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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

LE SOMMEIL DU CHATEAU -PIMODAN

25 Janvier 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

5375.jpgBaignant sa base dans l'écume,

Offrant sa muraille aux oiseaux.

Le vieux château dort sous la brume,

Bercé par la chanson des eaux.

 

La pâle Hécate au loin s'allume,

Les peupliers, sombres fuseaux,

S'enlacent au brouillard qui fume,

Et le vent courbe les roseaux.

 

Le château rêve, solitaire

Son rôle est fini sur la terre.

Mais que pouvait-il contre trois ?

 

Mourir! - Et dans sa longue histoire

On voit tour à tour la victoire

Du clergé, du peuple et des rois.

 

PIMODAN

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NOCE D'OR EN 1779 A ECHENAY

20 Janvier 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #La famille PIMODAN

noce d or 2

 

 

noce-d-or.JPG

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GUERRE DE 1870 A ECHENAY

15 Janvier 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Guerre 1870

 

pr1870

Le 19 juillet 1870, la guerre avait été déclarée par l'empereur Napoléon III à la Prusse. L'armée française comptait deux cent vingt mille hommes, répartis en corps isolés, les uns au-delà des Vosges, dans le département du Bas-Rhin, en Alsace, les autres, dans le bassin de la Moselle et de son affluent la Sarre.

Réunie en une seule masse, elle n'aurait pu lutter avantageusement contre les six cent mille hommes dont disposaient les Prussiens au commencement de la campagne, dispersée sa ruine était certaine.

Le combat de Wissembourg , et la bataille de Reischoffen rejetèrent au-delà des Vosges, après une résistance héroïque, l'armée du maréchal de Mac-Mahon.

Le général Frossard, vaincu à Forbach, fut repoussé sur Metz. L'Alsace et la Lorraine étaient occupées par les Prussiens, Strasbourg et sa petite garnison bloqués.

Les Allemands arrivaient sur Metz, où se-trouvait l'armée du maréchal Bazaine; celui-ci leur livrait (14 août) successivement les trois sanglantes batailles de Borny, de Mars-le-Tour et de Saint-Privat, à la suite desquelles il était refoulé sous les murs de Metz.

Le maréchal Mac-Mahon gagna le camp de Châlons; sa cavalerie suivit la route de Neufchâteau et Liffol-le-Grand à Joinville, son infanterie prit le chemin de fer de Neufchâteau à Bologne et descendit sur Joinville, Saint-Dizier, Châlons. Le corps d'armée du général de Failly suivit la route de Neufchâteau à Chaumont, puis gagna Châlons par la voie ferrée.

L'armée française, dans sa fuite, traversait notre département, elle attirait l'ennemi après elle. En présence des dangers imminents, on avait levé la garde mobile, comprenant les célibataires de vingt à trente ans, plus tard, on leva les célibataires de trente à quarante ans ; on les envoya à la place de Langres où l’on n'avait pas d'armes à leur donner. Aux fusils à tir rapide des Prussiens, on n'eut à opposer que les anciens fusils de munition, et des fusils à tabatière (fusils de munition transformés, se chargeant par la culasse), le dépôt du 50e de ligne était seul armé de chassepots.

La nouvelle de nos désastres n'avait point terrifié les esprits, elle les avait au contraire animés d'une patriotique colère; de tous côtés on demandait des armes, on voulait marcher en masse, armer toutes les Gardes nationales, se former en corps de francs-tireurs, illusions profondes et qui ont trop duré. Un rassemblement d'hommes même bien armés, mais ignorant du métier des armes, sans discipline, ne tiendra jamais contre un petit nombre de soldats aguerris et conduits par des officiers capables.

Cependant les 200 mille hommes du prince royal de Prusse, poursuivaient Mac-Mahon par Poissons et Joinville, par Chevillon et Wassy, par Saint-Dizier et Perthes, pour entrer ensuite dans les départements de l'Aube et de la Marne. Mac-Mahon, envoyé pour renforcer Bazaine à Metz et arrêté par des ordres contradictoires, se retira sur Sedan. Blessé grièvement

au commencement de la bataille, il dut céder son commandement après une lutte meurtrière. 80 mille français acculés dans Sedan durent mettre bas les armes. La République fut proclamée le 4 septembre.

Napoléon III  était prisonnier.

