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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

GEOFFROY IV - 6eme seigneur connu d'Echenay - XIIe SIECLE

28 Novembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Millénium - Les seigneurs d'Echenay- 1000 ans

Geoffroy-IV.JPG

 

GEOFROI IV DIT VASLET OU LE JEUNE


Le sire de Joinville, Geoffroy IV, était un des plus ardents chevaliers de cette époque ; à un courage de héros, il joignait une piété sincère. Ne se reposant pas seulement sur son bras, il vient au couvent de Der et prie son respectable cousin de bénir ses armes.


Les Moines du Der – par l’abbé M.A Bouillevaux, curé de Cerisières – Montiers en Der - 1845


Né en 1145 sous le règne de Louis VII le jeune, Geofroi IV reçut, du vivant de son père, le double surnom qui le distingue, et lui succéda comme seigneur de Joinville et sénéchal de Champagne. Albéric le nomme parmi les chevaliers qui prirent la croix en 1190 ; et, dans l'épitaphe de sa famille à Clairvaux on lit qu'il fut : « Chevalière li meudres de son temps, et ceste chose a paru es grans fais qu'il fist de sa mer et delà. »

Photo Auditoire de Joinville

 


Sous le règne de Philippe Auguste, il partit en effet pour la troisième croisade commandée par les rois Philippe-Auguste et Richard-Cœur-de-Lion, accompagné de ses deux fils Geofroi et Simon. Le but de cette expédition était de délivrer Jérusalem que Gui de Lusignan avait perdue en 1187. Le sire de Joinville était au nombre des vassaux de Henri II, comte de Champagne, qui se mit en route avant les rois de France et d'Angleterre, sans doute vers le mois de mai de l'année 1190. Ils s'embarquèrent à Marseille et arrivèrent le 27 juillet sous les murs d'Acre dont Gui de Lusignan avait commencé le siège un an auparavant.

 

prise_acre1191.jpg                                       Remise de la ville d'Acre à Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion

 

 La noblesse de Champagne s'illustra entre toutes, dans cette laborieuse expédition ; la famine et la maladie décimèrent l'armée des croisés : au commencement de l'année 1191, elle était réduite des deux tiers. La ville ne capitula que le 27 juillet suivant. Geofroi IV y périt(en 1191).


Son fils Geofroi, dit Trouillard, resta en Palestine et ne rentra en France que l'année suivante (D'après Longnon (Vassaux de Champagne), il ne serait revenu qu'en 1196. Mais cette date est contestable : car il semble exister un acte de Geofroi V de 1192).


D’où vient ce surnom si curieux pour un « ardent chevalier» ? Aurait-il faibli subitement en terre Sainte ? Que nenni !


« Un pirate génois, nommé Trouillard, était venu incendier le soir, les embarcations des croisés. Geofroi, qui péchait au bord de la mer, s'élança sur lui et le tua d'un coup de l'instrument de pêche dont il se servait. D'autres font venir ce surnom de l'engin de pêche, appelé trouille, que notre chevalier avait à la main (Didot, p. CXXXII). »


Mais revenons à Geofroi IV. Il avait épousé Helvide de Dampierre dont il eut huit enfants.


Dans plusieurs chartes, il prit le titre de frère de Hugues de Broies (son frère utérin), sans doute afin de se distinguer de son père et de son fils. Ces documents témoignent de ses libéralités en faveur des maisons religieuses déjà dotées par ses prédécesseurs.


Le catalogue des titres du Val d'Osne mentionne trois actes de Geofroi en faveur de ce prieuré sous les dates de 1188,1189 et 1190.


Il fit à l'abbaye de Montierender l'abandon de ses droits d'avoué et vint demander à l'abbé Vinter de bénir ses armes avant de partir pour la croisade (Bouillevaux, p. 173).


En 1188, il fit don à l'abbaye de Saint-Urbain d'une vigne à Mussey pour la fondation de l'anniversaire de son père. Il confirma la fondation du prieuré de Saint-Jacques et fit plusieurs libéralités au chapitre de Saint-Laurent.


Nous pouvons citer du même Geofroi IV un acte de l'année 1189, en faveur de l'abbaye d'Evaux, par lequel il déclare exempt de toutes servitudes le pré du clos situé à Vaucouleurs donné par son père en 1187. Les habitants prétendaient avoir le droit d'y faire paturer leur bétail et de s'exercer au tir.


Deux actes non datés, appartenant aux archives de la commanderie de Ruetz, constatent l'abandon fait à cette maison par Hatton de Sommeville de plusieurs propriétés litigieuses. L'un d'eux en forme de transaction, est l'oeuvre d'Helvide, dame de Joinville.

 

LA FAMILLE DE GEOFROI IV

 

Sa femme Helvide, fille de Guillaume de Dampierre, connétable de Champagne, et d'Ermengarde, eut pour petits neveux les comtes de Flandre de la maison de Dampierre. Elle apporta en dot les terres de Magney et de Remignicourt (Ducange).


Ils eurent neuf enfants, savoir :


I. Geofroi V. (Richard Cœur de Lion lui octroiera en 1194 le droit de porter son lion sur les armoiries des Joinville)


II. Robert, qui prit la croix en 1198, avec son frère Geofroi et Gauthier de Vignory, suivit en Pouille le comte de Brienne, Gauthier III (1). Il est mentionné dans un acte de 1188 qui précède et dans un autre de l'année 1201 [ ].


III. Simon, qui succéda à Geofroi V.


IV. Guillaume, d'abord archidiacre de Châlons, puis évêque de Langres, en 1209, et archevêque de Reims, en 1219 (2). [ ]


On lit dans Villehardouin : « Et quant Joffrois li mareschaux passa Moncenis, si encontra le conte Gautier de Brienne qui s'en aloit en Puille, conquerre la terre sa femme qu'il avoit espousée, puis qu'il ot prise la crois, et qui estoit fille au roi Tencré. Avec lui aloit Gautiers de Montbéliart et Eustaces de Conflans, Robert de Joinville et grant partie do la bone gent de Champaigne qui croisié estaient » (Ch. XX, XXI).

