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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

L'AFFAIRE MONTMORENCY - TALLEYRAND PERIGORD - 1865

5 Août 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Emma de Couronnel

Il arrive parfois que l’on doive défendre ses intérêts de quelque importance devant un tribunal. Ce qui est arrivé à la marquise de Pimodan (née Montmorency par sa mère) en 1865 n’est pas une banale affaire.

Le procès ébranla la justice car un grand nom historique était en jeu mais également, bien qu’indirectement, l’Empereur Napoléon III, qui fut en quelque sorte involontairement à l’origine du problème.

En voici un résumé ou l’on voit qu’en 1891, l’affaire avait encore des conséquences :

BRUITS DU MONDE - MARIAGE  IMPOSSIBLE

On parle beaucoup en ce moment du mariage, de ceux que la chronique parisienne qualifie de grands mariages.

Il s'agirait, raconte-t-on dans les salons, de l'union de mademoiselle Anne de Rohan-Chabot, fille du prince et de la princesse de Léon, petite-fille du duc de Rohan, avec le comte Louis de Talleyrand-Périgord, fils du comte Adalbert de Talleyrand-Périgord, duc de Montmorency.

Eh bien, malgré tout ce que l'on dit, ce mariage est non seulement improbable, mais impossible : et voici les motifs de cette impossibilité.

Le dernier duc de Montmorency, Anne Louis-Victor-Raoul, étant mort sans postérité le 15 août 1862, on apprit un beau jour, dans le courant de l'année 1864, que le comte Adalbert de Périgord, neveu du défunt, venait d'obtenir de l'empereur Napoléon III la faveur de prendre le nom de Montmorency avec le titre de duc.

Cela s'était fait secrètement, sans qu'aucun membre de la famille de Montmorency n’ait été seulement consulté, avisé et prévenu.

Et cela était un abus de pouvoir de la part du souverain et une suprême inconvenance de la part du jeune homme qui avait sollicité et obtenu cette faveur: car si le duc Raoul, son oncle, était mort, il y avait encore des Montmorency mâles et dans beaucoup de familles des femmes nées Montmorency.

On oublie vite dans le monde. Les années ont passé et un tant soit peu effacé le souvenir de l'émotion causée par les unanimes protestations de tous les membres de la famille de Montmorency encore vivants alors, et, de tous les membres de celles dont les femmes étaient nées Montmorency.

Montmorency, Il y avait :

1° Le prince et le comte de Montmorency-Luxembourg.

2° La comtesse de La Châtre et la marquise de Biencourt, fille de Anne-Louis-Christian prince de Montmorency et de Robeck.

3° La duchesse de Levis-Mirepoix, fille du dernier duc de Montmorency-Laval.

4° Le comte de Brissac, veuf d'une Montmorency.

5° La marquise de Gontaut Saint-Blancard, fille d'une Montmorency.

6° Le duc de Rohan et le comte de Chabot, fils d'une Montmorency.

7° Le marquis (aujourd'hui duc de Mortemart) et ses deux frères Henri et Louis, ses deux sœurs la duchesse d'Avaray et la comtesse de Bernis, dont la mère était Montmorency.

8° Le duc de Doudeauville et le comte Sosthènes de La Rochefoucauld, duc de Bisaccia, dont la mère était Montmorency.

9° Le duc de Luynes, veuf d'une Montmorency.

10° Le comte Maximilien et Charles de Béthune-Sully, fils d'une Montmorency.

11° La marquise de Pimodan, dont la mère était une Montmorency.

L'empereur, il faut lui rendre cette justice, ignorait absolument, lorsqu'il signa le décret qui accordait au comte Adalbert le nom de Montmorency avec le titre de duc, qu'il y avait encore des Montmorency vivants.

Le sieur Adalbert était de toutes ces familles le seul membre qui ornait de sa présence les réceptions des Tuileries, et l'impératrice avait trouvé que cela ferait bien d'avoir à ses fêtes un duc de Montmorency.

Une fois ce décret de la faveur impériale signé, pour ainsi dire en cachette, le jeune Adalbert parut donc dans le monde comme duc de Montmorency ; mais, tous les membres des familles que nous venons de citer, s'adressèrent aux tribunaux pour revendiquer ce qu'elles considéraient, à juste titre, comme une propriété, leur nom, et leurs armes, dont nul, pas même le souverain, n'avait le droit de disposer et de les spolier.