Les cœurs ne furent point abattus dans notre département ; il fallait tout improviser : armes et habillements, on pourvut à tout avec une activité infatigable; nos troupes improvisées furent organisées en bataillons, sous les ordres du général Colin. On comptait sur la résistance de Metz, Bazaine se rendit avec toute son armée (novembre 1870).

 

N'ayant plus à craindre l'armée du Rhin, les Prussiens restés maîtres de Saint-Dizier, remontèrent la vallée de la Marne. Nos mobiles et mobilisés, sans artillerie, les attendirent à Provenchères, près de Joinville ; ils durent reculer sur Chaumont, qu'on évacua pour se retirer sur Langres. Nous étions la proie de l'ennemi.

Alors commença la période de l'occupation et des réquisitions: il fallut nourrir l'armée ennemie, l'habiller, la chausser, et lui payer des impôts. Munis de cartes de l'état-major, bien renseignés sur les ressources de chaque commune, les Prussiens nous épuisaient savamment, systématiquement; ils fusillaient les habitants coupables de résistance armée, arrêtaient ceux qu'ils soupçonnaient d'hostilité, se présentaient dans un village et réclamaient une quantité

indéfinie de pain, d'avoine, de foin, avec cette formule répétée : «  tout de suite, tout de suite… », et la menace de mettre le feu si on ne faisait pas droit à leurs exigences.

 

Source : LECTURES SUR LE DEPARTEMENT DE LA HAUTE MARNE

                               Langres – Jules Dasset Editeur - 1877

 

Comme on le voit, le département subit de plein fouet la défaite et voit déferler l’ennemi.

Mais quand est-il précisément à Echenay ?

 

Voici la narration qu’en fait Pimodan dans son livre « Simples Souvenirs ». Précis, lucide sur la situation, ce récit n’est pas sans rappeler, par ses similitudes, les réactions des populations engendrées par les conflits qui suivront et que Pimodan ne pouvait pas prévoir :

Enthousiasme devant une victoire qui ne peut nous échapper, puis inquiétude, peur et exode !

Tristes répétitions de l’histoire !

 

Mais, laissons-lui la parole :

 

« Vers le commencement d'août 1870, les vacances nous ramenèrent à Échenay.

 

Les trains marchaient mal et des soldats en partance s'aggloméraient aux grandes gares. Quant à l'enthousiasme, il montait vers les nues dans l'air retentissant des cris : « À Berlin »

 

Le très petit avantage de Sarrebruck causait une joie débordante, à peine tempérée par l'échec de Wissembourg. Cet insuccès semblait la conséquence d'une simple maldonne, et, d'ailleurs, l'héroïsme des turcos faisait oublier la bataille perdue.

 

Bientôt cependant les nouvelles deviennent mauvaises, l'inquiétude commence de gagner.

 

Des bruits de canonnade passent dans l'air, et, quand la nuit tombe, les enfants se hâtent par crainte de voir apparaître un uhlan au coin du bois.

Sans douter de la victoire finale, on prévoit des temps difficiles, on écoute avec un intérêt anxieux les vieillards qui parlent des alliés. Les campagnes de 1814 et de 1815 avaient fait cruelle époque en Champagne. De même que nous disons encore : « Avant, ou bien, après la guerre, » on disait alors : « Avant, ou bien, après les alliés. » Mille histoires flottaient sur leur compte parmi les souvenirs populaires. Dans tous les villages, on montrait les chemins qu'ils avaient suivis, la forêt où les habitants avaient dissimulé leurs bestiaux, les caches, trop souvent vaines, utilisées par chacun.

 

Presque chaque jour nous allions chercher des nouvelles à la gare de Joinville-sur-Marne, et je me souviens d'y avoir vu le maréchal de Mac-Mahon pendant l'arrêt d'un train. Ma mère lui demanda si, malgré la tournure des événements, elle pouvait rester à Échenay sans danger.

 

- Mais oui, répliqua le maréchal. Le pays est évacué par nos troupes. Les Allemands y arriveront sans résistance. Vous n'avez aucune bataille à craindre et pourrez demeurer ou partir comme il vous plaira.