 

(2)   D'après l'abbé Mathieu, Guillaume aurait été d'abord moine de Clairvaux (Ev. de Langres, p. 90) ; mais c'est par erreur que l'auteur lui donne pour mère Sybille de Bourgogne.


V. Gui., auquel son père Geofroy fit don des fiefs de Sailly, Donjeux, Echenai, Augéville, etc.


VI. André de Joinville qui fut templier.


VII. Yolande de Joinville, fut épousée en secondes noces par Raoul de Nesle, comte de Soissons ; elle mourut en 1223.


VIII. Félicité épousa Pierre de Bourlémont; son fils Geofroi de Bourlémont, est nommé avec elle dans un titre de 1237.


Ducange suppose que Marguerite, épouse de Hogier de Donjeux, seigneur de Lafauche, était fille de Geofroi IV, mais il fait confusion avec Marguerite d'Yceleu citée par le P. de sainte Catherirte (V. cependant Jolibois. V. La Fauche).


Les six fils de Geofroi le Jeune sont mentionnés dans la chronique d'Albéric, qui s'exprime en ces termes :


« 1201. En ce temps là, il y avait à Joinville cinq frères, savoir : Geofroi, Robert, Simon et Gui, chevaliers et Guillaume clerc; leur autre frère André devint chevalier du Temple. Robert suivit le comte Gautier, et partit pour la Pouille où il périt. Geofroi, l'aîné, surnommé Trulard, se distingua dans les combats, prit la croix, passa la mer et mourut après de nombreuses prouesses. Simon devint seigneur de Joinville. Gui fut seigneur de Sailly, et Guillaume archidiacre de Châlons.


« 1208. Mort de Robert évêque de Langres qui avait succédé à Hilduin ; il a pour successeur Guillaume de Joinville.


« 1209. Guillaume, évêque de Langres, frère de Simon de Joinville, devient archevêque de Reims, le cinquième jour des ides de juin. »

 

 

Simonnet, Jules (1824-1875). Essai sur l'histoire et la généalogie des sires de Joinville. (1008-1386.)... 1875.

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GEOFFROY III, 5eme seigneur connu d'Echenay - XIIe SIECLE

28 Novembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Millénium - Les seigneurs d'Echenay- 1000 ans

Geoffroy III, dit le gros ou le vieux, seigneur de Joinville et d’Echenay, fut très certainement le premier de sa lignée à obtenir la charge de Sénéchal de Champagne. Avec lui commence une formidable épopée militaire et politique de plusieurs siècles pour les seigneurs de Joinville.


Le sénéchal de Champagne était un haut dignitaire du comté de Champagne pendant la période comtale puis ducale, membre de la cour du duc, qu'il présidait en l'absence de ce dernier. Comme tout sénéchal, il assistait son prince dans ses prérogatives exclusivement judiciaires, administratives et comptables (wikipédia).


Selon Ducange, Geoffroi III fut le premier seigneur de Joinville qui ait été investi de la charge de sénéchal de Champagne laquelle appartint depuis à ses descendants héritiers du château de Joinville. Il figure en cette qualité, dans des actes des années 1152, 1153, 1154, 1157,1159, 1161, 1163, 1164 et 1179.


Il avait épousé Félicité de Brienne, et mourut après l'année 1184. Selon toute apparence il suivit le comte de Champagne Henri le Libéral à la seconde croisade (1147).


Saint-Bernard_prechant_la_2e_croisade-_a_Vezelay-_en_114.jpg                                                  Bernard de Clairvaux prêchant la seconde croisade à Vezelay

 

Geoffroy III est alors entre gens de connaissances. La seconde croisade fut prêchée par Bernard de Clairvaux, premier abbé de l’Abbaye du même nom, qu’il devait certainement connaitre. La Champagne fournira d’ailleurs aux croisades bon nombre de « preux chevaliers » et beaucoup périrent.


On rapporte même que Geofroi monta sur le même vaisseau que le roi de France, Louis le Jeune (Fériel, p. 71). Il fut inhumé à Clairvaux : c'est à lui que doit s'appliquer la première partie de la mémorable épitaphe, composée en l'honneur de ses ancêtres par Jean son arrière-petit-fils.


 « Diex sires tous poussans, je vous proie que vous faices bone mercy à Jofroi, signour de Joinville qui ci gist, cui vous donastes tant de grâce en ce monde, qui vous fonda et fit plusours esglises en son tans, c'est à scavoir : l'abie de Cuiré, de l'ordre de Cités, item l'abie de Jauvillier, de Prémontréi ; item la maison de Maaton, de l'ordre de Grandmont, item la Priouléi dou val de Onne, de Moleimes; item l'esglise de Saint-Lorans dou chastel de Joinville; dont tuit ci! qui sont issu de ly doivent avoir espérance en Deu que Deus l'a mis en sa compaignie, pour ce que li saint témoignent qui fait la maison Deu en terre, atufie la seue propre maison en ciel. Il fu chevalière, etc. ».


Le Gallia Christiana a conservé le souvenir des nombreuses libéralités auxquelles fait allusion l'épitaphe qui précède. On doit à Geofroi III la fondation du prieuré du Val d'Osne (1145), celle de l'abbaye d'Ecurey (1144), celle de la maison de Mathons ou des Ermites, dépendant de l'abbaye de Macheray à laquelle il donna les terres nécessaires à son établissement et des droits d'usage dans la forêt (1168). Il fit des dons considérables, en 1132, à l'abbaye de Vaux-en-Ornois, à celle de Riéval, puis, en 1157, à la Chapelle-aux-Planches, à l'abbaye de Boulancourt (1).

