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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

D'ECHENAY A CHANTILLY - 1885

26 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

jockey-club

 

 

Même un blog comme celui-ci se doit de coller à l’actualité. Alors, je vous propose de faire un petit voyage d’Echenay à Chantilly !

 

Le Prix du Jockey Club 2013 se disputera le dimanche 2 juin sur cet hippodrome. Disputé pour la première fois en 1836, le Prix du Jockey Club est une course de galop de niveau Groupe I réservée aux poulains (hongres exclus) et aux pouliches et de 3 ans. C’est l’un des événements majeurs des courses hippiques. Son allocation totale est de 1.500.000 euros. En France, c’est la course la mieux dotée après le Prix de l’Arc de Triomphe.

Napoléon a daté de Moscou, et du même jour, le décret organique du Théâtre-Français et un décret qui autorise une abbaye de bénédictines dans une petite ville de Normandie : Verneuil.

Cette activité prodigieuse et ce regard universel embrassaient tout en même temps.

Ainsi, c'est du camp de Boulogne, où l'empereur équipait une flotte et préparait son infanterie à l'invasion de l'Angleterre, qu'est daté ce décret (1805): 

ARTICLE 1'". — Il sera successivement établi des courses de chevaux dans les départements de l'empire les plus remarquables par la bonté des chevaux qu'on élève; et des prix seront accordés aux chevaux les plus vites.

 

L'ordre de Napoléon fut exécuté dès l’année suivante. Le grand prix, décerné par l'État, était alors de quatre mille francs. En 1819, Louis XVIII développa l'institution, en organisant, au Champ de Mars, des courses régulières : le premier prix royal était encore de quatre mille francs; mais, en 1821, il fut porté à six mille francs. 

Les choses, jusque-là, se passaient en famille, entre Français. Mais dans les derniers temps de la Restauration, un opulent Anglais, lord Henri Seymour, vint disputer les prix aux éleveurs français. Il gagna deux prix, en 1827; mais il fut battu, en 1828, par l’écurie du duc de Guiche, et en 1830, par les chevaux de l'élégant comte d'Orsay.

Cette intervention nouvelle de la concurrence étrangère surexcita grandement le goût des choses hippiques parmi les gentilshommes jeunes et riches de cette époque : des paris particuliers se multiplièrent, les fidèles du sport se rapprochèrent et conçurent, naturellement, l'idée de se grouper en société spéciale. 

Le Jockey-Club est donc une très vieille institution, un cénacle ou se réunit « le grand monde » ! C’est un Cercle.

 

S'il existe un fait indiscutable en un temps où tout se discute, c'est la place immense que les Cercles occupent dans la société moderne.

Être d'un Cercle, c'est, pour le Parisien, un complément obligé de son état civil; c'est, pour le provincial domicilié à Paris, un brevet de naturalisation parisienne. Selon que le Cercle est plus ou moins haut placé dans l'opinion, il sert à fixer le rang de ses membres dans la hiérarchie mondaine, mieux que le Sénat, la Chambre des députés, le Conseil d'État ou les préfectures de première classe.  

Si l'on me dit, en me montrant un monsieur en habit noir, grave et gourmé :

« Saluez ! C’est un sénateur influent de la Gauche ou du Centre gauche! », mon chapeau séditieux reste rivé sur ma tête.

Si l’on me montre un passant de fière mine et de libre allure, en veston, un stick à la main, et si l'on ajoute : « Il est du Jockey ! »,  je me sens saisi d'une émotion respectueuse.

 

C'est que, sous notre troisième République, il est plus facile à un intrigant d'obtenir le suffrage universel de dix mille imbéciles qu'à un homme médiocrement situé dans le monde de conjurer les boules noires (ndlr : voir plus loin) d'une vingtaine de gentlemen spirituels et élégants. 

Regardez, vers six heures, l'angle arrondi que forme la rue Scribe à sa rencontre avec le boulevard. Au premier étage, un long balcon de fonte ouvragée contourne l'immeuble superbe dont le rez-de-chaussée est occupé par le Grand Café. Sur la rampe, capitonnée de cuir, sont accoudés, le chapeau sur la tête, une vingtaine de curieux qui devisent, la cigarette aux lèvres, distraits par la foule variée qui grouille au-dessous d'eux, et par le va-et-vient des voitures de toute sorte qui encombrent, en cet endroit, la chaussée du boulevard. Quand le jour baisse, ils rentrent, par de larges portes fenêtres, dans les salons qui flamboient, vrais salons princiers, de dimensions et surtout d'élévation inusitées. Si nous les suivons, nous ne trouvons pas précisément un Cercle, dans le sens restreint d'une intimité quotidienne: la société est plus nombreuse ici qu'à l’Union et, par conséquent, moins étroitement liée; elle compte près de mille membres. Nous sommes donc plutôt dans une sorte de casino où l'admission, sans doute, est pesée, sévèrement discutée, mais où les rapports de chacun sont limités à ses propres amis, où l'on se coudoie sans souci du voisin, et où s'établissent des groupes distincts plutôt qu'une familiarité générale. C'est le Jockey-Club. ( ) 

On pourrait longuement s'étendre sur le délire joyeux, endiablé, qui marqua les premières années du Jockey. A Paris, au Club même, on vit un jour M. de Châteauvillard et M. Ch.Laffitte gravir l’escalier, à cheval, pénétrer dans la salle de billard, et jouer leur partie, à cheval, en présence de leurs amis qui applaudissaient cette excentricité nouvelle.

A l'époque des courses, tout le cercle se transportait, en chaises de poste, à Chantilly.Le Lion d’or et les autres auberges débordaient : les chambres particulières étaient retenues et louées fort cher. On se livrait à mille escapades durant cette semaine folle qu'occupaient deux courses et une chasse. Les habitants devaient renoncer au sommeil, car l'invasion dorée menait grand bruit tout le jour et même toute la nuit. 

Mais il serait trop réducteur de penser qu’il ne s’agissait que de riches oisifs avides de plaisir. D’ailleurs, ces frasques cessent vite. En 1885, l’auteur indique que «  notre génération n'a connu que par ouï-dire les prouesses de ce début tapageur, les excentricités folles qui ont enjolivé la naissante légende du Jockey-Club.» 