 

Le maréchal affectait une grande confiance et conservait une parfaite sérénité. Par contre, ses officiers semblaient fatigués et inquiets. Quant aux soldats encombrant la gare, ils étaient éreintés, rendus, et prenaient avec joie les boissons ou les vivres que les gens de Joinville leur passaient au-dessus des barrières de la voie. N'ayant rien d'autre, j'offris à de braves fantassins quelques pièces de monnaie qu'ils ne refusèrent pas, mais un officier me dit aussitôt :

 

— Vous vous trompez, mon petit ami; il ne faut pas donner d'argent aux soldats.

 

Ma mère revint à Échenay, car elle ne voulait pas encore quitter le pays dans la crainte d'augmenter l'inquiétude des paysans, toujours en travail des plus singulières imaginations.

 

Quelques jours plus tard, vers le 20 août, je crois, un domestique, envoyé aux nouvelles sur la route de Bar-le-Duc, reconnut sûrement l'approche des ennemis.

 

A toute éventualité, nous partîmes pour Joinville.

 

Notre voiture se remisa chez Mme Agnan, à l'entrée même de la ville, tandis que nous allions demander asile aux Dames Annonciades, dont le couvent se trouvait tout à l'autre extrémité, sur la route de Chaumont.

 

Le lendemain arrivèrent des cavaliers prussiens. Je me souviens de les avoir vus arrêtés dans un vaste carrefour, près de la statue de « Jean sire », comme disent familièrement les Joinvillois en parlant de leur plus illustre seigneur. Les cavaliers ennemis riaient aux gamins comme des soldats en manœuvre, et cherchaient à les amadouer.

 

Le service des trains étant interrompu, nous filâmes en voiture sur Chaumont, d'où ma mère comptait aller dans l'Aveyron chez mon oncle de Balzac.

 

Ah! quel voyage I

 

D'abord que nous prenons la grande route : voici quelques soldats français et un officier qui s'acheminent vers Joinville. Nous les prévenons de l'arrivée des Prussiens. Ils ne veulent rien entendre et l'officier répond en riant :

 

— Des Prussiens? Ah! oui donc, on en voit partout!

 

A Chaumont, désordre affreux. Un train est formé, prêt à partir vers le sud; mais nul ne sait à quelle heure, car de nouveaux wagons s'y accrochent constamment. Nous montons et, sur les neuf heures du soir, il finit par démarrer. Marche lente, stoppages fréquents et inexpliqués.

 

Entre minuit et une heure, grand arrêt à Chalindrey. Notre train poursuit vers Vesoul, et il faut attendre une correspondance pour Gray.

 

Nous prenons place dans la salle d'attente bondée. Il ne reste plus que deux chaises. L'une échoit à ma mère; l'autre à un très vieux monsieur qui souffre d'une fluxion énorme, crache et geignote lamentablement parmi ses ouates et ses mentonnières. Mon frère et moi dormons par terre, côte à côte avec des soldats.

 

Au jour enfin, départ pour Gray. J'ai revu bien des fois cette charmante petite ville, où s'écoulèrent, calmes et heureuses, mes premières années de garnison, mais elle ne me parut jamais plus riante que par ce beau matin d'août. Nous avons quitté la veille Joinville envahie par les Prussiens, et cependant les Graylois nous parlent de la guerre comme d'une chose distante, comme d'un orage qu'on aperçoit de la montagne fondre sur la vallée.

Les premières rencontres ont été défavorables, ils veulent bien en convenir, mais ce n'est qu'une épreuve dont l'amertume rendra plus vive la joie des futures victoires. Les Français n'ont-ils pas été toujours victorieux? N'est-ce point dans leur nature? D'ailleurs, les Prussiens ne sauraient venir à Gray. Comment pourraient-ils dépasser Langres, Belfort ou Besançon?

 

Notre voyage se poursuivit par Dijon, Clermont-Ferrand et Villefranche-d'Aveyron. Il fut lent, ennuyeux, gêné par le manque d'effets, mais sans incidents notables.

 

Pendant ce temps, les Prussiens étaient arrivés à Échenay. Les gens du pays demeurent convaincus qu'ils virent parmi eux le prince Frédéric-Charles, un de ses neveux ou cousins de religion catholique, et deux princes de Mecklembourg.

