Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

LE MORT OUBLIE D'ECHENAY ET LES AUTRES - 1914

13 Novembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Guerre 1914-1918

 

Ceremonie-du-11-novembre-2014.png

Partout en France, le 11 novembre 2014 a donné lieu à des cérémonies pour commémorer la mémoire des soldats morts pour la France lors de la grande guerre.

Echenay n’a pas failli à cette célébration et je vais profiter de celle-ci pour faire un zoom sur les disparus. Dix noms sont gravés sur la plaque du monument aux morts et je vais tenter de vous les présenter.

Mais auparavant, deux mots sur l’organisation de cette cérémonie. Six communes du canton de Poissons se regroupent chaque année pour fêter le 11 novembre. Il s’agit de Gillaumé, Saudron, Pancey, Sailly, Aingoulaincourt et Echenay. Au terme de cette tournée des monuments où ont lieu des dépôts de gerbes et l’énumération des décédés, une des six communes offre le vin d’honneur à la salle des fêtes d’Echenay. C’était cette année Gillaumé qui s’occupait de cette cérémonie. Une très bonne manière de regrouper jeunes et moins jeunes pour un juste devoir de mémoire !

Mais revenons aux morts d’Echenay. Dix morts, disions-nous

Jules Camille Adrien FABERT est né le 25 décembre 1883 à Echenay, de Jules Isidore Fabert et de Julia Marie Groscolas. Il s’était marié le 1er mai 1911 à Maizières avec Louise Angèle Julienne Chevaillier. Soldat au 160e RI, il est mort le 8 septembre 1914 à Crévic (Meurthe et Moselle)

Henri de PIMODAN est né le 7 octobre 1887 à Amiens (Somme). Capitaine au 237e RI, il fut tué à l’ennemi le 25 octobre 1914 à Saint Laurent (Pas de Calais).

Pierre Georges de PIMODAN est né le 3 octobre 1886 à Bizy (Vernon -Eure). Il était le fils de Claude Emmanuel de Rarecourt de La Vallée de Pimodan et de Georgina de Mercy-Argenteau et s’était marié à Paris le 23 juin 1917 avec Alix de Brossin de Méré. Maréchal des Logis au 81e régiment d’artillerie lourde, il est mort le 31 mai 1918 d’une maladie contractée en service, à l’hôpital de Noisy le Sec (Seine).

André Maurice Georges BRUSSOL est né le 29 aout 1891 à Echenay de Alfred Joseph et de Marie Céline Lapérouse.  Sergent  au 26e RI, il est mort le 10 octobre 1914 à Mouchy (Pas de Calais).

Lucien Raymond Ferdinand BRUSSOL, frère du précédent, est né le 13 janvier 1894 à Echenay. Soldat au 26e RI, il est mort le 9 mai 1914 à Neuville Saint Vaast (Pas de Calais)

Bernard Eugène Auguste GUILLAUME est né le 2 octobre 1888 à Echenay, fils de  Joseph Jean Baptiste Guillaume et de Marie Appoline Massonnet. Il s’était marié à Echenay avec Zélie Albertine Hélène Foissy. Soldat au 160e RI, il est mort le 25 septembre 1914 à Fresnoy Les Roye (Somme).

Paul Emile Nicolas GUILLAUME, frère du précédent, est né le 11 décembre 1889 à Echenay. Soldat au 160e RI, il est mort le 29 aout 1914 à Morhange (Moselle).

Comme les familles Guillaume ou Brussol, la famille LESEUR ne fut pas épargnée par le confit. Là encore, deux frères furent tués au combat, mais le comble est qu’ils étaient jumeaux.

Gabriel Alexandre LESEUR est  né le 21 octobre 1893 à 7 heures à Echenay de Edouard Nicolas et de Marie Constance Belloni. Soldat au 4e Régiment de Zouaves de Marche, il est mort le 8 aout 1916 à Landrecourt (Marne).

