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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

Articles avec #divers tag

PAR UN PETIT MATIN FRILEUX - ECHENAY 1/1/2016

6 Octobre 2016 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Divers

Le château grelotte, le clocher frissonne...

Le château grelotte, le clocher frissonne...

La rue des Ponts

La rue des Ponts

Les maisons se serrent les unes aux autres...

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ECHENAY 2014 - RIONS UN PEU

2 Novembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Divers

 

" Messire Google, j'te signale un problème..."

Echenay humour

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D'ECHENAY AU CANADA - 1541 ET 1659 -

12 Juillet 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Divers

 

 

cadre_jacquescartier.jpg

                                                                                   Jacques CARTIER

 

D’Echenay au Canada, il y a un océan…que je vais franchir !

Tout débute en 1534. Jacques Cartier part vers l’ouest, espérant trouver une nouvelle route vers l’Asie.

Il découvrira le Canada.


Cartier avait rapporté l’impression que le Canada offrait à la colonisation des « commoditez ». Et il avait affirmé notre prise de possession en construisant un fort, sans y laisser de garnison il est vrai, et en plantant près de là, à Staconé (Québec), une grande croix aux armes fleurdelisées. A une époque où l’auri sacra fames (exécrable faim de l’or - Virgile) précipitait l’ancien monde vers le nouveau, quelles convoitises ne devait point allumer un fait allégué par le pilote malouin : des Hurons, touchant la chaine d’argent de son sifflet et la poignée dorée d’une dague, avaient laissé entendre par signes que des métaux semblables abondaient dans les montagnes du nord, chez de méchants guerriers armés de pied en cap.


Mais au retour de l’explorateur, en juillet 1536, des préoccuppations extrémenent graves empêchaient de songer à ses découvertes. L’empereur Charles Quint marchait en personne sur Marseille. Forcé de garder en main toutes ses forces, voire de mander à la rescousse la flotte turque, François 1er se contenta de témoigner à Jacques Cartier sa satisfaction en lui donnant l’Hermine, l’une des nefs royales revenues du Canada. A la suspension des hostilités, après la tréve de Nice, il fit mieux : deux lettres patentes accordérent au pilote malouin le reliquat de ses frais de voyage à la découvertes des terres occidentales, plus cinquante écus d’or pour la nourriture des dix « sauvaiges » Hurons qu’il entretenait depuis deux ans  à Saint malo.

La date de ces patentes, septembre 1538, coincide avec celle d’un programme de colonisation soigneusement établi à la demande du roi.


Après de nombreuses vicissitudes, d’hésitations et de réflexion de la part de François 1er, celui-ci décide donc la colonisation du Canada. L’ordre de départ est enfin donné. Le royaume de France est cerné par le saint Empire Romain de Charles Quint et si le Canada regorge des richesses annoncées, cela ne sera que bénéfique. Il ne faut plus se faire devancer par Charles Quint.


Naturellement, la rumeur du départ de Cartier ne laisse pas celui-ci indifférent. Il a déjà conquis une bonne partie de l’Amérique du Sud, de l’Amérique Centrale et ses possessions s’étendent à l’est jusqu’aux Philippines. C’est le premier empire ou le soleil ne se couche jamais. Il n’est pas question de laisser faire François 1er. Pour cela, il diligente un espion à St Malo afin de lui rendre compte des activités de Cartier.

Cet homme de l’ombre remplira son rôle de façon efficace puisqu’il livre un rapport détaillé en Avril 1541.

 

Ce dernier sera découvert au début du XXème siècle aux archives impériales de Vienne.

 

 Il y a dois Sainct Malloz sept cens soixante lieues et dois lesdites Terres Neufves jusques à Canada, où l’on entend conduire ladite armée, aultres six cens. Et fault neccessairement passer par les Terres Neufves. Ledit Canada s’affronte aux Indes de l’empereur et c’est certainement ung cap d’icelles. Car où veullent prendre port les navires du roy très chrétien tumbe une grande riviére d’eau doulce venant desdites Indes. Et de cela est bien asseuré Jaques Quartier, ainsi que Rolet Morin.


