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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

Articles avec #transports et moyens de communicaion tag

VOYAGER DE JOINVILLE A ECHENAY EN 1788

22 Janvier 2016 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Transports et Moyens de communicaion

Je me suis souvent demandé comment faisait le voyageur occasionnel de l’ancien régime pour voyager et se diriger dans des régions inconnues de lui?

Eh bien, il se débrouillait seul, au gré des mauvais chemins pleins de royes*, sans panneau indicateur pour le guider et comptant juste sur l’amabilité des autochtones rencontrés …

Bien sûr, depuis le début du XVIIIe siècle, il existe les cartes de Cassini mais elles ne sont pas destinées au « petit peuple ». Plus tard (vers 1750 et après), Daniel Charles Trudaine, directeur de l'Assemblée des inspecteurs généraux des ponts et chaussées, affinera l’analyse et fournira au Roi le fameux Atlas qui porte son nom, remarquable de précision, mais qui s’attache à cartographier les principales routes de France, laissant dans l’inconnu le réseau secondaire. L’ouvrage n’est pas non plus destiné au commun des mortels.

Alors, comment faire lorsqu’on voulait voyager dans des régions inconnues ?...

Bien avant Michelin et ses célèbres cartes routières, certains auteurs et libraires de l’ancien régime ont eu l’idée de proposer au grand public des ouvrages leur permettant de se guider à travers la France. Mais rien à voir avec ce que nous connaissons aujourd’hui ! Pas de belles cartes détaillées ! Ce serait plutôt de gros road-books (dont l’utilité n’est plus à démontrer s’ils sont bien faits).

Il se trouve que j’en ai découvert un datant de 1788 et qui va nous guider de Joinville à Echenay.

L’extrême nouveauté amène les auteurs à l’origine de l’ouvrage à donner quelques instructions préliminaires :

« Depuis longtems, le public désire un itinéraire complet de la France, qui lui donne le détail de toutes les routes et chemins de traverse du Royaume, en lui indiquant tout ce que l’on rencontre, tant sur lesdites routes, que ce que l’on aperçoit à droite & à gauche, comme villes, bourgs, villages, hameaux, Châteaux, … C’est pour répondre à son attente que nous avons entrepris l’ouvrage que nous lui présentons. [ ]. Les auteurs qui se sont exercés avant nous sur cette partie de géographie semblent n’avoir travaillé que pour les personnes qui demeurent à Paris, en se bornant à faire partir le voyageur de cette capitale seulement, sans faire mention des routes et chemins de traverse : delà, l’imperfection de leur itinéraire. » [ ] Nous prévenons le lecteur que ce livre n’est ni frivole ni amusant : les répétitions fréquentent & indispensables qui se trouvent dans le corps de l’ouvrage, engendrent une monotonie qui en rend la lecture désagréable. On sera même étonné de la patience qu’il nous a fallu, pour composer et écrire un ouvrage aussi long & si peu récréatif : nous aurions pu adoucir cette monotonie en y mêlant la partie historique ; mais cela auroit rendu cet itinéraire trop volumineux. [ ]

« Quoique nous ayons mis tous nos soins à cet ouvrage pour le rendre digne de paroître devant le Public, nous n’osons nous flatter de n’avoir de n’avoir rien oublié ; en conséquence, nous prions les personnes qui auront des observations à faire, & des renseignements à donner sur les nouvelles routes projetées, de les envoyer, franc de port, au libraire indiqué sur le frontispice ; nous en ferons usage dans la seconde édition. Nous les prions aussi de signer leurs lettres & de mettre leur adresse, afin que nous puissions leur prouver notre reconnaissance ».

Guide routier de voyage - 1788

Guide routier de voyage - 1788

Au-delà du plaisir de lecture, on découvre de nombreux détails. J’y ai même trouvé la confirmation d’un fait que je pressentais : La route que nous empruntons aujourd’hui pour se rendre de Joinville à Echenay n’est pas totalement celle qui était utilisée à l’époque ! Différents indices relevés au fil des registres d’état civil avaient éveillé mon attention et ce livre m’a apporté la réponse.

