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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

GEOFFROY IV - 6eme seigneur connu d'Echenay - XIIe SIECLE

28 Novembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Millénium - Les seigneurs d'Echenay- 1000 ans

Geoffroy-IV.JPG

 

GEOFROI IV DIT VASLET OU LE JEUNE


Le sire de Joinville, Geoffroy IV, était un des plus ardents chevaliers de cette époque ; à un courage de héros, il joignait une piété sincère. Ne se reposant pas seulement sur son bras, il vient au couvent de Der et prie son respectable cousin de bénir ses armes.


Les Moines du Der – par l’abbé M.A Bouillevaux, curé de Cerisières – Montiers en Der - 1845


Né en 1145 sous le règne de Louis VII le jeune, Geofroi IV reçut, du vivant de son père, le double surnom qui le distingue, et lui succéda comme seigneur de Joinville et sénéchal de Champagne. Albéric le nomme parmi les chevaliers qui prirent la croix en 1190 ; et, dans l'épitaphe de sa famille à Clairvaux on lit qu'il fut : « Chevalière li meudres de son temps, et ceste chose a paru es grans fais qu'il fist de sa mer et delà. »

Photo Auditoire de Joinville

 


Sous le règne de Philippe Auguste, il partit en effet pour la troisième croisade commandée par les rois Philippe-Auguste et Richard-Cœur-de-Lion, accompagné de ses deux fils Geofroi et Simon. Le but de cette expédition était de délivrer Jérusalem que Gui de Lusignan avait perdue en 1187. Le sire de Joinville était au nombre des vassaux de Henri II, comte de Champagne, qui se mit en route avant les rois de France et d'Angleterre, sans doute vers le mois de mai de l'année 1190. Ils s'embarquèrent à Marseille et arrivèrent le 27 juillet sous les murs d'Acre dont Gui de Lusignan avait commencé le siège un an auparavant.

 

prise_acre1191.jpg                                       Remise de la ville d'Acre à Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion

 

 La noblesse de Champagne s'illustra entre toutes, dans cette laborieuse expédition ; la famine et la maladie décimèrent l'armée des croisés : au commencement de l'année 1191, elle était réduite des deux tiers. La ville ne capitula que le 27 juillet suivant. Geofroi IV y périt(en 1191).


Son fils Geofroi, dit Trouillard, resta en Palestine et ne rentra en France que l'année suivante (D'après Longnon (Vassaux de Champagne), il ne serait revenu qu'en 1196. Mais cette date est contestable : car il semble exister un acte de Geofroi V de 1192).


D’où vient ce surnom si curieux pour un « ardent chevalier» ? Aurait-il faibli subitement en terre Sainte ? Que nenni !


« Un pirate génois, nommé Trouillard, était venu incendier le soir, les embarcations des croisés. Geofroi, qui péchait au bord de la mer, s'élança sur lui et le tua d'un coup de l'instrument de pêche dont il se servait. D'autres font venir ce surnom de l'engin de pêche, appelé trouille, que notre chevalier avait à la main (Didot, p. CXXXII). »


Mais revenons à Geofroi IV. Il avait épousé Helvide de Dampierre dont il eut huit enfants.


Dans plusieurs chartes, il prit le titre de frère de Hugues de Broies (son frère utérin), sans doute afin de se distinguer de son père et de son fils. Ces documents témoignent de ses libéralités en faveur des maisons religieuses déjà dotées par ses prédécesseurs.


Le catalogue des titres du Val d'Osne mentionne trois actes de Geofroi en faveur de ce prieuré sous les dates de 1188,1189 et 1190.


Il fit à l'abbaye de Montierender l'abandon de ses droits d'avoué et vint demander à l'abbé Vinter de bénir ses armes avant de partir pour la croisade (Bouillevaux, p. 173).


En 1188, il fit don à l'abbaye de Saint-Urbain d'une vigne à Mussey pour la fondation de l'anniversaire de son père. Il confirma la fondation du prieuré de Saint-Jacques et fit plusieurs libéralités au chapitre de Saint-Laurent.


