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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

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DERNIER ÉTÉ POUR MARIE LOUISE AVANT LE MARIAGE - ECHENAY 1910

19 Septembre 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

CP ancienne avec tampon 15 Août 1910

CP ancienne avec tampon 15 Août 1910

Château d’Echenay

Haute-Marne

Chérie,

L’autre jour ayant l’auto, nous pensions aller te voir à Viry, mais on m’a dit que tu étais à Munich.

J’espère que tu fais un bon et beau voyage. Ecris moi si tu as le temps. Je suis à la campagne chez mon oncle de Pimodan.

Mille baisers. Maggy

Le courrier est adressé à

Mademoiselle d’Adda Salvatera

57 Avenue Montaigne Hotel Vierjahreszeiten

Paris Maximilianstrasse

Munich Allemagne

Cette carte postale, bien conservée, était pour moi une invitation trop forte pour que j’y résiste. Il me faut chercher !

Le « chez mon oncle de Pimodan » laisse évidemment penser qu’il s’agit d’une nièce de Gabriel de Pimodan. La recherche est rapide. Le frère de Gabriel, Claude Emmanuel de Pimodan, a eu six enfants dont une fille Marguerite qui doit donc être la signataire « Maggy ».

Marguerite « Maggy », ou plutôt Marguerite Léontine Emma Alix Marie comme il convient de la prénommer, est née le 29 avril 1889. Elle a donc 21 ans quand elle écrit cette carte à son amie.

La tâche n’a pas été compliquée à résoudre mais il reste la destinataire. Nous sommes dans le Paris mondain de ce début de XXeme siècle et je ne suis pas inquiet. Quelques clics et voilà :

Bottin-Mondain - 1808

Bottin-Mondain - 1808

Mlle d’Adda Salvaterra vit bien au 57 de l’Avenue Montaigne à Paris avec sa mère, Mary Hooper et son beau-père, le Comte Horace de Choiseul.

Marie-Louise d’Adda Salvaterra est née le 3 juin 1889 à Paris, de Paolo Carlo d’Adda Salvaterra et de Mary Hooper. Ses parents s’étaient mariés lors d’une cérémonie que le journal Gil Blas du 9 février 1888 qualifiait de « very select ». Comme témoins, pour le marié, l'Ambassadeur d'Italie M. Ménabréa, pour la mariée, Mr Mac-Lane, Ministre des Etats-Unis... Le Figaro du 31 décembre 1887 présentait Mary Hooper comme « l’une des plus charmantes jeunes filles de la colonie Américaine de Paris ». Hélas, le père de Marie Louise décède le 21 décembre 1889. Sa mère se remariera le 25 mai 1906 avec Horace de Choiseul.

Pour sa part, Marie-Louise d’Adda Salvaterra se mariera en 1911 avec Marie "Jacques" Jean Philibert THOMAS de PANGE.

Marguerite assista-t-elle au mariage de son amie ?...

Dix ans après avoir envoyé cette carte postale, Maggy convole à son tour.

Journal Le Gaulois – Jeudi 22 Avril 1920

Journal Le Gaulois – Jeudi 22 Avril 1920

Là encore, les amies d’antan sont-elles réunies ?

J’aurais pu en rester là mais je veux encore découvrir une ou deux choses…

Quel est donc ce Viry dont parle Maggy ?

Il s’agit de Viry-Châtillon où les Choiseul ont un pavillon, d’ailleurs nommé Pavillon de Choiseul, et dont une rue se nomme encore rue Horace de Choiseul.

DERNIER ÉTÉ POUR MARIE LOUISE AVANT LE MARIAGE - ECHENAY 1910

Reste l’hôtel de Munich…

Eh bien, il existe encore. En voici une photographie.

Hotel Vier Jahreszeiten - Munich - Allemagne

Hotel Vier Jahreszeiten - Munich - Allemagne

Marguerite de Rarecourt décédera en 1945 et Marie Louise d’Adda Salvaterra en 1977.

J’ai un regret...

Je n’ai pas pu retrouver l’auto !

Sources :

Gallica

Généanet

Delcampe

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JE VOUS EMMÈNE SUR MON SCENIC-RAILWAY - ECHENAY 1911

16 Avril 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

Plan de l'Exposition Universelle de Roubaix - 1911

Plan de l'Exposition Universelle de Roubaix - 1911

La recherche sur l’histoire d’un village, en particulier sur un fait divers qui y est lié, ne fournit pas toujours de solution aux questions que l’on se pose.

Il faut savoir admettre que l’on ne saura jamais ! Aussi, il est parfois tentant d’imaginer une réponse !

C’est ce que j’ai fait après avoir découvert une annonce dans le journal « Le Matin » du 2 Octobre 1911 où il est laconiquement question d’Echenay.

Les noms cités, l’événement, tout est vrai ! Comme tout cela ne prête pas à conséquence, j’ai décidé de publier « ma » version !

Et si c’était la bonne… La généalogie, l’histoire d’un village, c’est aussi rêver, non !... Alors, ouais, je vous emmène sur mon Scénic-Railway…

JE VOUS EMMÈNE SUR MON SCENIC-RAILWAY - ECHENAY 1911

Voilà, je m’appelle Emile Gilbert.

J’avais tellement insisté qu’ils ont fini par céder. A la réflexion, maintenant que j’y pense, ils en avaient autant envie que moi ! Depuis des mois, tous mes copains en parlaient. « Tu y es allé ?... » La question courrait sur toutes les bouches.

Mes parents ont attendu jusqu’à la fin de l’été. Insupportable attente ! Les journaux de la France entière en parlaient, c’était à Roubaix, à côté de chez moi, et il fallait attendre !

Enfin, un matin, nous voilà partis vers l’EXPOSITION UNIVERSELLE DE ROUBAIX.

Quand nous sommes arrivés par la porte Flamande, mon cœur battait si fort ! Était-ce à cause de ces hommes noirs qu’on me présenta comme étant des Sénégalais ou les rires aux éclats en provenance du parc d’attractions à coté ?

JE VOUS EMMÈNE SUR MON SCENIC-RAILWAY - ECHENAY 1911

Non, à la vérité, ce n’était sans doute pas à cause de ces hommes venus d’Afrique ! Même si j’ai esquissé un mouvement de recul quand Mamadou Seck, le « chef du village », m’a posé la main sur l’épaule, je n’avais pas peur ! D’ailleurs, j’en ai revu quelques années plus tard… En revenant des tranchées, ils avaient les mêmes yeux hébétés que les autres ! S’ils faisaient peur alors, c’était par les récits terribles qu’ils racontaient avec leur drôle d’accent… S’ils avaient su qu’ils étaient là à Roubaix comme pour une sorte de reconnaissance du terrain …

JE VOUS EMMÈNE SUR MON SCENIC-RAILWAY - ECHENAY 1911

Non, moi ce qui me faisait rêver depuis le 7 février, c’était le LUNA PARK ! Je me voyais déjà dans le « Scenic-Railway », dans la « Joy Wheel ». Ah la Roue Joyeuse ! C’est là que j’ai aperçu pour la première fois les cotillons d’une fille ! La force centrifuge l’avait fait tomber, relevant sa robe et éparpillant ses longs cheveux ! Maman avait refusé d’aller sur le « Cake-Walk », sorte de navire reproduisant le roulis et le tangage d’un bateau, de peur d’être malade, préférant boire une coupe de Champagne à l’Avia-Bar. Moi, j’enchainais les tours de « Moulin Enchanté », de « Jardin Tremblant », de « Pont du Diable », de « Plongeur » avec Papa.