 

(1) V. Didot p. LXVXI. Ce qui suit s'applique certainement à son fils Geofroi IV, bien que le texte puisse donner lieu à quelque confusion.


Il fonda l'abbaye de Jovillier en 1160, la maison-Dieu de Vaucouleurs (1164), et prit part à la fondation de la commanderie de Ruetz (2). C'est en la personne de Geofroi III que finit la dévolution des domaines du Blaisois (cf Vallée de la Blaise), déterminée par la charte de l'abbé Brunon, en faveur de Geofroi I.


Une transaction passée avec l'abbé du Der, régla ses rapports avec le monastère. Il y est dit notamment que si l'abbaye veut se choisir un avoué pour les églises de Doulevant et de Dommartin, elle ne pourra choisir que le seigneur de Joinville. Ses droits d'avoué sur le Blaisois y sont déterminés.


Geofroi le vieux est mentionné parmi les donateurs de l'abbaye de Mureau dans une bulle du pape Alexandre III de l'année 1180 (3). On doit probablement lui attribuer une charte incomplétement datée par laquelle G. de Joinville déclare terminer un différend entre l'abbaye de Vaux en Ornois, et trois personnages nommés : Lambert, Hugues et Vidéric (Arch. de la Meuse).


(1) V. sur ces diverses fondations : Gall. Christiana, t. XII, p. 595, 605et 621; Ann. Bénédic., t. VI, p. 392, et Jolibois, v. Mathons. S. Ecurei et Jovilliers, v. Dom Calmet, II, p. 22 et pr. p. CCCXXIII. Herbert, premier abbé de Riéval, fonda Jovillier et reçut des dons de Geofroi.

(2) « La commanderie de Ruetz avait été fondée, en 1137, par Haton de Hatoncourt. L'acte en fut scellé à Châlons par l'évêque Geofroi, en présence de plusieurs seigneurs du pays, entre autres Geofroi de Joinville, Roger, père de Geofroi et sa mère » (Jolibois, v. Ruetz). Il résulterait de ce passage pris à la lettre que Roger aurait vécu au moins jusqu'en 1137. M. Longnon ( Vassaux de Champagne, p. 330) fixe cependant la date de sa mort à l'année 1130, et mentionne des actes de Geofroi III de l'année1134.

(3) Documents de l'histoire des Vosges, III, p. 2, 3.


Il résulte de l'épitaphe que nous avons transcrite, que l'on doit à ce seigneur la fondation de la collégiale de Saint-Laurent de Joinville. Nous savons enfin qu'à la suite de certains démêlés avec l'abbaye de Saint-Urbain qui possédait des serfs à Maizières, Geofroi s'était indument emparé de l'un de ses hommes.


Pour réparer ses torts, il céda au monastère un ménage composé d'une femme avec ses fils et sa fille.


FAMILLE DE GEOFROI III


Le texte d'Albéric relatif à ce seigneur est ainsi conçu : « Geofroi le Gros de Joinville épousa Félicité, veuve de Simon de Broyes, et donna le jour à Geofroi Valet et à Gertrude, qui fut mère de Hugues, comte de Vaudémont (1132). Vers le même temps, mourut Simon, seigneur de Broyes dont la veuve, nommée Félicité, devint l'épouse de Geofroi le Gros de Joinville ; ainsi le seigneur de Broyes, fils de ce Simon, tint sa terre pendant quatre-vingts ans. »


Félicité était fille d'Erard I, comte de Brienne, et d'Alix de Roucy (1).


Les enfants issus de son second mariage avec le sire de Joinville sont :


I. Geofroi IV qui suit;


II. Gertrude qui épousa Gérard II, comte de Vaudémont, dont une descendante, Marguerite, devint l'épouse de Anseau, sire de Joinville, dans les premières années du XIVe siècle.


(1) Dom Calmet donnait pour père à Geofroi III, son aïeul Geofroi II, et pour mère, Gertrude, fille de Gérard de Vaudémont. Il donne pour femme au même Geofroi III, Jeanne, fille de Guillaume, baron de Reynel et de Vaucouleurs (T. 1, p. 1114). On trouve la même erreur dans une généalogie citée par M. Didot (p. CXXIX). C'est par suite d'une faute d'impression que le même auteur désigne Félicité comme fille de Simon de Broyes.


 

Simonnet, Jules (1824-1875). Essai sur l'histoire et la généalogie des sires de Joinville. (1008-1386.)... 1875.

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LA FAMILLE GUILLAUME-MASSONNET - ECHENAY 1903

27 Novembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

Les familles nombreuses ont toujours fait l’avenir d’un pays. C’est sa richesse vive.


S’il n’est pas question de retracer l’histoire de toutes les familles nombreuses d’Echenay, au moins puis-je en citer une.


Nous sommes au tournant du XXème siècle.


Joseph Jean Baptiste Guillaume est né le 9 juin 1856 à Echenay de Dominique Nicolas et de Marguerite Louviot. Marie Appoline Massonnet est, elle, née le 22 juillet 1860 dans ce même village. Ses parents sont Nicolas et  Louise Dupongand.


Ils se sont mariés le 22 novembre 1882, toujours à Echenay.


Tout ça semblerait banal si, de cette union, ne s’etait formée une famille nombreuse.

 

guillaume.jpg


Loin d’Echenay, à Langres, Madame Marie-Françoise-Joséphine Chameroy, veuve de Monsieur Nicolas Plubel, a légué à son décès le 24 mars 1901 toute sa fortune au département de la Haute-Marne par l’intermédiaire de son notaire Me Emile Aubert.


Son testament est ainsi rédigé :


Je sousigné, Marie-Françoise-Joséphine Chameroy, veuve de Monsieur Nicolas Plubel, voulant exécuter les dernières volontés de mon bien aimé mari et honorer sa mémoire, ai fait mon testament de la manière et ainsi qu’il suit.