On a dit dans le temps que l'empereur a vivement regretté la coupable légèreté avec laquelle il avait signé ce décret de spoliation; mais il n'a pas eu la pudeur de reconnaître qu'il s'était trompé, et qu'on l'avait trompé. Le vin était tiré, il fallait le boire. Le procès suivit donc son cours devant toutes les juridictions.

 La magistrature, hélas ! était trop servile sous l'Empire.

Les juges n'osèrent pas juger que le décret impérial était une spoliation. Ils se déclarèrent incompétents! Ils imaginèrent, pour ne pas avoir à se prononcer, les plus étranges subterfuges et les plus incroyables subtilités. Ils dirent que l'empereur n'avait pas accordé au sieur Adalbert le nom de Montmorency, mais seulement le titre de duc de Montmorency.

Comme si en 1864 il y avait encore des duchés! Certes, et cela personne ne le contestait, l'empereur avait le droit de gratifier un des courtisans de sa cour, fut-il le plus infime, d'un titre de duc, il pouvait même, si tel était son plaisir, ajouter à son nom ceux de Turlutaine, de Tartempion ou de Petencourt ; mais lui donner le nom de Montmorency, malgré l'opposition de tous ceux auxquels ce nom appartenait, jamais!

Aussi, ce fut un gros scandale et un retentissant procès. Tout le barreau prit fait et cause pour la famille de Montmorency contre le jeune spoliateur. Le vieux Dufaure terminait sa plaidoirie* écrasante en disant de sa voix mordante :

«Nous demandons au tribunal de nous conserver notre nom. La Bruyère a dit quelque part : Il n'y a pas au monde un si pénible métier que de se faire un grand nom; la vie s'achève que l'on a à peine  ébauché son ouvrage. Quiconque a voué son existence à un travail honorable est frappé d'abord de cette grande pensée, et cependant, il parait qu'elle manque de vérité. Selon M. Adalbert de Périgord, il y aurait un moyen simple et peu laborieux de se faire un grand nom. Ce moyen, La Bruyère ne l'avait pas prévu, j'espère que le tribunal ne le tolérera pas ». ( )

*Cette plaidoirie, il l’avait commencé ainsi :

Messieurs,

Puisque la Cour veut bien m'entendre, je m'efforcerai de renfermer les observations que j'ai à lui soumettre dans le cercle légitime et nécessaire de ses délibérations.

Notre honorable confrère nous demandait tout à l'heure : Pourquoi ce débat? D’où vient-il? Quel grand intérêt pousse les appelants à troubler le repos d'un parent qui ne les a pas attaqués, et à faire effort pour obtenir de la magistrature un empiétement sur les droits du pouvoir exécutif, une véritable usurpation de pouvoirs?

D'où vient ce débat? C'était précisément la question que nous faisions en première instance et à laquelle on n'a jamais répondu.

Pourquoi toute une famille a-t-elle été troublée dans la possession légitime du glorieux nom que ses ancêtres lui ont transmis? Pourquoi un jeune usurpateur est-il venu tout-à-coup affecter le cœur du chef de cette famille? Croit-il avoir répondu tout en disant : Ce n'est pas un droit que j'ai réclamé, c'est une faveur que j'ai obtenue.

C'est une faveur, disait-il et imprimait-il en première instance. Quoi! Si l'on avait quelque respect pour le nom de Montmorency, voudrait-on qu'il devînt l'objet d'une faveur et le puéril amusement d'une vanité? Que d'actions d'éclat ne voudrait-on pas avoir faites pour mériter de le conquérir?

Quant à nos clients, font-ils autre chose que d'exercer le droit le plus légitime, je me trompe, que de remplir le devoir le plus impérieux, lorsque, se croyant atteint dans la propriété du nom de leur famille, ils viennent demander l'appui des Tribunaux pour se défendre contre une usurpation qui les blesse?

Voilà pourtant d'où vient ce débat, Messieurs : une faveur demandée un jour par passe-temps et obtenue de l'inattention d'un ministre qui a présenté le décret à la signature du chef de l'État !

