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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

LA SUCCESSION DE SYLVIE LESEUR - ECHENAY 1907

28 Décembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

Asile-Saint-Dizier.JPG

 

Où l’on voit que le coût des maisons de soins pour nos « anciens » n’est pas une question récente…

Asile d’aliénés Saint-Dizier -  Aliénée LESEUR Sylvie – Succession

Monsieur le docteur Mougeot, rapporteur, au nom de la quatrième commission donne lecture du rapport suivant :

« Le 12 décembre 1906, Mademoiselle Leseur Sylvie, originaire d’Echenay, est décédée à l’asile de Saint-Dizier. »

Sylvie Leseur, Marie Silvie (sic) pour l’état civil, était née le 30 septembre 1851 de Jean Baptiste Leseur et de Catherine Pierre à Echenay. Son père, Jean Baptiste, était charron au village. Elle a donc 55 ans légèrement passés à son décès. Ses parents s’étaient mariés le 22 décembre 1850. Elle est donc leur premier enfant.

« Pendant son séjour dans cet établissement, la pension de cette malade a été payée par le département de la Haute-Marne et par la commune d’Echenay dans les proportions suivantes :

Par le département : 1569,64 F

Par la commune :         255,46 F

Total :                          1825,10 F

Ces paiements ne constituent que des avances lorsque l’aliéné n’est pas mort dans l’indigence et, aux termes de l’art. 2101 du code civil, ces avances forment en faveur de département et de la commune une créance privilégiée.

L’actif de la succession de Melle Leseur Sylvie se compose de quelques immeubles d’une valeur approximative de 150 Francs.

En vue d’éviter les frais d’une liquidation judiciaire, j’ai invité les héritiers à me faire connaitre dans quelle mesure ils entendaient rembourser au département et à la commune les avances faites pour le paiement de la pension de leur parente.

Par un engagement du 17 mars dernier, ceux-ci ont offert une somme de 50 Francs qui a été acceptée par le Conseil municipal.

Conformément aux propositions de M. le Sous-Préfet de Wassy, je vous prie, Messieurs, de bien vouloir accepter cette offre et déclarer qu’il ne sera rien réclamé aux héritiers de Melle Leseur pour le surplus des avances faites.

Je vous prie, en outre, de bien vouloir décider que, dès que cette somme de 50 francs sera encaissée par Monsieur le Trésorier-Payeur Général, il sera délivré à la commune d’Echenay un mandat de la somme qui lui revient proportionnellement aux avances qu’elle a faite, soit 50 X 255,46 / 1825,10 soit 6,99 francs. »

Une discussion s’ensuit :

Toujours au courant des faits de sa commune, M. de Pimodan ajoute :

Il y a une erreur matérielle. Les héritiers ont offert l’actif de la succession, or celui-ci n’est que de 30 fr 50.

M. le docteur Mougeot –La commission accepte le chiffre de 30 fr 50.

 

Puis vient la délibération :

Sous le bénéfice de ces observations, les conclusions du rapport de la quatrième commission, mises aux voix, sont adoptées.

Après recherches, le docteur Mougeot semble être le maire de Saint-Dizier de l’époque.

L’acte de décès de Sylvie Leseur précise seulement « décédée rue du grand-pont ». Discret…

A cette date, les parents de Sylvie sont décédés (son père le 19 décembre 1899 à Echenay).

Catherine Pierre, sa mère, était décédée le 19 novembre 1862 en donnant naissance à son 4eme enfant, un enfant mort-né, auquel elle ne survécut que 7 heures.

Sylvie étant célibataire et sans enfant, la famille « héritière » se compose donc ainsi :

Adrienne Clarisse née le 30 octobre 1852

Edouard Nicolas né le 8 juin 1858

 Les 1825 Francs de 1907 représenteraient environ 755960 Euros actuels. Le prix d’un long séjour sans doute… Les 30,50 francs que la famille offre pour effacer la dette représentaient environ 12634 Euros actuels ! Vraisemblablement le plus que la famille pouvait faire !

Créé en 1824, l’hôpital psychiatrique est partie prenante de l’histoire de la ville de Saint-Dizier. Au fil des siècles, des guerres et des évolutions, il a permis aux hauts-marnais ayant besoin de soins et d’une prise en charge psychiatrique de trouver un lieu d’accueil près de chez eux.

 En 1916, l’écrivain André Breton demande son affectation au centre neuro-psychiatrique de Saint-Dizier en qualité de médecin auxiliaire. C’est en hommage à sa présence que le site de Saint-Dizier prit le nom d’André Breton en 1997.

 

Sources :

Rapports et procès-verbaux des séances du Conseil général de la Haute-Marne - Avril 1907

AD 52

France-inflation.com

 

CHHM.fr

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LES DANGERS DE L’ÉTANG D'ECHENAY - XVIII e -

23 Décembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

La carpe d’Echenay était sous Louis XV un met recherché. On dit que leur renommée à Paris égalait presque celle des carpes du Rhin. On les faisait voyager en leur mettant dans la bouche un morceau de pain imbibé d'eau-de-vie qui, parait-il, avait la faculté de les conserver fraiches.

Mais où nos ancêtres pouvaient-ils pêcher ? Pas dans la Saulx qui était plutôt une rivière à truites !

Non ! La vaste plaine qui s’étale devant la façade du château était autrefois un étang. La Saulx l’approvisionnait en amont vers Harméville puis emplissait doucement les douves, passait même en partie par un canal souterrain sous le château avant de poursuivre son chemin vers un deuxième étang au sud du village, vers Taillesacq et son moulin, où Jeanne d’Arc traversa la rivière de nuit un soir de 1429, évitant ainsi les Anglos-Bourguignons.

 

Etang-d-Echenay.JPG

 

Mais, si l’étang est un bienfait pour le village, il prend parfois son dû !

              

                                                                      -------------------------------------------------

 

« L’an mil sept cent vingt quatre le vingt troisiesme jour du mois de janvier le nommé Pierre Simon Tuillier de Gillaumé passant sur le petit pont du château Dechenez  environ les sept heures du soir tomba dans le fossé dessous les palles des moulins et fut malheureusement noyé son corps fut enterré le surlendemain dans le cimetière dudit Gillaumé avec les cérémonies ordinaires par moy curé en présence des témoins qui ont signés avec moy                    Claude Simon »

La tuillerie d’Echenay se situait vers l’étang bas au lieu-dit Taillesacq.

 

P1060080                                                                                  Le moulin du château 
 

                                                                           --------------------------------------

 

1719 - Le six décembre nait Claude Massonnet, fils de Jean et d’Elisabeth Cambrois. Le père est manouvrier au village. Baptisé le même jour, il a pour parrain Claude Fontaine et pour marraine Marie Mengeot.

Saint Nicolas, fêté le même jour, se penche sur son berceau.

 

1739 – Le 26 mai, Claude décide pour se rafraichir d’aller faire une promenade en barque sur l’étang. Le soir, Claude ne rentre pas. Deux jours plus tard, on retrouve son cadavre dans l’étang.

