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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

Articles avec #agriculture tag

ECHENAY ET SA DISTILLERIE - 1ere MOITIE XIXe SIECLE

1 Août 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Agriculture

 

Annuaire-du-commerce-1858.JPG                                                                        Annuaire du commerce 1858

 

Echenay, terre à betteraves, qui l’eut cru ?! Et ayant une distillerie ?!...

Et pourtant !


Au point de vue historique, il est permis de rappeler qu’avant 1855, il existait à Echenay une distillerie de betteraves, que M. Jules GAROLA avait annexée à l’importante ferme qu’il exploitait dans cette localité, distillerie qu’il transféra ensuite à Saint-Eloi, commune de Chatonrupt, lorsqu’il prit à bail cette propriété. Le poids des racines traitées par jour s’élevait à 2500 kilos. La distillerie de Saint-Eloi cessa vraisemblablement d’exister en 1874, au départ de M. GAROLA


Source : Site Chambre d’Agriculture de Haute Marne – Les Industries Agricoles – par M.P FOURRIER, Directeur des services agricoles de la Haute Marne - Extrait du chapitre IX


Cette trouvaille incite à découvrir l’homme en question.


La famille Garolla s’installe à Echenay entre 1836 et 1841. La ferme de Jules Garola se situe rue des Ponts. Elle est d’importance car le recensement de 1851 dénombre 13 personnes en ses murs :


Jean Jacques Garola, propriétaire, 62 ans

Jules Marie Garola, agriculteur, 27 ans

Clara Athénaise Henry, sa femme, 23 ans

Pierre Georgeon, chef de culture, 49 ans

Julie Berthe, employée, 17 ans

Jules Jean Baptiste Mangeot, domestique, 26 ans

Françoise Demandre, domestique, 30 ans

Ignace Milloni, berger, 75 ans, non naturalisé, de Nationalité Italienne

Paul Charle, domestique, 21 ans

Antoine Buckmann, domestique, 19 ans

François Damien Dieudonné, domestique, 10 ans

Germin Duval, huissier, 46 ans

Henry Hegner, domestique, 19 ans


Source : Recensement Echenay 1851 – AD 52


Monsieur Jules Garolla est « un jeune agriculteur progressif ». Il aime son métier, s’implique, tente et réussit souvent. Aussi le retrouve-t-on fréquemment dans les revues spécialisées de l’époque. Elevage, culture, il est partout et œuvre sur tous les fronts !


Il n’hésite pas non plus à s’associer pour accroitre son activité.


 « Nous signalerons encore à votre attention, messieurs, un jeune cultivateur progressif, M. Garola, qui exploite, de concert avec M. Lallement, la ferme de Saint Antoine, commune de Bure.

Cette exploitation se compose de 147 hectares d’une culture extrêmement difficile, en raison de la quantité prodigieuse de pierres qui couvrent le sol. L’assolement à Saint Antoine est très productif et très fertilisant. Pourvue de tous les bons instruments de culture, possédant un nombreux bétail, parmi lequel un des meilleurs troupeaux mérinos du département ; cette exploitation fournie l’exemple d’une culture laborieuse et parfaitement entendue. Elle atteste aussi l’intelligence, l’activité et le parfait accord qui distingue ces deux agriculteurs qui exploitent avec beaucoup de succès la ferme de Saint Antoine ».


Source : Journal d’agriculture pratique 1857 - Concours régionaux de Bar le Duc 1857


Les journées devaient être bien remplies! Naturellement, il participe aussi aux manifestations de sa région et n’hésite pas à se déplacer, parfois assez loin, pour montrer son savoir-faire.

Ainsi quelques exemples car la liste serait trop longue:


Concours régional de Chaumont – 1858

Première division – Espèce bovine- Première classe – 1ere catégorie Race fémeline pure : Mâles – 1er prix, M. Garola à Echenay


Source : Journal d’agriculture pratique, de jardinage et d’économie domestique - 1858


Concours régional de Troyes 1860

162 animaux figuraient dans l’espèce bovine ( ). Tous les connaisseurs ont reconnu que cette partie du Concours était très remarquable, sinon par le nombre, du moins par la distinction des animaux. ( ) M. Garola qui avait été un des concurrents les plus sérieux pour la prime d’honneur de la Haute Marne, avait exposé sous le N° 7, un taureau fémelin né dans sa ferme d’Echenay, et qui a remporté le 2eme prix.


