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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

QUAND DIDEROT RACONTE LA HAUTE-MARNE

7 Novembre 2011 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ca s'est passé près d'Echenay

Le 5 Octobre 1713 naquit Denis Diderot à Langres, fils d’un coutelier. Inutile de le présenter !

 

Lui est-il arrivé de passer à Echenay ? Sans doute pas !

Mais, dans ses écrits, il lui arrive parfois de parler des habitants de la Haute-Marne

 

« Les habitants de ce pays (Langres) ont beaucoup d’esprit, trop de vivacité, une inconstance de girouette. Cela vient, je crois, des vicissitudes de leur atmosphère qui passe en vingt-quatre heures du froid au chaud, du calme à l’orage, du serein au pluvieux ( ). Pour moi, je suis de mon pays : seulement le séjour de la capitale, et l’application assidue m’ont un peu corrigé. »

Source : Les deux amis de Bourbonne – Edition Michel Delon – Folio classique

 

Cette description aurait-elle pu s’appliquer à ma grand-mère, née à Echenay, puis partie vivre à Paris après son mariage ?...

 

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Le 17 aout 1759, il entreprend un voyage de Langres vers la résidence de la mère de sa maitresse (Louise-Henriette Volland, dite Sophie), entre Saint-Dizier et Vitry le François. Il écrit sur la route à Sophie Volland (à ce moment à Paris) et lui décrit quelques paysages de la vallée de la Marne.

 

« Me voila à Vignory. Ma Sophie, quel endroit que ce Vignory ! ( ). Imaginez vous une centaine de cabanes entourées d’eaux, de vieilles forets immenses, des coteaux, d’allées de prés qui séparent ces coteaux, comme si on les avait placés à plaisir, et de ruisseaux qui coupent ces allées-prairies. Non, pour l’honneur des garçons de ce village, je ne veux pas me persuader qu’il y ait là une seule pucelle passé quatorze ans. Une fille ne peut pas mettre le pied hors de sa maison sans être détournée ; et puis le frais, le secret, la solitude, le silence, le cœur qui parle, les sens qui sollicitent. Ma Sophie, ne verrez-vous jamais Vignory ? »

 

Plus loin,dans la même lettre, il continue :

 

« Chemin faisant, nous avons laissé Joinville sur notre gauche. Elle est perchée sur un rocher dont la Marne arrose le pied et fait un fort bel effet. C’est une bonne compagnie que cette rivière ; vous la perdez pour la retrouver et la perdre encore ; Et toujours, elle vous plait ; Vous marchez entre elle et les plus beaux coteaux. Nous avons rafraichi à un village appelé Rachecourt. Je me suis amusé là à parler à un vieillard de quatre-vingt dix ans ; j’aime les enfants et les vieillards. Je regarde ceux-ci comme des êtres qui ont déjà beaucoup souffert et je les respecte comme des êtres singuliers que le sort a épargnés . L’hôtesse du lieu est une grosse réjouie qui dit que sacredieu n’est pas juré. Quand elle jure, je ne sais plus ce qu’elle dit. Il faut qu’on soit bien malheureux dans ce pays ( ). »

 

Source : Lettres à Sophie Volland – Choix et préface de Jean Varloot- Folio classique.  

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