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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

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5 ANS DE LA VIE D'EMMA DE COURONNEL - ECHENAY PARIS - 1855 1860

20 Novembre 2015 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Emma de Couronnel

Au cours de mes recherches, il m’est souvent arrivé de lier des liens virtuels particuliers avec certains des personnages rencontrés dans les registres sans pour cela qu’ils fussent de mes ancêtres.

Pourquoi a-t-on envie d’en savoir plus sur la vie de quelqu’un qui ne figure pas dans son arbre généalogique ? Je ne sais pas… C’est pourtant le cas avec Emma de Couronnel.

Georges de Pimodan et Emma de Couronnel acquirent le château d’Echenay en 1858 suite au décès de Camille de Pimodan, son père. Georges prolongeait en cela la lignée de ses ancêtres qui possédaient le château d’Echenay depuis l’année 1680.

Si la vie du (futur) Général de Pimodan, est bien connue, il n’en est pas de même de celle d’Emma, son épouse, qui afficha, semble-t-il, une grande discrétion tout au long de sa vie. Alors, qu’écrire ?

On dit que le hasard fait bien les choses… Alors que je ne cherchais plus vraiment, deux découvertes bien éloignées des choses généalogiques vinrent relancer mes recherches, plus ou moins au point mort depuis un certain temps : une photo et un dessin !

Il me semble qu’il est maintenant possible d’envisager d’écrire une petite tranche de l’histoire de sa vie ! J’avais déjà retrouvé une photo de son buste sculpté mais jamais de photographie.

La photo est issue d’un catalogue de vente aux enchères de la maison Collin du Bocage intitulée « Souvenirs historiques ». Cette photo, la voici :

Emma de Couronnel à gauche et sa belle-fille

Emma de Couronnel à gauche et sa belle-fille

Emma de Couronnel est née le 29 octobre 1833, fille d’Aimé-Charles-Raoul, Marquis de Couronnel, Gentilhomme de la Chambre de Sa Majesté le Roi Charles X, et de la Princesse Marguerite-Pauline-Emmanuelle de Montmorency-Laval.

Evoquer les parents d’Emma et leurs origines est absolument impossible ici. Disons simplement qu’ils puissent leurs racines dans l’histoire de France et que l’étude de leurs quartiers de noblesse suffirait à remplir plusieurs livres.

Sa mère, par exemple, descendait de la Maison de Montmorency, famille ayant donnée six connétables, douze maréchaux, quatre amiraux de France, un cardinal de l’Église catholique, des pairs de France et d'autres grands personnages dans l'entourage des rois de France du XIe siècle au XIXe siècle.

« C’était, dit-on, une excellente personne, sans brillant dans l’esprit, mais pleine de sens et d’usage du monde, ayant de beaux traits, un teint éclatant, l’aspect très noble malgré sa taille lourde et sa démarche embarassée par une boiterie légère que l’âge accentua peu à peu ». (1)

Mais revenons à Emma :

« Dans un des rares séjours qu'il faisait à Paris, [Georges de Pimodan] avait rencontré une charmante jeune fille dont il s'était épris, Mlle de Couronnel. Il l'épousa, et résolut de résider désormais en France [ ]. » (Source : Revue des questions historiques / Marquis de Beaucourt. 07/1928.)

Le 24 mars 1855, il y a foule devant Me Jean Baptiste Eugène Thiac et Me Angélique François Bercéon, notaires à Paris. C’est aujourd’hui qu’est rédigé le contrat de mariage entre Auguste Élie Marie Georges Rarécourt de La Vallée, comte de Pimodan, demeurant à Paris chez ses père et mère, rue de Bellechasse n° 6, et Mademoiselle Emma Charlotte Cécile de Couronnel, demeurant à Paris chez Madame la marquise de Couronnel, sa mère. La liste des témoins des futurs est impressionnante et serait trop longue à énumérer. Pas moins de 30 témoins pour le marié, 36 pour elle et 5 amis communs.

Le 29 mars suivant, le mariage a lieu à la mairie du 10eme arrondissement de Paris et la cérémonie religieuse me semble se dérouler à en l’église Saint Martin des Champs, toujours à Paris.

Peut-être y a-t-on dit, reprenant la phrase de la Marquise de Bellisen : « On se marie beaucoup cette année, surtout les hommes !… »

Georges Rarécourt de La Vallée de Pimodan, né le 29 janvier 1822 à Paris, était le fils de Camille de Rarécourt de la Vallée de Pimodan et de Claire Fauveau de Frénilly.

D’abord, et bien qu’un peu hors sujet, je ne résiste pas à ces quelques mots sur Camille, écrits par son petit-fils :

« Mon aïeul, Charles-Camille, gentilhomme de la chambre de Charles X, passait pour un très joli cavalier, dansant à ravir avec les plus belles jambes de Paris, et, sauf ce détail minime, traversait assez inaperçu le monde qu’il adorait. » (1)

Fin d’une époque ? Sans doute ! La royauté hoquète mais la fidélité au trône est toujours de mise chez les Pimodan.

Reprenons le fil de l’histoire :

« [Georges de] Pimodan, après avoir passé de brillants examens à la Sorbonne, [fit] des études spéciales à l’Ecole de cavalerie de Neustadt [puis] vint rejoindre sa famille qui, après la Révolution de 1830, était venue se fixer en Autriche, pour y partager l’exil de la branche ainée des Bourbons. Ce fut par reconnaissance de la gracieuse hospitalité reçue qu’il y prit du service. » Source : Souvenirs des campagnes d'Italie et de Hongrie (2e éd.) – Par le Général de Pimodan – Extrait de la préface de A. de Crecy – Paris chez Dentu – 1861

En 1855, il quitte l’Autriche avec de brillants états de service mais aussi après s’être fait distinguer par l’Empereur d’Autriche. Il rejoint la France, refusant une promotion qui l’aurait obligé à changer de nationalité. Il ne badine pas avec l’honneur de la France !

Où a-t-il rencontré Emma ? Les bals et réunions mondaines sont fréquents. Alors ?... Toujours est-il que le couple est maintenant marié.