Maman nous regardait la plupart du temps, tenant fermement son ombrelle. Le seul manège où elle est montée était le manège des « Chevaux sauteurs ». Son envie à elle était d’aller voir « La SPHINGE » ! Cette danseuse, sorte de papillon nébuleux et incroyable, s’inspirait des chorégraphies de Loïe FULLER et de ses voiles fantasmagoriques.

JE VOUS EMMÈNE SUR MON SCENIC-RAILWAY - ECHENAY 1911

Vous imaginez bien que la journée passa comme un rêve. Bientôt, il fut temps de partir. Papa s’arrêtât au stand de la brasserie DELCOURT-SALEMBIER et Maman ne voulut pas partir avant de déguster un morceau de chocolat au stand MENIER. Pour ma part, j’eus droit à une pomme d’amour et un grand verre de limonade.

En nous dirigeant vers la sortie, mon père s’est arrêté au stand du journal « Le Matin ». Ils organisaient un concours de ballons voyageurs. J’ai inscrit mon nom sur la petite carte qui pendait au bout de la ficelle. Et puis je l’ai lâché ! Je n’ai pu retenir un « Oh » de surprise quand il s’est élevé dans les airs. Le vent l’a poussé vers l’est…

Quelques semaines plus tard, le 2 octobre 1911, j’ai appris par ce même journal qu’il avait été retrouvé à Echenay (Haute-Marne). Hélas, je ne saurai jamais par qui. Mon ballon avait parcouru 228 kms, emportant un peu de mes souvenirs joyeux. A ce moment, j’étais loin de m’imaginer que je passerai par la gare de Soulaincourt, située à 4 kms d’Echenay, quelques années plus tard en montant au front !

Le même jour, une tempête s’abattit sur Roubaix. De nombreux stands de l’exposition furent réduits à une masse informe de matériaux. Sombre présage !

Le 3 octobre 1911, L’Avenir de Roubaix-Tourcoing imprimait : « Nous sommes heureux d’apprendre que l’aimable directeur du « Luna Park » de l’Exposition de Roubaix vient d’obtenir à l’unanimité du jury , un diplôme d’honneur, récompense justement méritée pour l’édification du superbe parc d’attraction que tous nos lecteurs connaissent et qui peut rivaliser avec ceux des plus grandes cités. Toutes nos félicitations ».

JE VOUS EMMÈNE SUR MON SCENIC-RAILWAY - ECHENAY 1911

L’avenir… Parlons-en ! Trois ans plus tard, un vent d’Est soufflât sur la France. J’avais envoyé un ballon vers l’Est, le vent me ramenait une pluie d’obus ! Aujourd’hui, je suis vieux. Aux souvenirs des flonflons de la fête se mêlent des explosions assourdissantes, des éclairs formidables, des cris de douleurs et de peur… Mamadou Seck m’appelle… Suis-je à Roubaix où à Verdun ?

Décidemment, 1911, c’était vraiment la « Belle Epoque » !

J’espère que mon conte généalogique ne choquera pas les puristes. Il est de petites choses auxquelles il faut apporter coute que coute une réponse. Si cette histoire est inventée, tous les faits, les noms, les stands furent bien réels. On a bien le droit d’imaginer, non ?...

Sources :

Histoires de Roubaix.com : Articles L’Avenir de Roubaix-Tourcoing

Gallica : Jounal Le Matin du 2 octobre 1911

roubaix1911.blogspot.fr : Photos

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ABUS DE FAIBLESSE ET CRÉDULITÉ - ECHENAY 1858

2 Avril 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

Les villages de nos ancêtres reflètent souvent pour nous un certain calme pastoral, une vie dure mais tranquille qui file doucement, sans heurt. En rester à cette impression serait trompeur ! Il arrivait parfois un événement qui venait rompre la monotonie du quotidien et qui nourrissait les discussions de la soirée.

J’en ai trouvé un qu’il m’a paru amusant de relater. Oh, rien de bien grave pour nous qui regardons les catastrophes du monde entier en direct mais suffisant, je pense, pour pimenter la vie des Epincelois de l’époque.

L’affaire débute à Bettoncourt le Haut, village situé à une quinzaine de kilomètres au sud du village de mes ancêtres mais trouvera sa conclusion Echenay. La voici :

TRIBUNAL CORRECTIONNEL DE VASSY.

Audience du 17 mars 1858.

ESCROQUERIE — SORCELLERIE.

La femme du sieur Nicolas Collas, cultivateur à Bettoncourt, commune du canton de Poissons, est atteinte depuis dix ans d'une paralysie qui la retient presque toujours alitée.

Le 3 mars courant, elle était plus souffrante que de coutume et son mari était resté près d'elle pour lui donner des soins. Tout à coup, un homme convenablement vêtu entra dans sa maison.

« Vous voyez en moi, lui dit-il, le petit sorcier des Vosges ; je possède auprès de Saint-Dié un magnifique château dont je ne consens à m'éloigner que pour voler au secours de l'humanité souffrante. Votre bon ange m'a, cette nuit, informé de votre maladie; aussitôt je suis parti et me voilà; je viens vous guérir ».

Le noble châtelain avait oublié son équipage. Il voyageait à pied comme un vilain. Dans sa marche précipitée, il avait oublié de déjeuner. Il accepta sans façon le modeste repas qu'on lui offrit. En mangeant, il raconta avec emphase les innombrables cures qu'il avait opérées. Jamais aucune maladie n'avait pu résister à sa puissance. Il tenait d’un célèbre magicien italien le secret de les guérir indistinctement. Quand on souffre, on est confiant. La femme Collas crut à ses paroles. Sa joie était grande. Elle se voyait déjà, comme autrefois, parcourant les bois, les champs et les prairies.

Après s’être restauré, le sorcier qui devait opérer ce prodige annonça l'intention de se mettre à l'œuvre. Aussitôt dit, aussitôt fait. Il prend dans les plis d'un scapulaire dont il était porteur une feuille de papier sur laquelle sont tracés des caractères cabalistiques, et la dépose, entièrement déployée sur une table, en prononçant des paroles incompréhensibles pour tous puisqu'elles n'appartiennent à aucune langue. Ces paroles avaient bien leur vertu mais seules, elles ne pouvaient pas produire le résultat miraculeux annoncé.

Pour agir avec la certitude du succès, il fallait à l'opérateur deux pièces de 20 fr. et des bijoux en or, une chemise, un drap et un grand mouchoir rouge. Sur sa demande, ces objets lui furent remis. Alors il enleva la paralytique de son lit et la plaça sur une chaise où il parvint, non sans peine, à la faire tenir assise. Aussitôt, il se mit à genoux devant elle et récita cinq Pater et cinq Ave.

