroissial).

Jeanson, lui, remplaça à Vignory Louis Félix Roux, curé qui avait été nommé là-bas en 1786. Roux avait adhéré à la Révolution et à la Constitution civile du clergé, ce qui lui permit en 1791 d'être nommé vicaire épiscopal de la Haute-Marne. En septembre 1792, Roux est élu député de la Haute-Marne à la Convention nationale. Il fut ainsi un des rédacteurs de la Constitution de 1793. Il eut un parcours révolutionnaire agité et trouble et se défroquera au cours d’une mission pour épouser la fille d'un marchand de Laon en janvier 1794. La Seconde Restauration le bannit du royaume comme régicide en janvier 1816. En mars de cette année, il quitte la France et s'installe à Huy en Belgique où il meurt un an plus tard à l'âge de 64 ans.

Quant aux gardes nationaux blessés, Il leur faudra plusieurs jours de lit pour se remettre de cette sévère correction… On trouve trace d’un Jean Cordier marié à Echenay le 17 février 1756 à Marie George mais est-ce le Garde National de notre histoire ?... Il ne semble pas que cette famille est fait souche à Echenay.

Le nommé Briquotte, commandant de la Garde Nationale d’Echenay, qui signe et adresse le procès-verbal le 10 mai 1791 à l’Assemblée Nationale Constituante de Paris est certainement l’associé d’Harmand, le maitre de forge d’Echenay et fidèle employé du châtelain de Pimodan.

—

La réaction des Epincelois fût-elle représentative de situations similaires ailleurs dans le Vallage à l’arrivée de prêtres assermentés ?  Impossible à dire…

Toutefois, si les premiers écrits du XIXème  siècle sur le sujet semblent aller dans le sens d’un important rejet du serment par les ecclésiastiques hauts-marnais entrainant derrière eux leurs fidèles, il s’avéra ensuite que cette assertion était erronée. Il existe aux Archives Nationales une liste nominative des ecclésiastiques de Haute-Marne qui ont prêtés ou qui ont refusé le serment prescrit par la loi du 27 novembre 1790. Elle fut envoyée par le Directoire de la Haute-Marne le 17 mai 91 et un état complémentaire suivit le 27. (Cote D XIX, 22, Dossier 344)

Ainsi, dans le district de Joinville qui comptait 75 prêtres, un décompte basé sur ce document relève 70 serments sans restriction, 4 avec et un seul refus.

—

Je remercie sincèrement Pierre Valéry Cyrille Archassal pour son aide précieuse et les photographies du dossier aux Archives Nationales.

Sources :

Archives Nationales Paris - dossier 243 pièces n°9 et 10 conservées sous la cote D/XXIXbis/22.

Le diocèse de Langres : histoire et statistique, Volume 2 – Par l’abbé Roussel – Langres 1875

Mémoires de la Société des Lettres de Saint-Dizier – Tome IX – troisième fascicule – St Dizier 1905

AD52

Wikipédia

commentaires

RENÉ CHARLES RAYMOND WAGNER, MILITAIRE DE CARRIÈRE & RÉSISTANT FFI - ECHENAY 1909

Publié le 12 Décembre 2018 par Petite et Grande Histoire d'Echenay dans Ceux d'Echenay...

RENÉ CHARLES RAYMOND WAGNER, MILITAIRE DE CARRIÈRE & RÉSISTANT FFI - ECHENAY 1909

René (prénom usuel) Charles Raymond Wagner naquit à Echenay le mardi 2 mars 1909, fils de Victor Wagner et de Matilde Bourlier.

Les recensements d’Echenay de 1906 et 1911 ne font pas apparaître cette famille et laissent présager qu’ils ne furent que de passage dans la commune. Ses témoins de naissance furent Auguste Jacquet, cultivateur et Emile Bertrand, instituteur dans la commune (non parents). Le père de René étant qualifié de domestique, on peut imaginer qu’il travaillait peut-être chez cet Auguste Jacquet, gros cultivateur d’Echenay…

Je ne sais rien de l’enfance de René ni des lieux où il a grandi et c’est en 1929 (il a donc 20 ans) que je commencerai ce récit.

Le 15 avril de cette année, il s’engage volontairement et est affecté au 309eme Régiment d’Artillerie. Le 6 février 1932, René épouse Andrée Marie Joséphine Picatto à Marnay sur Marne (52), fille de Louis, employé à la Compagnie des Chemins de Fer de l’Est et de Marie Henriette Eugénie Chaudron, plumassière de son état. Le prestige de l’uniforme joua-t-il ? Qui sait…

La famille Picatto était originaire pour la génération précédente (Louis Picatto) de Réhon-Mexy (54) et précédemment d’Italie. Le couple Picatto /Chaudron s’était uni le 9 novembre 1901 à Marnay sur Marne, petite commune à mi-chemin entre Chaumont et Langres. C’est là que Marie Chaudron naquit en 1910. En 1911, ils n’ont que cette enfant avec eux à Marnay.