Buste d'Emma de Couronnel

Buste d'Emma de Couronnel

Le 16 décembre 1856 voit la naissance de leur premier enfant Gabriel de Pimodan qui sera tour à tour Saint-Cyrien, militaire, poète, écrivain et homme politique, et souvent le tout en même temps.

Mais cet heureux événement n’était pas de nature à conduire Georges à rester au foyer. Prenant prétexte du couronnement d’Alexandre II de Russie en Septembre, il entreprend un voyage en Russie sur les traces de la Grande Armée. Il explore les champs de batailles, rencontre des survivants, passionné qu’il est de la chose militaire et de la grandeur de la France. Le périple donnera matière à un livret de 31 pages intitulé « Notes sur la campagne de 1812 ».

J’imagine alors Emma de Couronnel restée seule à Paris passant son temps entre ses parents, sa famille et quelques amis.

Durant ces premières années de mariage, Emma et Georges « jouiss[ent] pleinement du bonheur et du calme de la vie de famille (Félicien Besset. 1860) (2).

En 1857, le comte de Chambord venait de perdre devant le tribunal de Wassy (52) un procès que lui intentait le fisc en revendication d’immenses forêts qu’il possédait sur Vierzon, en Champagne et particulièrement en Haute-Marne. Ces dernières étaient estimées à une valeur de 8 millions de francs. (Source : Journal d'Hippolyte Fortoul: Ministre de l'instruction publique et des cultes)

Fidèle au Comte de Chambord et afin de lui venir en aide, Georges lui rachète certains bois proches d’Echenay. Les terres Epinceloises du couple s’en trouvent accrues. Peut-être est-ce à cette occasion qu’Emma et Georges vinrent à Echenay cette année-là. Emma fut-elle séduite pas la campagne environnante et le château familial ? J’en suis sûr !

Et voilà où intervient le hasard dans mes recherches : J’ai pu faire, de façon fortuite, l’acquisition d’un dessin du château d’Echenay daté de 1857 et signé Emma. On peut sans trop d’incertitudes lui attribuer l’origine de celui-ci. La finesse du trait est remarquable et dénote d’une éducation artistique certaine.

Dessin du château d'Echenay à la mine et craie - Emma de Couronnel - 1857

Dessin du château d'Echenay à la mine et craie - Emma de Couronnel - 1857

Il s’agit de la vue de la façade sud, vue des prairies qui ont remplacé l’ancien étang. Voici, toujours par Claude Emmanuel, ce qui peut être considéré comme une légende exacte au dessin : « Les étangs devinrent des prairies, assez belles en été malgré l’abondance des colchiques et des joncs, mais rendues marécageuses en hiver par les eaux qui s’y débordent à plaisir pour reprendre leur ancien domaine. Des tilleuls favorables aux récoltes des abeilles bordèrent les avenues conductrices et couronnèrent la grande digue séparative des étangs d’aval et d’amont » (1). Les vaches croquées par « Emma » peuvent être celles de M. Garola, fermier locataire des terres du château, ou celles de M. Goldschmith qui lui succéda entre 1856 et 1861.

Il signale encore par ailleurs que « [son] père est assez peu venu à Echenay durant cette période » puisque le château familial n’était pas leur résidence principale. Les recensements de 1856 et 1861 n’indiquent d’ailleurs pas leur présence. Lors de leurs séjours champêtres, Emma partageait-elle son temps entre devoir maternel et dessin ?

En juillet 1859, Emma et Georges habitent un hôtel particulier de la rue de Lille à Paris où nait leur deuxième fils Claude Emmanuel déjà abondamment cité ici. « Sur le devant de cet hôtel s’élève un long bâtiment à 2 étages semblables, de telle façon que l’étage inférieur peut-être dénommé entresol ou premier, et l’étage supérieur premier au-dessus de l’entresol ou second ». La famille occupe l’étage supérieur. Cette « qualification amenait entre le concierge, les domestiques du locataire d’en dessous et les nôtres, des discussions protocolaires à faire pâlir mille chancelleries. » écrira-t-il plus tard. (1)

La famille n’y restera pas. Il rajoute : « J’avais quelques mois quand nous quittâmes la rue de Lille mais le souvenir des contentions passées survécut au déménagement. » (1)

L’année 1859 sera aussi marquée par la distinction d’Emma de Couronnel, devenue Dame de l’Ordre de la Croix Etoilée.

Haute dame Emma marquise de Pimodan, née marquise de Couronnel, après avoir fait selon les règles preuve de noblesse tant du côté de sa famille que du côté de celle de son mari, preuve reconnue exacte, a été en 1859, sous le n° 1132, nommée, par décision très gracieuse, dame de l'ordre de la Croix Étoilée; en foi de quoi est délivré le présent extrait du protocole de l'ordre.

A la chancellerie de l'ordre imp. roy. de la Croix Étoilée.

Vienne, le 15 mars 1890.

Le Secrétaire de l’ordre imp. roy. de la Croix Étoilée

G. F. BRANDIS (3)

L'ordre de la Croix Etoilée fut institué en septembre 1668. Il est destiné à récompenser les dames nobles qui se distinguaient par leur vertu, leurs bonnes œuvres et leur charité.

Mais 1860 sera l’année où tout bascule. Les événements de la péninsule Italienne occupent l’information et scandalisent le monde catholique. Georges ne peut rester indifférent. Coincé entre ses devoirs familiaux et ses principes, il opte pour ces derniers et quitte sa famille pour se mettre au service du Saint-Père. La devise de la famille n’est-elle pas « Potius mori quam fœdari » (Plutôt mourir que d'être déshonoré) ?

Emma de Couronnel respecte la décision de son époux et le laisse partir. Mais aurait-elle pu le retenir ...

23 ans plus tard(1883), un auteur, Ulysse Cornand écrira un drame en 5 actes et en vers qu’il intitulera « PIMODAN » et qui sortira chez l’imprimerie Clavel et Chastanier, 12 rue Pradier à Nîmes.