Roger Vladimir LESEUR, frère jumeau du précédent, est né le 21 octobre 1893 à 8 heures  à Echenay. Soldat au 4e Régiment de Zouaves de Marche, il est mort le 4 septembre 1914 à Montmirail (Marne).

Enfin, René Auguste OUDIN est né le 4 mai 1894 à Poissons (Hte-Marne), fils de Henri  Frédéric et de Marie Bourotte. Brigadier (je n’ai pu déchiffrer l’arme), il est mort le 23 septembre 1915 à Cuperly (Marne).

Voici pour les dix noms gravés sur le monument d’Echenay.

Dix morts à Echenay ?… Et bien non, ils furent onze !

En effet, cette recherche m’a amené à découvrir un mort supplémentaire.

Il s’agit de Charles Henri Edouard De DAVID de PERDREAUVILLE.

Né le 9 mai 1861 à Echenay du comte Henri Edouard de Perdreauville alors percepteur d’Echenay  et de Hortense Caroline Oudry, il fut Chef de Bataillon au 138e RI.

Le 2 septembre 1914, son « régiment se repose à Tahure pendant 2 heures. A 5h30, il reprend sa marche ayant comme objectif Somme-Py qu’il doit mettre en état de défense. Les 1er et 2e bataillons occupent le village et les hauteurs au Nord, le 3e est envoyé à la butte de Souain.

A 8 heures, le bataillon Dessigny est en place, il doit résister jusqu’à 9 heures au moins pour permettre aux avant-postes fortement attaqués de se replier. Le bataillon de Perdreauville est en réserve dans le ravin au sud-ouest de la côte 141.

A 9 heures, l’artillerie allemande canonne la position et le village, quelques obus tombent aussi sur l’emplacement de la réserve. Bientôt, l’infanterie se présente et un combat très violent s’engage à la lisière nord du village. Le bataillon Dessigny éprouve beaucoup de pertes. Le capitaine Ollivier, 4eme compagnie, est très grièvement blessé (il sera porté disparu à la fin de la journée) et de nombreux morts et blessés couvrent le sol.

A 11h30, le capitaine Soubielle (qui sera tué le 26 septembre suivant) envoyé par le Commandant de Perdreauville vers le général de brigade pour demander du renfort, rencontre sur son chemin le 4eme groupe d’artillerie du corps et il lui signale les troupes qui, depuis le matin, déciment le bataillon Dessigny. Le feu est ouvert aussitôt par les trois batteries et, grâce à sa précision, le bataillon Dessigny peut se dégager.

A 13 h, deux des unités de ce bataillon, tout à fait désorganisées, se retirent au sud de la ferme Navarin et bivouaquent. Le 2eme bataillon se retire sur Suippes où il cantonne. Les 1e et 3e compagnies qui ont suivi ce bataillon cantonnent également à Suippes.

Bilan : 11 hommes de troupe tués, 2 officiers blessés (le commandant de Perdreauville et le capitaine Ollivier, 69 hommes de troupes blessés et 12 hommes de troupe disparus ».

Source : Journal de marche du 138e RI – Ministère de la Défense - memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Transporté à l’hôpital temporaire N°1 de Troyes (Aube), il décédera le 9 septembre 1914 de ses blessures de guerre.

L’histoire pourrait s’arrêter là si Charles Henri Edouard n’avait été décoré Chevalier (1906) puis Officier (1914) de la Légion d’honneur. Le grade d’Officier de la Légion d’Honneur lui fut décerné en 1914 et la croix fut remise à sa famille au terme d’un imbroglio généré par son décès prématuré.

Il serait donc juste que ce mort oublié apparaisse enfin sur le monument d’Echenay, chose à laquelle je vais essayer de m’employer.

