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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

LES METIERS A ECHENAY - XIXe SIECLE

8 Décembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et le Progrès

cordonnier

Tous les généalogistes se sont un jour posés cette question : « Quel était le métier de mes ancêtres ? »

 

Bien sûr, les registres BMS (Baptêmes-Mariages-Sépultures) nous donnent des indications mais elles sont souvent imprécises. L'aïeul retrouvé dans les pages du registre sera donné pour vigneron telle année puis tisserand deux ans plus tard.

 

 A-t-il changé de profession ? Pas forcément.

 

La vie est rude pour nos ancêtres et, faute d’avoir un statut permettant une certaine stabilité, il faut bien vivre. Alors ils multiplient les activités pour mettre un peu de beurre dans les épinards (beurre que bien souvent, s’ils ont la chance d’avoir, ils préfèrent vendre plutôt que de consommer. L’argent est rare aussi !).

 

C’est pourquoi le vigneron est aussi tisserand le soir à la veillée, et pourquoi pas bucheron l’hiver, cordeur si il a une chènevière et sa femme, bien que sans profession ( ! ), est aussi couturière, brodeuse, couseuse, etc … durant son temps libre !

 

Il est donc très difficile de se faire une idée exacte de leurs véritables professions. Tout est bon pour gagner un peu plus et vivre mieux.

 

A partir du XIXe siècle, les choses commencent à se stabiliser mais restent encore bien aléatoires. La mise en place des recensements nous donne matière à plus de renseignements.

 

Alors, que faisaient nos ancêtres Epincelois ? C’est ce que j’ai tenté d’approcher ici pour la période du XIXe siècle.

 

Le  village a été sans nul doute centré sur l’agriculture tout au long des siècles. Les recensements nous permettent depuis 1836 d’aborder l’aspect des professions plus finement.

 

L’essentiel de l’activité d’Echenay tourne autour de l’agriculture. De 1836 à 1886, le nombre des cultivateurs varie peu, entre 15 et 20. Si beaucoup de foyers ont un jardin et quelques volailles, voire un cochon ou deux trois moutons pour les mieux lotis, il faut posséder des terres pour cultiver à grande échelle. Quelques familles, comme les Garolla tiennent le pavé. Fermiers du château ou indépendants, ils sont somme toute peu nombreux.

 

L’heure n’étant pas à la grande mécanisation, l’agriculture est consommatrice de main d’oeuvre : manouvriers et journaliers sont légions (20 à 25 personnes environ par recensement), vendant leurs bras pour les travaux des champs.

Arrivent ensuite les métiers directement liés à l’agriculture comme Charron (2 à 3 familles), Maréchal-ferrant (1 en 1836, jusqu’à 3 vers 1860, puis peut être déclin, 1 famille en 1886).

 

La traction n’étant qu’animale, il y a un bourrelier (parfois 2 dans la 2eme moitié du XIXe), grand spécialiste du cuir et de la bourre, qui confectionne et répare les harnachements.

 

Dans les bois œuvrent les scieurs de long (2 familles entre 1856 et 86), parfois un charbonnier (1851).

 

On trouve également des bergers (2 familles), l’un étant employé sur la ferme du château, l’autre certainement berger communal. En effet, le métier existe ! De nombreuses familles ont quelques  ovidés mais pas de terres où les faire paitre. Et puis, il faudrait les surveiller. Ils recrutent alors un berger qui réunit les bêtes et les emmène pâturer en troupeau. Plusieurs livres racontent la chose. Tôt le matin, le berger traverse le village et chaque propriétaire libère ses bêtes qui rejoignent librement les autres et forment le troupeau. Le soir, au retour, il retraverse le village et chaque animal rentre spontanément dans son étable pour y passer la nuit.

 

Mais il faut un peu d’ordre dans toute cette activité. Les gardes, qu’ils soient privés (1 famille au château) ou publics (1 garde champêtre) font régner la discipline.

 

Viennent ensuite les métiers du bâtiment et de services : Ce que nous appelons le bâtiment est gros pourvoyeur d’emplois.

 

Les maçons sont très présents (entre 5 et 10 dans la première moitié du XIXe puis un peu moins), le charpentier (1 à 2 foyers),  les menuisiers arrivent vers 1850 (2 familles) pour diminuer ensuite. Il suffit encore maintenant de traverser les villages pour voir le fruit de leur travail. Il faut dire que la pierre et le bois ne manquent pas !

 

En ce qui concerne les métiers de service, le château et les grosses fermes emploient bon nombre de gens.