 

« L’an mil sept cent trente neuf le 28 may jour de fête-Dieu, le nommé Claude Massonnet garçon âgé de vingt deux à vingt trois ans ou environ, s’étant allé baigner dans le grand étang de la paroisse d’echenez avec une nacelle y est trouvé noyé deux jours après. Son corps après les formalités de la justice, a été inhumé dans le cimetière de ladite paroisse par moy curé avec les cérémonies ordinaires en présence des témoins qui ont signé avec moy                    Concelin curé »

Saint Nicolas est le patron des enfants mais Claude n’en était plus un ! En ce jour de fête-Dieu, aurait-il dû faire plus confiance au Bon Dieu qu’à son Saint ?...

             

Claude Massonnet

 

                                                                    -----------------------------------------

        

«  L’an 1744 le vingt sept septembre on a trouvé dans Letang dechenay un cadavre noyé dont la justice dudit lieu a fait la levée du proces verbal ledit jour La populace a vu leve le corps et reconnu M(aitre) Pierre nommé Pierre Marangé paroissien âge denviron vingt ans et le père Villaume cordelier de …?…. a demandé à la justice de l’inhumer au cimetiere dudit lieu du consentement du sr curé ce qui a été fait en présence des soubsignés avec moy curé » 

 

                                                                    ------------------------------------------

 

Les bonnes carpes d’Echenay ne survivront pas à l’ancien régime.

Finalement, les étangs seront asséchés vers la fin du XVIII et au début du XIXe.

Le grand étang deviendra une prairie où pâtureront les vaches du Marquis de Pimodan avant de devenir la plaine céréalière que nous connaissons.

 

Sources :

AD 52

Google Map

Photo perso

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HENRI ROUGE, FACTEUR RURAL A ECHENAY - 1888 & 1889

22 Décembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

facteur rural

 

Le 27 mai 1888, les cloches sonnent joyeusement. Jules Henri Rouge, 29ans et facteur rural, marie la belle Marie Julie Legrand, 22 ans à l’église Saint-Martin d’Echenay.

 

Le 17 juin 1889, les cloches sonnent joyeusement. Alice Alexandrine Désirée, la fille du facteur Rouge est née.

 

Le 2 septembre 1889, les cloches sonnent le glas. Alice ne connaitra pas son père. Il vient de décéder.

 

Touché par le deuil qui frappe la famille Rouge, Gabriel de Pimodan écrit :

 

A Monsieur Henry Rouge

 

Sans rechigner au kilomètre

Le petit facteur doit remettre

Les bulletins à l'électeur,

Le journal, les cours du fourrage,

L'annonce d'un nouveau cirage,

C'est tout profit pour le facteur.

 

L'été, quand la soif vous torture,

Faut-il gagner la courbature

Dans le sentier de la hauteur,

Et jusqu'à la dernière goutte,

Suer sang et eau sur la route,

C'est tout profit pour le facteur.

 

L'hiver, pataugeant dans la crotte,

Faut-il en retirant sa botte,

Se voir fait comme un malfaiteur?

Faut-il, rempli d'ardeur fervente,

S'en aller qu’il neige ou qu’il vente ?

C'est tout profit pour le facteur.

 

Mais on dit que la plus sévère

Fidèlement lui garde un verre,

Un sourire, un bonjour flatteur ;

Le jambon de la cheminée,

Le vin de la meilleure année,

C'est tout profit pour le facteur.

 

Même la jeune ménagère,

Pour lui se retrouvant légère,

Résiste mal au séducteur ;

Si la brise indiscrète apporte

Le bruit d'un baiser sous la porte,

C'est tout profit pour le facteur.

 

Enfin…mais l'histoire est scabreuse,

S'il remet à quelque amoureuse

Un mot de son adorateur,

Parfois si l'amante est volage

Et l’amant trop loin du village,

C'est tout profit pour le facteur.

 


 

Mais la vie continue: Eusebe Aubertin lui succédera...   LE FACTEUR RURAL A ECHENAY - XIX SIECLE

 

Sources :

LES SOIRS DE DEFAITES – Sourires d’une minute -  Poésies par le Marquis de Pimodan -  Paris- Calmann Levy Editeur – 1887

 

AD 52

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LA GARE QU'ECHENAY N'A PAS EU - 1882

18 Décembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Transports et Moyens de communicaion

luxembourg.JPG

Le 23 juin 1882, sous les ors de la République, au Palais du Luxembourg à Paris, bien loin d’Echenay, un groupe en redingotes et chaussures vernies discute. Les hauts de forme sont restés au vestiaire.

 

Il y a M. Danelle-Bernardin et le baron d’Huart, représentant le département de la Haute-Marne, Monsieur le Préfet de la Haute-Marne, et MM. Edmond, Develle, Grandjean, Liouville et Vivenot représentant le département de la Meuse dans la commission interdépartementale.

 

Messieurs Capitain et Giros, conseillers généraux de Haute-Marne et Monsieur le Préfet Proudhon de la Meuse se sont excusés par courrier de ne pouvoir assister à la réunion.

 

Après s’être congratulés, tout le monde s’assoit et on peut commencer. Monsieur Danelle-Bernardin est nommé président et Monsieur Liouville secrétaire.

 

Mais de quoi vont-ils parler ?...

 

Eh bien de ligne de chemin de fer d’intérêt stratégique ! Après la défaite de 1870, la France s’est rendu compte que des mouvements de troupes rapides auraient pu changer la face de la guerre. Dans le cadre du plan « Séré de Rivières », on discute donc de la création de nouvelles lignes de chemins de fer pour doubler les grands axes ferrovières déjà existants. Une voie passant non loin d’Echenay est déjà à l’étude. Voir   LIGNE CHEMIN DE FER BRIENNE-SORCY - 1892

 

Monsieur Vivenot expose donc le projet de cette ligne principale Orléans-Nancy et plus particulièrement du tronçon Brienne-Sorcy. Les travaux sont déjà décidés et arrêtés entre les ministères de la Guerre et des Travaux Publics, en relation avec les acteurs locaux.  Les lettres de M. Varroy, Ministre des travaux publics et de M . Billot, Ministre de la guerre, sont lues à la commission.

 

Loin des préoccupations guerrières de la nation, les industries meusiennes et haut-marnaises sont à cette époque en fort développement et le train permettrait de désenclaver un peu plus cette région fort riche. Les carrières, les fonderies de la vallée de la Saulx profiteraient de cette ligne !

 

Monsieur Vivenot et ses confrères Meusiens voient donc avec le développement du rail dans la région une opportunité pour leur département.

 

Vivenot, qui ne perd pas le nord, prend alors la parole pour ajouter que la ligne Brienne-Sorcy passera vers la source de la Saulx et qu’il serait possible de faire une ligne suivant la rivière, passant par Echenay, Pancey, Montiers sur Saulx et rejoignant Dammarie.