Je ne veux pas suivre ces réflexions trop loin, je rentrerais peut-être dans ce que ces débats ont eu nécessairement de vif et d'animé ; si, de plus, comme mon honorable confrère, je commençais par vous promettre de vous parler sans passion, je tomberais inévitablement dans le piège, et je finirais, comme lui, par me laisser emporter aux expressions les plus aggressives et les plus regrettables. Eh bien! Non, je me bornerai à examiner dans la question les points fondamentaux que vous aurez à décider.

On prétend que nous vous proposons une usurpation de pouvoirs; j'espère démontrer en peu de mots à la Cour qu'on lui demande une véritable et triste abdication. On prétend que nous attaquons un titre qui a été donné, et légitimement donné, par une autorité compétente; j'espère démontrer à la Cour que nous respectons le titre autant que la loi nous l'ordonne; mais dans le décret du 14 mai, j'attaque ce qu'il ne devait pas contenir, ce qu'il n'a contenu que par erreur, méprise et malentendu, un nom qu'il a transféré, et non pas la distinction nobiliaire qu'il a concédée.

Quoi ! C’est l'usurpation d'un pouvoir qui ne vous appartient pas que nous vous demandons, Messieurs !

Source : Cour Impériale de Paris - 1re  Chambre – Présidence de Mr le 1erPrésident DEVIENNE – Plaidoirie de Me DUFAURE Edition 1866

Reprise de l’article : Les juges ont courbé la tête et n'ont pu oser défendre cette propriété du nom, sacrée entre toutes. Ils se sont déclarés incompétents.

Et monsieur de Périgord s'en allait partout affublé de son titre de duc et du nom de Montmorency que l'empereur avait volé pour lui donner !

Il n'avait même pas la pudeur d'attendre la fin du procès. Il voulut, avant même que la chose ne soit jugée, forcer le Jockey-Club à l'inscrire sous le nom de duc de Montmorency. Ce fut à ce propos qu'il se battit avec le duc de Doudeauville.*

* François Guizot (historien et homme politique français, membre de l'académie française de 1836 à 1874) écrit à sa fille le 17 janvier 1865 : « Pour toute nouvelle de la journée, le duel du comte Adalbert de Périgord avec le duc de Doudeauville à propos du nom de Montmorency. M. de Périgord avait passé deux ou trois fois dans la soirée devant M. de Doudeauville en le regardant avec une affectation impertinente. Le duc la lui a rendue : « Je vous ai fait savoir, Monsieur, que je tenais à ne pas vous rencontrer dans les salons où j’étais ». Ils se sont battus avant-hier, tous deux légèrement blessés d’un coup d’épée. On dit que cela recommencera avec d’autres. Le beau monde est très animé sur la question. Le Jockey-club a refusé de donner à M. de Périgord un autre nom que l’ancien ».

 

Reprise de l’article : C'est au sujet de cette prétention qu'il circula, dans les salons et dans les clubs, la pièce de vers suivante. C'était au moment de la première exposition canine :

 

La République et gent canine

Allant toujours dégénérant,

Hommes et savants compétents

Se sont d'un accord unanime

Rassemblés tous pour aviser

Au moyen le plus efficace

De conserver au lévrier,

Carlin, bichon, boule, terrier,

Toute leur pureté de race.

Un comité s'est réuni,.

Et devant ce noble jury

Chacun vient montrer son adresse,

Bref, étaler ses qualités

De la queue jusqu'au bout du nez.

Chaque animal arrive en laisse,

Caniche et chien de berger,

Tous sont munis de leurs papiers

Et de leur acte de naissance,

Et les concurrents sont admis

Ou refusés par le jury.

Or, par devant cette assistance,

Un général, un avocat

Demandent un certificat

Pour un roquet de nulle race

Qu'ils veulent déclarer bichon.

On rit de leur prétention.

Le chien peut avoir de la grâce.

Etre lavé, peigné, frisé,

Mais, sûr, il est dégénéré.

Il est bâtard d'une levrette

Et d'un barbet ou d'un mâtin,

On ne sait pas au juste bien.

Voyez, sa queue est en trompette

Et sa voix est comme un fausset.

Ce n'est donc qu'un affreux roquet

Qu'il faut expulser au plus vite.

Le général et l'avocat

S'en vont avec leur candidat

Furieux, réclamer de suite

Contre l'arrêt du comité,

Auprès d'autres autorités.