D'après les itinéraires de l'armée allemande, cela semble tout à fait improbable, au moins pour le prince Frédéric-Charles que, d'ailleurs, l'effroi des paysans voyait partout comme certains héros légendaires. Je pense aussi que les princes de Mecklembourg se réduisaient à deux officiers mecklembourgeois ou bien appartenant à un régiment titré à la mode allemande : « a Prince de Mecklembourg. »

Mais ma grand'mère de Couronnel possédait l'image de la princesse Christian de Mecklembourg, représentée dans tout l'éclat d'une parure imposante, avec coiffure échafaudée, rouge aux joues, fleurs, falbalas, fanfreluches ornant sa robe et son corsage. Le cadre était si vaste que l'escalier seul avait pu lui prêter l'asile d'un immense panneau rectangulaire. Nul dans la maison n'ignorait la belle dame qui présidait au changement d'étages, et son nom joint à de brillants uniformes devait faire éclore chez les domestiques des idées princières accentuées.

 

Quoi qu'il en soit, les gens d'Échenay virent à ce premier passage un général et des officiers qui ne rappelaient en rien les mangeurs de chandelle de 1814, et dont la grande allure les frappa. »

 

Source : Simples souvenirs – Ms de Pimodan

 

 

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EPIZOOTIE A ECHENAY EN 1769

15 Janvier 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Agriculture

La revue Mercure de France fait part en Mai 1769 d’une grave épizootie qui frappe la région d’Echenay et qui oblige les élites locales à demander l’aide d’un vétérinaire royal afin d’enrayer la maladie. Il y réussira semble t’il avec succès, préservant les paysans d’une catastrophe agricole et économique.  

 

Ecoles Royales Vétérinaires de Paris

 

Une maladie, dont les progrès étoient aussi rapides que cruels, ayant attaqué les bêtes à cornes de plusieurs paroisses de l’élection de Joinville , généralité de Champagne,  M. Rouillé d'Orfeuil , intendant de cette généralité, ayant demandé des secours à l'école royale vétérinaire de Paris, le nommé Beauvais fut aussitot envoyé dans ces mêmes paroisses. Par les états dûement certifiés des traitemens qu'il y a faits, on voit que les soins de cet élève n'ont pas été infructueux.

 

D'abord dans la paroisse de Saudron il coupa court au mal par les remedes préservatifs qu'il administra à quatre vingt de ces bêtes ; il en guérit cinq malades.

 

Dans la paroisse de Mandre, les préservatifs furent donnés à cent quarante bêtes, dont huit tombèrent néanmoins malades. Il les conduisit à guérison ; il y en traita cinquante quatre autres, il en a guérit quarante-neuf.

 

Dans la paroisse de Soulincourt , les remedes préservatifs furent administrés á quarante neuf bêtes, quinze néanmoins atteintes de la maladie  il en sauva huit, & les sept autres qu'il perdit ne moururent que par la faute des propriétaire toujours attachés à de vains préjugés Les remedes curatifs furent donnés à vingt deux malades, seize furent guéris.

 

Dans la paroisse d'Echenay , où il y avoit déjà quarante & une bêtes mortes avant son arrivée, il en traira quarante et une, & en guérir quarante. Il administra les préservatifs à trente-deux, dont cinq tomberent malades, & ces trente - deux bêtes sont restées aux cultivateurs.

 

Enfin, dans la paroisse de Guillomé, il en traira trente huit& en guérit trente. II donna des préservatifs á quarante-deux, dont deux furent néanmoins atteintes de la maladie ; il les guérit aussi.

 

On lit avec satisfaction , au bas des états particuliers á chacune de ces paroisses , les attestations des curés & principaux habitans : elles font conçues de maniere à exprimer leur reconnoissance, sur un service aussi important qui les a mis a portée de continuer leurs travaux, & de ne pas laisser leurs terres sans culture, comme plusieurs ont été obligés de le faire par le défaut des bestiaux enlevés par la maladie.

 

II s agissoit ici d'une véritable péripneumonie que les paysans les plus aisés traitoient avec des rôties au vin , &. les plus misérables avec de l'urine et du vinaigre.

 

Source : Mercure de France – Mai 1769

 

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Quelques explications sur cette revue :

Le Mercure Galant (1672-1724)]

Le Mercure Galant est fondé par Jean Donneau de Visé, tout d’abord sous la forme d’un trimestriel (puis d’un mensuel), le Mercure Galant, dont le but est d’informer le public des sujets les plus divers et de publier des poèmes ou des historiettes. La première livraison date de 1672

 

MERCURE-DE-FRANCE.jpg

Le premier Mercure de France (1724-1823)

La revue continue à paraître après la mort de son fondateur, d'abord avec Charles Dufresny.