Sa prière terminée, il se releva, tira de sa poche deux petites boites en carton absolument semblables, les ouvrit, déposa dans l’une d’elle les bijoux et les deux pièces de 20 fr. , et dans l’autre une pierre arrondie, percée de plusieurs trous et d’une couleur indéfinissable.

Cela fait, il étendit la chemise sur une table, l’enroula sur elle-même, après avoir déposé les deux boites dans ses plis, et la plaça, ainsi disposée, sous les pieds de la malade. Il lui expliqua alors « comme quoi » le contact de ses boites avec la partie inférieure de son corps devait « nécessairement » amener la guérison. Cette explication, donnée d’une manière plus ou moins claire, parut entièrement satisfaisante aux époux Collas.

Ceux-ci se prêtèrent à tout ce que « le bienfaiteur de l’humanité souffrante », qui avait capté leur confiance, exigea d’eux. Tous deux, se joignant à lui, adressèrent les prières à Notre-Dame-de Délivrance. La femme se laissa emmailloter la tête dans le drap et dans le mouchoir rouge. Le mari ferma les yeux et s'appuya le front contre la muraille.

ABUS DE FAIBLESSE ET CRÉDULITÉ - ECHENAY 1858

Que se passa-t-il alors ? Le voici : l’opérateur enleva la chemise, s’empara adroitement des deux boites, et leur substitua avec l’adresse d’un escamoteur consommé deux boites de même forme et de même couleur : son but était atteint. Il rendit la vue à la femme Collas en la débarrassant des voiles épais et insolites dont il l'avait affublée, et permit à Collas de faire de ses yeux l’usage qui lui paraissait le plus convenable. Alors il déploya la chemise, en enleva les deux boites et les déposa l’une et l’autre dans une armoire. Ce dépôt opéré, il annonça que dix-huit jours devait s’écouler avant que la malade éprouvât un changement quelconque dans sa position, qu’il reviendrait à l’expiration de ce temps, qu’il se livrerait alors aux derniers actes qui devaient amener la guérison promise.

Aussitôt, il ferma soigneusement l’armoire, en prit la clé qu'il mit dans la doublure de son paletot, pour être certain qu'aucune « main profane » ne put toucher les boites merveilleuses et détruire le charme qu'elles renfermaient « dans leurs flancs. » Puis il partit, emportant les bénédictions de la malade et de son mari.

Bientôt, cependant, le fils des époux Collas arriva, revenant de ses travaux habituels. On lui raconta ce qui venait de se passer. Ce jeune homme, moins crédule que ses parents, entrevit une fraude. Il fit ouvrir l'armoire par un serrurier. S'étant saisi des deux boîtes, il reconnut qu'elles étaient vides. Il monta à chevalet se mil à la poursuite du magicien. Le lendemain, au matin, il le trouva dormant « du sommeil des justes » dans une auberge d'Echenay. Il n'hésita pas à l'éveiller.

Le maire, prévenu, intervint. Il fouilla les poches du sorcier et trouva dans l'une d'elles les deux pièces de 20 francs et les bijoux en or.

Cet homme se nomme Joseph Rémy. Il exerce la profession de marchand de lunettes ambulant. La gendarmerie de la brigade de Poissons, aux mains de laquelle il a été remis, l'a conduit devant M. de Morisson, procureur impérial à Vassy, qui l'a constitué prisonnier sous l'inculpation d'escroquerie.

Devant le Tribunal correctionnel, Rémy, pour sa défense, s'est borné à dire que si la guérison de la femme Collas n'a pas eu lieu, c'est qu'on l'a mis, en l'arrêtant, dans l'impossibilité d'achever cette œuvre; qu'il était de bonne foi en agissant comme il l'a fait, et que si, en réalité, il n'avait pas le pouvoir qu'il s'est attribué, la responsabilité de sa faute doit retomber sur la tête du magicien italien qui l'a trompé en lui livrant « le secret » dont il a fait usage.

Il a été condamné à un an et un jour de prison.

On se demande avec stupéfaction comment, en plein dix-neuvième siècle, il peut exister des gens assez peu éclairés pour croire aux sorciers et à leur puissance.

L’histoire peut prêter à sourire. La conclusion du journaliste en particulier. Pourtant, l’anecdote reste d’actualité. Il n’est que d’écouter les journaux télévisés ou d’ouvrir son journal. La crédulité, mais aussi la souffrance, peuvent amener à cette naïveté que l’on retrouve encore au vingt et unième siècle. Les charlatans ont sans doute encore de beaux jours devant eux !

Naturellement, j’ai cherché à identifier les protagonistes.

Au recensement de 1856, il n’y a pas moins de 9 foyers portant le patronyme COLLAS ou COLAS à Bettoncourt le Haut. Seuls quatre ont un fils en âge de raisonner et de monter à cheval pour poursuivre le voleur.

Toutefois, si l’on « suit » le chroniqueur judiciaire qui orthographie COLLAS avec deux L, un seul couple correspond. Il est formé de Nicolas, 60 ans, et de Thérèse, 55 ans, vivants avec leur fils Frédéric, 29 ans et l’épouse de ce dernier, Céline, 20 ans. Tous les autres COLAS de Bettoncourt n’ont qu’un L. Peut-on en déduire qu’il s’agit d’eux ? Probable mais pas certain !

Pour le maire d’Echenay qui accompagna le fils COLLAS pour l’arrestation du délinquant, la tâche est plus aisée. Il s’agit de Claude MARANGE qui exerça ses fonctions de 1854 à 1866.

Reste le couple d’aubergistes qui a réchauffé « la pie voleuse » par cette nuit de Mars.

Il est formé d’Etienne Hurlier, 70 ans, et de son épouse Marthe Gaillet, 69 ans.

Ainsi, ce 3 mars 1858, les Epincelois ont-ils eu un événement inattendu à commenter à la veillée !... On imagine sans peine les discussions où se mêlent raillerie et compassion, où les pièces de 20 fr. se transforment en lingots et l’image des bijoux volés qui scintillent dans les yeux des conteurs.

Pour une fois, l’escroc fut pris et les pauvres cultivateurs retrouvèrent les biens qui devaient constituer l’essentiel de leur fortune.

En fin de compte, le charlatan n’avait pas tort : Un ange veillait surement sur la famille COLLAS de Bettoncourt.

Sources :

Gazette des Tribunaux – Journal de Jurisprudence et des débats judiciaires –Samedi 3 avril 1858

AD 52

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L'AFFAIRE DELAHAYE - ECHENAY - 1830

15 Janvier 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

La vie des petites communes n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Preuve en est, ce procès entre un propriétaire de terrain et la commune d’Echenay.

 

Mais ce simple désaccord entre particuliers allait m’emmener bien plus loin que je ne le croyais. En effet, cette affaire, au demeurant  « locale », nous entraine vers l’histoire du financement des guerres du premier Empire.