En premier lieu, les domestiques : environ 15 personnes travaillent comme domestiques dans le village (chiffre à peu près constant au XIXe). C’est souvent le rôle des femmes mais les hommes n’y sont pas absents. Et il faut parfois même une cuisinière, surtout au château (1836- 41- 81- 86). Il est vrai que nos « seigneurs » partagent leur temps entre Paris et Echenay !  (Voir  LA VIE DE CHÂTEAU - ECHENAY - XIXème SIECLE)

 

Pour l’industrie, héritage de l’ancien régime (les nobles ne dérogeaient pas en exerçant les métiers de la mine, comme la marine d’ailleurs), on trouve le (les) maître(s) de forge(s), 2 familles, et le meunier, parfois aidé suivant les années d’un garçon meunier. On trouve même un fondeur en 1861. Ces professions disparaitront du paysage local vers 1870 avec la fermeture du fourneau, se reclassant certainement dans les grandes fonderies de la région (Joinville, etc…) où le travail métallurgique ne manque pas. Voir ( HAUT FOURNEAU A ECHENAY - 1717)

 

Echenay ayant eu sa tuilerie, on trouve donc une famille de tuiliers jusque vers 1870.

C’est tout pour « l’industrie » !

 

Dès 1846 apparait l’aubergiste (il devait bien exister avant, peut-être de façon ponctuelle) et en 1866, les premiers commerces sédentaires et ambulants naissent (mercier ambulant en 1866, épicier ambulant en 1876 puis épicière en 1886). Le progrès est en marche ! Précisons qu’Echenay a eu son teinturier tout au long du siècle (1836-1876) et son tailleur d’habit (1876). Ah les beaux costumes !...

 

Et comme on marche beaucoup à l’époque, on trouve un sabotier (1836-1866) et un cordonnier de 1856 à 1886). Le cuir semble avoir remplacé le bois !...

 

Puis, il y a tous ces emplois souvent occupés par des femmes comme la couturière, brodeuse, lingère, couseuse, etc… Sans doute des emplois complémentaires car, relativement nombreux, je doute que toutes ces femmes aient pu vivre de cette seule activité.

 

Et il y a les autres. Nous touchons là, je pense, à une forme de hiérarchisation sociale plus que de métiers. Les « propriétaires », bien que cela ne constitue pas un métier, apparaissent pourtant fréquemment (entre 5 et 10 par recensement). A l’analyse, ce sont des gens âgés de 50 à 70 ans, certainement aisés et qui doivent vivre essentiellement de leur capital. Plus âgés (après 75-80 ans), ils deviennent  «rentiers» pour l’agent du recensement qui marque peut-être ainsi une certaine forme de respect. 

 

Tous ces métiers représentent le socle de l’activité villageoise.

 

Toutefois il faut rajouter ce que nous classons aujourd’hui comme fonctionnaires, tel l’instituteur, toujours présent dans les recensements dès 1836.  Il exerce au départ souvent chez lui, parfois en activité annexe à sa profession, se bornant surtout à apprendre à lire et à écrire (l’analyse de l’état civil prouve qu’une forte majorité de la population Epinceloise sait lire et écrire dès l’ancien régime). Cela n’est pas sans parfois poser problème car certains (ce sont des exceptions) laissent les enfants pour aller à l’auberge ou se font remplacer par un élève plus âgé qui maitrise déjà un peu (c’est arrivé à Echenay : « Il se fait remplacer par un de ses enfants » - 1848 – Source : Edition Horlieu – Les révoltes logiques N° 3 ) !...

 

Le percepteur, hélas, pointe son nez en 1851, le facteur vers 1880 accompagné de son receveur des Postes (même année). (voir  LES PERCEPTEURS A ECHENAY et  LE FACTEUR RURAL A ECHENAY - XIX SIECLE)

 

Pour le salut de l’âme et de l’esprit, on ne saurait oublier le curé, toujours présent, (voir les bonnes sœurs qui arrivent vers 1855 et qui se chargent aussi de l’éducation (2 sœurs, pour l’école des filles et  l’aide aux indigents ! On voit que les enfants ne sont pas oubliés) ou encore le desservant (1846). (voir LES SOEURS DE LA PROVIDENCE A ECHENAY - XIXe SIECLE)

 

La fin de siècle verra arriver de nouvelles professions au village. Le médecin et la sage-femme débarquent  en 1886, ainsi que le chef de district (voirie ?) et le géomètre, le mouleur en 1881 (industrie de fonte dans la région), … Il y aura même un « entrepreneur » (1881) dont j’ignore l’activité réelle. Parlait-on à l’époque de désertification des campagnes ?...

 

Voilà pour cette brève photographie des métiers d’Echenay. Je n’ai pas prétention à avoir détaillé précisément  toutes les professions. Je n’ai rien dit du farinier (chez un agriculteur), du bouvier, du mégissier, etc… qui n’apparaissent que sporadiquement. Toutefois, l’essentiel est là.

 

Ce village d’Echenay qui semble aujourd’hui endormi a vécu.

Bien vécu même !!!

 

 

Sources : Recensements – AD52

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