 

L’intérêt du Jockey Club, pour l’amateur d’histoire, réside plutôt dans la liste de ses membres. Il est presque impossible d’en dresser une liste exhaustive: elle ressemblerait à un armorial général de France. A l’époque où l’auteur écrit ce livre, il cite :

A la tête, M. de la Rochefoucauld, duc de Bisaccia, cinquième président du Cercle, depuis sa fondation. Il succède à lord Henri Seymour, à M. de Normandie, au prince de la Moscowa et au marquis de Biron. Le vice-président du Cercle est le marquis de Juigné qui, à la mort du marquis de Biron, a hautement décliné la présidence. Au sous-comité, M. de Maintenant, M le comte d’Eprémesnil et M. Jules Delamarre. Ils sont à la tête des multiples services que nécessite cette maison aux mille maîtres.  

 Le Jockey-Club se recrute à l'élection. Le nombre de ses membres n'est pas limité. Lors des scrutins, une boule noire annule six boules blanches.

Si vous briguez l'honneur d’y entrer, assurez-vous de bons parrains, sympathiques et répandus,ce sera chose utile assurément au succès de votre candidature. Mais l'important n'est pas d'avoir des amis, de bons amis, beaucoup d'amis: il faut surtout n'avoir point d'ennemis.

Aussi, croyez-moi, frappez à la porte, au début de la vie, avant l'âge de la notoriété, avant que vos actes et vos habitudes ne vous aient, bon gré mal gré, classé dans un parti, catégorisé dans une coterie, avant d'avoir donné prise aux attachements et aux hostilités.

D'ailleurs, à cet âge, votre jeunesse vous rendra l'échec moins sensible, s'il se produit, et moins pénibles les tentatives renouvelées. Et puis, si la forteresse se fait inexpugnable, dites-vous bien que le caprice du scrutin n'a jamais amoindri ses victimes ; que vous en trouvez, dans le fossé, de bien illustres; et que certaines exclusions ont été plus regrettables au point de vue du cercle qu'au point de vue des exclus.

Les opérations électorales ont lieu dans la longue galerie qui suit l'antichambre et conduit au billard. Elle est pleine ces jours-là, et tous attendent le résultat avec anxiété. 

C’est ainsi que fut élu le marquis de Pimodan que l’auteur place dans « l'escadron brillant de la jeunesse dorée ». Je cite :

Le marquis de Pimodan : son illustre père, le général, quitta le service de l'Autriche pour la défense du Saint-Siège, et fut tué, à Castelfidardo, en 1860; en l'apprenant, l'héroïque marquise se pencha sur les deux berceaux qui l'entouraient : « N'est-ce pas, dit-elle fièrement à ses fils, que, vous aussi, vous serez des soldats? » Le marquis et le comte de Pimodan, tous les deux créés par le Saint-Siège, ducs de Castelfidardo, ont rempli le devoir de leur grand nom. 

Ainsi se termine le voyage à Chantilly. Je doute qu’un des chevaux élevés dans les prairies d’Echenay ai jamais participé à une telle course. Du moins, un Epinceloi y était !

Source : AU CERCLE par LÉON DE LA BRIÈRE avec une préface de   A. DE PONTMARTIN –PARIS - CALMANN LEVY - 1885

 

 

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JEAN MERGEY, PAGE DE DESCHENETZ - 1554

20 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ca s'est passé près d'Echenay

"Jean, sieur de Mergey,  naquit en 1536, sous le règne de François 1er, à Harans-Mesnil en Champagne,  de Nicolas de Mergey et de Catherine, fille naturelle de la maison de Dinteville. Sa famille n’était pas riche; Il se trouvait le dernier de quatorze enfants et l’on crut devoir le destiner à l’état ecclésiastique.

Ayant perdu son père, il fut mis à l’âge de huit ans au collège de Troyes puis passa dans l’abbaye de Montier en Der afin d’y recevoir une éducation conforme aux vues que ses parents avaient sur lui.

Mais, il montra des gouts entièrement opposés : le récit des hauts faits d’armes qui avaient marqué l’époque de sa naissance enflamma son imagination. Il fallut donc que sa mère consentit à le retirer de Montier en Der. Hors d’état de lui procurer dans sa maison les moyens d’acquérir les nouvelles connaissances qui lui étaient nécessaires, elle le plaça près de Polisy, Bailly de Troyes, chef  de la maison de Dinteville dont elle était issue.

Polisy avait autrefois servi avec distinction ; Personnage accompli et orné de toutes les vertus et sciences autant qu’homme de son temps et qualité, il avait été  gouverneur de M. d’Orléans et ambassadeur pour le roi en Angleterre. Paralytique et impotent de tous ses membres, et ne pouvant plus à cette occasion demeurer à la cour, il s’était retiré chez lui et se mit pour son plaisir et exercice à bâtir cette belle maison de Polisy. Il employa ses loisirs à compléter l’éducation de son jeune parent, qui, par ses manières vives et enjouées, lui donnait des distractions agréables et dissipait la tristesse de son intérieur.

Lorsque cet intéressant élève eut atteint l’adolescence, il l’attacha comme page à  Deschenetz (NDLR : seigneur d’Echenay)  son frère, chevalier de l’ordre du roi, qui commandait une compagnie de 50 hommes d’armes dans les armées d’Henri II.

Ce fut en cette qualité que Mergey  fit, à l’âge de 18 ans la fameuse campagne  de 1554, et prit part à la victoire de Renty.

L’année suivante, Deschenetz le mit hors de page et, dans l’espoir de lui procurer un prompt avancement, il le plaça près du comte François de La Rochefoucault, lieutenant de la compagnie de gendarmes du duc de Lorraine, après lui avoir donné un bon cheval et 30 écus.

Mergey se dévoua entièrement à La Rochefoucault  ( )…"

 

Cela lui valut de nombreux tracas. La Rochefoucault, de zélé catholique passa dans les rangs des Huguenots suite à son second mariage avec Charlotte de Roye, proche des Coligny. Peu importe pour Mergey ! Il continue de servir son maitre.

 

 

"Mergey, peu familier avec les matières qui faisaient l’objet de controverses ne tenta jamais de s’en instruire : sans etre incrédule, il demeura indifférent ; et cette tiédeur, bien rare dans le siècle ou il vivait, le préserva du moins des passions qu’entraine le fanatisme."

 

Mais cela procura aussi à Mergey une vie exaltante, traversant en acteur, guerre contre l’Empire, guerre de religion,  la Saint Barthélémy, approchant au plus près roi, reine et princes.

