Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

ENCANAILLONS-NOUS! - 1895 - 1900

2 Août 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ca s'est passé près d'Echenay

Toulouse-Lautrec.JPG                                                                           Valentin Le Désossé et La Goulue

 

Si je vous parle de Grille d’Egout, de Rayon d’Or, de La Mélinite ou de Trompe La Mort, vous avez surement du mal à me suivre.


Si j’ajoute Nini Patte-En-l’Air, Valentin le Désossé et La Goulue, là, vous avez déjà une idée !..

 

Tous et toutes fréquentent, dansent, vivent, dans les cabarets de Montmartre de cette fin de XIX eme, au Moulin-Rouge, au Rat Mort, au Moulin de la  Galette ou à l’Elysée Montmartre.


Un peintre-lithographe immortalise leurs vies, leur univers (qui est aussi le sien !) et nous laisse une évocation  de cette fameuse « Belle Epoque » qui passera à la postérité.


Il s’agit d’Henry de Toulouse-Lautrec.


Fils du comte Alphonse de Toulouse-Lautrec-Monfa, Henri descend d’une des plus vieilles familles de France.

 

Mais que vient-il donc faire dans le blog d’Echenay ?


C’est tout simplement qu’il descend par sa grand-mère maternelle, Louise d’Imbert du Bosc,  de la famille de La Vallée de Pimodan.


Son AR-AR-AR grand-mère n’est autre que Marguerite de La Vallée de Pimodan, fille de Louis Ignace, mariée début XVIIIème à Charles Victor d’Imbert du Bosc.


 

Toulouse-Lautrec n’a jamais mis les pieds à Echenay et j’admets que le lien avec le village est ténu mais l’anecdote valait la peine d’être racontée !!

 

Source : Larousse, Généastar et Généanet 

Lire la suite

ECHENAY ET SA DISTILLERIE - 1ere MOITIE XIXe SIECLE

1 Août 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Agriculture

 

Annuaire-du-commerce-1858.JPG                                                                        Annuaire du commerce 1858

 

Echenay, terre à betteraves, qui l’eut cru ?! Et ayant une distillerie ?!...

Et pourtant !


Au point de vue historique, il est permis de rappeler qu’avant 1855, il existait à Echenay une distillerie de betteraves, que M. Jules GAROLA avait annexée à l’importante ferme qu’il exploitait dans cette localité, distillerie qu’il transféra ensuite à Saint-Eloi, commune de Chatonrupt, lorsqu’il prit à bail cette propriété. Le poids des racines traitées par jour s’élevait à 2500 kilos. La distillerie de Saint-Eloi cessa vraisemblablement d’exister en 1874, au départ de M. GAROLA


Source : Site Chambre d’Agriculture de Haute Marne – Les Industries Agricoles – par M.P FOURRIER, Directeur des services agricoles de la Haute Marne - Extrait du chapitre IX


Cette trouvaille incite à découvrir l’homme en question.


La famille Garolla s’installe à Echenay entre 1836 et 1841. La ferme de Jules Garola se situe rue des Ponts. Elle est d’importance car le recensement de 1851 dénombre 13 personnes en ses murs :


Jean Jacques Garola, propriétaire, 62 ans

Jules Marie Garola, agriculteur, 27 ans

Clara Athénaise Henry, sa femme, 23 ans

Pierre Georgeon, chef de culture, 49 ans

Julie Berthe, employée, 17 ans

Jules Jean Baptiste Mangeot, domestique, 26 ans

Françoise Demandre, domestique, 30 ans

Ignace Milloni, berger, 75 ans, non naturalisé, de Nationalité Italienne

Paul Charle, domestique, 21 ans

Antoine Buckmann, domestique, 19 ans

François Damien Dieudonné, domestique, 10 ans

Germin Duval, huissier, 46 ans

Henry Hegner, domestique, 19 ans


Source : Recensement Echenay 1851 – AD 52


Monsieur Jules Garolla est « un jeune agriculteur progressif ». Il aime son métier, s’implique, tente et réussit souvent. Aussi le retrouve-t-on fréquemment dans les revues spécialisées de l’époque. Elevage, culture, il est partout et œuvre sur tous les fronts !