Source : Journal d’agriculture pratique, de jardinage et d’économie domestique - 1860


Et en parfait entrepreneur / manager, M. Garola fait aussi participer son personnel :


Concours régional de Bar le Duc - 1857

Récompenses aux serviteurs ruraux

Une somme de 50 francs et une médaille d’argent au sieur Milloni Ignace, employé chez M. Garola à Echenay (Que l’on a vu dans le recensement de 1851)


Source : Journal d’agriculture pratique, de jardinage et d’économie domestique - 1857


Il communique également sur ses résultats, preuve de son implication dans son métier et d’une gestion maitrisée :


M. J. Garola a publié le compte de dépenses suivant pour la culture de betteraves sur la ferme d’Echenay, près Joinville :

- Loyers et impôts                                                     36 à 40 fr

- Labours et hersages                                                54 à 60 fr

- Engrais                                                                105 à 125 fr

- Graine                                                                 4 à 5 fr

- Ensemencement                                                     3 à 4 fr

- Sarclages et binages                                              75 à 80 fr

- Arachement, transport et mise en silo                     36 à 50 fr

            Ensemble …..                                                 313 à 364 fr


La moyenne entre ces deux chiffres est de 338,50 fr et il conviendrait d’ajouter à cette moyenne une  somme égale à celle que M. de Dombasle attribue aux frais généraux, soit 60 fr, ce qui porterait les dépenses à 398,50 fr.


Source : Guide pratique du fabricant de sucre – Nouvelle édition - Par  N. BASSET, auteur de plusieurs ouvrages d’agriculture et de chimie appliquée – 1er volume – Paris - 1872


Voici dressé en filigranne le portrait d’un agriculteur en avance sur son temps.

Oui, Echenay a bien été une terre de betteraviers ! L’alcool produit a-t-il réchauffé les habitants du village dans leurs taches agricoles lors des froids hivers ?...


Au recensement de 1861, la famille de Jules Garola n’apparait plus. Celle de Joseph Goldschmit l’a remplacé mais c’est une autre histoire ! ! !


 

Jules Garola est sans doute parti relever d’autres challenges à Saint Eloi !

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ECHENAY EN 1876 - CULTURE ET ELEVAGE - statistiques

5 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Agriculture

050
 

Echenay a toujours été un village agricole. Certes, il y a bien eu un fourneau, une tuilerie, mais ces activités sont restées marginales. Seule la terre a fait vivre la population.

D’ailleurs, a combien de personnes se montait telle ? Le tableau qui suit nous en apprend plus :

 

1780 - 1785 – 1804-  1806-  1808 -  1833  - 1836  -  1839 -  1842 -  1846  -  1851  - 1856  - 1861 -  1866  - 1872  - 1876  Nbre de feux

______________________________________________________________________________________________

   ?        179       256     263     266       241      241       242     231        247       253      258      259       241    206        204          68

 

On notera que l’épidémie de choléra de 1854 n’a, à priori, pas eu d’incidence sur la population mais que la guerre de 1870 marque un déclin significatif.  68 feux font approximativement 3 personnes par foyer (chiffre à pondérer par les veufs (ou veuves)). Par ailleurs, le village a perdu environ la moitié de ses habitants en 150 ans (environ 101 actuellement).

De toutes les forces vives qui concourent à la production du sol, l'homme étant sans contredit celle qui intéresse le plus vivement l'agriculture, il convient de jeter un coup d'œil sur notre population agricole.

Les habitants sont laborieux, de mœurs douces et régulières, et se vouent presque tous aux travaux des champs. Un petit nombre se livrent aux travaux industriels. La culture des champs est leur principale occupation. Quand les intempéries interrompent pour quelque temps le travail agricole, ou quand celui-ci laisse quelques loisirs aux cultivateurs, le charroi offre à ces derniers la ressource du transport du minerai, des fontes et du charbon. Alors l'industrie et l'agriculture se rendent de mutuels services.

COMMENT SE COMPOSE LA POPULATION ACTIVE DU VILLAGE ?

En 1876, on relève à Echenay :

- 12 cultivateurs propriétaires (c’est-à-dire « les gros » cultivateurs)

- 2 cultivateurs « fermiers » : (Voici les principales clauses stipulées dans les baux :

1° Les preneurs sont tenus d'habiter eux-mêmes, avec leur famille et leurs domestiques, la ferme qui leur est louée et qu'ils doivent garnir de meubles, d'effets mobiliers, de chevaux, de bestiaux et d'attirails de labour en quantité et en valeur suffisantes pour répondre du prix du fermage.

2° Ils doivent entretenir les bâtiments et les rendre à la fin du bail en bon état de réparations locatives.

3° Ils sont tenus de souffrir les grosses réparations et les constructions qui deviendraient nécessaires aux bâtiments de la ferme, et faire de plus gratuitement le transport des matériaux.

4° Ils s'engagent à bien labourer, cultiver, fumer et ensemencer les terres suivant l'ordre des soles et aux temps convenables, sans pouvoir dessaisonner ni dessoler lesdites terres, afin qu'elles ne s'épuisent pas et qu'elles soient rendues en bon état, à la fin du bail, avec un tiers en jachères.

5° Le fermier ne peut créer qu'une étendue limitée de prairies artificielles. Cette clause n'a pas sa raison d'être, car si l'on songe à la petite quantité de bétail élevé dans le canton, on est bientôt convaincu que les prairies artificielles manquent, et c'est le cas de se rappeler le proverbe.

« Sans fumier, pas de blé. Sans bestiaux, pas de fumier. Sans fourrages, pas de bestiaux. »

6° Le fermier est tenu de convertir en fumier toutes les pailles qui proviennent des terres de la ferme, pour fumer et amender ces terres. Lors de sa sortie de ladite ferme, à la fin du bail, il y laissera toutes les pailles et les fumiers qui s'y trouveront sans pouvoir en vendre sous aucun prétexte.