René restera au 309eme RA jusqu’au 10 mai 1936. Fera-t-il vivre à Andrée une vie de casernement ? Certainement.

Il sera ensuite affecté au bureau de recrutement de Troyes où la déclaration de guerre le surprend (il restera inscrit dans les registres jusqu’au 4 avril 1941).

Entrée du camp de La Courtine (23) en 1940

Entrée du camp de La Courtine (23) en 1940

C’est au camp de La Courtine (23) que l’on retrouve René après cette date. Ce camp créé en 1904 était alors très important et avait servi de lieu d’entrainement pour l’armée française entre les 2 guerres. Réutilisé par « l’armée d’armistice » sous l’autorité du gouvernement de Vichy, sa gestion en fut confiée au Général de Lattre de Tassigny entre 1940 et 1942. René y arriva donc le 5 avril 1941 et fut affecté au « Bureau de la place » du camp. Il y restera jusqu’au 10 janvier 44. Sans doute est-ce là, sous l’influence de ce grand chef militaire, que se renforça son désir de servir l’armée et son pays. Il a alors 35 ans, est militaire de carrière depuis 15 ans et il a connu la défaite, cette déroute militaire si rapide qu’elle a laissé des traces dans bon nombre d’esprits. Une nouvelle fois, les familles françaises étaient confrontées aux affres de la guerre, avec son lot de militaires tués, blessés, prisonniers, disparus, laissant des épouses et enfants dans la détresse et ayant besoin d’être secourues et aidées.

Mais que faire ? Créer un service social ?... Cette idée va faire son chemin ! Elle avait été tentée au niveau de la 14eme brigade motorisée avec un certain succès. Pour comprendre, laissons la parole au chef de corps de cette unité, le lieutenant-colonel Grévy :

"Dès la formation du régiment en février 1940, j’avais tenu à examiner personnellement, avec le chef de mon service de santé régimentaire le médecin-capitaine de réserve Pecker, tout le contingent, de façon à ne partir aux armées qu'avec des hommes valides et aptes au combat. Au cours de cette première prise de contact avec la troupe, nous avons tous deux constaté que le souci de la famille était à la base de nombreuses détresses morales. Aucun entraînement n'aurait su faire de ces hommes de vaillants soldats.

Il fallait leur ôter leurs angoisses trop compréhensibles car si on pouvait leur demander le sacrifice de leur vie, il était juste de leur assurer que leur famille ne serait pas abandonnée. Il était nécessaire qu'ils sentissent la réalité de cette assurance, et qu'une personne à qui ils pussent parler et exposer leurs peines se substituât à eux pour défendre ceux qu'ils laissaient à l'arrière. Sur proposition du docteur Pecker, je me suis adressé à Madame Lacroix, directrice de l'Ecole des assistantes sociales à Paris. Dès le 13 mars 1940, Madame Lacroix obtenait un ordre de mission pour venir à mon cantonnement du Camp de Mailly. Le jour précédent, j'avais, à l'appel du soir des différents escadrons, annoncé aux hommes la création du service social régimentaire en leur expliquant brièvement le seul but recherché par moi pour l’apaisement de leurs soucis familiaux et qu'en dehors de moi, ce service s'occuperait de trouver du travail aux leurs, de regrouper les membres de leur famille évacués d'Alsace, de faire soigner les malades, surveiller la naissance de leurs enfants, etc.. Dès le premier jour, 37 cavaliers vinrent se présenter à Madame Lacroix. Dès son retour à Paris, Madame Lacroix se mit au travail non seulement pour les familles domiciliées à Paris et en banlieue, mais aussi pour celles des départements. Lorsque le 6 avril 1940 Madame Lacroix obtint un deuxième ordre de mission pour venir au cantonnement d'Eppe-Sauvage sur la frontière belge, elle fit part des heureux résultats de ses premières démarches. Et ce furent alors des dizaines et des dizaines d'hommes nouveaux qui vinrent trouver Madame Lacroix. Celle-ci devait revenir au régiment le 10 mai. Mais ce furent l'alerte et l’entrée en Belgique du 4e R.A.M. dont la cohésion parfaite était due en grande partie à la remarquable réalisation de cette œuvre sociale dirigée avec méthode, tact et enthousiasme par une femme d'expérience consommée et de grand cœur".

Ainsi donc, s’appuyant sur cette expérience, le Maréchal Philippe Pétain crée le « Service Social de l’armée de terre » par décret du 19 avril 1941 (paru au JO le 30/4). René Wagner y est versé le 11 janvier 1944.

