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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

LES CURES D’ECHENAY – 1679 à 1792 -

22 Juillet 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ceux d'Echenay...

Paroisse-d-Echenay.JPG

 

La lecture des registres paroissiaux est le lot de tout généalogiste.  On recherche ses aïeux, on traque la naissance qui nous manque, le mariage de l’ancêtre, on s’intéresse aux témoins, aux parrains et marraines et on oublie la personne qui  a rédigé l’acte… Le curé !


Souvent, celui-ci  n’a laissé d’autres traces que sa signature au bas de la transcription. Il lui arrive bien de noter autres choses que des cérémonies mais ce ne sont alors que des informations intéressant la communauté : accidents climatiques, épidémie, passage de troupe ou de dirigeants civils ou religieux. Bref, des informations générales qu’il  lui a semblé nécessaire d’être reportées. Sur lui, rien ! Alors, sans pouvoir retracer leur vie, j’ai souhaité vous les présenter un peu mieux.

 

signature-du-cure-d-echenay-Royer-1680.JPG

Le premier à apparaitre, en 1679, est le curé Royer. En 1684, il nous dévoile son prénom, Nicolas, dans l’acte de mariage de Messire Jean Louis de Barberin de Reignac et de Mademoiselle Marie Marguerite de La Valée Pimodan. L’importance des protagonistes l’a sans doute amené à nous livrer ce renseignement. Une certaine forme de respect ou d’auto-reconnaissance, sans doute, pour s’être associé à cet événement important…

Comme il manque les registres de 1686 à 1689, son dernier écrit sera pour nous de Novembre 1685. «  je soubsigné Prestre curé d’Eschenetz  certifie n’avoir rien obmis et avoir fini ce que l’ordonnance prévoit d’escrire sue ce registre ce 28e novembre en foy de quoi cy mon seigne. N Royer prestre curé dud. Lieu ».  La satisfaction du travail accompli et le respect des règlements !

 

signature-du-cure-d-echenay-Vautier-1690.JPG

En 1690, Nicolas Royer est remplacé par un prêtre nommé Vautier. La signature est beaucoup plus sobre. En 1695, il signe encore mais les registres de 1696 à 1711 ont disparu. Ce sont donc 15 années sans information. Est-il toujours curé d’Echenay durant cette période? La question peut se poser car en Mai 1695, le prieur d’Echenay, Damery signe un acte de mariage.

 

signature-du-cure-d-echenay-Concelin-1714.JPG

En 1712 apparait un nouveau curé : François Concelin. Est-il là depuis longtemps ? Toujours est-il qu’il signera jusqu’en 1742, date de sa mort. Pour l’occasion, les curés du voisinage viennent pour lui rendre un dernier hommage. Seront présents les curés de Soulaincourt, Montreuil, Thonnance, Germay, Sailly et Effincourt. Après un long ministère de trente ans, peut-être plus, il faisait partie du paysage Epincelloi et de la région. Puis les actes sont signés quelque temps par un certain Guillaine, Administrateur d’Echenay.

 

signature-du-cure-d-echenay-Voillot-1744.JPG


En  1743, il est remplacé par François Voillot (voir l'article qui lui est déjà consacré; catégorie Personnalités d'Echenay).  L’homme change, le prénom reste. Il aura pour vicaire un nommé Petitjean qui le remplace lors de ses absences ou maladies. Fin 1769, Il signe son dernier acte. Mutation, décès, la question est posée !

 

signature du cure d'echenayVoisin 1776

En juin 1770, le prêtre nommé Voisin signe son premier acte à Echenay. La signature est modeste, simple. D’ailleurs, au début de son ministère, il signe assez rarement, laissant les protagonistes de la cérémonie signer seuls. Par contre, son vicaire, Mourot, signe souvent à sa place. Que doit-on en déduire ? Néanmoins, il restera jusqu’en 1789.  La révolution passe aussi par Echenay et le père Voisin décède le 15 avril 1790 (mai ? doute sur le mois). Sa signature n’apparaissait plus depuis le début de l’année, remplacée par celle du vicaire Mourot. Là encore, malgré la période troublée, les prêtres des alentours se réunissent : Pensey, Mandre, Sailly, Effincourt, Soulaincourt et d’autres dont je n’ai pu déchiffrer la provenance, ils sont là, venus enterrer leur confrère. Sans doute sentent-ils la fin prochaine d’une époque !

 

signature-du-cure-d-echenay-Milliere-1790.JPG

Dès le début mai 1790, un nouveau prêtre est en place. Il s’agit du père Milliere. Sa signature est majestueuse, raffinée et travaillée, comme un sursaut face aux événements qui secouent l’église de France.

 

signature-du-cure-d-echenay-Janson-1791.JPG


Toutefois, il ne reste qu’un an à Echenay, remplacé dès 1791 par le curé Janson. Il apparait en septembre 1791 mais ne fait qu’un bref passage car dès le 1er novembre, il a quitté la paroisse. Pourtant, il faut enterrer Christophe Cordieu, manouvrier, et l’on fait appel à « Dominique Demange, curé de Saudron, faisant desserte de ladite paroisse d’Echenay à cause de la vacance de la cure ».

 

signature-du-cure-d-echenay-Longalaine-1792.JPG


Dès Janvier 1792, un nouveau prêtre arrive. Il s’agit du père Longalaine. Mais les jours sont comptés pour les curés de France. Le 27 octobre 1792, il baptise Marie Madeleine Bourgeois et se sera son dernier acte enregistré. Le registre paroissial d’Echenay  est clos le 1er décembre 1792, an I de la République Française,  par Nicolas Vaillant, maire de la commune d’Echenay.

 


C’est donc 10 prêtres (si l’on compte Damery et Demange) qui se seront succédés en 113 ans. Certains ont partagé longtemps la vie de nos ancêtres, tels Concelin ou Voillot, d’autres n’ont fait que passer. C’est la fin de l’ancien régime et des registres paroissiaux.


Si l’état civil qui les remplace et plus précis, plus clair, mieux écrit, pour les généalogistes que nous sommes, il n’a plus ce parfum d’antan, ces signatures simples ou majestueuses qui faisaient notre plaisir et laissaient entrevoir la proximité entre les villageois et leur curé. Le progrès a un prix mais doit-on s’en plaindre ?


 

Source : Registres Paroissiaux d’Echenay – Archives départementales 52

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