« Il y aurait à construire environ 10 kms dans la Haute-Marne et 8 dans la Meuse. Dans la Meuse, la partie comprise entre Ecurey et Montiers et entre Montiers et la limite du département avec la Haute-Marne serait construite avec les subventions du département et des communes, le surplus de la ligne entre Ecurey et Dammarie devant être construit aux frais de Monsieur Brasseur, d’après les stipulations du traité passé avec lui pour le chemin de fer de Naix à Guë. »

 

ligne.JPG                                                                        En bleu le projet de la Haute-Saulx

                                                                        En noir, la ligne Brienne-Sorcy

 

On le voit, l’argumentation est prête ! Les kilomètres sont un peu minorés mais bon !...

 

On discute ensuite des modalités qui pourraient être mises en place pour l’étude.

 

Monsieur Danelle demande si l’Etat ne pourrait pas construire la ligne de la Haute-Saulx comme d’intérêt stratégique. Normal, il représente la Haute-Marne et la partie la plus longue serait dans ce département !  Il semble probable qu’il ait compris que cette ligne servirait plus la Meuse qu'à la Haute-Marne, même si il n’est pas contre celle-ci.

Monsieur Vivenot fait alors observer qu’il serait bien difficile de faire considérer comme une ligne stratégique une ligne devant se raccorder avec celle de Naix à Guê dont le profil très accidenté et les rampes dépassent le maximum fixé par l’administration de la guerre.

 

Danelle rétorque que « pour procéder à des études en Haute-Marne, il est nécessaire qu’un crédit soit mis à sa disposition par le Conseil général. »

 

La discussion continue… La commission finit par reconnaitre l’utilité de la ligne de la Haute-Saulx (le nom est donc déjà trouvé !) et décide que les ingénieurs des départements concernés devront se mettre en rapport, dresser un avant-projet, évaluer la dépense et donner des informations détaillées sur le trafic possible en marchandises et voyageurs.

On décide enfin de se réunir de nouveau à Paris après la session d’Août des conseils généraux et après que les ingénieurs aient terminé leur étude.

 

Après les poignées de mains de circonstance, les chapeaux regagnent les chefs et les chaussures vernies s’éloignent sur les trottoirs parisiens…

 

Quelques années plus tard, la ligne Brienne-Sorcy emmènera des centaines de milliers de Français se faire hacher par la mitraille Allemande à Verdun !

 

Echenay et les villages de la Haute-Saulx n’auront jamais de gares !

 

Aujourd’hui, la ligne Brienne-Sorcy n’existe plus. Seuls restent quelques imposants ouvrages d’art. Vestige d’un passé assez proche, le tunnel de Soulaincourt (où aurait pu se trouver l’embranchement de la ligne de la Haute-Saulx) abrite parfois de drôles de locataires…

 

Mais c’est « La vie et rien d’autre »… Pour connaitre la suite, cliquez sur  L’ACTEUR PHILIPPE NOIRET PRES D’ECHENAY.

 

Et voir aussi :    DES ALIENS DANS LE TUNNEL DE SOULAINCOURT

 

 

Source : Rapport et délibérations du Conseil général de la Meuse – 2eme session ordinaire du 21 août 1882

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LE PAYSAGE DE NOS ANCÊTRES - ECHENAY - 1750 / 2014

12 Décembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Reperes Geographiques

Avec le temps, le généalogiste qui cherche la trace de ses ancêtres finit par apprendre beaucoup sur leur cadre de vie. Il a, au bout d’un moment, l’impression de mieux les comprendre, de les connaitre même. Les maisons qu’ils ont habitées, les chemins qu’ils ont empruntés, les métiers qu’ils ont exercés, il les connait. Le paysage lui-même lui semble familier.

Mais voyons-nous vraiment ce qu’ils voyaient ?...

Cette question m’a interpellé mais comment savoir ?...  La réponse est venue de « L’Atlas de Trudaine ».

Quelques explications :

Cet ancêtre de la carte routière fut commencé sous Louis XV. De 1745 à 1780, Daniel-Charles Trudaine, administrateur des Ponts et Chaussées cartographie les routes principales et leurs abords immédiats. La tâche est ardue ; Son fils, Jean-Charles Philibert Trudaine de Montigny (1733-1777) viendra d’ailleurs l’aider plus tard. Ils sont secondés par de nombreux dessinateurs et ingénieurs, ces derniers appliquant le principe de triangulation que nous utilisons dans nos GPS.

Et le résultat est étonnant sur plus d’un point !

D’abord la précision des cartes est bluffante. Après avoir mis bout à bout les trois relevés qui constituent le trajet Joinville-Echenay, je constate qu’ils s’imbriquent parfaitement, preuve du soin mis à leur confection. L’échelle de 9 cm pour 200 toises (une toise= 1,949m), soit 1/4333, donne un rendu parfait. On est loin de la carte de Cassini qui, si elle donne une foule de détails topographiques très utiles au généalogiste, reste souvent imprécise. Enfin, pour obtenir le résultat désiré, je la comparerai à une vue satellite actuelle.

Mais, n’étant pas perdu dans le secteur d’Echenay, ce n’est pas la route qui m’intéresse mais la description des abords de celle-ci. Celle qu’empruntait le voyageur du XVIIIe siècle pour aller de Joinville à Echenay me servira de base.

Commençons le voyage :

 

Capture T1

Partant de Joinville, on traverse aujourd’hui pendant les deux tiers du parcours une vaste forêt qui couvre les versants gauche et droit de la vallée qu’on remonte, jusqu’à déboucher sur le plateau cultivé. Cette forêt nous semble très ancienne. Pourtant, il n’en est rien ! La carte de Trudaine, elle,  figure seulement deux petits bois à la sortie de Thonnance. Force est de constater que le paysage a bien changé !

 

Cette forêt profonde que nous voyons et qui semble ancestrale n’existait donc pas au milieu du XVIIIe siècle ! Alors, depuis quand est-elle là ? Une recherche plus approfondie s’impose. Une carte postale du début du siècle passé des lacets de Mélaire situés sur les hauts de Montreuil me fournira une réponse… étonnante !

 

Montage-Les-lacets-de-Melaire.jpg

 

On appelle aujourd’hui les lacets de Mélaire « La petite Suisse » ! Mes arrières grands-parents auraient pu les nommer « La lune » !... Cette vaste forêt qui fait aujourd’hui le bonheur des chasseurs n’était en fait qu’une terre à moutons il y a cent ans! D’ailleurs, c’est sans doute l’abandon de leur élevage qui a rendu ces terres aux arbres.

 

Et avant ?...

C’est l’étude des mines de fer dont le secteur regorgeait qui va peut-être apporter une réponse :

L’exploitation des minières de Poissons est connue depuis au moins le XVIIe s., à en juger par un extrait de l’inventaire des titres et chartes de la seigneurie de Poissons, dépendant de l’abbaye de Saint-Urbain, daté du 8 octobre 1693. D’après ce document, les religieux prétendaient « qu’en leur qualité de seuls hauts justiciers, le sol par quintal de minerai leur appartenait, attendu que depuis plus de trente ans ce minerai avait été non seulement tiré et fouillé dans les bois d’usage communs, mais encore dans les terres abandonnées qui de droit doivent être selon la coutume, et réunies au domaine de la dite seigneurie ».