 

Car conquérir l’Europe coute cher !.. Napoléon en sait quelque chose, lui qui n’aura de cesse de trouver de l’argent pour continuer son œuvre de conquête !

 

Mais pour l’instant, retournons à Echenay et suivons ce procès…

 

(8436—5 mai 1830. —Delahaye contre la commune d'Echenay.)


La dame veuve Delahaye possède sur le territoire de la commune d'Echenay un pâtis appartenant autrefois à cette commune et aliéné, en exécution de la loi du 20 mars 1813, qui a cédé à la caisse d'amortissement tous les biens des communes.


Dès ce stade, une recherche s’imposait pour comprendre l’affaire. Dès le début des guerres impériales, un des soucis majeurs de Napoléon fut de trouver de l’argent pour financer ses campagnes. Si l’on dit souvent que la guerre nourrit la guerre (on vit « sur le dos » du pays conquis, on s’accapare ses biens pour continuer à financer troupes, matériels, etc…), l’ampleur de celle-ci fut telle en durée et en moyens mis en œuvre qu’il fallut trouver d’autres solutions. Rapidement, les déficits s’accumulèrent et les biens confisqués aux nations envahies ne suffirent plus à payer la note. Napoléon écrit à Gaudin, ministre des finances, en février 1809 : « Ce sera donc 50 millions qu'il sera nécessaire de se procurer pour ces deux exercices... (On voit que l’exercice de la corde raide durait depuis un moment !) Vous devez avoir encore assez de ressources en domaines nationaux pour le supplément à ajouter. Un jour ou l'autre ces crédits se réaliseront, moyennant la caisse d'amortissement. Il faudrait trouver dans nos domaines en Toscane et en Piémont une ressource d'une vingtaine de millions, et autant dans nos anciens domaines de France »


Cahin-caha, on trouve toujours suffisamment de sous… Mais en 1812, les affaires militaires de l’Empereur se gâtent ! La campagne de Russie a fait des dégâts ! A l’image de l’armée, les finances sont exsangues ! Il faut piocher dans les ressources internes. On a bien déjà augmenté les impôts mais les déficits augmentent dangereusement d’une année sur l’autre ! Alors, par la loi du 20 mars 1813 (celle qui nous intéresse présentement), on vend les biens de l’état, enfin ceux des communes, donc entre autres ceux d’Echenay !...

 

vente

Les communes furent dépossédées des biens ruraux, maisons et usines qui étaient leur propriété et qui n'étaient ni jouis en commun ni affectés à un service public. Ces immeubles furent cédés à la caisse d'amortissement qui dut faire procéder à leur aliénation par l'entremise de la régie de l'enregistrement. Elle fut d'ailleurs autorisée à créer immédiatement et à mettre à la disposition du Gouvernement des bons jusqu'à concurrence d'une somme de 232,500,000 fr. pour le service des exercices 1811, 1812 et 1813. On espérait ainsi équilibrer en partie les comptes de ces années.

 

Notre dame Delahaye d’Echenay profite de l’aubaine comme bien d’autres investisseurs  et spéculateurs avisés de l’époque car les biens sont vendus relativement peu chers.  Parfois même, le prix est baissé s’ils ne trouvent pas preneurs du premier coup. Elle achète donc ledit pâtis ! 

 

Reprenons maintenant le procès :

 

Ce pâtis renferme des routoirs, c'est-à-dire des fosses pleines d'eau où l'on fait rouir le chanvre. Un sieur Leseuve, charron à Echenay (mais n’est-ce pas plutôt Leseur, famille de charrons déjà évoquée sur ce blog ?...), ayant creusé un trou dans ce pâtis pour y déposer dans l'eau des moyeux de roue, la dame Delahaye l'attaqua devant le tribunal de Wassy.


Les moyeux en  bois, mis à tremper dans les routoirs, devaient gonfler pour prendre la forme désirée.

 

Le maire de la commune pensant que les routoirs, n'avaient pas été compris dans la vente, s'adressa à l'autorité administrative pour faire interpréter l'acte de 'vente.  Le Conseil de préfecture de la Haute-Marne déclara, en effet, par deux arrêts sous les dates des 29 octobre 1827 et 21 mars 1828, que les routoirs n'avaient pas été compris dans l'adjudication faite à l'auteur de la dame Delahaye, le 25 octobre I8I3.


Il s'était déterminé, d'après une première affiche qui portait la clause suivante :


 «L'acquéreur, ainsi que le fermier en est tenu, sera obligé de souffrir que les habitans d'Echenay fassent rouir leurs chanvres dans les fosses qui existent dans ledit pâtis. »


Mais la dame Delahaye est une fine mouche et elle contre-attaque :

 

Cette clause ayant été retranchée de la seconde affiche par des raisons inconnues, la vente fut consommée en ces termes « le pâtis est vendu comme il s'étend et comporte avec ses servitudes actives et passives. »


La dame Delahaye, argumentant des termes formels de l'adjudication, a dit que les routoirs avaient été vendus en pleine propriété et jouissance. Toutefois, prévoyant que son adversaire pouvait lui objecter que la réserve de jouissance au profit des habitans se trouvait implicitement dans les termes usuels de servitudes actives et passives, elle a soutenu que le Code défendait l'établissement des servitudes personnelles. La commune a fait observer qu'il n'y avait pas ici de servitude personnelle; que le fonds était, en effet, asservi au profit des personnes des habitans; mais que cette espèce de servitude n'était pas défendue, que le Code en fournissait une preuve évidente dans son article 643.


Le Conseil d'Etat ne pouvait pas statuer sur cette question; aux tribunaux seuls appartient la décision des questions de propriété et de servitude. Aussi pensons-nous que la question entamée devant lui, et qui consiste à savoir si les habitans ont un droit d'usage sur les routoirs du pâtis de la dame Delahaye, demeure intacte et peut être débattue devant les tribunaux par application des titres anciens et moyens du droit civil.


La commune opposait dans l'espèce une fin de non-recevoir : elle prétendait que le délai du recours avait commencé à courir du jour où les arrêts avaient été notifiés à la dame Delahaye par le sieur Leseuve. Celle-ci a répondu, avec raison, que la commune ne pouvait se prévaloir d'une signification faite par un tiers, qu'il fallait une notification faite à sa requête.


Voici l'arrêt du Conseil :


CHARLES, etc. — Sur le rapport du comité du contentieux, 


Sur la fin de non-recevoir: — Considérant que la commune d'Echenay ne produit aucune signification régulière desdits arrêtés qui ait été faite à la requête de la dame veuve Delahaye ;


Au fond: — Considérant que la caisse d'amortissement a pris possession du pré, sans aucune réserve au profit de la commune, et que c'est également sans réserves que ledit pré a été affiché, exposé aux enchères et vendu;


—Art. 1er .— Les arrêtés du Conseil de préfecture du département de la Haute-Marne, des 29 octobre 1827 et 21 mars 1828, sont annulés.

Il est déclaré que la vente du 25 octobre 1813 comprend sans réserves le pré dont il s'agit.


