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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

L'APOTHICAIRERIE DE JOINVILLE - XVIeme SIÈCLE

27 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Autour d'Echenay - A visiter sans modération

«  Diantre mon bon compaing Epincellois, tu n’as plus mal au dos ?

Ah, mon compaing, ne me pigouille* point ! J’ai souffert comme diable en paradis ! Mais asteur, point de maux !  Ces bonnes mères de l’apothicairerie m’ont fait fort bon remède. Leur huile de petits chiens est miraculeuse !

Diantre, de l’huile de petits chiens ! Qu’est-ce donc ?

C’est miracle pour le dos ! Tu prends deux petits chiots et tu les coupes par morceaux. Tu les mets dans un pot vernissé avec une livre de vers de terre biens vivants et tu fais bouillir environ deux heures à l’âtre. Suivant, tu frottes le mal avec cette huile! Ces bonnes mères m’ont conté que ce bon Ambroise Paré avoit soigné notre bon Balafré (1) avec cet onguent. Il en est fort aise, comme mi. Vois donc, j’ai été soigné comme nostre Prince !

Ah Ah ! A la bonne heure, mon bon compain ! Tu pourras alors faire ton charroi avec moi comme du à nostre maistre ! »

 

Si ce discours est fictif, la recette de l’huile de petits chiens est, elle, bien réelle. C’est à l’apothicairerie de Joinville qu’elle se trouve. Elle était censée soigner les sciatiques et même la paralysie.

C’est en 1567, que la veuve de Claude de Lorraine, 1er duc de Guise, Antoinette de Bourbon et son fils Charles, cardinal de Lorraine fondent, sur l’emplacement de l’ancien Prieuré Saint Jacques, l’hôpital Sainte Croix.

La dévote fit bâtir cet hôpital sur le modèle des hôpitaux italiens de la Renaissance (style hospices de Beaune) afin d’y recevoir les sujets malades et pauvres de l’Abbaye de Saint Urbain mais aussi et surtout de la Principauté de Joinville qui s’étendait alors sur plus de 60 kilomètres.

Placé hors de la ville close, dans un faubourg pour éviter la contamination des populations, l'hospital accueillait riches et pauvres mais séparément. Les plus fortunés devaient alors payer leurs séjours et soins en monnaie ou encore en biens mobiliers ou immobiliers (terres, meubles, vaisselles de valeur, tableaux, bois...). Ceci explique en partie le riche fond que posséde toujours l’hôpital Sainte-Croix, le reste provenant de donations ou de legs.

Hélas, pauvres manants qu’ils étaient, je doute fort que mes ancêtres aient pu un jour profiter des soins des bonnes mères de Joinville. Réjouissons-nous qu’ils aient ainsi épargné deux pauvres chiots !

Pour visiter l’apothicairerie, cliquez sur link

* tourmenter

(1) François de Lorraine, fils d’Antoinette de Bourbon, 1er Prince de Joinville, dit : le " balafré

 

Sources: apothicaireriejoinville.blogspot.fr/ et Territorial TV

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