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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

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D'ECHENAY AU LOUVRE - 1539

11 Juin 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Seigneurs de Dinteville - Echenay

En 1538, les gentilshommes de l’entourage de François 1er ont « le sang chaud ».

Laissez-moi vous présenter les acteurs !

Les Dinteville, dont Gaucher, étaient tous seigneurs d'Échenay et vivaient tous à la cour comme écuyers d'écurie ou chambellans du roi.

Source : Notre première tentative de colonisation au Canada -  Bibliothèque de l'école des chartes. 1912, tome 73.

              pp. 283-  300. Charles de La Roncière

Pierre Du Plessis, sieur de Savonnières, de Liancourt et de Rouvray, était le fils d'un maître d'hôtel du roi, général des finances en Languedoc 

Source : Catalogue des actes de François 1", t. II, p. 195; III, p. 495; IV, p. 44, etc.)

 

Et maintenant, voici l’histoire: 

Quelques-fois, il y a des injures d’une telle nature, que difficilement peuvent-elles estre réparées que par le combat. Celle que je vais décrire est de cette nature. Sous le [règne du] Roy François premier, le jeune Savonnières, autrement nommé le sieur de la Perrine, demanda combat à sa majesté, contre le sieur de Vanlay (Gaucher de Dinteville) qui étoit son parent (son cousin germain). Le sujet fut tel : La Perrine avoit tenu quelques propos scandaleux de Vanlay, l’accusant d’un vice infâme que l’histoire ne dit point (il l’accusait d’être sodomite). Sur quoi Vanlay sentant son honneur intéressé, s’avisa d’un moyen plus artificieux qu’honorable, pour tâcher de se mettre à couvert de ce reproche ; qui fut de faire un écrit au nom de la Perrine, par lequel il se dédisoit des discours injurieux qu’il avoit tenu et confessoit avoir faussement parlé dudit Vanlay son parent.

Cet écrit étant dressé, il prend avec luy cinq ou six hommes armez et vient un matin trouver la Perrine en la maison de son père prés de Blois, comme il s’habilloit en sa chambre et d’abord qu’il fut entré, il luy dit brusquement :

« Mon cousin, il vous faut signer cet écrit, autrement vous estes mort ».

La Perrine, surpris, prend les premières armes qu’il trouva sur la table et se mit en devoir de se défendre ; mais enfin pressé, il signa malgré luy ce qui estoit écrit au billet.

Après que Vanlay fut party et qu’il luy eut dit qu’il ne demandoit que cela, il demeura en grande détresse, ne sachant à l’abord que devenir, ny à quoi se résoudre. Mais enfin ayant pris conseil de son père, ils trouvèrent bon qu’il s’en allast à Villiers-Costerets, ou pour lors le Roy estoit.[ ]

La Perrine ayant esté introduit, il fit trois grandes révérences, à la dernière desquelles, il mit un genou à terre et ne se leva que par le commandement du Roy devant lequel il raconta bien au long la façon dont Vanlay estoit entré chez son père, qui estoit l’un des Maistres d’Hotel ordinaires de sa Majesté, sous la protection de laquelle il pensoit estre en sureté, vivant sous les lois établies en son Royaume.

Il se plaignit ensuite et demanda justice de l’injure et du tort qu’il disait estre fait à son honneur par Vanlay qui l’avoit forcé à se dédire par un écrit signé de sa main d’un discours qu’il avait tenu et qu’il vouloit soustenir estre vray, suppliant le Roy de luy octroyer le combat à tel lieu ou place qu’il plairait à sa Majesté d’ordonner [ ].

Le Roy se sentit tellement offensé (qui d’ailleurs ne vouloit guère de bien à Vanlay) [ ],  et de l’advis de tous les Princes et Seigneurs qui l’assistoient, il accorda le combat à la Perrine dans un mois qui estoit justement au premier jour de l’année prochaine, et le camp de Paris au devant du Louvre.

Il luy permit cependant d’envoyer ses Cartels à son ennemy, par un Herauts d’armes de sa Majesté, en quelle part qu’il fust et luy signifier le camp et le jour assigné. [ ]

Le Cartel de la Perrine estoit en ces termes

 

Cartel-la-Perrine-copie-3.JPG

 

 

Mais, prudemment, Gaucher de Dinteville avait pris la fuite et on ne le trouva pas pour lui signifier le combat prévu. Et pour cause : il s’était retiré à Venise et attendit l’avènement de Henri II qui le rétablit en ses biens et charges.