Je donne et lègue au département de la Haute-Marne un rente annuelle et perpétuelle de 12000 francs, à la charge par lui de distribuer de la manière ci-après les legs et prix que je constitue de la façon suivante, sous le nom de Fondation Plubel – Chameroy.


Premier et deuxième prix : Je constitue deux prix de chacun mille francs, pour les familles les plus nombreuses de cultivateurs, propriétaires ou fermiers, soit le père, soit la mère, ayant huit ou neuf enfants d’une conduite irréprochable et tous occupés aux travaux exclusivement agricoles ou viticoles.


Troisième et quatrième prix : Je constitue deux prix de chacun cinq cent francs, pour les familles de vignerons, soit le père, soit la mère, ayant huit ou neuf enfants d’une conduite irréprochable et tous occupés aux travaux viticoles. [ ]


Suivent encore des prix « de travail », de « vertu » (pour les filles), etc…


Madame Chameroy termine en disant « Notre but commun à mon époux et à moi est de multiplier et d’augmenter les travailleurs agricoles et viticoles, et c’est pour les attacher à la noble profession de l’agriculture, qui est la mère de toutes les industries, la plus moralisatrice, la plus hygiénique, que nous avons pensé à instituer ces quatorze prix. »


A Echenay, chez les Guillaume-Massonnet, la vie est rude. En 1903, ils ont 13 enfants à charge.  Mille francs, ça serait bien ! Aussi s’inscrivent-ils au concours de la même année.


Les prix sont remis lors de comices agricoles afin de répondre aux souhaits du couple Plubel – Chameroy qui souhaitent donner une notoriété publique à leur œuvre et exalter la profession.


Arrive le jour fatidique. Enfin, c’est la proclamation des résultats. La fanfare vient de jouer et le maitre de cérémonie monte sur l’estrade décoré de guirlandes multicolores de papier sous les applaudissements du public…


« Le premier prix est attribué aux époux Denizet-Lamiral, cultivateurs à Nully, canton de Doulevant, père et mère de 15 enfants vivants, ayant toujours habité la commune (demande N°84). »


Les époux Guillaume-Massonnet frémissent !


« Le deuxième prix est attribué à Monsieur Joseph Jean Baptiste Guillaume-Massonnet, cultivateur à Echenay, canton de Poissons, père et mère de 13 enfants vivants, habitant ladite commune depuis 46 ans (demande N°65) »


La famille Guillaume saute de joie et applaudit. Pensez, 1000 francs !!


« Le troisième prix est accordé à Monsieur Marguérard, vigneron à Anrosey, père de 10 enfants vivants… »


Qu’importe le troisième prix!... Les Guillaume n’écoutent plus et se congratulent ! Après avoir bu avec leurs amis quelques chopines de cet excellent vin de Saint-Urbain, ils reprendront le chemin d’Echenay. Pour sûr, les sabots seront légers…

 

 

Hélas, la famille sera cruellement touchée quelques années plus tard. Deux de leurs fils trouveront la mort lors de la grande guerre. Voir LE MORT OUBLIE D'ECHENAY ET LES AUTRES - 1914  


Sources :

AD 52 recensement de 1906

 

Compte-rendu du Conseil général de Haute-Marne  - Aout 1901 et Aout 1903

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ROGER DE JOINVILLE - 4eme seigneur connu d'Echenay

27 Novembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Millénium - Les seigneurs d'Echenay- 1000 ans

Blason Joinville

 

Roger de Joinville vécut sous les règnes de Philippe Ier et de Louis VI le gros.


Il est le fils de Geoffroy II. (Cliquez ici : GEOFFROY II - 3eme seigneur connu d'Echenay - XIeme  )


Laissons donc la parole aux quelques érudits qui se sont intéressés à Roger.


Les auteurs qui ont laissé des notes sur Joinville, et les titres manuscrits relatifs aux premiers temps de son histoire, sont en si petit nombre, qu'on ne devra pas s'étonner de nous voir passer rapidement sur les exploits de Roger, successeur de Geoffroy II.


Il était son troisième fils, et nous trouvons qu'il épousa de bonne heure Adélaide ou Aldéarde de Vignory, ou de Vangionisrivo, appelé aussi Vauderognon.


Roger fut présent en 1104 à la donation que fit Hugues, comte de Champagne, à l'abbaye de Molème étant au concile de Troyes. En 1112 il abandonna le village de Saint - Rémy, dont il avait été inféodé par le comte de Brienne, à l'abbé de Montiérender, et mourut vers l'année 1128.


Il eut de son mariage trois fils et deux filles :


Geoffroy, l'aîné, fut son successeur à Joinville.


Robert, le second, ne nous est connu que par un acte dans lequel il approuve les donations faites par son frère à l'abbaye de Saint-Urbain.


Guy, le troisième, fut archidiacre de Langres, et ensuite 59eme évêque de Châlons. On vante le savoir et la charité de ce prélat. Une famine étant survenue dans son diocèse, il consacra une partie de sa fortune à des distributions de grains et d'aumônes;

 

Ce fut lui qui établit en 1190 un prévôt dans l'église collégiale de Saint-Laurent où il avait fondé quatre canonicats. Quelque temps après le prévôt fut changé en doyen.

Gui de Joinville, étant déjà fort avancé en âge, partit pour la Terre-Sainte. Il y finit ses jours et fut enterré dans la vallée de Josaphat.


Des deux filles de Roger, l'une, Guillemette, fut abbesse, et l'autre, nommée Béatrix, épousa Henri III comte de Grandpré.


Fériel, Jules. Notes historiques sur la ville et les seigneurs de Joinville

 

Roger succéda à son père, comme seigneur de Joinville, en même temps que Renaud, son frère aîné, devenait comte de Joigny. Il est douteux, malgré les autorités citées par Levesque de La Ravalière, qu'il ait été pourvu de la charge de sénéchal de Champagne.

