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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

DE LA RONDEUR DE LA TERRE – 1760

9 Juin 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Echenay et le Progrès

Dans le recueil « Les Sonnets de Pimodan » paru chez Léon VANIER, Éditeur,  19, Quai Saint-Michel à PARIS en 1898, Gabriel de Pimodan consacre son premier chapitre à l’astronomie sous le titre « Les mondes infinis ». Pas moins de 22 poèmes !...

 

Certes, les étoiles, les nébuleuses et les soleils flamboyants des galaxies lointaines ont toujours nourri les poètes et notre Epincelloi n’échappe pas à cette source d’inspiration.

 

Mais il me plait d’imaginer qu’il y a peut-être d’autres raisons : des souvenirs de discussions familiales par exemple, dans une famille ou la mémoire des aïeux joue un grand rôle ?

 

En effet, certains ancêtres du poète, proches de  « l’Académie Royale » se sont intéressés à l’astronomie en tant que science et il est possible que cela ait renforcé son inspiration.

 

Je vais tenter d’expliquer clairement cette supposition :

 

 « L'Académie des sciences doit son origine à la fois aux cercles de savants qui dès le début du xviie siècle se réunissent autour d'un mécène ou d'une personnalité érudite, et aux sociétés scientifiques permanentes qui se constituent à la même époque, telles l'Accademia dei Lincei à Rome (1603), la Royal Society à Londres (1645)…

 

En 1666, Colbert crée une Académie qui se consacre au développement des sciences et conseille le pouvoir en ce domaine. Il choisit des savants, mathématiciens (astronomes, mathématiciens et physiciens) et des physiciens (anatomistes, botanistes, zoologistes et chimistes) qui tiennent leur première séance le 22 décembre 1666 dans la bibliothèque du Roi, à Paris. Pendant ses trente premières années, l'Académie fonctionne sans statuts. »

L'Académie royale des sciences siège au Louvre ».

 

Intervient alors dans ce récit « Jean-Paul Grandjean de Fouchy, né le 10 mars 1707 à Paris et mort le 15 avril 1788 dans la même ville, [qui] est un astronome et auditeur à la Chambre des comptes. Le 31 août 1743, il est élu secrétaire perpétuel de l’Académie royale des sciences. Il remplit cette fonction pendant une trentaine d’années. Il prononce 64 « éloges », dont celle de Louis Godin.

 

Source : Wikipédia

 

En effet, on retrouve l’éloge dans le tome 1er de  l’« Histoire de l’Académie Royale »  pour l’année 1760 et Grandjean de Fouchy, proche de Godin, nous narre la vie de ce dernier.

 

Qui est ce M. Godin qui nous amènera aux Pimodan ?

 

Wikipédia nous le présente :

 

Louis Godin, né à Paris le 28 février 1704 et mort le 11 septembre 1760 à Cadix, est un astronome français. Il est membre de l'Académie des sciences au titre d'adjoint géomètre le 24 août 1725, adjoint astronome le 11 août 1727, associé astronome le 4 juillet 1730, pensionnaire astronome le 24 août 1733. Louis Godin est devenu membre de la Royal Society le 27 mars 1735. Démissionnaire par suite de son établissement à Lima (Pérou), il est remplacé le 25 décembre 1745 par Cassini de Thury, puis réintégré à l'Académie sous le titre de pensionnaire vétéran le 15 juin 1756.

Il est envoyé par Louis XV au Pérou en 1736 avec Charles Marie de La Condamine, Pierre Bouguer et Joseph de Jussieu pour conduire une mission scientifique afin de déterminer si, comme l'avait supposé Newton, la terre est renflée à l’équateur et aplatie aux pôles.

Il séjourne plusieurs années en Amérique du Sud, notamment à Lima où il est témoin du tremblement de terre de 1746. Il participe peu aux mesures et dilapide son argent. En 1744, ruiné, il se fait professeur et journaliste à l’université de Lima pour payer son retour. En Europe, tombé en disgrâce, il devient directeur de l'École de marine de Cadix. Il fait également un voyage au Portugal et assiste au tremblement de terre de Lisbonne en 1755.