—Art. 2.—La commune d'Echenay est condamnée aux dépens.

M. de Cormenin, maître des requêtes, rapporteur.—Mes Dubois et Blanc, avocats.


Il apparait que de nombreux procès eurent lieu un peu partout en France suite à cette vente, remontant parfois jusqu’au Conseil d’Etat. Les biens vendus étaient souvent, comme ici, chargés de servitudes ou autres contraintes que la précipitation de la vente ne permit pas de bien gérer.

 

De plus, le manque à gagner des communes devait être compensé par une inscription de rente 5% au revenu net qu’elles percevaient auparavant de ces domaines. Le marché paraissait équitable mais en réalité l’administration impériale, non seulement calculait cette rente au plus juste, mais ne tenait aucun compte des potentiels importants de développement de ces terres*.


L’histoire ne dit pas si la commune d’Echenay eut à souffrir financièrement de ces ventes. Cette dépossession, qui fut vivement reprochée au Gouvernement impérial, ne fut pas entièrement consommée, et aux termes de l'article 15 de la loi du 28 avril 1816, les biens qui n'avaient pas encore été aliénés furent restitués aux communes qui en avaient été dépouillées.

 

Le sieur Leseuve dut certainement faire « rouir» ses moyeux plus loin et la dame Delahaye put par la suite protéger son bien des « habitans » envahissants.

 

Je n’ai pas retrouvé cette dame Delahaye. Après tout, peu importe, elle m’a fait découvrir une page d’histoire !

 

Et si, à Echenay, il arrive encore parfois qu’on appelle un jardin «une chènevière », il n’y a plus de routoirs !

 

Sources :

Histoire de la dette publique – tome 2 – A.Vührer – Chez Berger-Levrault et Cie – Paris - 1886

Recueil des arrêts du Conseil d'État - 1848-1954.

*Napoléon.org

 

Wikipédia et autres sources annexes

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LA FILLE AU CŒUR D'OR - ECHENAY - 1906

13 Septembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

Le samedi 10 mars 1906, à 6 h 34,  une gigantesque explosion secoue la terre aux environs de Lens. Une épaisse fumée noire s’élève dans le ciel. Les gens se réveillent hagards, tout le monde a entendu le bruit et ressenti les vibrations de la terre. C’est le début d’un drame national.

La catastrophe de Courrières est la plus importante catastrophe minière d'Europe. Elle a lieu entre Courrières et Lens et fait officiellement 1 099 morts. Elle tire son nom de la Compagnie des mines de Courrières qui exploite alors le gisement de charbon du bassin minier du Nord-Pas-de-Calais dans le Pas-de-Calais. La Compagnie fournit alors 7 % de la production nationale de charbon.

Un coup de grisou suivi d'un coup de poussier dévaste 110 kilomètres de galeries dans les fosses n° 2 à Billy-Montigny, n° 3 à Méricourt et n°4 - 11 à Sallaumines. Le choc a été si fort que les cages ne peuvent plus circuler dans le puits de la fosse n° 3 et que des débris et des chevaux ont été projetés à une hauteur de dix mètres sur le carreau de la fosse.

Trois jours après l'explosion, les recherches pour retrouver les survivants sont abandonnées et une partie de la mine est condamnée, pour étouffer l'incendie et préserver le gisement. Autant dire que les éventuels survivants sont condamnés ! Cette gestion de la crise par la compagnie minière a été particulièrement mal vécue par les mineurs et par leurs familles. Le 30 mars, soit vingt jours après l'explosion, treize rescapés réussissent à retrouver le puits par leurs propres moyens après avoir erré dans le noir total sur des kilomètres, un quatorzième fut retrouvé quatre jours plus tard.

La catastrophe provoque une crise politique et un mouvement social qui débouchent sur l'instauration du repos hebdomadaire.

Wikipédia

 

Face à cette tragédie, un immense élan de solidarité nationale se met en place.

Pensez, 1100 morts !

Il faut aider tous ces gens dans la peine. Des souscriptions sont ouvertes un peu partout pour recueillir des fonds pour les familles de victimes. Le journal « Le Matin » n’est pas en reste.

Le 13 avril, sa 24eme liste de donateurs fait apparaitre Marguerite Brunotte d’Echenay.

Julien et son épouse Marthe Bichet sont arrivés à Echenay entre 1896 et 1901. Lui est originaire de Saint Laurent, tout à côté d’Epinal, elle, de Paris. Il est un enfant de la guerre, né en 1870, elle est de 9 ans sa cadette. Julien a été nommé percepteur à Echenay. Il remplace à ce poste Charles Formelle. Sa situation est assez confortable pour que le couple se fasse aider d’une bonne (Irma Aubriot en 1901, Christine Poirot d’Epizon en 1906).

Mais que viennent faire Julien et Marthe dans cette histoire ?

Eh bien, Marguerite Brunotte, qui a donné 3 francs à la souscription du Journal Le Matin, est leur fille. Elle est née à Echenay en 1901, elle a donc 5 ans ! Nous n’en saurons pas plus sur cette généreuse petite fille, la loi des cent ans nous interdisant l’accès à plus de renseignements. Ses descendants pourront continuer son histoire à ma place.

 

Journal « Le Matin » - Vendredi 13 avril 1906

AD 52

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UN CURIEUX MARIAGE - ECHENAY - 1781

4 Septembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

Mariage-Messay-Capisuchi-Bollogne.png

 

A quelques jours de Noël de l’an 1781, le 17 décembre à Echenay, est célébré le mariage entre       Ignace Paul Simon de Messey (fils de Gabriel et de Louise Pétronille de Ligniville) et Charlotte Monique  de Capisuchi-Bollogne (fille de Charles Camille et de Françoise de Choiseul-Beaupré).

Je passe sur la liste de leurs titres et celle de leurs parents qui sont longues comme un jour sans pain !


Vous l’avez compris, tous deux descendants en droite ligne de « hauts et puissants seigneurs ».


Un mariage ?... Quoi de plus commun ?...


Pourtant, à bien y regarder, celui-ci semble en fait assez curieux et ce pour plusieurs raisons !


Première constatation :

Les futurs époux ne se marient pas dans leur paroisse d’origine. Le fait est étrange pour des nobles de « haute volée » !


Deuxième constatation :

Le mariage n’a même pas lieu à l’église d’Echenay mais dans la chapelle dédiée à Sainte Catherine au château dudit village. La chapelle est minuscule. On y accède par une grande porte donnant sur la  salle des gardes  formant un hémicycle. Pour écouter la cérémonie (ou plus habituellement la messe), on ouvre cette porte et on écoute celle-ci depuis la salle des gardes (à noter que cette chapelle n’existe plus). Vraiment, l’endroit ne correspond pas à ce qu’on imagine pour un mariage d’aussi noble lignée!


Troisième constatation :

Les mariages durant la période de l’Avent sont proscrits, comme durant le Carême, les Quatre Temps et Vigiles, Pâques, la Pentecôte, l’Ascension, l’Assomption, la Toussaint et Noël.  En conséquence, on relève dans l’acte de mariage la présentation d’une dispense pour que le mariage puisse être célébré durant cette période. Vous avez dit Bizarre ?