 

A la fin de ses mémoires, il écrira :

"Pour moi, j’ai ce contentement d’avoir fidèlement servi mes maitres, et avec cela ferai la cloture de mon discours, suppliant ceux qui le pourront voir excuser et le sujet et le style, car je ne suis ni historien ni rethoricien ; je suis un pauvre gentilhomme champenois qui n’ai jamais fait grande depense au collége, encore que j’ai toujours aimé la lecure des livres.

 

Fait le 3 septembre 1613, et de mon age de 77ans, à Saint Amand en Angoumois"

 

Cet homme n’aura fait qu’effleurer Echenay, peut-être même n’y a-t-il jamais mis les pieds. Mais il aura servi quelques temps le seigneur du village.

 

J’encourage mes lecteurs à lire ses mémoires, forts riches en anecdotes et donnant une vision contemporaine des guerres internes et externes de cette fin du XVI siècle.

 

 

Source : Collection complète des Mémoires relatifs à l’histoire de France  -– M. Petitot – Libraire Foucault, rue de Sorbonne - 1823

 

 

 

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"AU LOUP !!!" - ECHENAY 1774

20 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

Un blog sur l’histoire ancienne d’un village sans parler du loup ? Est-ce possible ?...

 

D’autant plus que la peur du loup revient suite aux récentes réintroductions. Cette semaine encore, un loup était pris en photo en Ardèche (voir presse récente).

 

Peut-être même verrons-nous  bientôt des Lynx en Haute-Marne, les Vosges n’étant pas si loin !

Fin XVIII eme, le loup est très présent vers Echenay.  D’ailleurs, voici un témoignage :

 

loup.JPG

 

 

 

Combien de fois, le cri de « Au loup! Au loup! », cri d'alarme et de terreur, a-t-il retenti autrefois dans nos campagnes. Que de cauchemars, et quelle épouvante le loup fait-il encore naître dans nos esprits ( )…  Il n'y a pas si longtemps, de 1882 à 1907, il était encore détruit en France plus de 9.400 loups.

 

Les vieux documents sont remplis d'anecdotes et de souvenirs sur les loups.  ( )...

 

Le 19 juin 1767, « la Bête du Gévaudan », un loup de 109 livres, à tête énorme, était abattue et c'est à la fin de cette ambiance de terreur où 64 personnes avaient péri que commence notre étude.

 

A cette époque, les Intendants avaient le pouvoir de délivrer des primes aux destructeurs de loups. Ces primes variaient suivant qu'il s'agissait de loup, louve, louve pleine, ou louveteau. Les chasses aux loups ont également été réglées, par deux arrêts du Conseil du Roi en date du 28 février 1773 et 15 janvier 1785. Ces primes étaient en général dans l'Intendance de Champagne, de 10 livres pour une louve, 6 livres pour un loup et 3 livres pour un louveteau. Toutefois, ces indemnités pouvaient être augmentées pour une louve pleine ou dans les cas de loups enragés.

 

Les lieutenants de louveterie percevaient pour leurs destructions des primes doubles. Les primes étaient payées au vu d'une attestation du subdélégué et la preuve des destructions était matérialisée par la présentation du cadavre de l'animal, ou de la peau, ou tout au moins de la tête et des parties génitales dans le cas d'une louve. A titre de contrôle, le subdélégué coupait les extrémités des oreilles.

 

Pour distinguer les louves, il est en général porté : « à représenter la teste et les partie naturelles » d'une louve, ou encore « la teste et la nature d'une louve ». On trouve également d'autres expressions.

 

A Serqueux, « Michel et François Brissey, de la ferme de la Pivotte, ont tué dans la nuit du 13 au 14 janvier 1773 devant leur ferme, un loup et une louve, dont ils nous ont représenté les peaux en entier ».

 

A Rimaucourt, Germain Louis, le 2 janvier 1774 « a présenté les indices et la teste » d'une louve.

 

Dans la subdélégation de Joinville, on rencontre au hasard des certificats : « la tête et la peau », « la tête et les autres marques distinctives », « la tête et la matrice ». Charles Doquin, garde-chasse du Duc d'Orléans « a présenté les oreilles et le bouton d'une louve »  tuée « dans une chasse faite dans la forest du Val sur l'ordre du Conservateur du Prince » le 27 décembre 1779.

 

Les louveteaux étaient souvent apportés « en nature et vivants » devant le subdélégué comme Pierre Paul Constant, garde-chasse du Roy à Valcourt et qui le 21 mai 1786, apporte « 6 louveteaux et louvettes vivants, âgés d'environ quatre jours » qui sont ensuite jetés dans la Marne.

 

Henri Husson, garçon de ferme à Chatonrupt prend vivants le 28 avril 1787, dans le bois du Duc d'Orléans, 4 louveteaux dont un mâle et trois femelles. Il en est de même pour Nicolas Foissey, domestique à Poissons qui attrape 2 louveteaux le 27 avril 1787. Jean Freche, vigneron à Poissons, qui prend « tous vivants » trois louveteaux dans le bois de l'abbaye de Saint-Urbain le 23 avril 1788.

 

Les exemples sont nombreux.

 

Citons encore Antoine Gaillet, fermier de la Grange de Montaubert à Bourbonne, qui prend vivants 5 louveteaux le 31 mars 1783, deux jeunes filles de Coiffy-le-Haut, Marguerite Voillequin et Etiennette Carteron qui dans le bois de Bourbonne, attrapent vivant un louveteau le 6 juillet 1771, et Louis Perdrizet, laboureur demeurant à Serqueux, qui le 2 juin 1769, présente vivante une nichée de 8 louveteaux ce qui est un record.

 

Certains piégeurs, se permettaient même probablement pour s'amuser, d'amener à la subdélégation, des loups adultes encore en vie. Joseph Hanche, cocher du Comte de Ségur, ayant piégé un loup vis-à-vis du château de Leschères, le présenta « tout vivant » à Joinville en 1773. Le 14 novembre 1787, Joseph Audouard, domestique à Joinville, a pris au piège, « dans la prairie de cette ville » une louve et « l'a apporté encore vivante».

 

Quelquefois, lorsque l'animal avait été détruit pour une raison quelconque, le curé du village établissait une attestation pour l'Administration.

 

François Salzard, laboureur à Gillaumé  avait pris au piège, le 25 février 1774, dans les bois communaux, une louve « pleine de quatre petits louveteaux formés » et le curé délivre le certificat suivant:

 

« Je soussigné prêtre curé d'Echenay et Gillaumé, certifie que l'exposé d'autre part est véritable ayant vu en vie la louve, le piège au col, et que les signatures sont celles de mes paroissiens. A Echenay ce 27 février 1774.