Il s’explique ainsi dans sa préface : « Si je me décide à mettre cette pièce au jour, je m’y sens poussé par le seul désir, et dans la mesure de mes faibles forces, de faire aimer et respecter la Religion sainte à laquelle j’ai le bonheur d’appartenir, et que l’on attaque à cette heure avec un acharnement incroyable ». Georges de Pimodan lui-même aurait sans doute pu écrire le même genre de phrase.

Dans la pièce de Cornand, Emma de Couronnel est devenue « Héloïse ». Symbolisme…. Cornand les connaissait-il intimement ou a-t-il juste été frappé du sacrifice de Pimodan pour l’Eglise ?

Georges de Pimodan quitte la France le 1er Avril 1860 et rejoint l’armée Pontificale laissant Emma seule avec leurs deux enfants en bas âge. Gabriel a 4 ans, Claude Emmanuel un an.

Le 18 septembre, il tombe sous les coups des Italiens à Castelfidardo dans l’assaut qu’il mène contre les troupes Piémontaises.

Emma se retrouve veuve, Gabriel et Claude Emmanuel orphelins. Elle fait preuve d’un remarquable maintien dans la douleur et ses traits de courage sont maintes fois commentés par la presse qui couvre copieusement l’événement. Cinquante ans plus tard, le journal La Croix écrira :

Amour des pères et des mères, dont on ne peut rien dire sinon qu’il est fait de feu et de sang ; du feu qui coule toujours par la blessure du cœur. Nous ne voulons citer aujourd’hui que deux mères : Blanche au XIIIe siècle et la comtesse de Pimodan au XIXe. [ ] La comtesse de Pimodan… Son mari vient de tomber sur le champ de bataille de Castelfidardo, pour l’honneur de la France et la liberté de l’église. Femme héroïque, mère sublime, elle prend son enfant dans ses bras, l’élève vers le ciel, s’écrie : « Et toi aussi, tu seras soldat » ! Source : Journal La Croix - Mercredi 13 septembre 1916

Et effectivement, les deux enfants seront « soldats » !

Plusieurs années plus tard, Claude Emmanuel écrira : « Après la mort de mon père, nous habitâmes l’hiver à Paris chez ma grand’mère de Couronnel (décédée en 1861) et passâmes les étés à Echenay. [ ] (1)

La vie s’écoule. « Ma mère, restée en deuil après la mort de mon père, voyait peu de personnes. Je retrouve cependant parmi mes souvenirs d’enfance les noms de la vicomtesse de Janzé, de la princesse Kitty Koudachef, du marquis de Montcalm, de la comtesse de Quesnay… [ ]. (1)»

En 1864, Emma de Couronnel fit le voyage à Rome, accompagnée de ses deux enfants. Elle y fut reçue par le pape Pie IX qui conféra le titre de Duc Romain à Georges de Pimodan et à tous ses descendants mâles.

5 ANS DE LA VIE D'EMMA DE COURONNEL - ECHENAY PARIS - 1855 1860

Emma de Couronnel entretiendra fidèlement le souvenir de son mari et s’éteindra le 8 mai 1917. A compter des années 1880, elle apparaitra dans tous les recensements de la commune (mis à part l’année 1906), preuve de son attachement pour Echenay.

Continua-t-elle de dessiner ?...

Sources :

  • (1) Simples Souvenirs 1859 1907 - Par le comte de Pimodan – A Paris chez Plon - 1908
  • Souvenirs des campagnes d'Italie et de Hongrie (2e éd.) – Par le Général de Pimodan – Extrait de la préface de A. de Crecy – Paris chez Dentu – 1861
  • (2) Le général de Pimodan – Par Félicien Besset – Paris chez Dentu 1860
  • (3) Titres de la maison de Rarécourt de La Vallée de Pimodan, vérifiés en 1766 par M. de Beaujon, généalogiste des ordres du Roi, avec continuation jusqu'à nos jours, par Roserot, Alphonse (1849-1932) - 1903.
  • Persée - Journal d'Hippolyte Fortoul: Ministre de l'instruction publique et des cultes sous le second Empire
  • Site « Collin du Bocage » – Commissaire-Priseur
  • Gallica
  • Archives Départementales 52
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L'AFFAIRE MONTMORENCY - TALLEYRAND PERIGORD - 1865

5 Août 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Emma de Couronnel

Il arrive parfois que l’on doive défendre ses intérêts de quelque importance devant un tribunal. Ce qui est arrivé à la marquise de Pimodan (née Montmorency par sa mère) en 1865 n’est pas une banale affaire.

Le procès ébranla la justice car un grand nom historique était en jeu mais également, bien qu’indirectement, l’Empereur Napoléon III, qui fut en quelque sorte involontairement à l’origine du problème.

En voici un résumé ou l’on voit qu’en 1891, l’affaire avait encore des conséquences :

BRUITS DU MONDE - MARIAGE  IMPOSSIBLE

On parle beaucoup en ce moment du mariage, de ceux que la chronique parisienne qualifie de grands mariages.

Il s'agirait, raconte-t-on dans les salons, de l'union de mademoiselle Anne de Rohan-Chabot, fille du prince et de la princesse de Léon, petite-fille du duc de Rohan, avec le comte Louis de Talleyrand-Périgord, fils du comte Adalbert de Talleyrand-Périgord, duc de Montmorency.

Eh bien, malgré tout ce que l'on dit, ce mariage est non seulement improbable, mais impossible : et voici les motifs de cette impossibilité.

Le dernier duc de Montmorency, Anne Louis-Victor-Raoul, étant mort sans postérité le 15 août 1862, on apprit un beau jour, dans le courant de l'année 1864, que le comte Adalbert de Périgord, neveu du défunt, venait d'obtenir de l'empereur Napoléon III la faveur de prendre le nom de Montmorency avec le titre de duc.

Cela s'était fait secrètement, sans qu'aucun membre de la famille de Montmorency n’ait été seulement consulté, avisé et prévenu.

Et cela était un abus de pouvoir de la part du souverain et une suprême inconvenance de la part du jeune homme qui avait sollicité et obtenu cette faveur: car si le duc Raoul, son oncle, était mort, il y avait encore des Montmorency mâles et dans beaucoup de familles des femmes nées Montmorency.