7° Il doit engranger dans ses bâtiments tous les produits de la ferme.

8° Entretenir les prairies en bon état de fauche, c'est-à-dire étendre les taupinières et fumer les prés au besoin.

9" Curer et rafraîchir pendant le cours du bail les fossés, quand il en existe, pour l'écoulement des eaux et la défense des terres.

10° Entretenir, tondre et élaguer les arbres et les haies existant à la ferme ou dans ses dépendances.

11° Veiller à la conservation des bornes et à ce qu'il ne soit fait aucune anticipation sur les terres dépendant de la ferme.

12° Le bail est fait aux risques et périls du fermier, qui ne peut prétendre à aucune indemnité ni aucune diminution du prix du fermage en cas de grêle, gelée ou inondation ou toute autre cause imprévue lui faisant éprouver des pertes.

12" Le paiement a lieu à la Saint-Martin (11 novembre de chaque année), en nature ou en argent.

14° En plus, suivant les localités et l'importance des fermes, le fermier doit donner annuellement à son propriétaire, soit une voiture de fumier pour son jardin ou ses vignes, soit des poulets, soit de la paille ou du foin, etc.

Pour le paiement en nature, on entend par paire 1 double-décalitre de blé et 1 d'avoine. La paire est estimée 5 fr. A Echenay, le nombre de paire est souvent fixé à 15 / hectare ou 75 francs l’hectare en argent)

- 45 propriétaires exploitants des terres (manœuvres pour eux même, « la classe moyenne »)

- 6 manœuvres pour autrui (autrefois souvent appelé manouvrier, il n’a que ses bras et sa force de travail à monnayer)

- 1 berger communal (il est souvent logé par la commune et payé par les habitants en fonction du nombre de bêtes qu’ils lui confient) et 1 berger particulier (souvent gagé comme domestique par un gros propriétaire)

- 8 ouvriers du bâtiment (4 maçons, tailleurs de pierre, ou autres et 4 menuisiers, charpentiers ou couvreurs)

- 4 scieurs de long (ils débitent des planches dans des troncs d’arbre ; elles serviront à la fabrication de meubles, dans le bâtiment, etc…)

- 3 maréchaux-ferrants (le cheval est alors la force motrice la plus utilisée dans les travaux des champs bien qu’on le remplace parfois encore par des bœufs : il faut donc le soigner.)

- 2 charrons (il faut bien entretenir et réparer le matériel agricole car en 1876, on répertorie au village :

Pour la culture :

40 charrues ordinaires

4 bi-socs

10 houes à cheval (Instrument à traction animale utilisé pour l'entretien des cultures en ligne.)

80 herses en bois ou en fer (Instrument agricole muni de pointes rigides ou souples, que l'on traîne sur le sol pour l'ameublir après le labour ou pour enfouir des engrais, des semences ou des mauvaises herbes.)

4 herses articulées

2 scarificateurs (Instrument agricole équipé de dents pour réaliser un ameublissement grossier)

20 rouleaux

Pour les transports

20 voitures à 2 roues

30 chariots

30 tombereaux

Pour la fenaison et la moisson :

1 faucheuse

1 faneuse

1 râteleuse

1 moissonneuse

15 machines à battre fixes

4 machines à battre à bras

40 tarares (Appareil servant à nettoyer les grains après le battage, grâce à un système de
ventilation commandé manuellement ou par un moteur. (La moissonneuse-batteuse a
éliminé l'usage des tarares.)

3 trieurs

1 concasseuse

1 hache paille

5 coupe-racines)

- 1 bourrelier (Personne qui fait, vend ou répare des harnachements d'animaux de trait et divers articles de cuir (sacs, courroies).

- 2 cordonniers (eh oui ! A l’époque, on marche beaucoup et « on jette pas, on répare » !!)

Bref, on le voit, tout « tourne » autour de l’agriculture, chaque corps de métier apportant son savoir-faire aux nécessités de la culture.

 

L’HABITAT

Les maisons sont solidement construites en pierres du pays et couvertes en tuiles. Celles des cultivateurs se composent d'un corps-de-logis, d'une grange et d'une écurie ou étable, sur la rue, pour la petite et la moyenne culture. Pour les grandes exploitations, ces bâtiments entourent une cour rectangulaire, plus ou moins spacieuse, dans laquelle se trouve la place à fumier. Le corps-de-logis comprend deux compartiments : la cuisine sur le devant et une chambre derrière. Dans les nouvelles habitations il y a une troisième pièce, ou un cabinet, le tout au rez-de-chaussée. De la cuisine on communique à la grange et aux écuries. Dans le fond de la grange est installée la machine à battre, à côté de laquelle on entasse les produits de la moisson. Le grenier occupe l'étage au-dessus des chambres d'habitation, tandis que les fourrages sont déposés au-dessus des écuries et des étables, et n'en sont souvent séparés que par des claies ou des planches mal jointes, mauvaise disposition qui laisse pénétrer les émanations des étables dans les greniers au détriment du foin qui perd de ses qualités.