L’ordre qu’ilz entendent garder pour descouvrir la terre est que, quant ilz arriveront au port, que Jaques Quartier a desjà descouvert, ilz laisseront leurs navires là et feront XVIII ou XX petitz basteaulx à reme, moindre que brigantins, qui pourront pourter chascun d’eulx six ligières pieces d’artillerie de fer, qu’ilz ont fait faire expressement, afin de moins charger les vaisseaulx.

Les soldartz et mariniers pourteront  harcquebouzes, arbalestes et rondeles, pour ce que les saulvages, qui sont du pays, tirent avec arcz et nagent soubz l’eau bien deux lieues.


Quant ceulx de ladite armée seront arrivéz en terre ferme, ilz chercheront des mines d’or et d’argent. Et est Jaques Quartier certainement informez par les mesmes saulvages qu’il y en a grande quantité.

En ce qui touche la navigacion et le descouvrir terre, Roberval et tous les aultres obeyront audit Jaques Quartier. Et quant la terre sera conquise, ledit Roberval demeure general pour le roy et ordonnera des édifices, fortifications, provisions et aultres choses neccessaires.


Le nombre des vaisseaulx pour ceste navigation sont dix, tous aux fraiz et à la charge du roy. Lequel n’a voulu que particuliers quelconques armassent avec luy. Entre iceulx vaisseaulx est ung galion du port de septante tonneaux ; deux navires, l’une de six vingtz, l’aultre de cent dix tonneaulx, et sont ces trois pieces au roy. Il y a deux navires de Jaques Quartier, chacune de nonante tonneaulx, et une d’ung aultre marchant de Sainct Malloz de quatre vingtz tonneaulx. Ces six pieces sont audit sainct Malloz ; les trois près de la tour de Polidor, que sont desjà chargées de tout, hors mis d’artillerie. Les aultres trois sont joignant la ville et n’avoient encores commencé de charger le XXIX du mois passé. Pour le compliment des dix pieces susdites, fault encore quattre navires, que Roberval amaine de Rouhen et de Honnefleur, chargées de trois cens hommes de guerre, et debvoient arriver le VIII du present mois d’apvril. Lesdits navires sont de port chacune de nonante à cent tonneaulx. Et sont iceulx dix vaisseaulx faits tous neufz depuis deux ans en ça.


Le roy paye à chacun navire qu’il emprunte six vingtz francs par mois et leur avance l’on quatre mois, et s’oblige à eulx Jaques Cartier de les paier au mesme pris s’ilz demeurent plus longuement en ce voyage.


Ledit Jaques Quartier maine avec luy quatre cens mariniers et vingtz maistres pillotz, les meilleurs qu’il a sceu choisir en Bretaigne, et les peult prandre comm’ il luy plait. Car le roy commande à tous ceulx qu’il eslira d’y aller à peine d’estre banny de ce royaulme et de prandre tous leurs biens.

Il maine aussi vingt ouvriers à faire basteaulx et les paye, selon qu’ilz sont ; au moindre, il donne cinq francs par mois, à aultres huit, dix, douze, quinze et jusques à vingt. Il avance à deux cens de ses mariniers à chacun quatre mois, aux aultres ung an entier et leur donne à tous ung habillement de livrée blanc et noir, et toutes manières de victuailles neccessaires pour aller, séjourner et retourner aux fraiz dudit seigneur roy. Roberval a charge des trois cens hommes de guerre, de soixante massons et charpentiers, dix hommes d’église, trois médecins et dix barbiers.


L’on ne scait s’il y va gentilzhommes aultres que Savonières et deux de Bretaigne paouvres qui ont fait quelque meurtre, dont ilz feront en ce voyage la penitance. Ledit Savonières est celluy qui tint camp à Paris contre le frere d’Eschanay, son cousin germain, et a esté condempné d’aller en ce voyage, pour ce qu’il oultragea en la sale de monseigneur d’Orléans, comme l’on dit, ung maistre d’hostel de monseigneur le Daulphin et ung aultre dudit Orleans, freres, surnommez de Pierrevive. Il maine avec luy vingt ou XXV compagnons, qu’il dit estre gentilzhommes. Mais, à ce qu’on m’en rappourte, ilz le semblent assés mal, hors mis deux ou trois. Il dit qu’il y aura cent et soixante gentilzhommes en la compagnie. Mais les aultres advis ne respondent au sien, mesmes de Monsieur de Corvel et dudit Rolet Morin, qui scavent et entendent tout le discours de ceste emprinse et disent que tout le monde ensemble, tant de soldatz que mariniers, ouvriers et aultres, sera de huit à neuf cens personnes.