Le jour du combat estant venu, le Roy se trouva dés le Soleil levant sur les eschaffauts, accompagné de plusieurs princes et Seigneurs de la Cour, Madame sa mère s’y trouva aussi avec plusieurs Princesses, Dames et Damoiselles des plus signalées du Royaume.

Au mesme instant, la Perrine accompagné de son parrain et de deux ou trois gentilshommes, dont l’un portoit sa lance, l’autre son armet et l’autre ses gantellets, entra à cheval dans le camp, armé au reste de toutes pièces ; ne scachant pourtant pas encore quelles armes son ennemy voudroit combattre. Mais apres s’estre promené tout le long du jour dans le camp (ou deux pavillons estaient tendus à l’opposite l’un de l’autre) son ennemy ne comparut point.

Ainsi le Soleil estant prest à se coucher, la Perrine mettant un genou à terre, demanda tout haut au Roy s’il avoist satisfait à son honneur. Le Roy lui ayant respondu qu’ouy, la Perrine repart :

« Sire, il se peut que mon ennemy craignant vostre colère n’a osé comparoistre ; je supplie vostre Majesté de me permettre de l’aller chercher hors du royaume pour le combattre en quelque lieu que ce soit »

A quoy le Roy respondit qu’il en avaoit assez fait et sur lechamp ordonna, de l’advis des Princes et Seigneurs, que les Armoiries de Vanlay seroient arrachées de dessus le pavillon qu’on luy avoit dressé et baillées à l’exécuteur de Justice, pour estre traisnées par les boues de la ville et estre rompues et brisées ignominieusement, en prononçant ces mots :

« Armes du Sieur de Vanlay, qui est atteint et convaincu des cas à luy imposéz par le sieur de la Perrine »

Quelques-uns pour sauver l’honneur de Vanlay, disent que s’il ne comparut pas, ce ne fut à faute de courage ; mais parce qu’il avait ésté adverty que le Roy luy en voulait d’ailleurs, à l’occasion de Madame la régente, pour quelque sujet que l’on ne sçauoit pas et qu’il l’eust fait  plustost combattre par un bourreau que par son ennemy.

D’autres disent qu’il y fut déguisé et qu’il se mesla parmy la foule de ceux qui estoient là pour voir le combat. Si cela est et qu’il eut du courage, je crois qu’il devait crever de douleur de n’oser aller combattre son ennemy et de voir sa renommée tachée et noircie peut estre par ceux qui estoient le plus près de sa personne, sans leur oser répartir.

Tout cela doit servir d’instruction à la jeune noblesse de bien vivre et de bien faire ; et l’exemple de ce mal-heureux gentilhomme doit porter un chacun à fuir les vices infâmes, et s’adonner entièrement à la vertu.

Source : Le vray théâtre d’honneur et de chevalerie ou le miroir héroïque de la noblesse -Paris- chez Augustin courbe, dans la petite salle du palais, à la palme – MDCXXXXVIII – Avec Privilége du Roi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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LES DINTEVILLE, FRANCOIS 1ER ET MONTECUCULLO -1536

15 Avril 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Seigneurs de Dinteville - Echenay

Les seigneurs d’Echenay ont souvent été assez proches du pouvoir royal, ce qui peut paraître curieux pour un aussi petit village. Il faut toutefois noter que leurs possessions  ne se bornaient pas seulement à ce petit coin de Haute-Marne, domaines souvent élargis par des mariages judicieux entre grands noms, ce qui en faisait des familles riches et puissantes.

 

Et puis, c’était le rôle de la Noblesse de servir le roi. Par les armes ou par leur position au sein de l’église, ce pouvaient être de fidèles alliés ou d’assez redoutables ennemis du pouvoir.

Autant s’en faire des collaborateurs utiles ! Encore fallait-il qu’ils soient d’une fidélité sans tache et surtout posséder des qualités qui soient reconnues par le Souverain ou son entourage.

Ce fut le cas des Pimodan mais aussi avant eux des Dinteville.

 

Mais la place peut être dangereuse comme on va le voir.

 

Ainsi, François I utilisa les Dinteville, militaires ou religieux, dans sa politique et sa diplomatie.