On oublie vite dans le monde. Les années ont passé et un tant soit peu effacé le souvenir de l'émotion causée par les unanimes protestations de tous les membres de la famille de Montmorency encore vivants alors, et, de tous les membres de celles dont les femmes étaient nées Montmorency.

Montmorency, Il y avait :

1° Le prince et le comte de Montmorency-Luxembourg.

2° La comtesse de La Châtre et la marquise de Biencourt, fille de Anne-Louis-Christian prince de Montmorency et de Robeck.

3° La duchesse de Levis-Mirepoix, fille du dernier duc de Montmorency-Laval.

4° Le comte de Brissac, veuf d'une Montmorency.

5° La marquise de Gontaut Saint-Blancard, fille d'une Montmorency.

6° Le duc de Rohan et le comte de Chabot, fils d'une Montmorency.

7° Le marquis (aujourd'hui duc de Mortemart) et ses deux frères Henri et Louis, ses deux sœurs la duchesse d'Avaray et la comtesse de Bernis, dont la mère était Montmorency.

8° Le duc de Doudeauville et le comte Sosthènes de La Rochefoucauld, duc de Bisaccia, dont la mère était Montmorency.

9° Le duc de Luynes, veuf d'une Montmorency.

10° Le comte Maximilien et Charles de Béthune-Sully, fils d'une Montmorency.

11° La marquise de Pimodan, dont la mère était une Montmorency.

L'empereur, il faut lui rendre cette justice, ignorait absolument, lorsqu'il signa le décret qui accordait au comte Adalbert le nom de Montmorency avec le titre de duc, qu'il y avait encore des Montmorency vivants.

Le sieur Adalbert était de toutes ces familles le seul membre qui ornait de sa présence les réceptions des Tuileries, et l'impératrice avait trouvé que cela ferait bien d'avoir à ses fêtes un duc de Montmorency.

Une fois ce décret de la faveur impériale signé, pour ainsi dire en cachette, le jeune Adalbert parut donc dans le monde comme duc de Montmorency ; mais, tous les membres des familles que nous venons de citer, s'adressèrent aux tribunaux pour revendiquer ce qu'elles considéraient, à juste titre, comme une propriété, leur nom, et leurs armes, dont nul, pas même le souverain, n'avait le droit de disposer et de les spolier.

On a dit dans le temps que l'empereur a vivement regretté la coupable légèreté avec laquelle il avait signé ce décret de spoliation; mais il n'a pas eu la pudeur de reconnaître qu'il s'était trompé, et qu'on l'avait trompé. Le vin était tiré, il fallait le boire. Le procès suivit donc son cours devant toutes les juridictions.

 La magistrature, hélas ! était trop servile sous l'Empire.

Les juges n'osèrent pas juger que le décret impérial était une spoliation. Ils se déclarèrent incompétents! Ils imaginèrent, pour ne pas avoir à se prononcer, les plus étranges subterfuges et les plus incroyables subtilités. Ils dirent que l'empereur n'avait pas accordé au sieur Adalbert le nom de Montmorency, mais seulement le titre de duc de Montmorency.

Comme si en 1864 il y avait encore des duchés! Certes, et cela personne ne le contestait, l'empereur avait le droit de gratifier un des courtisans de sa cour, fut-il le plus infime, d'un titre de duc, il pouvait même, si tel était son plaisir, ajouter à son nom ceux de Turlutaine, de Tartempion ou de Petencourt ; mais lui donner le nom de Montmorency, malgré l'opposition de tous ceux auxquels ce nom appartenait, jamais!

Aussi, ce fut un gros scandale et un retentissant procès. Tout le barreau prit fait et cause pour la famille de Montmorency contre le jeune spoliateur. Le vieux Dufaure terminait sa plaidoirie* écrasante en disant de sa voix mordante :

«Nous demandons au tribunal de nous conserver notre nom. La Bruyère a dit quelque part : Il n'y a pas au monde un si pénible métier que de se faire un grand nom; la vie s'achève que l'on a à peine  ébauché son ouvrage. Quiconque a voué son existence à un travail honorable est frappé d'abord de cette grande pensée, et cependant, il parait qu'elle manque de vérité. Selon M. Adalbert de Périgord, il y aurait un moyen simple et peu laborieux de se faire un grand nom. Ce moyen, La Bruyère ne l'avait pas prévu, j'espère que le tribunal ne le tolérera pas ». ( )

*Cette plaidoirie, il l’avait commencé ainsi :

Messieurs,

Puisque la Cour veut bien m'entendre, je m'efforcerai de renfermer les observations que j'ai à lui soumettre dans le cercle légitime et nécessaire de ses délibérations.

Notre honorable confrère nous demandait tout à l'heure : Pourquoi ce débat? D’où vient-il? Quel grand intérêt pousse les appelants à troubler le repos d'un parent qui ne les a pas attaqués, et à faire effort pour obtenir de la magistrature un empiétement sur les droits du pouvoir exécutif, une véritable usurpation de pouvoirs?

D'où vient ce débat? C'était précisément la question que nous faisions en première instance et à laquelle on n'a jamais répondu.

Pourquoi toute une famille a-t-elle été troublée dans la possession légitime du glorieux nom que ses ancêtres lui ont transmis? Pourquoi un jeune usurpateur est-il venu tout-à-coup affecter le cœur du chef de cette famille? Croit-il avoir répondu tout en disant : Ce n'est pas un droit que j'ai réclamé, c'est une faveur que j'ai obtenue.

C'est une faveur, disait-il et imprimait-il en première instance. Quoi! Si l'on avait quelque respect pour le nom de Montmorency, voudrait-on qu'il devînt l'objet d'une faveur et le puéril amusement d'une vanité? Que d'actions d'éclat ne voudrait-on pas avoir faites pour mériter de le conquérir?