 

Du reste son nom n'est associé à aucun événement historique. Nous savons seulement que, en

1113, il se trouvait à Troyes, où siégeait dans sa cour féodale Hugues, comte de Champagne, lequel se disposait alors à partir pour la Terre-Sainte. Ce prince exigea que le comte Erard de Brienne renonçât en faveur de l'abbaye du Der à ses droits sur le village de Saint-Remy (de Ceffonds) qu'il avait sous-inféodé au seigneur de Joinville. La renonciation de Roger est mentionnée dans le même acte. On s'explique du reste que Roger se soit montré particulièrement conciliant à l'égard de ce monastère. Il avait épousé en effet Adélaïde, fille de Roger, sire de Vignory, dont un fils, pareillement nommé Roger, était devenu abbé de Montiérender, en 1097. Les deux beaux-frères s'abstinrent de ces conflits affligeants dont les conséquences étaient souvent désastreuses pour les populations.

 

Roger est cité en outre dans un acte de donation que fit Hugues de Champagne, en 1101, à l'église de St-Oyen d'Ioux, et en 1104, dans un acte du même prince en faveur de l'abbaye de Molesme.(1)

 

Ce seigneur paraît avoir émis des prétentions inquiétantes sur les domaines de l'abbaye de St-Urbain dont il avait l'avouerie. Mais en 1131, le pape Innocent II étant à Troyes confirma les possessions du monastère, en menaçant d'excommunication les usurpateurs. Roger se soumit. Mais en même temps, les religieux lui reconnurent des droits de justice sur le marché de St-Urbain entre le lever et le coucher du soleil, sous la réserve du droit d'asile du moustier (comprendre monastère).

 

Ces conventions furent l'objet d'une transaction qui fut rédigée à Thonnance en 1132.(2)

Roger fut l'un des bienfaiteurs de la Chapelle aux Planches au diocèse de Troyes (3). Il confirma en 1121, une donation faite précédemment par Renaud, comte de Joigny, son frère, à l'abbaye de Boulancourt. (4)

 

Il mourut au plus tôt en 1132. (5)

 

(1) Ducange, p. 7. D'après ce savant généalogiste, il s'agirait dans ce dernier acte de la confirmation faite par le comte de Nevers Guillaume des donations par lui consenties en faveur de ce monastère, pendant le concile de Troyes.

(2) Jolibois. V° St-Urbain.

(3) Gallia Christiana, t. XII, p. 595.

(4) Cart. de Boulancourt.

(5) En 1128, suivant Fériel : en 1130, selon Didot.


Albéric s'exprime en ces termes sous la date de l'année 1110: « Roger de Joinville, fils de Geofroi, épousa la soeur de Gui de Vignori : ses enfants furent Geofroi le Gros, Gui, évêque de Châlons et Beatrix de Grandpré qui laissa une nombreuse postérité. »


Mais cette liste n'est pas complète : elle doit être ainsi rectifiée.


1° Geofroi III succéda à son père.

2° Robert est mentionné dans un acte passé entre son frère et l'abbaye de St-Urbain, en 1168 (Son nom se rencontre dans la charte de fondation de N.-Dame du Val d'Osne (1145)).

3° Gui fut d'abord archidiacre de Langres, puis évêque Châlons en 1164. Ce prélat se distingua par sa charité dans le courant des années 1176 et 1177, en soulageant les misères qu'avait causées une grande famine dans son diocèse. [ ]

4° Adélaïde, était en 1150, abbesse d'Avenai.

5. Guillelme succéda à sa sœur dans cette dignité. Elle est aussi mentionnée comme religieuse à La-Ferté-sous-Jouarre (1).

6° Beatrix épousa Henri III, comte de Grandpré, qui selon Albéric, fut inhumé dans l'abbaye de Foisny (2).


Peut-être faut-il compter parmi les descendants de Roger Gilbert de Joinville qui fit à l'abbaye de St-Urbain, en 1183, don d'un petit domaine, en présence de Gui, évêque de Châlons et de Henri, comte de Bar (3).


(1) L'une des deux sœurs mentionnée par Ducange aurait été élue par Guillaume aux blanches mains, sans le consentement de Thibaut, comte de Champagne, ainsi que cela résulte d'une lettre de ce prélat, insérée au Cartulaire de Champagne, V. Gallia Christiana, t. IX, p. 280 et Ducange, p. 7 de la Généalogie de Joinville.

(2) Les auteurs de « l'Art de vérifier les dates » donnent à ce comte de Grandpré, une épouse du nom de Lucharde.

(3) Gall. Christ, IX, p. 926.

 

Simonnet, Jules (1824-1875). Essai sur l'histoire et la généalogie des sires de Joinville. (1008-1386.)... 1875.

 

 

Delaborde fait mourir Roger plus tardivement : La date de la mort de Roger ne nous est pas connue ; elle est en tout cas postérieure à 1137.

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LE MORT OUBLIE D'ECHENAY ET LES AUTRES - 1914

13 Novembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Guerre 1914-1918

 

Ceremonie-du-11-novembre-2014.png

Partout en France, le 11 novembre 2014 a donné lieu à des cérémonies pour commémorer la mémoire des soldats morts pour la France lors de la grande guerre.

Echenay n’a pas failli à cette célébration et je vais profiter de celle-ci pour faire un zoom sur les disparus. Dix noms sont gravés sur la plaque du monument aux morts et je vais tenter de vous les présenter.

Mais auparavant, deux mots sur l’organisation de cette cérémonie. Six communes du canton de Poissons se regroupent chaque année pour fêter le 11 novembre. Il s’agit de Gillaumé, Saudron, Pancey, Sailly, Aingoulaincourt et Echenay. Au terme de cette tournée des monuments où ont lieu des dépôts de gerbes et l’énumération des décédés, une des six communes offre le vin d’honneur à la salle des fêtes d’Echenay. C’était cette année Gillaumé qui s’occupait de cette cérémonie. Une très bonne manière de regrouper jeunes et moins jeunes pour un juste devoir de mémoire !