Au XIXe s., un rapport de l’ingénieur des Mines sur la régularisation des minières communales de Montreuil-sur-Thonnance et de Poissons établit que ce minerai gît en amas à la partie supérieure des coteaux dans les dépressions du calcaire jurassique en couches horizontales. L’exploitation se fait alors, non par puits, mais par grandes excavations isolées les unes des autres, de 10 m, 20 m et quelquefois 25 m de profondeur, « d’où le minerai est élevé péniblement à dos, au moyen d’échelles et de hottes, dont la forme est celle de la cavité naturelle qu’il remplit avec l’argile qui lui sert de gangue ».

À partir de 1859, de nouvelles zones minières sont investies, avec la réserve de la forêt communale de Poissons et le 17 mai 1862, divers maîtres de forges obtiennent autorisation d’extraire du minerai de fer dans la forêt communale sur une étendue de 10 hectares 5 ares 35 centiares (ceux de Thonnance-les-Moulins, Poissons, Noncourt, des Prés Bas près de Poissons, Thonnance-les-Joinville).

En 1878, les minières des hauts plateaux de Poissons et de Montreuil sont exploitées à la comtoise, c’est-à-dire par petits puits peu durables, avec enlèvement du minerai à l’entour de ce puits jusqu’à une distance très variable, suivant la solidité du toit et la puissance du gisement. Mais elles semblent délaissées, malgré l’excellente qualité des minerais, à cause des profondeurs de 30 m et plus où il faut aller chercher la mine. En 1879, l’exploitation reste faible. L’extraction se fait sur deux points principaux, au bois de Châtillon, près de Thonnance-les-Joinville et à Montreuil-sur-Thonnance.

Ainsi, ces versants abruptes, impropres à l’agriculture mais riches en minerai de fer étaient-ils recouverts de bois. C’est donc l’homme qui les a défrichés pour extraire cette manne. Au XVIIIe, les agents de Trudaine ont donc certainement constaté le résultat de siècles d’exploitation !

Au XIXe, les coteaux surplombant Thonnance-Les-Joinville accueillent des vignes. Le phylloxéra balaiera tout ça, laissant les arbres reconquérir leur domaine primitif.  

Et Echenay ?...

Malheureusement, les ingénieurs de Trudaine sont passés à moins de 2 kms d’Echenay. C’est proche mais trop loin pour figurer sur la carte ! Seul le bois de Chatel apparait, déjà présent  vers 1760.

 

Echenay peut donc s’enorgueillir de posséder l’un des plus anciens bois du secteur, l’un des seuls à n’avoir pas connu temporairement la main destructrice de l’homme. Mais il a sans doute eu chaud ! Des excavations vers sa limite Nord prouvent que des recherches ont eu lieu !

Les sangliers et les chevreuils peuvent encore dormir tranquillement et les bois ont regagné leur territoire primitif !...

Si redécouvrir les paysages du temps de nos ancêtres reste une gageure, on peut néanmois s’en approcher un peu…

 

Sources :

Wikipédia (renseignements généraux)

adlfi.revues.org (pour le passage sur l’exploitation du minerai)

Base ARCHIM (pour les cartes de Trudaine)

Google (vue satellite)

 

Photo Mélaire actuelle perso

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SIMON DE SAILLY-ECHENAY - 9eme seigneur connu d'Echenay - XIVe SIÈCLE

11 Décembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Millénium - Les seigneurs d'Echenay- 1000 ans

En cette fin de XIIIe siècle, début du XIVe, la grande famille des Joinville est à son zénith. Ils ont acquis le sénéchalat de Champagne et Jean de Joinville, le patriarche, est devenu un ami et un compagnon très proche de Louis IX plus connu sous le nom de Saint Louis (qu’il accompagnera aux croisades) et de sa mère Blanche de Castille. Le roi lui confie toutes sortes de missions de confiance et, fin diplomate, il s’en acquitte avec brio.  Bon guerrier, diplomate, d’une fidélité au roi sans faille, interessé par les sciences du temps, cultivant la poésie et la musique, il est véritablement au plus près du pouvoir et de la cour royale. Il faut lire ses mèmoires !

 

Evoluant dans l’ombre de ce grand seigneur, Simon de Sailly fait figure de second rôle. Il n’en demeure pas moins pour nous qui nous intéressons à Echenay l’homme tige des Seigneurs d’Echenay. Si son grand-père Guy fut le premier des Joinville-Sailly, il est le premier de ce qu’on peut nommer les Joinville-Echenay. Son frère Guy ayant hérité de Sailly, il héritera d’Echenay.

 

On sait assez peu de chose sur lui.

 

Simon (qui vivait encore en 1326) épousa une dame nommée Marie (vers 1309 ?) de laquelle vinrent :

 

Guy, seigneur de Clermont et des Chenets (Echenay) qui fit un accord avec l’abbé de Saint Urbain en 1336 et mourut sans postérité (certains auteurs qui donne une fille).


Agnès dite de Sailly, femme de Jean Chauderon.


Laure, dite de Sailly, qui sera Dame des Chanets (Echenay) 

 

 

Au mois d’Avril de l’an 1303, Simon et son frère Guy se trouvent nommés au mandement de Philippe le Bel, fait aux nobles de Champagne pour se trouver à Lagny trois semaines après Pâques pour le fait de guerre. On sait qu’à cette époque (1303), la situation est tendue entre Philippe Le Bel, Edouard 1er roi d’Angleterre et Gui de Dampierre, comte des Flandres.  Peut-être les deux frères ont-ils combattu à la bataille d’Arques où Guillaume de Juliers, petit fils de Gui de Dampierre battit l’armée de Philippe Le Bel ?

 

La fière bannière auquel un ancien provincial donne pour armes de gueules au chef d’argent, à une bande des armes de Jean de Joinville a sans doute claquée sous le ciel du Nord !

 

La rivalité entre Français et Anglais ne cessera de croitre et quelques décennies plus tard commencera la guerre de cent ans.

 

Sceau_contre_sceau_Anseau_de_Joinville.png Sceau et contre-sceau d'Anseau de Joinville- Wikipédia

 

Le trente et un mars 1323, Anseau de Joinville, fils de Jean le célébre chroniqueur de Saint-Louis cité au début de cet article, Anseau dis-je, alors devenu Sire de Joinville à la mort de son père en 1317, déclare qu’il a donné à son cousin Simon, chevalier et sire d’Echenay, et à ses hoirs (héritiers en ligne directe)  la mouvance de Soulaincourt (village à 4 kms de Pincelay). Piètre reconnaissance…

 

Car à l’époque, le château se nomme Les Chanets et le village d’Echenay se nomme Pincelay. En Décembre 1269, Jean sire de Joinville déclarait (et en français s’il vous plait !) qu’à son lit de mort, Robert de Sailly, le père de Simon, du consentement d’Ausélis, sa femme et de Guy, son fils (frère de Simon), donnait à l’abbaye d’Ecurey où il devait être enterré, six setiers de mouture chaque année sur le moulin de Pincelay. Simon y fut-il enterré aussi ?...