Le galion et trois des navires vons moins chargez que les aultres, sinon d’artillerie et des meilleurs gens de guerre, pour soubstenir le faiz s’ilz rencontrent à qui parler en chemin. Les aultres vont aultant chargées qu’elles peuvent endurer, et pourtent vivre pour trois ans, pain, vin, lardz, chair sallée, huille et beurre.


Ilz pourtent quinze cens lardz, huit cens beufz et vaches salléz et seichez en l’air, cent tonneaulx de froment, dont une partie sera pour semer, deux cens pippes de farine, vingt pippes de moustarde , vingt d’huille et autant de beurre. Tout le reste se pourte en biscuyt, deux cens tonneaulx de vin et cens de citre. Ilz maynent aussi vingt vaches vives, quatre thoureaulx, cent chievres et dix pourceaulx, pour les faire multiplier au pays où ilz vont, et avec ce vingt chevaulx et jumentz pour charrie les choses neccessaires à édifier et fortifier. Ilz pourtent semblablement des charrettes faictes et tout leur équipage et aussi des utilz à labeurer la terre et vingt hommes laboureurs ; davantage, ilz conduisent beaucoup de bonne artillerie, que ledit Roberval amaine dedans les susdites quatre navires, avec aussi quatre cens hacqueboutes, deux cens rondeles, deux cens arbalestes et plus de mille que picques que hallebardes.


Encores pourtent ilz davantage cinquante tonneaulx plains de fer et tous les utensilz et instrumens neccessaires à dix serruriers et mareschaulx qu’ilz mainent.

En chacun navire y a deux molins à bras pour s’en servir si mestier est.


Ilz ont deliberé de renvoier sept des susdites navires quant ilz seront arrivez à Canada, afin de donner au roy plus ample advertissement de la terre et à ce que lesdits navires retournent, s’il est besoing, chargez de victuailles et de gens. Pour ceste cause, à une partie des vaisseaulx et mariniers ne se fera avance que de quatre mois et aux aultres, que demeurront, d’ung an.


Le partement de l’armée est resolu à huit jours après Pasques et font compte d’arriver à canada en quatre semaines, si le temps leur est bon, ou à plus tard en sept sepmaines. Jaques Quartier a voulu arrester les navires marchans qui vont aux Terres Neufves et les charger de quelques choses neccessaires à ladite armée. Mais ilz s’en sont excusez, par ce qu’ilz sont desjà tant plains qu’il est possible de tonneaulx à mettre les tonnines de sel à saller le poisson qu’ilz vont charger et d’aultres cas pour leur usaige. En fin ilz ont esté licenciez et desjà sont allez esdites Terres Neufves ceste année plus de vingt et quatre navires.


Source : PREMIERE TENTATIVE DE COLONISATION DU CANADA – Ch. De la Roncière – Bibliothèque de l’école des                                chartes  - Année 1912 – volume 73

 

Voilà un espion pour le moins bien renseigné. Il devait être très proche du centre de décision pour obtenir tous ces détails. Il semble tout connaitre des bateaux, de leurs frets et des hommes.

 

A propos de ces derniers, j’avais déjà eu l’occasion de parler du sieur de Savonnières en raison du diffèrent avec Gaucher de Dinteville que relate l’espion de Charles Quint (voir l’article « D’Echenay au Louvre – 1539 »).


Le personnage avait décidemment avoir le sang chaud, puisqu’on le retrouve, cette fois, prêt à s’embarquer pour le Canada contraint et forcé. Enfin, encore avait-il la vie sauve !

