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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

JEAN MERGEY, PAGE DE DESCHENETZ - 1554

20 Mai 2013 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Ca s'est passé près d'Echenay

"Jean, sieur de Mergey,  naquit en 1536, sous le règne de François 1er, à Harans-Mesnil en Champagne,  de Nicolas de Mergey et de Catherine, fille naturelle de la maison de Dinteville. Sa famille n’était pas riche; Il se trouvait le dernier de quatorze enfants et l’on crut devoir le destiner à l’état ecclésiastique.

Ayant perdu son père, il fut mis à l’âge de huit ans au collège de Troyes puis passa dans l’abbaye de Montier en Der afin d’y recevoir une éducation conforme aux vues que ses parents avaient sur lui.

Mais, il montra des gouts entièrement opposés : le récit des hauts faits d’armes qui avaient marqué l’époque de sa naissance enflamma son imagination. Il fallut donc que sa mère consentit à le retirer de Montier en Der. Hors d’état de lui procurer dans sa maison les moyens d’acquérir les nouvelles connaissances qui lui étaient nécessaires, elle le plaça près de Polisy, Bailly de Troyes, chef  de la maison de Dinteville dont elle était issue.

Polisy avait autrefois servi avec distinction ; Personnage accompli et orné de toutes les vertus et sciences autant qu’homme de son temps et qualité, il avait été  gouverneur de M. d’Orléans et ambassadeur pour le roi en Angleterre. Paralytique et impotent de tous ses membres, et ne pouvant plus à cette occasion demeurer à la cour, il s’était retiré chez lui et se mit pour son plaisir et exercice à bâtir cette belle maison de Polisy. Il employa ses loisirs à compléter l’éducation de son jeune parent, qui, par ses manières vives et enjouées, lui donnait des distractions agréables et dissipait la tristesse de son intérieur.

Lorsque cet intéressant élève eut atteint l’adolescence, il l’attacha comme page à  Deschenetz (NDLR : seigneur d’Echenay)  son frère, chevalier de l’ordre du roi, qui commandait une compagnie de 50 hommes d’armes dans les armées d’Henri II.

Ce fut en cette qualité que Mergey  fit, à l’âge de 18 ans la fameuse campagne  de 1554, et prit part à la victoire de Renty.

L’année suivante, Deschenetz le mit hors de page et, dans l’espoir de lui procurer un prompt avancement, il le plaça près du comte François de La Rochefoucault, lieutenant de la compagnie de gendarmes du duc de Lorraine, après lui avoir donné un bon cheval et 30 écus.

Mergey se dévoua entièrement à La Rochefoucault  ( )…"

 

Cela lui valut de nombreux tracas. La Rochefoucault, de zélé catholique passa dans les rangs des Huguenots suite à son second mariage avec Charlotte de Roye, proche des Coligny. Peu importe pour Mergey ! Il continue de servir son maitre.

 

 

"Mergey, peu familier avec les matières qui faisaient l’objet de controverses ne tenta jamais de s’en instruire : sans etre incrédule, il demeura indifférent ; et cette tiédeur, bien rare dans le siècle ou il vivait, le préserva du moins des passions qu’entraine le fanatisme."

 

Mais cela procura aussi à Mergey une vie exaltante, traversant en acteur, guerre contre l’Empire, guerre de religion,  la Saint Barthélémy, approchant au plus près roi, reine et princes.

 

A la fin de ses mémoires, il écrira :

"Pour moi, j’ai ce contentement d’avoir fidèlement servi mes maitres, et avec cela ferai la cloture de mon discours, suppliant ceux qui le pourront voir excuser et le sujet et le style, car je ne suis ni historien ni rethoricien ; je suis un pauvre gentilhomme champenois qui n’ai jamais fait grande depense au collége, encore que j’ai toujours aimé la lecure des livres.

 

Fait le 3 septembre 1613, et de mon age de 77ans, à Saint Amand en Angoumois"

 

Cet homme n’aura fait qu’effleurer Echenay, peut-être même n’y a-t-il jamais mis les pieds. Mais il aura servi quelques temps le seigneur du village.

 

J’encourage mes lecteurs à lire ses mémoires, forts riches en anecdotes et donnant une vision contemporaine des guerres internes et externes de cette fin du XVI siècle.

 

 

Source : Collection complète des Mémoires relatifs à l’histoire de France  -– M. Petitot – Libraire Foucault, rue de Sorbonne - 1823

 

 

 

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