Comparatif de l'ancien tracé et du tracé actuel

Comparatif de l'ancien tracé et du tracé actuel

Après Thonnance les Joinville, arrivé au Fourneau, la route bifurquait sur la gauche, escaladait la combe, puis plongeait sur la droite en droite ligne vers Pansey en suivant l’arête du plateau. Puis, la Saulx passée sur le petit pont romain qui existe encore, elle remontait vers la route actuelle. Voici pourquoi un ancêtre domicilié à Pansey et dit être « né dans sa maison sur la route Impériale », bien loin de la route principale actuelle.

La route actuelle a préféré suivre le fond de la vallée, épousant les courbes de celle ci avant de déboucher soudainement sur le plateau puis de piquer sur Pansey.

Bifurcation de l'ancienne route au Fourneau

Bifurcation de l'ancienne route au Fourneau

Combien de voyageurs, de colporteurs, ont-ils utilisé cet ouvrage dès sa parution ? Sans doute assez peu.

Mais peut-être a-t-il trouvé sa raison d’être quelques années plus tard quand la révolution française commença à faire se déplacer les gens ?

*Roye : ornière, du verbe royer qui veut dire tracer un sillon. Le mot est encore employé à Echenay.

Sources :

Google livres – « Itinéraire complet de la France ou tableau général de toutes les routes et chemins de traverse de ce royaume » – Paris – 1788 (Chapitre : D’Orléans à Nancy)

AD 52

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DISPARITIONS AU TUNNEL DE SOULAINCOURT - ECHENAY 1891

16 Juin 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Transports et Moyens de communicaion

La ligne de chemin de fer Brienne-Sorcy qui passe à quelques kilomètres d’Echenay fut un maigre facteur de développement économique pour les villages desservis mais un outil de défense important durant la guerre de 14-18. C’était son objet ! Construite et classée comme « Ligne stratégique », elle a pleinement joué son rôle lors du premier conflit mondial. Le trafic y était ininterrompu jour et nuit, sur deux voies, pour mener au front hommes et armement et redescendre les permissionnaires et les blessés.

Si elle a contribué à sauver des vies humaines, sa construction dans la périphérie d’Echenay n’a pas été sans péripétie ni de victime.

Est Républicain du 7/9/1891

Est Républicain du 7/9/1891

L’explosion a donc eu lieu à l’extrémité Nord du tunnel de Soulaincourt, soit à environ 4 kilomètres d’Echenay.

Monsieur le Marquis en fut-il effrayé ?...

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Puis le 7 septembre 1891, l’Est-Républicain relate un dramatique fait divers.

DISPARITIONS AU TUNNEL DE SOULAINCOURT - ECHENAY 1891

Pauvres femmes !

Vindicien Arsène Lenoir s’était marié à Eulalie Horiot le 3 mai 1876 à Isches (88). Ils fixèrent leur domicile à Mont-les-Lamarche, petit village un peu au Nord de Bourbonne les Bains.

Par nos routes actuelles, la distance la plus directe est déjà de 75 kilomètres. La pauvre femme a dû vraiment se perdre pour en faire presque le double !

Acte de décès de Vindicien LENOIR - Soulaincourt 52

Acte de décès de Vindicien LENOIR - Soulaincourt 52

Décidemment, ce tunnel de Soulaincourt semble marqué par les disparitions et les recherches douloureuses… réelles, cinématographiques, voire fantasmagoriques !

Sources :

Kiosque-Lorrain

AD52

AD88

ViaMichelin

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LA GARE QU'ECHENAY N'A PAS EU - 1882

18 Décembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Transports et Moyens de communicaion

luxembourg.JPG

Le 23 juin 1882, sous les ors de la République, au Palais du Luxembourg à Paris, bien loin d’Echenay, un groupe en redingotes et chaussures vernies discute. Les hauts de forme sont restés au vestiaire.

 

Il y a M. Danelle-Bernardin et le baron d’Huart, représentant le département de la Haute-Marne, Monsieur le Préfet de la Haute-Marne, et MM. Edmond, Develle, Grandjean, Liouville et Vivenot représentant le département de la Meuse dans la commission interdépartementale.