Sources :   - Archives Départementales 52

- Base Léonore

 

- Site du Ministère de la Défense - memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Isa Sams 14/11/2014 13:29

Bonjour,
La raison la plus simple est que les élus de la mairie d'Echenay, n'aient pas eu connaissance du décès du commandant de Perdreauville. Certes il y est né, mais lui ou sa famille y résidaient-il
encore au moment de sa mobilisation ? Son père, percepteur a dû avoir une carrière "nomade" de fonctionnaire et lui-même, adulte a certainement eu différentes résidences. Les avis de décès
officiels du ministère de la Guerre étaient transmis aux mairies de la dernière adresse du soldat et les services municipaux se chargeaient de prévenir les familles.
D'autre part, en consultant sa fiche sur le site Mémoire des Hommes, je vois que le commandant de Perdreauville a été conscrit au moment de son service militaire à Beauvais dans l'Oise, c'est très
certainement parce qu'il résidait à ce moment là dans ce département.
Je pense qu'il faudrait mieux s'orienter dans ce sens : le commandant de Perdreauville n'avait plus de lien avec sa commune de naissance et le fait qu'il ne figure pas sur ce monument est très
certainement dû au à la raison que personnse à Echenay ne savait qu'il avait succombé durant le conflit. Mais là je m'avance, et il convient certainement d'explorer le plus largement le contexte de
l'élévation du monument d'Echenay pour conclure.
Si bous disposez de sa fiche matricule qui doit certainement se trouver aux AD de l'Oise, vous pourriez avoir déjà plus de données.
Je travaille sur plusieurs communes et dans les dossiers des préfectures des Archives départementales (du moins dans mon département) il y a des cartons rassemblant les dossiers de demande de
subventions auprès des services préfectoraux pour la construction des monuments aux morts. Ces dossiers sont parfois très riches de renseignements, il est toujours intéressant de les consulter.

De même pour certaines communes, on se retrouve avec des noms inscrits sur le monument sans comprendre le lien entre le soldat défunt et la dite commune : c'est là que la généalogie vient à notre
secours et que par le biais de mariages ou cousinages on arrive à rétablir le lien.

En vous souhaitant de fructueuses recherches, très cordialement.

Petite et Grande Histoire d'Echenay 18/11/2014 07:35



Merci pour ces conseils. 



Isa Sams 13/11/2014 20:59

Il serait intéressant de savoir pourquoi cet homme aurait été "oublié", ce qui pourrait vous mener à d'autres recherches passionnantes sur le contexte de l'élévation de ce monument. Figure-t-il sur
un autre monument ? De même ceux qui ne sont pas nés à Echenay, pourquoi y figurent-ils ?

De part mon expérience dans ce domaine, il peut y avoir de multiples raisons, autres qu'un "oubli", au fait qu'un nom ne figure pas sur un monument et cette absence fait elle aussi partie de
l'Histoire.
En vous souhaitant une bonne continuation dans vos recherches, très cordialement.

Petite et Grande Histoire d'Echenay 14/11/2014 09:46



Bonjour Isa et merci pour vos encouragements.


Effectivement, je me suis posé ces mêmes questions mais il faut bien un titre ! Une recherche sur les conditions de l'élévation de ce monument fait partie de mes (innombrables) projets. La taille
du monument, son emprise au sol sont démesurées par rapport à la commune, celles d'à coté n'ayant parfois qu'une simple plaque dans l'église pour un nombre d'habitants comparable. Sans doute
faut-il y voir l'intervention administrative et financière des Pimodan, chatelains du lieu, et en particulier de Gabriel de Pimodan, alors maire et élu au Conseil Général. Alors s'expliquerait la
présence de ses neveux morts pour la France et qui n'étaient pas natifs de cette comune .


Je crois savoir qu'aucune obligation légale ne s'appliquait aux communes pour l'édification d'un tel monument si ce n'est la tenue d'un registre fourni par l'état. Cela expliquerait cette
possible liberté du probable mécéne. Concernant de Perdreauville, faut-il y voir un ostracisme ? Votre expérience peut peut-être me fournir une piste ?


Cordialement