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Découvrez l'histoire d'Echenay, petit village de Haute-Marne !

GEOFFROY II - 3eme seigneur connu d'Echenay - XIeme

22 Octobre 2014 , Rédigé par Petite et Grande Histoire d'Echenay Publié dans #Millénium - Les seigneurs d'Echenay- 1000 ans

 

Blason Joinville

Régnant sur Joinville et de ce fait sur Echenay au temps de Philippe 1er  (4eme roi Capétien), Geoffroy II fait preuve d’un atavisme certain. Les relations avec les moines de Montiers en Der dont il est l'avoué sont toujours aussi tendues et ce, depuis trois générations. On peut toutefois s’en réjouir car cela nous fournit maintenant à peu près les seuls éléments qui nous permettent de connaitre sa vie.


Voici trois analyses différentes pour approcher son histoire :


La sirerie de Joinville et le comté de Joigny (ce dernier élément est contesté par d’autres historiens), après la mort de Geoffroy Ier, passèrent à son troisième fils, deuxième seigneur du nom de Geoffroy.

 

Étant avoué de l'abbaye de Montierender, il avait établi en cette qualité des coutumes très onéreuses dans les terres du monastère. Dudon , qui en était alors abbé, se plaignit à Thibaut, comte de Champagne, qui fit citer Geoffroy en 1088 à sa cour de Meaux. Ce dernier comparut; mais sur ces entrefaites, Etienne, fils du comte de Champagne, ayant été fait prisonnier de guerre par le roi Philippe Ier. Thibaut, son père, courut solliciter sa délivrance, et ne put se rendre à Meaux au jour marqué. Le sire de Joinville revint donc sans avoir été jugé, et prit le parti de composer avec l'abbé Dudon. Par le traité qui intervint, Geoffroy promit de s'en tenir aux coutumes qui avaient été observées du temps d'Étienne son aïeul. (Mabillon.)

 

Il avait épousé Hodierne de Courtenay qui lui donna trois fils:

 

Valfride, mort avant lui sans postérité;

 

Renaud, qui continua les comtes de Joigny

 

Roger qui suit.

 

Il eut aussi deux filles:

 

Hadevide ou Haloïde, dame d'Apremont, qui laissa de nombreux descendans;

 

Laure, qui, s'étant fait religieuse, devint abbesse.

 

Geoffroy II fit des donations aux églises et à quelques maisons religieuses; il mourut en 1096.

 

Fériel, Jules. Notes historiques sur la ville et les seigneurs de Joinville

 

Voici ce qu’en dit Delaborde


Comme son père et comme son aïeul, Geoffroy II  fut avoué de Montiérender pour le pays de la Blaise ; comme eux aussi, au lieu d’employer le pouvoir qui lui avait été confié à défendre les intérêts de l’abbaye, il se regardait comme le maitre de son avouerie et y percevait des contributions autres que celles qu’il avait le droit de lever. L’abbé Dudon II en appela au comte de Champagne, Thibaut 1er , qui, en 1088, cita les deux parties à comparaitre devant lui à Meaux. Au jour dit, l’abbé et le sire de Joinville étaient là mais le comte absent. Geoffroy, jugeant sans doute que la sanction serait sévère, en profita pour faire un accord avec l’abbaye où il s’engageait de s’en tenir aux droits reconnus à son aïeul Etienne.


Si l’on mentionne encore qu’à une date inconnue, il fit de concert avec ses frères Renard et Roger une fondation à Boulancourt pour le repos de l’ame de leur neveu Witier de Nully, qu’il confirma et compléta vers 1090 les donations faites par son père au prieuré de Vaucouleurs et qu’il apparait comme témoins d’une donation faite à Molesme pour le salut du comte Thibaut de Champagne et celle de son fils Jean entre 1094 et 1100, on aura épuisé les renseignements biographiques que l’on posséde sur lui.


Jean de Joinville et les seigneurs de Joinville – H.F Delaborde – Imprimerie Nationale – Paris - 1894

 

GEOFROI II SEIGNEUR DE JOINVILLE ET COMTE DE JOIGNY

 

Geofroi II succéda à son père dans la seigneurie de Joinville et dans le comté de Joigny. Nous ne connaissons guère de sa biographie que ses démêlés avec l'abbaye de Montiérender et les dons qu'il fit au prieuré de St-Thiébaut de Vaucouleurs afin de compléter la fondation commencée par son père.

 

Certains documents cités par Lévêque de Laravalière permettraient de penser que Geofroi II aurait été investi de la charge de sénéchal de Champagne, en 1104 et en 1114. Mais il paraît être décédé dans les dernières années du XIe siècle et cet historien l'aura confondu avec son fils Roger (1).

 

(1) Vie du sire de Joinville, dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions, t. XX, p. 311. M. d'Arbois de Jubainville cite comme premier sénéchal de Champagne Geofroi III, fils de Roger (Hist. des comtes de Ch., t. IV. p. 487).

 

La perception des redevances que les seigneurs de Joinville se croyaient en droit d'exiger des hommes de l'abbaye de Montiérender, et l'exercice des droits de justice dans le Blaisois, donnaient lieu à des conflits incessants qui finirent par rendre nécessaire l'intervention du comte de Champagne.