 

Messieurs Capitain et Giros, conseillers généraux de Haute-Marne et Monsieur le Préfet Proudhon de la Meuse se sont excusés par courrier de ne pouvoir assister à la réunion.

 

Après s’être congratulés, tout le monde s’assoit et on peut commencer. Monsieur Danelle-Bernardin est nommé président et Monsieur Liouville secrétaire.

 

Mais de quoi vont-ils parler ?...

 

Eh bien de ligne de chemin de fer d’intérêt stratégique ! Après la défaite de 1870, la France s’est rendu compte que des mouvements de troupes rapides auraient pu changer la face de la guerre. Dans le cadre du plan « Séré de Rivières », on discute donc de la création de nouvelles lignes de chemins de fer pour doubler les grands axes ferrovières déjà existants. Une voie passant non loin d’Echenay est déjà à l’étude. Voir   LIGNE CHEMIN DE FER BRIENNE-SORCY - 1892

 

Monsieur Vivenot expose donc le projet de cette ligne principale Orléans-Nancy et plus particulièrement du tronçon Brienne-Sorcy. Les travaux sont déjà décidés et arrêtés entre les ministères de la Guerre et des Travaux Publics, en relation avec les acteurs locaux.  Les lettres de M. Varroy, Ministre des travaux publics et de M . Billot, Ministre de la guerre, sont lues à la commission.

 

Loin des préoccupations guerrières de la nation, les industries meusiennes et haut-marnaises sont à cette époque en fort développement et le train permettrait de désenclaver un peu plus cette région fort riche. Les carrières, les fonderies de la vallée de la Saulx profiteraient de cette ligne !

 

Monsieur Vivenot et ses confrères Meusiens voient donc avec le développement du rail dans la région une opportunité pour leur département.

 

Vivenot, qui ne perd pas le nord, prend alors la parole pour ajouter que la ligne Brienne-Sorcy passera vers la source de la Saulx et qu’il serait possible de faire une ligne suivant la rivière, passant par Echenay, Pancey, Montiers sur Saulx et rejoignant Dammarie.

« Il y aurait à construire environ 10 kms dans la Haute-Marne et 8 dans la Meuse. Dans la Meuse, la partie comprise entre Ecurey et Montiers et entre Montiers et la limite du département avec la Haute-Marne serait construite avec les subventions du département et des communes, le surplus de la ligne entre Ecurey et Dammarie devant être construit aux frais de Monsieur Brasseur, d’après les stipulations du traité passé avec lui pour le chemin de fer de Naix à Guë. »

 

ligne.JPG                                                                        En bleu le projet de la Haute-Saulx

                                                                        En noir, la ligne Brienne-Sorcy

 

On le voit, l’argumentation est prête ! Les kilomètres sont un peu minorés mais bon !...

 

On discute ensuite des modalités qui pourraient être mises en place pour l’étude.

 

Monsieur Danelle demande si l’Etat ne pourrait pas construire la ligne de la Haute-Saulx comme d’intérêt stratégique. Normal, il représente la Haute-Marne et la partie la plus longue serait dans ce département !  Il semble probable qu’il ait compris que cette ligne servirait plus la Meuse qu'à la Haute-Marne, même si il n’est pas contre celle-ci.

Monsieur Vivenot fait alors observer qu’il serait bien difficile de faire considérer comme une ligne stratégique une ligne devant se raccorder avec celle de Naix à Guê dont le profil très accidenté et les rampes dépassent le maximum fixé par l’administration de la guerre.

 

Danelle rétorque que « pour procéder à des études en Haute-Marne, il est nécessaire qu’un crédit soit mis à sa disposition par le Conseil général. »

 

La discussion continue… La commission finit par reconnaitre l’utilité de la ligne de la Haute-Saulx (le nom est donc déjà trouvé !) et décide que les ingénieurs des départements concernés devront se mettre en rapport, dresser un avant-projet, évaluer la dépense et donner des informations détaillées sur le trafic possible en marchandises et voyageurs.

On décide enfin de se réunir de nouveau à Paris après la session d’Août des conseils généraux et après que les ingénieurs aient terminé leur étude.