Sous Antoine de La Roque, elle change de titre en 1724 et devient le Mercure de France, dédié au roi. Jean-François de La Harpe en est le rédacteur pendant vingt ans, associé avec Jacques Mallet du Pan. Chateaubriand en est un moment propriétaire[1]. Elle cesse de paraître en 1825

 

Source : wikipédia

 

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SUR LA BRANCHE - ECHENAY 1885

15 Janvier 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

Peupliers.jpg

 

 

Plus haut que les rois sur leurs trônes,

M’asseyant sur l’arbre mouvant

Je rêve enivré par le vent

Et fais pleuvoir les feuilles jaunes.

 

Un souffle chaud, courbant les aulnes

Monte des pourpres d'Occident.

Et ranime en mon cœur ardent

Tous les amours des jeunes faunes ;

 

Car lassé du triste chemin,

Parfois le soir, comme un gamin,

Dans le vieux parc.je grimpe encore…

 

Et là, joyeux de m'oublier,

Sous le blond couchant qui se dore,

Je me crois frêne ou peuplier!

 

Echenay, fin octobre 1885

 

Source : LES SOIRS DE DEFAITES – Poésies par le Marquis de Pimodan

                               Paris- Calmann Levy Editeur – 1887

 

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SOURIRE D'UNE MINUTE

15 Janvier 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

facteur.jpg

A Monsieur Henry Rouge

Facteur à Echenay (Haute-Marne)

 

Sans rechigner au kilomètre

Le petit facteur doit remettre

Les bulletins à l'électeur,

Le journal, les cours du fourrage,

L'annonce d'un nouveau cirage,

C'est tout profit pour le facteur.

 

L'été, quand la soif vous torture,

Faut-il gagner la courbature

Dans le sentier de la hauteur,

Et jusqu'à la dernière goutte,

Suer sang et eau sur la route,

C'est tout profit pour le facteur.

 

L'hiver, pataugeant dans la crotte,

Faut-il en retirant sa botte,

Se voir fait comme un malfaiteur?

Faut-il, rempli d'ardeur fervente,

S'en aller qu’il neige ou qu’il vente ?

C'est tout profit pour le facteur.

 

Mais on dit que la plus sévère

Fidèlement lui garde un verre,

Un sourire, un bonjour flatteur ;

Le jambon de la cheminée,

Le vin de la meilleure année,

C'est tout profit pour le facteur.

 

Même la jeune ménagère,

Pour lui se retrouvant légère,

Résiste mal au séducteur ;

Si la brise indiscrète apporte

Le bruit d'un baiser sous la porte,

C'est tout profit pour le facteur.

 

Enfin…mais l'histoire est scabreuse,

S'il remet à quelque amoureuse

Un mot de son adorateur,

Parfois si l'amante est volage

Et l’amant trop loin du village,

C'est tout profit pour le facteur.

 

 

Source : LES SOIRS DE DEFAITES – Poésies par le Marquis de Pimodan

                               Paris- Calmann Levy Editeur – 1887

 

 

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DANS LE BROUILLARD - ECHENAY 1875

15 Janvier 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Poesies Epincelloises

 

Sur la terrasse du château village-dans-le-brouillard

Depuis la fin du jour je rêve,

Suivant dans le miroir de l'eau

La pâle lune qui se lève.

 

En figure de chevalier

Tenant une rapière énorme,

Vaguement, un vieux peuplier

Au fond du brouillard se transforme.

 

Mais je crois entendre une voix…

Le vent murmure à mon oreille :

- Rentre, imprudent enfant, tu vois

Que dans le pays tout sommeille.

 

Ne regarde pas plus longtemps,

Le maître des mortelles fièvres,

Le roi lugubre des étangs

Dont le souffle ternit tes lèvres.

 

Rentre, de peur que le vieillard

Ne mette son doigt sur ta bouche.

La mort flotte dans le brouillard…

Rentre, enfant, c'est la nuit farouche!

 

 

Echenay 1875

 

Source : LES SOIRS DE DEFAITES – Poésies par le Marquis de Pimodan

                               Paris- Calmann Levy Editeur – 1887

 

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