Mais revenons aux morts d’Echenay. Dix morts, disions-nous

Jules Camille Adrien FABERT est né le 25 décembre 1883 à Echenay, de Jules Isidore Fabert et de Julia Marie Groscolas. Il s’était marié le 1er mai 1911 à Maizières avec Louise Angèle Julienne Chevaillier. Soldat au 160e RI, il est mort le 8 septembre 1914 à Crévic (Meurthe et Moselle)

Henri de PIMODAN est né le 7 octobre 1887 à Amiens (Somme). Capitaine au 237e RI, il fut tué à l’ennemi le 25 octobre 1914 à Saint Laurent (Pas de Calais).

Pierre Georges de PIMODAN est né le 3 octobre 1886 à Bizy (Vernon -Eure). Il était le fils de Claude Emmanuel de Rarecourt de La Vallée de Pimodan et de Georgina de Mercy-Argenteau et s’était marié à Paris le 23 juin 1917 avec Alix de Brossin de Méré. Maréchal des Logis au 81e régiment d’artillerie lourde, il est mort le 31 mai 1918 d’une maladie contractée en service, à l’hôpital de Noisy le Sec (Seine).

André Maurice Georges BRUSSOL est né le 29 aout 1891 à Echenay de Alfred Joseph et de Marie Céline Lapérouse.  Sergent  au 26e RI, il est mort le 10 octobre 1914 à Mouchy (Pas de Calais).

Lucien Raymond Ferdinand BRUSSOL, frère du précédent, est né le 13 janvier 1894 à Echenay. Soldat au 26e RI, il est mort le 9 mai 1914 à Neuville Saint Vaast (Pas de Calais)

Bernard Eugène Auguste GUILLAUME est né le 2 octobre 1888 à Echenay, fils de  Joseph Jean Baptiste Guillaume et de Marie Appoline Massonnet. Il s’était marié à Echenay avec Zélie Albertine Hélène Foissy. Soldat au 160e RI, il est mort le 25 septembre 1914 à Fresnoy Les Roye (Somme).

Paul Emile Nicolas GUILLAUME, frère du précédent, est né le 11 décembre 1889 à Echenay. Soldat au 160e RI, il est mort le 29 aout 1914 à Morhange (Moselle).

Comme les familles Guillaume ou Brussol, la famille LESEUR ne fut pas épargnée par le confit. Là encore, deux frères furent tués au combat, mais le comble est qu’ils étaient jumeaux.

Gabriel Alexandre LESEUR est  né le 21 octobre 1893 à 7 heures à Echenay de Edouard Nicolas et de Marie Constance Belloni. Soldat au 4e Régiment de Zouaves de Marche, il est mort le 8 aout 1916 à Landrecourt (Marne).

Roger Vladimir LESEUR, frère jumeau du précédent, est né le 21 octobre 1893 à 8 heures  à Echenay. Soldat au 4e Régiment de Zouaves de Marche, il est mort le 4 septembre 1914 à Montmirail (Marne).

Enfin, René Auguste OUDIN est né le 4 mai 1894 à Poissons (Hte-Marne), fils de Henri  Frédéric et de Marie Bourotte. Brigadier (je n’ai pu déchiffrer l’arme), il est mort le 23 septembre 1915 à Cuperly (Marne).

Voici pour les dix noms gravés sur le monument d’Echenay.

Dix morts à Echenay ?… Et bien non, ils furent onze !

En effet, cette recherche m’a amené à découvrir un mort supplémentaire.

Il s’agit de Charles Henri Edouard De DAVID de PERDREAUVILLE.

Né le 9 mai 1861 à Echenay du comte Henri Edouard de Perdreauville alors percepteur d’Echenay  et de Hortense Caroline Oudry, il fut Chef de Bataillon au 138e RI.

Le 2 septembre 1914, son « régiment se repose à Tahure pendant 2 heures. A 5h30, il reprend sa marche ayant comme objectif Somme-Py qu’il doit mettre en état de défense. Les 1er et 2e bataillons occupent le village et les hauteurs au Nord, le 3e est envoyé à la butte de Souain.

A 8 heures, le bataillon Dessigny est en place, il doit résister jusqu’à 9 heures au moins pour permettre aux avant-postes fortement attaqués de se replier. Le bataillon de Perdreauville est en réserve dans le ravin au sud-ouest de la côte 141.

A 9 heures, l’artillerie allemande canonne la position et le village, quelques obus tombent aussi sur l’emplacement de la réserve. Bientôt, l’infanterie se présente et un combat très violent s’engage à la lisière nord du village. Le bataillon Dessigny éprouve beaucoup de pertes. Le capitaine Ollivier, 4eme compagnie, est très grièvement blessé (il sera porté disparu à la fin de la journée) et de nombreux morts et blessés couvrent le sol.

A 11h30, le capitaine Soubielle (qui sera tué le 26 septembre suivant) envoyé par le Commandant de Perdreauville vers le général de brigade pour demander du renfort, rencontre sur son chemin le 4eme groupe d’artillerie du corps et il lui signale les troupes qui, depuis le matin, déciment le bataillon Dessigny. Le feu est ouvert aussitôt par les trois batteries et, grâce à sa précision, le bataillon Dessigny peut se dégager.

A 13 h, deux des unités de ce bataillon, tout à fait désorganisées, se retirent au sud de la ferme Navarin et bivouaquent. Le 2eme bataillon se retire sur Suippes où il cantonne. Les 1e et 3e compagnies qui ont suivi ce bataillon cantonnent également à Suippes.

Bilan : 11 hommes de troupe tués, 2 officiers blessés (le commandant de Perdreauville et le capitaine Ollivier, 69 hommes de troupes blessés et 12 hommes de troupe disparus ».