Quant à nos clients, font-ils autre chose que d'exercer le droit le plus légitime, je me trompe, que de remplir le devoir le plus impérieux, lorsque, se croyant atteint dans la propriété du nom de leur famille, ils viennent demander l'appui des Tribunaux pour se défendre contre une usurpation qui les blesse?

Voilà pourtant d'où vient ce débat, Messieurs : une faveur demandée un jour par passe-temps et obtenue de l'inattention d'un ministre qui a présenté le décret à la signature du chef de l'État !

Je ne veux pas suivre ces réflexions trop loin, je rentrerais peut-être dans ce que ces débats ont eu nécessairement de vif et d'animé ; si, de plus, comme mon honorable confrère, je commençais par vous promettre de vous parler sans passion, je tomberais inévitablement dans le piège, et je finirais, comme lui, par me laisser emporter aux expressions les plus aggressives et les plus regrettables. Eh bien! Non, je me bornerai à examiner dans la question les points fondamentaux que vous aurez à décider.

On prétend que nous vous proposons une usurpation de pouvoirs; j'espère démontrer en peu de mots à la Cour qu'on lui demande une véritable et triste abdication. On prétend que nous attaquons un titre qui a été donné, et légitimement donné, par une autorité compétente; j'espère démontrer à la Cour que nous respectons le titre autant que la loi nous l'ordonne; mais dans le décret du 14 mai, j'attaque ce qu'il ne devait pas contenir, ce qu'il n'a contenu que par erreur, méprise et malentendu, un nom qu'il a transféré, et non pas la distinction nobiliaire qu'il a concédée.

Quoi ! C’est l'usurpation d'un pouvoir qui ne vous appartient pas que nous vous demandons, Messieurs !

Source : Cour Impériale de Paris - 1re  Chambre – Présidence de Mr le 1erPrésident DEVIENNE – Plaidoirie de Me DUFAURE Edition 1866

Reprise de l’article : Les juges ont courbé la tête et n'ont pu oser défendre cette propriété du nom, sacrée entre toutes. Ils se sont déclarés incompétents.

Et monsieur de Périgord s'en allait partout affublé de son titre de duc et du nom de Montmorency que l'empereur avait volé pour lui donner !

Il n'avait même pas la pudeur d'attendre la fin du procès. Il voulut, avant même que la chose ne soit jugée, forcer le Jockey-Club à l'inscrire sous le nom de duc de Montmorency. Ce fut à ce propos qu'il se battit avec le duc de Doudeauville.*

* François Guizot (historien et homme politique français, membre de l'académie française de 1836 à 1874) écrit à sa fille le 17 janvier 1865 : « Pour toute nouvelle de la journée, le duel du comte Adalbert de Périgord avec le duc de Doudeauville à propos du nom de Montmorency. M. de Périgord avait passé deux ou trois fois dans la soirée devant M. de Doudeauville en le regardant avec une affectation impertinente. Le duc la lui a rendue : « Je vous ai fait savoir, Monsieur, que je tenais à ne pas vous rencontrer dans les salons où j’étais ». Ils se sont battus avant-hier, tous deux légèrement blessés d’un coup d’épée. On dit que cela recommencera avec d’autres. Le beau monde est très animé sur la question. Le Jockey-club a refusé de donner à M. de Périgord un autre nom que l’ancien ».

 

Reprise de l’article : C'est au sujet de cette prétention qu'il circula, dans les salons et dans les clubs, la pièce de vers suivante. C'était au moment de la première exposition canine :

 

La République et gent canine

Allant toujours dégénérant,

Hommes et savants compétents

Se sont d'un accord unanime

Rassemblés tous pour aviser

Au moyen le plus efficace

De conserver au lévrier,

Carlin, bichon, boule, terrier,

Toute leur pureté de race.

Un comité s'est réuni,.

Et devant ce noble jury

Chacun vient montrer son adresse,

Bref, étaler ses qualités

De la queue jusqu'au bout du nez.

Chaque animal arrive en laisse,

Caniche et chien de berger,

Tous sont munis de leurs papiers

Et de leur acte de naissance,

Et les concurrents sont admis

Ou refusés par le jury.

Or, par devant cette assistance,

Un général, un avocat

Demandent un certificat

Pour un roquet de nulle race

Qu'ils veulent déclarer bichon.

On rit de leur prétention.

Le chien peut avoir de la grâce.

Etre lavé, peigné, frisé,

Mais, sûr, il est dégénéré.

Il est bâtard d'une levrette

Et d'un barbet ou d'un mâtin,

On ne sait pas au juste bien.

Voyez, sa queue est en trompette

Et sa voix est comme un fausset.

Ce n'est donc qu'un affreux roquet

Qu'il faut expulser au plus vite.

Le général et l'avocat

S'en vont avec leur candidat

Furieux, réclamer de suite

Contre l'arrêt du comité,

Auprès d'autres autorités.

Le ministre de la police

Et tous les autres consultés

Disent à l'unanimité

Que l'on a fait une injustice,

Et voilà le roquet -bichon

De par l'administration. 

 

Le tribunal  a donc déclaré que l'empereur n'a pas donné un nom, mais un titre.

 

- Adalbert de Périgord n'est pas Montmorency mais duc de Montmorency. Quand on l'appelle Montmorency tout court, on fait un faux.  Il faut l'appeler toujours duc de Montmorency.

Quelle étrange subtilité!

Quant à son fils Louis, inutile d'ajouter que ce jeune homme n'est pas Montmorency du tout!

Et cependant son père l'a fait inscrire dans l'Annuaire militaire comme sous-lieutenant de réserve sous le nom de Talleyrand-Périgord de Montmorency. Cela est un faux.

On s'occupe de faire rectifier et biffer. Mais, outre le titre, outre le nom, il y a encore les armoiries, et il est bien tentant, quand on a la prétention de s'appeler Montmorency, de cacheter ses lettres et de timbrer son papier avec les seize alérions de Bouvines: Aussi le jeune Adalbert s'est-il empressé de faire faire cachet, cartes et papier aux armes de Montmorency. Mais après la magnifique plaidoirie de Berryer le tribunal a bien été forcé de faire défense au sieur Adalbert de prendre des armoiries qui ne lui appartenaient pas.