 

Signé : Voisin, curé d'Echenay et Gillaumé. »

 

Source : Les Cahiers Haut-Marnais - 1955

 

 

 

 

 

 

 

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GABRIEL DE PIMODAN ET L'ANTISEMITISME - 1889

12 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Gabriel de Pimodan

 

 

Mon article sur le banquier juif d’Echenay au XIV siècle m’avait donné l’idée de poursuivre sur ce thème. G. de Pimodan n’a-t-il pas vécu au temps de l’affaire Dreyfus ?

 

Bien m’en a pris car voici encore une autre tranche de vie.

 

« Édouard Drumont, né à Paris le 3 mai 1844 où il est mort le 3 février 1917, est un journaliste, écrivain, polémiste et homme politique français, fondateur du journal La Libre Parole, antidreyfusard, nationaliste et antisémite. Il est également le créateur de la Ligue nationale antisémitique de France.

 

Il entre, à dix-sept ans, dès la mort de son père, à l'hôtel de ville où il travaille six mois. Son rêve est de devenir homme de lettres. Il se lance dans le journalisme et entre au Moniteur du bâtiment, puis il collabore au Diable à quatre, un journal Hippolyte de Villemessant (journaliste qui ressuscite Le Figaro en avril 1854). Il travaille parallèlement à L'Inflexible, où il dévoile les secrets de Villemessant, qui le congédie. Il publie des articles dans divers journaux comme La Liberté (où il s'occupe à la fois des reportages, des chroniques littéraires, des études d'art et même la dernière heure au Corps législatif). Drumont reste chroniqueur d'art à La Liberté de 1874 à 1886, où il a pu être engagé grâce à un article qu'il avait écrit sur Emile de Girardin, directeur de ce journal.

 

Au sein de La Liberté, il n'expose pas ses idées politiques. Il révèle ses talents d'historien dans la Revue de la Révolution. Il écrit dans Le Bien Public, mais aussi dans L'Univers, Le Nain jaune, La Presse théâtrale, la Chronique illustrée, Le Contemporain, La Revue de France, Le Gaulois, Le Petit Journal (critique d'art), etc. Il compose les oraisons funèbres d'Emile Pereire et de son frère Isaac. Il se fait d'abord connaître par la publication de plusieurs ouvrages non politiques. Si sa première œuvre littéraire est une pièce de théâtre en un acte, cosignée avec Aimé Dollfus, Je déjeune à midi  (1875), son premier livre publié est Mon Vieux Paris, paru en 1878. L'ouvrage est un parcours commenté de la capitale, émaillé de réflexions empreintes de nostalgie et de regret. Suivent Les Fêtes nationales à Paris (1878) et Le Dernier des Trémolin (1879).

 

En 1885, Drumont publie un opuscule de quarante-trois pages intitulé Le vol des diamants de la couronne au garde meuble. Appelé à la direction du Monde en 1886, il publie, en avril de la même année, La France juive, qui atteint vite la 150e édition, et vaut à son auteur, en même temps que la notorièté, une condamnation à une forte amende et deux duels, notamment avec Arthur Meyer, directeur duGaulois. Drumont publie ensuite, La France Juive devant l'opinion (1886), La Fin d'un monde (1889), La Dernière Bataille (1890), Le Testament d'un antisémite (1891), Le Secret de Fourmies (1892). En 1890, Drumont fonde la Ligue Nationale antisémitique de France. Drumont critique le cosmopolitisme de ce qu'il appelle la race juive, ce qui s'oppose pour lui au nationalisme fort qu'il défend. » ( )

 

Source : Wikipédia

 

Dans « La fin d’un monde, étude psychologique et sociale », Drumont donne une vision très  personnelle de la société de cette fin de siècle.

 

 Il est vrai que le XIX eme fut un moment de grandes transitions pour la politique, le social, le  modernisme, etc…  Nous avons perdu une guerre, une partie du territoire, un fort sentiment de revanche est dans l’air, le monde change et inquiète et il faut des coupables.

 

Drumont a trouvé les siens.

 

Par ailleurs, il fustige le laisser-aller de la société en général, de l’aristocratie qui, à ses yeux, se délite. Bref, pour lui, tout le monde baisse les bras. Lui veut engager la lutte, à sa façon. 

 

« Nous recevons affront sur affront, l'Allemagne fait tirer sur nos officiers à la frontière, l'Italie nous donne le coup de pied de l'âne, l'Europe se partage déjà nos dépouilles, l'Invasion est à nos portes et la Banqueroute va s'asseoir à notre foyer; nous plions sous une dette de trente milliards; les usines se ferment, notre agriculture est ruinée, nos industriels voient peu à peu tous les marchés du monde leur échapper... ()

 

J'ai donné pour titre à mon livre : la Fin d'un monde et non la Fin d'un peuple. Les autres nations, en effet, sont presque aussi malades que nous.

 

Nous agonisons sur un grabat, dans la chambre déjà déménagée d'où l'on a enlevé peu à peu, en même temps que les valeurs et l'argent, toutes les reliques du Passé, tout ce qui parlait à l'âme, tout ce qui rappelait la vie des aïeux. Les Rothschild ont commencé par vider les tiroirs, Hérold a décroché le crucifix, les Juifs Vanderheim et Bloche ont été chargés, sur l'initiative de Lockroy, de vendre les diamants de la Couronne. » ( )

 

J’arrête là cette présentation que les lecteurs intéressés pourront poursuivre et j’en arrive au but de cet article. Dans son livre, il poursuit :

 

« Une souriante et désarmante sincérité dans la frivolité, une conviction profonde que le rôle de l'Aristocratie est fini, tel est le fond des nobles qui jouent un rôle dans la haute vie de Paris.

 

Les meilleurs ont cette impression : je me souviens d'une conversation que j'eus avec M. de Pimodan, qui était venu m'apporter un volume de vers: Soirs de Défaite. C'est un homme d'une très réelle valeur, ancien officier, il a su ne pas être un oisif el il a publié un volume plein de documents curieux : La réunion de Toul à la France.

 

En face du porteur d'un si beau nom, du fils du héros de Castelfidardo,  je fis ce que je fais avec tous ceux avec qui j'ai l'occasion de causer, j'essayai de voir si on ne pourrait pas compter sur lui dans un moment d'insurrection où quelques centaines de vrais Français de tous les partis s'empareraient facilement des banques juives. Je lui montrai combien la situation serait favorable pour préparer un mouvement.