Source : Journal de marche du 138e RI – Ministère de la Défense - memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Transporté à l’hôpital temporaire N°1 de Troyes (Aube), il décédera le 9 septembre 1914 de ses blessures de guerre.

L’histoire pourrait s’arrêter là si Charles Henri Edouard n’avait été décoré Chevalier (1906) puis Officier (1914) de la Légion d’honneur. Le grade d’Officier de la Légion d’Honneur lui fut décerné en 1914 et la croix fut remise à sa famille au terme d’un imbroglio généré par son décès prématuré.

Il serait donc juste que ce mort oublié apparaisse enfin sur le monument d’Echenay, chose à laquelle je vais essayer de m’employer.

Sources :   - Archives Départementales 52

- Base Léonore

 

- Site du Ministère de la Défense - memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

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LA VIE DE CHÂTEAU - ECHENAY - XIXème SIECLE

6 Novembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

 

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Les châteaux que nous visitons aujourd’hui retiennent notre attention par la qualité de leurs architectures, les faits historiques qui s’y sont déroulés ou leurs châtelains successifs.  

Leur vocation a varié au cours des siècles. Les temps devenus durs pour leurs propriétaires et la vie de ces derniers étant ailleurs, ils sont souvent passés du statut de résidence principale à celle de résidence secondaire, quand ils ne furent pas vendus, voire même abandonnés… Bref, ils sont devenus des coquilles vides ou presque.

 Le château d’Echenay est resté propriété de la famille de Pimodan pendant plus de trois siècles, de 1680 jusqu’à la fin du XXème siècle.

Modeste château, il a grâce à cela échappé plus longtemps que d’autres au désintérêt. Mais le boulet l’a effleuré !  Aujourd’hui propriété d’un particulier qui œuvre à le préserver, il retrouve une seconde jeunesse.

 Il ne faut pas oublier que ces monuments ont été d’intenses lieux de vie. Que seraient-ils devenus sans les personnes qui y ont vécues, travaillées ?  Bien souvent, nous ne retenons de nos visites qu’une liste d’illustres propriétaires sans rien connaitre des « petites gens » qui y ont vécu.

 C’est à eux que je me suis intéressé dans cet article.

 

En 1739, mon ancêtre Florentin Voguet épouse Françoise Chameroy, cuisinière du Comte de Pimodan. Alors viendra l’idée de cet article. Partant de là, les recensements de population, de 1836 à 1906, fourniront la matière.

 

En 1836, les Pimodan semblent avoir déserté le château. Jacques Harmand, 69 ans, maitre de forge, habite le domaine en compagnie de son épouse, Marguerite Drapier, 67 ans, de leur fils Charles Joseph, 29 ans, maitre de forge également et de Lize Harmand, 49 ans. Marie Humbert est leur servante.

 J. Harmand est le régisseur de la ferme du château très certainement depuis les années pré-révolution. Il en est fait mention à plusieurs reprises dans les démêlés de la famille Pimodan avec la République durant la période révolutionnaire. Il semble donc que ces derniers lui aient longuement accordé leur confiance. (voir  LES PIMODAN SOUS LA REVOLUTION FRANCAISE)

 Jacques Harmand gère la forge avec Charles Joseph Bricote, bourgeois de 54 ans, Elisabeth Drapier, 60 ans, certainement l’épouse de Bricote,  et Jeanne Victoire Bricote, 24 ans, vraisemblablement leur fille. Les deux hommes semblent associés dans l’activité de forges et hauts-fourneaux depuis longtemps puisqu’on les trouve nommés ensemble dans l’annuaire du commerce de 1827 et 1833 (Paroy, Echenay). (source Gallica) (voir  HAUT FOURNEAU A ECHENAY - 1717)

 

En 1841, plus de trace d’activité métallurgique. Elle est devenue propriété de Charles Adrien de Cholet qui a du délocaliser. Seuls restent Laurent Labrouvois, garde particulier, accompagné de Jeanne Michel, son épouse, et leurs deux fils, Nicolas et Ambroise. Jeanne Poinsot, jeune fille, est peut être leur servante.

Vraisemblablement sur les douves, au moulin, vivent Pierre Burton, meunier, Marguerite Larcher, son épouse et leur fils Gustave.

 

1846marque le retour des propriétaires du lieu. Le château reprend vie. Camille de Pimodan, 59 ans, marquis, son épouse Claire de Frénilly, 43 ans et leurs enfants René et Gabrielle ( ?) habitent le château. La famille semble mener grand train si on en juge par le personnel à leur service : Françoise Court, domestique, 49 ans ; Louis Richard, domestique, 34 ans ; Anne Barthelemy, cuisinière, 44 ans ; Magdeleine Capelle, domestique, 40 ans.

 A côté vit toujours la famille du garde particulier Laurent Labrouvois. Ses fils ont grandi, Nicolas a maintenant 20 ans, Ambroise 16. Celle-ci s’est d’ailleurs agrandie par la venue au monde d’Eugène, 4 ans.  

Sur les douves, Jean Pierre Burton, 33 ans est meunier et vit avec son épouse Julie Marguerite Massonet, 30 ans.

 

Les 30 années qui vont suivre ne voient qu’épisodiquement la vie occuper le château.

1851 est une année calme. Nicolas Dupongaud, garde particulier de 52 ans reste seul résidant habituel du lieu avec son épouse Appoline Foucaud, 48 ans.

 

En 1856, on retrouve la famille du garde particulier Dupongaud ainsi que Michel Bouhmann, 32 ans, en charge du jardin, Marie Courtois, 25 ans, son épouse et le frère de celle-ci Jean Baptiste Félix âgé de seulement 14 ans.