Ah! Que Berryer a été beau quand il a fait l'histoire de ces armoiries que l'on voulait escroquer à une famille. Ce procès a été le dernier triomphe du grand orateur.

Il était malade, mais il a voulu mettre au service de cette cause tout ce qui restait de son grand cœur et de son éloquence. Quand, épuisé par une plaidoirie de quatre heures, il en est arrivé aux armoiries, inspiré par le sujet, avec quelle voix et quels gestes il s'est écrié :

« Plus tard, au treizième siècle, au mémorable jour de 1214, Mathieu de Montmorency, qui eut une si grande part à la victoire de Bouvines contre Othon IV, empereur d'Allemagne, présente à Philippe-Auguste un trophée de douze bannières aux aigles impériales.-»  Quelle scène magnifique! Le Roi qui avait poussé au plus fort de la bataille, blessé lui-même, voit, après la victoire, Mathieu de Montmorency couvert de blessures;

Philippe-Auguste, trempant son, doigt dans le sang qui s'en échappait avec abondance; fait sur l'écusson du connétable une croix rouge dont les quatre bras seront désormais cantonnés avec les 12 aigles impériales que Montmorency vient d'enlever à l'ennemi !

 - Voilà la superbe origine des 16 alérions conquis aux batailles de Soissons et de Bouvines dont monsieur Adalbert veut se parer.

Ce sont là des parures héroïques, insignes nationales dont nul n'a le droit de disposer, pas plus qu'il n'est permis en France d'aliéner les diamants de la Couronne ; marques d'honneur chères et sacrées pour la famille à qui elles appartiennent et dont un étranger ne peut être affublé héréditairement, comme en un jour de fête ou de folie, on revêt les costumes et les armures des anciens preux pour s'en faire un ornement dans les mascarades de la cour ou de la ville.

On dit que M. Adalbert de Périgord continue, malgré la défense qui lui en été faite, de prendre en cachette les armes de Montmorency.

Mon Dieu, les membres des familles qui ont plaidé contre lui, n'ont pas le droit de pénétrer dans son domicile et d'aller examiner ses bagues, ses cachets, son papier à lettre. Mais on le prévient  charitablement que si, par hasard, un jour, pour un mariage par exemple, il lui prenait la fantaisie de faire peindre sur sa voiture les armes de Montmorency, il y aurait un de ses cousins qui se ferait un devoir d'aller gratter ces armes sur la portière de sa voiture. Ils en ont le droit.

A bon entendeur salut.

Tout cela pour en arriver à cette conclusion que le mariage du jeune fils du comte Adalbert de Périgord avec la charmante Anne de Rohan-Chabot, petite-fille du duc de Rohan qui était une des parties plaidant contre le comte Adalbert de Périgord, est un simple canard.

 

Signé : L'INDISCRET.

 

Source : Journal GIL BLAS – Lundi 18 Mai 1891

 

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AFFAIRE  DE MONTMORENCY - PLAIDOIRIE DE ME BERRYER*

 

La plaidoirie faisant 90 pages, il ne m’est pas possible de la transcrire entièrement. En voici donc le début seulement.

Messieurs,

A l'appel de la cause qui m'amène aujourd'hui devant vous, en entendant prononcer les noms des parties engagées dans ce procès, en lisant les conclusions que j'ai à développer, je ne mesure pas sans crainte la gravité du devoir que m'imposent la nature et l'importance des questions qui vont vous être soumises. Contre la décision des premiers juges, je viens rétablir la plénitude des droits et réclamer l'accomplissement des devoirs de l'autorité judiciaire; je viens demander au pouvoir qui vous appartient, et qui n'appartient qu'à vous seuls, les garanties protectrices que votre institution promet et doit assurer aux intérêts privés de toutes les classes de citoyens.

Dans la réclamation de la maison de Montmorency contre un acte du souverain, réclamation fondée sur les principes essentiels de notre droit public et de notre droit civil surtout, il y a quelque chose de plus considérable et d'un ordre plus élevé que l'intérêt des contestations qui s'agitent d'ordinaire dans cette enceinte.

Ne vous étonnez pas de l'émotion que cette cause a produite dans l'opinion publique. A ce grand nom de Montmorency qui, depuis près de mille ans, brille d'un éclat si majestueux sur presque toutes les pages de nos annales, à ce nom qui, dans une longue suite de siècles, fut glorifié par un si grand nombre de connétables et de maréchaux de France, à ce nom d'une famille qui nous a donné autant de grands hommes d'État que d'habiles et vaillants capitaines, je ne suis pas le seul à sentir se réveiller en moi, comme citoyen, le sentiment du juste et patriotique orgueil des beaux noms historiques. Cet orgueil, Messieurs, il le faut honorer, c'est en tous pays un précieux et puissant élément des grandeurs de l'esprit national. ( )

Quel ne devait pas être en France l'intérêt excité par le retentissement des grands noms de Condé et de Montmorency ? De pareils noms, Messieurs, sont une propriété nationale qui ne peut être capricieusement confiée à d'autres que ceux à qui seuls les lois et la nature ont imposé le devoir et le droit d'en maintenir l'honneur.

Pour ceux-ci, le devoir est cher et sacré, et vous comprenez combien est noble et respectable l'intérêt qui les anime. Il n'y a pas dans le sein des familles de force morale plus grande, plus féconde que la pensée de se sentir obligé par l'honneur de ses pères, que le désir de porter dignement leur nom, pas d'ambition plus pure que celle d'aspirer, avec un respect jaloux, à en demeurer les gardiens fidèles et vigilants. Malheur, selon moi, malheur à qui une aussi grande tâche ne suffit pas !