Quatrième constatation :

Les époux présentent également une dispense pour 2 bans qui n’ont pas été publiés.

Tout semble donc avoir été fait pour réaliser un mariage rapide, discret, et dans la plus stricte intimité comme on a coutume de dire. Comme c’est bizarre !


Mais pourquoi cette grande discrétion ? Que cache-t-elle ? Quel inavouable secret masque-t-elle ?...


La réponse viendra du Duc de Rarécourt de La Vallée de Pimodan dans sa notice parue en 1922, intitulée « Principales Curiosités du Château d’Echenay ».


« Là eut lieu (il parle de la chapelle), avant la Révolution, le mariage du comte de Messey avec Mlle de Capisuchi-Bollogne, riche héritière, propriétaire du château de Beaupré (Meuse), qui ne voulut pas se marier à Beaupré parce qu’elle était bossue. »


N’ayant pu trouver de portrait de Charlotte Monique, je ne sais. De toute façon, à une époque où la photographie n’existe pas, les artistes peintres sont connus pour être plutôt indulgents avec leurs illustres modèles de la noblesse qui sont leurs principaux  clients et souvent leur mécènes. Et l’on sait aussi que les mariages d’amour sont rares à l’époque !...

 

Alors, vérité ou petite pique de l'auteur? Etait-elle vraiment à ce point "contrefaite" pour vouloir se cacher aux yeux de tous? Quoi qu'il en soit, elle aura de ce mariage au moins deux enfants. 

  

Née au mauvais moment pour les aristocrates, elle connaitra les tourments de la révolution. En 1826, sous le règne de Charles X, en tant qu’ascendante d’émigrés, elle réclamera pour la restitution de ses biens (ou plutôt ce qu’il en reste). Elle récupérera 111 377,66 francs versés sous forme d’une rente de 3341 francs au bénéfice de ses enfants Eugène Alexandre Auguste et Victoire Clémentine Charlotte Angélique. Cette dernière épousera Charles François Emmanuel Edwige de Pillot de Coligny-Chatillon le 16 mars 1812 à Paris.

 

Comme quoi, même après 140 articles sur Echenay, on trouve encore des anecdotes amusantes à raconter!

 

Sources :

- AD 52

-Généanet

- Etats détaillés des liquidations faites par la commission d’indemnités à l’époque du 31 décembre 1826 - Comptes rendus par les ministres, Volume 40 – Paris – Imprimerie Royale - 1827

- Principales Curiosités du Château d’Echenay – Pimodan - 1922 – Imprimerie Lepitre/Jobard Langres

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"AU LOUP !!!" - ECHENAY 1774

20 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

Un blog sur l’histoire ancienne d’un village sans parler du loup ? Est-ce possible ?...

 

D’autant plus que la peur du loup revient suite aux récentes réintroductions. Cette semaine encore, un loup était pris en photo en Ardèche (voir presse récente).

 

Peut-être même verrons-nous  bientôt des Lynx en Haute-Marne, les Vosges n’étant pas si loin !

Fin XVIII eme, le loup est très présent vers Echenay.  D’ailleurs, voici un témoignage :

 

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Combien de fois, le cri de « Au loup! Au loup! », cri d'alarme et de terreur, a-t-il retenti autrefois dans nos campagnes. Que de cauchemars, et quelle épouvante le loup fait-il encore naître dans nos esprits ( )…  Il n'y a pas si longtemps, de 1882 à 1907, il était encore détruit en France plus de 9.400 loups.

 

Les vieux documents sont remplis d'anecdotes et de souvenirs sur les loups.  ( )...

 

Le 19 juin 1767, « la Bête du Gévaudan », un loup de 109 livres, à tête énorme, était abattue et c'est à la fin de cette ambiance de terreur où 64 personnes avaient péri que commence notre étude.

 

A cette époque, les Intendants avaient le pouvoir de délivrer des primes aux destructeurs de loups. Ces primes variaient suivant qu'il s'agissait de loup, louve, louve pleine, ou louveteau. Les chasses aux loups ont également été réglées, par deux arrêts du Conseil du Roi en date du 28 février 1773 et 15 janvier 1785. Ces primes étaient en général dans l'Intendance de Champagne, de 10 livres pour une louve, 6 livres pour un loup et 3 livres pour un louveteau. Toutefois, ces indemnités pouvaient être augmentées pour une louve pleine ou dans les cas de loups enragés.

 

Les lieutenants de louveterie percevaient pour leurs destructions des primes doubles. Les primes étaient payées au vu d'une attestation du subdélégué et la preuve des destructions était matérialisée par la présentation du cadavre de l'animal, ou de la peau, ou tout au moins de la tête et des parties génitales dans le cas d'une louve. A titre de contrôle, le subdélégué coupait les extrémités des oreilles.

 

Pour distinguer les louves, il est en général porté : « à représenter la teste et les partie naturelles » d'une louve, ou encore « la teste et la nature d'une louve ». On trouve également d'autres expressions.

 

A Serqueux, « Michel et François Brissey, de la ferme de la Pivotte, ont tué dans la nuit du 13 au 14 janvier 1773 devant leur ferme, un loup et une louve, dont ils nous ont représenté les peaux en entier ».

 

A Rimaucourt, Germain Louis, le 2 janvier 1774 « a présenté les indices et la teste » d'une louve.

 

Dans la subdélégation de Joinville, on rencontre au hasard des certificats : « la tête et la peau », « la tête et les autres marques distinctives », « la tête et la matrice ». Charles Doquin, garde-chasse du Duc d'Orléans « a présenté les oreilles et le bouton d'une louve »  tuée « dans une chasse faite dans la forest du Val sur l'ordre du Conservateur du Prince » le 27 décembre 1779.

 

Les louveteaux étaient souvent apportés « en nature et vivants » devant le subdélégué comme Pierre Paul Constant, garde-chasse du Roy à Valcourt et qui le 21 mai 1786, apporte « 6 louveteaux et louvettes vivants, âgés d'environ quatre jours » qui sont ensuite jetés dans la Marne.

 

Henri Husson, garçon de ferme à Chatonrupt prend vivants le 28 avril 1787, dans le bois du Duc d'Orléans, 4 louveteaux dont un mâle et trois femelles. Il en est de même pour Nicolas Foissey, domestique à Poissons qui attrape 2 louveteaux le 27 avril 1787. Jean Freche, vigneron à Poissons, qui prend « tous vivants » trois louveteaux dans le bois de l'abbaye de Saint-Urbain le 23 avril 1788.

 

Les exemples sont nombreux.

 

Citons encore Antoine Gaillet, fermier de la Grange de Montaubert à Bourbonne, qui prend vivants 5 louveteaux le 31 mars 1783, deux jeunes filles de Coiffy-le-Haut, Marguerite Voillequin et Etiennette Carteron qui dans le bois de Bourbonne, attrapent vivant un louveteau le 6 juillet 1771, et Louis Perdrizet, laboureur demeurant à Serqueux, qui le 2 juin 1769, présente vivante une nichée de 8 louveteaux ce qui est un record.