 

Voici quelques extraits de cet éloge:

 

Louis Godin, Colonel d'Infanterie au service de Sa Majoré Catholique, Directeur de l'Académie des Gardes-Marine d'Espagne, des Académies Royales des Sciences de France, d'Angleterre, de Prusse & de Suède, naquit à Paris le 28 Février 1704, de François Godin, Avocat en Parlement & d'Élisabeth Charron.

Il fit ses études au Collège de Beauvais, & les fit avec le succès le plus brillant; une imagination vive & fleurie, jointe à une extrême justesse d'esprit & à une heureuse mémoire rendoient presqu'inutile à son égard cette multitude de règles qui fatiguent souvent plus l'esprit des Commençans qu'elles ne l’éclairent. [  ]

 

Le cours des humanités de M. Godin étant fini, la philosophie lui ouvrit une nouvelle carrière, en lui présentant une idée de toutes les sciences humaines […]

Bientôt l’astronomie eut attiré ses regards et fixé le choix du jeune philosophe et malgré les remontrances de son père, il sacrifia toutes ses autres occupations à cette étude favorite à laquelle il se livra entièrement & sans réserve [ ].

 

Dès que M. Godin fut entré à l’académie, on espéra de trouver une ressource dans ses talens, & on osa malgré sa jeunesse, le charger  [ ] de rassembler les ouvrages & les observations des différens académiciens & de les faire imprimer en un seul corps [ ].

Ce travail, qui occupa M. Godin pendant plusieurs années suffisoit sans doute pour occuper un homme tout entier ; il n’avoit cependant pas abandonné le ciel ni l’astronomie, & les Mémoires qu’il donna pendant toute la durée de cette édition en fournissent la preuve la plus compléte. [ ]

 

Nous voici insensiblement arrivés à l'endroit le plus intéressant de la vie de M. Godin : nous ne répéterons point ici ce que nous avons dit dans les Éloges de M. Cassini, Bouguer & de Maupertuis de la dispute qui s'éleva sur la détermination de la figure de la Terre. Cette question intéressait trop les Astronomes de l'Académie pour que M. Godin y pût être indifférent: il avoit donné dès l'année 1733 un moyen de décrire & de mesurer sur le terrain une parallèle à l'Equateur, & il y avoit  joint des réflexions sur la proportion de ces cercles dans les différentes figures qu'on pouvoit supposer au globe terrestre.

Il résultait de ces réflexions, que la nature de la courbe que suit chaque méridien étant inconnue, il étoit très difficile de la déterminer par la mesure de quelques degrés, à moins qu’on ne choisit ceux qui pourroient donner les plus grandes différences ; & que l’un de ces termes devant être certainement le degré le plus voisin de l’équateur, il étoit d’autant plus utile d’en entreprendre la mesure, que les circonstances locales permettroient peut être de déterminer immédiatement celui de l’équateur.

 

Nous demeurions alors ensemble, tous deux unis des liens de l’amitié, tous deux Académiciens, tous deux occupés des mêmes objets, il étoit assez naturel que nous nous fissions part réciproquement de nos idées : un de nos amis*, logé dans le même endroit, se plaisoit à prendre part à nos entretiens [  ].

 

L’astérisque, présente dans le texte, renvoie aux informations suivantes :

 

M. le Chevalier de Pimodan, frère de M. le Comte d’Echenay, grand Bailly & Lieutenant général pour le Roi, des villes & pays de Toul, oncle de M. le Marquis de Pimodan, aujourd’hui Cornette de la seconde Compagnie des Mousquetaires du Roi, & de M. de Pimodan, Chevalier de Malte, Officier au Régiment des Gardes-Françoises.

 

Source : Histoire de l’Académie Royale des sciences - 1760 –  Edité à Paris chez Panckoucke, Hôtel de Thou, rue  des Poitevins en 1777

 

Finalement, le souvenirs des ces discussions d'érudits au Louvre a-t-il traversé les années au fil de récits familiaux, transmis de père en fils?

Peut-être mais je ne le pense pas réellement. Gabriel de Pimodan trouvait seul son inspiration.

 

Cette évoquation ne m'a servi que de prétexte pour montrer qu'Echenay, petit village Champenois, pouvait s'enorgueillir de ses personnalités savantes qui, décidemment, étaient souvent bien proches des domaines novateurs de leur temps!

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