Le ministre de la police

Et tous les autres consultés

Disent à l'unanimité

Que l'on a fait une injustice,

Et voilà le roquet -bichon

De par l'administration. 

 

Le tribunal  a donc déclaré que l'empereur n'a pas donné un nom, mais un titre.

 

- Adalbert de Périgord n'est pas Montmorency mais duc de Montmorency. Quand on l'appelle Montmorency tout court, on fait un faux.  Il faut l'appeler toujours duc de Montmorency.

Quelle étrange subtilité!

Quant à son fils Louis, inutile d'ajouter que ce jeune homme n'est pas Montmorency du tout!

Et cependant son père l'a fait inscrire dans l'Annuaire militaire comme sous-lieutenant de réserve sous le nom de Talleyrand-Périgord de Montmorency. Cela est un faux.

On s'occupe de faire rectifier et biffer. Mais, outre le titre, outre le nom, il y a encore les armoiries, et il est bien tentant, quand on a la prétention de s'appeler Montmorency, de cacheter ses lettres et de timbrer son papier avec les seize alérions de Bouvines: Aussi le jeune Adalbert s'est-il empressé de faire faire cachet, cartes et papier aux armes de Montmorency. Mais après la magnifique plaidoirie de Berryer le tribunal a bien été forcé de faire défense au sieur Adalbert de prendre des armoiries qui ne lui appartenaient pas.

Ah! Que Berryer a été beau quand il a fait l'histoire de ces armoiries que l'on voulait escroquer à une famille. Ce procès a été le dernier triomphe du grand orateur.

Il était malade, mais il a voulu mettre au service de cette cause tout ce qui restait de son grand cœur et de son éloquence. Quand, épuisé par une plaidoirie de quatre heures, il en est arrivé aux armoiries, inspiré par le sujet, avec quelle voix et quels gestes il s'est écrié :

« Plus tard, au treizième siècle, au mémorable jour de 1214, Mathieu de Montmorency, qui eut une si grande part à la victoire de Bouvines contre Othon IV, empereur d'Allemagne, présente à Philippe-Auguste un trophée de douze bannières aux aigles impériales.-»  Quelle scène magnifique! Le Roi qui avait poussé au plus fort de la bataille, blessé lui-même, voit, après la victoire, Mathieu de Montmorency couvert de blessures;

Philippe-Auguste, trempant son, doigt dans le sang qui s'en échappait avec abondance; fait sur l'écusson du connétable une croix rouge dont les quatre bras seront désormais cantonnés avec les 12 aigles impériales que Montmorency vient d'enlever à l'ennemi !

 - Voilà la superbe origine des 16 alérions conquis aux batailles de Soissons et de Bouvines dont monsieur Adalbert veut se parer.

Ce sont là des parures héroïques, insignes nationales dont nul n'a le droit de disposer, pas plus qu'il n'est permis en France d'aliéner les diamants de la Couronne ; marques d'honneur chères et sacrées pour la famille à qui elles appartiennent et dont un étranger ne peut être affublé héréditairement, comme en un jour de fête ou de folie, on revêt les costumes et les armures des anciens preux pour s'en faire un ornement dans les mascarades de la cour ou de la ville.

On dit que M. Adalbert de Périgord continue, malgré la défense qui lui en été faite, de prendre en cachette les armes de Montmorency.

Mon Dieu, les membres des familles qui ont plaidé contre lui, n'ont pas le droit de pénétrer dans son domicile et d'aller examiner ses bagues, ses cachets, son papier à lettre. Mais on le prévient  charitablement que si, par hasard, un jour, pour un mariage par exemple, il lui prenait la fantaisie de faire peindre sur sa voiture les armes de Montmorency, il y aurait un de ses cousins qui se ferait un devoir d'aller gratter ces armes sur la portière de sa voiture. Ils en ont le droit.

A bon entendeur salut.

Tout cela pour en arriver à cette conclusion que le mariage du jeune fils du comte Adalbert de Périgord avec la charmante Anne de Rohan-Chabot, petite-fille du duc de Rohan qui était une des parties plaidant contre le comte Adalbert de Périgord, est un simple canard.

 

Signé : L'INDISCRET.

 

Source : Journal GIL BLAS – Lundi 18 Mai 1891

 

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AFFAIRE  DE MONTMORENCY - PLAIDOIRIE DE ME BERRYER*

 

La plaidoirie faisant 90 pages, il ne m’est pas possible de la transcrire entièrement. En voici donc le début seulement.

