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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

LA SUCCESSION DE SYLVIE LESEUR - ECHENAY 1907

28 Décembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

Asile-Saint-Dizier.JPG

 

Où l’on voit que le coût des maisons de soins pour nos « anciens » n’est pas une question récente…

Asile d’aliénés Saint-Dizier -  Aliénée LESEUR Sylvie – Succession

Monsieur le docteur Mougeot, rapporteur, au nom de la quatrième commission donne lecture du rapport suivant :

« Le 12 décembre 1906, Mademoiselle Leseur Sylvie, originaire d’Echenay, est décédée à l’asile de Saint-Dizier. »

Sylvie Leseur, Marie Silvie (sic) pour l’état civil, était née le 30 septembre 1851 de Jean Baptiste Leseur et de Catherine Pierre à Echenay. Son père, Jean Baptiste, était charron au village. Elle a donc 55 ans légèrement passés à son décès. Ses parents s’étaient mariés le 22 décembre 1850. Elle est donc leur premier enfant.

« Pendant son séjour dans cet établissement, la pension de cette malade a été payée par le département de la Haute-Marne et par la commune d’Echenay dans les proportions suivantes :

Par le département : 1569,64 F

Par la commune :         255,46 F

Total :                          1825,10 F

Ces paiements ne constituent que des avances lorsque l’aliéné n’est pas mort dans l’indigence et, aux termes de l’art. 2101 du code civil, ces avances forment en faveur de département et de la commune une créance privilégiée.

L’actif de la succession de Melle Leseur Sylvie se compose de quelques immeubles d’une valeur approximative de 150 Francs.

En vue d’éviter les frais d’une liquidation judiciaire, j’ai invité les héritiers à me faire connaitre dans quelle mesure ils entendaient rembourser au département et à la commune les avances faites pour le paiement de la pension de leur parente.

Par un engagement du 17 mars dernier, ceux-ci ont offert une somme de 50 Francs qui a été acceptée par le Conseil municipal.

Conformément aux propositions de M. le Sous-Préfet de Wassy, je vous prie, Messieurs, de bien vouloir accepter cette offre et déclarer qu’il ne sera rien réclamé aux héritiers de Melle Leseur pour le surplus des avances faites.

Je vous prie, en outre, de bien vouloir décider que, dès que cette somme de 50 francs sera encaissée par Monsieur le Trésorier-Payeur Général, il sera délivré à la commune d’Echenay un mandat de la somme qui lui revient proportionnellement aux avances qu’elle a faite, soit 50 X 255,46 / 1825,10 soit 6,99 francs. »

Une discussion s’ensuit :

Toujours au courant des faits de sa commune, M. de Pimodan ajoute :

Il y a une erreur matérielle. Les héritiers ont offert l’actif de la succession, or celui-ci n’est que de 30 fr 50.

M. le docteur Mougeot –La commission accepte le chiffre de 30 fr 50.

 

Puis vient la délibération :

Sous le bénéfice de ces observations, les conclusions du rapport de la quatrième commission, mises aux voix, sont adoptées.

Après recherches, le docteur Mougeot semble être le maire de Saint-Dizier de l’époque.

L’acte de décès de Sylvie Leseur précise seulement « décédée rue du grand-pont ». Discret…

A cette date, les parents de Sylvie sont décédés (son père le 19 décembre 1899 à Echenay).

Catherine Pierre, sa mère, était décédée le 19 novembre 1862 en donnant naissance à son 4eme enfant, un enfant mort-né, auquel elle ne survécut que 7 heures.

Sylvie étant célibataire et sans enfant, la famille « héritière » se compose donc ainsi :

Adrienne Clarisse née le 30 octobre 1852

Edouard Nicolas né le 8 juin 1858

 Les 1825 Francs de 1907 représenteraient environ 755960 Euros actuels. Le prix d’un long séjour sans doute… Les 30,50 francs que la famille offre pour effacer la dette représentaient environ 12634 Euros actuels ! Vraisemblablement le plus que la famille pouvait faire !

Créé en 1824, l’hôpital psychiatrique est partie prenante de l’histoire de la ville de Saint-Dizier. Au fil des siècles, des guerres et des évolutions, il a permis aux hauts-marnais ayant besoin de soins et d’une prise en charge psychiatrique de trouver un lieu d’accueil près de chez eux.

 En 1916, l’écrivain André Breton demande son affectation au centre neuro-psychiatrique de Saint-Dizier en qualité de médecin auxiliaire. C’est en hommage à sa présence que le site de Saint-Dizier prit le nom d’André Breton en 1997.

 

Sources :

Rapports et procès-verbaux des séances du Conseil général de la Haute-Marne - Avril 1907

AD 52

France-inflation.com

 

CHHM.fr

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