 

Ce fut d'abord François de Dinteville, dont les deux frères étaient, l'un maître d'hôtel du roi et

gouverneur du dauphin, et l'autre grand-veneur. Lui-même fut aumônier de Louis XÏI et de François 1.

Lebeuf vante « son train superbe et ses grandes dépenses à la cour ».

Rabelais parle gaiement de sa simplicité d'esprit et de ses habitudes d'intempérance, qui lui avaient fait donner par Francois Ier le surnom de « Sitio » (j'ai soif). Et l'on trouve, en effet, dans les archives de l'Yonne, des mémoires de ses énormes approvisionnements de vins de choix.

François de Dinteville, premier du nom, 91e évêque d'Auxerre (de 1513 à 1530) resigna pour son neveu, François de Dinteville, deuxième du nom, (de 1530 a 1554), qui en lui succédant, fit continuer les travaux commencés par son oncle.

François de Dinteville (2eme), après la mort de son oncle, resta peu à Auxerre.

Le roi François Ier, connaissant la capacité du nouvel évêque, l'envoya à Rome vers Clément VII, en qualité d'ambassadeur. Cette mission dura trois ans.

Le pape certifie au roi qu'il a toujours reconnu, dans son ambassadeur qui retourne, un

très grand zèle pour le service de la France.

 

Mais François de Dinteville aura été desservi auprès du roi, ainsi que la suite le fera voir.

 

À la fin du mois d’octobre 1535, le duc de Milan, François II Sforza, meurt sans héritier. François Ier estime que sa meilleure chance d'obtenir le duché désormais vacant est de négocier un échange de territoires. Il décide pour cela de s'emparer de la Savoie, sachant que Charles-Quint, son principal rival en Milanais, ne pourra pas facilement abandonner son beau-frère le duc de Savoie. S'appuyant sur les prétentions de sa mère Louise de Savoie, il pénètre donc en Piémont, alors neutralisé par un grave conflit avec Berne et Genève. Il envoie à la tête de ses troupes le dauphin François et le prince Henri duc d’Orléans avec ordre de ne pas s'attaquer directement au Milanais.

En août 1536, de retour d’Italie, le dauphin François est pris d'un malaise après avoir bu un verre d'eau que lui avait présenté, sur sa demande, un seigneur piémontais de sa suite, le comte de Montecuculli (ou Montecucullo). Il meurt quelques jours plus tard le 10 août 1536 au château de Tournon.

Sébastiano de Montecucullo, fut condamné à mort par le Conseil tenu à Lyon le 7 octobre 1536, pour avoir empoisonné le Dauphin de Viennois, duc de Bourgogne, fils aine du roi, et avoir voulu également attenter à la vie du roi.

Ce comte Sébastiano avait quelque fois parlé à Guillaume de Dinteville, sieur des Chenetz, (que le roi avait envoyé en 1535 à la Mirande, en Italie, pour travailler à la conservation de cette place.

Peut-être que le prélat, frère de Guillaume, durant son ambassade, avait aussi connu Sébastiano. On sait seulement que Sébastiano déclara pour confident  de son secret Guillaume

de Dinteville qui, apparemment était encore en Italie. Mais, quoi qu'on eût reconnu la fausseté

de l'accusation, on conserva de fâcheux soupçons, dont Gaucher de Dinteville, son autre frère, seigneur de Vanlay, eut également à souffrir.

 

Quand François revint, de graves soupçons s'élevèrent contre lui d'avoir trempé dans de ténébreuses intrigues, et donc, dans ce criminel complot. Il prit la fuite, et son temporel fut saisi, ainsi que ses revenus patrimoniaux. Il rentra pourtant en grâce après trois ans d'exil, et fut alors envoyé aux Etats de Bourgogne comme député du clergé, et nommé Élu-général.

 

 

Si l’aura des Dinteville se ternie, la fin de Montecuculo s’avère terrible, comme le montre les textes qui suivent.

 

EXTRAICT DES REGISTRES DU GRAND CONSEIL DU ROY.

