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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

GEOFFROY III, 5eme seigneur connu d'Echenay - XIIe SIECLE

28 Novembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Millénium - Les seigneurs d'Echenay- 1000 ans

Geoffroy III, dit le gros ou le vieux, seigneur de Joinville et d’Echenay, fut très certainement le premier de sa lignée à obtenir la charge de Sénéchal de Champagne. Avec lui commence une formidable épopée militaire et politique de plusieurs siècles pour les seigneurs de Joinville.


Le sénéchal de Champagne était un haut dignitaire du comté de Champagne pendant la période comtale puis ducale, membre de la cour du duc, qu'il présidait en l'absence de ce dernier. Comme tout sénéchal, il assistait son prince dans ses prérogatives exclusivement judiciaires, administratives et comptables (wikipédia).


Selon Ducange, Geoffroi III fut le premier seigneur de Joinville qui ait été investi de la charge de sénéchal de Champagne laquelle appartint depuis à ses descendants héritiers du château de Joinville. Il figure en cette qualité, dans des actes des années 1152, 1153, 1154, 1157,1159, 1161, 1163, 1164 et 1179.


Il avait épousé Félicité de Brienne, et mourut après l'année 1184. Selon toute apparence il suivit le comte de Champagne Henri le Libéral à la seconde croisade (1147).


Saint-Bernard_prechant_la_2e_croisade-_a_Vezelay-_en_114.jpg                                                  Bernard de Clairvaux prêchant la seconde croisade à Vezelay

 

Geoffroy III est alors entre gens de connaissances. La seconde croisade fut prêchée par Bernard de Clairvaux, premier abbé de l’Abbaye du même nom, qu’il devait certainement connaitre. La Champagne fournira d’ailleurs aux croisades bon nombre de « preux chevaliers » et beaucoup périrent.


On rapporte même que Geofroi monta sur le même vaisseau que le roi de France, Louis le Jeune (Fériel, p. 71). Il fut inhumé à Clairvaux : c'est à lui que doit s'appliquer la première partie de la mémorable épitaphe, composée en l'honneur de ses ancêtres par Jean son arrière-petit-fils.


 « Diex sires tous poussans, je vous proie que vous faices bone mercy à Jofroi, signour de Joinville qui ci gist, cui vous donastes tant de grâce en ce monde, qui vous fonda et fit plusours esglises en son tans, c'est à scavoir : l'abie de Cuiré, de l'ordre de Cités, item l'abie de Jauvillier, de Prémontréi ; item la maison de Maaton, de l'ordre de Grandmont, item la Priouléi dou val de Onne, de Moleimes; item l'esglise de Saint-Lorans dou chastel de Joinville; dont tuit ci! qui sont issu de ly doivent avoir espérance en Deu que Deus l'a mis en sa compaignie, pour ce que li saint témoignent qui fait la maison Deu en terre, atufie la seue propre maison en ciel. Il fu chevalière, etc. ».


Le Gallia Christiana a conservé le souvenir des nombreuses libéralités auxquelles fait allusion l'épitaphe qui précède. On doit à Geofroi III la fondation du prieuré du Val d'Osne (1145), celle de l'abbaye d'Ecurey (1144), celle de la maison de Mathons ou des Ermites, dépendant de l'abbaye de Macheray à laquelle il donna les terres nécessaires à son établissement et des droits d'usage dans la forêt (1168). Il fit des dons considérables, en 1132, à l'abbaye de Vaux-en-Ornois, à celle de Riéval, puis, en 1157, à la Chapelle-aux-Planches, à l'abbaye de Boulancourt (1).

 

(1) V. Didot p. LXVXI. Ce qui suit s'applique certainement à son fils Geofroi IV, bien que le texte puisse donner lieu à quelque confusion.


Il fonda l'abbaye de Jovillier en 1160, la maison-Dieu de Vaucouleurs (1164), et prit part à la fondation de la commanderie de Ruetz (2). C'est en la personne de Geofroi III que finit la dévolution des domaines du Blaisois (cf Vallée de la Blaise), déterminée par la charte de l'abbé Brunon, en faveur de Geofroi I.