Les anciennes écuries sont généralement basses et resserrées ; l'air et la lumière n'y arrivent que par la porte et une ouverture souvent étroite ; avec cela elles sont privées de cuvettes pour l'écoulement du purin, de sorte que le bétail y est hygiéniquement mal placé.

Pourquoi la fosse à purin fait-elle complètement défaut, et laisse-t-on se répandre en pure perte, dans les rues et partout où il trouve un écoulement, cet engrais liquide si précieux, quand une simple rigole parlant de l'écurie ou des étables, suffirait pour le conduire près de la place à fumier dans un trou creusé à peu de frais ? Il y a évidemment là une indifférence regrettable.

Les dépendances habituelles de la maison des cultivateurs sont presque partout : la chambre à four, qui n'est pas toujours assez isolée, la hutte à porcs et le poulailler, et plus rarement le hangar destiné à abriter le bois et à remiser les instruments.

Dans beaucoup de maisons il n'y a pas d'entrée pour le bétail ; il passe par la porte commune. De la grange on pénètre à la cave de plain-pied, ou en descendant un ou deux degrés seulement. Il faut dire que la proximité de la Saulx empêche de creuser plus profond, l’eau apparaissant dans les caves dès 70/80 cms de profondeur.  A côté de cette entrée s'en trouve une seconde, au-dessus d'un escalier: c'est celle de la cuisine qui, dans moitié des logements, est la seule pièce d'habitation ; alors cette cuisine est longue et spacieuse. Quand il y a deux pièces, la seconde est placée parallèlement à la première, de façon à ce que la cheminée de celle-ci soit dans le mur de séparation : cette seconde chambre s'appelle le poêle. Puis vient le jardin sur lequel la cuisine et la chambre prennent également ouverture.

 

CULTURE ET ELEVAGE

Pour celui ou celle qui connait le paysage actuel de la commune, fait de grandes étendues cultivées, il faut imaginer un environnement bien différent. Echenay compte (en 1876) 3354 parcelles, couvrant un territoire de 944 hectares se répartissant comme suit :

 

Terres           Pres   Chennevieres   Jardins Vergers   Bois   Plantation de   Bois   Patis   Friches Bati   Divers   Non imposable      Total

labourables

  566      126        6           2      4      172          6             26      5     3     14        14         944

 

On notera la particularité suivante : Echenay, contrairement à nombre de communes voisines ou peu éloignées, n’a pas de vignes. Ceci s’explique, entre autre, par le peu de relief de la commune qui ne présente pas de pentes comme Poissons, Sailly, Noncourt, Thonnance, etc… propres à un bon ensoleillement des vignobles. Naturellement, le terroir joue aussi son rôle.

 

Par ailleurs, 19% de la superficie de la commune est couverte de forêts (178 hectares dont 104 communaux, 68 à des particuliers et 6 en plantation). En général, les forêts communales sont aménagées de 25 à 28 ans avec un quart en réserve. Ce quart est vendu au profit des caisses municipales, tandis que les trois autres sont livrés aux habitants à titre d'affouage. Les bois des particuliers sont généralement exploités à l'âge de dix-huit à vingt ans.

Les habitants des communes riches en bois vendent une partie de leur allouage aux maîtres de forges qui convertissent ce bois en charbon, en même temps que ceux des particuliers. Ce charbon est employé dans les hauts-fourneaux du canton et dans ceux de la vallée de la Marne et du Rongeant.

 

Si maintenant il n’y a plus d’éleveur à Echenay, il n’en a pas toujours été ainsi, même si la culture l’a toujours emporté sur l’élevage. 156 hectares étaient consacrés aux prairies (126 h naturels, 30 h  artificiels)

 

Un comptage en 1876 donne les chiffres suivants :

Chevaux : 68 (essentiellement pour le travail des champs)

Bovins : 120 (pour la vente et le lait)

Ovins : 900 (pour la laine, source de revenus complémentaire, et la viande. Moins exigeants que les bovins, ils « rentabilisent » les terres incultes)

Porcs : 130 (surtout pour la consommation personnelle des foyers)

Caprins : 17

Abeilles : 75 ruches (le sucre est cher et le miel, une bonne alternative !)

Basse-cour : 10 dindons, 80 oies, 150 canards, 1500 poules, 50 pigeons

 

D’une façon générale, tous ces chiffres tendent à la baisse depuis 1872, essentiellement suite à la guerre de 1870. Il a bien fallu nourrir l’occupant !

 

 

En ce qui concerne la culture, les hectares cultivés se répartissent comme suit :

 

Blé : 185

Avoine : 175

Seigle : 5

Orge : 45

Pommes de terre : 25 (essentiellement consommation des foyers)

Betterave : 4

Colza : 5

Chanvre : 0,1

 

Les rendements sont dans une bonne moyenne, parfois supérieure, comparativement à ceux du canton, de la Haute-Marne et parfois même à ceux de la France.