 

Source : Bibli. Nat., lat.17048, d’après le cart. d’Ecurey


Malgré ses probables faits d’armes, Simon restera méconnu pour l’histoire. Il est vrai qu’il n’etait que le vassal de ses illustres parents.

 

Sa fille Laure lui succédera et fera passer Echenay dans le giron de la famille de Dinteville qui donnera au village un lustre comparable, sinon plus, à celui des Joinville.

 

Mais c’est une autre histoire…

 

Sources :


- Histoire généalogique et chronologique de la maison Royale de France, des pairs et grands officiers de la couronne – tome VI – par le  P. Anselme – 1730

 

-Collection Universelle des Mémoires particuliers relatifs à l’histoire de France

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LES METIERS A ECHENAY - XIXe SIECLE

8 Décembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et le Progrès

cordonnier

Tous les généalogistes se sont un jour posés cette question : « Quel était le métier de mes ancêtres ? »

 

Bien sûr, les registres BMS (Baptêmes-Mariages-Sépultures) nous donnent des indications mais elles sont souvent imprécises. L'aïeul retrouvé dans les pages du registre sera donné pour vigneron telle année puis tisserand deux ans plus tard.

 

 A-t-il changé de profession ? Pas forcément.

 

La vie est rude pour nos ancêtres et, faute d’avoir un statut permettant une certaine stabilité, il faut bien vivre. Alors ils multiplient les activités pour mettre un peu de beurre dans les épinards (beurre que bien souvent, s’ils ont la chance d’avoir, ils préfèrent vendre plutôt que de consommer. L’argent est rare aussi !).

 

C’est pourquoi le vigneron est aussi tisserand le soir à la veillée, et pourquoi pas bucheron l’hiver, cordeur si il a une chènevière et sa femme, bien que sans profession ( ! ), est aussi couturière, brodeuse, couseuse, etc … durant son temps libre !

 

Il est donc très difficile de se faire une idée exacte de leurs véritables professions. Tout est bon pour gagner un peu plus et vivre mieux.

 

A partir du XIXe siècle, les choses commencent à se stabiliser mais restent encore bien aléatoires. La mise en place des recensements nous donne matière à plus de renseignements.

 

Alors, que faisaient nos ancêtres Epincelois ? C’est ce que j’ai tenté d’approcher ici pour la période du XIXe siècle.

 

Le  village a été sans nul doute centré sur l’agriculture tout au long des siècles. Les recensements nous permettent depuis 1836 d’aborder l’aspect des professions plus finement.

 

L’essentiel de l’activité d’Echenay tourne autour de l’agriculture. De 1836 à 1886, le nombre des cultivateurs varie peu, entre 15 et 20. Si beaucoup de foyers ont un jardin et quelques volailles, voire un cochon ou deux trois moutons pour les mieux lotis, il faut posséder des terres pour cultiver à grande échelle. Quelques familles, comme les Garolla tiennent le pavé. Fermiers du château ou indépendants, ils sont somme toute peu nombreux.

 

L’heure n’étant pas à la grande mécanisation, l’agriculture est consommatrice de main d’oeuvre : manouvriers et journaliers sont légions (20 à 25 personnes environ par recensement), vendant leurs bras pour les travaux des champs.

Arrivent ensuite les métiers directement liés à l’agriculture comme Charron (2 à 3 familles), Maréchal-ferrant (1 en 1836, jusqu’à 3 vers 1860, puis peut être déclin, 1 famille en 1886).

 

La traction n’étant qu’animale, il y a un bourrelier (parfois 2 dans la 2eme moitié du XIXe), grand spécialiste du cuir et de la bourre, qui confectionne et répare les harnachements.

 

Dans les bois œuvrent les scieurs de long (2 familles entre 1856 et 86), parfois un charbonnier (1851).

 

On trouve également des bergers (2 familles), l’un étant employé sur la ferme du château, l’autre certainement berger communal. En effet, le métier existe ! De nombreuses familles ont quelques  ovidés mais pas de terres où les faire paitre. Et puis, il faudrait les surveiller. Ils recrutent alors un berger qui réunit les bêtes et les emmène pâturer en troupeau. Plusieurs livres racontent la chose. Tôt le matin, le berger traverse le village et chaque propriétaire libère ses bêtes qui rejoignent librement les autres et forment le troupeau. Le soir, au retour, il retraverse le village et chaque animal rentre spontanément dans son étable pour y passer la nuit.

 

Mais il faut un peu d’ordre dans toute cette activité. Les gardes, qu’ils soient privés (1 famille au château) ou publics (1 garde champêtre) font régner la discipline.

 

Viennent ensuite les métiers du bâtiment et de services : Ce que nous appelons le bâtiment est gros pourvoyeur d’emplois.

 

Les maçons sont très présents (entre 5 et 10 dans la première moitié du XIXe puis un peu moins), le charpentier (1 à 2 foyers),  les menuisiers arrivent vers 1850 (2 familles) pour diminuer ensuite. Il suffit encore maintenant de traverser les villages pour voir le fruit de leur travail. Il faut dire que la pierre et le bois ne manquent pas !

 

En ce qui concerne les métiers de service, le château et les grosses fermes emploient bon nombre de gens.

En premier lieu, les domestiques : environ 15 personnes travaillent comme domestiques dans le village (chiffre à peu près constant au XIXe). C’est souvent le rôle des femmes mais les hommes n’y sont pas absents. Et il faut parfois même une cuisinière, surtout au château (1836- 41- 81- 86). Il est vrai que nos « seigneurs » partagent leur temps entre Paris et Echenay !  (Voir  LA VIE DE CHÂTEAU - ECHENAY - XIXème SIECLE)

 

Pour l’industrie, héritage de l’ancien régime (les nobles ne dérogeaient pas en exerçant les métiers de la mine, comme la marine d’ailleurs), on trouve le (les) maître(s) de forge(s), 2 familles, et le meunier, parfois aidé suivant les années d’un garçon meunier. On trouve même un fondeur en 1861. Ces professions disparaitront du paysage local vers 1870 avec la fermeture du fourneau, se reclassant certainement dans les grandes fonderies de la région (Joinville, etc…) où le travail métallurgique ne manque pas. Voir ( HAUT FOURNEAU A ECHENAY - 1717)

 

Echenay ayant eu sa tuilerie, on trouve donc une famille de tuiliers jusque vers 1870.

C’est tout pour « l’industrie » !