Comment a-t-il fini ?... En mer, a-t-il vu le Canada ?  Je ne sais pas.

Sans doute n’a-t-il jamais revu son cher cousin le sieur d’Echenay qu’il accusait ouvertement de sodomie.

 

 

Francois de Laval                                                                               François de Montmorency-Laval


 

Quelques années plus tard, la colonie est installée. On peut alors vraiment commencer à s’occuper des âmes des colons et de celles des « sauvages » locaux, Hurons et autres Iroquois.


 Le 13 avril 1659, jour de Pâques, le premier évêque de la Nouvelle France part de La Rochelle pour le Québec. Il débarque le 16 mai à Percée, à l’embouchure du Saint Laurent, et arrive à Québec le 16 juin suivant.


Si j’évoque maintenant François de Montmorency-Laval, premier évêque du Québec, c’est que Gabriel de Pimodan descend de cette famille par sa grand-mère maternelle, princesse de Montmorency-Laval.

Un canadien, Auguste Honoré Gosselin (1843- 1918) s’intéressera beaucoup à François de Montmorency-Laval. Au point d’en écrire un livre (La Vie de Mgr de Laval - 1890) et de faire pour cela le voyage vers la France. Marchant sur les traces de l’ecclésiastique, sur les lieux même où il vécut, il rencontra aussi les descendants de cette famille, dont Gabriel de Pimodan.


« La branche cadette de Montmorency, celle de Laval, ne s'est éteinte, pour le nom, qu'en 1851, par le décès d'Eugène-Alexandre de Montmorency-Laval, qui s'était marié deux fois, mais n'avait pas eu d'enfants.

Il avait pris le titre de duc de Laval en 1837, à la mort de son frère aîné Adrien de Montmorency, prince-duc de Laval, qui, sous la Restauration, fut ambassadeur de France en

Espagne, à Rome, à Vienne et à Londres.

Adrien de Montmorency-Laval eut un fils et deux filles. Mais son fils, Henri, qui aurait continué le nom de Laval, mourut, jeune encore à Naples, en 181 9. De ses filles, l'aînée,

Charlotte, épousa en 1817 Gustave de Lévis, duc de Mirepoix, et mourut en 1872. Elle était la grand'mère du marquis actuel Gaston de Lévis. L'autre, Marguerite- Pauline-Emmanuelle, épousa le marquis de Couronnel, dont elle eut deux fils et une fille, laquelle épousa en 1855, George de Rarécourt de la Vallée, marquis de Pimodan, le héros de Castelfidardo, père de Gabriel, duc et marquis de Pimodan. » [  ]

« La branche cadette des Montmorency-Laval est donc représentée aujourd'hui par la Maison de Lévis-Mirepoix, celle de Couronnel, et celle de Rarécourt-la Vallée-Pimodan.

 

La famille même de Mgr de Laval, éteinte au siècle dernier, n'était qu'une subdivision de cette branche. Le comte de Couronnel, le marquis de Lévis, le marquis de Pimodan sont, à n'en pouvoir douter, parents du premier évêque de Québec. Je leur devais une visite.

Je commençai par le marquis de Pimodan, avec lequel j'avais déjà eu l'honneur de correspondre. Je visitai ensuite le marquis de Lévis.

 

Tous deux me firent le plus bienveillant accueil. La Vie de Mgr de Laval, richement reliée, est dans leur bibliothèque. Ils l'ont lue avec intérêt et professent la plus grande vénération pour leur parent, le premier évêque du Canada. »

 

SOURCE : AU PAYS DE Mgr de LAVAL - LETTRES DE VOYAGE  -  par  L'ABBÉ AUGUSTE GOSSELIN

                   de la Société Royale  du    Canada - QUÉBEC –  Typ. Laflamme & Proulx – 1910

 

En 1685, François de Laval démissionne de son poste d’évêque de Québec. Il rentre mais très vite, il demande au roi l'autorisation de retourner dans son diocèse souhaitant y mourir au milieu de ses ouailles. Son œuvre au Québec sera immense.