 

Voyons maintenant comment est écoulée cette production :

 

Les grains s'écoulent à Joinville, ils sont vendus directement les jours de marché ou achetés à la maison par l'intermédiaire des courtiers. Les blés servent à alimenter les moulins de commerce de Joinville ou des environs; les avoines sont livrées aux voituriers des usines de la Marne. Le foin et la paille sortent peu du pays.

On conduit les bêtes grasses aux boucheries de Poissons, Joinville, Gondrecourt, et Montiers-sur-Saulx. Les fromages, le beurre et les œufs sont vendus sur place aux consommateurs ou à des coquetiers. La laine est livrée aux marchands de Joinville et de la Meuse.

Poissons est la seule localité du canton où il se tienne des foires ; il y en a trois dans l'année : le 2 janvier, le 1er mai et le 3 septembre. Elles sont peu importantes. Les principales affaires sont les marchés de bestiaux; on y vend surtout des vaches, des chevaux et des porcelets.

 

Il semble que le niveau de vie dans le canton en général et à Echenay en particulier ait été relativement bon. Il y a bien sûr des disparités mais le morcellement des propriétés permet à chacun de vivre. De plus, celui-ci (le morcellement), en retardant la mécanisation, a un avantage. Le progrès (engrais, nouvelles façon de cultiver, etc…) aidant le rendement, dès le milieu du siècle, la pénurie de bras, autrefois dédiés à l’agriculture, a fait monter les salaires.

Un domestique, nourri, gagne annuellement 400 francs contre 250 pour une servante. 50 ans avant, il en gagnait 150.

Un manœuvre nourri gagne en été 2,50 fr, 4 fr si non nourri (1,25 fr pour une femme), soit le double que 50 ans avant. Pour faire une parenthèse, on voit bien que l’égalité des salaires homme/femme encore aujourd’hui discutée, n’est pas une nouveauté !

Bien que la comparaison soit difficile, en 1750, le salaire journalier du manœuvre était de 12 sols.

 

CONCLUSION

Alors… Echenay ressemble bien à l’idée qu’on s’en fait en regardant ces cartes postales du début du siècle dernier. Un village rural, avec ses tas de bois et de fumier devant les maisons de pierres. Des gens simples, travailleurs, tournés vers la terre qui les nourri et à qui ils consacrent leurs efforts, mais néanmoins sur la voie du progrès.

La guerre de 1914 viendra brouiller ce tableau, mais c’est une autre histoire…

Pour ceux de mes lecteurs qui voudraient approfondir le sujet, les recensements numérisés aux Archives départementales de Haute-Marne permettent de retrouver facilement les noms, âges, etc… des personnes évoquées.

 

Source principale : SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE DE L'ARRONDISSEMENT DE WASSY.

STATISTIQUE AGRICOLE DU CANTON DE POISSONS EN 1876  par  M. BRIGANT, Instituteur à  Noncourt.

 « Instruction, Travail et Intelligence. »

MÉMOIRE MIS AU CONCOURS PAR LA SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE DE L'ARRONDISSEMENT DE WASSY ET COURONNÉ LE 16 SEPTEMBRE 1877.

 
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MR JEANMAIRE, CORRESPONDANT DE PRESSE - 1892

1 Mai 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Agriculture

La Gazette du village est un hebdomadaire français fondé par Victor Borie, publié à Paris et orienté vers le monde agricole et la population rurale, publié de 1864 à 1936.

La gazette a été sous-titrée successivement « journal républicain, politique et agricole », « politique et agricole », « journal agricole démocratique », « journal agricole d'information et de défense paysannes ».

Sa périodicité (traditionnellement, elle paraissait « tous les dimanches ») a été perturbée pendant les périodes de guerre.

 

Source : Wikipédia

 

Pour recueillir les informations nécessaires à la rédaction, le journal tisse un réseau de correspondants locaux en région. 

On y trouve ainsi la trace de M. JEANMAIRE, correspondant « des environs d’Echenay », qui nous donne un bref aperçu de l’année agricole 1892 des Epincellois :

Informations climatiques, rendement… Et puis, peut être une surprise pour certains, Echenay, terre de betteraves…

 

 

 

gazette du village 

 

La Gazette du Village - 22 Mai 1892

 

Haute-Marne : « Les blés sont généralement beaux, sauf ceux qui out été semés trop tard ou avec du blé provenant de la récolte de 1890, écrit M. Jeanmaire, des environs d'Echenay. Les dernières gelées ont causé beaucoup de mal aux arbres fruitiers.
Nous n'avons plus d'espoir que dans quelques pommes tardives.

Pour les prairies naturelles et artificielles, il faudrait de l'eau, la grande sécheresse et les froids ayant beaucoup retardé la végétation, il en est de même pour les avoines. »

 

La Gazette du Village - 13 Novembre 1892

 

Haute-Marne : « Les dernières pluies ont  beaucoup contrarié la fin des semailles d'automne ainsi que l'arrachage des betteraves écrit M. Jeanmaire des environs d'Echenay. Celles plantées dans un champ copieusement fumé ont, malgré la sécheresse, donné une récolte moyenne.