RENÉ CHARLES RAYMOND WAGNER, MILITAIRE DE CARRIÈRE & RÉSISTANT FFI - ECHENAY 1909

Mais les choses « du terrain » ont bien changé… La France n’en peut plus de cette occupation sans fin, des humiliations, des restrictions qui l’accompagnent ; la résistance s’est structurée et est de plus en plus active, les américains et nos autres alliés vont bientôt débarquer… L’heure est à la revanche !

En août 1944, c’est dans l’Yonne qu’on retrouve René.

Le 20 août, il a rejoint le maquis de Méry-Vaux et participe à la libération d’Auxerre (89). Le 4 septembre, l’Yonne est presque totalement libérée et la jonction des maquisards avec la 1ere armée française et la 3eme armée américaine fera le reste dans ce département.

Le 25 Septembre sur ordre du Colonel Inspecteur Général des F.F.I. de la 1ère Armée Française, il est décidé la formation du « 1er Régiment du Morvan ». Il est composé des éléments d'une partie des maquis F.F.I. de l'Yonne, de la Nièvre, et même du Cher, auxquels s'étaient joints de nombreux patriotes bien décidés à participer à la libération du territoire national.

René s’y engage… Ce régiment est placé sous le commandement du Lieutenant-colonel Adrien SADOUL (surnommé CHEVRIER dans la résistance). Il comprend quatre bataillons de 500 hommes, plus sa compagnie Hors Rang, le 1er Bataillon (maquis Breval, maquis Merry-Vaux de la Puisaye), 2ème et 4ème bataillon (maquis des Isles Ménéfrier), 3ème bataillon (maquis FTP de la Nièvre et des bords du Cher). A noter que les régiments de la 1ère Armée Française comprenaient ordinairement 3 bataillons ; compte tenu de l'importance des effectifs recrutés, le régiment du Morvan en comptera 4.

Dès le 1er Octobre, le régiment se met en route pour rejoindre la 1ère Armée, il se rassemble dans la région N.E. de Dijon, puis est dirigé au sud de Besançon où il est mis à la disposition de la 1ère Division d'Infanterie motorisée du Général BROSSET (1ère DFL) du 10 Octobre au 19 Novembre 1944, ses bataillons sont dispersés dans les différentes brigades de la 1ère D.I.M. Vers le 15 novembre 1944, René quitte le 1er régiment du Morvan et redevient adjudant d’active au sein du Service Social d’Auxerre. Il ne participera donc pas à l’épopée qui mènera cette troupe jusqu’en Autriche…

En 1949, alors nommé au Service Social de l’armée de Dijon (caserne Vaillant), il s’en excusera presque en écrivant une lettre où il dit « Naturellement, j’ai peut-être été très peu de temps dans la résistance, mais je suis parti avec le 1er régiment du Morvan dans les Vosges ».

Ce n’est pourtant pas qu’on lui cherche des noises mais il s’agit alors pour lui de faire reconnaître sa campagne de 1944 et sa nomination au grade d’Adjudant-Chef que lui a octroyé le Lieutenant-Colonel Sadoul « dit Chevrier » le 5 octobre de cette même année 44. Ce dernier confirmera tous ces éléments par un courrier envoyé à l’administration militaire.

Que dire de plus sur la personne de René ?...

Le 12 octobre 44, le chef de bataillon Davanne commandant le 1er bataillon indique que « l’adjudant-chef René Wagner de la 3eme compagnie est indispensable dans son unité ».

Le 9 décembre 44, le lieutenant-colonel Chevrier (Sadoul) écrivait « J’ai l’honneur de vous faire savoir que l’adjudant-chef Wagner précédemment dans mon unité y a toujours donné satisfaction dans les emplois qu’il y a occupé ».

Militaire de carrière avant-guerre, il l’est resté après-guerre… Son dossier d’homologation de résistant FFI dont sont extraits la plupart des renseignements présentés ici est disponible au SHD de Vincennes sous la cote GR 16P 600214.

J’en profite pour remercier chaleureusement Monique Drouhin du groupe FB « Généalogie Paris – Île de France » qui a eu la gentillesse de se déplacer à Vincennes pour m’en adresser une copie.

René Wagner s’éteindra le 23 mars 1997 à Chaumont (52). Était-il repassé sur le lieu de sa naissance à Echenay au cours de sa vie et qu’est devenue son épouse ? Ont-ils eu des enfants ? L’histoire ne le dit pas mais il trouve aujourd’hui sa place dans ce que je nomme sur ce blog « Ceux d’Echenay »…

Sources :

 AD52 et SHD Vincennes

Wikipédia

Gallica – pour le JORF

Site « Rhin & Danube » - Anciens de la 1ere armée française du département de l’Yonne

biusante.parisdescartes.fr – Le premier service social de l’armée française

chemins de mémoire .gouv.fr – La 1ere division française libre

 

commentaires