 Il  me tendit son volume et m'indiqua ces vers pleins de tristesse où s'affirment si mélancoliquement la désillusion, le sentiment que tout est inutile, qu'il n'y a plus rien à faire.

 

Nous sommes des vaincus Français et gentilshommes,

 

Deux fois vaincus ! La gloire a quitté nos drapeaux,

 

Le pouvoir a quitté nos mains pâles; nous sommes,

 

Avec nos titres vains, de brillants oripeaux,

 

Des haillons d'hyacinthe et de pourpre que foule,

 

Le pied de l'ouvrier sifflant au gai matin,

 

Et qui, le soir venu, sous les pas de la foule

 

Ne garderont pas même un reflet de satin.

 

D'autres soleils ont lui pour nous. La vieille Terre,

 

Lasse de supporter le poids de nos autels,

 

Impatiente, attend le joug du prolétaire...

 

C'est fini ! N'accusons que les dieux immortels !

 

 

 

Encore une fois il serait à souhaiter qu'un écrivain nous léguât le tableau ressemblant de ce monde, qu'il le montrât tel  qu'il est depuis quelques années, absolument démoralisé, si vous voulez, ou suprêmement indulgent si vous préférez.

 

L'indulgence, en effet, est la caractéristique de cette société. Tout passe. Au moment de quelque gros scandale, tous ces, gens qui ont clé élevés dans une sorte de religion de l'honneur ont un petit soubresaut, quelque chose comme le frissonnement du mouton qui baisse la tête, lorsque la bise secoue trop sa toison, mais ils prennent vite leur parti… »

 

Evidemment, de telles positions déclenchent des réactions !

 

Lucien Darville lui répond dans un ouvrage titré « Un monde nouveau, réponse à Edouard Drumont » la même année. Dans sa préface, il explique :

 

« Nous venons d'achever la lecture du dernier ouvrage de M. Edouard Drumont, intitulé :

 

La Fin d'un Monde, étude psychologique et sociale.

 

Etant donné le talent si original, si connu de l'auteur, l'apparition de ce livre constitue un véritable événement, d'autant plus que M. Drumont commence par se déclarer chrétien et prétend juger les hommes et les choses de ce temps avec la plus grande impartialité.

 

Or, de la première ligne à la dernière, son livre n'est qu'un long cri de détresse dont le trait le plus caractéristique exprime la haine, une haine systématique, non pas de l'esprit juif  pris dans la mauvaise acception du mot, mais de tout ce qui, de près ou de loin, touche au judaïsme proprement dit.

 

Semblable aux sectaires républicains qui voient partout le spectre des jésuites et des cléricaux, M. Drumont ne rêve que des juifs et croit deviner leur influence occulte dans tous les événements passés, présents et à venir.

 

Le plus grand danger des théories ou des allégations émises par M. Drumont réside dans l'art merveilleux avec lequel il les a coordonnées. Cet enchaînement peut faire partager à ses lecteurs le sentiment d'insurmontable découragement (qu'il parait éprouver lui-même, car il rencontrera des adeptes dans les rangs d'une certaine école de catholiques où l'on ne constate déjà que trop souvent un pessimisme que nous nous permettrons de qualifier d’'antichrétien.) »

 

Sur le paragraphe de Drumont concernant M. de Pimodan, il ajoute :

 

« L'aristocratie est finie et elle en est elle-même convaincue, nous dit M. Drumont. Pour prouver cette allégation, il nous raconte qu'il demanda un jour à M. de Pimodan, homme d'une très réelle valeur, si l'on ne pourrait pas compter sur lui pour participer à un mouvement insurrectionnel, ayant pour but de s'emparer des banques juives.

 

M. de Pimodan, pour toute réponse, lui présenta une pièce de vers dans laquelle il avait exprimé sa complète désillusion et sa croyance en l'incurabilité du mal social.

 

Nous ne voudrions pas blesser M. Drumont, mais il nous semble que M. de Pimodan a trouvé là un moyen habile et courtois de faire comprendre à son interlocuteur qu'il ne tenait pas à renouveler envers les juifs, les exploits de Cartouche et de Mandrin. » 

 

Sources :

La fin d’un monde – Edouard Drumont – chez Albert Savine Paris - 1889

Un monde nouveau, réponse à E. Drumont– Lucien Darville – Paris – chez Vic et Amat -1889

 

 

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BONNE ELEVE A ECHENAY - 1901

12 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ecole et Education

 

Manuel general de l'instruction primaire

 

 

 

De nos jours, à l’école primaire, il n’y a plus de Prix, plus de Bon-Point, plus de récompense.  Il n’en a pas toujours été ainsi et certains d’entre nous, dont je suis, doivent se souvenir de ces bons-points qui faisaient notre joie mais surtout la fierté de nos parents !  (En ce qui me concerne, j’en ai eu quelques-uns, mais pas de quoi faire une collection !

En 1901, une écolière d’Echenay  passe le  « Concours Général entre les meilleurs élèves des écoles primaires ». Ce concours national distingue les écoliers « de moins de 13 ans au 1er juillet 1901 » (1ére série) et « ceux de plus de 13 ans » à la même date (2éme série).

Pour elle, ce sera avec succès malgré une concurrence importante.

 concours national

 

 

 

Notre Epincelloise s’appelle Louise BERTRAND. Elle arrive en 29éme position des plus de 13 ans (qui compte plusieurs centaines de candidats), avec un total de 58 points.

La première en a totalisé 68. Le résultat est donc très serré.

On y teste :

Orthographe et analyse

Ecriture

Composition française

Calcul

Louise est certainement une élève sérieuse. Il faut dire qu’elle est fille unique et que son père, Emile, est l’instituteur du village. La préparation du concours a dû être sévèrement contrôlée. Sa mère Irma s’occupe du ménage et a peut-être du temps à consacrer pour accompagner sa fille dans ses devoirs de classe.

Peu importe, le mérite et la réussite sont là et c’est le principal.

Qu’est devenue Louise BERTRAND ?  Un lecteur nous le dira peut-être.

Source : Manuel général de l’Instruction publique –  Journal hebdomadaire des Instituteurs et Institutrices - 20 juillet 1901

 

 

 

 

 

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100 éme ARTICLE

10 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Divers

Celui-ci sera un peu différent des autres.

 Normal, c’est le centième depuis la création du blog !!!

Alors, à cette occasion,  je vais me livrer un peu plus.