 

Veu par le conseil le procès criminel fait à l'encontre du conte Sébastiano de Montecuculo interrogatoires, confessions, recollements, confrontations, certain livre de l'usance des poisons, escript de la main dudict Sébastiano, Visitation, rapport et adviz des médecins chirurgiens barbiers et apothicaires, conclusions du procureur-général du Roy, et tout considéré, il sera dit que ledict conte Sébastiano de Montecuculo est atainct et convaincu d'avoir empoisonné feu Françoys, Daulphin de Viennois, duc propriétaire de Bretaigne, filz aisné du Roy [ en pouldre d'Arsigni sublimé, par luy mise dedans ung vas de terre rouge], en la maison du Plat, à Lion; convaincu aussi d'estre venu en France exprès, et en propos délibéré d'empoisonner le Roy, et soy estre mys en effort de ce faire. Pour réparation desquelz cas et crimes ledict conseil l'a condampné et condampne à estre traîné sur une claie du lieu des prisons de Roanne jusques en la place devant l'église Sainct-Jehan auquel lieu estant en chemise, teste nue et piedz nudz, tenant en ses mains une torche allumée, il criera mercy et pardon à Dieu, au Roy et justice, et de là sera traîné sur une claie jusques au lieu de la Grenette, auquel lieu, en sa présence, seront publiquement les poisons d'Arsigni et de Riargart dont il a esté trouvé saisi bruslez avec le vas rouge où il a mis et jecté le poison; et, ce faict sera tiré et desmenbré à quatre chevaulx, et après les quatre parties de son corps penduz aux quatre portes de la ville de Lion, et la teste fichée au bout d'une lance qui sera posée sur le pont du Rosne.

Et pour réparation de la faulse accusation faicte par icelluy conte Sébastiano à l'encontre

de Guillaume de Dinteville, chevalier, seigneur Deschenetz ledict conseil l'a condampné et condampne à faire audict Deschenetz amende honorable en ladicte place Sainct-Jehan, piedz et teste nue, en chemise, tenant une torche allumée en ses mains en disant que faulsement,

et contre vérité, il a dit avoir communiqué audict de Dinteville seigneur Deschenetz, tant à Turin que à Suze son entreprise d'empoisonner le Roy. Et oultre le comdampne envers icelluy Dèschenelz en amende prouffitable de dix milles livres tôurnoises qui seront prins sur les

biens dudict conte Sebastiaoo lesquelz biens le conseil a déclairé et déclaire acquiz et confisquez au Roy.

Faiçt au conseil Lyon, le VII jour d'octobre, l'an MDXXXVI.

DU BOURG, OLIVIER, COUTEL, DUPEYRAT, BARILLON.

 

 

Dudïct Sébastiano, après qu'il eust ésté deffaict et exécuté suivant la teneur de ladicte condempnation, non sans doloreux et misérable torment, le corps fut délaissé sur ung petit eschaufault par deux jours, là où le peuple (icy on peult cognoistre la révérence et amour qu'ont les Françoys envers leurs princes et quant grande doleur ilz ont s'ilz tes sentent offensés) presque le mist par petites pièces ; mesmes les petitz enfans ne luy laissèrent un poil de barbe que tout ne fut arraché, luy coupparent le nez et luy tirarent les yeux hos de la teste, et à grands coups de pierres luy rompirent les dens et machoires, de sorte qu'il fut si defiguré qu'à paine l'on l'eust sçu recongnoistre, et (chose qui ne advient jamais à l'exécution de quelque misérable malfaicteur ) ne se trouva en tout le peuple françoys, non pas entre les estrangiers, qui en print compassion ou doleur, mais tous ensemble le mauldissoient en mille manières de malédictions. D'aulcuns en y eust qui luy coupparent le membre. Bref, luy feirent tant d'opprobres et si villains, qu'ilz jouarent de sa teste à la pellote, p

je dis traînèrent parmy la boue. Que si la pueur de sa misérable et mauldicte charoigne n'eust le peuple faict retirer, encore seroient-ilz après pour luy excogiter mille tormens et le faire mourir mille fois après sa mort.

Cy finist le double de lectres du glorieux retour de l'Empereur, avec le double du dicton du conte Sebastiano de Montecuculo, empoisonneur de feu monsieur le Daulphin de France.

 

 

Sources :   - Archives curieuses de l’histoire de France – 1834

- Wikipédia

- Boisseau, Émile (1842-1923). Varzy (Nièvre) son histoire, ses monuments, ses célébrités. 1905.      

- Challe, Ambroise. Histoire de l'Auxerrois, son territoire, son diocèse, son comité, ses baronnies, son bailliage et ses institutions coutumières et municipales. 1878.

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