 

Dès 1846 apparait l’aubergiste (il devait bien exister avant, peut-être de façon ponctuelle) et en 1866, les premiers commerces sédentaires et ambulants naissent (mercier ambulant en 1866, épicier ambulant en 1876 puis épicière en 1886). Le progrès est en marche ! Précisons qu’Echenay a eu son teinturier tout au long du siècle (1836-1876) et son tailleur d’habit (1876). Ah les beaux costumes !...

 

Et comme on marche beaucoup à l’époque, on trouve un sabotier (1836-1866) et un cordonnier de 1856 à 1886). Le cuir semble avoir remplacé le bois !...

 

Puis, il y a tous ces emplois souvent occupés par des femmes comme la couturière, brodeuse, lingère, couseuse, etc… Sans doute des emplois complémentaires car, relativement nombreux, je doute que toutes ces femmes aient pu vivre de cette seule activité.

 

Et il y a les autres. Nous touchons là, je pense, à une forme de hiérarchisation sociale plus que de métiers. Les « propriétaires », bien que cela ne constitue pas un métier, apparaissent pourtant fréquemment (entre 5 et 10 par recensement). A l’analyse, ce sont des gens âgés de 50 à 70 ans, certainement aisés et qui doivent vivre essentiellement de leur capital. Plus âgés (après 75-80 ans), ils deviennent  «rentiers» pour l’agent du recensement qui marque peut-être ainsi une certaine forme de respect. 

 

Tous ces métiers représentent le socle de l’activité villageoise.

 

Toutefois il faut rajouter ce que nous classons aujourd’hui comme fonctionnaires, tel l’instituteur, toujours présent dans les recensements dès 1836.  Il exerce au départ souvent chez lui, parfois en activité annexe à sa profession, se bornant surtout à apprendre à lire et à écrire (l’analyse de l’état civil prouve qu’une forte majorité de la population Epinceloise sait lire et écrire dès l’ancien régime). Cela n’est pas sans parfois poser problème car certains (ce sont des exceptions) laissent les enfants pour aller à l’auberge ou se font remplacer par un élève plus âgé qui maitrise déjà un peu (c’est arrivé à Echenay : « Il se fait remplacer par un de ses enfants » - 1848 – Source : Edition Horlieu – Les révoltes logiques N° 3 ) !...

 

Le percepteur, hélas, pointe son nez en 1851, le facteur vers 1880 accompagné de son receveur des Postes (même année). (voir  LES PERCEPTEURS A ECHENAY et  LE FACTEUR RURAL A ECHENAY - XIX SIECLE)

 

Pour le salut de l’âme et de l’esprit, on ne saurait oublier le curé, toujours présent, (voir les bonnes sœurs qui arrivent vers 1855 et qui se chargent aussi de l’éducation (2 sœurs, pour l’école des filles et  l’aide aux indigents ! On voit que les enfants ne sont pas oubliés) ou encore le desservant (1846). (voir LES SOEURS DE LA PROVIDENCE A ECHENAY - XIXe SIECLE)

 

La fin de siècle verra arriver de nouvelles professions au village. Le médecin et la sage-femme débarquent  en 1886, ainsi que le chef de district (voirie ?) et le géomètre, le mouleur en 1881 (industrie de fonte dans la région), … Il y aura même un « entrepreneur » (1881) dont j’ignore l’activité réelle. Parlait-on à l’époque de désertification des campagnes ?...

 

Voilà pour cette brève photographie des métiers d’Echenay. Je n’ai pas prétention à avoir détaillé précisément  toutes les professions. Je n’ai rien dit du farinier (chez un agriculteur), du bouvier, du mégissier, etc… qui n’apparaissent que sporadiquement. Toutefois, l’essentiel est là.

 

Ce village d’Echenay qui semble aujourd’hui endormi a vécu.

Bien vécu même !!!

 

 

Sources : Recensements – AD52

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ECHENAY, VILLAGE-RUE

4 Décembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Reperes Geographiques

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Il m’a semblé intéressant de me pencher sur l’habitat d’Echenay. Bien que situé en Champagne, celui-ci s’apparente plutôt à l’habitat Lorrain. Mais la Lorraine n’est qu’à une lieue de là.

Historiquement, le village s’est formé  de trois hameaux, La Cannée, Baillancourt et Epincelay. Les aléas du temps, guerres et autres calamités, ont forcé les habitants à se regrouper plus près du château sans toutefois y être accolés. La géographie de l’époque explique cela. Le château est alors entouré d’étangs et de zones marécageuses qui empêchèrent de se coller à lui.

Le village se forme donc un peu plus loin sous la forme d’un village-rue, si commun en Lorraine. Il se développe principalement tout au long du chemin N°51 qui trace sa route en Haute-Marne de Germay à Paroy, longeant nonchalamment la rivière de Saulx.

Ce sont les Allemands Meitzen et Helbock qui, dans leur « Siedlungsgeographie » (géographie des peuplements), étudièrent les types de villages. Sous leur plume, Echenay devient un « Strassendorf », ou village-rue !

 

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Le village-rue se caractérise par des maisons accolées, divisées en un, deux ou trois rains perpendiculaires à la façade et à la  rue, suivant la fortune du propriétaire.

Chaque rain est dédié à un usage :

- un pour l’habitation (le seul pour les manouvriers).

- un pour les récoltes

- un pour les bêtes

- et parfois, plus tard et pour les plus riches, un pour les vaches (étable) quand l’élevage deviendra plus courant.

Cette disposition est déjà attestée au XVIeme siècle.

Les maisons sont prolongées sur la rue par l’usoir avec son tas de fumier. Evidemment, la rue n’est qu’un chemin de terre empierré qui se transforme en bourbier les jours de pluie après le passage répété des charrois.

Derrière, la maison dispose souvent d’un petit jardin, très visible sur le plan. C’est le royaume des légumes, les volailles étant elles libres de batifoler à leur aise sur les tas de fumiers ou les tas de bois de chauffage de la rue.

Les plus chanceux y ont un puit (dans le jardin), la zone phréatique n’étant qu’à un ou deux mètres sous la surface du sol. Dans ces conditions, inutile de dire que les caves sont pratiquement inexistantes au village !

 

En ce qui concerne la maçonnerie, nos aieux faisaient preuve d’un grand savoir-faire.

Les maisons ne disposent que de fondations peu profondes par rapport à leurs dimensions. Je l’ai dit, l’eau n’est pas loin et il fallait éviter à tout prix les remontées capillaires dans la pierre calcaire. Il n’y en a presque jamais et les maisons multi-centenaires ne bougent pas, assises qu’elles sont sur l’argile !...

 

Les murs de 60 / 70 centimètres d’épaisseur sont conçus comme suit :

 

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Le mortier de tout-venant intérieur, outre l’économie de pierres, constitue un bon isolant. Et les pierres saillantes des facades qui interpellent souvent le curieux d’aujourd’hui (Tiens, ils l’ont pas taillée celle-là !...) évitaient l’écartement des deux murs qui compose le mur d’ensemble. (CQFD)

La maison est recouverte d’une charpente à bois long (en chêne)  formée de grands poteaux appelés « hommes-debout », allant du sol, où ils reposent sur une pierre plate, jusqu’à la poutre maitresse de toiture.