Tout commence voici 20 ans par des recherches généalogiques. Ce n’est pas encore à la mode mais ça le deviendra vite. Eh oui : « Sans passé, pas de futur !...»

Et le futur fait peur à beaucoup de monde ! « Je viens d’où, je vais où ?… ». Alors, on cherche ses racines !

Les premiers moments sont exaltants, surtout quand on ne connait rien de précis sur ses aïeux, sinon quelques éléments  des  3 ou 4 générations qui vous précèdent. Et on se lance dans les recherches ! On accumule très vite des dates, des lieux, des noms,  etc… Rien que des chiffres et des lettres qui ne signifient rien ou si peu ! Donc vient rapidement un sentiment de frustration !

 A quoi ça sert si on ne connait pas leur vie, leur cadre de vie, leur village, leur environnement, les gens qu’ils ont croisé ?...  Et si on ne partage pas ce qu’on a trouvé ?

A rien !...

C’est la raison de ce blog.

Mon arrière-arrière-grand-père paternel est arrivé en Haute Marne vers 1847, où il s’y est marié avec une fille de son pays (l’alsace) qui l’a suivi dans sa migration. J’ai trouvé plein de renseignements sur eux mais je ne sais toujours pas pourquoi ils sont venus là. Un jour, peut-être ? Il était berger. De village en village, ils arrivent à Echenay vers 1875.

Depuis 50 ans, je vais tous les ans à Echenay. Ma grand-mère est née là-bas. J’y ai encore un peu de famille et beaucoup de très bons amis.

J’aime ce pays et je suis Epincellois de cœur !

Ce blog est  dédié à mon arrière-arrière-grand-père, aux lecteurs de ce blog, bref, à tous ceux qui aiment Echenay et ses habitants ! Merci pour vos encouragements !

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UN BANQUIER A ECHENAY - XIVéme SIECLE

9 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ca s'est passé près d'Echenay

Héliot de Vesoul Les archives de la Côte d’Or à Dijon possèdent deux manuscrits hébreux en parchemin, cotés B10410 et B 10411. Ceux-ci contiennent les comptes d’une association de juifs dont le siège était à Vesoul et qui faisaient, dans un rayon assez étendu, d’importantes opérations de banque, de prêt, de commerce d’agriculture.

Le principal personnage de l’association était Héliot (Elie) de Vesoul. Il semble être le chef des juifs de la Franche-Comté et c’est un personnage important, même au-delà de sa région.

« Et alors, quel intérêt  et quel rapport avec Echenay ? » me demanderait-vous.

 

Eh bien, nous nous situons vers 1300 / 1315. Il compte parmi ses clients comtes, barons, clergé, bourgeois et même hommes du peuple. La prospérité de sa maison date probablement de la guerre qui suivit le traité conclu en 1295 entre le comte Othon IV et Philippe le Bel. Les barons indignés de voir le pays livré à celui qu’ils considèrent comme l’ennemi héréditaire, se soulevèrent pour défendre leur indépendance. La guerre dura de 1296 à 1301. Ils la financèrent avec l’argent de l’Angleterre et celui des banquiers lombards et juifs.

Donc, Héliot et ses associés !

J’arrête là l’explication du contexte pour en venir à ce qui touche Echenay  (voir source pour plus de renseignements).

L’association a un correspondant à Echenay. Il se nomme Diaya, ou Diea, Diau et est un proche d’Héliot. Ces livres de comptes doivent donc contenir des informations sur ses débiteurs locaux.

Assez étonné dans un premier temps de cette présence dans un aussi petit village, elle n’est peut-être pas si incongrue. Il est vrai qu’à l’époque, la Champagne est une région assez prospère, riche de foires, à la frontière du royaume et qui commerce avec ses voisins. Bref, de quoi intéresser des financiers !

Et Echenay se trouve au milieu, entre Champagne, Bourgogne et Lorraine. Mais ce n’est qu’une hypothèse.

La guerre de Cent Ans arrêtera tout ça et, en 1321, Philippe le Long expulsera les juifs de France. Que deviendront Héliot et Diaya ?         

Hélas, nous n’en saurons pas plus pour l’instant. Il serait intéressant mais fastidieux « d’éplucher » totalement ces documents, écrits de plus en hébreu. Dommage !

Un jour, peut-être ?

Source : Revue des Etudes Juives 1884

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UN LORRAIN POUR UN LORRAIN - 1898

8 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Gabriel de Pimodan

Dans sa rubrique du 22 juillet 1899, le Journal de Genève annonce la sortie des Poésies de Pimodan,  chez Léon Vannier, avec des illustrations d’Henri Baudot.
Le journaliste, qui signe  L.D, après avoir commencé sa critique de façon relativement flatteuse,  « lâche soudain les chiens ». La critique est acerbe. C’est son droit !  
poesies g pimodan suisse
 
 Mais ce qui motive mon article n’est pas là. C’est plutôt le choix de l’illustrateur.
 
« Edouard-Louis Henry est né à Nancy en 1871 de Charles-Jean-Baptiste Henry et de Marie-Charlotte Baudot. On voit par là que cet artiste connu ultérieurement sous les deux patronymes accolés d’Henry et de Baudot se nommait en réalité - selon les règles d’état-civil en vigueur à cette époque - du seul nom d’Henry.
  
Bien que nous n’ayons aucun renseignement précis sur les premières années du peintre, il est clair que le jeune garçon, qui ne compte aucun ascendant lié au monde de l’art, fut marqué peu ou prou par l’effervescence créatrice qui caractérisait la capitale de la Lorraine avant 1914.
  
On peut supposer que parmi ses professeurs d’art plastique au collège se trouvèrent des hommes en mesure d’éveiller chez ce fils unique et choyé le goût pour la peinture et le dessin. N’oublions pas non plus que depuis 1871, conséquence de l’annexion de la région par l’empire allemand, la ville de Stanislas Leczinsky, demeurée française, affirmait hautement son identité sous le double signe du patriotisme - voire d’un nationalisme sourcilleux - et de l’élaboration d’un art original, à la faveur d’une heureuse rencontre entre des peintres, des décorateurs, des ébénistes, des verriers, des ornemanistes et des industriels qui donneront toutes leurs lettres de noblesse à l’école de Nancy. ( )
  
Nous connaissons très mal la production artistique du peintre avant son admission à la SNBA (ndlr : Société des Beaux-Arts), mais il est loisible de penser qu’une partie de son travail d’alors est consacrée à la célébration des charmes de la campagne lorraine, ce qui conduira notre peintre à illustrer en 1898 les sonnets de Pimodan, œuvre du duc de Rarécourt, d’un patriotisme fervent, dont une partie est dévolue aux incomparables beautés des environs de Toul ! »
  
Source : Catalogue de la vente « ATELIER Edouard-Louis HENRY-BAUDOT (1871-1953) », organisé par Mr  T.de  MAIGRET, commissaire-priseur, hôtel Drouot, le 14 décembre 2012
  
Le choix de l’illustrateur par G de Pimodan n’est donc vraisemblablement pas un hasard.
Imprégné de Lorraine, il choisit un Lorrain pour son ouvrage. C’est aller au bout de ses idées.
Le critique n’a certainement pas perçu cet aspect de la personnalité de Pimodan.
 