A ce sujet, j'ai essayé dans le courant de juin, de replanter dans les vides, des betteraves
disette, Mammouth et géante de Vauriac. Naturellement ces dernières n'ont pas atteint
le volume des premières levées, mais le résultat est satisfaisant car, il m'a permis
d’avoir une récolte légèrement au dessous de la moyenne qui sans cela eut été dérisoire.

 Les pommes de terre ont beaucoup donné. »

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EPIZOOTIE A ECHENAY EN 1769

15 Janvier 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Agriculture

La revue Mercure de France fait part en Mai 1769 d’une grave épizootie qui frappe la région d’Echenay et qui oblige les élites locales à demander l’aide d’un vétérinaire royal afin d’enrayer la maladie. Il y réussira semble t’il avec succès, préservant les paysans d’une catastrophe agricole et économique.  

 

Ecoles Royales Vétérinaires de Paris

 

Une maladie, dont les progrès étoient aussi rapides que cruels, ayant attaqué les bêtes à cornes de plusieurs paroisses de l’élection de Joinville , généralité de Champagne,  M. Rouillé d'Orfeuil , intendant de cette généralité, ayant demandé des secours à l'école royale vétérinaire de Paris, le nommé Beauvais fut aussitot envoyé dans ces mêmes paroisses. Par les états dûement certifiés des traitemens qu'il y a faits, on voit que les soins de cet élève n'ont pas été infructueux.

 

D'abord dans la paroisse de Saudron il coupa court au mal par les remedes préservatifs qu'il administra à quatre vingt de ces bêtes ; il en guérit cinq malades.

 

Dans la paroisse de Mandre, les préservatifs furent donnés à cent quarante bêtes, dont huit tombèrent néanmoins malades. Il les conduisit à guérison ; il y en traita cinquante quatre autres, il en a guérit quarante-neuf.

 

Dans la paroisse de Soulincourt , les remedes préservatifs furent administrés á quarante neuf bêtes, quinze néanmoins atteintes de la maladie  il en sauva huit, & les sept autres qu'il perdit ne moururent que par la faute des propriétaire toujours attachés à de vains préjugés Les remedes curatifs furent donnés à vingt deux malades, seize furent guéris.

 

Dans la paroisse d'Echenay , où il y avoit déjà quarante & une bêtes mortes avant son arrivée, il en traira quarante et une, & en guérir quarante. Il administra les préservatifs à trente-deux, dont cinq tomberent malades, & ces trente - deux bêtes sont restées aux cultivateurs.

 

Enfin, dans la paroisse de Guillomé, il en traira trente huit& en guérit trente. II donna des préservatifs á quarante-deux, dont deux furent néanmoins atteintes de la maladie ; il les guérit aussi.

 

On lit avec satisfaction , au bas des états particuliers á chacune de ces paroisses , les attestations des curés & principaux habitans : elles font conçues de maniere à exprimer leur reconnoissance, sur un service aussi important qui les a mis a portée de continuer leurs travaux, & de ne pas laisser leurs terres sans culture, comme plusieurs ont été obligés de le faire par le défaut des bestiaux enlevés par la maladie.

 

II s agissoit ici d'une véritable péripneumonie que les paysans les plus aisés traitoient avec des rôties au vin , &. les plus misérables avec de l'urine et du vinaigre.

 

Source : Mercure de France – Mai 1769

 

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Quelques explications sur cette revue :

Le Mercure Galant (1672-1724)]

Le Mercure Galant est fondé par Jean Donneau de Visé, tout d’abord sous la forme d’un trimestriel (puis d’un mensuel), le Mercure Galant, dont le but est d’informer le public des sujets les plus divers et de publier des poèmes ou des historiettes. La première livraison date de 1672

 

MERCURE-DE-FRANCE.jpg

Le premier Mercure de France (1724-1823)

La revue continue à paraître après la mort de son fondateur, d'abord avec Charles Dufresny.

Sous Antoine de La Roque, elle change de titre en 1724 et devient le Mercure de France, dédié au roi. Jean-François de La Harpe en est le rédacteur pendant vingt ans, associé avec Jacques Mallet du Pan. Chateaubriand en est un moment propriétaire[1]. Elle cesse de paraître en 1825

 

Source : wikipédia

 

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CAISSE DE PREVOYANCE AGRICOLE - ECHENAY 1900

18 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Agriculture

La deuxième moitié du XIX éme siècle a vu un développement important de l’agriculture :

nouvelles variétés de culture, machinisme mais aussi nouveaux procédés, recours à l’engrais, etc…

 Mais l’agriculture reste l’agriculture, avec ses risques climatiques, ses epizooties, ses maladies agricoles (comme le phylloxéra qui a décimé les vignes) et l’agriculteur cherche des solutions pour s’en protéger.

 Ainsi naitront les caisses de prévoyance agricole et Echenay ne sera pas à la traine du mouvement.

 

                                                 troupeau-vaches-foudroye-Nievre-10-juin-1907                                             Illustration: Vaches foudroyées, agriculteur ruiné

 

AVRIL 1901- Les Caisses de Prévoyance contre la Mortalité du Bétail en Haute-Marne.

