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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

UN CURIEUX MARIAGE - ECHENAY - 1781

4 Septembre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Faits Divers à Echenay

Mariage-Messay-Capisuchi-Bollogne.png

 

A quelques jours de Noël de l’an 1781, le 17 décembre à Echenay, est célébré le mariage entre       Ignace Paul Simon de Messey (fils de Gabriel et de Louise Pétronille de Ligniville) et Charlotte Monique  de Capisuchi-Bollogne (fille de Charles Camille et de Françoise de Choiseul-Beaupré).

Je passe sur la liste de leurs titres et celle de leurs parents qui sont longues comme un jour sans pain !


Vous l’avez compris, tous deux descendants en droite ligne de « hauts et puissants seigneurs ».


Un mariage ?... Quoi de plus commun ?...


Pourtant, à bien y regarder, celui-ci semble en fait assez curieux et ce pour plusieurs raisons !


Première constatation :

Les futurs époux ne se marient pas dans leur paroisse d’origine. Le fait est étrange pour des nobles de « haute volée » !


Deuxième constatation :

Le mariage n’a même pas lieu à l’église d’Echenay mais dans la chapelle dédiée à Sainte Catherine au château dudit village. La chapelle est minuscule. On y accède par une grande porte donnant sur la  salle des gardes  formant un hémicycle. Pour écouter la cérémonie (ou plus habituellement la messe), on ouvre cette porte et on écoute celle-ci depuis la salle des gardes (à noter que cette chapelle n’existe plus). Vraiment, l’endroit ne correspond pas à ce qu’on imagine pour un mariage d’aussi noble lignée!


Troisième constatation :

Les mariages durant la période de l’Avent sont proscrits, comme durant le Carême, les Quatre Temps et Vigiles, Pâques, la Pentecôte, l’Ascension, l’Assomption, la Toussaint et Noël.  En conséquence, on relève dans l’acte de mariage la présentation d’une dispense pour que le mariage puisse être célébré durant cette période. Vous avez dit Bizarre ?


Quatrième constatation :

Les époux présentent également une dispense pour 2 bans qui n’ont pas été publiés.

Tout semble donc avoir été fait pour réaliser un mariage rapide, discret, et dans la plus stricte intimité comme on a coutume de dire. Comme c’est bizarre !


Mais pourquoi cette grande discrétion ? Que cache-t-elle ? Quel inavouable secret masque-t-elle ?...


La réponse viendra du Duc de Rarécourt de La Vallée de Pimodan dans sa notice parue en 1922, intitulée « Principales Curiosités du Château d’Echenay ».


« Là eut lieu (il parle de la chapelle), avant la Révolution, le mariage du comte de Messey avec Mlle de Capisuchi-Bollogne, riche héritière, propriétaire du château de Beaupré (Meuse), qui ne voulut pas se marier à Beaupré parce qu’elle était bossue. »


N’ayant pu trouver de portrait de Charlotte Monique, je ne sais. De toute façon, à une époque où la photographie n’existe pas, les artistes peintres sont connus pour être plutôt indulgents avec leurs illustres modèles de la noblesse qui sont leurs principaux  clients et souvent leur mécènes. Et l’on sait aussi que les mariages d’amour sont rares à l’époque !...

 

Alors, vérité ou petite pique de l'auteur? Etait-elle vraiment à ce point "contrefaite" pour vouloir se cacher aux yeux de tous? Quoi qu'il en soit, elle aura de ce mariage au moins deux enfants. 

  

Née au mauvais moment pour les aristocrates, elle connaitra les tourments de la révolution. En 1826, sous le règne de Charles X, en tant qu’ascendante d’émigrés, elle réclamera pour la restitution de ses biens (ou plutôt ce qu’il en reste). Elle récupérera 111 377,66 francs versés sous forme d’une rente de 3341 francs au bénéfice de ses enfants Eugène Alexandre Auguste et Victoire Clémentine Charlotte Angélique. Cette dernière épousera Charles François Emmanuel Edwige de Pillot de Coligny-Chatillon le 16 mars 1812 à Paris.

 

Comme quoi, même après 140 articles sur Echenay, on trouve encore des anecdotes amusantes à raconter!

 

Sources :

- AD 52

-Généanet

- Etats détaillés des liquidations faites par la commission d’indemnités à l’époque du 31 décembre 1826 - Comptes rendus par les ministres, Volume 40 – Paris – Imprimerie Royale - 1827

- Principales Curiosités du Château d’Echenay – Pimodan - 1922 – Imprimerie Lepitre/Jobard Langres

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