Il meurt à Québec vingt ans plus tard, le 6 mai 1708. Sa dépouille est inhumée dans la cathédrale. Il est déclaré bienheureux par le pape Jean-Paul II le 22 juin 1980 et canonisé par le pape François le 3 avril 2014.


Voici donc deux destins français au Canada ayant quelques liens avec Echenay. Même si ceux-ci sont assez éloignés d’Echenay à proprement parler, il m’a paru intéressant de les rapporter.


Depuis, d’autres sont partis également vers ce pays, comme mon amie Marion FRANCOIS, Epincelloise pure souche. Un salut également à mon correspondant canadien JCDG qui, bien que ne connaissant pas Echenay, s’y intéresse particulièrement.

 

Autres sources :

Site CULTURE ET COMMUNICATION QUEBEC – Répertoire du Patrimoine Culturel du Québec

Wikipédia

 

Site ourroots.ca – La vie de Mgr de Laval

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CONTRIBUTION EXTERIEURE AU BLOG D'ECHENAY

10 Novembre 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Divers

 
 
La recherche sur l’histoire d’un village et de ses habitants  est toujours une affaire personnelle. Pourquoi ce désir d’en savoir plus, pourquoi un village plutôt qu’un autre ?
 
Chacun a sa propre réponse. Mais une fois amassée une multitude de trouvailles, l’envie de les partager devient impérieuse. Pas par souci de reconnaissance mais pour soulever un coin du voile qui recouvre les siècles passés et espérer attirer un peu l’intérêt  de quelques personnes sur un lieu qui vous est cher.
 
Quelquefois, ça marche !
 
Un lecteur du blog, nouvellement installé à Echenay, m’a laissé un jour ce commentaire:
 « Grâce à vous, j'ai appris beaucoup de choses sur ce petit village à la si grande histoire. Et lors de mes balades, à présent, mes pas sont plus lents, mes yeux sont plus aiguisés et mon plaisir est plus grand... »
 
Quel bel encouragement pour les moments où on ne trouve rien.
 
Et puis il y a parfois des contacts  inattendus comme ce correspondant étranger qui se passionne pour la famille de Frénilly, alliée à la famille Pimodan, et avec qui je communique régulièrement depuis longtemps. Au vu de son intérêt pour Echenay, je lui ai proposé de lui laisser la plume pour un article.
Voici sa contribution :
 
François Auguste Fauveau de Frénilly est fascinant à plus d’un titre. Il faut lire ses mémoires. À la façon d’une Eugénie de Montijo contemporaine de Joséphine Baker, il aura traversé règnes et régimes. À la manière des mémorialistes comme Madame de Boigne, il aura su apprécier ou critiquer les acteurs de son temps plus que son temps lui-même. Frénilly est un pont historique ciselé, une voie incontournable à qui désire s’approprier  l’intimité de ce que Talleyrand appelait l’art de vivre.
 
Ses mémoires de jeune parisien bien né, de pair de France ultraroyaliste ou de familier des Tuileries, sont infiniment riches en portraits. Que de figures auraient sombrées dans l’inconnu sans le descriptif de cet auteur, habile écrivain de profils dignes de Carmontelle!
 
Des erreurs? Des exagérations? Un ego icarien? Peut-être ou assurément, d’aucun le considèrent. Mais cet ensemble iconographique nous laisse des pistes de réflexion, des généalogies bien en chair, une vue d’ensemble du qui, du où et du comment.
 
 Prenez un château d’époque Louis XVI meublé et orné d’objets tout en harmonie. Aussi sensuel soit-il pour le visiteur grâce à l’œuvre de l’architecte, des ébénistes et des tapissiers, il faut à ce château le travail d’un interprète pour le bien comprendre, pour saisir ses sons, ses parfums, ses humeurs passés. L’interprète nous aide à exhumer le sens du temps, à faire revivre les lieux. Témoin de son temps, Frénilly agit de la sorte. Cet homme sensible et perspicace, auteur d’opéras, de poésie et de petits contes, est un cinéaste avant son temps.
 
Dans son château de Bourneville près de La Ferté Milon (aujourd’hui commune de Marolles en Picardie), dans ce manoir discret signé Jean-Sylvain Cartaud de l’académie royale, le baron de Frénilly incarne le naturaliste du XVIIIe entouré de ses moutons mérinos.
 