  
 
 
 
 
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TERRES ET SEIGNEURIE D'ECHENAY A LOUER - 1779

8 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Le Chateau d'Echenay

J’ai trouvé dernièrement une annonce qui a suscité ma curiosité.
 
 
30 juin 1779
 
 
 
De quoi pouvait-il s’agir ? Et pourquoi ?
 
En fait, voici une explication possible et très probable:
 
Je vais prendre des chemins détournés pour émettre une hypothèse, d’ailleurs suggérée par un de mes lecteurs  à qui j’ai soumis la question.
 
LOUIS XIV, ayant retenu les leçons de la fronde (et pas pardonné celle-ci !), s’emploie à « museler » la noblesse. Quel meilleur moyen de la surveiller que de l’avoir « sous la main» à Versailles ?
 
Souvent avides d’honneurs et de privilèges,  ils entrent, pour la plupart, facilement dans son jeu et jouent des coudes à Versailles  pour approcher au plus près la famille royale.
 
 Ses successeurs maintiendront cet état de dépendance.
 
Toutefois, certains nobles, ont  de bonnes raisons de le faire :
 
 « Les La Vallée de Rarécourt  Pimodan sont les représentants de ces grandes races militaires inféodées au sol ancestral et qui comprennent que la protection de ce sol est leur véritable fonction dans l’état.( ). Trop souvent, dans les délices de Versailles, ceux-ci (NDLR : la noblesse) deviendront  alors des asservis, abandonneront leur vassaux, vendront peu à peu leurs châteaux et leurs terres, perdront dans la molle atmosphère d’une cour, cette virilité morale sans laquelle une aristocratie, quelle qu’elle soit, n’a plus de sens… »
 
Source : Gabriel de Pimodan par le Baron de Maricourt – Imprimeries réunies de Senlis- 1932
 
Ne se sont-ils pas ruinés (en grande partie) en défendant la France sur les Marches de l’Est pendant des siècles pour de piètres récompenses par rapport à d’autres ?
 
Certes, ils occupent des postes importants mais la vraie reconnaissance n’est pas encore là.
 
Et puis, le pouvoir est à Versailles. C’est l’endroit où il faut être  pour « paraitre » ou « servir ». Habiter le château est impossible, sauf pour quelques privilégiés extrêmement proches du roi.  Mais on s’y bat pour un misérable galetas et la ville de Versailles est hors de prix.
 
La meilleure solution est d’habiter Paris. En 1779, les Pimodan achètent l’hôtel de Lauzun (qu’ils revendront à la révolution), encore appelé de nos jours Hôtel de Pimodan). Ainsi, proches de Versailles, ils peuvent servir. Mais cela les éloignent d’Echenay. Et tout ceci à un coût !
 

Voilà certainement pourquoi ils passent cette annonce le 30 juin 1779. D’une part, il faut de l’argent et d’autre part, il faut bien « déléguer» à quelqu’un, faute de pouvoir s’en occuper par soi-même. Mais ils ne vendent pas, ils louent. Ils garderont d’ailleurs  Echenay plus de trois siècles et se battront après la révolution pour lui redonner un certain lustre!

 
La reconnaissance suprême viendra un peu plus tard : « Les Honneurs de la cour », c’est-à-dire être présenté au roi en personne et puis, pour les hommes, monter dans son carrosse lors d’une chasse.
 
Mais ça ne se fait pas comme ça ! Il y a des règles très strictes :
 
HONNEURS DE LA COUR - ÉTAT GÉNÉRAL DES GENTILSHOMMES PERSÉSENTÉS, OU QUI ONT EU L'HONNEUR DE MONTER DANS LES CARROSSES DU ROI, ET DE SUIVRE SA MAJESTÉ A LA CHASSE, OU QUI ONT OBTENU LES ENTRÉES DE LA CHAMBBE DEPUIS l'ANNEE 1779 JUSQU’A 1789.
 
Honneurs  de la cour.
 
Ces honneurs étaient, pour les dames, d'être présentées au Roi, à la Reine, et à la famille royale,  pour les hommes, de monter dans les carrosses du Roi, et de chasser avec Sa Majesté, après avoir été préalablement présentés.
 
Il fallait, pour y être admis, faire les preuves de la noblesse la plus ancienne et la moins équivoque. L'ordonnance du Roi rendue à cet effet, le 17avril 1760, et que nous transmettons littéralement ici, donnera une juste idée de la pureté de la noblesse des familles qui étaient admises aux honneurs de la cour
 
« A l'avenir, nulle femme ne sera présentée à S. M. qu'elle n'ait préalablement produit devant le généalogiste de ses ordres trois titres sur chacun des degrés de la famille de son époux, tels que contrat de mariage, testament, partage, acte de tutelle, donation, etc., par lesquels la filiation sera établie clairement depuis l'an 1400. Défend S. M. audit généalogiste d'admettre aucun des arrêts de son conseil, de ses cours supérieures, ni de jugements rendus par ses différents commissaires, lors de diverses recherches de noblesse faites dans le royaume, et de ne recevoir, par quelque considération que ce puisse être, que des originaux des titres de famille. Et voulant, à l'exemple des rois ses prédécesseurs, n'accorder qu'aux seules femmes de ceux qui sont issus d'une noblesse de race, l'honneur de lui être présentées, S. M. enjoint également à son généalogiste de ne délivrer aucun certificat, lorsqu'il aura connaissance que la noblesse dont on voudra faire preuve aura pris son principe dans l'exercice de quelque charge de robe et d'autres semblables offices, ou par des lettres d'anoblissement, exceptant toutefois dans ce dernier cas ceux dont de pareilles lettres auraient été accordées pour des services signalés rendus à l'État, se réservant au surplus d'excepter de cette règle ceux qui seraient pourvus de charges de la couronne ou dans sa maison, et les descendants par mâles des chevaliers de ses ordres, lesquels seront seulement tenus de prouver leur jonction avec ceux qui auront été décorés desdits ordres. »
 
NOTA. Ce règlement est le même que celui qui concerne la preuve des hommes qui aspirent aux honneurs de la cour.
 