 

Après les poignées de mains de circonstance, les chapeaux regagnent les chefs et les chaussures vernies s’éloignent sur les trottoirs parisiens…

 

Quelques années plus tard, la ligne Brienne-Sorcy emmènera des centaines de milliers de Français se faire hacher par la mitraille Allemande à Verdun !

 

Echenay et les villages de la Haute-Saulx n’auront jamais de gares !

 

Aujourd’hui, la ligne Brienne-Sorcy n’existe plus. Seuls restent quelques imposants ouvrages d’art. Vestige d’un passé assez proche, le tunnel de Soulaincourt (où aurait pu se trouver l’embranchement de la ligne de la Haute-Saulx) abrite parfois de drôles de locataires…

 

Mais c’est « La vie et rien d’autre »… Pour connaitre la suite, cliquez sur  L’ACTEUR PHILIPPE NOIRET PRES D’ECHENAY.

 

Et voir aussi :    DES ALIENS DANS LE TUNNEL DE SOULAINCOURT

 

 

Source : Rapport et délibérations du Conseil général de la Meuse – 2eme session ordinaire du 21 août 1882

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LIGNE CHEMIN DE FER BRIENNE-SORCY - 1892

18 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Transports et Moyens de communicaion

Tirant les leçons de la défaite de la guerre de 1870, (ou l’armée Allemande déferle sur Paris et la France en quelques jours), la III eme république décide vers 1880 la mise en œuvre de lignes de chemin de fer à vocation stratégique pour se prémunir de nouvelles invasions, l’ennemi potentiel restant aux yeux de beaucoup (et à juste titre comme l’avenir le prouvera) l’Allemagne.

 

Pour compléter les lignes existantes vers l’Est, on décide donc, entre autre, d'une grande rocade ferroviaire Orléans - Troyes - Nancy, destinée à faciliter la mobilisation des troupes en cas d’attaque et à faciliter la reprise des territoires perdus pendant la guerre de 1870, dans le cadre du système « Séré de Rivières ».

 

Ne mettant pas en relation des villes importantes entre elles, ne desservant par ailleurs aucune localité susceptible de générer un trafic commercial conséquent, la ligne avait vraiment une vocation purement stratégique, même si elle créait, en théorie, une liaison Troyes – Nancy via Brienne le Château, Montiers en Der, Sorcy et Toul. Bref, « l’exemple parfait de la ligne stratégique conçue après 1870[]. »

 

Pour la section qui nous intéresse (Montier en Der-Sorcy), il s'agit d'une ligne concédée à titre éventuel à la compagnie de l'Est par convention du 11 juin 1883 approuvée par la loi du 20 novembre 1883, et à titre définitif par la loi du 23 décembre 1885.

 

 

carte-fer-echenay.jpg

 

L'État mit donc tout en œuvre pour qu'elle soit d'une qualité excellente. Ainsi, les rampes ne dépassent pas 9‰, et le rayon des courbes descend rarement en dessous de 1 100 ou 1 200 m, autorisant ainsi des vitesses entre 160 et 180 km/h. Quand on sait que le rayon des courbes de la ligne Troyes - Brienne-le-Château s'établit aux alentours de 1 525 m et autorise ainsi une vitesse de 200 km/h, on conçoit que la ligne aurait constitué un itinéraire tout à fait appréciable entre Troyes et Nancy. Néanmoins, la compagnie de l'Est ne l'utilisa jamais comme telle, et les horaires les meilleurs mettaient plus de 8h pour relier Troyes à Nancy, et les trains pouvant marquer des arrêts de plus d'une heure en gare de Montier-en-Der, Wassy, Joinville ou Gondrecourt.

 

profil-train-soulaincourt.jpg

 

Les travaux commencent donc. La ligne doit passer à quelques kilomètres d’Echenay, avec comme gare la plus proche Soulaincourt (3 kms).

 

gare-soulaincourt.jpg

 

Elle nécessite de gros travaux, constructions de tunnels, viaducs et autres ouvrages d’art (qu’il est encore agréable de regarder de nos jours) ainsi qu’une main d’œuvre importante.