Malheureusement de ce manoir en partie bombardé lors de la guerre 1914-1918, aucune aquarelle de l’intérieur ne semble nous être parvenue. Le Baron  y reçoit une petite cour qui emprunte souvent au salon de Madame d’Houdetot. Des émigrés salivant encore l’Ancien régime, ceux-là même qui avaient coutume de dire ‘Je me regrette’. Des revendicateurs de la toute première Restauration qui croyaient en la valeur de leurs avoirs perdus. Les plus sensibles à la cause des ultras savaient y réciter comme un Pater Noster, les mots de Louis de Bonald. Bien que cette tonalité politique transpire peu des Souvenirs de Frénilly, il nous est permis de l’imaginer. L’auteur des Considérations sur une année de l’histoire de France et les gens de son salon regrettent une société royale chapeautée par Dieu. Une société où se tissent les liens qui unissent les êtres comme en l’arbre de Jessé, une société brutalement brisée par un ennemi qu’il nomme ‘individuellisme, (cet) universel égoïsme, fruit naturel d’un temps qui avait brisé tous les liens.
 
L’ultraroyalisme de Frénilly, fait sourire alors que nous suivons aujourd’hui en occident la mouvance de Tocqueville. Pourtant l’individualisme que notre Baron décriait est toujours d’actualité n’est-ce pas? 
 
Le plaisir des Souvenirs mis en place par François Auguste Fauveau de Frénilly 1768-1848 nous est aujourd’hui permis grâce à l’assiduité de ses écrits épistolaires, ceux que la belle-famille de sa fille Claire eut l’intelligence de conserver peut-être au grenier même de ce magique château d’Échenay. Bonne lecture!
JCDG 
chateau-de-bourneville.png
 
J’ajouterai que le Général de Pimodan passa 8 ans d’une enfance heureuse au château de Bourneville.
 
Merci donc pour cette participation. L’auteur souhaitant garder l’anonymat, je peux faire suivre des messages au cas où un lecteur le souhaiterait.
 
 
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100 éme ARTICLE

10 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Divers

Celui-ci sera un peu différent des autres.

 Normal, c’est le centième depuis la création du blog !!!

Alors, à cette occasion,  je vais me livrer un peu plus.

Tout commence voici 20 ans par des recherches généalogiques. Ce n’est pas encore à la mode mais ça le deviendra vite. Eh oui : « Sans passé, pas de futur !...»

Et le futur fait peur à beaucoup de monde ! « Je viens d’où, je vais où ?… ». Alors, on cherche ses racines !

Les premiers moments sont exaltants, surtout quand on ne connait rien de précis sur ses aïeux, sinon quelques éléments  des  3 ou 4 générations qui vous précèdent. Et on se lance dans les recherches ! On accumule très vite des dates, des lieux, des noms,  etc… Rien que des chiffres et des lettres qui ne signifient rien ou si peu ! Donc vient rapidement un sentiment de frustration !

 A quoi ça sert si on ne connait pas leur vie, leur cadre de vie, leur village, leur environnement, les gens qu’ils ont croisé ?...  Et si on ne partage pas ce qu’on a trouvé ?

A rien !...

C’est la raison de ce blog.

Mon arrière-arrière-grand-père paternel est arrivé en Haute Marne vers 1847, où il s’y est marié avec une fille de son pays (l’alsace) qui l’a suivi dans sa migration. J’ai trouvé plein de renseignements sur eux mais je ne sais toujours pas pourquoi ils sont venus là. Un jour, peut-être ? Il était berger. De village en village, ils arrivent à Echenay vers 1875.

Depuis 50 ans, je vais tous les ans à Echenay. Ma grand-mère est née là-bas. J’y ai encore un peu de famille et beaucoup de très bons amis.

J’aime ce pays et je suis Epincellois de cœur !

Ce blog est  dédié à mon arrière-arrière-grand-père, aux lecteurs de ce blog, bref, à tous ceux qui aiment Echenay et ses habitants ! Merci pour vos encouragements !

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