En 1786, le 28 mars, le comte de Pimodan est présenté au roi.
 
Puis en 1789, le 17 février, le  Baron de Pimodan
 
Source : Modes et Usages au temps de Marie-Antoinette par le comte de Reiset - PARIS – Librairie FIRMIN-DIDOT – 1885
 
 
 
Voici, je pense, résolu le mystère de cette curieuse « annonce immobilière ».
 
2-avril-1786.JPG
                                                                   
                                                      Publication officielle du 2 Avril 1786
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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EMMA DE COURONNEL AUX BAINS - 1861 / 1866

5 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Emma de Couronnel

Nous savions déjà que les Pimodan (pardonnez ce raccourci de langage) ne passaient que quelques mois par an à Echenay, partageant essentiellement leur temps entre notre village et Paris. Mais il leur arrivait aussi (souvent !) de voyager. 

Ainsi, j’ai retrouvé la trace de fréquents séjours d’Emma de Couronnel aux bains d’Aix-les-Bains (au moins entre 1861 et 1866) ou elle semble se rendre régulièrement chaque année en juin, accompagnée de ses fils. Elle y trouvait, je pense, détente et soins, essayant vraisemblablement d’oublier le deuil qui l’avait frappé peu auparavant.

aix-les-bains.jpg

 

 « Le thermalisme connaitra un engouement exceptionnel au XIX siècle, porté par la vague du romantisme. Pour des raisons de facilité d'accès, les stations se développeront d'abord à proximité immédiate ou à l'intérieur des grandes villes. Très rapidement, l'extension rapide des liaisons ferroviaires rendra accessibles les stations isolées pour les parisiens et les étrangers. La croissance de la fréquentation s'emballera, et l'on passera de 22 000 curistes en 1822 à 120 000 en 1855. »

Source : extraits de Wikipédia

Voici quelques extraits de coupures de presse de différents journaux locaux :

 Journal « Courrier des Alpes » du 26 juin 1861

Le total des étrangers venus aux bains d'Aix jusqu'au 22 juin s'élève à 1,222. La 17e liste, que nous avons sous les yeux, contient 64 noms, parmi lesquels nous voyons figurer celui de Mme la marquise de Pimodan, née de Couronnel, veuve de l'illustre et infortuné général mort au service du Souverain Pontife ; Mme de Pimodan est accompagnée de ses deux fils.

 Journal « Courrier des Alpes » du 11 juin 1863

Arrivées d’étrangers du 6 au 9 juin

Le Courrier de Savoie n'ayant pu hier publier la liste des étrangers venus aux bains d'Aix, nous avons consenti à l'insérer aujourd'hui en raison de la faveur dont l'administration de ce journal a bien voulu nous faire jouir en l'adressant à tous nos abonnés pendant la durée du concours régional.

Parmi les noms figurant dans cette liste, on remarquera celui de la veuve de l'illustre et infortuné marquis de Pimodan, mort à Castelfidardo en défendant la plus sainte des causes ;

Mme de Pimodan née Emma de Couronnel, rentière, est accompagnée de ses deux fils, d’un valet et de deux femmes de chambre.

 « Le journal de l’Ain » du 8 juin 1866

 Le nombre des étrangers arrivés aux eaux d'Aix jusqu'à ce jour dépasse le chiffre de 800. Nous remarquons dans les dernières listes M. Harent, membre du Conseil général de l'Ain, M. Pinier, maire de Gex, Mme la marquise de Pimodan et ses deux fils ainsi que plusieurs familles d'Angleterre et des Etats-Unis.

« Le journal de la Savoie » du 10 juin 1866

Les 5eme et 6eme listes des étrangers venus à Aix-Ies-Bains, pour la saison thermale de 1866, en portent le nombre à 940. Quoique les pluies trop fréquentes, que nous avons eues jusqu'ici, aient nui à la beauté de la saison, le chiffre des baigneurs que nous venons d'indiquer prouve en faveur des efforts constants de la ville d'Aix et de ses habitants, pour se rendre toujours plus agréables aux étrangers que les beautés locales, les soins hydrothérapiques savamment administrés et l'urbanité naturelle des habitants y attirent en nombre annuellement croissant.

Entre les noms des personnes de distinction qui sont venues aux bains d'Aix, outre ceux que nous avons fait connaître d'après la liste du 26 avril au 3 mai, les 5eme et 6eme listes qui vont du 31 mai au 9 juin, nous apportent encore les suivants :

Sir Henry Lillon Buhver, membre du Conseil privé de S. M. Britannique, grand'croix de l'ordre du Bain; Mme la comtesse et M. le comte Ciglié Capris et leur famille, de Turin ; M. Raboin, de Paris, directeur des lignes télégraphiques; Mme la comtesse et M. le comte de Puységur; Mme la marquise de Pimodan et ses fils ; ceux de cinq docteurs, parmi lesquels M. Armand Rey, professeur à l'Académie impériale de Grenoble, etc.

L'Angleterre et l'Ecosse, comme nous le signalions dans notre numéro du 8 mai dernier, continuent à fournir le contingent le plus nombreux des baigneurs étrangers à l'Empire arrivés à Aix. L'Italie, la Russie, l'Amérique, l'Allemagne, la Suisse et les Pays-Bas sont aussi honorablement représentés, de même que la plus grande partie des départements français.

Les dernières réductions de prix apportées dans le tarif des Bains, les améliorations constantes exécutées soit par la municipalité, soit par les particuliers pour se conformer aux besoins qu'ils ont à satisfaire, l'appui surtout que leur prête le gouvernement, avec l'aide de ses bienveillants intermédiaires, tout nous invite à croire à la prospérité croissante des saisons thermales d'Aix.

Nous tiendrons nos lecteurs au courant de la statistique des arrivages d'étrangers dans cette ville, parce que c'est là une question de prospérité pour notre département, et non pas seulement pour la localité où ils se réunissent.

Source : Mémoire  et  Actualité en Rhône-Alpes

 

Gabriel de Pimodan  fortifiera peut-être à Aix-les-Bains son gout pour la poésie, en marchant sur les traces de Lamartine ?

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