Il ne faut pas s’étonner de l’absence des Pimodan dans ces années 1860. Georges de Pimodan est décédé en septembre 60 et son épouse encore jeune et ses deux fils en bas âge vont courir la France , cherchant l’apaisement et délaissant un peu le château. (voir par exemple  EMMA DE COURONNEL AUX BAINS - 1861 / 1866)

 

1861voit juste l’arrivée d’un nouveau jardinier. Honoré Chénédet, 25 ans, Eugénie Benoît, 21 ans son épouse et leur fils Henri Louis Eugène, 2 ans remplacent la famille Bouhmann. De leur côté, Nicolas Dupongaud et son épouse restent fidèles au poste de garde particulier.

Le moulin sur les douves est maintenant occupé par la famille de Nicolas Habert, 34 ans, avec son épouse Marguerite Drouot, 31 ans et leur fille Maria, 5ans.

 

1866 est encore une « petite année ». Les Dupongaud sont encore gardes et la famille Habert, meuniers, est remplacée par Pierre Rouvenach, 41 ans.

Puis vient la guerre de 1870. L’année 1871 ne donnera pas lieu à un recensement, la guerre étant passée pas là. On sait par les mémoires de Claude de Pimodan que la famille venait de temps en temps à Echenay, leur résidence secondaire, où ils aimaient passer l’été.

 

En 1876, le château est presque vide. Seul reste le fidèle Dupongaud, âgé de 78 ans.

 

1881voit revenir les propriétaires, au moins temporairement.

Veuve de Georges de Pimodan, l’illustre général mort en 1860 pour la défense des territoires du pape, Emma de Couronnel, 49 ans, revient avec son fils Gabriel, 26 ans. Après le décès du général, on sait qu’Emma et ses enfants Gabriel et Claude ont beaucoup voyagé en France et à l’étranger. Les voici donc revenus dans le berceau ancestral.

7 domestiques les servent au quotidien ce qui montre leur train de vie. Il est vrai que le château est assez vaste : Jules Jehet, 41 ans ; Jean Baptiste Jehet, 36 ans ; Joseph Dantzer, 31 ans ; Emilie Louviot, 39 ans ; Eugène Veucrier, 20 ans ; Marie Antoinette Pierrel, 38 ans ; Marie Belloni, 18 ans, sont tous domestiques.

Arrivent ensuite le régisseur, Nicolas Wittmer, 34 ans et son épouse Clarisse Leseur, 30 ans, oncle et tante de ma grand-mère.

Il est intéressant de noter que plusieurs d’entre eux sont originaires d’Echenay. Jehet, Belloni, Louviot, Wittmer sont des patronymes du cru.

 

1886 retrouve quasiment les mêmes protagonistes. Emma et son fils Gabriel, bien sûr, Jules et Jean Baptiste Jehet, Emilie Louviot, domestiques, Nicolas Wittmer, régisseur et Clarisse Leseur son épouse. Les nouveaux sont Eugénie Papillier, leur cuisinière, André Héberaud, Charles Bellemie, domestiques.

 

En 1891, Emma de Couronnel et Gabriel sont encore là. L’équipe à leur service varie peu. Jules et Jean Baptiste Jehet, Emilie Louviot sont toujours là, de même que Nicolas Wittmer et Clarisse, leur régisseur.

Jean Hastier, 23 ans, Auguste Eberhard, 19 ans, Joséphine Veber, allemande de 20 ans et Emile Breton, 53 ans sont arrivés pour remplacer les autres. Une équipe constituée d’encore 7 personnes, preuve que chacun a bien son rôle !

On note également la présence de Pierre de Pimodan, 4ans, fils de Claude le frère de Gabriel, que ses obligations militaires ont sans doute contraint à confier l’enfant à sa mère. A noter qu’il décédera durant la première guerre.

 

1896. Les années passent et le noyau familial change peu. Emma de Couronnel et son fils Gabriel habitent le château en compagnie de Pierre, 9 ans et Henri, 8 ans. Des rires d’enfants égayent la vieille demeure, la vie suit son cours.

Les domestiques Jules et Jean Baptiste Jehet, Jean Hastier, Auguste Eberhard, Emilie Louviot, Joséphine Veber sont toujours là. Paul Martin et Marie Aubertin sont venus remplacer les serviteurs partants.

Nicolas Wittmer et sa femme Clarisse régissent toujours le domaine.

 

1901, début de siècle, présage de changements. Changements, pas vraiment à Echenay. Les propriétaires des lieus sont toujours là et l’équipe à leur service n’a que peu changé.

On retrouve Emilie Louviot, Marie Aubertin, Jean Baptiste Jehet, Auguste Eberhard et les fidèles régisseurs Nicolas Wittmer et Clarisse. Semblent nouveaux : Paul Breton, 37 ans, Charles Mollerat, 26 ans et Marcel Saniton, 22 ans. Toujours 7 personnes !  

 

En 1906, seul Gabriel de Pimodan semble être resté au château. Il dispose encore de deux domestiques, Auguste Eberhard et Ernest Millot et de son régisseur Nicolas Wittmer et son épouse.

J’ajouterai que mon parent Lucien Wittmer fut au début du XXème siècle cocher du marquis, le véhiculant dans la région et parfois même jusqu’à Paris.

 

Puis viendra la première guerre mondiale et l’on entre dans une autre époque.

Dans ce récit au fil de ces années, on note la fidélité réciproque entre les propriétaires et les gens à leur service, preuve d’une satisfaction commune.

Voici en quelques lignes à quoi ressemblait la vie au château d’Echenay durant le XIXème siècle. Une occupation des lieux parfois précaire mais toujours effective, et parfois riante et prospère.

Aujourd’hui comme hier déjà, le château a trouvé sa destination ; il sera résidence secondaire. 

Et tant mieux puisque cela le préserve du temps !...

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ECHENAY 2014 - RIONS UN PEU

2 Novembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Divers

 

" Messire Google, j'te signale un problème..."

Echenay humour

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