 

Certains piégeurs, se permettaient même probablement pour s'amuser, d'amener à la subdélégation, des loups adultes encore en vie. Joseph Hanche, cocher du Comte de Ségur, ayant piégé un loup vis-à-vis du château de Leschères, le présenta « tout vivant » à Joinville en 1773. Le 14 novembre 1787, Joseph Audouard, domestique à Joinville, a pris au piège, « dans la prairie de cette ville » une louve et « l'a apporté encore vivante».

 

Quelquefois, lorsque l'animal avait été détruit pour une raison quelconque, le curé du village établissait une attestation pour l'Administration.

 

François Salzard, laboureur à Gillaumé  avait pris au piège, le 25 février 1774, dans les bois communaux, une louve « pleine de quatre petits louveteaux formés » et le curé délivre le certificat suivant:

 

« Je soussigné prêtre curé d'Echenay et Gillaumé, certifie que l'exposé d'autre part est véritable ayant vu en vie la louve, le piège au col, et que les signatures sont celles de mes paroissiens. A Echenay ce 27 février 1774.

 

Signé : Voisin, curé d'Echenay et Gillaumé. »

 

Source : Les Cahiers Haut-Marnais - 1955

 

 

 

 

 

 

 

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DES GRENADES SONT TROUVEES A ECHENAY – 1938

13 Janvier 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

Chaumont, 23 février- Télégramme Matin

 

DES GRENADES SONT TROUVEES EN PLUSIEURS ENDROITS DANS LA HAUTE-MARNE

Un lot assez important de grenades a été découvert en différents endroits aux environs d’Echenay. La gendarmerie fut prévenue ainsi que la Préfecture. On ignore qui a pu déposer ces engins qui doivent  provenir de la dernière guerre.

Une enquête est menée activement pour rechercher s’il n’existe pas de membres du CSAR* dans la région.

 

Source : Journal LE MATIN Jeudi 24 février 1938

 

 

* Pour information:  

La Cagoule est le surnom donné par la presse à l'« Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale » (OSARN, c'est le nom donné par ses fondateurs, l'adjectif nationale disparaît assez vite pour donner l'OSAR) transformé par erreur, à la suite d'une faute figurant dans un rapport d'informateur en « Comité secret d'action révolutionnaire » (CSAR). C'est un groupe d'extrême droite actif dans les années 1930 en France. Son principal dirigeant fut Eugène Deloncle.

 

La Cagoule naît de la volonté des responsables du Parti national révolutionnaire (PNR), fondé en décembre 1935 à la suite d'une scission de l'Action française d'entrer en clandestinité pour échapper à la surveillance de la police consécutive aux émeutes du 6 février 1934. En juin 1936, après la victoire du Front populaire, ses responsables, principalement Jean Filliol et Eugène Deloncle, créent l'OSARN (Organisation secrète d'action révolutionnaire nationale), nom que Eugène Deloncle revendique lors de l'instruction judiciaire en 1937 plutôt que celui de Comité secret d'action révolutionnaire (CSAR)

 

Source : Wikipédia

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REGAIN DE PIETE A ECHENAY GRACE A L'ABBE GARNIER - 1842

10 Juin 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

Au début du XIX siècle, l’église et la piété ont perdu du terrain en France. La chute de l’ancien régime, la révolution, le premier empire et ses guerres sans fin sont passés par là et ont modifié profondément les mentalités.

Certes, après la révolution, l’église a peu à peu regagné une place qu’elle avait presque totalement perdue mais l’évolution est lente.

 

Charles-Éléonore Dufriche-Desgenettes, né à Alençon le 10 aout 1778 et mort à Paris le 25 avril 1860, est le fondateur de la confrérie du Très-Saint et Immaculé Cœur de Marie.

 

Je laisse à votre curiosité la recherche de plus de détails sur sa vie. Toutefois, pour la compréhension de ce qui suit, voici quelques éléments :

 

Très conscient de la déliquescence du sentiment religieux et de la foi, et « après avoir refusé l’évêché de Verdun et l’évêché de la Corse, Dufriche-Desgenettes accepta la plus mauvaise paroisse de Paris, celle où l’impiété et la corruption étaient à leur comble : la paroisse des Petits-Pères. Pendant les quatre premières années, tous ses efforts s’avérèrent complètement stériles. Il songeait à donner sa démission, lorsqu’il crut entendre, un jour, en célébrant la messe, une voix au fond du cœur qui lui disait de consacrer sa paroisse au Très-Saint et Immaculé Cœur de Marie. Après avoir longtemps lutté contre cette pensée, qui ne le quittait plus, il crut à une inspiration divine et céda en célébrant, le 11 décembre 1836, le premier office de la sainte Vierge.

Dès lors, les conversions commencèrent, un changement remarquable ne tarda pas à se manifester. Le 24 avril 1838, le pape Grégoire XVI éleva la petite Confrérie de Notre-Dame des Victoires au rang d’Archiconfrérie universelle. »

 

Source : Wikipédia en Italique

 

Et c’est précisément ce que ressent l’abbé Garnier, curé d’Echenay en 1842. Suivant un cheminement similaire, il désespère du peu de piété de ses ouailles. Et comme pour Desgenette, c’est vers la vierge Marie qu’il se tourne, comme le montre son témoignage :

 

 

Assez « touchante est la conversion de la paroisse d’Echenay, dans l’évêché de Langres; Mr Garnier, curé de cette paroisse, nous rend compte de ce fait miraculeux dans une lettre, à la date du 19janvier 1843, adressée son évêque.

 

Voici comment il s’exprime :


« Je saisis une occasion pour vous dire un mot des Consolations que m’ont déjà procurées les confréries que je viens d’établir dans ma paroisse, surtout l’ineffable archiconfrérie du Saint et Immaculé Cœur de Marie. J’ai à Echenay, environ deux cents communions. En 1841, j’ai donné cinq cents communions, et en 1842 j’ai plus que doublé. Le jubilé a produit des fruits qui tiennent du prodige. J’ai toujours été assez content des femmes pour leur devoir religieux ; quant aux hommes, si j’excepte les moments du mariage et de la mort, je n’en avais pas confessé un seul depuis sept à huit ans. Quoiqu’assez exacts aux offices, avis, menaces, exhortations, bontés, prières, ils avaient résisté à tout, en convenant qu’ils avaient tort. Le quatrième dimanche de l’Avent, tout paraissait désespéré pour le jubilé. Les femmes mêmes, contre leur coutume, ne venaient à la prière qu’en très petit nombre et pas un homme n’y avait encore mis le pied. Au désespoir, à la vue du mépris que je croyais remarquer en tout le monde pour la grâce offerte, j’ouvre, à la sainte messe , mon cœur à la paroisse avec une telle expression de douleur, que chacun reste interdit, sans que je m’aperçoive de l’impression produite. La sainte messe à peine finie, je vais me jeter au pied de l’autel de la sainte vierge et, dans ma douleur qui tenait du désespoir, je la somme, au nom de tout ce que j’avais fait pour elle dans la paroisse, de ne pas permettre qu’elle abuse de la grâce du jubilé ; je lui dis que, puisqu’en établissant la confrérie du Saint et immaculé Cœur, nous l’avions choisie pour nôtre avocate et notre refuge , elle devait montrer qu’elle l’était en effet par quelque marque signalée de sa protection . À peine ces paroles prononcées, je sentis renaitre en moi l’espérance et je fus parfaitement calmé.