 

En 1081, Thibaut I assistait au concile de Meaux qui venait de s'ouvrir sous la présidence de l'évêque de Die, légat du Saint-Siége. L'abbé Dudon s'adressa à ce prince pour obtenir la réparation des abus dont il croyait avoir à se plaindre de la part du sire de Joinville et du comte de Brienne. Une excommunication fut lancée contre ce dernier. Geofroi, cité devant le concile, ne put être entendu parce que, sur ces entrefaites, Etienne Henri, fils du comte de Champagne, s'était révolté contre le roi de France et venait d'être fait prisonnier. Pendant que son père faisait des démarches afin d'obtenir sa liberté, le sire de Joinville, afin de prévenir la sentence dont il était menacé, résolut de transiger avec les religieux qu'il avait lésés.

 

Les redevances dues à Geofroi furent réglées de la manière suivante : Les maisons religieuses de Ville-en-Blaisois et de Dommartin devront lui livrer annuellement chacune vingt béliers au mois de mai, et vingt jeunes porcs à la St-André, au château de Joinville. Les charrois devront être exécutés de telle sorte que les voituriers quittant leurs demeures le matin pourront y rentrer dans la même soirée. Quant aux corvées nécessaires pour les travaux du château, les officiers du monastère fourniront des ouvriers en nombre suffisant pour qu'ils ne soient pas occupés plus d'une semaine. Le sire de Joinville aura droit à trois gîtes par an dans les deux résidences ci-dessus marquées, sans cependant qu'il puisse y amener une suite trop nombreuse. Mais on ne devra rien exiger sous aucun prétexte des serviteurs, clercs ou lais du monastère, tels que bouviers, porchers, vachers, vignerons ou fourniers.

 

Si les tenanciers de l'abbaye commettent quelque contravention, ils seront cités à la requête du sire de Joinville devant le messier (villicus) (Officier en charge de la surveillance des terres cultivées. A la manière du garde-champêtre, le messier a pour rôle de protéger les produits du sol afin de les prémunir du vol), devant le prévôt ou l'abbé : ce n'est qu'au cas où ceux-ci refuseraient de faire justice que le seigneur de Joinville pourrait s'attribuer la juridiction en sa qualité d'avoué.

Cette transaction renferme une clause vraiment humiliante pour Geofroi : il se vit contraint de désigner dix otages qui s'obligèrent sous serment à faire respecter la convention et à réparer le préjudice en cas de contravention.

 

Ainsi que nous l'avons dit, Geofroi II tint envers l'abbaye de Molesme les engagements pris par son père ; il abandonna au prieuré de St-Thiébaut de Vaucouleurs la sixième partie de l'église de Cusey, le quart de celle de Chalaines et trois pièces de terre.

Il y ajouta le manse Blaini, le four banal du château, une partie du moulin de Chalaines, des droits de panage dans la forêt de Waivre et d'usage pour les bois de construction, une vigne, une partie du Breuil.

 

Une dernière concession en faveur de ce prieuré a pour objet cinq familles de serfs avec leurs tenures.

 

Cet acte, qui porte la date de 1096, renferme en outre plusieurs libéralités du comte Eude de Champagne, fils de Thibaut, et du prévôt du château, Sigebert.

En rapprochant ce document d'une autre notice, insérée sous la date de 1105, dans le Cartulaire de Molesme, on voit que la fondation même du prieuré fut l'œuvre de Geofroi I.

C'est sans doute à Geofroi II, que l'on doit attribuer la fondation du prieuré de Joigny en 1080.

 

FAMILLE DE GEOFROI II

 

Geofroi avait épousé Hodierne, fille de Josselin I, seigneur de Courtenai dont il eut trois fils et deux filles, savoir :

 

Valfride ou Geofroi, nommé le premier avec ses deux frères, dans un titre de l'abbaye de Boulancourt : il est en outre cité comme partie avec son père dans une charte en faveur du prieuré de Vaucouleurs (Ann. Bénédict, t. v. p. 479). Il mourut avant son père.

 

Renaud qui devint comte de Joigny et qui aurait épousé Vandelmode, fille de Humbert I, sire de Beaujeu, puis Amicie. Il fut l'un des fondateurs de l'abbaye cistercienne de Boulancourt à laquelle il fit, vers l'année 1095, une donation, du consentement de Hugue Bardoul, seigneur dominant, son parent.

 

Hadevide qui, selon la généalogie de la maison d'Apremont, par Mussei, aurait apporté en dot cette seigneurie à Gobert I. Cependant d'autres autorités citées par Dom Calmet font mention d'un seigneur d'Apremont, dès l'année 1052, époque antérieure au mariage de Hadévide, ce qui permet de douter que le château d'Apremont ait primitivement appartenu aux sires de Joinville.

 

Laure, qui devint abbesse (non citée par Ducange) (1).

 

Geofroi II mourut après l'année 1099, car il est cité à cette date dans une charte du Cartulaire de Molesme, avec Geofroi de Troyes, la comtesse Adélaïde et ses fils Hugues et Philippe.

 

(1) Peut-être doit-on compter parmi les descendants de Geofroi II Miles ou Milon de Joinville, cité comme témoin dans un acte de donation en faveur de Molesme par Haymon de Brie sous Robert, év. de Langres, qui vivait en 1106 (Ducange, p. 28).

 

Simonnet, Jules (1824-1875). Essai sur l'histoire et la généalogie des sires de Joinville. (1008-1386.)... 1875.

 

 

Roger, quatrième sire de Joinville et d’Echenay, (pour Simonnet : son fils, pour Delaborde son frère), lui succédera.

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