Et comme la main d’œuvre locale est insuffisante, on a recours, encore comme maintenant, à la main d’œuvre étrangère. En l’occurrence, une forte population d’Italiens, spécialisés pour beaucoup dans les travaux de terrassement. Si la présence de ces gens permet l’avance du chantier, elle n’est pas sans provoquer certaines tensions avec les « locaux » comme en témoigne cet article de presse qui titre :

 

Rixes Sanglantes

Les chantiers du chemin de fer de Brienne à Sorcy (Haute-Marne), occupent un grand nombre de terrassiers italiens, qui, par leurs brutalités, et leurs violences, sont la terreur du pays.

Or, à la suite de libations prolongées, entre ces étrangers, dans une auberge de Soulaincourt, une bataille terrible a eu lieu, suivant l'usage, et les couteaux sont entrés en scène.

Dans la mêlée d'où s'élevaient des jurements et des vociférations sauvages, l'un des combattants, le nommé Ciavetti, a reçu en plein cœur un terrible coup de couteau qui l'a couché raide mort sur le carreau.

A la vue du cadavre, les combattants ont pris la fuite, et la gendarmerie de Thonnance-les-Moulins, arrivés comme les carabiniers d'Offenbach, n'a pu que procéder a une enquête qui ne lui a pas appris le nom du meurtrier qu'on ignorera peut-être toujours.

Toujours dans le même département, bien d'autres rixes sanglantes ont été occasionnées par des ouvriers italiens.

C'est ainsi qu'un ouvrier de l'entreprise Bonnefond, le nommé Croissenot, employé aux travaux dé la ligne en construction de Langres à Andilly s'est pris de querelle avec des terrassiers italiens dans un cabaret de Champigny-les-Langres et a reçu, non un coup de couteau, mais, ce qui ne vaut guère mieux, un formidable coup de bouteille sur la tête.

Relevé couvert de sang le crâne fendu, ce malheureux fut conduit à l'hôpital de Langres, où les médecins procédèrent à la ligature de la blessure qui est d'une extrême gravité et met en danger les jours de Croissenot.

A peu près en même temps que ce dernier, on amenait également à l'hôpital de Langres un autre ouvrier, nommé Roussel, occupé aux travaux de la même ligne, qui avait eu un bras cassé dans une rixe avec des Italiens, dans une auberge de Bannes.

Ii serait temps de mettre un terme aux excès de ces forcenés qui traitent nos paisibles localités en pays conquis et finirons par provoquer de sanglantes représailles.

 

Avril 1889 – Journal non déterminé

 

  Néanmoins, la ligne est ouverte en 1892, ce qui permit sans doute aux Epincellois de partir découvrir plus facilement d’autres horizons ou « d’exporter » leurs productions.

La ligne justifia sa raison d'être durant la première Guerre mondiale : elle fut utilisée par de nombreux TCO (transports en cours d’opération), des trains de permissionnaires et des trains sanitaires pour le transport des blessés. Elle a ainsi permis de desservir le front de la Meuse et de lui fournir une grande partie de ses approvisionnements.

Mais la faiblesse de sa fréquentation entraina sa fermeture rapide, dès 1938, au trafic voyageur, malgré une réouverture temporaire justifiée par la pénurie de moyens de transports alternatifs durant la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, cette période fut également celle de la dépose d'une des deux voies de la ligne par l'Occupant (1942-1943).

Elle est aujourd'hui totalement déposée.

Sources : Diverses (dont Wikipédia)

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LE PONCEAU D'ECHENAY EN 1900

18 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Transports et Moyens de communicaion

Quiconque traverse le centre d’Echenay passe sur un petit pont de deux mètres environ, à peine visible, situé à coté de l’ancien local des Pompiers, après le lavoir, en direction de Pansey. Le ruisseau qu’il enjambe alimente quelques mètres plus en amont le lavoir et la fontaine Saint Jean.

 

Jadis, ce « ponceau » était en bois et, vers les années 1900, il est en bien mauvais état et présente des risques pour la circulation. Il devient urgent de le remplacer mais, comme aujourd’hui, l’administration de l’époque a ses lenteurs, peut être dues aux modifications nécessaires apportées à une propriété dont il a fallu revoir l’alignement.

 

Voici l’histoire des travaux.