 

Le soir, pas une femme de manquait à la prière ; mais deux hommes seulement s’y trouvèrent. Le lundi, pas plus d’avance ; le mardi, de même ; le mercredi, dans le courant de la journée, il se fait un bouleversement dans toutes les consciences, surtout parmi les hommes. Le soir à la prière, l’église, jusque là presque déserte, ne peut plus contenir la foule qui s’y presse.

Les enfants ne peuvent plus contenir leur joie, les épouses arrosent le pavé de leurs larmes, les hommes chantent les litanies de la sainte Vierge avec un enthousiasme indicible ;
Les filles , qui avaient pendant l’année pris part aux danses, vont se mettre à genoux sous le Christ, et demandent pardon de cette démarche.


 Mon cœur est si serré que je reste comme immobile ; Ce que je vois, ce que j’entends me semble un rêve et la nuit se passe à entendre les confessions des hommes, l’émotion va toujours croissant ; le jeudi, le vendredi et le samedi, j’entre au confessionnal à trois heures du matin, et j’en sors à dix heures du soir.

 

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Enfin, toute la paroisse, à l’exception de dix hommes qui s’y sont pris trop tard, a communié à la messe de minuit, avec un recueillement, une décence, un ordre qui ont fait couler des torrents de larmes de tous les yeux  témoins de cette cérémonie, que jamais Echenay n’avait vue et ne reverra.

 


Le lendemain, jour de Noël, a été pour la religion un véritable triomphe, ainsi que pour l’auguste Mère de Dieu, a qui nous devons ce véritable prodige.

 

Aussi, par reconnaissance, tous les hommes se sont consacrés à elle, en entrant dans la confrérie, et, le soir, à la clôture du jubilé, j’ai distribué, comme souvenir de ce jour a jamais mémorable, la médaille miraculeuse par centaines que chacun a reçue avec bonheur. »

 

Source : Nos consolations en Marie – Recueil d’instructions et d’exemples-

par le R.P BENOIT, Religieux de la Trappe – Casterman Editeur 1858

 

 

 

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Mr LANDEVILLE D'ECHENAY- ENGAGE CONDITIONNEL EN 1886

3 Mars 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

 

Avant de découvrir l’article concernant un habitant d’Echenay, j’ai pensé utile de faire un court résumé sur l’évolution du service militaire Français.

 

 

1798 à 1818 

 

La loi Jourdan-Delbrel du 19 fructidor de l’an VI (5 septembre 1798) institue la conscription. Le service militaire est obligatoire pour tous. Il n’existe plus d’armée de métier formée de nobles et de mercenaires. Chaque Français est déclaré soldat de 20 à 25 ans soit par engagement volontaire soit par la conscription.
Un tableau de recensement est dressé par commune et par canton. Ces tableaux sont dressés par classe et mentionnent les noms, prénoms, année et jour de naissance, la taille, la profession, la commune du domicile. Les conscrits sont recensés dans la commune de leur domicile ou de celle de leurs parents.
Le principe du remplacement est reconnu (loi du 8 mars 1800), chaque conscrit pouvait payer un remplaçant afin d’échapper aux obligations militaires.

Le tirage au sort sera institué par la loi du 28 décembre 1803. Le service obligatoire est de 5 ans.

 

1818 à 1872

 

La loi du 10 mars 1818 dite « loi Gouvion-Saint-Cyr » modifie sensiblement le système de la conscription.

La désignation du contingent se fait à la fois en fonction de la population des départements (suivant les recensements) et par tirage au sort avec possibilité de remplacement.
La durée du service militaire est de 6 ans.
Le tirage au sort a lieu au chef-lieu de canton en séance publique devant le sous-préfet et les maires. Les jeunes gens sont appelés dans l’ordre du tableau de recensement pour prendre un numéro dans une urne. Suivant le numéro, certains seront dispensés de toute obligation militaire, les autres se présenteront devant le conseil de révision qui jugera de l’aptitude physique et des causes de dispense ou d’exemption.

 

 

 

1872-1997

 

En 1872, la loi Cissey modifie le recrutement de l’armée. Elle instaure un service militaire universel d’une durée fixée par tirage au sort (cinq ans ou un an).
Le remplacement militaire est supprimé.  La loi établit le principe du service militaire obligatoire et universel, mais en tempérant de nombreuses dispense (soutiens de famille, membres de l'enseignement, clergé). Le service est de 5 ans dans l'active, 4 ans dans la réserve puis 11 ans dans la territoriale, mais le système de tirage au sort permet au bon numéro de ne faire qu'un an et même 6 mois, suivis par des périodes de réserve de 28 jours par an. Les jeunes bacheliers peuvent devancer l'appel et ne faire qu'un an de service comme engagés volontaires s'ils versent une somme de 1500 francs pour frais d'équipement *.

1889: Le service devient réellement universel et la durée du service actif passe de 5 à 3 ans. (Cependant, les hommes sont libérés au bout de 40 mois)

En 1905, le service militaire devient national, personnel, obligatoire et d’une durée égale pour tous. Le tirage au sort disparaît (loi du 21 mars 1905).

 

En 1997, le service national est suspendu.

 

Sources :  La généalogie entre amis.com

                Histoire du Service Militaire - AC- Rennes.fr         

           

* Voici donc l’explication de l’article qui suit.

 

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RECRUTEMENT- Engagés conditionnels.

 

Deux demandes tendant à obtenir le dégrèvement de tout ou partie de la prestation de 1,500 fr. exigée des engagés conditionnels d'un an, en 1886, ont été communiquées à la Commission par M le Préfet, le 8 novembre 1886.

 

Ces demandes concernaient les intéressés dont les noms suivent :

 

1° Didier, Désiré, de Bourmont ;

 

2° Landéville, Claude Pierre Nicolas Camille, d'Echenay.

 

La Commission, après examen des dossiers, a émis l'avis qu'il y avait lieu d'accorder, savoir :

 

- Exemption de moitié de la prestation au sieur Landéville;

 

- Exemption d'un quart au sieur Didier.

 

Le nombre des jeunes gens admis au volontariat étant de 17, le département avait droit, en effet, à la remise des trois quarts du versement exigé.

M. le Préfet a statué conformément à l'avis de la Commission.

 

Fait et délibéré en séance, à Chaumont, le 1er avril 1887.

 

BARBOT, Président ; CAPITAIN; P. CLAUDEL; FLAMARION;

LINET; H. DEMONTROL, Secrétaire

 

Source : Rapports et Procès verbaux des séances du Conseil général de Haute Mare – Avril 1887

 

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