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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

LA FAMILLE GUILLAUME-MASSONNET - ECHENAY 1903

27 Novembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

Les familles nombreuses ont toujours fait l’avenir d’un pays. C’est sa richesse vive.


S’il n’est pas question de retracer l’histoire de toutes les familles nombreuses d’Echenay, au moins puis-je en citer une.


Nous sommes au tournant du XXème siècle.


Joseph Jean Baptiste Guillaume est né le 9 juin 1856 à Echenay de Dominique Nicolas et de Marguerite Louviot. Marie Appoline Massonnet est, elle, née le 22 juillet 1860 dans ce même village. Ses parents sont Nicolas et  Louise Dupongand.


Ils se sont mariés le 22 novembre 1882, toujours à Echenay.


Tout ça semblerait banal si, de cette union, ne s’etait formée une famille nombreuse.

 

guillaume.jpg


Loin d’Echenay, à Langres, Madame Marie-Françoise-Joséphine Chameroy, veuve de Monsieur Nicolas Plubel, a légué à son décès le 24 mars 1901 toute sa fortune au département de la Haute-Marne par l’intermédiaire de son notaire Me Emile Aubert.


Son testament est ainsi rédigé :


Je sousigné, Marie-Françoise-Joséphine Chameroy, veuve de Monsieur Nicolas Plubel, voulant exécuter les dernières volontés de mon bien aimé mari et honorer sa mémoire, ai fait mon testament de la manière et ainsi qu’il suit.


Je donne et lègue au département de la Haute-Marne un rente annuelle et perpétuelle de 12000 francs, à la charge par lui de distribuer de la manière ci-après les legs et prix que je constitue de la façon suivante, sous le nom de Fondation Plubel – Chameroy.


Premier et deuxième prix : Je constitue deux prix de chacun mille francs, pour les familles les plus nombreuses de cultivateurs, propriétaires ou fermiers, soit le père, soit la mère, ayant huit ou neuf enfants d’une conduite irréprochable et tous occupés aux travaux exclusivement agricoles ou viticoles.


Troisième et quatrième prix : Je constitue deux prix de chacun cinq cent francs, pour les familles de vignerons, soit le père, soit la mère, ayant huit ou neuf enfants d’une conduite irréprochable et tous occupés aux travaux viticoles. [ ]


Suivent encore des prix « de travail », de « vertu » (pour les filles), etc…


Madame Chameroy termine en disant « Notre but commun à mon époux et à moi est de multiplier et d’augmenter les travailleurs agricoles et viticoles, et c’est pour les attacher à la noble profession de l’agriculture, qui est la mère de toutes les industries, la plus moralisatrice, la plus hygiénique, que nous avons pensé à instituer ces quatorze prix. »


A Echenay, chez les Guillaume-Massonnet, la vie est rude. En 1903, ils ont 13 enfants à charge.  Mille francs, ça serait bien ! Aussi s’inscrivent-ils au concours de la même année.


Les prix sont remis lors de comices agricoles afin de répondre aux souhaits du couple Plubel – Chameroy qui souhaitent donner une notoriété publique à leur œuvre et exalter la profession.


Arrive le jour fatidique. Enfin, c’est la proclamation des résultats. La fanfare vient de jouer et le maitre de cérémonie monte sur l’estrade décoré de guirlandes multicolores de papier sous les applaudissements du public…


« Le premier prix est attribué aux époux Denizet-Lamiral, cultivateurs à Nully, canton de Doulevant, père et mère de 15 enfants vivants, ayant toujours habité la commune (demande N°84). »


Les époux Guillaume-Massonnet frémissent !


« Le deuxième prix est attribué à Monsieur Joseph Jean Baptiste Guillaume-Massonnet, cultivateur à Echenay, canton de Poissons, père et mère de 13 enfants vivants, habitant ladite commune depuis 46 ans (demande N°65) »


La famille Guillaume saute de joie et applaudit. Pensez, 1000 francs !!


« Le troisième prix est accordé à Monsieur Marguérard, vigneron à Anrosey, père de 10 enfants vivants… »


Qu’importe le troisième prix!... Les Guillaume n’écoutent plus et se congratulent ! Après avoir bu avec leurs amis quelques chopines de cet excellent vin de Saint-Urbain, ils reprendront le chemin d’Echenay. Pour sûr, les sabots seront légers…

 

 

Hélas, la famille sera cruellement touchée quelques années plus tard. Deux de leurs fils trouveront la mort lors de la grande guerre. Voir LE MORT OUBLIE D'ECHENAY ET LES AUTRES - 1914  


Sources :

AD 52 recensement de 1906

 

Compte-rendu du Conseil général de Haute-Marne  - Aout 1901 et Aout 1903

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