 

AOUT 1900

 

PROGRAMME EVENTUEL

Chemin d'intérêt commun n° 51. — Remplacement par un tablier métallique du tablier en bois du ponceau situé dans la traverse d'Echenay. — Le tablier en charpente du. ponceau établi sur le ruisseau d'Echenay atteint la limite de sa durée.
Un projet établi dans le but de le remplacer par un tablier métallique, d'exhausser quelque peu les maçonneries afin d'augmenter le débouché et d'améliorer cet ouvrage aux abords, évalue la dépense à 2.350 »

La partie de cette dépense à la charge du Département, par application du décret du 4 juillet 1895, sera de 58,65 %, soit de (2.350 X 0,5865) soit 1.378
La part de l'Etat, à raison de 41,35% , s'élève à (2.350X0,4135) soit 972

Total égal :. 2.350  

Cette somme serait prélevée, ainsi qu'il a été dit précédemment, sur les disponibilités éventuelles par suite des rabais d'adjudication ou d'autres réductions qui pourraient être
opérées sur les dépenses prévues au programme ferme. [ ]

AVRIL 1901

 

[ ] Enfin, nous ajouterons en prévision, ainsi qu'il a été expliqué précédemment, le projet de construction d'un tablier métallique en remplacement du tablier en bois du ponceau situé
dans la traverse d'Echenay, au passage du chemin d'intérêt commun n' 51. Les dépenses et les ressources afférentes à ce travail sont ainsi détaillées à l'état du programme éventuel de
1901 adopté par décision ministérielle du 30 octobre 1900.

DÉPENSES :
Montant du détail estimatif 2.270 77
Somme à valoir pour dépenses imprévues 79 23

Total :  2.350 »

RESSOURCES :
Quote-part de l'Etat (41.35 %)  972
Quote-part du Département sur centimes extraordinaires (58.65 %). 1.378

 

Etat préparatoire des travaux à comprendre au programme de 1902.

M. le Marquis DE PIMODAN, au nom de la deuxième Commission, lit le rapport suivant :

« Messieurs,

 

Cette reconstruction est d'autant plus nécessaire que le mauvais état du tablier actuel ne permet plus la sécurité quand il passe de lourdes charges, venant de la vallée de la Saulx et destinées à la gare de Soulaincourt.

Ce travail devait être compris dans les disponibilités du ce programme de 1901, adopté par décision ministérielle du 31 octobre 1900.

Si les disponibilités susdites ne permettaient la construction en 1901, nous vous demandons de la décider fermement pour 1902, en priant le Service vicinal de faire, au besoin, les réparations nécessaires pour empêcher les accidents.

La dépense totale, détaillée au programme éventuel de 1901 et déjà approuvée par l'Assemblée départementale, est  de 2.350 francs. »

 

AOUT 1901

 

Projets de travaux subventionnés par l'Etat. — Programme de 1902.

M. DE PIMODAN, rapporteur, au nom de la deuxième Commission, lit le rapport suivant :

1° PROGRAMME FERME

Chemin d'intérêt commun n" 51: Projet de construction d'un tablier métallique dans la traverse d'Echenay.

Ce projet s'applique à des travaux urgents, le tablier en charpente étant complètement usé, de telle sorte qu'on peut même redouter des accidents graves.

Le devis est de 2.770 francs fournis par l'Etat et le Département. Nous vous proposons l'approbation.

 

AOUT 1904

 

Exécution des travaux. — La construction du pontceau, dans la traverse d'Echenay (chemin d'intérêt commun n" 51), dont les têtes ont été dirigées suivant le plan d'alignement
homologué, a apporté une certaine modification à l'accès d'une propriété. Il en est résulté une dépréciation de l'immeuble évaluée 400 francs. Cette indemnité allouée au propriétaire
a donné lieu à un dépassement de crédit de 158 francs de la subvention de l'Etat, rattaché au programme lors du règlement de l'entreprise.

 

Source : Rapports du Conseil Général de Haute Marne des années citée

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CREATION D’UNE LIGNE D’AUTOBUS DE JOINVILLE A MONTIERS SUR SAULX - 1924

10 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Transports et Moyens de communicaion

48565721_p.jpgCONSEIL GENERAL - SESSIONS ORDINAIRES DE MAI 1924

 

Services publics de transports automobiles

Création d'une ligne d'autobus de Joinville à Montiers-sur-Saulx.

