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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

PILULES PINK POUR PERSONNES PÂLES - 1914

15 Mai 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ca s'est passé près d'Echenay

PILULES PINK POUR PERSONNES PÂLES - 1914

« Les femmes sont d’éternelles malades qui souffrent stoïquement en silence ».

« Les pilules PINK donnent aux femmes ce qui leur manque : du sang, des forces ».

Tout doux, Mesdames... Ces allégations ne sont pas de moi ! Ce sont des slogans publicitaires vantant les mérites de petites pilules vers le début du XXe siècle : les « pilules Pink pour personnes pâles » !

Je passerai sur l’histoire de cette firme qui connut une vraie success story (voir sur le net). Voici déjà longtemps que j’avais repéré cette annonce dans le journal « Ouest-Eclair » du 2 mai 1914 où un Haut-Marnais proche d’Echenay témoignait. Déjà, le titre est une promesse !

Heureux Maris : Heureux sont les maris qui, lorsque leur femme est malade, ont le bon esprit de lui faire prendre les Pilules Pink : La santé ne tarde pas alors à revenir.

Mr. A. Thuron, à Laneuville-aux-Bois, par Echenay Haute-Marne, écrit : Je suis heureux de pouvoir vous annoncer que ma femme a été très bien guérie par vos Pilules Pink. Son état était pour ainsi dire désespéré et pour moi je ne croyais pas à sa guérison. Profondément anémiée, elle souffrait cruellement, ne mangeait plus. Elle était si faible qu'elle ne prouvait plus s'occuper de son ménage. Maintenant elle est forte et peut de nouveau se livrer à ses occupations.

Les Pilules Pink sont en vente dans toute, les pharmacies et au dépôt Pharmacie Gablin, 23 rue Ballu, Paris; 3 fr. 50 la boite: 17 fr. 50 les six boites, franco.

Ouest-Eclair 2 mai 1914

Ouest-Eclair 2 mai 1914

L’annonce, présentée en publi-rédactionnel, est incluse au milieu de véritables articles, preuve d’une maitrise certaine en matière de publicité. Elle donne au texte un air si « vrai » ! D’autres annonces mettent l’accent sur d’autres vertus : « Contre la fatigue », « Mauvaises digestions », « Impuissance », « Idées noires », etc… bref une panacée assise par un flot de témoignages avec adresses, parfois même illustrés d’une photo du malade !!!

Alors, j’ai voulu en savoir plus ! Ce Mr Thuron, dont l’épouse avait si miraculeusement guérie grâce aux pilules PINK, existait-il vraiment ?

Une visite virtuelle aux Archives Départementales de Haute-Marne allait me fournir les renseignements recherchés.

Au recensement de 1906 apparait bien une famille Thuron à Laneuville aux bois, dont le chef de famille se nomme Alexandre. Et c’est la seule à porter ce nom. Bien ! Le témoignage semble donc fondé, en partie au moins ! Alexandre est né le 3 juillet 1864 dans ce même village et a donc 50 ans en 1914, moment où il écrit. Il est bucheron, comme son père qui, veuf, vit avec eux.

Son épouse, la pauvre malade, se nomme Marie Husson. Elle est née le 21 février 1866 à Gillaumé, village voisin de Laneuville. Ils se sont mariés à Mandres en Barrois (proche également) le 19 octobre 1889 où naquit leur premier enfant, Claire. Suivront Eugène et Jeanne qui naitront respectivement en 1891 et 1897 à Laneuville où la famille s’est donc installée.

Bref, les protagonistes semblent donc être bien réels ! Il resterait à savoir si Marie Husson fut bien malade mais ça, c’est une autre histoire !

Ces recherches m’ont amené à découvrir que d’autres généalogistes avant moi avaient cherché des confirmations de ces témoignages. Leurs résultats correspondent au mien. Les personnes, situées dans d’autres villes, existaient bien, les photographes également, à quelques petites erreurs près (n° de rue par exemple).

La stratégie publicitaire des pilules PINK, basée sur ces testimoniaux, s’avérait certainement très efficace ce qui explique sans doute son succès au fil des années.

Marie Husson, guérie, reprit certainement le chemin des bois pour aider son mari, lui évitant ainsi d’avoir à utiliser les fameuses Pilules PINK pour personnes pâles !!!

Dame, un bucheron ne prend jamais de pilules roses !...

Malheureusement, il est possible qu’elle ait eu besoin quelques années plus tard de ces petits cachets pour tenter d’effacer le souvenir de son fils Eugène décédé le 27 octobre 1918, quelques jours avant l’armistice, d’une mauvaise grippe contractée au service de la patrie.

La note de Jules Renard le 7 septembre 1907 dans son journal au sujet d’une pauvre femme épuisée s’appliquerait bien à Marie Husson : « Tout de même, à la quatrième page d’un journal, elle a lu une annonce qui lui rendra peut-être des forces. Elle va prendre des pilules Pink. C’est son dernier espoir. Comment le lui ôter ? »

Sources :

AD 52

Mémoires des Hommes

Gallica BNF

Shp-asso.org

Persée.fr – article pharm

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