Nous avons la satisfaction d'enregistrer l'évolution du mouvement mutualiste agricole qui a récemment pris naissance en Haute-Marne. Des Caisses de prévoyance contre la mortalité du bétail s'organisent dans la plupart des communes il existe des bonnes volontés et des initatives pour les rassembler.

Les Professeurs d'agriculture se font toujours un devoir de provoquer et de guider ces organisations mutuelles que la loi du 4 juillet 1900 a tant favorisées.

Placées maintenant sous l'égide de la loi de 1884 sur les Syndicats professionnels, les petites Caisses mutuelles, si utiles aux cultivateurs peu fortunés, sont à « l'abri des entraves fiscales», et leur nombre augmente rapidement.

 Cette importante question a fait des progrès en Haute-Marne pendant l'année agricole 1899- 1900. Les cultivateurs ont enfin compris les avantages qu'ils peuvent retirer de l'assurance mutuelle et le nombre de ceux qui se prêtent à l'organisation des caisses communales augmente chaque jour.


La situation des caisses mutuelles d'assurance contre la mortalité du bétail établies au 1" mai dernier, dans notre département, est résumée dans le tableau suivant :

 [ ]

En résumé, il existait 41 Sociétés communales se répartissant ainsi :

22 dans l'arrondissement de Chaumont ;
16 dans l'arrondissement de Langres ;
3 dans l'arrondissement de Wassy.

La progression suivie par l'établissement de ces Sociétés est la suivante :


                            Nbre de          Nbre               Nbre                Valeur du
                             Sociétés     d’assurés       d’animaux            bétail assuré

                                                                        assurés


Au 1" mai 1898.      2                  97                  470                         108.400

Au 1" mai 1899.      7                 168                 944                         256.345

Au 1" mai 1900.    41                  831             3.716                      1.001.420

Le total des subventions accordées par l'Etat pour les frais de premier établissement de ces caisses s'élevait à 14.650 fr.

Depuis le 1" mai, il s'est constitué neuf nouvelles caisses dans les communes suivantes : Bricon, Briaucourt, Langres, Vaux-sous-Aubigny, Saint-Broingt-les-Fosses, Rosoy, Damrémont, Humberville, Echenay, ce qui porte à 50 le nombre des caisses d'assurances existant en Haute-Marne.

 

Source : Rapports du Conseil Général de Haute Marne – Avril 1901

 

 

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QUAND ON EST FIER ET QU'ON S'EXPOSE, CA PAYE ! - 1860

6 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Agriculture

De tout temps, les foires et autres comices agricoles ont attiré marchands et exposants pour vanter la qualité de leur travail ou, tout simplement, pour vendre leur production.

Les gens d’Echenay étaient aussi sensibles à ce genre de manifestation et allaient parfois assez loin (pour l’époque!) pour faire reconnaître leur savoir faire.

Ainsi, ce Monsieur Garolat qui n’aura pas fait le voyage de Troyes avec ses bêtes pour rien 

 

Source : L’Exposition de TROYES illustrée – N°3 – 17 mai 1860

 

 

                        LISTE DES PRIX ET MEDAILLES

DÉCERNÉS AU CONCOURS REGIONAL DE TROYES, LE 13 MAI 1860.

 

ANIMAUX REPRODUCTEURS.

Première classe Espèce bovine.

 

1ére CATÉGORIE – VACHES FRANCAISES DIVERSES PURES.

 

1ére Section.—Mâles.

 

1er prix et 500fr. M.Cortot à la Cour-d'Arsenay (Côted'Or).

2e prix et 400fr.  M.Garolat à Echenay (Haute-Marne).

3e prix et  300fr. M.Saussier à Viàpres-le-Grand (Aube).

 

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MM. GOLDSMITH PERE ET FILS, A LA FERME D’ECHENAY 1872

6 Novembre 2011 , Rédigé par echenay Publié dans #Agriculture

Je dédis ce premier article consacré à l’agriculture ancienne à mon ami JM (il se reconnaitra !) et à sa famille.

Il se trouve concerné « au premier plan », puis, doublement, attaché comme il est à Echenay et à ses terres.

Avec toutes mes amitiès.

 

 

Extrait du Bulletin de la Société d’Agriculture de l’arrondissement de WASSY

                        -1872-

 

MM. Goldsmilh cultivent, à titre de fermiers, le domaine d'Echénay appartenant à la

famille dePimodan, moyennant un fermage annuel de 14,000 fr. outre les charges

diverses d'environ 1,000 fr.

La ferme d'Echénay se compose de 160 hectares de terres labourables, et de 80

hectares de prés naturels. Le prix de location est donc d'environ 55 fr. l'hectare, plus

les charges qui l'augmentent encore. C'est une moyenne élevée pour le canton, où

généralement les terres se louent 25 fr. environ.

MM. Goldsmilh ont entrepris là une tâche ardue et difficile, possible seulement à

des cultivateurs laborieux, intelligents et possédant des avances considérables. Le

matériel d'exploitation représente une valeur importante. Les instruments perfectionnés

sont employés et appréciés à Echénay. Les terres, d'ailleurs, s'y prêtent

admirablement par l'étendue des pièces et par l'absence d'ados et de pentes rapides.