Comme en Lorraine, les toitures sont de faible pente, parfois encore recouvertes de tuiles creuses qui firent leur apparition vers le XVIe siècle.

 Mais entrons dans la maison !

 

La partie habitation se compose le plus souvent de deux pièces.

La pièce à vivre donne sur la rue. De dimensions respectables, elle possède au fond sa cheminée monumentale taillée dans la pierre du pays. Le mur sur lequel elle s’appuie est évidé en partie basse derrière la taque (plaque de fonte)  pour laisser la chaleur se diffuser dans la chambre qui donne sur le jardin.

Dans un coin de la cuisine donnant sur la rue se trouve la pierre à eau où la ménagère lave ses légumes et fait sa vaiselle. Naturellement, les eaux usées rejoignent la rue où elles se mélent au purin qui s’écoule du tas de fumier. Sabots obligatoires !...

Parfois, la pierre à eau est surmontée d’un œil de bœuf en pierre taillée qui fait aujourd’hui le bonheur des marchands de matériaux anciens comme la cheminée d’ailleurs. Cette source de lumière n’est pas négligeable, les ouvertures étant comptées.

La chambre quant à elle ne dispose que du placard double au dos de la cheminée. Ouvertes, les portes basses laissent pénétrer la chaleur de l’âtre tandis que la partie haute permet de conserver « au tiède » les biens les plus précieux. Les portes sont parfois joliment décorées, le savoir-faire Vosgien (Liffol n’est pas très loin) ayant fait école.

plan-maison-echenay.png

 

Rajoutons qu’à l’origine, les maisons ne disposent pas d’étage. Ceux-ci feront leur apparition au XIXe siècle, et encore, seulement chez les notables.

Et terminons en disant que seules les maisons de maîtres sont entiérement en pierres de taille. On y trouve souvent la marque du tailleur. Enfin, il est courant qu’une année apparaisse sur un linteau de porte par exemple, nous permettant de dater à peu près la construction. Mais attention néanmoins aux réutilisations fréquentes !

 

Ce tour virtuel du propriètaire étant terminé, venez donc maintenant flaner dans nos villages du Haut-Pays Haut-Marnais !...

PS : Les routes sont maintenant goudronnées !...

 

Sources :

Plan – AD52

Schémas de construction persos

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ROBERT DE SAILLY - 8eme seigneur connu d'Echenay - XIIIe siècle

2 Décembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Millénium - Les seigneurs d'Echenay- 1000 ans

Robert de Sailly succéda à son père, Guy.

Né semble-t-il  vers 1210, il prit pour épouse Auselix qui lui donna six enfants :

Simon qui lui succédera comme seigneur d’Echenay

Agnes de Joinville, femme de Jean de Faucogney

Beatrix de Joinville, religieuse au prieuré de Notre Dame de Foissy près de Troyes

N… de Joinville, dame de Saint Aoult

N… de Joinville, religieuse à Benoitevaux

Voilà pour l’homme et c’est assez peu.

 

Mais Robert passera à la postérité grâce à des parchemins qui sont aujourd’hui considérés  comme parmi les plus vieux documents connus écrits en langue française.

Par exemple, Robert de Joinville, seigneur de Sailly, notifie en Juillet 1265 qu’il donne à l’abbaye de Saint Mihiel deux hommes, Demenget Boit-de-l’eau, de Bure et Prodemet le Févre.

En échange, il reçoit de l’abbaye deux hommes et une femme, Robert fils de Ferret, de Bure, Poiret, fils de Demange Boit-de-l’eau et Boret, fille de Garnier le Fèvre.

 

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« Je Robers de Joinville sires de Saillei faz savoir a toz sealz qui ses lettres verront et orront que jai donei en eschange az religious barons et honestes· labbei et le covent de Seint Michiel de Seint Mihier· Meline ma fame la fille Pariset mon home de Bures· heritauble de peire et de meire entierement si cum droiz hoirs puet et doit heriter et il me ont donee encontre li devant dit abbes et li covens de Seint Mihier une lor famme Rehouz la fille Huguet· de Bures meismes  heritauble ausi de peire et de meireEt por ce que se soit ferme chouze et estauble ai je saellees ses lettres de mon sael qui furent faites lan dou milliaire nostre Signor mil CC et sexante et cinc »

 

Ou encore, ce Règlement de Mile de Saint-Amand et de Hues Waignonces chevaliers, attribuant à Aubri de Varney une indemnité de 10 sous de provenisiens forts, qui lui sera versée par l'abbé de Saint Urbain en raison de l'arrestation d'une voleuse (une larnesse !) dans la maison de l'un de ses hommes.

 

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«  Je, Robers de Joinville, sires de Sailley, faz savoir à touz celx qui ces lettres verront et orront  que dou descort qui estoit entre l'abbei de Saint Ourbain d'unne part, et Aubry de  Varney d'autre, por la chose à une larnesse que fu prise en l'ostel à un homme le dit Aubri, mes sires Miles de Saint Amant et mes sires Hues Wainonces, chevalier les enont acordez en tel maniere que li diz abbes rent au dit Aubri dis  soulz de forsprovenisiens, sauf ce que la raisons de l'esretage de l'un et de  l'autre ne deperit deriens. Et por ce que ce soit ferme chose et estauble,  je ai mis mon sael en ces lettres. Ce fu fait en l'an de grace mil deux cenz cinquante et neuf anz, en mois de juillet. »

 

Et encore cette donation aux religieuses de Benoîtevaux par Marguerite, dame de Beaumont, avec le consentement de son frère Robert de Joinville seigneur de Sailly, dont relèvent en fief les biens cédés, de ses terrages de Bettoncourt, de ses terres arables et de ses prés, baillés pour neuf setiers de grain, moitié froment, moitié avoine, les variations éventuelles de ce revenu étant au profit ou à la charge de l'abbaye.

 

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« Je, Robers de Joymville, sires de Saillei, faz à-savoir à-toz ces qui ces lestres verront et orront que madame Marguerithe, dame de Biaumont, ma suers, at denei à-Deu, anaumosne parmenable, à-la-maison et à-dames de Benoite Vaus, de l'ordre de Cistiaus, del'esveschié de Toul,  quanque ele at ou puet avoir au terrages de Betoncort, et totes sesterres arables et ses preiz, le ques choses devant nomeies estient laissies por nuefsestieres de bleif, moitié froment et moitié avoygne; an tel meniere que, se li lais deterrages desus nomeiz et de terres et de preiz desus nomeiz croit ou decroit, li crois et li decrois iert à-dames et à la maison devant nomeie de Benoite Vaus. Et ceste aumosne estfaite par mon lous et par mon    otroi, de cui fié la devant dite chose muet.  Antesmoignaige de veritei, et por ce que ceste chose soit ferme et estable, je, Robers deJoymville, sires de Saillei, ai salees ces lestres de mon     sael, à-la requeste de ma-dame Marguerithe, ma suer desus nomeie.  Ce fut fait an l'an de grace mil et douz cens etcinquante nuef, ou mois de julet. »

 

On découvre aussi de curieuses pratiques comme cet echange entre Robert de Joinville seigneur de Sailly, d'une part, l'abbé et le couvent de Saint-Urbain de l'autre, d'un serf, Orri, de Thonnance, fils de Guillaume Larcenour, contre un autre serf, Girbelot, d'Annonville, chacun des hommes échangés emportant ses biens meubles et recevant les biens immeubles de l'autre.

