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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

PRISONNIERS DE GUERRE A JOINVILLE - 1806

21 Février 2012 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ca s'est passé près d'Echenay

ulm

                                                                    Rédition d'ULM

 

 

A l’automne 1805, la guerre gronde à nouveau sur l’Europe.

 La Russie, l’Autriche, le Royaume de Naples et le Royaume-Uni forme la 3eme coalition et décident d’envahir la Bavière, alliée de la France.

Napoléon « propulse » donc son armée de Boulogne vers Vienne. A marche forcée, son avancé est époustouflante. Elle déferle sur l’Allemagne, s’oriente vers Ulm qu’elle prend, si l’on peut dire, par surprise, grâce à une stratégie audacieuse mais réfléchie.

Mack, l’opposant Autrichien,  préfère se rendre en voyant la partie perdue.

« Le 20 octobre, les soldats autrichiens défilent pendant cinq heures devant l'Empereur. Les fantassins capturés jettent leurs fusils, tandis que les cavaliers abandonnent leurs chevaux. Tous sont destinés à être emmenés captifs en France. Par-contre, les officiers autrichiens reçoivent de Napoléon Ier l'autorisation de garder leurs armes et de rentrer chez eux, à condition de ne plus se battre contre la France.

25 000 Autrichiens sont capturés, dont 18 généraux. 60 canons sont pris. Les Français, eux, ne comptent que 500 morts et 1000 blessés pour une bataille aussi décisive pour l'avenir de la campagne. En moins de quinze jours, la Grande Armée a mis hors de combat 60 000 Autrichiens et 30 généraux, sans compter la prise des canons. »

Source : Wikipédia

Tous ces prisonniers sont donc ramenés en France. On imagine facilement les conditions dans lesquelles se fait le voyage. Beaucoup succombent en route, le reste arrivant en piteux état sur leur lieu de détention. Arrivés en France, leur nombre important oblige à les disperser dans de nombreuses villes (nbre de prisonniers entre parenthèses)

 

Joinville, Chaumont (1044),  Langres (1044) mais aussi Sens (774), Avallon (408), Joigny (811), Auxerre (1355), St Florentin (25), Tonnerre (27), Chablis (12), Semur (398), Autun (1105), Chalon (985), Tournus (913), Macon (1109), Dijon, Beaune(665), Troyes (2055), Reims (1961), Vitry (1200), Etc.

 

Cela ne va pas sans poser de nombreux problèmes d’approvisionnement mais le principal souci est sanitaire. Beaucoup sont malades et cela inquiète les populations craignant toujours les risques d’épidémie. De nombreuses localités se plaignent au gouvernement.

 

Le ministre de l’intérieur décide donc en Février 1806 de mandater un médecin, Monsieur Des Genettes, Docteur et Professeur en médecine, Inspecteur Général du service de santé des armées et Officier de la Légion d’Honneur, pour faire le tour des localités ou sont emprisonnés les soldats autrichiens. Il doit faire un point précis sur leur état de santé général et sur les risques encourus par les populations locales. Il devra lui faire parvenir un rapport détaillé tous les 3 jours.   

 

Il commence donc son périple ou il découvre « le meilleur et le pire ». Quelques extraits :

 

 

Situation de Sens

 

Il n’est mort à Sens, que huit prisonniers de guerre, depuis leur arrivée qui remonte au 3 frimaire.
 Mais l’hospice civil est maintenant tellement encombré et dépourvu de fournitures, qu’il ne pouvait aujourd’hui recevoir deux hommes que je desirais y faire transférer des prisons.

L’église où sont les militaires est si froide, si humide, et, par conséquent si malsaine, qu’il est des maladies, telles que les fièvres catarrhales qui règnent maintenant, qui ne peuvent y guérir que très difficilement.


Situation de Dijon, le 19 ,20 et 21 de février 1806.

 

Le premier aperçu a été qu’il avait passé à Dijon, près de 60000 hommes, dont 30000 prisonniers de guerre, et 30000 hommes de conscrits ou de militaires en marche depuis peu de temps. (Qui semble donc être le lieu de passage des armées allant ou revenant du front, d’où une mortalité effrayante dans cette ville)


Situation de Langres, le 24 février 1806

 

Langres a reçu, diverses fois, 1044 prisonniers de guerre, y compris 13 femmes.
Il en est mort 89 dans l’hospice civil : établissement parfaitement bien tenu, ainsi que ses succursales par des Dames de la Charité.
il y a eu beaucoup de négligence dans l’envoi des malades  à l’hôpital; sans cela la mortalité eût été peu considérable.
J’ai trouvé au milieu de sa visite, M. le docteur Robert; on ne peut servir avec un zèle plus constant et plus éclairé.

 

Situation de Chaumont,   Haute - Marne, le 25 février 1806

 

Chaumont avait le 5 février, 703 prisonniers de guerre, qui avaient à l’hôpital où ils sont fort bien traités, 62 hommes.
La plus grande frayeur a régné dans cette ville, qui a perdu 12 à 15 personnes que leur charité avait appelées près des prisonniers de guerre malades.
Ici j’ai trouvé parmi eux un nouveau genre de maladie qui est terrible; ce ne sont plus, comme partout, des fièvres putrides, malignes, des gangrènes, des dysenteries mais d’horribles gales compliquées

 

Situation de Mâcon
La nudité des prisonniers de guerre du dépôt de Mâcon, est hideuse. Un tiers n’a pas de chaussures; plusieurs, pas de chemises; cela tient à ce que ce corps a été surpris dans une profonde sécurité, et loin de ses bagages; il sera impossible qu’il se mette en route sans chemises, sans souliers, sans une coiffure quelconque, et sans habits ou capotes.

 

 Situation de  Joinville, Haute-Marne, le 26 février 1806 —  A Son Excellence le Ministre de l’intérieur.


« Monseigneur, il y a à Joinville un effectif de 516 hommes, qui a eu journellement à l’hôpital, de 3o à 6o malades, et n’en a perdu que 4.
» La mortalité, parmi les habitans, augmenté à peine d’un tiers, a porté seulement sur des vieillards.
» Le Maire, l’administration, les religieuses et le médecin, prennent le plus grand soin des malades reçus dans l’hospice civil, bel établissement dut à la munificence des Guises, et qui leur a servi de dernier asy1e en 1793, après la violation de leurs tombeaux. »

 

M. des Genettes semble donc satisfait du bilan de Joinville.

Mais il ne s’agit là que du rapport sur les prisonniers de guerre malades.

Comme on l’imagine, ces villes n’ont pas de prisons capables d’accueillir autant de monde. Les biens-portants sont employés à divers travaux, sur les routes ou ailleurs. C’est en quelque sorte le Service du Travail Obligatoire que nos parents ont connu lors de la dernière guerre.

 

Certains prisonniers Autrichiens ont donc très bien pu travailler sur Echenay.

 

Source : Bibliothèque numérique Medic

 

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