Il n’hésite pas non plus à s’associer pour accroitre son activité.


 « Nous signalerons encore à votre attention, messieurs, un jeune cultivateur progressif, M. Garola, qui exploite, de concert avec M. Lallement, la ferme de Saint Antoine, commune de Bure.

Cette exploitation se compose de 147 hectares d’une culture extrêmement difficile, en raison de la quantité prodigieuse de pierres qui couvrent le sol. L’assolement à Saint Antoine est très productif et très fertilisant. Pourvue de tous les bons instruments de culture, possédant un nombreux bétail, parmi lequel un des meilleurs troupeaux mérinos du département ; cette exploitation fournie l’exemple d’une culture laborieuse et parfaitement entendue. Elle atteste aussi l’intelligence, l’activité et le parfait accord qui distingue ces deux agriculteurs qui exploitent avec beaucoup de succès la ferme de Saint Antoine ».


Source : Journal d’agriculture pratique 1857 - Concours régionaux de Bar le Duc 1857


Les journées devaient être bien remplies! Naturellement, il participe aussi aux manifestations de sa région et n’hésite pas à se déplacer, parfois assez loin, pour montrer son savoir-faire.

Ainsi quelques exemples car la liste serait trop longue:


Concours régional de Chaumont – 1858

Première division – Espèce bovine- Première classe – 1ere catégorie Race fémeline pure : Mâles – 1er prix, M. Garola à Echenay


Source : Journal d’agriculture pratique, de jardinage et d’économie domestique - 1858


Concours régional de Troyes 1860

162 animaux figuraient dans l’espèce bovine ( ). Tous les connaisseurs ont reconnu que cette partie du Concours était très remarquable, sinon par le nombre, du moins par la distinction des animaux. ( ) M. Garola qui avait été un des concurrents les plus sérieux pour la prime d’honneur de la Haute Marne, avait exposé sous le N° 7, un taureau fémelin né dans sa ferme d’Echenay, et qui a remporté le 2eme prix.


Source : Journal d’agriculture pratique, de jardinage et d’économie domestique - 1860


Et en parfait entrepreneur / manager, M. Garola fait aussi participer son personnel :


Concours régional de Bar le Duc - 1857

Récompenses aux serviteurs ruraux

Une somme de 50 francs et une médaille d’argent au sieur Milloni Ignace, employé chez M. Garola à Echenay (Que l’on a vu dans le recensement de 1851)


Source : Journal d’agriculture pratique, de jardinage et d’économie domestique - 1857


Il communique également sur ses résultats, preuve de son implication dans son métier et d’une gestion maitrisée :


M. J. Garola a publié le compte de dépenses suivant pour la culture de betteraves sur la ferme d’Echenay, près Joinville :

- Loyers et impôts                                                     36 à 40 fr

- Labours et hersages                                                54 à 60 fr

- Engrais                                                                105 à 125 fr

- Graine                                                                 4 à 5 fr

- Ensemencement                                                     3 à 4 fr

- Sarclages et binages                                              75 à 80 fr

- Arachement, transport et mise en silo                     36 à 50 fr

            Ensemble …..                                                 313 à 364 fr


La moyenne entre ces deux chiffres est de 338,50 fr et il conviendrait d’ajouter à cette moyenne une  somme égale à celle que M. de Dombasle attribue aux frais généraux, soit 60 fr, ce qui porterait les dépenses à 398,50 fr.


Source : Guide pratique du fabricant de sucre – Nouvelle édition - Par  N. BASSET, auteur de plusieurs ouvrages d’agriculture et de chimie appliquée – 1er volume – Paris - 1872


Voici dressé en filigranne le portrait d’un agriculteur en avance sur son temps.

Oui, Echenay a bien été une terre de betteraviers ! L’alcool produit a-t-il réchauffé les habitants du village dans leurs taches agricoles lors des froids hivers ?...


Au recensement de 1861, la famille de Jules Garola n’apparait plus. Celle de Joseph Goldschmit l’a remplacé mais c’est une autre histoire ! ! !


 

Jules Garola est sans doute parti relever d’autres challenges à Saint Eloi !

Lire la suite