 

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« Je, Robers de Joinville, sires de Saillei, fas savoir à toz ciaus qui ces lettres verront et orrunt que j'ai dounei et quitei par leal achange, parmenablement, à l'abbei et au couvent de Saint Urbain, Orri de Thounance, mon home, qui est fiz Willaume Larcenour lui et tout sonmoble,  pour G[irb]elot de Anonville, lor home, li quez m'estachangiez de par lou dit      abbés et lou dit couvent, il et touz ses mobles ausi; et doitdemor[er] li eritages lou devant dit Orri au devant dit Girbelet,  et li eritaiges au devantGirbelet au devant dit Orri. Et pour ce que ce soit ferme  choze et estable, je ai saeleices lettres de mon sael, les quez furent faites an l'an de grace par mil .CC. et sexante cinc,  on mois de mai. »

 

Si Robert de Sailly restera pour l’histoire un petit seigneur de Haute-Marne, au moins était-il un précurseur (involontaire ?) pour l’usage de la langue française dans les actes.

 

Sources :

 - Collection Universelle des Mémoires particuiers relatifs à l’histoire de France

- Histoire généalogique et chronologique de la Maison Royale de France, des pairs et grands officiers de la Couronne –

   Par le père Anselme,    tome 6,

 

- www.rose.uzh.ch

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GUY DE SAILLY - 7eme seigneur connu d'Echenay - XIIIeme siècle

1 Décembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Millénium - Les seigneurs d'Echenay- 1000 ans

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Guy de Joinville était le cinquième enfant de Geoffroy IV de Joinville. Ses frères, Geoffroy puis Simon, ayant succédés à leur père à la seigneurie de Joinville, primogéniture oblige, il n’obtint que la seigneurie de Sailly dont dépendait Echenay.

Avec lui commence, si l’on peut dire, « l’émancipation » d’Echenay même si il reste vassal de Joinville. Guy est le premier de  la branche des Joinville-Sailly qui possédèrent Echenay durant quatre générations.


Il épousa Péronelle de Chappes et eut pour fils : 1° Robert, son héritier à Sailly ; 2° Simon, qui devint seigneur, de Donjeux; 3° Guillaume, seigneur de Juilly; et trois filles [ ].

Sailly était le chef-lieu d'une seigneurie dont relevaient dix-sept fiefs. Gui la tint en parage de Simon, son frère aîné. Mais, en ce qui concerne Donjeux, Simon ayant consenti à ce que son frère devînt l'homme lige du comte de Champagne, Gui en fit hommage à ce prince. [ ]


Du chef de sa femme, fille de feu Gui de Chappes, Gui de Sailly était devenu possesseur du fief de Jully sur Sarce, dont le donjon seul relevait de Champagne.

Il prêta foi et hommage à ce titre, au mois d'août de l'année 1221 (Ibid. II, p. 128.129). L'acte qui en fut dressé présente cette particularité que le vassal stipule pour ses enfants que l'un d'eux prêtera spécialement l'hommage lige pour le fief de Jully.


Gui de Sailly fit partie de l'assemblée convoquée à Troyes pour régler les successions nobles entre enfants mâles (1224). En 1206, au mois d'octobre, il approuvait la vente du tiers des dîmes de Sommancourt, consentie par Eude de Bettoncourt, au chapitre de St-Laurent de Joinville (Cart. n° LXXIX).


Nous possédons des chartes de Gui de Sailly, en faveur de l'abbaye d'Ecurey (1219); en faveur du prieuré de Chambroncourt (1225) ; en faveur de Saint-Urbain (1248).


Gui tenait en fief du comte de Champagne une rente assise sur la ville de Wassy, dont il toucha plusieurs annuités, le 2 octobre 1242 (D'Arb. de Jubainville, Catalogne n° 2608).


Il passa avec les habitants d'Augéville, en 1256, du consentement de Jean sire de Joinville, son neveu, une transaction d'où résulte en partie leur affranchissement (Jolibois, V. Augéville).


C'est par erreur que M. Fériel attribuait à ce seigneur la fondation de la maladrerie de Boucher aumont à Donjeux, sous le nom de La Charité-Notre-Dame; cet établissement qui ne date que du XIVe siècle, fut l'œuvre de Gui III, son petit-fils (Id. V. Boucheraumont).


Simonnet, Jules (1824-1875). Essai sur l'histoire et la généalogie des sires de Joinville. (1008-1386.)... 1875.


Du mariage avec Peronelle de Chappes naquirent entre autres:


Robert, seigneur de Sailly qui lui succèdera,


Guillaume seigneur de Juilly,


Agnès de Sailly, Dame de Dommartin qui épousa Ansel seigneur de Dampierre en Estenois, duquel elle était veuve en l’an 1259


Peronelle Dame de Château-commun près de Meaux.


Source : Collection Universelle des Mémoires particuliers relatifs à l’histoire de France


Il ne reste rien aujourd’hui du château de Sailly. Il semble qu’il était déjà en ruine à la fin du XVIe siècle. Le territoire de Sally, comme beaucoup de communes alentours (Poissons, Noncourt, Thonnance-lez-Moulins), était riche en minerai de fer et en vignes ce qui explique certainement l’intérêt que les seigneurs lui portèrent.


Alors, il ne reste rien de Gui ?... Mais si !


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On conserve encore aujourd’hui une trace concrète de Gui de Sailly. Bienfaiteur de l’abbaye d’Ecurey, écart de Montiers sur Saulx, sa dépouille reposait dans celle-ci jusqu’à la révolution.

 

Comme de triste coutume, l’abbaye fut saccagée et l’on perdit la trace de tout ce qu’elle contenait. Mais quelques années plus tard, la réfection d’un escalier dans un jardin attenant s’imposa et, en retournant une marche, on découvrit sur l’autre face le gisant de Gui qui, bien qu’ayant subi quelques outrages, se trouvait en excellent état. Après avoir orné le vestibule de M. Vivaux, maître de forges, elle a rejoint les collections du Musée barrois en 1850 où elle se trouve toujours.

 

Une copie de ce gisant regagnera prochainement l’ancienne fonderie d’art et d’ornement d’Écurey, usine implantée sur le site de l’ancienne abbaye cistercienne. Un centre d’interprétation abordera l’histoire du site à travers différentes thématiques, de l’Antiquité à la période contemporaine.

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