Une transaction passée avec l'abbé du Der, régla ses rapports avec le monastère. Il y est dit notamment que si l'abbaye veut se choisir un avoué pour les églises de Doulevant et de Dommartin, elle ne pourra choisir que le seigneur de Joinville. Ses droits d'avoué sur le Blaisois y sont déterminés.


Geofroi le vieux est mentionné parmi les donateurs de l'abbaye de Mureau dans une bulle du pape Alexandre III de l'année 1180 (3). On doit probablement lui attribuer une charte incomplétement datée par laquelle G. de Joinville déclare terminer un différend entre l'abbaye de Vaux en Ornois, et trois personnages nommés : Lambert, Hugues et Vidéric (Arch. de la Meuse).


(1) V. sur ces diverses fondations : Gall. Christiana, t. XII, p. 595, 605et 621; Ann. Bénédic., t. VI, p. 392, et Jolibois, v. Mathons. S. Ecurei et Jovilliers, v. Dom Calmet, II, p. 22 et pr. p. CCCXXIII. Herbert, premier abbé de Riéval, fonda Jovillier et reçut des dons de Geofroi.

(2) « La commanderie de Ruetz avait été fondée, en 1137, par Haton de Hatoncourt. L'acte en fut scellé à Châlons par l'évêque Geofroi, en présence de plusieurs seigneurs du pays, entre autres Geofroi de Joinville, Roger, père de Geofroi et sa mère » (Jolibois, v. Ruetz). Il résulterait de ce passage pris à la lettre que Roger aurait vécu au moins jusqu'en 1137. M. Longnon ( Vassaux de Champagne, p. 330) fixe cependant la date de sa mort à l'année 1130, et mentionne des actes de Geofroi III de l'année1134.

(3) Documents de l'histoire des Vosges, III, p. 2, 3.


Il résulte de l'épitaphe que nous avons transcrite, que l'on doit à ce seigneur la fondation de la collégiale de Saint-Laurent de Joinville. Nous savons enfin qu'à la suite de certains démêlés avec l'abbaye de Saint-Urbain qui possédait des serfs à Maizières, Geofroi s'était indument emparé de l'un de ses hommes.


Pour réparer ses torts, il céda au monastère un ménage composé d'une femme avec ses fils et sa fille.


FAMILLE DE GEOFROI III


Le texte d'Albéric relatif à ce seigneur est ainsi conçu : « Geofroi le Gros de Joinville épousa Félicité, veuve de Simon de Broyes, et donna le jour à Geofroi Valet et à Gertrude, qui fut mère de Hugues, comte de Vaudémont (1132). Vers le même temps, mourut Simon, seigneur de Broyes dont la veuve, nommée Félicité, devint l'épouse de Geofroi le Gros de Joinville ; ainsi le seigneur de Broyes, fils de ce Simon, tint sa terre pendant quatre-vingts ans. »


Félicité était fille d'Erard I, comte de Brienne, et d'Alix de Roucy (1).


Les enfants issus de son second mariage avec le sire de Joinville sont :


I. Geofroi IV qui suit;


II. Gertrude qui épousa Gérard II, comte de Vaudémont, dont une descendante, Marguerite, devint l'épouse de Anseau, sire de Joinville, dans les premières années du XIVe siècle.


(1) Dom Calmet donnait pour père à Geofroi III, son aïeul Geofroi II, et pour mère, Gertrude, fille de Gérard de Vaudémont. Il donne pour femme au même Geofroi III, Jeanne, fille de Guillaume, baron de Reynel et de Vaucouleurs (T. 1, p. 1114). On trouve la même erreur dans une généalogie citée par M. Didot (p. CXXIX). C'est par suite d'une faute d'impression que le même auteur désigne Félicité comme fille de Simon de Broyes.


 

Simonnet, Jules (1824-1875). Essai sur l'histoire et la généalogie des sires de Joinville. (1008-1386.)... 1875.

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