Aussi je n'imagine point de cause plus légitime, plus pieuse que celle qui nous amène aujourd'hui à votre barre. ( )

 

Source : PLAIDOIRIE DE Me BERRYER POUR LA FAMILLE DE MONTMORENCY CONTRE M. ADALBERT DE TALLEYRAND-PÉRIGORD - Audience du 31 Juillet 1865 - COUR IMPÉRIALE de Paris. 1re CHAMBRE. Présidence de Mr. le 1er Président DEVIENNE –Edition 1866

 

*Pierre-Antoine Berryer, dit « Berryer fils », né le 4 janvier 1790 à Paris et mort le 29 novembre 1868 à Augerville-la-Rivière (Loiret), est un avocat  et homme politique français. Berryer fut un élève assez médiocre chez les Oratoriens du collège de Juilly. Il se destinait à l'état ecclésiastique, mais son père, qui avait reconnu en lui les qualités d'un orateur, contraria sa vocation et lui fit faire son droit. Contrairement aux attentes de son père, ses débuts furent sans éclat. Dès 1812, il se mit à afficher des opinions royalistes ; les désastres militaires de la fin du règne de Napoléon achevèrent de l'attacher définitivement aux opinions légitimistes qu'il défendit durant toute sa vie. Sous le Second Empire, il quitta la vie politique et revint au barreau qui le nomma bâtonnier en 1854. 

 

Source : Wikipédia

 

 

M. Adalbert de Talleyrand-Périgord conservera son titre. Difficile de désavouer le souverain ! Il décédera le 25 mars 1915 à Paris à l’âge de 77 ans.

 

 

 

 

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E. DE COURONNEL - CARNET NECROLOGIQUE - 8 MAI 1917

2 Août 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Emma de Couronnel

CARNET NECROLOGIQUE

 

C'est avec un sentiment de bien vive tristesse que nous apprenons la mort subite, à l'âge de 84 ans de la marquise de Pimodan, veuve du général tué, en 1860, à la bataille de Castelfidardo. Nous nous inclinons profondément devant le cercueil de cette admirable femme et nous ne saurions mieux lui rendre hommage qu'en reproduisant le passage suivant de l'oraison funèbre que prononça Mgr Dupanloup : 

« Tu tombes vaillant guerrier et cette jeune épouse que tu as quittée et ces petits enfants dont tu es le père, ils ne te reverront plus !... Mais elle est digne de toi cette femme héroïque et quand la nouvelle de ton glorieux trépas lui arrivera, elle ne pleurera pas comme pleurent les femmes...

Ne lui écrivez pas, lui dit-on ; il est prisonnier... Elle se détournant et avec un regard inexprimable: « Prisonnier, dit-elle, c'est impossible !.... Il est mort... Allons à l'église ». Et puis tout à coup, comme si le cœur du guerrier eût passé tout entier dans le sien, elle saisit un de ces petits enfants et l'élevant vers le ciel, elle s'écria : « Eh bien, toi aussi, tu seras soldat. »

Nous prions le duc de Pimodan et le colonel de Pimodan, ses fils, de vouloir bien agréer nos plus cordiales condoléances et celles des bien rares survivants des compagnons du général dont je suis l'interprète. 

 — C. de M. 

Source : L’Express du Midi – Jeudi 24 mai 1917

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Nous apprenons la mort subite de la marquise de Pimodan, née de Couronnel, décédée hier en son hôtel de la rue de l'Université dans sa quatre-vingt-quatrième année.

 

Elle était la veuve du général de Pimodan, au service du Saint-Siège et tué en 1860 à la bataille de Castelfidardo.

 

Elle était la mère du duc de Rarécourt Pimodan, marié à Mlle de Pomereu, et du colonel de Pimodan, qui épousa Mlle de Mercy-Argenteau. Elle avait eu la douleur de perdre un de ses petits-fils, le capitaine de Pimodan, décoré de la croix de guerre avec palme, mort glorieusement pour la France.

 

 

 

Source : LE FIGARO  - Mercredi 9 Mai 1917

 

 

 

 

 

 

 

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EMMA DE COURONNEL AUX BAINS - 1861 / 1866

5 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Emma de Couronnel

Nous savions déjà que les Pimodan (pardonnez ce raccourci de langage) ne passaient que quelques mois par an à Echenay, partageant essentiellement leur temps entre notre village et Paris. Mais il leur arrivait aussi (souvent !) de voyager. 

Ainsi, j’ai retrouvé la trace de fréquents séjours d’Emma de Couronnel aux bains d’Aix-les-Bains (au moins entre 1861 et 1866) ou elle semble se rendre régulièrement chaque année en juin, accompagnée de ses fils. Elle y trouvait, je pense, détente et soins, essayant vraisemblablement d’oublier le deuil qui l’avait frappé peu auparavant.

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 « Le thermalisme connaitra un engouement exceptionnel au XIX siècle, porté par la vague du romantisme. Pour des raisons de facilité d'accès, les stations se développeront d'abord à proximité immédiate ou à l'intérieur des grandes villes. Très rapidement, l'extension rapide des liaisons ferroviaires rendra accessibles les stations isolées pour les parisiens et les étrangers. La croissance de la fréquentation s'emballera, et l'on passera de 22 000 curistes en 1822 à 120 000 en 1855. »

Source : extraits de Wikipédia

Voici quelques extraits de coupures de presse de différents journaux locaux :

 Journal « Courrier des Alpes » du 26 juin 1861

Le total des étrangers venus aux bains d'Aix jusqu'au 22 juin s'élève à 1,222. La 17e liste, que nous avons sous les yeux, contient 64 noms, parmi lesquels nous voyons figurer celui de Mme la marquise de Pimodan, née de Couronnel, veuve de l'illustre et infortuné général mort au service du Souverain Pontife ; Mme de Pimodan est accompagnée de ses deux fils.

 Journal « Courrier des Alpes » du 11 juin 1863

Arrivées d’étrangers du 6 au 9 juin

Le Courrier de Savoie n'ayant pu hier publier la liste des étrangers venus aux bains d'Aix, nous avons consenti à l'insérer aujourd'hui en raison de la faveur dont l'administration de ce journal a bien voulu nous faire jouir en l'adressant à tous nos abonnés pendant la durée du concours régional.

Parmi les noms figurant dans cette liste, on remarquera celui de la veuve de l'illustre et infortuné marquis de Pimodan, mort à Castelfidardo en défendant la plus sainte des causes ;

Mme de Pimodan née Emma de Couronnel, rentière, est accompagnée de ses deux fils, d’un valet et de deux femmes de chambre.