Les champs sont cultivés à plat; les roies ont peu de profondeur et, par conséquent,

ne gênent en rien le travail des machines.

. MM. Goldsmilh se louent particulièrement de l'emploi du bisoc qui leur permet

l'économie d'un homme pendant les semailles. C'est là, en effet, le grand avantage

qu'offre cet instrument, à une époque où l'on n'a jamais assez d'hommes capables de

conduire un attelage de 3 ou 4 chevaux et de tenir en même temps les mancherons

d'une charrue.

Le bétail delà ferme d'Echénay, bien que nombreux et représentant une mise de

fonds considérable, n'atteint pas encore un chiffre suffisant pour une aussi grande

étendue de terres.

Ainsi que la Commission a été à même de le voir, il se compose de :

20 chevaux de trait ; 12 génisses;

5 poulains; 6 veaux;

19 vaches; 140 brebis;

10 boeufs et godins ; 140 agneaux;

3 taureaux; 220 moutons,

plus un étalon acheté par le département et repris par M. Goldsmilh pour la somme

de 3,100 fr.

Le troupeau de MM. Goldsmith est l'objet de soins constants et appliqués avec

intelligence. Il se compose de bêtes à longue laine de race Lorraine. Tous les animaux

: brebis, moutons et agneaux qui le composent sont vigoureux et en parfait état

de santé. A quelque époque de l'année qu'un acheteur se présente, ces messieurs ont

toujours un lot de bêles en excellent état et qu'ils vendent généralement à des prix

rémunérateurs. C'est là pour eux une de leurs plus grandes sources de profits.

Chaque année ils livrent, en effet, de 150 à 200 têtes de moutons à la boucherie.

MM. Goldsmilh se proposent d'ailleurs d'introduire le sang Dishley dans leur trou

peau. Tant au point de vue de la précocité que de l'amélioration générale des animaux,

ils ne peuvent mieux faire, et la Commission ne saurait trop les engager à entrer dans

cette voie de progrès.

MM. Goldsmilh s'appliquent aussi à l'élevage du cheval pour lequel ils n'hésitent

pas non plus à faire les sacrifices nécessaires, ainsi qu'on à pu le voir par l'achat

qu'ils ont fait d'un étalon de 3,100 fr.

Indépendamment des boeufs qu'ils attellent dans les moments de presse, ils élèvent

en moyenne 4 ou 5 poulains et remontent ainsi leur écurie. Ils vendent en outre quelques

chevaux de loin en loin. Est-ce là une source de profits certains ? La Commission

ne saurait se prononcer, bien qu'il soit de toute évidence que de tous les genres

d'élevages, celui du cheval est de beaucoup le moins lucratif, et mérite presque d'être

classé parmi les maux nécessaires.

Le sol de la ferme est occupé en 1877 par les emblavures suivantes :

53 hectares blé.

50 — avoine.

4 — orge.

2 — seigle.

8 — luzerne.

3 — sainfoin.

4 — trèfle.

12 — minette.

5 — pommes de terre.

3 — betteraves.

16 — jachère morte.

Total 144 hectares

Comme on peut le voir, il ne se trouve dans la ferme que 16 hectares de jachère

morte, tout le reste est emblavé en fourrages, plantes sarclées et minettes servant de

pâturage aux moutons. C'est là sans aucun doute un résultat important obtenu dans

un pays où la jachère morte occupe une étendue de terres qui pourraient être si utilement

employées à la production des fourrages destinés à assurer la fertilité de toute

bonne exploitation. Il faut espérer que MM. Goldsmilh ne s'en tiendront pas là, et que

dans un avenir très-prochain leurs jachères seront totalement emblavées en fourrages,

en même temps que le chiffre de leurs bestiaux s'accroîtra et leur procurera par cela

même les quantités de fumier nécessaires à une exploitation de cette importance.

La ferme d'Echénay ne laisse rien à désirer sous le rapport de la tenue des cultures,

qui y sont faites avec intelligence.

Nous n'en dirons pas autant de la prairie, qui nécessiterait de grandes améliorations

qui deviendraient par la suite une source de profits considérables. Les fossés et les

rigoles d'irrigation, s'ils étaient curés, donneraient certainement lieu à une production

de fourrage beaucoup plus abondante. Certains endroits de la prairie méritent à

peine le fauchage et pourraient devenir très-bons. Mais ce résultat fâcheux ne peut

être imputé aux fermiers et provient de l'incurie et de la négligence des propriétaires

qui sont tenus, d'après le bail, de faire faire à leurs frais les travaux d'entretien

nécessaires à cette prairie trop négligée.

En résumé, la Commission a trouvé à la ferme d'Echénay des cultivateurs laborieux

et intelligents auxquels elle n'a pas hésité à décerner la Prime d'honneur offerte par

la Société d'Agriculture de l'arrondissement de Wassy.

 

 

Signé BRICHART.

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