 

 

 

 

                                                                                                            Bus Renault - 1924        

 

 

 

Par lettre du 24 avril 1924, les Etablissements Mousset, à Longwy-le-Bas (Meurthe-et-Moselle) m'ont informé qu'ils sont disposés à assurer pendant six ans au moins, un service public automobile pour voyageurs et marchandises, entre Joinville et Montiers-sur- Saulx.

Cette ligne aurait été demandée par les populations des communes à desservir" : Joinville, Montreuil-sur-Thonnance, Aingoulaincourt, Echenay, Pàncey, Effincourt, Paroy et Montiers-sur-Saulx qui, à l'exception de Joinville, ont déjà toutes voté une subvention pour la dite ligne d'Autobus.

Mr l'Ingénieur en Chef du Contrôle de la Haute-Marne est d'avis qu'étant donné la très faible longueur dans la Meuse (1 k. 500 sur une longueur totale de 21 k. 500 environ), les deux départements doivent se mettre d'accord pour que le Département de la Haute-Marne passe un contrat unique avec l'exploitant et que le service du contrôle de ce département exerce ses fonctions sur toute la ligne sous l'autorité du Préfet.

 

Cette entente se ferait au cous d'une conférence tenue entre deux Commissions spéciales nommées : l'une par le Conseil Général de la Meuse, et l’autre, par le Conseil Général de Ia Haute Marne .

 

La tâche de ces deux Commissions porterait sur les points suivants :

- Fixation de la consistance du service et de la capacité des voitures :

- Taux de la subvention totale annuelle ;

- Répartition de cette subvention entre l'Etat, les deux Départements et les Communes ;

- Rédaction du cahier des charges de l'Entreprise.

 

Si le service est quotidien, il peut avoir lieu comme le proposent les établissements Mousset, à raison de :

- Soit un aller et retour par jour ;

- Soit un aller et retour par jour pendant 5 jours de la semaine et deux aller et retour par jour pour les deux autres jours ;

- Soit deux aller et retour par jour.

 

Cette ligne aura 20 km en Haute-Marne et l k.500 dans la Meuse et la subvention annuelle totale correspondant, à chaque département serait :

 

1° cas : Haute-Marne   23.000 »   Meuse 1.725 »

2° —                       25.000 »          1.875 »

3'°—                        29.000 »          2.175 »

 

La subvention de l'Etat étant de 61 % pour le Département de la Haute-Marne, si on prend la proportion de 3 à 1 pour les subventions départementales proprement dites et communales, elles seraient pour la Haute-Marne de :

 

1° cas : : département  6.727 50    communes  2.242 50

2° cas                     7.31250                  2.437 50

3° cas                      8.482 50                   2.827 50

 

Dans ces conditions, et, conformément aux propositions de M. l'Ingénieur en Chef du Contrôle dont vous trouverez le rapport au dossier, je vous prie d'examiner ce projet de création de ligne et de vouloir bien :

 

1° Décider si la demande d'établissement du service d'Autobus dont il s'agit doit ou non être prise en considération et donner lieu à une subvention de l'Etat, du département et des communes ;

2° Dans l'affirmative, désigner un ou plusieurs des membres du Conseil Général pour constituer avec les membres également désignés par l'Assemblée départementale voisine, une Commission spéciale interdépartementale, chargée de la mise au point de la question ;

 

3° Décider en principe, qu'étant donné la faible longueur de ligne située dans la Meuse, en accord entre les deux départements sera cherché sur la base d'un contrat unique passé avec l'entrepreneur par le département de la Haute-Marne, sauf à ce dernier à recevoir, d'une part, la totalité de la subvention de l'Etat et,  d'autre part, les subventions du département de la Meuse et de la commune meusienne de Montier-sur-Saulx.

 

Sources : Procès verbaux des séances du conseil général de la Haute Marne 1924

 

 

Echenay a-t'il eu son service de bus vers Joinville? Peut-etre que certains "Anciens" s'en souviennent!

 

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