 « Le journal de l’Ain » du 8 juin 1866

 Le nombre des étrangers arrivés aux eaux d'Aix jusqu'à ce jour dépasse le chiffre de 800. Nous remarquons dans les dernières listes M. Harent, membre du Conseil général de l'Ain, M. Pinier, maire de Gex, Mme la marquise de Pimodan et ses deux fils ainsi que plusieurs familles d'Angleterre et des Etats-Unis.

« Le journal de la Savoie » du 10 juin 1866

Les 5eme et 6eme listes des étrangers venus à Aix-Ies-Bains, pour la saison thermale de 1866, en portent le nombre à 940. Quoique les pluies trop fréquentes, que nous avons eues jusqu'ici, aient nui à la beauté de la saison, le chiffre des baigneurs que nous venons d'indiquer prouve en faveur des efforts constants de la ville d'Aix et de ses habitants, pour se rendre toujours plus agréables aux étrangers que les beautés locales, les soins hydrothérapiques savamment administrés et l'urbanité naturelle des habitants y attirent en nombre annuellement croissant.

Entre les noms des personnes de distinction qui sont venues aux bains d'Aix, outre ceux que nous avons fait connaître d'après la liste du 26 avril au 3 mai, les 5eme et 6eme listes qui vont du 31 mai au 9 juin, nous apportent encore les suivants :

Sir Henry Lillon Buhver, membre du Conseil privé de S. M. Britannique, grand'croix de l'ordre du Bain; Mme la comtesse et M. le comte Ciglié Capris et leur famille, de Turin ; M. Raboin, de Paris, directeur des lignes télégraphiques; Mme la comtesse et M. le comte de Puységur; Mme la marquise de Pimodan et ses fils ; ceux de cinq docteurs, parmi lesquels M. Armand Rey, professeur à l'Académie impériale de Grenoble, etc.

L'Angleterre et l'Ecosse, comme nous le signalions dans notre numéro du 8 mai dernier, continuent à fournir le contingent le plus nombreux des baigneurs étrangers à l'Empire arrivés à Aix. L'Italie, la Russie, l'Amérique, l'Allemagne, la Suisse et les Pays-Bas sont aussi honorablement représentés, de même que la plus grande partie des départements français.

Les dernières réductions de prix apportées dans le tarif des Bains, les améliorations constantes exécutées soit par la municipalité, soit par les particuliers pour se conformer aux besoins qu'ils ont à satisfaire, l'appui surtout que leur prête le gouvernement, avec l'aide de ses bienveillants intermédiaires, tout nous invite à croire à la prospérité croissante des saisons thermales d'Aix.

Nous tiendrons nos lecteurs au courant de la statistique des arrivages d'étrangers dans cette ville, parce que c'est là une question de prospérité pour notre département, et non pas seulement pour la localité où ils se réunissent.

Source : Mémoire  et  Actualité en Rhône-Alpes

 

Gabriel de Pimodan  fortifiera peut-être à Aix-les-Bains son gout pour la poésie, en marchant sur les traces de Lamartine ?

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EMMA DE COURONNEL

28 Avril 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Emma de Couronnel

 
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 PHOTO CROIX ETOILEE
 
 
 
 
« Quatorze grandes dames françaises, sans compter les princesses du sang, ont fait leurs preuves nobiliaires pour être reçues Dames de la Croix Etoilée d'Autriche. Nous en montrons ici onze : les trois qui manquent à l'appel sont la Marquise de Pimodan, née Couronnel, reçue en 1859; la Comtesse Goluchowska, née Princesse Murât, femme de l'ancien Ministre des Affaires Etrangères d'Autriche, en 1896, et la Comtesse Gabriel de Mun, née Gontaut-Biron, en 1907.
Cette décoration fut créée par l'Impératrice Eléonore Gonzague, en 1668, en reconnaissance du miracle qui fit retrouver une relique de la Sainte Croix au milieu des décombres, après l'incendie du palais Léopold.
Elle n'est accordée par la protectrice suprême de l'Ordre, aujourd'hui l'Archiduchesse Marie-Josèphe, mère de l'Empereur, qui succéda dans ces fonctions à l'Impératrice Elisabeth, qu'aux femmes de la plus haute aristocratie d'Europe, tenues à prouver seize quartiers de noblesse sans interruption dans leur ascendance, comme dans celle de leurs maris. Il y a environ quatre-vingts souveraines ou princesses et huit cent trente dames de la Croix Etoilée en tout.
Ctesse de B. »
Source : Magazine FEMINA – 15 aout 1910
 
 
 
Ce journal n’ayant pu nous présenter de photo d’Emma de Couronnel, épouse du Général de Pimodan, il me semble juste de réparer cette lacune. Mais je n’ai pas encore trouvé de photo !... Alors, comment faire ?
 
Un buste en marbre blanc semble une bonne alternative.
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Buste de la Marquise de Pimodan, les cheveux relevés par un chignon terminé en natte et ornés de perles. Réalisé en 1858 par A Tadolini. Hauteur : 70,5 cm

Source : Artnet

 

 

Adamo Tadolini (né le 21 décembre 1788 à Bologne et mort le 16 février 1868 à Rome) est un sculpteur néoclassique italien du XIXe siècle. Après avoir fréquenté l'Académie des Beaux-Arts de Bologne, en 1814, Adam Tadolini s'installe à Rome, où il est l'élève de Canova. En 1820, il épouse Serafina Passamonti et en 1825 il est nommé à l'Accademia di San Luca. En 1830, il refuse le poste de professeur de sculpture à l'Académie de Bologne.

Son œuvre principale est la Statue équestre de Simon Bolivar. Commandée à Tadolini à la suite d'un concours gagné en 1825, elle ne sera inaugurée qu'en 1859. Si elle manifeste l'influence de Canova, elle s'en distingue cependant par des réminiscences baroques, son sens de l'énergie et de la monumentalité.

 

Source : Wikipédia

 
   
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