Messieurs,

A l'appel de la cause qui m'amène aujourd'hui devant vous, en entendant prononcer les noms des parties engagées dans ce procès, en lisant les conclusions que j'ai à développer, je ne mesure pas sans crainte la gravité du devoir que m'imposent la nature et l'importance des questions qui vont vous être soumises. Contre la décision des premiers juges, je viens rétablir la plénitude des droits et réclamer l'accomplissement des devoirs de l'autorité judiciaire; je viens demander au pouvoir qui vous appartient, et qui n'appartient qu'à vous seuls, les garanties protectrices que votre institution promet et doit assurer aux intérêts privés de toutes les classes de citoyens.

Dans la réclamation de la maison de Montmorency contre un acte du souverain, réclamation fondée sur les principes essentiels de notre droit public et de notre droit civil surtout, il y a quelque chose de plus considérable et d'un ordre plus élevé que l'intérêt des contestations qui s'agitent d'ordinaire dans cette enceinte.

Ne vous étonnez pas de l'émotion que cette cause a produite dans l'opinion publique. A ce grand nom de Montmorency qui, depuis près de mille ans, brille d'un éclat si majestueux sur presque toutes les pages de nos annales, à ce nom qui, dans une longue suite de siècles, fut glorifié par un si grand nombre de connétables et de maréchaux de France, à ce nom d'une famille qui nous a donné autant de grands hommes d'État que d'habiles et vaillants capitaines, je ne suis pas le seul à sentir se réveiller en moi, comme citoyen, le sentiment du juste et patriotique orgueil des beaux noms historiques. Cet orgueil, Messieurs, il le faut honorer, c'est en tous pays un précieux et puissant élément des grandeurs de l'esprit national. ( )

Quel ne devait pas être en France l'intérêt excité par le retentissement des grands noms de Condé et de Montmorency ? De pareils noms, Messieurs, sont une propriété nationale qui ne peut être capricieusement confiée à d'autres que ceux à qui seuls les lois et la nature ont imposé le devoir et le droit d'en maintenir l'honneur.

Pour ceux-ci, le devoir est cher et sacré, et vous comprenez combien est noble et respectable l'intérêt qui les anime. Il n'y a pas dans le sein des familles de force morale plus grande, plus féconde que la pensée de se sentir obligé par l'honneur de ses pères, que le désir de porter dignement leur nom, pas d'ambition plus pure que celle d'aspirer, avec un respect jaloux, à en demeurer les gardiens fidèles et vigilants. Malheur, selon moi, malheur à qui une aussi grande tâche ne suffit pas !

Aussi je n'imagine point de cause plus légitime, plus pieuse que celle qui nous amène aujourd'hui à votre barre. ( )

 

Source : PLAIDOIRIE DE Me BERRYER POUR LA FAMILLE DE MONTMORENCY CONTRE M. ADALBERT DE TALLEYRAND-PÉRIGORD - Audience du 31 Juillet 1865 - COUR IMPÉRIALE de Paris. 1re CHAMBRE. Présidence de Mr. le 1er Président DEVIENNE –Edition 1866

 

*Pierre-Antoine Berryer, dit « Berryer fils », né le 4 janvier 1790 à Paris et mort le 29 novembre 1868 à Augerville-la-Rivière (Loiret), est un avocat  et homme politique français. Berryer fut un élève assez médiocre chez les Oratoriens du collège de Juilly. Il se destinait à l'état ecclésiastique, mais son père, qui avait reconnu en lui les qualités d'un orateur, contraria sa vocation et lui fit faire son droit. Contrairement aux attentes de son père, ses débuts furent sans éclat. Dès 1812, il se mit à afficher des opinions royalistes ; les désastres militaires de la fin du règne de Napoléon achevèrent de l'attacher définitivement aux opinions légitimistes qu'il défendit durant toute sa vie. Sous le Second Empire, il quitta la vie politique et revint au barreau qui le nomma bâtonnier en 1854. 

 

Source : Wikipédia

 

 

M. Adalbert de Talleyrand-Périgord conservera son titre. Difficile de désavouer le souverain ! Il décédera le 25 mars 1915 à Paris à l’âge de 77 ans.

 

 

 

 

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