Nous pouvons citer du même Geofroi IV un acte de l'année 1189, en faveur de l'abbaye d'Evaux, par lequel il déclare exempt de toutes servitudes le pré du clos situé à Vaucouleurs donné par son père en 1187. Les habitants prétendaient avoir le droit d'y faire paturer leur bétail et de s'exercer au tir.


Deux actes non datés, appartenant aux archives de la commanderie de Ruetz, constatent l'abandon fait à cette maison par Hatton de Sommeville de plusieurs propriétés litigieuses. L'un d'eux en forme de transaction, est l'oeuvre d'Helvide, dame de Joinville.

 

LA FAMILLE DE GEOFROI IV

 

Sa femme Helvide, fille de Guillaume de Dampierre, connétable de Champagne, et d'Ermengarde, eut pour petits neveux les comtes de Flandre de la maison de Dampierre. Elle apporta en dot les terres de Magney et de Remignicourt (Ducange).


Ils eurent neuf enfants, savoir :


I. Geofroi V. (Richard Cœur de Lion lui octroiera en 1194 le droit de porter son lion sur les armoiries des Joinville)


II. Robert, qui prit la croix en 1198, avec son frère Geofroi et Gauthier de Vignory, suivit en Pouille le comte de Brienne, Gauthier III (1). Il est mentionné dans un acte de 1188 qui précède et dans un autre de l'année 1201 [ ].


III. Simon, qui succéda à Geofroi V.


IV. Guillaume, d'abord archidiacre de Châlons, puis évêque de Langres, en 1209, et archevêque de Reims, en 1219 (2). [ ]


On lit dans Villehardouin : « Et quant Joffrois li mareschaux passa Moncenis, si encontra le conte Gautier de Brienne qui s'en aloit en Puille, conquerre la terre sa femme qu'il avoit espousée, puis qu'il ot prise la crois, et qui estoit fille au roi Tencré. Avec lui aloit Gautiers de Montbéliart et Eustaces de Conflans, Robert de Joinville et grant partie do la bone gent de Champaigne qui croisié estaient » (Ch. XX, XXI).

 

(2)   D'après l'abbé Mathieu, Guillaume aurait été d'abord moine de Clairvaux (Ev. de Langres, p. 90) ; mais c'est par erreur que l'auteur lui donne pour mère Sybille de Bourgogne.


V. Gui., auquel son père Geofroy fit don des fiefs de Sailly, Donjeux, Echenai, Augéville, etc.


VI. André de Joinville qui fut templier.


VII. Yolande de Joinville, fut épousée en secondes noces par Raoul de Nesle, comte de Soissons ; elle mourut en 1223.


VIII. Félicité épousa Pierre de Bourlémont; son fils Geofroi de Bourlémont, est nommé avec elle dans un titre de 1237.


Ducange suppose que Marguerite, épouse de Hogier de Donjeux, seigneur de Lafauche, était fille de Geofroi IV, mais il fait confusion avec Marguerite d'Yceleu citée par le P. de sainte Catherirte (V. cependant Jolibois. V. La Fauche).


Les six fils de Geofroi le Jeune sont mentionnés dans la chronique d'Albéric, qui s'exprime en ces termes :


« 1201. En ce temps là, il y avait à Joinville cinq frères, savoir : Geofroi, Robert, Simon et Gui, chevaliers et Guillaume clerc; leur autre frère André devint chevalier du Temple. Robert suivit le comte Gautier, et partit pour la Pouille où il périt. Geofroi, l'aîné, surnommé Trulard, se distingua dans les combats, prit la croix, passa la mer et mourut après de nombreuses prouesses. Simon devint seigneur de Joinville. Gui fut seigneur de Sailly, et Guillaume archidiacre de Châlons.


« 1208. Mort de Robert évêque de Langres qui avait succédé à Hilduin ; il a pour successeur Guillaume de Joinville.


« 1209. Guillaume, évêque de Langres, frère de Simon de Joinville, devient archevêque de Reims, le cinquième jour des ides de juin. »

 

 

Simonnet, Jules (1824-1875). Essai sur l'histoire et la généalogie des sires de Joinville. (1008-1386.)... 1875.

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