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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

LA MERE FILLETTE

18 Décembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

A chercher dans l’histoire d’Echenay, j’ai découvert qu’au-delà de la famille de Pimodan, certains Epincellois avaient été connus ou reconnus au-delà du village par leur métier, leur carrière militaire ou d’autres choses encore. J’essaierai donc de les évoquer au hasard de mes recherches.

 

Toutefois, c’est par une anonyme que je débute cette catégorie. Elle ne manque pas de d’humour, bien transcrit par le Comte de Pimodan.

 

 

Tableau de LE NAIN 

petite-vieille.jpg« Il y avait dans mon enfance à Échenay une petite vieille proprette, menue, courbée, dont le nom s'est perdu pour moi dans le surnom de mère Fillette que les campagnards lui donnaient. Elle ignorait son âge exact, mais savait qu'elle était née au château bien avant la Révolution. Son père tenait à bail un moulin accoté sur l'ancienne poterne, et dont l'eau des fossés faisait tourner la roue.

 

J'aimais à causer avec la mère Fillette, car elle seule connaissait encore une foule d'histoires sur mes grands-parents. Elle contait entre autres que  la marquise de Pimodan, née Gouffier, bru de Charles-Joseph, faisait atteler chaque dimanche les chevaux de la reine d'Espagne pour franchir les cent mètres séparant l'église de la grille du château.

« C'est pas qu'elle fût fière, corrigeait la vieille, par crainte de médire, mais c'était son allure. »

 

Sans approfondir cette belle histoire, qui flattait ma vanité enfantine et charmait mon imagination comme un conte de fées, j'accusais à part moi la mère Fillette de radoter. Plus tard, j'ai fait à sa mémoire quelque amende honorable. Il est fort possible, en effet, que l'écuyer de la reine d'Espagne ait reçu, en cadeau ou en legs, quelques-uns de ses chevaux. Seulement, Louise-Elisabeth étant morte en 1741 et la mère Fillette n'ayant guère pu naître avant 1775, il faut croire que les augustes chevaux atteignirent des âges imprévus, ou bien que l'admiration populaire tenace continua de les voir en leurs arrière-successeurs. » [ ]

 

L'intarissable mère Fillette contait qu'au début de la Révolution, de mauvais gars courant les campagnes vinrent réclamer à mon trisaïeul « les droits de l'homme ». Ne sachant guère ce que cela pouvait être, ils prononçaient droits sans faire sonner l'r, tant et si bien que le marquis impatienté finit par allonger une maîtresse gifle au chef de la bande en lui disant :

« Tiens ! les doigts de l'homme, les voici! »

   

 

Source : « Simples Souvenirs 1859-1907 » par le Comte de Pimodan – Plon 1908

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